Archive for September, 2013

Nightshade (SWE) : Wielding the Scythe

Monday, September 23rd, 2013

Nightshade (SWE) : Wielding the ScytheLe moins que l’on puisse dire, c’est que Nightshade n’est pas un groupe très connu. Fondé en 96 en pleine effervescence du death mélodique, le combo suédois, splité en 2003 dans l’indifférence totale, n’aura pas laissé une discographie très conséquente, et ce Wielding the Scythe de 2001 sera son témoignage sonore le plus probant.

Comme le pays d’origine du groupe et son année de création le laissent à supposer, Nightshade évolue dans un death mélodique très typé In Flames période Lunar Strain/Jester Race ( il n’y a qu’à jeter une oreille sur les riffs d’entame de Limbonized et Possessor), mais le combo ne se contente pas de singer ses glorieux aînés et délivre une musique assez personnelle et incontestablement inspirée.

Sur Lacrima Cealestis, c’est une ouverture au clavier à la Nightwish qui démarre les hostilités, appuyée par une mélodie épique et sautillante qu’on croirait toute droit sortie d’un album de Finntroll. Ce n’est que plus tard dans le morceau que les premiers riffs typiques de l’école de Göteborg, limpides et explosifs, viendront agresser nos tympans pour notre plus grand plaisir.

Les titres défilent et le constat est sans appel : Nightshade livre une musique à la fois agressive et mélodique, avec des riffs majestueux qui nous transportent le long de leurs notes aériennes, et un côté épique à la limite du folk servi par des excellents claviers à la Summoning/Rivendell qui enveloppent certains morceaux d’une ambiance moyenâgeuse et fantastique. On croirait parfois entendre la B.O. d’un film d’Heroic Fantasy tant ces claviers nous emmènent loin, s’amusant à nous perdre au milieu de terres brumeuses et chimériques.

L’art des Suédois est loin d’être linéaire et cette galette nous offre un son riche et varié. L’aspect mélodique est très mis en avant, et on pourrait presque parler de death atmosphérique sur certains passages, mais le groupe sait aussi se faire plus agressif, comme sur Natthymn avec ce riffing plus black, qui rappellerait presque Dissection, ou le milieu de piste de Limbonized, renforcé par quelques passages plus sombres et intenses à la Sacramentum.

Le tout est porté par une voix arrachée très expressive, à mi-chemin entre le black et le death, une batterie simple et efficace évoluant principalement en mid tempo et un sens du riffing absolument imparable (l’ouverture de Limbonized qu’on croirait tout droit sortie d’un album d’In Flames) ainsi qu’une virtuosité soliste proprement irrésistible (les somptueux soli de Moonlight in Chaos Stone ou Possessor nous entraînent avec leurs déluges de notes dans des transports extatiques au beau milieu des étoiles).

Pour souligner la diversité de Wielding the Scythe, citons pêle-mêle Limbonized, savant mélange de death Göteborg et dark metal, tiraillé entre ces claviers et harmonies mélodiques, qui renvoient directement à In Flames et Dark Tranquility, et riffs saccadés et lourds appuyés par une basse chaude à la Sacramentum; Sanctum, moins réussi à mon sens, avec un chant féminin inattendu sur le refrain et des parties chuchotées sur une instrumentation plus intimiste qui rajoute un peu de douceur à la galette ; le somptueux Moonlight in Chaostone plus épique et prenant que jamais, avec ses envolées guitaristiques de toute beauté et son intensité dramatique palpable, mêlant chœurs et claviers en un acme magique, et offrant un solo éblouissant ; ou encore Possessor avec sa partie centrale poignante tout en sensibilité et en émotions, rehaussée par un long solo de guitare aux résonnances oniriques qui vient expirer en fin de morceau.

L’ensemble reste toujours empreint d’une certaine beauté, résultant d’une recherche de la mélodie omniprésente et cette quête ne semble s’encombrer d’aucune limite musicale, le combo suédois n’hésitant pas à explorer des sonorités singulières grâce à des claviers parfois un peu déroutants, mais toujours inspirés (le début de Lacrima Cealestis, le pont d’un autre temps de Chaos of The Moonstone, le solo spatial de Exile… ).

