Faerghail : Where Angels Dwell No More

December 25th, 2009 by admin

Faerghail : Where Angels Dwell No MorePour un amateur, la rédaction d’une chronique peut présenter plusieurs intérêts assez appréciables et gratifiants: outre le fait d’avoir la satisfaction de pouvoir donner son avis et de décrire ses sensations profondes et intimes à l’écoute d’une musique qui nous transporte, cela donne aussi et surtout la possibilité de partager des coups de coeur et de donner fièrement à connaître à la plèbe spiritienne ses découvertes métalliques, les vieux trésors enfouis au plus profond de sa culture de l’extrême, résultant bien souvent de longues et hasardeuses pérégrinations musicales.

Dans le cas présent, il s’agit bien plus de la deuxième option, et le groupe que j’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui est une formation finlandaise quasiment inconnue qui évolue dans une sorte de heavy black death épique ultra mélodique et très accrocheur.

Pas très original m’objecterez-vous peut-être, et on ne peut effectivement pas nier que le groupe vient d’un pays où le métal est aussi populaire que l’est chez nous la variété, et officie de plus dans un registre saturé et souvent décrédibilisé par différents clones sans personnalité musicale. Mais avant de condamner définitivement Faerghail, il est essentiel de lui donner sa chance, et à l’écoute de ce très bon Where Angels Dwell No More, beaucoup d’entre vous pourraient bien changer leurs a priori négatifs!

Car le moins que l’on puisse dire, c’est que l’anonymat dans lequel Faerghail stagne depuis la date de sa création est tout sauf mérité! J’en veux pour preuve ce très bon album sur lequel les Finlandais jouent un métal solide, frais et vigoureux, à l’énergie brute et communicative et aux mélodies envoûtantes et épiques.

Ici, pas d’ingrédient miracle : la recette est simple et basique, une bonne dose d’énergie, des riffs bien heavy implacables et entraînants, une rythmique efficace et accrocheuse, et un sens mélodique imparable sublimé par des claviers inspirés, le tout boosté par un feeling rock’n roll indéniable et irrésistible ( confer les soli très rock sur Horizons Fall et Dying Memories). Les guitares enchaînent des riffs tous plus excellents les uns que les autres qui restent gravés dans votre esprit, tantôt franchement directs, tantôt plus apaisés, tissant avec les claviers une toile de fond sonore épique et fantastique. La voix, écorchée et expressive à la manière d’un Chuck Schuldiner, et parfois doublée d’une seconde voix plus gutturale et narrative, vient épouser ces rythmiques héroïques et leur insuffler le soupçon d’agressivité qui leur manquait pour en faire le mix parfait entre énergie et mélodie: la musique de Faerghail est entraînante et rythmée sans jamais être vraiment violente, onirique et touchante sans pour autant verser dans le mièvre, enjouée et prenante sans tomber dans la caricature du happy metal, et puissamment épique en évitant habilement l’écueil du kitsch.

Le tout, bien que d’une simplicité et d’une évidence extrêmes, s’écoute très agréablement d’une traite et pourrait se définir comme l’improbable et jouissif mélange entre un Iron Maiden extrême pour le côté heavy et l’efficacité du riffing , un Children of Bodom mid-tempo pour les mélodies entêtantes du clavier et des guitares, un Diabolical Masquerade gentillet pour le côté parfois sombre et progressif des compos ( toutes proportions gardées!), et, soyons fous, un Thyrfing en ce qui concerne l’ensemble, bougrement épique et entraînant!

Un cocktail pas foncièrement novateur, donc, mais un ensemble d’influences plutôt bien digérées qui aboutit à une musique somme toute assez personnelle et, dans tous les cas, diablement efficace et convaincante.

C’est simple, à l’écoute des 10 titres de Where Angels Dwell No More, on se prend à taper furieusement du pied, à secouer la tête en souriant béatement, et à empoigner n’importe quel objet qui pourrait faire office de guitare pour plaquer les accords irrésistibles que distille le groupe tout le long de l’album. Et, pour peu que l’on fasse l’effort de se laisser vraiment emporter par la musique, on voit défiler devant nos yeux des chateaux enneigés émergeant des brumes vaporeuses de la nuit, d’immenses plaines venteuses jonchées par les corps des guerriers tombés au combat et toutes sortes de créatures fantastiques qui s’affrontent en une bataille cosmique.

Alors certes, l’album souffre de quelques faiblesses assez évidentes: cette batterie programmée tout d’abord, au son complètement synthétique et bien trop mise en avant qui, à la longue, devient lassante et qui casse le côté organique et spontané du tout. Ensuite, directement liée, cette linéarité dans le rythme, ce mid tempo basique et binaire qui se répète presque d’un bout à l’autre de l’abum avec ce son de batterie vraiment trop froid et mécanique. Certes, la rythmique s’adapte bien aux titres, collant la plupart du temps justement aux riffs, mais un peu plus de technique et de diversité au niveau des percussions aurait donné un second souffle et un relief appréciable aux compos.

Car enfin, ce que l’on peut aussi reprocher à Faerghail est que, même si la sauce prend bien, les 10 chansons qui composent Where Angels Dwell No More, bien que toutes de bonne facture, ne se distinguent pas vraiment les unes des autres: les structures sont trop identiques, la rythmique trop linéaire, et les riffs, certes excellents, se ressemblent beaucoup dans leur exécution, jouant principalement sur la dimension épique apparement si chère au groupe, de sorte que dans le lot, aucune chanson ne ressort réellement.

