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Made Of Hate : End of the Weakness

Tuesday, November 9th, 2010

Made Of Hate : End of the WeaknessOn sait depuis longtemps déjà que, avec des groupes comme Vader, Behemoth, Hate ou Decapitated, la Pologne est avec la Suède et les States une des terres bénie du death metal. Plus précisément d’un death metal brut, lourd, violent et impitoyable. Mais qu’en est-il des musiques plus heavy et mélodiques? On est en droit de se le demander, et avec ce sublime End of the Weakness, Archeon arrive à point nommé pour nous donner un semblant de réponse.

Tandis que les premières notes du clavier raisonnent, entônnant une mélodie plaintive et mélancolique, musicalement, on ne sait pas vraiment à quoi s’attendre. Si le nom du groupe et la pochette de l’album (surtout le logo) nous feraient pencher pour du black/death mélodique, cette triste complainte empruntant la sonorité d’un clavecin lancinant semble introduire une pièce de heavy ou de speed prog’ teinté d’influcences néo-classiques.

Mais, très rapidement, la musique explose et les doutes s’envolent: dès la 34 ème seconde, une guitare au son massif rugit un accord furieux, avant d’être reprise par un lead heavy et entêtant à la mélodie imparable. On sent déjà que la musique sera intense, on la devine rapide et véloce. Mais pouvait-on honnêtement s’attendre à une telle déflagration sonore? Certainement pas. Car, quand à la cinquante-troisième seconde, déboule cette rythmique infernale hallucinante de rapidité et de maîtrise, où une double pédale nucléaire soutient cette guitare aux aller-retours infatiguables et démentiels, la claque est monumentale, inattendue, violente et nous laisse littéralement sur le cul.

C’est confirmé: on aura bien affaire ici à un disque de metal extrême, même si très porté sur les mélodies. Et ce premier titre, énorme et virtuose, est une synthèse parfaite du style atypique joué par les Polonais. Style que l’on pourrait décrire comme un croisement entre du early Children of Bodom survitaminé pour le côté extrême de la voix, la rythmique implacable et martiale ainsi que la fureur qui anime le tout, du Stratovarius inspiré pour l’orientation plus heavy et la façon dont sonnent les claviers et les soli de guitare, d’une grandioquence à la limite du kitsch aux forts relents néo-classiques, et du Dragonforce pour la rapidité hallucinante, le côté synthétique et happy metal et la virtuosité sans appel du tout.

La messe est dite, et dès le monstrueux Arising, vous vous retrouvez devant un putain d’album de metal extrême, mélodique, rapide et entêtant. Le reste de la galette est du même acabit: guitares hurlantes et véloces pour un rythme la plupart du temps assez rapide, quelques accélérations fulgurantes renforcées de soli virtuoses, alternant avec d’autres parties plus mid-tempo, qui privilégient le headbang et préparent en crescendo l’auditeur à la prochaine délflagration, mélodies imparables et rythmiques implacables… Le groupe s’offre même le luxe de nous offrir une symapthique « ballade » s’ouvrant sur des arpèges de toute beauté, la sombre et bien nommée Queen of the Night, avant de repartir de plus belle sur un Struggle with Death déchaîné.

La double fume, la basse claque ( Dead World ), les guitares, tant rythmique que soliste, excellent et distillent des riffs entraînants et inspirés, la voix, certes classique pour du death mélodique, contraste agréablement avec le côté très heavy de la musique et apporte une petite touche de brutalité supplémentaire bienvenue, bref que demander de plus? D’autant que sur certains passages, le groupe parvient vraiment à se transcender, laissant libre cours à sa folie musiacle, pour nous délivrer des instants d’une maestria saisissante: la fin de Arising et son groove imparable, s’enchaînant sur une orgie de clavier cosmique et hallucinée ainsi que sur un solo de guitare magique, la fin échevelée et géniale de Dead World aux relents heavy sympho néo-classique, ou encore la fameuse Hungarian Dance pour ceux qui ont la chance de posséder l’édition bonus, totalement décalée et délicieusement jouissive).

Bref, vous l’aurez compris, avec ce End of the Weakness, nous avons affaire à un album excellent qui, s’il ne brille pas par son originalité (les influences sont plus qu’évidentes mais semblent totalement assumées) n’a quasiment aucune faille. Tout au plus pourrait-on reprocher à Archeon de nous avoir pondu un album un peu court ( seulement 35 minutes au compteur en comptant le titre bonus, c’est bien peu!) et parfois, peut-être, de chercher à nous étourdir avec une virtuosité trop démonstrative et quelque peu stérile qui, sur certains passages, aurait tendance à étouffer le côté direct et spontané de la musique…

En tout cas, à tous les fans des groupes sus-cités et de métal extrême, rapide et mélodique à la fois, passer à côté de cete galette serait un crime impardonnable! Un must have indispensable, ni plus, ni moins.