Archive for January, 2012

Slave One (FRA) : Cold Obscurantist Light

Thursday, January 12th, 2012

Slave One (FRA) : Cold Obscurantist LightSlave One est un petit groupe de death français encore quasiment inconnu, formé en 2009 par Seb, multi instrumentiste et growler et qui, avec Cold Obscurantis Light, nous gratifie déjà de sa seconde démo. Si le death français a un temps brillé sur la scène internationale grâce à sa vieille garde composée de Loudblast, Agressor, Massacra et autres No Return, force est de constater que, depuis la seconde moitié des 90‘s, notre metal de la mort hexagonal ne fait plus autant parler de lui à l’étranger. Ceci dit, depuis une dizaine d’années, on a pu constater un véritable renouveau, et avec une flopée de formations telles Benighted, Kronos, Recueil Morbide, Yrkoon, Aabsinthe, Hacride et les pionniers que sont Gojira, les deathsters français parviennent petit-à-petit à se tailler une place honorable sur une scène death européenne largement dominée par les combos suédois et polonais (ou autres Teutons, Danois et Hollandais dans une moindre mesure). Qu’en est-il de Slave One? Peut-on compter ce groupe émergent parmi la troupe grandissante des espoirs nationaux ou doit-on plus le considérer comme un simple petit groupe sans ambition à la musique sympathique mais sans véritable potentiel international? Pas d’inquiétudes amis patriotes, avec les six titres de son nouvel Ep, les sicos de Montargis nous confirment brillamment que la scène française se porte bien et est encore capable de botter bien des culs tout en puissance et en maîtrise!

La première chose qui saute aux yeux avant même d’enfourner la galette dans la chaîne, c’est ce très bel artwork, lourd d’une symbolique sombre et menaçante, rappelant un peu The Apostasy de Behemoth: un étrange être hybride à six bras et au visage humain convulsé en une grimace de souffrance, bouche grande ouverte, toutes dents dehors et la langue largement tirée, les yeux bandés et les mains percées, un long ver semblant avoir fait son nid dans l’abdomen de la créature. Au dessus de cette scène étrange plane un oeil au graphisme très simple: lumières contre ténèbres, humanité contre animalité… Le ton est donné, l’enregistrement sera professionnel ou ne sera pas, et semble annoncer une musique sombre et violente, contrastée, et probablement habitée de quelques notes plus mystiques et introspectives.

La galette débute par une ouverture typée orientale que n’aurait pas reniée Nile, tout en puissance et en majesté, titre court et mid tempo à la lourdeur brise-nuque et qui impose déjà, du haut de ces quelques 2minutes, une technique musicale plus que respectable ( avec, notamment cette basse qui tricote méchamment lors de petits breaks jazzy, un délice!). Un beau crescendo pour introduire comme il se doit les choses sérieuses: For Shiva Whispered The Universe déboule ensuite sur nos platines, et là c’est la baffe! Tantôt brutale et ultra rapide, et appuyée par un guttural sépulcral, – là aussi, autant pour les vocaux que pour les parties furieuses et blastées, on pense irrémédiablement à Nile – tantôt plus lourde et groovy , alternant passages purement death et plages plus progressives, la musique du combo de Montargis surprend par sa maturité. Pour parachever le tout, des chœurs mystiques viennent faire comme un écho lugubre sur ces riffs saccadés s’achevant sur des larsens dissonants, ajoutant beaucoup de profondeur à l’ensemble.

Ce qui est appréciable, c’est que Slave One sait varier et aérer sa musique, les compos sont riches et fouillées sans jamais être redondantes (par exemple, la double fume quand il faut, et les blasts beats sont destructeurs, mais on ne tombe jamais dans le pilonnage à outrance), et les enchaînements passent comme papa dans maman un soir de Saint Valentin arrosée, de sorte que quiconque a les esgourdes déjà bien rodées au metal extrême pourra apprécier assez facilement cet excellent Cold Obscurantis Light. On reste dans une musique puissante et majoritairement mid tempo à l‘ambiance mystique et orientale, mais qui réserve quelques accélérations brutales ainsi que quelques envolées mélodiques des plus délectables