Mais, même s’il est regrettable d’avoir à relever ces grossières imperfections qui entâchent quelque peu la bonne qualité de cet album, il serait dommage de passer à côté de Where Angels Dwell No More, et de bouder définitivement Faerghail! Car il y a fort à parier que s’ils parviennent à rectifier leurs erreurs en concentrant leur effort sur la qualité de la production et la diversité de leurs morceaux, les Finlandais pourraient très bien se hisser à un tout autre niveau, et connaître le succès qu’ils méritent, car ils possèdent indubitablement le petit je-ne-sais-quoi capble de faire la différence!

A suivre de très près, donc, et, en attendant la suite, rien n’empêche de (re)jeter une oreille sur cet opus qui saura probablement satisfaire les fans de heavy comme les amateurs de metal extrême mélodique!

Morgion : Among Majestic Ruin

December 25th, 2009 by admin

Morgion : Among Majestic RuinN’y allons pas par quatre chemins: avec Among the Majestic Ruins, Morgion, superbe groupe américain de doom injustement méconnu, nous offre un chef-d’oeuvre implacable, lourd, majestueux et mélancolique.

Ceux qui ne jurent que par My Dying Bride ou Mourning Beloveth feraient bien de se pencher sur cet excellent groupe qui n’a rien à envier aux poids lourds du genre et qui délivre ici un véritable must-have pour tout amateur de doom qui se respecte.

Ici, on a cinq compositions majestueuses, lourdes et racées, aux mélodies épiques et intenses. On est assez loin des poncifs du genre grâce à une musique qui sait jouer la carte de la diversité, un riffing intelligent et varié, des changements de rythme bienvenus (certaines parties un peu plus rapides aux relents de death old school qui donnent une dynamique agréable à l’ensemble, confer les riffs groovy et la batterie plus mid-tempo de Relic of a Darkened Past ou de Invalid Progeny), et des atmosphères très prenantes. Certes, le tout reste lent, lourd et austère, mais Morgion parvient à nous communiquer des sentiments de grandeur, de magnificence et de solennité plutôt que les habituelles émanations de malaise, de dépression et de noirceur inhérentes au style. De même, l’ensemble ne faisant que 34 minutes et la chanson la plus longue ne dépassant pas les 8,25 minutes – ce qui, soit dit en passant, n’est pas énorme pour le style!- on ne tombe jamais dans l’ennui. En fait, le groupe américain exhume les morts glorieux de la poussière du Temps plutôt que les cadavres putrescents des démons maladifs et insanes qui le tourmentent.

Cette variété et cette richesse évocatrices s’axent principalement sur l’alternance et la fusion omniprésentes et très réussies des guitares, à la lourdeur rythmique typique et au grain épais, et de ces nappes de claviers brumeuses et flottantes aux sonorités lointaines qui confèrent une aura quasi surnaturelle au tout, encore renforcée par l’apparition ponctuelle d’une deuxième guitare aux accords plus lumineux qui aère agréablement l’ensemble.

La batterie tient de même également bien son rôle, succèdant les inévitables coups de grosse caisse pachydermique à une double pédale discrète intelligemment distillée, et sait tour à tour rendre le tout plus écrasant, ou au contraire, aider les compositions à s’envoler, à prendre un tour plus onirique pour aller caresser de leurs ailes le soleil blanc et lointain des dieux oubliés.

Cette alliance de puissance massive et de mélodies fantastiques s’incarne à merveille dans le majestueux et épique Travesty sur lequel le chant résigné et nostalgique des claviers enlace le corps lourd des guitares, lentes et désespérées, le tout se mêlant au martèlement solennel et implacable de la batterie en une osmose parfaite et grandiloquente de grandeur, de puissance, de mélancolie, et de fatalité.

Ainsi, à l’écoute de ces cinq titres grandioses et spirituels, on se sent comme enveloppé dans une sorte de sérenité noble, apaisé par cette aura de grandeur sacrée qui se déroule lentement, au grès du mur épais des guitares, et qui nous pénètre d’un sentiment de sagesse et de puissance à la limite du divin. La musique est profonde, habitée, étonnament évocatrice pour un genre aussi minimaliste que le doom, et rappelle par moments les grands que sont Sceptic Flesh ou Nile dans le développement de leurs ambiances à la solennité quasi religieuse.

Among The Majstic Ruins nous plonge dans une sorte de transe mystique et fait défiler devant nos yeux profanes les ruines du Temps dans toute leur splendeur : en se laissant aller à la musique, on a l’impression de se promener au milieu d’un vaste champ de ruines silencieuses et désertes brûlées par les furieux rayons du soleil, vestiges silencieux d’un majestueux passé ignoré par la folie des hommes, et on croit entendre dans les modulations magiques et fantomatiques de ces claviers désolés la voix des Anciens qui témoigne de la grandeur d’un Âge d’Or révolu, à jamais enfoui sous la poussière terne de l’oubli.

Avec Among the Majestic Ruins, ce sont ces temps anciens, ces ruines désertes et ces voix oubliées que Morgion s’efforce avec talent et conviction de ressuciter à la coquille vide de nos âmes, rappelant aux sceptiques que, sie la Vie passe et le Temps s’efface, la Grandeur et la Beauté, elles, restent immortelles.

Belenos : Spicilège

November 23rd, 2009 by admin

Belenos : SpicilègePour ceux qui suivent avec un tant soit peu d’intérêt la scène pagan black française, Bélénos est sans doute dèja bien connu, et fait même probablement office de groupe majeur et précurseur, au même titre qu’ Aes Dana par exemple, et il y a fort à parier que n’importe quel vieux briscard adepte de métal, de nature et de paganisme et qui n’est pas rebuté par les sonorités celtiques connait déjà ce sublime Spicilège dans les moindres modulations de ses arpèges, de ses riffs épiques et de ses choeurs barbares.

