Archive for February, 2009

Hate Forest : Purity

Thursday, February 26th, 2009

Hate Forest : PurityIl y a certains CDs après l’écoute desquels on ne peut rester indemnes. Purity fait incontestablement partie de ceux-là. Je vous épargnerai le topo galvaudé sur le black qui est une musique de « méchants qui font peur et qui n’aiment pas trop la vie », et je vous laisserai simplement, pour vous faire une idée, vous enfiler cette galette d’une traite, si vous en êtes capables.

Ici, Hate Forest ne se contente pas de chanter la mort, de décrire avec force stéréotypes les abysses ou de glorifier avec une aveugle béatitude le grand Satan. Non, ce serait trop facile. Avec Purity, on n’est pas encore en Enfer, mais on assiste, impuissant, à son avènement inéluctable dans un monde agonisant: la musique annihile toute forme de vie, corrompt la terre entière de sa haine et sa désolation pour répandre, telle une contagion mortifère, sa sève noire et morbide à tout être animé.

Les guitares, accordées très bas, ne créent qu’un bloc monolithique et compact, une plainte vibrante et sombre qui vous vrille le cerveau sans pitié et sans aucun moment de répit.

Toujours plus noires, toujours plus acérées, glaciales et hypnotiques, elles résonnent comme une meute hurlante, écumante de rage et de haine, lancée à la poursuite de tout souffle de vie.

La batterie, martiale et inhumaine, ce martèlement sec, frénétique et continu, achève en épousant ces accords décharnés et morts, de vous déshumaniser et de vous entraîner à la frontière d’un monde d’agonie où seules la mort, la souffrance et la démence peuvent subsister parmi la masse puante et putréfiée des cadavres en décomposition.

Et, par-dessus tout, il y a cette voix. Une voix aux exhalaisons putrides et méphitiques, un aboiement rauque et infernal qui semble émaner des profondeurs même de l’Enfer. Un grognement animal impitoyable qui vous poursuit inlassablement de sa haine et de sa furie, menant ces guitares fantômes de ses éructations maléfiques, incantation blasphématoire flottant sur le rythme infernal de cette batterie implacable.

Les quelques rares accalmies, où la batterie, toujours aussi froide, sèche et mécanique, ralentit lugubrement le rythme pour un rendu plus macabre que jamais, et où les guitares muent leurs sinistres hurlements en une plainte morbide et désaccordée, ne sont que plus pernicieuses : elles vous sortent de cet état de terreur glacée pour vous plonger, corps et âme, dans une sorte de torpeur hébétée, comme un bref retour à la conscience de l’horreur qui s’étale tristement devant vos yeux, déjà secs de toutes larmes (écoutez la fin de la piste 3 et ce riff mélancolique qui roule éternellement, achevant de vous geler l’âme, avant de vous relancer cruellement dans l’horreur d’une vie malade et agonisante); là, impuissant, vous ne pouvez vous empêcher de contempler avec abattement le charnier nauséabond qui s’étale à perte de vue tout autour de votre être malade.

Puis, soudainement, dans le chaos sonore de cette batterie folle et de ces guitares aux hurlements déments, vous tirant de cette vision sinistre et désolée, c’est un violent retour à la pourriture de la vie, à cette lutte désolée car perdue d’avance contre le char impitoyable de la Mort qui vous poursuit de son galop inexorable.

Vous savez que vous avez perdu, qu’il n’y a plus aucun espoir de survie, mais vous continuez quand même à courir, les battements hystériques de votre cœur se mêlant au martèlement guerrier de la batterie, vos dernières pensées pitoyables se noyant dans cet océan de distorsion et les rugissements triomphants de cette voix terrible, puis…

Plus rien. Après une mélopée funeste, le CD s’arrête, brutalement. Vous rouvrez les yeux, vous palpez vos membres engourdis, et vous constatez avec soulagement que vous êtes encore vivant, que toutes ces images de mort et de désolation ont disparu avec la musique. Alors, après quelques secondes pour vous remettre de l’intensité de l’expérience que vous venez de vivre, vous vous relancez avec joie dans la riante cascade de la vie, oubliant pour quelque temps l’horreur des ténèbres qui vous enserraient quelques secondes auparavant. Mais, vous pouvez en être sûr, cette horreur restera à jamais gravée dans votre âme souillée et dans votre cœur flétri…

Hate Forest : Purity

Thursday, February 26th, 2009

Hate Forest : PurityIl y a certains CDs après l’écoute desquels on ne peut rester indemnes. Purity fait incontestablement partie de ceux-là. Je vous épargnerai le topo galvaudé sur le black qui est une musique de « méchants qui font peur et qui n’aiment pas trop la vie », et je vous laisserai simplement, pour vous faire une idée, vous enfiler cette galette d’une traite, si vous en êtes capables.

