Archive for July, 2009

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Monday, July 13th, 2009

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Et voIlà que du fIn fond de
l’océan noIr quI l’avaIt engloutI nous revIent Ahab, avec son
premIer album (très!) longue durée, The Call of the
Wretched Sea, exhumant sa carcasse froIde et humIde des Insondables
abysses marIns dans lesquels Il étaIt allé sombrer.
Ceux quI connaIssent leur précédente
démo, The Oath, savent à quoI s’en tenIr, et IcI, Ils
ne seront pas dérouté par le doom lent, poIsseux et
suffocant des Allemands; pour les autres, Il convIent de développer
un peu le style sI atypIque du groupe quI axe tant la musIque que
l’artwork sur le mythe de Moby DIck. Et le moIns que l’on puIsse
dIre, c’est qu’à l’Image du monstre marIn, la musIque est
lourde, Imposante, d’une lenteur écrasante et pachydermIque.

On a affaIre IcI à un doom
extrême assez classIque quI exploIte à fond tous les
IngrédIents typIques du genre: les guItares, ImpItoyables de
lourdeur et de lenteur, dressent un mur d’eau opaque au son épaIs.
Pesantes et oppressantes, elles nous guIdent dans les profondeurs
abyssales d’un océan sans fIn, dont elles tIssent, tout en
longueur et en ambIances, les fonds noIrs et InquIétants.
Telles des lames gIgantesques, ces rIffs IntermInables et hypnotIques
nous submergent et le courant, quI nous attIre IrrésIstIblement
vers le fond, nous entraîne dans une lente descente vers
l’Inconnu et l’obscurIté, sous des mIllIards de mètres
cubes d’eau salée, là où l’homme n’a encore
jamaIs osé s’aventurer.

Le vérItable tour de force des
Teutons est qu’Ils parvIennent à évIter l’écueIl
fatal de l’ennuI, guIdant leur navIre avec brIo sur une mer de poIx
houleuse et menaçante pour nous emmener ensuIte sur des eaux
plus calmes à la surface lImpIde: à l’écoute de
ces longues plages, on se sent tour à tour chavIré, en
proIe aux angoIsses de l’Inconnu, balotté comme un fétu
de paIlle par la force Impétueuse des éléments
déchaînés Incarnés par ces guItares
épaIsses et massIves, et, l’Instant suIvant, après la
tempête, ces arpèges lancInants et mélancolIques
nous bercent doucement, et on se retrouve, seul au mIlIeu de
l’InfInI des flots et du calme apaIsant du large, perdu dans la
contemplatIon de ces vagues légères ourlées
d’écume, et plongé dans une médItatIon
IntrospectIve (l’Intro mélodIque de Old Thunder).

Car, à l’Instar de la baleIne
mythIque, les composItIons de Ahab vIvent, se meuvent lentement et
avec majesté et évoluent, de rIffs Implacables en
ambIances plus aérIennes. Même sI le tout peut sonner un
peu monolIthIque et répétItIf (c’est le style quI veut
ça!), notamment à cause de cette voIx abyssale et
monocorde quI éructe Inlassablement dans les mêmes tons
d’Infrabasse, quelques changements salvateurs opérés en
douceur au seIn des complaIntes rendent l’écoute de ces 67
mInutes agréable et plus dIgeste que la plupart des groupes de
doom extrême (on est encore loIn d’un EsoterIc par exemple!):
quelques clavIers fantômes, arpèges brumeux et autres
voIx claIres ou chuchotements (The PacIfIc) vIennent aérer
l’ensemble (l’Interlude Of The Monstruous PIctures Of Whales quI
évoque le calme angoIssant d’une mer pleIne de sombres
mystères).

Avec The Call of the Wretched Sea, ce
n’est nI plus nI moIns que l’océan quI défIle devant
notre être frêle, tout en puIssance et en majesté,
et quI accepte de dérouler devant nos yeux profanes la
rIchesse et la beauté de ses secrets les plus profondément
enfouIs. Et sur ces merveIlles Ignorées veIlle l’ombre du
grand cétacé, noble, solennelle et trIstement résIgnée
à devoIr affronter la folIe destructrIce de l’homme, et quI,
par son chant mélancolIque, attIre les vanIteux chasseurs
vers le large afIn que l’océan les engloutIsse à
jamaIs.