Néanmoins, pour ceux qui se pencheraient depuis peu sur ce style grâce – ou à cause? – à l’engouement exponentiel et à la surreprésentation que les groupes qui se réclament de ce genre connaîssent depuis maintenant quelques années, une présentation de cette pièce maîtresse de la scène pagan black celtique s’impose.

Ici, on est très loin des Korpilaani, Turisas et autres Eluveitie, pour comprendre et apprécier pleinement l’essence de la musique de Bélénos, il est essentiel de se pencher sur ses racines résolument black. Alors que la tendance actuelle est au metal festif et épique (on parle désormais de troll-, de battle- ou même de pirate metal!) ou à la musique fade et sans âme que propose une flopée de pseudo groupes pagan folk metal, et qui se limite souvent à un mélange opportuniste et convenu d’instruments folk et de guitares distordues, Spicilège lance toutes ses nobles forces dans une bataille qui se divise en 7 hymnes guerriers, païens, épiques et violents, apaisés par deux interludes accoustiques et contemplatifs, sortes de repos du guerrier qui panse ses blessures encore humides et se prépare déjà à la fureur des batailles à venir.

Ces neuf chansons raisonnent définitivement comme un écho fier et nostalgique du passé, hommage à un peuple rude et guerrier, à ses rites païens et à ses dieux oubliés. A l’écoute de ces 45 minutes, on est transporté sur les terres sacrées gorgées des libations et du sang des frères tombés au combat, on se retrouve dans les forêts celtiques mystérieuses où les druides invoquent les esprits, et devant nos yeux voilés par la brume du temps se dessine une fresque grandiose et épique faite de combats, de victoires, de morts, de douleurs, d’incantations et de prières.

A travers ces riffs saturés, tour à tour épiques, violents, calmes et mélancoliques, à travers cette voix sépulcrale et lointaine semblant émaner des tréfonds de la terre, là où les glorieux ancêtres reposent l’épée à la main en un tas de poussière grise, à travers cette batterie frénétique et martiale qui rappelle les tambours de la guerre, à travers ces clameurs guerrières qui recouvrent le bruit de la bataille, on se prend à rêver aux vestiges d’un temps lointain où l’homme, la Nature et les esprits partageaiant une même terre, fière et sauvage. Puis, l’instant d’après, ces arpèges placides aux consonnaces mystiques et presque oniriques, ces choeurs graves et lugubres, ces percussions étouffées et sourdes, lentes pulsations d’un couer à l’agonie, nous poussent à une méditation sur la place de l’Homme et de la Nature, du Mortel et du Sacré, et nous amènent sur le seuil d’un voyage spirituel, sorte de parcours initiatique douloureux effectué par le fer et le sang, la prière et l’introspection, élevant l’âme jusqu’aux demeures des dieux immortels, ou précipitant le corps dans les entrailles fumantes de la terre.

Vous l’aurez compris, ce Spicilège est intemporel et magique. Malgré quelques détails qui pourraient irriter les plus exigeants ( une batterie trop mise en avant et qui se laisse parfois aller à des blasts intempestifs, une piteuse orthographe aussi malmenée que la batterie de Marc Devillers, et des morceaux qui, quoique excellents, ont tout de même une certaine tendance à se répéter), on a affaire ici à un chef-d’oeuvre du genre, qui donne toute sa noblesse au pagan black français.

Respirant la sincérité et la passion, voici une oeuvre vibrante d’émotions à l’aura quasi mystique qui contrebalance avec panache cette mode éphémère de nouveaux groupes folk et pagan sans originalité et à la quête d’une identité. A savourer sans modération.

Belenos : Spicilege

November 23rd, 2009 by admin

Belenos : SpicilegePour ceux qui suivent avec un tant soit peu d’intérêt la scène pagan black française, Bélénos est sans doute dèja bien connu, et fait même probablement office de groupe majeur et précurseur, au même titre qu’ Aes Dana par exemple, et il y a fort à parier que n’importe quel vieux briscard adepte de métal, de nature et de paganisme et qui n’est pas rebuté par les sonorités celtiques connait déjà ce sublime Spicilège dans les moindres modulations de ses arpèges, de ses riffs épiques et de ses choeurs barbares.

Néanmoins, pour ceux qui se pencheraient depuis peu sur ce style grâce – ou à cause? – à l’engouement exponentiel et à la surreprésentation que les groupes qui se réclament de ce genre connaîssent depuis maintenant quelques années, une présentation de cette pièce maîtresse de la scène pagan black celtique s’impose.

Ici, on est très loin des Korpilaani, Turisas et autres Eluveitie, pour comprendre et apprécier pleinement l’essence de la musique de Bélénos, il est essentiel de se pencher sur ses racines résolument black. Alors que la tendance actuelle est au metal festif et épique (on parle désormais de troll-, de battle- ou même de pirate metal!) ou à la musique fade et sans âme que propose une flopée de pseudo groupes pagan folk metal, et qui se limite souvent à un mélange opportuniste et convenu d’instruments folk et de guitares distordues, Spicilège lance toutes ses nobles forces dans une bataille qui se divise en 7 hymnes guerriers, païens, épiques et violents, apaisés par deux interludes accoustiques et contemplatifs, sortes de repos du guerrier qui panse ses blessures encore humides et se prépare déjà à la fureur des batailles à venir.

