Archive for the ‘Heavy Metal’ Category

Anthropia : The Ereyn Chronicles Part I

Sunday, November 9th, 2008

Anthropia : The Ereyn Chronicles Part IEn 2006, les progressistes niçois d’Anthropia publièrent leur premier album The Ereyn Chronicles ? part 1 The Journey Of Beginnings » après avoir été signés par le label spécialisé du Metal Progressif Magna Carta.

À un album d’exception doit répondre un article d’exception, qui se voudra le plus complet possible.

Cet album de dix titres s’inscrit dans un concept purement Héroic Fantasy, sur un fond de quête et une histoire intégralement sortie de l’imagination ingénieuse de Quentin Borderie, mise ensuite en musique par le leader du groupe, Hugues Lefebvre, qui signe les paroles, ainsi que le chant principal, la guitare, les claviers ainsi que divers arrangements. Les autres membres sont Yann Mouhad à la guitare, Julien Negro à la basse, Damien Rainaud à la batterie, ainsi enfin d’autres personnes dont Marive-Eve Orango pour les chants féminins.

Cet album est conceptualisé en totalité, d’abord par une sobre mais intéressante cover illustrant un petit personnage confronté à un ?il géant enfermé dans un palantir, sorte de pierre précieuse de voyance en forme de globe. Cette illustration nous rappelle à l’évidence la confrontation de Frodon à l’?il de Sauron dans l’adaptation cinématographique du chef d’?uvre de Tolkien qu’est le Seigneur des Anneaux.

De même, le récit imaginaire, d’ailleurs très bien résumé à l’intérieur du livret, alimentera les paroles et la musique qui s’inscriront dans cette ambiance épique, aventurière, riche de plusieurs péripéties.

Le récit nous conte l’histoire d’un jeune héros, Amryl, inexpérimenté, feu-follet, qui pour sauver son peuple du Royaume de Ereyn, en proie à l’invasion du royaume voisin Empyr, va connaître dans son périple maintes mésaventures pour trouver et consulter un Oracle dont nul ne sait où il se trouve. Il croisera nombres d’ennemis plus ou moins repoussants, comme un monstre mi-lion mi-serpent, une sorcière, des démons, des dragons. Il aura également des compagnons à l’instar de la Communauté de l’Anneau, avec un ami protecteur qui le sauvera plusieurs fois, des nains. Enfin, le récit de cette première partie se clôture sur l’errance d’Amryl dans un désert, dont on lui avait dit qu’il s’agissait d’un désert de pierres précieuses, mais se révélant être un réel désert.

Afin de raconter cette quête, Anthropia nous compose une musique progressive très riche, forte de beaucoup d’influences, notamment du Heavy Metal et du Speed Metal.

En effet, chaque morceau sera différent, unique, reflétant chacun une ambiance propre, comme un fragment de l’histoire, d’où qu’on parlera de dix chapitres.

L’album s’ouvre sur Welcome to Ereyn, qui nous introduit succinctement sur l’objet de la quête à savoir trouver l’Oracle.

L’ouverture est très déclarative, menée par des voix puissantes de type opéra.

Question of Honour est le titre dans lequel Amryl est sommé, intronisé pour accomplir la quête. Ainsi, la musique est ici variée, avec des passages accélérés évoquant l’urgence d’agir, puis de passages plus lents, torturés, pour signifier les interrogations du héros, qui va accepter de voyager dangereusement hors du royaume rural qu’il n’a jamais quitté.

Très speed, le style se rapproche de ceux des grosses cylindrées du Heavy-Progressif que sont SymphonyX, Dream Theater Helloween ou Angra, avec des guitares très appliquées parfois saturées secondées par une batterie très présentes, et des claviers irréprochables de profondeur. Le morceau se digère bien, et on en arrive au chapitre III.

Lords of a World nous en apprend plus sur la menace qui pèse sur Ereyn, soit les intimidations d’Empyr, et son chef, l’empereur Myrrac.

Après une ouverture mélodique magnifique à la Patrick Rondat, on tombe dans l’ambiance sombre de la guerre, avec des guitares plus agressives, plus chaotiques le tout sur un rythme tragique, pouvant rappeler quelque peu celui du titre The Eyes of Medusa de SymphonyX.

