Kromlek : Strange Rumours… Distant Tremors

August 21st, 2010 by admin

Kromlek : Strange Rumours... Distant TremorsJe pourrais entamer ma chronique avec une phrase lapidaire et cynique du style: « Oh tiens, chouette, un nouvel album de pagan folk, comme c’est original! ».

Je pourrais également poursuivre avec cette même ironie mordante et continuer à étaler mon amertume sur des lignes et des lignes, engluant ces pauvres Teutons dans les flots acerbes de ma frustration et de ma mauvaise humeur, et ce sans même prendre la peine de parler de leur musique, car effectivement, depuis l’explosion de groupes comme Finntroll ou Amon Amarth, les pseudos groupes de pagan viking foresto folk trollesques poussent comme de la mauvaise herbe et n’en finissent plus de nous irriter les oreilles à coups de cornemuses, binious, autres flutes et accords de grattes mous du genou et pas toujours inspirés.

Pourtant, je n’en ferai rien. Et pourquoi donc, me demanderez-vous? Tout simplement parce que cet album est excellent et que son écoute, au départ un peu sceptique, a rapidement eu raison de ma mauvaise foi, et a définitivement étouffé mes tendances au taillage de costards gratuit dans l’oeuf.

Alors, à quoi faut-il donc s’attendre avec ce fameux Strange Rumours… Distant Tremors de nos Bavarrois? Eh bien, à première oreille, à rien de foncièrement original, le terme de folk métal étant ici assez représentatif du son que ces sept Allemands nous proposent: une musique épique teintée de passages festifs ou plus intimistes, et utilisant de nombreux instruments folkloriques pour étayer son propos (merci le clavier!), des compos bien foutues et entraînantes aux différents changements de tons et de rythmes, bref, une musique apparemment assez simple, variée et accrocheuse pour rester plaisante de bout en bout. Mais Kromlek ne se limite pas à cela, et réduire cette galette à un album gentillet de folk métal parmi tant d’autres serait une regrettable erreur que je vais tâcher de vous faire éviter.

Hum, par où commencer pour rendre hommage à ce très bon Strange Rumors… Distant Tremors? En premier lieu, on peut déjà constater la richesse musicale qui distingue le combo germanique de bon nombre de groupes officiant dans le même style: en effet, une écoute attentive nous permet de distinguer des compos riches et complexes, admirablement travaillées, et au propos varié, en témoigne une piste comme Grim Omens du haut de ses 8,40 minutes, véritable point d’orgue de l’album. La variété, un autre point fort de cet opus, qui évite à l’auditeur de tomber dans l’ennui: influences médiévales très prononcées, notamment sur certaines intros, feeling heavy indéniable et puissant, notamment sur certains leads et chorus de guitares parfaitement chiadés, mélodies entêtantes et imparables contrastant agréablement avec les voix black et death…

La musique n’est jamais foncièrement violente, toujours agréable d’écoute et accrocheuse, parfois plus mélancolique et intimiste, voire carrément onirique (confer cette mélodie à 4,10 minutes de Grim Omens, simplissime mais tellement magique, renforcée ensuite par le feulement black, le roulement de batterie et l’assise rythmique de la deuxième guitare, de totue beauté!), parfois vraiment festive et entraînante ( Folkthing et Svartmetall, qui fleurent bon le Finntroll des familles). Mais, point fort indéniable, les chansons restent toujours expressives, imagées et épiques grâce à des claviers judicieusement utilisés en intro, en accompagnement ou en remplacement de certains instruments (outre le violon qui est joué par un instrumentiste, on entend pèle-mêle des cuivres, de l’accordéon et de la flûte sur cet album).

Ce qui est également agréable à constater, c’est que dans tous les styles auxquels il emprunte, Kromlek excelle. Les références sont très nombreuses et parfois évidentes (mais on peut en déceler tellement et d’horizons si différents, jugez plutôt, j’ai retrouvé autant de Finntroll, d’Amon Amarth ou de Raventhrone que de Bal Sagoth pour le côté résolument épique et l’utilisation des cuivres, ou encore de Vanitas pour la patte plus symphonique et mélodique, les choeurs féminins et le grain des guitares!), néanmoins, elles sont toujours bien digérées et habilement intégrées à l’ensemble pour aboutir finalement à un style résolument personnel et convaincant.