En résumé, c’est un très bel effort que nous ont offert Nightshade avec ce Wielding the Scythe, et quand on sait que cette galette est l’ultime offrande du groupe, il serait dommage de s’en priver. A recommander chaudement à tous les amateurs de musique heavy, mélodique et épique qui veulent redécouvrir une époque où death mélo rimait encore avec originalité, créativité et fraîcheur.

Sublime Cadaveric Decomposition : 2

Saturday, September 14th, 2013

Sublime Cadaveric Decomposition : 2Après un premier album proprement immonde (remarquez l’oxymore…) en 2001, revoilà nos bouchers de l’extrême parisien prêts à repousser une nouvelle fois les frontières de la barbarie musicale avec ce nouvel album sobrement intitulé 2. A voir le titre, on peut se douter que cette galette sera une suite logique de l’éponyme et qu’on ne risque d’y trouver ni claviers, ni chœurs épiques ni chants féminins, ni instruments folkloriques. Pas de doute, rien qu’à voir l’artwork, on barbote joyeusement en terrain connu, dans un lac de pus, de mucus, de tripes fraîches et de cadavres pourrissants : un foetus bouffé par les vers sur fond noir, le logo délicieusement cradingue du groupe, une tracklist réduite à sa plus simple expression (de simples chiffres pour nommer les pistes), une mention qui nous prévient qu’il n’y a aucun texte dans cet album, bref, pas de fioriture, on va droit à l’essentiel, aucun doute, ça va encore une fois dépoter sévère.

Et effectivement, pour dépoter, ça dépote : Sublime Cadaveric Decomposition, c’est de la boucherie à l’état pur, une barbarie musicale inouïe, une débauche de violence et de décibels ahurissante, mais le tout savamment joué et parfaitement contrôlé. Car oui, si le grind de Sublime est d’une sauvagerie débridée et proprement jouissive, touchant nos bas instincts et réveillant la bête qui est en nous, nous donnant envie de saisir une hache rouillée et de descendre dans la rue faire un carnage avec un rictus sadique aux lèvres, ce n’est pas pour autant un foutoir chaotique comme chez trop de groupes qui utilisent l’appellation gore-grind et un son immonde comme cache-misère, non, loin de là : ici, la maîtrise est totale, le contrôle parfait, et malgré les apparences, les Parisiens ne se laissent jamais déborder par leur musique.

SCD vous fout sur le cul avec cette maîtrise ahurissante, une assise technique assez impressionnante, surtout pour le style pratiqué, et cette espèce de groove imparable qui, malgré la violence de la musique, suinte par tous les pores de l’opus (et qu’est-ce que c’est bon !) : d’ailleurs, dans certains cas, on pourrait presque parler de « chansons » grind !

L’accordage bas et gras donne un côté tellurique et apocalyptique au tout, mais sur ce cd, il y a un côté indéniablement plus fun, groovy (qui ne s’imagine pas dans la fosse après 15 bières, un sourire béat aux lèvres, en train de pogoter joyeusement avec une bande de sauvages sur les titres 3, 9 ou 15 ?) et allumé (le départ sur les chapeaux de roue de la piste 4, les expérimentations « vocales » de la piste 11…) que sur la première galette, et les parties vocales, alternance de borborygmes porcins et de hurlements déments, proprement irrésistibles, se retiennent bien, formant parfois des parties que l’on chanterait presque sous la douche (Aaaaah, ce « refrain » sur la piste 2, ce petit couplet groovy qui débute la piste 7 !) !

Ceci dit, ne nous y trompons pas, on est quand même plus proche de groupes comme le old Carcass, Haemorrhage ou Rompeprop (même si le style de Sublime reste incomparable et bien plus violent) que d’ Ultra Vomit : sur 2, on découpe toujours autant de bidoche, on bouffe toujours autant de tripaille, on étale toujours autant de viscères, mais on le fait bien, avec un professionnalisme à toutes épreuves et un amour du métier qui font plaisir à entendre.