Ces neuf chansons raisonnent définitivement comme un écho fier et nostalgique du passé, hommage à un peuple rude et guerrier, à ses rites païens et à ses dieux oubliés. A l’écoute de ces 45 minutes, on est transporté sur les terres sacrées gorgées des libations et du sang des frères tombés au combat, on se retrouve dans les forêts celtiques mystérieuses où les druides invoquent les esprits, et devant nos yeux voilés par la brume du temps se dessine une fresque grandiose et épique faite de combats, de victoires, de morts, de douleurs, d’incantations et de prières.

A travers ces riffs saturés, tour à tour épiques, violents, calmes et mélancoliques, à travers cette voix sépulcrale et lointaine semblant émaner des tréfonds de la terre, là où les glorieux ancêtres reposent l’épée à la main en un tas de poussière grise, à travers cette batterie frénétique et martiale qui rappelle les tambours de la guerre, à travers ces clameurs guerrières qui recouvrent le bruit de la bataille, on se prend à rêver aux vestiges d’un temps lointain où l’homme, la Nature et les esprits partageaiant une même terre, fière et sauvage. Puis, l’instant d’après, ces arpèges placides aux consonnaces mystiques et presque oniriques, ces choeurs graves et lugubres, ces percussions étouffées et sourdes, lentes pulsations d’un couer à l’agonie, nous poussent à une méditation sur la place de l’Homme et de la Nature, du Mortel et du Sacré, et nous amènent sur le seuil d’un voyage spirituel, sorte de parcours initiatique douloureux effectué par le fer et le sang, la prière et l’introspection, élevant l’âme jusqu’aux demeures des dieux immortels, ou précipitant le corps dans les entrailles fumantes de la terre.

Vous l’aurez compris, ce Spicilège est intemporel et magique. Malgré quelques détails qui pourraient irriter les plus exigeants ( une batterie trop mise en avant et qui se laisse parfois aller à des blasts intempestifs, une piteuse orthographe aussi malmenée que la batterie de Marc Devillers, et des morceaux qui, quoique excellents, ont tout de même une certaine tendance à se répéter), on a affaire ici à un chef-d’oeuvre du genre, qui donne toute sa noblesse au pagan black français.

Respirant la sincérité et la passion, voici une oeuvre vibrante d’émotions à l’aura quasi mystique qui contrebalance avec panache cette mode éphémère de nouveaux groupes folk et pagan sans originalité et à la quête d’une identité. A savourer sans modération.

Belenos : Spicilege

November 23rd, 2009 by admin

Belenos : SpicilegePour ceux qui suivent avec un tant soit peu d’intérêt la scène pagan black française, Bélénos est sans doute dèja bien connu, et fait même probablement office de groupe majeur et précurseur, au même titre qu’ Aes Dana par exemple, et il y a fort à parier que n’importe quel vieux briscard adepte de métal, de nature et de paganisme et qui n’est pas rebuté par les sonorités celtiques connait déjà ce sublime Spicilège dans les moindres modulations de ses arpèges, de ses riffs épiques et de ses choeurs barbares.

Néanmoins, pour ceux qui se pencheraient depuis peu sur ce style grâce – ou à cause? – à l’engouement exponentiel et à la surreprésentation que les groupes qui se réclament de ce genre connaîssent depuis maintenant quelques années, une présentation de cette pièce maîtresse de la scène pagan black celtique s’impose.

Ici, on est très loin des Korpilaani, Turisas et autres Eluveitie, pour comprendre et apprécier pleinement l’essence de la musique de Bélénos, il est essentiel de se pencher sur ses racines résolument black. Alors que la tendance actuelle est au metal festif et épique (on parle désormais de troll-, de battle- ou même de pirate metal!) ou à la musique fade et sans âme que propose une flopée de pseudo groupes pagan folk metal, et qui se limite souvent à un mélange opportuniste et convenu d’instruments folk et de guitares distordues, Spicilège lance toutes ses nobles forces dans une bataille qui se divise en 7 hymnes guerriers, païens, épiques et violents, apaisés par deux interludes accoustiques et contemplatifs, sortes de repos du guerrier qui panse ses blessures encore humides et se prépare déjà à la fureur des batailles à venir.

Ces neuf chansons raisonnent définitivement comme un écho fier et nostalgique du passé, hommage à un peuple rude et guerrier, à ses rites païens et à ses dieux oubliés. A l’écoute de ces 45 minutes, on est transporté sur les terres sacrées gorgées des libations et du sang des frères tombés au combat, on se retrouve dans les forêts celtiques mystérieuses où les druides invoquent les esprits, et devant nos yeux voilés par la brume du temps se dessine une fresque grandiose et épique faite de combats, de victoires, de morts, de douleurs, d’incantations et de prières.

A travers ces riffs saturés, tour à tour épiques, violents, calmes et mélancoliques, à travers cette voix sépulcrale et lointaine semblant émaner des tréfonds de la terre, là où les glorieux ancêtres reposent l’épée à la main en un tas de poussière grise, à travers cette batterie frénétique et martiale qui rappelle les tambours de la guerre, à travers ces clameurs guerrières qui recouvrent le bruit de la bataille, on se prend à rêver aux vestiges d’un temps lointain où l’homme, la Nature et les esprits partageaiant une même terre, fière et sauvage. Puis, l’instant d’après, ces arpèges placides aux consonnaces mystiques et presque oniriques, ces choeurs graves et lugubres, ces percussions étouffées et sourdes, lentes pulsations d’un couer à l’agonie, nous poussent à une méditation sur la place de l’Homme et de la Nature, du Mortel et du Sacré, et nous amènent sur le seuil d’un voyage spirituel, sorte de parcours initiatique douloureux effectué par le fer et le sang, la prière et l’introspection, élevant l’âme jusqu’aux demeures des dieux immortels, ou précipitant le corps dans les entrailles fumantes de la terre.