De même, si la musique de Kromlek est parfois prévisible, cela ne gâche en rien le plaisir de l’écoute. On se laisse très facilement transporter par ces 10 titres, et on se prend souvent à fredonner/beugler/siffloter selon les passages de la chanson. Alors,oui, certes, l’album s’essouffle un peu sur la fin (je trouve notamment la trilogie Strandhagg moins convaincante que le reste de l’album), et certains réfractaires pourront rétorquer que Kromlek est un groupe d’opportunistes qui joue de la musique easy-listening.

Oui, peut-être. N’empêche que la magie opère et que c’est bien ça qui compte.

Maintenant, à vous de juger…

War Of Ages : Arise and Conquer

July 19th, 2010 by admin

War Of Ages : Arise and ConquerBien l’bonjour spiritiens de tout poils (et allez, ne faisons pas de discrimination, salut aussi aux imberbes). Aujourd’hui, une fois n’est pas coutume, je vais chroniquer un album de… metalcore. Eh ouais!

Ok, je vois déjà une grande partie de la plèbe chevelue avide de haine, de sang et de noirceur faire la gueule et traîner avec dépit ses news rocks vers la porte de sortie et les “die-hard-true-fans” à la recherche de metal old school et authentique esquisser un rictus moqueur et méprisant sous leur tignasse bouclée et leur veste cloutée à patchs.

Mais attendez un peu avant de bougonner, que diable! Car, même si je suis loin d’être un spécialiste en matière de metalcore – pas même non plus un simple amateur, c’est dire – autant vous l’avouer tout de suite et mettre les choses au clair: cet album est une petite bombe.

Voilà, c’est lâché. Que les ronchons sceptiques et irrécupérables passent définitivement leur chemin et que ceux qui ont un minimum de curiosité et/ou d’ouverture d’esprit metallique s’attardent encore quelque temps sur ces modestes lignes, ils pourraient, qui sait, faire une belle découverte.

Alors oui, comme je vous le disais cet album est bon, très bon, même. Et pourtant, a priori, sur le papier, War Of Ages a tout du groupe propre à méchamment irriter. Tout jeune groupe (à peine formé en 2002) avec déjà cinq albums à son actif (soit quasiment un par an depuis 2005), et un style particulièrement en vogue depuis ces cinq dernières années, j’ai nommé le metalcore, on pourrait aisément taxer ces jeunes loups aux dents longues de vilains opportunistes qui dénatureraient l’âme authentique et l’esprit originel du metal (mode vieux true blasé off). Oui, sauf que… Ben, que voulez-vous ma p’tite dame, la musique est excellente. Puissante, violente, racée, entraînante, groovy, entêtante et mélodique. Tout ça? Et ouais. Pas mal hein?

Allez, rentrons plus en détail dans ce Rise and Conquer: d’entrée de jeu, une voie furieuse nous scande rageusement « All Consuming Fire », et c’est parti pour dix titres de haute volée: des guitares saccadées et lourdes à la rythmique implacable, puis vient le riff lead, monstrueux de mélodie et de vélocité. C’est rapide, propre, entraînant, ultra efficace, carré… Cette voix hurlée convaincante, ces chorus de guitares délicieusement mélodiques pour porter l’émotion à son paroxysme sur les refrains, ces parties lourdes à se déboîter les cervicales…

Tous les ingrédients sont là pour faire un très bon album de metalcore… ou de metal tout court.

Certes on n’a rien de très original ici, et cela saute immédiatement aux oreilles que War Of Ages n’a pas inventé le fil à couper le beurre. Ceci dit, le ton est donné, et ce qui suit est de même facture: When Faith Turns to Ashes, avec un riff très At The Gates-ien et une batterie furibarde qui met l’auditeur à genoux, ces vocaux toujours aussi excellents, rageurs et intenses, ces moshs parts ravageurs, Through the Flames qui débute sur un riff lumineux et entêtant soutenu par une double millimétrée, le tout déboulant sur ce refrain fédérateur aux choeurs scandés très typés hardcore… Je ne vais pas faire de titre par titre, mais il n’y a pas à chier, War Of Ages a le don d’allier brutalité et mélodie dans des compos parfaitement maîtrisées et super accrocheuses. Le son est tout simplement parfait, le tout ultra entraînant, il n’y a rien à jeter, les titres s’enchaînent sans répit, alternant violence et harmonie, lourdeur et rapidité, et parvenant à jouer avec une facilité déconcertante tant sur le côté direct, intense et brut de décoffrage qu’avec des passages plus mélancoliques et émotionnels.