Pour tenter de vous donner une idée plus précise de la bête (ou achever de vous perdre, c’est selon!), The Cold Obscurantist Light and the Manufactured Aeon, véritable point d‘orgue de cet Ep avec ses 6min30, est une véritable leçon de death moderne et technique, avec un enchevêtrement d’influences inextricables fusionnées en une maîtrise parfaite: cette lourdeur majestueuse qui entame le titre, toujours très  ”nilesque” , suivie d’un petit solo aux consonances flamenco qui nous renverra aux Français d’Impurezza, à la suite de quoi, on perçoit une coloration Coprofago pour ce côté très syncopé et maladif, un peu de deathcore à la Beneath the Massacre pour ce blast martelant sur ces larsens dissonants… On pourrait aussi penser à Cynic dans l’utilisation de certaines mélodies et lors de cette partie de guitare improbable à la résonance très synthétique à 3min31, après laquelle surgit un riff magique me faisant furieusement penser à Spirit Crusher de vous-savez-qui… Bref, un vrai patchwork d’influences habilement distillées, le tout toujours saupoudré de cette patte mystique et orientale qui semble être le fil conducteur de l’album et comme la trame narrative de la thématique générale de l’oeuvre.

Histoire de vous parfaire un tableau déjà idyllique, le son est au poil, tous les instruments sont parfaitement audibles et aucun n‘empiète sur l‘autre, rien à redire de ce côté-là, du costaud pour une prod’ maison! Pour résumer, un artwork très professionnel, un son impeccable, et une musique puissante, riche, variée et accrocheuse, que demander de plus? Plus de titres, biensûr!

Toujours est-il que tout amateur de death qui se respecte appréciera cette sortie comme il se doit, et je ne saurais que trop recommander à tout deathster ayant envie de s’offrir 25 minutes de plaisir sonore tout en soutenant notre belle scène nationale de se procurer ce skeud de toute urgence! Quant à moi, je n’ai qu’une chose à ajouter: vivement le premier album!

Zardens : Breeding the Dark

Thursday, January 5th, 2012

Zardens : Breeding the DarkInitialement projet solo de Warnacht, vieux briscard de la scène locale belge ayant entre autres officié dans le groupe de heavy Ex Delirium, Zardens endosse le statut de groupe à part entière avec l’arrivée de Pascal Moraux (du groupe de thrash From Beyond) en 2008, qui vient prêter main forte à son ancien collègue de Moribund. Arrivent ensuite Fred Kienen et Oliwar respectivement à la basse et à la batterie pour compléter le line-up. Warnacht et Pascal, têtes pensantes du groupe, prennent le temps de peaufiner leurs compos pour nous offrir fin 2011 leur premier album auto-produit, Breeding the Dark. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces années de maturation n’auront pas été vaines, car pour une première réalisation, le résultat est très professionnel et travaillé (il n‘y a qu’à jeter un coup d‘œil à l‘artwork, très réussi à défaut d‘être original, pour s‘en convaincre), et la musique impressionne par sa maturité.

Ici, les zicos nous offrent une musique complexe sur une base heavy/black/death solide et variée qui rappelle parfois Dissection, s’appuyant largement sur des contrastes: tantôt agressive et emballée tantôt plus mélancolique et contemplative, tantôt sombre et evil tantôt plus épique.

Après la petite intro au synthé de rigueur pour bien plonger l‘auditeur dans l’univers de Zardens , les choses sérieuses commencent: The Last Curse déboule sur un riff tonitruant, et on se délecte de cette batterie impérieuse et de ces cavalcades de guitares , qui, dans les parties les plus rapides, et dans ce feeling heavy/black bien sombre et agressif, font beaucoup penser aux Français de Garwall. Ce premier véritable titre est varié et progressif, et d‘emblée, Zardens montre l’étendue de son savoir-faire et de sa technique instrumentale, avec des riffs excellents et inspirés, une batterie intelligente et variée assez typée death metal et une voix bien en place quoiqu’un peu monocorde, dont le point fort est l’excellente articulation (on décèle facilement les paroles, ce qui n’est pas toujours évident dans ce style musical).

Malheureusement, même si ce n’est pas sur ce titre que c’est le plus flagrant, The Last Curse fait d’emblée ressortir le plus gros point noir de l’album: le son. Non pas qu’il soit mauvais en soi, mais il est bien trop clair, aéré et synthétique (argh, cette batterie!) pour ce style musical qui exige un mur de guitares opaque et étouffant pour asphyxier l’auditeur et l’entraîner définitivement dans l’univers sombre inhérent au genre. La production laisse trop d’espace sonore vacant, (mais où est donc passée la basse? Elle aurait pu apporter tellement de lourdeur, de profondeur et d’atmosphère dans les parties les plus lentes!), ce qui n’est pas rédhibitoire pour les titres rapides (l’excellent The Undead passe comme une lettre à la poste) mais qui est plus gênant pour les titres plus lents et ambiants, tels The Howling Shadows: ici, malgré des bons riffs et une composition correcte, la magie n’opère pas complètement, la faute à ce son qui manque de puissance et de compacité.