Through the Sleeping Seaweed est le morceau intégralement instrumental de l’album, s’attachant à la traversée en bateau par Amryl et ses compagnons d’un océan, épisode riche en histoires, avec la naissance de dissensions dans le groupe, l’attaque du frêle esquif par des dragons, et la perte de conscience d’Amryl en raison d’une algue toxique.

La musique y est encore une fois tortueuse, avec de magnifiques soli de guitares qui se calquent sur un rythme encore une fois infernal.

Forgotten est ensuite le tube de l’album, à la fois riche et crucial dans le déroulement du récit, et surtout un grand morceau de musique, le meilleur à mon goût de l’album. En effet, bien qu’étant drogué par l’algue, Amryl arrive au pays des Nains. Il y restera quelques mois, et apprendra les secrets de l’Argent auprès des Dieux du Feu. Puis il forgera une épée solide (sans doute une cousine à Narsil, l’épée dont Isildur se sert pour couper la main de Sauron pour prendre l’anneau unique dans le Seigneur des Anneaux) selon les traditions oubliées des forgeurs nains, d’où le titre Forgotten.

Après une intro acoustique suave et réconfortante, par laquelle on imagine le jeune héros vivant paisiblement avec les nains, à s’enhardir, à découvrir ce nouveau monde, on retombe dans la quête par un rythme sonnant très Heavy, au point de s’apparenter à un style repérable entre mille. Ce style, c’est celui de Megadeth, oui Megadeth, adopté sur l’album Youthanasia, et en l’espèce notamment sur le titre Train of Consequences. Non je n’ai pas bu, ici les notes et la rythmique y sont quasiment les mêmes du moins agrémenté du clavier bien sur, et ce morceau Heavy Speed se révèle fort en émotion. Loin de moi l’idée de parler de copiage, ce morceau est très fort en intensité, avec une grande variation des rythmes.

Lion Snake est un morceau très lourd à digérer, contant le combat de Amryl avec un monstre mi-lion, mi-serpent, qui, dans la musique est entrecoupé par des interventions de diverses voix, et de soli comme s’il en pleuvait.

Where the Secret Lies s’ouvre sur des soli fulgurants à la Patrick Rondat, inspirés par la musique classique, suivis de séquences diverses s’enchainant plus ou moins naturellement.

The Walk Among the Ruins est quant à lui un petit prélude d’une minute dans lequel nous sommes conditionnés par le récital dramatique d’une voix féminine et un clavier très cristallin.

In the Maze of a Nightmare est alors un gros morceau de neuf minutes d’un niveau relativement soutenu, pouvant rappeler divers groupes par moment comme Gamma Ray sur leur chef-d’?uvre No World Order, ou encore Kamelot sur Ghost Opera. L’ensemble est plutôt agréable même si les passages plus lents souffrent d’une liaison difficile avec les séquences rapides.

The Desert of Jewels est le dixième et dernier chapitre de l’album, long comme son prédécesseur, de dix minutes cette fois. Dans cette dernière brique à ce glorieux temple musical, on alterne encore une fois entre passages acoustiques, et passages speed, nous évoquant par moment des divinations que sont Edguy, Symphony X, voire un petit peu Marilion sur les passages lents, avec cette douce voix claire plus que déclarative. Ainsi, on termine l’album sur une petite ballade dans le désert, avec l’incertitude quant au sort du héros, livré à lui-même, perdu.

Peut-être ne le saurons-nous jamais, puisque la promesse inscrite dans le livret du disque d’une suite des chroniques d’Ereyn n’arrivera finalement pas dans l’immédiat. En effet, le second album de Anthropia, prévu en cette fin d’année 2008 se nommera The Chain Reaction et rompra avec l’histoire engagée ici, avec à la clé un changement radical de style, et aussi l’arrivée d’une nouvelle chanteuse, soit la délicieuse Nathalie Olmi, la voix du groupe In Vitraux.

En conclusion, et en remerciant ceux qui auront eu la patience et la passion de lire ces lignes jusqu’à leur terme, voyons en cet album plus que correct une aventure épique et musicale, forte de nombreuses et variées influences, qui en font une bonne galette de Heavy-Progressif.

A découvrir. 16/20.

Bruce Dickinson : Accident of Birth

Saturday, September 13th, 2008

Bruce Dickinson : Accident of BirthNous sommes en présence d’un album spécial, car cet Accident of Birth est l’histoire d’une aventure musicale, et d’un aventurier :

L’incroyable Bruce Dickinson, chanteur émérite de la vierge de fer, pilote d’avion, champion d’escrime, écrivain, passionné d’art, de poésie et de philosophie, réalise en cette année 1997 son troisième album solo. Comme pour le précédent Balls to Picasso au succès toutefois limité, Roy Z, en provenance du groupe californien Tribe Of Gypsies, officiera au poste de guitariste et produira du reste l’album.