Les p’tits gars de Erie savent intelligemment varier les rythmes et possèdent la technique et le sens inné de la composition pour faire de chaque titre un hit potentiel (confer ces chorus et soli de guitares lumineux distillés tout au long de l’album, ces montées en puissance progressives amenées par une voix narrée et débouchant immanquablement sur des parties saccadées irrésistiblement contagieuses sur lesquelles ne pas secouer la crinière est tout bonnement impossible, ces refrains toujours entêtants…), mais si ceci est un atout indéniable, c’est peut-être également aussi ce qui fait finalement un peu tourner l’album en rond: en effet, si tout est parfaitement huilé et calibré pour faire mouche, et si chaque chanson, séparément, est une tuerie totale, les structures ont vite tendance à se répéter d’une chanson sur l’autre, rendant le tout très prévisible. Et, irrémédiablement, l’ensemble deviendra assez vite répétitif, et pourra même finir par sembler plat, les mêmes – excellentes ! – formules étant usées jusqu’à la moëlle sur les 10 titres qui composent cet album. De sorte qu’arrivé au 6ème titre, on commence un peu à décrocher et à écouter cette déferlante sonore d’une oreille plus distraite, ce qui est fort dommage, car, à peu de choses prêt, les titres sont aussi excellents les uns que les autres…

Pas de grande originalité, donc, et un album qui pourra sonner un brin répétitif, lisse et formaté pour les auditeurs les plus exigeants, mais une musique qui n’en reste pas moins excellente, techniquement irréprochable, entraînante et efficace en diable. Dans une scène metal de plus en plus saturée et discréditée par des clones sans personnalité, que demander de plus? Pour moi, le choix est fait, et je préfère me réenfiler ce très bon Arise and Conquer plutôt que n’importe quel nouveau groupe sans âme se bornant à singer sans vergogne la sacro-sainte scène de Göteborg. Et toc!

Sentenced : The Cold White Light

April 13th, 2010 by admin

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

April 13th, 2010 by admin

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

April 13th, 2010 by admin

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

April 13th, 2010 by admin

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

April 13th, 2010 by admin

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Faerghail : Where Angels Dwell No More

December 25th, 2009 by admin

Faerghail : Where Angels Dwell No MorePour un amateur, la rédaction d’une chronique peut présenter plusieurs intérêts assez appréciables et gratifiants: outre le fait d’avoir la satisfaction de pouvoir donner son avis et de décrire ses sensations profondes et intimes à l’écoute d’une musique qui nous transporte, cela donne aussi et surtout la possibilité de partager des coups de coeur et de donner fièrement à connaître à la plèbe spiritienne ses découvertes métalliques, les vieux trésors enfouis au plus profond de sa culture de l’extrême, résultant bien souvent de longues et hasardeuses pérégrinations musicales.

Dans le cas présent, il s’agit bien plus de la deuxième option, et le groupe que j’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui est une formation finlandaise quasiment inconnue qui évolue dans une sorte de heavy black death épique ultra mélodique et très accrocheur.

Pas très original m’objecterez-vous peut-être, et on ne peut effectivement pas nier que le groupe vient d’un pays où le métal est aussi populaire que l’est chez nous la variété, et officie de plus dans un registre saturé et souvent décrédibilisé par différents clones sans personnalité musicale. Mais avant de condamner définitivement Faerghail, il est essentiel de lui donner sa chance, et à l’écoute de ce très bon Where Angels Dwell No More, beaucoup d’entre vous pourraient bien changer leurs a priori négatifs!

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’anonymat dans lequel Faerghail stagne depuis la date de sa création est tout sauf mérité! J’en veux pour preuve ce très bon album sur lequel les Finlandais jouent un métal solide, frais et vigoureux, à l’énergie brute et communicative et aux mélodies envoûtantes et épiques.