L’impression est donc parfois mitigée, et si Zardens excelle sur les titres les plus agressifs, n’oubliant pas d’agrémenter ces parties véloces de chorus de gratte mélodiques bien chiadés, la pilule passe plus difficilement quand le rythme ralentit. De même, à trop vouloir varier les plaisirs (on sent que le groupe a un background musical riche et varié qu’il exploite à fond sur les 46 minutes de cette galette), on a parfois l’impression que le groupe a le cul entre deux chaises, cherchant encore sa voie entre metal plus insidieux et introspectif (The Nightspirit, très bon titre par ailleurs) ou compositions plus directes et jouissives (The Undead que n’aurait aps renié un groupe comme Naglfar). Effectivement, les pistes sont évolutives et vivantes et comportent plusieurs ambiances, un peu à la manière d’un Artefact, mais, contrairement aux Français qui excellent dans l‘art de cette musique complexe et évolutive, les musiciens de Zardens nous perdent parfois au détour d’un riff moins inspiré ou d’une partie acoustique un peu fade (les transitions entre les différentes parties ne sont pas toujours très bien amenées, encore principalement la faute à ce son trop clean et dispersé qui manque de liant).

Quoiqu’il en soit, même si le tout manque parfois un peu d’accroche, faute notamment à un manque de puissance dans la production et de cohérence entre certaines parties, force est de reconnaître que les Belges maîtrisent bien leur sujet et utilisent leurs nombreuses influences (ouverture très darkthronienne sur The Undead, riffs dissonants à la Deathspell Omega sur The Howling Shadows, riffing black/thrash que n’aurait pas renié Destroyer 666 dès 0:46 de The Dissenter , ces cœurs sauvages à 3:48 venant renforcer cette impression… Chacun y trouvera des références selon son expérience musicale!) à bon escient pour nous livrer une musique assez personnelle et finalement assez difficilement classable (heavy black prog et mélodique?). Le tout est encore loin d’être parfait, mais on a avec Breeding the Dark une musique riche et travaillée au bon niveau technique qui regorge de bonnes idées.

Du bon travail donc, qui demande une confirmation sur un prochain album et qui fait de Zardens un groupe prometteur à surveiller de près!

Zardens : Breeding the Light

Thursday, January 5th, 2012

Zardens : Breeding the LightInitialement projet solo de Warnacht, vieux briscard de la scène locale belge ayant entre autres officié dans le groupe de heavy Ex Delirium, Zardens endosse le statut de groupe à part entière avec l’arrivée de Pascal Moraux ( du groupe de thrash From Beyond) en 2008, qui vient prêter main forte à son ancien collègue de Moribund. Arrivent ensuite Fred Kienen et Oliwar respectivement à la basse et à la batterie pour compléter le line-up. Warnacht et Pascal, têtes pensantes du groupe, prennent le temps de peaufiner leurs compos pour nous offrir fin 2011 leur premier album auto-produit, Breeding the Dark. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces années de maturation n’auront pas été vaines, car pour une première réalisation, le résultat est très professionnel et travaillé (il n‘y a qu’à jeter un coup d‘œil à l‘artwork, très réussi à défaut d‘être original, pour s‘en convaincre), et la musique impressionne par sa maturité.

Ici, les zicos nous offrent une musique complexe sur une base heavy/black/death solide et variée qui rappelle parfois Dissection, s’appuyant largement sur des contrastes: tantôt agressive et emballée tantôt plus mélancolique et contemplative, tantôt sombre et evil tantôt plus épique.

Après la petite intro au synthé de rigueur pour bien plonger l‘auditeur dans l’univers de Zardens , les choses sérieuses commencent: The Last Curse déboule sur un riff tonitruant, et on se délecte de cette batterie impérieuse et de ces cavalcades de guitares , qui, dans les parties les plus rapides, et dans ce feeling heavy/black bien sombre et agressif, font beaucoup penser aux Français de Garwall. Ce premier véritable titre est varié et progressif, et d‘emblée, Zardens montre l’étendue de son savoir-faire et de sa technique instrumentale, avec des riffs excellents et inspirés, une batterie intelligente et variée assez typée death metal et une voix bien en place quoiqu’un peu monocorde, dont le point fort est l’excellente articulation (on décèle facilement les paroles, ce qui n’est pas toujours évident dans ce style musical).

