Taliandorogd : Neverplace

Taliandorogd : NeverplaceAaaah, cet album…

Je me rappelle la première fois que je l’ai eu dans les mains. Une belle pochette dans les tons bleus sombres montrant quelques rochers fouettés par les flots, somme toute assez classique d’ailleurs, un nom à coucher dehors et totalement imprononçable, et puis l’inévitable photo du livret avec les zicos exhibant leur cuir noir et leur belle crinière ondulée agitée par le vent…

On pourrait donc légitimement croire que ça sonne très cliché tout ça, et que ca sent bon l’amateurisme enthousiaste des débuts…

Eh bien détrompez-vous. Ce Neverplace est un produit de grande qualité et d’une maturité musicale surprenante. Pour un premier opus, le niveau technique et le sens de la composition sont tout simplement impressionnants ici. Et ce qui marque aussi, c’est la personnalité du groupe, qui, même si elle ne durera pas (le groupe sortira un 2eme album dans un style radicalement différent), parvient à s’affirmer dans une scène black death mélodique déjà bien saturée.

Difficile de dire ce qui fait la différence, peut-être la frappe lourde et massive de Dirk Verbeuren, ou bien cette voix si particulière à mi-chemin entre le death et le black … A moins que ce ne soit simplement la qualité des compos, et le talent des musiciens, qui délivrent ici une musique riche, dense et personnelle aux multiples facettes.

Taliandörögd joue la carte de la diversité, et ça paye : des compos bien ficelées qui alternent moments de furie dévastatrice et intense où Dirk s’en donne à c?ur joie derrière ses fûts, et passages aériens et introspectifs, rendus par des claviers jamais mielleux qui arrivent à tisser une toile de fond sonore mélodique, même sur les passages de blasts hystériques.

Les guitares sont tranchantes et crachent des riffs inspirés entre black et death, la basse claque bien (le début de Progeny, un régal !)les rythmiques et ambiances sont variées…

Bref, une musique agressive et riche, qui joue dans les contrastes sans jamais tomber dans la surenchère, et qui véhicule une véritable émotion (l’intro de The Glimpse avec sa montée en puissance progressive est tout simplement magnifique !), des zicos en place qui livrent une prestation impeccable, et un sens de la composition maîtrisé pour des titres personnels, puissants et attachants.

Ben mine de rien, même si ce Neverplace ne révolutionnera pas le monde du métal par son originalité, tous les ingrédients qui le composent en font un excellent album, surtout quand on sait qu’il s’agit du 1er, et est donc hautement recommandable. Si vous voulez soutenir la scène française tout en faisant un bon achat, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Leave a Reply

You must be logged in to post a comment.