Ici, pas d’ingrédient miracle : la recette est simple et basique, une bonne dose d’énergie, des riffs bien heavy implacables et entraînants, une rythmique efficace et accrocheuse, et un sens mélodique imparable sublimé par des claviers inspirés, le tout boosté par un feeling rock’n roll indéniable et irrésistible ( confer les soli très rock sur Horizons Fall et Dying Memories). Les guitares enchaînent des riffs tous plus excellents les uns que les autres qui restent gravés dans votre esprit, tantôt franchement directs, tantôt plus apaisés, tissant avec les claviers une toile de fond sonore épique et fantastique. La voix, écorchée et expressive à la manière d’un Chuck Schuldiner, et parfois doublée d’une seconde voix plus gutturale et narrative, vient épouser ces rythmiques héroïques et leur insuffler le soupçon d’agressivité qui leur manquait pour en faire le mix parfait entre énergie et mélodie: la musique de Faerghail est entraînante et rythmée sans jamais être vraiment violente, onirique et touchante sans pour autant verser dans le mièvre, enjouée et prenante sans tomber dans la caricature du happy metal, et puissamment épique en évitant habilement l’écueil du kitsch.

Le tout, bien que d’une simplicité et d’une évidence extrêmes, s’écoute très agréablement d’une traite et pourrait se définir comme l’improbable et jouissif mélange entre un Iron Maiden extrême pour le côté heavy et l’efficacité du riffing , un Children of Bodom mid-tempo pour les mélodies entêtantes du clavier et des guitares, un Diabolical Masquerade gentillet pour le côté parfois sombre et progressif des compos ( toutes proportions gardées!), et, soyons fous, un Thyrfing en ce qui concerne l’ensemble, bougrement épique et entraînant!

Un cocktail pas foncièrement novateur, donc, mais un ensemble d’influences plutôt bien digérées qui aboutit à une musique somme toute assez personnelle et, dans tous les cas, diablement efficace et convaincante.

C’est simple, à l’écoute des 10 titres de Where Angels Dwell No More, on se prend à taper furieusement du pied, à secouer la tête en souriant béatement, et à empoigner n’importe quel objet qui pourrait faire office de guitare pour plaquer les accords irrésistibles que distille le groupe tout le long de l’album. Et, pour peu que l’on fasse l’effort de se laisser vraiment emporter par la musique, on voit défiler devant nos yeux des chateaux enneigés émergeant des brumes vaporeuses de la nuit, d’immenses plaines venteuses jonchées par les corps des guerriers tombés au combat et toutes sortes de créatures fantastiques qui s’affrontent en une bataille cosmique.

Alors certes, l’album souffre de quelques faiblesses assez évidentes: cette batterie programmée tout d’abord, au son complètement synthétique et bien trop mise en avant qui, à la longue, devient lassante et qui casse le côté organique et spontané du tout. Ensuite, directement liée, cette linéarité dans le rythme, ce mid tempo basique et binaire qui se répète presque d’un bout à l’autre de l’abum avec ce son de batterie vraiment trop froid et mécanique. Certes, la rythmique s’adapte bien aux titres, collant la plupart du temps justement aux riffs, mais un peu plus de technique et de diversité au niveau des percussions aurait donné un second souffle et un relief appréciable aux compos.

Car enfin, ce que l’on peut aussi reprocher à Faerghail est que, même si la sauce prend bien, les 10 chansons qui composent Where Angels Dwell No More, bien que toutes de bonne facture, ne se distinguent pas vraiment les unes des autres: les structures sont trop identiques, la rythmique trop linéaire, et les riffs, certes excellents, se ressemblent beaucoup dans leur exécution, jouant principalement sur la dimension épique apparement si chère au groupe, de sorte que dans le lot, aucune chanson ne ressort réellement.

Mais, même s’il est regrettable d’avoir à relever ces grossières imperfections qui entâchent quelque peu la bonne qualité de cet album, il serait dommage de passer à côté de Where Angels Dwell No More, et de bouder définitivement Faerghail! Car il y a fort à parier que s’ils parviennent à rectifier leurs erreurs en concentrant leur effort sur la qualité de la production et la diversité de leurs morceaux, les Finlandais pourraient très bien se hisser à un tout autre niveau, et connaître le succès qu’ils méritent, car ils possèdent indubitablement le petit je-ne-sais-quoi capble de faire la différence!