Ensuite, le guitariste soliste n’est autre que le ressuscité Adrian Smith, débarqué du cargo Maiden en 1989, et qui depuis n’arrivait plus à percer avec ses projets personnels.

Eddie Casillas à la basse et David Ingraham à la batterie viennent compléter le casting de cet album placé sous le sigle de la Naissance, de l’Enfance, et de la Mort naturellement (soyez rassurés).

On est déjà très excités au premier regard sur la pochette signée de Derek Riggs, à qui l’on doit les illustrations de Iron Maiden, Gamma Ray, Stratovarius, Steve « O », Stranglehold et autres …

Outre la couleur dominante qui est le rouge, le dessin met en scène un clown monstrueux et psychopathe façon « Joker » qui perfore de l’intérieur le ventre d’un malheureux, à la manière d’un Alien s’échappant de son hôte dans la quadrilogie à succès. En tout cas, c’est ce à quoi on assiste sur la pochette originelle, car la pochette de la version 2003 du disque est différente. Un petit clin d’?il externe est amusant : En effet, un drapeau de l’Union Jack (Royaume-Uni) fait office de pantalon pour le clown, puis surtout son bonnet de « bouffon » est aux couleurs du drapeau français. Peut-être est-ce une coïncidence laissée par le graphiste de l’album, ou bien peut-être est-ce un hommage indirect voulu par Dickinson, qui est très attaché aux fans français, et à la France en général, au point de parler la langue de Molières aussi bien voire mieux que certains français eux-mêmes (en concert, c’est bluffant).

Enfin, pour finir ce petit tour de la pochette de l’album, on remarquera un autre clin d’?il évident, soit l’ombre de la silhouette de la Mort avec sa faux sur la droite du dessin. Etrange, ceci rappelle un détail de l’illustration d’un légendaire single de Iron Maiden datant de 1983 ? Etrange.

Rapprochons-nous de la musique. Pour replacer l’album dans son contexte, notons :

_ que le précédent Balls to Picasso avaient eu un succès très mitigé.

_ que en 1996 l’ancien groupe de Dickinson (Maiden) avait placé une barre assez haut avec son X Factor.

_ que la même année, le précédent projet de Dickinson avec Roy Z nommé affreusement Skunkworks avait lamentablement échoué, et avec au final un succès encore plus maigre que pour Balls to Picasso.

Donc, pour Bruce, le temps était enfin venu de démontrer son talent en solo au monde ; bien qu’un peu dans l’ombre de la vierge de fer, il devait à tout prix renouer avec le succès, car un troisième échec commercial pourrait le condamner à l’oubli (concernant sa carrière solo en tout cas). Le retour de Smith est également là pour donner un coup de pouce, d’autant que des fans de la Vierge seront probablement attirés par ces retrouvailles entre deux enfants terribles du Heavy Metal, les deux vilains petits canards qui avaient quitté Maiden.

L’album s’ouvre sur ? déjà ? un premier tube, à savoir FREAK. Dès les premières notes lourdes et épaisses de guitare, on nage entre Rock et Heavy Metal pur, avec un groove parfait. Groove parfait car les mélodies et notamment le riff dantesque font de Freak une tuerie d’entrée. Pour le chant Dickinson assure, et on se prend naturellement à chanter ce riff mémorable avec lui : « Who leads you to the dark secret ».

TOLTEC 7 ARRIVAL rompt volontairement le rythme pendant quarante secondes d’instrumental familial, avec un peu de guitare, un peu de mellatron (sorte d’instrument mi piano mi accordéon à la Jean-Michel Jarre pour simplifier) et la petite voix de Bruce qui nous conte une courte histoire nous invitant à la réflexion et au recueillement, où le thème de l’enfance est roi. Il demande ainsi à « sa mère de le bénir parce qu’il a pêché ». Qu’il soit pardonné pour ce qui fût et ce qui suit.

Ce petit récital terminé, on enchaine avec une autre chanson sur l’enfance, STARCHILDREN. Comme pour FREAK, le niveau est très élevé. Les guitares sonnent lourdes et le tempo reste toujours aussi agréable.