Vous l’aurez compris, ce Spicilège est intemporel et magique. Malgré quelques détails qui pourraient irriter les plus exigeants ( une batterie trop mise en avant et qui se laisse parfois aller à des blasts intempestifs, une piteuse orthographe aussi malmenée que la batterie de Marc Devillers, et des morceaux qui, quoique excellents, ont tout de même une certaine tendance à se répéter), on a affaire ici à un chef-d’oeuvre du genre, qui donne toute sa noblesse au pagan black français.

Respirant la sincérité et la passion, voici une oeuvre vibrante d’émotions à l’aura quasi mystique qui contrebalance avec panache cette mode éphémère de nouveaux groupes folk et pagan sans originalité et à la quête d’une identité. A savourer sans modération.

Theory In Practice : Colonizing the Sun

September 14th, 2009 by admin

Theory In Practice : Colonizing the SunBon, vous l’aurez peut-être remarqué, mais il est plutôt rare que je chronique des albums de death metal. Surtout quand il s’agit de death intense, complexe et technique comme celui que nous propose Theory in Practice. Non pas que j’abhorre le style, bien au contraire, mais disons qu’après de longues années de débauche sonore, mes oreilles fatiguées se sont peu à peu orientées vers des sonorités plus mélodiques et mélancoliques, et mon cerveau atrophié est devenu plus sensible à la simplicité des structures basiques « couplet, pont, refrain/couplet, pont, refrain » qu’à la complexité de polyrythmies parfois déroutantes. Le repos du guerrier, ou le marasme de la vieillesse, sans doute.

Les petits malins, aidés par la note élogieuse que j’attribue à cette galette, pourront donc tirer une conclusion évidente: Colonizing the Sun est une bombe de death métal qui peut séduire même les métalleux réfractaires à ce style.

Par où commencer? Ce n’est pas évident. Theory in Practice, ça explose dans tous les sens. Des riffs géniaux et massifs qui claquent à la gueule, des cavalcades rythmiques ahurissantes qui clouent au sol et des breaks destructeurs qui démontent les cervicales. Tout ça? Ben ouais. Et même plus.

Car on peut y ajouter un gros chant bien hargneux qui éructe implacablement sa rage à la face du monde, une batterie totalement incontrôlable et dévastatrice qui se perd dans des contretemps de malades, et un clavier aux mélodies oniriques qui apporte de temps en temps une touche résolument moderne et spatiale à l’ensemble.

Ici, on est dans le gros death technique ultra carré, les guitares, tranchantes et limpides, au son énorme, envoient tour à tour des pléthores de riffs saccadés et surpuissants propres au headbanging, des soli virtuoses qui se coulent parfaitement dans le chaos rythmique, et des breaks impromptus qui se colorent parfois de consonances jazzy.

Alors là, oui, pour être complexe, c’est complexe, ça peut même être déroutant au premier abord tant les riffs et les breaks s’enchaînent, les chansons peuvent sembler déstructurées, d’autant que la plupart du temps, ça va plutôt vite, même si les rythmes varient beaucoup, ce qui aère agréablement le tout et le rend plus digeste.

Mais putain, force est de constater après de nombreuses écoutes que la maîtrise tant rythmique que mélodique est totale. Une fois qu’on a réussi à identifier les structures, qu’on est parvenu à démêler cet enchevêtrement inextricable de riffs, on se laisse entraîner par cette folie de tous les instants, on se détruit les cervicales, les oreilles et le cerveau sur ces guitares assassines qui assènent des rythmes tordus et frénétiques, et on ferme les yeux dans des transports extatiques quand les grattes hurlent leurs soli mélodiques et distordus. On sent que tout est travaillé et habilement agencé, que rien n’est laissé au hasard, et que tout est parfaitement étudié pour multiplier l’intensité de la claque sonore que l’auditeur ne manque pas de se prendre en pleine gueule.

Tour à tour violent et rapide, puissant et massif, ou carrément aérien et hypnotique, Theory in Practice développe un style assez personnel qu’on pourrait rapprocher de groupes comme Gory Blister ou Council of The Fallen, une sorte de croisement entre un Cynic époque Focus pour les changements de rythme, la virtuosité et le côté moderne, et un Carnal Forge pour l’intensité et le côté hargneux de l’ensemble (!).

Bref, comme vous pouvez le constatez, même un néophyte du death comme moi pourrait largement s’attarder à vanter les qualités de cette excellente galette. Mais, le mieux pour apprécier ce genre de musique étant encore de l’écouter soi-même, je vous laisse découvrir ce Colonizing the Sun en gageant que, si vous parvenez à l’adopter, il ne vous laissera pas indifférent!

To Die For : All Eternity

September 14th, 2009 by admin

To Die For : All EternityVous aimez la musique sombre, mélancolique, et dépressIVe? Vous aimez les mélodies plaintIVes et dépressIVes à l’énergie noble et désespérée qui vous transportent dans un monde de résignation et de désespoir? En un mot, vous aimez le gothique? Alors, vous aimerez To Die For, et il y a fort à parier que ce somptueux All Eternity devienne votre disque de chevet pour un petit bout de temps, nos Finlandais sortant ici l’album gothique quasi parfait.