Ici, Hate Forest ne se contente pas de chanter la mort, de décrire avec force stéréotypes les abysses ou de glorifier avec une aveugle béatitude le grand Satan. Non, ce serait trop facile. Avec Purity, on n’est pas encore en Enfer, mais on assiste, impuissant, à son avènement inéluctable dans un monde agonisant: la musique annihile toute forme de vie, corrompt la terre entière de sa haine et sa désolation pour répandre, telle une contagion mortifère, sa sève noire et morbide à tout être animé.

Les guitares, accordées très bas, ne créent qu’un bloc monolithique et compact, une plainte vibrante et sombre qui vous vrille le cerveau sans pitié et sans aucun moment de répit.

Toujours plus noires, toujours plus acérées, glaciales et hypnotiques, elles résonnent comme une meute hurlante, écumante de rage et de haine, lancée à la poursuite de tout souffle de vie.

La batterie, martiale et inhumaine, ce martèlement sec, frénétique et continu, achève en épousant ces accords décharnés et morts, de vous déshumaniser et de vous entraîner à la frontière d’un monde d’agonie où seules la mort, la souffrance et la démence peuvent subsister parmi la masse puante et putréfiée des cadavres en décomposition.

Et, par-dessus tout, il y a cette voix. Une voix aux exhalaisons putrides et méphitiques, un aboiement rauque et infernal qui semble émaner des profondeurs même de l’Enfer. Un grognement animal impitoyable qui vous poursuit inlassablement de sa haine et de sa furie, menant ces guitares fantômes de ses éructations maléfiques, incantation blasphématoire flottant sur le rythme infernal de cette batterie implacable.

Les quelques rares accalmies, où la batterie, toujours aussi froide, sèche et mécanique, ralentit lugubrement le rythme pour un rendu plus macabre que jamais, et où les guitares muent leurs sinistres hurlements en une plainte morbide et désaccordée, ne sont que plus pernicieuses : elles vous sortent de cet état de terreur glacée pour vous plonger, corps et âme, dans une sorte de torpeur hébétée, comme un bref retour à la conscience de l’horreur qui s’étale tristement devant vos yeux, déjà secs de toutes larmes (écoutez la fin de la piste 3 et ce riff mélancolique qui roule éternellement, achevant de vous geler l’âme, avant de vous relancer cruellement dans l’horreur d’une vie malade et agonisante); là, impuissant, vous ne pouvez vous empêcher de contempler avec abattement le charnier nauséabond qui s’étale à perte de vue tout autour de votre être malade.

Puis, soudainement, dans le chaos sonore de cette batterie folle et de ces guitares aux hurlements déments, vous tirant de cette vision sinistre et désolée, c’est un violent retour à la pourriture de la vie, à cette lutte désolée car perdue d’avance contre le char impitoyable de la Mort qui vous poursuit de son galop inexorable.

Vous savez que vous avez perdu, qu’il n’y a plus aucun espoir de survie, mais vous continuez quand même à courir, les battements hystériques de votre c?ur se mêlant au martèlement guerrier de la batterie, vos dernières pensées pitoyables se noyant dans cet océan de distorsion et les rugissements triomphants de cette voix terrible, puis?

Plus rien. Après une mélopée funeste, le CD s’arrête, brutalement. Vous rouvrez les yeux, vous palpez vos membres engourdis, et vous constatez avec soulagement que vous êtes encore vivant, que toutes ces images de mort et de désolation ont disparu avec la musique. Alors, après quelques secondes pour vous remettre de l’intensité de l’expérience que vous venez de vivre, vous vous relancez avec joie dans la riante cascade de la vie, oubliant pour quelque temps l’horreur des ténèbres qui vous enserraient quelques secondes auparavant. Mais, vous pouvez en être sûr, cette horreur restera à jamais gravée dans votre âme souillée et dans votre c?ur flétri?