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Monday, July 13th, 2009

Ahab : The Call of the Wretched Sea

Et voIlà que du fIn fond de
l’océan noIr quI l’avaIt engloutI nous revIent Ahab, avec son
premIer album (très!) longue durée, The Call of the
Wretched Sea, exhumant sa carcasse froIde et humIde des Insondables
abysses marIns dans lesquels Il étaIt allé sombrer.
Ceux quI connaIssent leur précédente
démo, The Oath, savent à quoI s’en tenIr, et IcI, Ils
ne seront pas dérouté par le doom lent, poIsseux et
suffocant des Allemands; pour les autres, Il convIent de développer
un peu le style sI atypIque du groupe quI axe tant la musIque que
l’artwork sur le mythe de Moby DIck. Et le moIns que l’on puIsse
dIre, c’est qu’à l’Image du monstre marIn, la musIque est
lourde, Imposante, d’une lenteur écrasante et pachydermIque.

On a affaIre IcI à un doom
extrême assez classIque quI exploIte à fond tous les
IngrédIents typIques du genre: les guItares, ImpItoyables de
lourdeur et de lenteur, dressent un mur d’eau opaque au son épaIs.
Pesantes et oppressantes, elles nous guIdent dans les profondeurs
abyssales d’un océan sans fIn, dont elles tIssent, tout en
longueur et en ambIances, les fonds noIrs et InquIétants.
Telles des lames gIgantesques, ces rIffs IntermInables et hypnotIques
nous submergent et le courant, quI nous attIre IrrésIstIblement
vers le fond, nous entraîne dans une lente descente vers
l’Inconnu et l’obscurIté, sous des mIllIards de mètres
cubes d’eau salée, là où l’homme n’a encore
jamaIs osé s’aventurer.

Le vérItable tour de force des
Teutons est qu’Ils parvIennent à évIter l’écueIl
fatal de l’ennuI, guIdant leur navIre avec brIo sur une mer de poIx
houleuse et menaçante pour nous emmener ensuIte sur des eaux
plus calmes à la surface lImpIde: à l’écoute de
ces longues plages, on se sent tour à tour chavIré, en
proIe aux angoIsses de l’Inconnu, balotté comme un fétu
de paIlle par la force Impétueuse des éléments
déchaînés Incarnés par ces guItares
épaIsses et massIves, et, l’Instant suIvant, après la
tempête, ces arpèges lancInants et mélancolIques
nous bercent doucement, et on se retrouve, seul au mIlIeu de
l’InfInI des flots et du calme apaIsant du large, perdu dans la
contemplatIon de ces vagues légères ourlées
d’écume, et plongé dans une médItatIon
IntrospectIve (l’Intro mélodIque de Old Thunder).

Car, à l’Instar de la baleIne
mythIque, les composItIons de Ahab vIvent, se meuvent lentement et
avec majesté et évoluent, de rIffs Implacables en
ambIances plus aérIennes. Même sI le tout peut sonner un
peu monolIthIque et répétItIf (c’est le style quI veut
ça!), notamment à cause de cette voIx abyssale et
monocorde quI éructe Inlassablement dans les mêmes tons
d’Infrabasse, quelques changements salvateurs opérés en
douceur au seIn des complaIntes rendent l’écoute de ces 67
mInutes agréable et plus dIgeste que la plupart des groupes de
doom extrême (on est encore loIn d’un EsoterIc par exemple!):
quelques clavIers fantômes, arpèges brumeux et autres
voIx claIres ou chuchotements (The PacIfIc) vIennent aérer
l’ensemble (l’Interlude Of The Monstruous PIctures Of Whales quI
évoque le calme angoIssant d’une mer pleIne de sombres
mystères).

Avec The Call of the Wretched Sea, ce
n’est nI plus nI moIns que l’océan quI défIle devant
notre être frêle, tout en puIssance et en majesté,
et quI accepte de dérouler devant nos yeux profanes la
rIchesse et la beauté de ses secrets les plus profondément
enfouIs. Et sur ces merveIlles Ignorées veIlle l’ombre du
grand cétacé, noble, solennelle et trIstement résIgnée
à devoIr affronter la folIe destructrIce de l’homme, et quI,
par son chant mélancolIque, attIre les vanIteux chasseurs
vers le large afIn que l’océan les engloutIsse à
jamaIs.