Tout est presque dit, mais développons quand même: ici, la musique est sombre, très sombre. Dès les premières notes de Farewell, on devine qu’on ne va pas se bidonner, ou headbanger joyeusement, la bière à la main, avec un sourire niais et béat aux lèvres: ces claviers lugubres aux doux relents surannés de cold wave, appuyés par des guitares lourdes et glauques, puis cette voix grave et plaintIVe de crooner désabusé et suicidaire nous donnent le ton: c’est sûr, on ne nage pas dans la joie.

On a bien affaire à du pur gothique, avec de fortes influences 80’s qui nous renvoient directement aux précurseurs du style. Il n’y a qu’à écouter le très dansant In the Heart of the Night pour s’imaginer en plein milieu des années 80 dans un vieux club cold wave enfumé au côté de pin-ups blondes raides défoncées à la coke au mascara et au rouge à lèvres dégoulinants, aux bas résilles troués et aux boas de fourrure rose.

Ces claviers nasillards à la limite du kitsch et ces voix graves et sirupeuses frôlant la caricature peuvent un peu rebuter lors des premières écoutes, mais ils font toute la personnalité et le charme du groupe, et après plusieurs écoutes, on se surprend non seulement à les apprécier, mais en plus à les considérer comme des éléments mélodiques indispensables à la musique! Combien de fois je me suis retrouvé, à ma plus grande surprise, à chanter passionnément les refrains de In The Heart of The Night ou de Rimed with Frost , en tentant désespérément de singer les trémolos inimitables de Jape Perätlo, alors que je me passais ces chansons avec un petit sourire de condescendance légèrement moqueur lors des premières écoutes!

Cette voix, parlons-en justement. Grave et plaintIVe, désespérée, gorgée d’émotions, elle incarne à elle toute seule l’esprit du groupe, un peu comme chez Lacrimas Profundere. Mais loin d’être monocorde, elle se double d’une voix beaucoup plus aiguë et virtuose sur certains passages, doublant l’impact mélodique et émotionnel des chansons ( LIVe in You).

Car la force de To Die For, c’est de réussir à proposer une musique terriblement accrocheuse: à ce nIVeau, le travail des guitares est vraiment énorme, conférant à l’ensemble une énergie et une puissance communicatIVe en distillant en toile de fond des riffs rentre-dedans et ultra mélodiques, qui viennent renforcer les lignes de clavier, ces dernières composant souvent le fantôme des mélodies sombres du groupe. Un titre comme Loveless n’est d’ailleurs pas sans me rappeler un certain Sentenced période The Cold White Light dans le riffing, c’est dire si la musique est de qualité… En plus, les musiciens sont loin d’être des manches (sans mauvais jeu de mots!), et distillent de-ci de-là des soli superbes qui, se fondant magnifiquement dans l’ensemble, achèvent de mettre l’auditeur à genoux

Ajoutez à cela des lignes de clavier d’une efficacité mélodique sans pareille qui s’installent dans un coin de votre tête pour ne plus en sortir, des refrains envoûtants terriblement mélancoliques parfois appuyés par quelques coeurs féminins du plus bel effet, et l’addiction est totale.

La technique est certes classique, mais le résultat est imparable: qui oserait affirmer ne pas avoir succombé devant les bombes incandescantes que sont LIVe in You, One More Time ou Together Complete?

L’autre point fort du groupe, c’est de proposer une musique (relatIVement) variée qui parvient à rester homogène. Les pistes se suIVent et l’ennui ne pointe pas le bout de son vilain nez grace à un enchaînement intelligent de chansons tantôt lentes et écrasantes, tantôt plus rapides et mélodiques (le superbe enchaînement Mary-Ann (r.i.p.)/ Together Complete en témoigne parfaitement, d’autant que la fin de la première piste se fond subtilement dans le début de la seconde).

Bref, vous l’aurez compris, on a là un excellent album qui réunit avec brio tous les ingrédients typiques et qui joue avec tous les clichés du genre (il n’y a qu’à lire les paroles pour s’en convaincre des fois que la musique ne serait pas assez explicite!) sans tomber pour autant dans la caricature, un exercice de style parfait en tout points.

Une musique sombre, puissante, enIVrante, mélancolique et mélodique qui ne pourra que séduire les amateurs du genre!

Theory In Practice : Colonizing The Sun

September 14th, 2009 by admin

Theory In Practice : Colonizing The SunBon, vous l’aurez peut-être remarqué, mais il est plutôt rare que je chronique des albums de death metal. Surtout quand il s’agit de death intense, complexe et technique comme celui que nous propose Theory in Practice. Non pas que j’abhorre le style, bien au contraire, mais disons qu’après de longues années de débauche sonore, mes oreilles fatiguées se sont peu à peu orientées vers des sonorités plus mélodiques et mélancoliques, et mon cerveau atrophié est devenu plus sensible à la simplicité des structures basiques « couplet, pont, refrain/couplet, pont, refrain » qu’à la complexité de polyrythmies parfois déroutantes. Le repos du guerrier, ou le marasme de la vieillesse, sans doute.

Les petits malins, aidés par la note élogieuse que j’attribue à cette galette, pourront donc tirer une conclusion évidente: Colonizing The Sun est une bombe de death métal qui peut séduire même les métalleux réfractaires à ce style.

Par où commencer? Ce n’est pas évident. Theory in Practice, ça explose dans tous les sens. Des riffs géniaux et massifs qui claquent à la gueule, des cavalcades rythmiques ahurissantes qui clouent au sol et des breaks destructeurs qui démontent les cervicales. Tout ça? Ben ouais. Et même plus.