Malheureusement, même si ce n’est pas sur ce titre que c’est le plus flagrant, The Last Curse fait d’emblée ressortir le plus gros point noir de l’album: le son. Non pas qu’il soit mauvais en soi, mais il est bien trop clair, aéré et synthétique (argh, cette batterie!) pour ce style musical qui exige un mur de guitares opaque et étouffant pour asphyxier l’auditeur et l’entraîner définitivement dans l’univers sombre inhérent au genre. La production laisse trop d’espace sonore vacant, (mais où est donc passée la basse? Elle aurait pu apporter tellement de lourdeur, de profondeur et d’atmosphère dans les parties les plus lentes!), ce qui n’est pas rédhibitoire pour les titres rapides (l’excellent The Undead passe comme une lettre à la poste) mais qui est plus gênant pour les titres plus lents et ambiants, tels The Howling Shadows: ici, malgré des bons riffs et une composition correcte, la magie n’opère pas complètement, la faute à ce son qui manque de puissance et de compacité.

L’impression est donc parfois mitigée, et si Zardens excelle sur les titres les plus agressifs, n’oubliant pas d’agrémenter ces parties véloces de chorus de gratte mélodiques bien chiadés, la pilule passe plus difficilement quand le rythme ralentit. De même, à trop vouloir varier les plaisirs (on sent que le groupe a un background musical riche et varié qu’il exploite à fond sur les 46 minutes de cette galette), on a parfois l’impression que le groupe a le cul entre deux chaises, cherchant encore sa voie entre metal plus insidieux et introspectif (The Nightspirit, très bon titre par ailleurs) ou compositions plus directes et jouissives (The Undead que n’aurait aps renié un groupe comme Naglfar). Effectivement, les pistes sont évolutives et vivantes et comportent plusieurs ambiances, un peu à la manière d’un Artefact, mais, contrairement aux Français qui excellent dans l‘art de cette musique complexe et évolutive, les musiciens de Zardens nous perdent parfois au détour d’un riff moins inspiré ou d’une partie acoustique un peu fade (les transitions entre les différentes parties ne sont pas toujours très bien amenées, encore principalement la faute à ce son trop clean et dispersé qui manque de liant).

Quoiqu’il en soit, même si le tout manque parfois un peu d’accroche, faute notamment à un manque de puissance dans la production et de cohérence entre certaines parties, force est de reconnaître que les Belges maîtrisent bien leur sujet et utilisent leurs nombreuses influences (ouverture très darkthronienne sur The Undead, riffs dissonants à la Deathspell Omega sur The Howling Shadows, riffing black/thrash que n’aurait pas renié Destroyer 666 dès 0:46 de The Dissenter , ces cœurs sauvages à 3:48 venant renforcer cette impression… Chacun y trouvera des références selon son expérience musicale!) à bon escient pour nous livrer une musique assez personnelle et finalement assez difficilement classable (heavy black prog et mélodique?). Le tout est encore loin d’être parfait, mais on a avec Breeding the Light une musique riche et travaillée au bon niveau technique qui regorge de bonnes idées.

Du bon travail donc, qui demande une confirmation sur un prochain album et qui fait de Zardens un groupe prometteur à surveiller de près!

Vanitas : Der Schatten einer Existenz

Monday, January 2nd, 2012

Vanitas : Der Schatten einer ExistenzVanitas est un petit groupe de death sympho autrichien qui a splitté en 2007et qui n’est jamais vraiment parvenu à imposer sa notoriété en dehors de ses frontières, malgré des réalisations honorables et un style relativement original et personnel. Avec Der Schatten einer Existenz (l’ombre d’une existence), ils signent leur deuxième album et nous proposent un death mid tempo sombre et mélancolique enrichi de nombreux éléments classiques qui a tout pour plaire aux amateurs de musique belle, soignée et orchestrale.