A suivre de très près, donc, et, en attendant la suite, rien n’empêche de (re)jeter une oreille sur cet opus qui saura probablement satisfaire les fans de heavy comme les amateurs de metal extrême mélodique!

Belenos : Spicilège

November 23rd, 2009 by admin

Belenos : SpicilègePour ceux qui suivent avec un tant soit peu d’intérêt la scène pagan black française, Bélénos est sans doute dèja bien connu, et fait même probablement office de groupe majeur et précurseur, au même titre qu’ Aes Dana par exemple, et il y a fort à parier que n’importe quel vieux briscard adepte de métal, de nature et de paganisme et qui n’est pas rebuté par les sonorités celtiques connait déjà ce sublime Spicilège dans les moindres modulations de ses arpèges, de ses riffs épiques et de ses choeurs barbares.

Néanmoins, pour ceux qui se pencheraient depuis peu sur ce style grâce – ou à cause? – à l’engouement exponentiel et à la surreprésentation que les groupes qui se réclament de ce genre connaîssent depuis maintenant quelques années, une présentation de cette pièce maîtresse de la scène pagan black celtique s’impose.

Ici, on est très loin des Korpilaani, Turisas et autres Eluveitie, pour comprendre et apprécier pleinement l’essence de la musique de Bélénos, il est essentiel de se pencher sur ses racines résolument black. Alors que la tendance actuelle est au metal festif et épique (on parle désormais de troll-, de battle- ou même de pirate metal!) ou à la musique fade et sans âme que propose une flopée de pseudo groupes pagan folk metal, et qui se limite souvent à un mélange opportuniste et convenu d’instruments folk et de guitares distordues, Spicilège lance toutes ses nobles forces dans une bataille qui se divise en 7 hymnes guerriers, païens, épiques et violents, apaisés par deux interludes accoustiques et contemplatifs, sortes de repos du guerrier qui panse ses blessures encore humides et se prépare déjà à la fureur des batailles à venir.

Ces neuf chansons raisonnent définitivement comme un écho fier et nostalgique du passé, hommage à un peuple rude et guerrier, à ses rites païens et à ses dieux oubliés. A l’écoute de ces 45 minutes, on est transporté sur les terres sacrées gorgées des libations et du sang des frères tombés au combat, on se retrouve dans les forêts celtiques mystérieuses où les druides invoquent les esprits, et devant nos yeux voilés par la brume du temps se dessine une fresque grandiose et épique faite de combats, de victoires, de morts, de douleurs, d’incantations et de prières.

A travers ces riffs saturés, tour à tour épiques, violents, calmes et mélancoliques, à travers cette voix sépulcrale et lointaine semblant émaner des tréfonds de la terre, là où les glorieux ancêtres reposent l’épée à la main en un tas de poussière grise, à travers cette batterie frénétique et martiale qui rappelle les tambours de la guerre, à travers ces clameurs guerrières qui recouvrent le bruit de la bataille, on se prend à rêver aux vestiges d’un temps lointain où l’homme, la Nature et les esprits partageaiant une même terre, fière et sauvage. Puis, l’instant d’après, ces arpèges placides aux consonnaces mystiques et presque oniriques, ces choeurs graves et lugubres, ces percussions étouffées et sourdes, lentes pulsations d’un couer à l’agonie, nous poussent à une méditation sur la place de l’Homme et de la Nature, du Mortel et du Sacré, et nous amènent sur le seuil d’un voyage spirituel, sorte de parcours initiatique douloureux effectué par le fer et le sang, la prière et l’introspection, élevant l’âme jusqu’aux demeures des dieux immortels, ou précipitant le corps dans les entrailles fumantes de la terre.

Vous l’aurez compris, ce Spicilège est intemporel et magique. Malgré quelques détails qui pourraient irriter les plus exigeants ( une batterie trop mise en avant et qui se laisse parfois aller à des blasts intempestifs, une piteuse orthographe aussi malmenée que la batterie de Marc Devillers, et des morceaux qui, quoique excellents, ont tout de même une certaine tendance à se répéter), on a affaire ici à un chef-d’oeuvre du genre, qui donne toute sa noblesse au pagan black français.

Respirant la sincérité et la passion, voici une oeuvre vibrante d’émotions à l’aura quasi mystique qui contrebalance avec panache cette mode éphémère de nouveaux groupes folk et pagan sans originalité et à la quête d’une identité. A savourer sans modération.