Car on peut y ajouter un gros chant bien hargneux qui éructe implacablement sa rage à la face du monde, une batterie totalement incontrôlable et dévastatrice qui se perd dans des contretemps de malades, et un clavier aux mélodies oniriques qui apporte de temps en temps une touche résolument moderne et spatiale à l’ensemble.

Ici, on est dans le gros death technique ultra carré, les guitares, tranchantes et limpides, au son énorme, envoient tour à tour des pléthores de riffs saccadés et surpuissants propres au headbanging, des soli virtuoses qui se coulent parfaitement dans le chaos rythmique, et des breaks impromptus qui se colorent parfois de consonances jazzy.

Alors là, oui, pour être complexe, c’est complexe, ça peut même être déroutant au premier abord tant les riffs et les breaks s’enchaînent, les chansons peuvent sembler déstructurées, d’autant que la plupart du temps, ça va plutôt vite, même si les rythmes varient beaucoup, ce qui aère agréablement le tout et le rend plus digeste.

Mais putain, force est de constater après de nombreuses écoutes que la maîtrise tant rythmique que mélodique est totale. Une fois qu’on a réussi à identifier les structures, qu’on est parvenu à démêler cet enchevêtrement inextricable de riffs, on se laisse entraîner par cette folie de tous les instants, on se détruit les cervicales, les oreilles et le cerveau sur ces guitares assassines qui assènent des rythmes tordus et frénétiques, et on ferme les yeux dans des transports extatiques quand les grattes hurlent leurs soli mélodiques et distordus. On sent que tout est travaillé et habilement agencé, que rien n’est laissé au hasard, et que tout est parfaitement étudié pour multiplier l’intensité de la claque sonore que l’auditeur ne manque pas de se prendre en pleine gueule.

Tour à tour violent et rapide, puissant et massif, ou carrément aérien et hypnotique, Theory in Practice développe un style assez personnel qu’on pourrait rapprocher de groupes comme Gory Blister ou Council of The Fallen, une sorte de croisement entre un Cynic époque Focus pour les changements de rythme, la virtuosité et le côté moderne, et un Carnal Forge pour l’intensité et le côté hargneux de l’ensemble (!).

Bref, comme vous pouvez le constatez, même un néophyte du death comme moi pourrait largement s’attarder à vanter les qualités de cette excellente galette. Mais, le mieux pour apprécier ce genre de musique étant encore de l’écouter soi-même, je vous laisse découvrir ce Colonizing The Sun en gageant que, si vous parvenez à l’adopter, il ne vous laissera pas indifférent!

Ahab : The Call of the Wretched Sea

July 13th, 2009 by admin

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Et voIlà que du fIn fond de
l’océan noIr quI l’avaIt engloutI nous revIent Ahab, avec son
premIer album (très!) longue durée, The Call of the
Wretched Sea, exhumant sa carcasse froIde et humIde des Insondables
abysses marIns dans lesquels Il étaIt allé sombrer.
Ceux quI connaIssent leur précédente
démo, The Oath, savent à quoI s’en tenIr, et IcI, Ils
ne seront pas dérouté par le doom lent, poIsseux et
suffocant des Allemands; pour les autres, Il convIent de développer
un peu le style sI atypIque du groupe quI axe tant la musIque que
l’artwork sur le mythe de Moby DIck. Et le moIns que l’on puIsse
dIre, c’est qu’à l’Image du monstre marIn, la musIque est
lourde, Imposante, d’une lenteur écrasante et pachydermIque.

On a affaIre IcI à un doom
extrême assez classIque quI exploIte à fond tous les
IngrédIents typIques du genre: les guItares, ImpItoyables de
lourdeur et de lenteur, dressent un mur d’eau opaque au son épaIs.
Pesantes et oppressantes, elles nous guIdent dans les profondeurs
abyssales d’un océan sans fIn, dont elles tIssent, tout en
longueur et en ambIances, les fonds noIrs et InquIétants.
Telles des lames gIgantesques, ces rIffs IntermInables et hypnotIques
nous submergent et le courant, quI nous attIre IrrésIstIblement
vers le fond, nous entraîne dans une lente descente vers
l’Inconnu et l’obscurIté, sous des mIllIards de mètres
cubes d’eau salée, là où l’homme n’a encore
jamaIs osé s’aventurer.

Le vérItable tour de force des
Teutons est qu’Ils parvIennent à évIter l’écueIl
fatal de l’ennuI, guIdant leur navIre avec brIo sur une mer de poIx
houleuse et menaçante pour nous emmener ensuIte sur des eaux
plus calmes à la surface lImpIde: à l’écoute de
ces longues plages, on se sent tour à tour chavIré, en
proIe aux angoIsses de l’Inconnu, balotté comme un fétu
de paIlle par la force Impétueuse des éléments
déchaînés Incarnés par ces guItares
épaIsses et massIves, et, l’Instant suIvant, après la
tempête, ces arpèges lancInants et mélancolIques
nous bercent doucement, et on se retrouve, seul au mIlIeu de
l’InfInI des flots et du calme apaIsant du large, perdu dans la
contemplatIon de ces vagues légères ourlées
d’écume, et plongé dans une médItatIon
IntrospectIve (l’Intro mélodIque de Old Thunder).