TAKING THE QUEEN ralentit de nouveau le rythme, du moins en partie, avec notamment une longue et chaleureuse intro à la guitare électro-acoustique forte de nombreuses variations et d’effets. La seconde partie est plus électrifiée au niveau du son, même si le tempo reste très coulé, très détendu, très baladeur. On se détend à vrai dire, comme sur une croisière.

En revanche, sur DARKSIDE OF THE AQUARIUS, après une belle intro mélodique, on retrouve ce précédent son, qui s’inscrit dans un rock agressif, oldschool, percutant, et les guitares y sont encore une fois accrocheuses.

Avec ROAD TO HELL, on fait un petit voyage dans le temps, car la guitare de Smith rappelle aussitôt le style de la vierge de fer. Bruce se retrouve en terrain connu et nous chante sur un rythme assez familier. La chanson dispose d’un groove impeccable, car les couplets mi-endiablés débouchent sur un riff assez émouvant et la mélodie est naturellement mémorisable tant c’est merveilleusement bien exécuté. Les ponts sont réussis eux aussi, et Adrian Smith nous sert même un solo typique des dizaines qu’il a pu composer pour Iron Maiden.

MAN OF SORROWS, malgré qu’elle demeure une des plus douces est sans nul doute le tube de cet album. On s’écarte en effet un peu du monde du Metal pour une magnifique et émouvante chanson, dans laquelle Bruce est seul, dans un style épique, face au Monde. Magnifique le piano joué par Roy Z, de même que ce solo d’Anthologie joué par Smith. Ce solo, pas des plus longs non plus, mériterait de figurer au panthéon des plus beaux solos de toute l’histoire de la musique. Assurément, car cette belle mélodie respecte tous les codes de la bonne Musique et qui plus est, est très imagée. La chanson justement traite encore une fois de thèmes chers à Bruce sur cet album, comme l’enfance, la religion également.

Accident of Birth, comme FREAK ou le tout frais MAN OF SORROWS est l’un des grands moments de l’album. Toujours cette rythmique rapide ; s’y ajoutent des arpèges bien trouvés de Roy Z, et des soli superbes après le refrain, légendaire également.

La chanson a des attraits de tragédie, en touchant de manière assez gore au thème de la naissance, les paroles du refrain faisant effectivement référence à un accident de naissance, soit une tragédie à l’accouchement, un enfant mort-né.

THE MAGICIAN dégivre notre sang avec un état d’esprit résolument plus joyeux, plus positif, plus déclaratif. Peu de folies ici, mais cette tournerie autour des pouvoirs de magicien se digère très bien.

WELCOME TO THE PIT (« bienvenue dans la fosse/faille »), nous replonge quelque peu dans cet état d’esprit très GARAGE ROCK, mi-morbide mi-joyeux. Notons un beau refrain bien exécuté et un joli solo de Smith dans la deuxième partie.

OMEGA est une chanson dans la trempe de TAKING THE QUEEN, où on alterne entre passages doux en acoustique et séquences rock bon enfant, sans grandes folies, mais le tout bien exécuté. Il convient encore de signaler un solo très « amoureux » de Smith, et la voix de Bruce, qui de manière générale, comme dans tous les autres morceaux colle parfaitement à la musique.

L’album se termine en roue libre sur ARC OF SPACE, une magnifique ballade très douce à la guitare acoustique, sonnant folk par moments, et avec quelques influences hispaniques sur d’autres. Tout cela ajouté à la voix langoureuse de Bruce et un petit synthé ambiant agréable, on termine en douceur ce violent (dans les mots) Accident of Birth. Ainsi, la morale de ce disque est que Bruce Dickinson, avant d’être un chanteur de Heavy Metal est un chanteur tout simplement, et sait nous émouvoir comme sur MAN OF SORROWS pour exemple.

Bien avant la bombe que sera l’album suivant The Chemical Wedding en 1998, Accident of Birth reste donc un album réussi, avec ses quelques tubes comme FREAK, STARCHILDREN, ROAD TO HELL, MAN OF SORROWS ou Accident of Birth justement, où on nous sert une musique de qualité qui oscille entre le Rock et le Heavy.

C’est un album original, varié, bien mené, susceptible de surprendre, et qui sans pouvoir prétendre à une place dans le hall of frame du Metal mérite cependant un hommage ; et enfin il me fallait un album d’exception pour mon vingt-septième article qui me tient à c?ur en raison de la place et de l’histoire qu’occupe ce nombre spécial chez moi.