The Old Dead Tree : The Water Fields

Monday, July 6th, 2009

The Old Dead Tree : The Water Fields

Aaaah, ce somptueux album….

Si j’avais déjà écrit une chronique

dithyrambique sur le premier album de mes frenchies préférés, que

dire de celle qui va suivre? Que ce n’est qu’une suite d’éloges

mièvres, de louanges totalement subjectifs et de compliments

disproportionnés? Peut-être.

Toujours est-il que The Water Fields

est l’une de ces oeuvres musicales qui vous touchent au plus profond

de votre être, vous transportent loin, très loin, dans des sphères

épurées où la beauté règne en maître, vous happent dans un

tourbillon d’émotions superbes et vous chavirent les sens de par

leur intensité.

Comment décrire ce voyage intemporel

et si troublant où tout fusionne en une perfection ultime?

Pour faire simple, disons que le groupe

a sublimé sa recette miracle et est parvenu à intensifier tous les

éléments qui faisaient sa force et son identité: les mélodies

sont encore plus touchantes et entêtantes, les riffs profonds et

habités empreints d’une mélancolie poignante sont, paradoxalement

plus rentre-dedans, et la batterie s’emballe plus que jamais pour des

titres plus violents et plus sombres.

La voix claire de Manuel est toujours

aussi juste et limpide, poignante d’émotions et d’intensité, et

sert de véritable fil conducteur aux mélodies superbes, d’une

profondeur à couper le souffle, qui se succèdent tout au long de

cette galette. Du coup, les éructations death, utilisées avec plus

de parcimonie, ont un impact décuplé, d’autant qu’elles épousent

souvent à la perfection les lignes mélodiques les plus intenses,

et l’apothéose est atteinte quand les deux voix fusionnent sur des

passages dantesques à vous chavirer l’âme (la fin de Rise to the

Occasion, à vous tirer des larmes!!!).

Ici, le style si particulier de The Old

Dead Tree, qui joue sur les contrastes entre violence et mélancolie

pour transporter l’auditeur, est magnifié: jamais les chansons

n’auront été si riches et variées, et pourtant, l’album conserve

tout du long une cohérence parfaite. C’est que les changements

s’opèrent à l’intérieur même de chaque titre, tous finement

travaillés, révélant des émotions diverses et contenant toujours

une explosion bouleversante qui s’empare de vos sens, vous possédant

littéralement et réduisant votre être à un simple réceptacle

d’émotions pures d’une intensité addictive (la fin de Regarding

Kate).

Finies les mélopées un peu naïves et

les élans d’enthousiasme juvénile un peu maladroits que les plus

exigeants pouvaient éventuellement reprocher à The Nameless

Disease, le groupe a gommé tous ses défauts en complexifiant ses

compositions et en accentuant les contrastes qui font la beauté de

sa musique.

C’est simple, ici, pas de faux pas,

aucune faute de goût, rien à jeter. Si certaines mélodies peuvent

paraître un peu difficiles d’accès à la première écoute, ou si

quelques passages peuvent encore sembler un peu insipides (le couplet

gentillet de Is Your Soul For Sale), c’est que les chansons s’

appréhendent dans leur ensemble, et ces quelques faiblesses aident

justement à faire ressortir avec une force inouïe ce magma de

beauté, de mélancolie, et de tristesse qui ne manque jamais

d’exploser et qui nous plonge irrésistiblement dans un état de

béatitude mélomane et de rêverie contemplative.

Bref, je pourrais m’étaler pendant

plusieurs pages sur la magnificence de cet album, sur la beauté et

la profondeur de la musique et sur les émotions profondes et

intenses que ces superbes mélodies me procurent, mais je préfère

me contenter de vous en recommander corps et âme l’écoute et de

conclure qu’il s’agit simplement pour moi de l’album le plus marquant

et le plus sublime que j’ai jamais eu la chance d’écouter, ni plus

ni moins.

The Nameless Disease est le témoignage

ultime d’un groupe, l’apothéose magnifique d’un sous-genre musical,

et un grand chef-d’oeuvre de métal, qui, en admettant que cette

dernière existe, vient caresser du doigt les ailes dorées de la

perfection.