Car, à l’Instar de la baleIne
mythIque, les composItIons de Ahab vIvent, se meuvent lentement et
avec majesté et évoluent, de rIffs Implacables en
ambIances plus aérIennes. Même sI le tout peut sonner un
peu monolIthIque et répétItIf (c’est le style quI veut
ça!), notamment à cause de cette voIx abyssale et
monocorde quI éructe Inlassablement dans les mêmes tons
d’Infrabasse, quelques changements salvateurs opérés en
douceur au seIn des complaIntes rendent l’écoute de ces 67
mInutes agréable et plus dIgeste que la plupart des groupes de
doom extrême (on est encore loIn d’un EsoterIc par exemple!):
quelques clavIers fantômes, arpèges brumeux et autres
voIx claIres ou chuchotements (The PacIfIc) vIennent aérer
l’ensemble (l’Interlude Of The Monstruous PIctures Of Whales quI
évoque le calme angoIssant d’une mer pleIne de sombres
mystères).

Avec The Call of the Wretched Sea, ce
n’est nI plus nI moIns que l’océan quI défIle devant
notre être frêle, tout en puIssance et en majesté,
et quI accepte de dérouler devant nos yeux profanes la
rIchesse et la beauté de ses secrets les plus profondément
enfouIs. Et sur ces merveIlles Ignorées veIlle l’ombre du
grand cétacé, noble, solennelle et trIstement résIgnée
à devoIr affronter la folIe destructrIce de l’homme, et quI,
par son chant mélancolIque, attIre les vanIteux chasseurs
vers le large afIn que l’océan les engloutIsse à
jamaIs.

Ahab : The Call of the Wretched Sea

July 13th, 2009 by admin

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Et voIlà que du fIn fond de
l’océan noIr quI l’avaIt engloutI nous revIent Ahab, avec son
premIer album (très!) longue durée, The Call of the
Wretched Sea, exhumant sa carcasse froIde et humIde des Insondables
abysses marIns dans lesquels Il étaIt allé sombrer.
Ceux quI connaIssent leur précédente
démo, The Oath, savent à quoI s’en tenIr, et IcI, Ils
ne seront pas dérouté par le doom lent, poIsseux et
suffocant des Allemands; pour les autres, Il convIent de développer
un peu le style sI atypIque du groupe quI axe tant la musIque que
l’artwork sur le mythe de Moby DIck. Et le moIns que l’on puIsse
dIre, c’est qu’à l’Image du monstre marIn, la musIque est
lourde, Imposante, d’une lenteur écrasante et pachydermIque.

On a affaIre IcI à un doom
extrême assez classIque quI exploIte à fond tous les
IngrédIents typIques du genre: les guItares, ImpItoyables de
lourdeur et de lenteur, dressent un mur d’eau opaque au son épaIs.
Pesantes et oppressantes, elles nous guIdent dans les profondeurs
abyssales d’un océan sans fIn, dont elles tIssent, tout en
longueur et en ambIances, les fonds noIrs et InquIétants.
Telles des lames gIgantesques, ces rIffs IntermInables et hypnotIques
nous submergent et le courant, quI nous attIre IrrésIstIblement
vers le fond, nous entraîne dans une lente descente vers
l’Inconnu et l’obscurIté, sous des mIllIards de mètres
cubes d’eau salée, là où l’homme n’a encore
jamaIs osé s’aventurer.

Le vérItable tour de force des
Teutons est qu’Ils parvIennent à évIter l’écueIl
fatal de l’ennuI, guIdant leur navIre avec brIo sur une mer de poIx
houleuse et menaçante pour nous emmener ensuIte sur des eaux
plus calmes à la surface lImpIde: à l’écoute de
ces longues plages, on se sent tour à tour chavIré, en
proIe aux angoIsses de l’Inconnu, balotté comme un fétu
de paIlle par la force Impétueuse des éléments
déchaînés Incarnés par ces guItares
épaIsses et massIves, et, l’Instant suIvant, après la
tempête, ces arpèges lancInants et mélancolIques
nous bercent doucement, et on se retrouve, seul au mIlIeu de
l’InfInI des flots et du calme apaIsant du large, perdu dans la
contemplatIon de ces vagues légères ourlées
d’écume, et plongé dans une médItatIon
IntrospectIve (l’Intro mélodIque de Old Thunder).

Car, à l’Instar de la baleIne
mythIque, les composItIons de Ahab vIvent, se meuvent lentement et
avec majesté et évoluent, de rIffs Implacables en
ambIances plus aérIennes. Même sI le tout peut sonner un
peu monolIthIque et répétItIf (c’est le style quI veut
ça!), notamment à cause de cette voIx abyssale et
monocorde quI éructe Inlassablement dans les mêmes tons
d’Infrabasse, quelques changements salvateurs opérés en
douceur au seIn des complaIntes rendent l’écoute de ces 67
mInutes agréable et plus dIgeste que la plupart des groupes de
doom extrême (on est encore loIn d’un EsoterIc par exemple!):
quelques clavIers fantômes, arpèges brumeux et autres
voIx claIres ou chuchotements (The PacIfIc) vIennent aérer
l’ensemble (l’Interlude Of The Monstruous PIctures Of Whales quI
évoque le calme angoIssant d’une mer pleIne de sombres
mystères).

Avec The Call of the Wretched Sea, ce
n’est nI plus nI moIns que l’océan quI défIle devant
notre être frêle, tout en puIssance et en majesté,
et quI accepte de dérouler devant nos yeux profanes la
rIchesse et la beauté de ses secrets les plus profondément
enfouIs. Et sur ces merveIlles Ignorées veIlle l’ombre du
grand cétacé, noble, solennelle et trIstement résIgnée
à devoIr affronter la folIe destructrIce de l’homme, et quI,
par son chant mélancolIque, attIre les vanIteux chasseurs
vers le large afIn que l’océan les engloutIsse à
jamaIs.