15/20.

Iron Maiden : Virtual XI

Monday, August 11th, 2008

Virtual XI Virtual XI est comme chacun le sait l’album créant le plus de polémique parmi les fans de la vierge de fer. Cette chronique va sans doute alimenter une nouvelle fois cette vieille polémique. Cependant, mon avis n’est pas absolutiste, et doit juste permettre d’apporter un poINT de vue différent sur cet album.

En effet, je souhaite défendre cet album.

Pour résumer une énième fois le contexte, disons que nous sommes en 1998 à l’orée du vingt-et-unième siècle, que cette période a marqué le déclin musical de nombreux groupes des années 70 et 80, que l’album précédent de maiden, « the x factor » avait surpris beaucoup de fans et déçu une grande part, que le nouveau chanteur Blaze Bayley était contesté pour sa performance dans ce précédent opus. L’enjeu pour Maiden dans Virtual XI était donc double, à la fois se réconcilier avec son public, et amorcer un bon virage pour entrer dans le vingt-et-unième siècle.

Virtual XI fut largement critiqué. La première banderille fut envoyée sur la musique bien sur, jugée encore plus progressive, plus lente, moins courageuse, moins recherchée diront certains, que sur the X factor. Blaze Bayley était pour beaucoup le coupable désigné de ce semi-échec (ne parlons pas d’échec, car si cela aurait été le cas, maiden aurait pris fin), car sa voix ne permettait pas de composer des chansons aussi rythmées et inspirées que précédemment sous l’ère Dickinson.

La seconde critique INTervINT également sur l’image du groupe. Beaucoup voyaient désormais en maiden un groupe devenu commercial, car le style progressif adopté sur the X factor devait soit disant drainer plus de public. Certes, ce coté commercial je pense, n’est pas apparu dans la musique, mais plutôt dans les activités non-musicales du groupe, à savoir le MERCHANDISING. Toujours plus de produits signés Maiden dont hélàs le nullissime jeu-vidéo Ed Hunter, et surtout un concept d’album qui vient se calquer en 1998 sur cet évènement footballistique que fut la coupe du monde 1998. Songeons à la couverture de l’album, nous montrant des petits gugus sur un terrain jouant au foot, puis aux photos du groupe prises avec quelques joueurs d’époque de football, dont certains ont plutôt mal finis (Gascoigne). Bref passons sur le coté merchandising.

Venons-en à la musique. Ici, on ne patiente pas comme sur the X factor sur une longue INTro onirique et progressive, mais on est entrainée par un excellent Futureal, qui donne le ton dès les premières notes. Une mélodie rythmée, où la basse de Steve Harris est retrouvée, et on reconnait bien cette gamme jouée, propre à son jeu. Je trouve notamment que la ligne de chant se colle bien à l’instrumental, et celui-ci se retrouve agrémenté d’un solo faisant office de pont, très court, mais magnifique tout de même. Futureal est certes vite avalée, mais ce hors d’?uvre fut un chef-d’?uvre.

The Angel and the Gambler, en revanche nous replonge dans ce fameux rock plus conventionnel, plus progressif, déjà exploré sous the factor X. La chanson dure ici presque dix minutes, et ce temps est mis en ?uvre pour enchainer différents rythmes. En revanche, si dans ce précédent album le ton se voulait plus sombre, ici, c’est dans un style plus joyeux, plus déclaratif, que les notes nous guident. Cette chanson est sympathique je trouve, car elle recèle de nombreuses parties INTéressantes, avec encore une fois quelques mélodies captivantes. Les détracteurs de l’album avaient à ce propos critiqué le clip afférent de ce morceau, le jugeant trop gentillet, trop naïf, trop commercial, bref pas dans la tempe de Maiden. Sur ce poINT je les rejoINTs un peu, car malgré le petit clin d’?il à la pochette du single STRANGE MAN IN A STRANGE LAND (quand Blaze déguisé en chasseur de primes entre dans un pub futuriste), les images de synthèse bâclées ne donnent aucune crédibilité à ce clip.

Mais, revenons-en à la musique et ne nous attardons pas sur ce détail graphique.