Belenos : Spicilège

November 23rd, 2009 by admin

Belenos : SpicilègePour ceux qui suivent avec un tant soit peu d’intérêt la scène pagan black française, Bélénos est sans doute dèja bien connu, et fait même probablement office de groupe majeur et précurseur, au même titre qu’ Aes Dana par exemple, et il y a fort à parier que n’importe quel vieux briscard adepte de métal, de nature et de paganisme et qui n’est pas rebuté par les sonorités celtiques connait déjà ce sublime Spicilège dans les moindres modulations de ses arpèges, de ses riffs épiques et de ses choeurs barbares.

Néanmoins, pour ceux qui se pencheraient depuis peu sur ce style grâce – ou à cause? – à l’engouement exponentiel et à la surreprésentation que les groupes qui se réclament de ce genre connaîssent depuis maintenant quelques années, une présentation de cette pièce maîtresse de la scène pagan black celtique s’impose.

Ici, on est très loin des Korpilaani, Turisas et autres Eluveitie, pour comprendre et apprécier pleinement l’essence de la musique de Bélénos, il est essentiel de se pencher sur ses racines résolument black. Alors que la tendance actuelle est au metal festif et épique (on parle désormais de troll-, de battle- ou même de pirate metal!) ou à la musique fade et sans âme que propose une flopée de pseudo groupes pagan folk metal, et qui se limite souvent à un mélange opportuniste et convenu d’instruments folk et de guitares distordues, Spicilège lance toutes ses nobles forces dans une bataille qui se divise en 7 hymnes guerriers, païens, épiques et violents, apaisés par deux interludes accoustiques et contemplatifs, sortes de repos du guerrier qui panse ses blessures encore humides et se prépare déjà à la fureur des batailles à venir.

Ces neuf chansons raisonnent définitivement comme un écho fier et nostalgique du passé, hommage à un peuple rude et guerrier, à ses rites païens et à ses dieux oubliés. A l’écoute de ces 45 minutes, on est transporté sur les terres sacrées gorgées des libations et du sang des frères tombés au combat, on se retrouve dans les forêts celtiques mystérieuses où les druides invoquent les esprits, et devant nos yeux voilés par la brume du temps se dessine une fresque grandiose et épique faite de combats, de victoires, de morts, de douleurs, d’incantations et de prières.

A travers ces riffs saturés, tour à tour épiques, violents, calmes et mélancoliques, à travers cette voix sépulcrale et lointaine semblant émaner des tréfonds de la terre, là où les glorieux ancêtres reposent l’épée à la main en un tas de poussière grise, à travers cette batterie frénétique et martiale qui rappelle les tambours de la guerre, à travers ces clameurs guerrières qui recouvrent le bruit de la bataille, on se prend à rêver aux vestiges d’un temps lointain où l’homme, la Nature et les esprits partageaiant une même terre, fière et sauvage. Puis, l’instant d’après, ces arpèges placides aux consonnaces mystiques et presque oniriques, ces choeurs graves et lugubres, ces percussions étouffées et sourdes, lentes pulsations d’un couer à l’agonie, nous poussent à une méditation sur la place de l’Homme et de la Nature, du Mortel et du Sacré, et nous amènent sur le seuil d’un voyage spirituel, sorte de parcours initiatique douloureux effectué par le fer et le sang, la prière et l’introspection, élevant l’âme jusqu’aux demeures des dieux immortels, ou précipitant le corps dans les entrailles fumantes de la terre.

Vous l’aurez compris, ce Spicilège est intemporel et magique. Malgré quelques détails qui pourraient irriter les plus exigeants ( une batterie trop mise en avant et qui se laisse parfois aller à des blasts intempestifs, une piteuse orthographe aussi malmenée que la batterie de Marc Devillers, et des morceaux qui, quoique excellents, ont tout de même une certaine tendance à se répéter), on a affaire ici à un chef-d’oeuvre du genre, qui donne toute sa noblesse au pagan black français.

Respirant la sincérité et la passion, voici une oeuvre vibrante d’émotions à l’aura quasi mystique qui contrebalance avec panache cette mode éphémère de nouveaux groupes folk et pagan sans originalité et à la quête d’une identité. A savourer sans modération.