Archive for April, 2010

Sentenced : The Cold White Light

Tuesday, April 13th, 2010

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

Tuesday, April 13th, 2010

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

Tuesday, April 13th, 2010

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

Tuesday, April 13th, 2010

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…

Sentenced : The Cold White Light

Tuesday, April 13th, 2010

Sentenced : The Cold White LightAh, Sentenced

Ou comment un excellent groupe de death old school puissant, technique et à la rythmique implacable est parvenu au fil de quelques très bons albums à évoluer subtilement pour devenir LE groupe de gothique-rock metal absolu, proposant des hymnes inoubliables à l’énergie irrésistible et à la mélancolie contagieuse…

A ceux qui ne connaîtraient pas encore ce groupe, qui seraient tombés par hasard sur cette modeste chronique, et à qui cette introduction élogieuse mettrait l’eau à la bouche, réjouissez-vous sans modération, car The Cold White Light est sans doute le chef d’oeuvre ultime du groupe, sa réalisation la plus poignante et la plus mémorable, celle sur laquelle les Finlandais ont définitivement sublimé leur art de la mélodie simple, efficace et entêtante.

Alors, maintenant que le lecteur est appâté, que dire de plus? Il reste à essayer d’achever de le convaincre en décrivant le plus précisément possible cette superbe musique. Dès l’introduction, on comprend que Sentenced ne va pas faire dans le joyeux, le léger, le gentillet ou le festif : les plaintes désespérées de mystérieux oiseaux nocturnes, ces arpèges suintant la mélancolie morbide et ces grosses guitares à la lourdeur presque doom annoncent la couleur: The Cold White Light sera un album sombre et intense.

Et effectivement, la première véritable chanson de l’album, « Cross my Heart and Hope to Die » en est la parfaite illustration. C’est simple, en cette chanson sublime, toute la magie de Sentenced est réunie: les Finlandais parviennent en une alchimie parfaite à balancer un tube énorme mêlant une puissance et un groove imparable à un raffinement mélancolique quasiment hypnotique. Les guitares, claires et aux accents faussement plaintifs sur le couplet, nous explosent à la gueule sur le refrain, se muant en un imparable mur du son qui sublime la mélodie, et cette voix inimitable, éraillée et grave, crachant avec des accents dépressifs et agonisants les souffrances d’un être à bout, vient parachever le magnifique travail des musiciens, nous mettant sur les genoux. La claque est énorme, inattendue et totale: ça paraît simple, mais c’est tellement bon!

D’ailleurs, parlons-en de ces musiciens: ici, tout est ultra carré, étudié, léché, et malgré ça, l’émotion transparaît dans chaque note, à travers chaque riff, arpège ou raclement de gorge du chanteur: cette basse sourde qui claque distinctement et se fond parfaitement dans l’ensemble ( Neverlasting, I Kill Myself!!! ), cette batterie métronomique tout en simplicité et en puissance, ces guitares tantôt lancinantes, tantôt hurlantes, distillant de temps à autre un solo bien senti, et faisant un fantastique travail tant rythmique que harmonique, ces claviers discrets qui savent sobrement épouser et magnifier les lignes mélodiques des guitares, et enfin cette voix rocailleuse de crooner alcoolique aussi à l’aise dans les graves que dans des tons plus hauts et clairs, et qui se loge dans un coin de votre cerveau pour y injecter définitivement ses refrains entêtants et désespérés, tout s’accorde en une osmose musicale totale pour immortaliser la dépression et la tristesse d’une manière entraînante, impérieuse et inéluctable.

Sentenced enchaîne les hits, alternant intelligemment les titres directs et énergiques au feeling indéniablement rock et burné (Blood and Tears, le fabuleux I Kill Myself) avec d’autres morceaux plus calmes et mélodiques ( Brief is the Light, Guilt and Regret). Là où le groupe se distingue de certains de ses homologues finlandais évoluant dans un registre assez proche (non, non, je ne citerai pas de nom!), c’est qu’il ne tombe jamais dans le mièvre dégoulinant et évite les gimmicks exaspérants inhérents au style: chez la bande à Ville Laihiala, sombre et gothique ne riment pas forcément avec mou et sirupeux. Certes, les paroles peuvent paraître cliché et fleurent bon la dépression, la tristesse, la souffrance et la mort, certains morceaux peuvent sonner un peu convenu (style oblige!), mais quand le tout est interprété avec autant de justesse et de sincérité, comment ne pas se laisser entièrement happer par ce cynisme morbide si délectable? C’est indéniable, la musique de Sentenced a des burnes, elle transpire la sueur et le whisky et parviendra sans peine à faire secouer la crinière et taper du pied à plus d’un chevelu en mal de grosses guitares, mais, et c’est là le génie du groupe, elle est aussi capable de transporter ces mêmes métalleux dans des contrées plus introspectives, de charmer ces âmes rétives par la force des sentiments et de tirer à ces coeurs secs et rugueux quelques larmes d ’émotion: pour s’en convaincre, il n’y a qu’à écouter le sublime No One There seul un soir d’hiver entre quatre murs nus, ballade grave et solennelle aux funestes accents d’adieu qui transcende l’album en un aqme déchirant de souffrance et de solitude. Alors que les notes du clavier agonisent lentement dans un silence angoissant porté par le souffle du vent, la plainte lugubre des oiseaux nocturnes du début, imperturbables hérauts de la mort, emplit petit-à-petit le vide, jusqu’à devenir un hurlement déchirant et insupportable qui laisse place au soulagement lorsque arrive enfin la fin… de l’album.

En tout cas, une chose est sûre: Si ce The Cold White Light est une mise en abîme du cheminement jusqu’à la mort, il ne nous reste qu’à savourer avec patience et délices la lente dégénérescence de la vie. Mais fort est à parier que beaucoup risquent de trouver le temps long avant d’arriver au seuil de la Grande Porte…