L’album se poursuit avec LIGHTNING STRIKES TWICE, qui m’a un peu laissé sur ma faim. Le rythme doux que l’on retrouve en INTroduction s’inscrit toujours dans le fameux style progressif ? je l’affectionne, car si le rythme est certes lent, je trouve les mélodies magnifiques, c’est de la belle musique. Malgré cela, je trouve effectivement cette chanson un peu limite en la forme.

Venons-en à THE CLANSMAN, une longue chanson encore, où je veux souligner un grand travail, une grande inspiration de Steve Harris et de Yannick Gers au cours de cette longue mais pas INTerminable INTro, où les mélodies les plus délicates, les plus émotionnelles pleuvent à la suite. A noter un refrain certes plus que classique avec la répétition par Blaze de « freedom », mais qui possède une bonne charge émotionnelle. Agrémenté d’un pont naturellement entrainant lui-même saturé de solos jouissifs et une bonne conclusion, THE CLANSMAN ne laisse pas indifférent.

WHEN TWO WORLS COLLIDE, tout comme lightning strikes twice, est un morceau que je trouve très moyen, mais cette fois, je ferai dans la critique en disant que c’est insipide. Là oui j’admets que le style progressif trouve ici ses limites car la composition est un brouillon où on ne se reprend jamais à entonner les paroles ni la mélodie.

En revanche, je fus séduit par THE EDUCATED FOOL. Le faux rythme des couplets peut choquer, mais je trouve que c’est un gros effort fait par Blaze pour obtenir un rythme plus dynamique. Le refrain est émotionnellement séduisant, ce qui permet de poser cette question inévitable : Pourquoi la plupart des fans n’aiment-ils pas Blaze Bayley ?

Il est vrai que lors de concerts, beaucoup des vieilles chansons qui avaient fait la gloire de la vierge, telles que The Number of the Beast, The Trooper, two minutes to midnight ou encore Aces High, se retrouvaient massacrées, car le timbre de voix de Blaze ne convenait pas. De plus, beaucoup de concerts étaient écourtés en raisons d’allergies étranges de Blaze, et aussi de ses quelques problèmes liés à l’alcool. Dickinson n’avait sans doute jamais été aussi regretté.

Mais pourquoi haïr autant ce pauvre Blaze ? Lorsque Bruce Dickinson quitta le groupe pour se consacrer à sa carrière solo, les membres restant auraient très bien pu tout arrêter, et vivre dans l’oisiveté grâce à leurs rentes astronomiques assurées par les précédents albums et le merchandising qui restaient au beau fixe. Non, Maiden a voulu continuer, et forcément, comme il était difficile sinon impossible de retrouver un chanteur aux capacités vocales et scéniques égales ou supérieures à celles de Bruce, il était devenu évident que plus rien ne serait comme avant.Donc, l’ère non-dickinsonienne doit faire partie de l’histoire de Iron Maiden en tant que période de transition, que les vrais fans ne doivent pas regretter, car d’une part, elle nous a délivré quelques tubes et bons moments de musique, et d’autre part, sans elle, Maiden n’aurait pas rebondi (Brave New World aurait-il existé ?) et serait actuellement au placard du Heavy Metal.

Passé ce petit speech sur cette période trouble que fut celle avec Blaze Bayley au poste de chanteur,revenons sur l’album et la chanson DON’T LOOK TO THE EYES OF A STRANGER, qui est pas mal dans son développement mais qui pêche par sa lenteur, rien de choquant diront certains. Il convient de souligner quelques passages instrumentaux magnifiques.

Pour clôturer l’album, Iron Maiden expérimente dans un style très ralenti une chanson envoutante, COMO ESTAIS AMIGO avec quelques rythmes acoustiques, rattrapés par un son puissant après le premier refrain. Le tout se voulant chargé en émotion. Il faut avouer que c’est quand même réussi, et c’est peut-être dans ce genre de situation que le pestiféré Blaze trompe son monde. En effet, sa voix se moule parfaitement dans cette ballade atypique, de par sa puissance, et son ton à la fois déclaratif et triste (souffrant devrait-on dire).

Bref, une bonne fin.

La conclusion sera rapide. Virtual XI ne saurait être un des meilleurs albums de Maiden, mais il recèle quand même de détails INTéressants, certes parfois non évidents lors d’un premier écoute. Ainsi, tout comme the X factor, Virtual XI reste avant tout un album de Iron Maiden dans un style différent, mais dans un style sympathique. Ce n’est pas parce qu’un album est moins rapide qu’il est pour autant plus mauvais.