The Old Dead Tree : The Water Fields

Monday, July 6th, 2009

The Old Dead Tree : The Water Fields

Aaaah, ce somptueux album….

Si j’avais déjà écrit une chronique

dithyrambique sur le premier album de mes frenchies préférés, que

dire de celle qui va suivre? Que ce n’est qu’une suite d’éloges

mièvres, de louanges totalement subjectifs et de compliments

disproportionnés? Peut-être.

Toujours est-il que The Water Fields

est l’une de ces oeuvres musicales qui vous touchent au plus profond

de votre être, vous transportent loin, très loin, dans des sphères

épurées où la beauté règne en maître, vous happent dans un

tourbillon d’émotions superbes et vous chavirent les sens de par

leur intensité.

Comment décrire ce voyage intemporel

et si troublant où tout fusionne en une perfection ultime?

Pour faire simple, disons que le groupe

a sublimé sa recette miracle et est parvenu à intensifier tous les

éléments qui faisaient sa force et son identité: les mélodies

sont encore plus touchantes et entêtantes, les riffs profonds et

habités empreints d’une mélancolie poignante sont, paradoxalement

plus rentre-dedans, et la batterie s’emballe plus que jamais pour des

titres plus violents et plus sombres.

La voix claire de Manuel est toujours

aussi juste et limpide, poignante d’émotions et d’intensité, et

sert de véritable fil conducteur aux mélodies superbes, d’une

profondeur à couper le souffle, qui se succèdent tout au long de

cette galette. Du coup, les éructations death, utilisées avec plus

de parcimonie, ont un impact décuplé, d’autant qu’elles épousent

souvent à la perfection les lignes mélodiques les plus intenses,

et l’apothéose est atteinte quand les deux voix fusionnent sur des

passages dantesques à vous chavirer l’âme (la fin de Rise to the

Occasion, à vous tirer des larmes!!!).

Ici, le style si particulier de The Old

Dead Tree, qui joue sur les contrastes entre violence et mélancolie

pour transporter l’auditeur, est magnifié: jamais les chansons

n’auront été si riches et variées, et pourtant, l’album conserve

tout du long une cohérence parfaite. C’est que les changements

s’opèrent à l’intérieur même de chaque titre, tous finement

travaillés, révélant des émotions diverses et contenant toujours

une explosion bouleversante qui s’empare de vos sens, vous possédant

littéralement et réduisant votre être à un simple réceptacle

d’émotions pures d’une intensité addictive (la fin de Regarding

Kate).

Finies les mélopées un peu naïves et

les élans d’enthousiasme juvénile un peu maladroits que les plus

exigeants pouvaient éventuellement reprocher à The Nameless

Disease, le groupe a gommé tous ses défauts en complexifiant ses

compositions et en accentuant les contrastes qui font la beauté de

sa musique.

C’est simple, ici, pas de faux pas,

aucune faute de goût, rien à jeter. Si certaines mélodies peuvent

paraître un peu difficiles d’accès à la première écoute, ou si

quelques passages peuvent encore sembler un peu insipides (le couplet

gentillet de Is Your Soul For Sale), c’est que les chansons s’

appréhendent dans leur ensemble, et ces quelques faiblesses aident

justement à faire ressortir avec une force inouïe ce magma de

beauté, de mélancolie, et de tristesse qui ne manque jamais

d’exploser et qui nous plonge irrésistiblement dans un état de

béatitude mélomane et de rêverie contemplative.

Bref, je pourrais m’étaler pendant

plusieurs pages sur la magnificence de cet album, sur la beauté et

la profondeur de la musique et sur les émotions profondes et

intenses que ces superbes mélodies me procurent, mais je préfère

me contenter de vous en recommander corps et âme l’écoute et de

conclure qu’il s’agit simplement pour moi de l’album le plus marquant

et le plus sublime que j’ai jamais eu la chance d’écouter, ni plus

ni moins.

The Nameless Disease est le témoignage

ultime d’un groupe, l’apothéose magnifique d’un sous-genre musical,

et un grand chef-d’oeuvre de métal, qui, en admettant que cette

dernière existe, vient caresser du doigt les ailes dorées de la

perfection.