Ici, la guitare est plus là en fond, assénant des riffs souvent lourds et plombés, pour renforcer la profondeur et le côté sombre de la musique, et ce sont les claviers qui s’occupent de tisser la trame mélodique et de varier les ambiances. Ils reproduisent bon nombre d’instruments classiques (flûte, piano et violon principalement, qui jouent un rôle prépondérant dans la musique du quintette), offrant ainsi des titres variés et évolutives, on peut d’ailleurs comparer Vanitas à Penumbra dans la composition des titres, les deux groupes offrant un metal plutôt classique dans l’instrumentation électrique mais renforcé d’orchestrations grandiloquentes qui habillent la musique et lui confèrent un caractère unique. L’entremêlement de ces différentes voix (le chant féminin soprano, les chuchotements narratifs, la voix death et la black, un peu moins fréquente) ainsi que l’alternance des passages lourds et tristes, majoritaires, avec certains plus véloces où la voix black vient rehausser l’agressivité du tout, rappellent vraiment la démarche de nos amis Français. D’ailleurs, il est important d’insister sur ces quelques moments de bravoure, car ils sont finalement assez rares sur cet album, ressortant avec plus de force, et n’en étant de fait que plus délectables: ce passage à 3,51 de Pendelschwung où la rythmique s’emballe un peu pour un résultat épique de toute beauté, cette partie inattendue très power sympho à 4,37 de Schliesse mir die Augen, ou encore ce très bon riff de guitare un peu blackisant qui à 0,13 minutes, propulse l’excellent Das Wort Sieht Blicke.

Vanitas semble en effet se concentrer presque exclusivement sur la recherche mélodique, sa musique n’étant jamais violente, et les quelques moments plus agressifs (quelques allers retours à la guitare plus saccadés) étant souvent atténués par des passages épiques au clavier. A ce titre, les amateurs de brutalité pure et de rythmiques marteau-pilon peuvent d’ores et déjà passer leur chemin, ils ne risquent pas de trouver leur compte avec Vanitas, qui finalement, n’a de death que la voix et la lourdeur des guitares. Ici, on navigue tranquillement dans un bon vieux mid tempo des familles, la batterie ne faisant pas d’extravagance, afin de laisser plus de champ aux claviers qui s’incarnent en de douces complaintes de piano, violon et autres flûtes. Certains passages sont d’ailleurs exclusivement composés de ces lignes de claviers, sans aucune assise rythmique, proposant des moments plus calmes et introspectifs, et rappelant parfois les orchestrations d’un Haggard (c’est surtout flagrant sur le court interlude Vor der Worten) en un peu plus cheap. Il ressort du tout une ambiance délicieusement surannée aux relents moyen-âgeux et classiques délectables.

Un côté sombre et désespéré cohabite parfois avec cette facette classique, d’ailleurs, certains riffs et certaines ambiances lorgnent vers le gothique et nous font penser aux bons vieux Moonspell, même si la musique de Vanitas est plus symphonique. Pour citer une autre référence qui ne doit pas être inconnue aux amateurs du genre, on pourrait également comparer le death des Autrichiens à celui de leurs compatriotes d’Hollenthon, même si la musique des seconds est plus agressive, puissante et rythmée. Que ce soit clair, Vanitas n’est pas là pour satisfaire les adeptes du headbang mais plus pour proposer une musique épique, belle et introspective qui invite l’auditeur à une évasion dans un monde romantique et classique oublié depuis des décennies.

Vanitas nous offre donc une musique mélodique à souhait et très facilement abordable même pour les néophytes du genre, avec des compos agréables qui se laissent bien écouter, le tout s’enchaînant de façon fluide sans lasser l’auditeur… Une belle intro potentielle au monde riche et complexe du metal, par exemple, pour tous ceux qui seraient réfractaires à trop de violence sonore. Néanmoins, Der Schatten einer Existenz est loin d’être parfait. Pour beaucoup, cet album sonnera trop mou, voire un peu niais par moments, la faute à ces orchestrations parfois un peu cheap comparées à celles des cadors du sympho que sont Nightwish ou Therion par exemple: le manque de moyens n’aidant pas, force est de reconnaître que les parties symphoniques sont trop synthétiques et manquent de profondeur! On pourra aussi reprocher aux Autrichiens d’oublier la puissance et l’agressivité primaires du metal au profit d’une recherche mélodique parfois trop mise en avant, et pouvant frôler l’indigeste, de même, on déplorera certaines parties un peu longues et redondantes, manquant cruellement de relief, un titre comme Stillschweigen par exemple, étant dispensable, certes loin d’être mauvais, mais se contentant d’être une plate redite des titres précédents…

Quoiqu’il en soit, on ne pourra pas nier que Vanitas signe ici un album soigné et travaillé, parfois peut-être un peu trop lêché et naïf, mais force est tout de même de reconnaître que les Autrichiens font preuve d’un sacré sens de la composition et ne sont pas dénués de talent! Der Schatten einer Existenz reste un très bon album, parfaitement maîtrisé de bout en bout, offrant une musique à la fois belle, directe et facile d’accès, alors pourquoi bouder son plaisir?