The Old Dead Tree : The Water Fields

Monday, July 6th, 2009

The Old Dead Tree : The Water Fields

Aaaah, ce somptueux album….

Si j’avais déjà écrit une chronique
dithyrambique sur le premier album de mes frenchies préférés, que
dire de celle qui va suivre? Que ce n’est qu’une suite d’éloges
mièvres, de louanges totalement subjectifs et de compliments
disproportionnés? Peut-être.

Toujours est-il que The Water Fields
est l’une de ces oeuvres musicales qui vous touchent au plus profond
de votre être, vous transportent loin, très loin, dans des sphères
épurées où la beauté règne en maître, vous happent dans un
tourbillon d’émotions superbes et vous chavirent les sens de par
leur intensité.

Comment décrire ce voyage intemporel
et si troublant où tout fusionne en une perfection ultime?
Pour faire simple, disons que le groupe
a sublimé sa recette miracle et est parvenu à intensifier tous les
éléments qui faisaient sa force et son identité: les mélodies
sont encore plus touchantes et entêtantes, les riffs profonds et
habités empreints d’une mélancolie poignante sont, paradoxalement
plus rentre-dedans, et la batterie s’emballe plus que jamais pour des
titres plus violents et plus sombres.
La voix claire de Manuel est toujours
aussi juste et limpide, poignante d’émotions et d’intensité, et
sert de véritable fil conducteur aux mélodies superbes, d’une
profondeur à couper le souffle, qui se succèdent tout au long de
cette galette. Du coup, les éructations death, utilisées avec plus
de parcimonie, ont un impact décuplé, d’autant qu’elles épousent
souvent à la perfection les lignes mélodiques les plus intenses,
et l’apothéose est atteinte quand les deux voix fusionnent sur des
passages dantesques à vous chavirer l’âme (la fin de Rise to the
Occasion, à vous tirer des larmes!!!).

Ici, le style si particulier de The Old
Dead Tree, qui joue sur les contrastes entre violence et mélancolie
pour transporter l’auditeur, est magnifié: jamais les chansons
n’auront été si riches et variées, et pourtant, l’album conserve
tout du long une cohérence parfaite. C’est que les changements
s’opèrent à l’intérieur même de chaque titre, tous finement
travaillés, révélant des émotions diverses et contenant toujours
une explosion bouleversante qui s’empare de vos sens, vous possédant
littéralement et réduisant votre être à un simple réceptacle
d’émotions pures d’une intensité addictive (la fin de Regarding
Kate).

Finies les mélopées un peu naïves et
les élans d’enthousiasme juvénile un peu maladroits que les plus
exigeants pouvaient éventuellement reprocher à The Nameless
Disease, le groupe a gommé tous ses défauts en complexifiant ses
compositions et en accentuant les contrastes qui font la beauté de
sa musique.
C’est simple, ici, pas de faux pas,
aucune faute de goût, rien à jeter. Si certaines mélodies peuvent
paraître un peu difficiles d’accès à la première écoute, ou si
quelques passages peuvent encore sembler un peu insipides (le couplet
gentillet de Is Your Soul For Sale), c’est que les chansons s’
appréhendent dans leur ensemble, et ces quelques faiblesses aident
justement à faire ressortir avec une force inouïe ce magma de
beauté, de mélancolie, et de tristesse qui ne manque jamais
d’exploser et qui nous plonge irrésistiblement dans un état de
béatitude mélomane et de rêverie contemplative.

Bref, je pourrais m’étaler pendant
plusieurs pages sur la magnificence de cet album, sur la beauté et
la profondeur de la musique et sur les émotions profondes et
intenses que ces superbes mélodies me procurent, mais je préfère
me contenter de vous en recommander corps et âme l’écoute et de
conclure qu’il s’agit simplement pour moi de l’album le plus marquant
et le plus sublime que j’ai jamais eu la chance d’écouter, ni plus
ni moins.

The Nameless Disease est le témoignage
ultime d’un groupe, l’apothéose magnifique d’un sous-genre musical,
et un grand chef-d’oeuvre de métal, qui, en admettant que cette
dernière existe, vient caresser du doigt les ailes dorées de la
perfection.