Car contrairement à d’autres groupes du genre, SCD est extrêmement précis et ne se contente pas d’envoyer un mur de guitares saturé pour cacher son manque de technique et/ou d’inspiration musicale. Les gars savent jouer et ils le font –relativement ! – intelligemment : on n’est pas dans le blast continuel, il y a des parties mid tempo plus lourdes qui font inévitablement headbanger, des passages dansants irrésistibles, et d’autres littéralement possédés et frénétiques.

Les riffs de guitare sont certes répétitifs (ça reste du grind…), mais audibles, la plupart du temps saccadés et surtout servis par un son massif, grave, gras, poisseux, vraiment écrasant (qui a parlé du début de la piste 10, avec sa lenteur morbide et poisseuse ?). Le débit (façon de parler puisqu’il n’y a pas réellement de paroles, juste un enchaînement de sons désarticulés et ignobles) est toujours aussi impressionnant et rajoute à la folie de l’ensemble, donnant l’irrésistible envie de s’éclater la tête contre les murs, surtout dans les rares moments où éclate cette voix hurlée complètement arrachée et malade, passages d’une schizophrénie intense avec la superposition des vocaux, comme sur les piste 8 ou 11!), complétant parfaitement l’ensemble destructeur que forment ces guitares grumeleuses, cette basse infernale qui rajoute une profondeur abyssale au son du groupe, et cette batterie marteau-piqueur complètement hystérique.

C’est lourd, c’est violent, c’est rapide, ça joue bien (il n’y a qu’à entendre les parties de batterie, bien plus subtiles qu’elles n’y paraissent, avec ces quelques passages de double en fond habilement distillés), ça donne envie de tout défoncer avec le sourire et d’aller découper quelques carcasses d’animaux dans la chambre froide du coin, pas de doute, Sublime Cadaveric Decomposition est de retour! 2 est peut-être plus carré et moins spontané que le premier essai, mais tout aussi excellent, et ne vous inquiétez pas, ça reste du grind méchamment barré à la folie débridée et à l’ambiance malsaine et d’autant plus délectable!

Et voilà, après une piste presque ambiant (!) à l’atmosphère lourde et inquiétante de presque 3 minutes (la plus longue de l’album, était-il seulement besoin de le préciser ?) fleurant bon la putréfaction,les mouches et les asticots grouillant, en 32 minutes, le tout est bouclé (et non pas torché, nuance importante en grind !).

On s’est pris claque sur claque, 22 mandales surpuissantes dans la tronche sans aucun répit, et on s‘étonne que notre tête soit toujours fixée sur nos épaules.

Alors, que retenir de cette boucherie sonore ? Bon, certes, c’est un peu répétitif (tiens tiens on n’aurait pas déjà entendu l’excellent gimmick vocal de la piste 16 sur la piste 2 par hasard ? Ah ben si, c’est presque exactement les mêmes lignes de « chant »), les riffs finissent par tourner un peu en rond et le son de la caisse claire peut irriter à la longue, surtout que franchement, ça martèle quand même sévère, mais bon, ne serait-ce pas le style qui veut ça ? Et puis, soyons honnêtes, les titres sont courts, intenses, headbangant, d’une puissance de feu imparable, et on n’a pas vraiment le temps de s’emmerder, on dérouille, on déguste, on mange et on ramasse, alors, que demander de plus ? Non, encore une fois SCD sublime (oh oh !) le genre pour nous sortir un concentré d’hémoglobine, de barbaque, de tripaille, de sueur, de bière, de foutre et de folie communicative, et renvoie jouer tous les pseudo groupes de gore grind extrême aux billes. Un must du genre, tout simplement, à posséder absolument pour tous les amateurs d’ultra violence musicale.

Angrenost (POR) : Planet Muscaria

Thursday, September 5th, 2013

Angrenost (POR) : Planet MuscariaLe moins que l’on puisse dire, c’est qu’Angrenost revient de loin : après une unique démo, Evil, parue en 1998, et bien accueillie par la presse spécialisée et le public de l’époque, le groupe portugais sombre dans un Coma artificiel suite au comportement autodestructeur et aux différentes addictions de son

leader et chanteur, Pursan, qui n’a alors pas d’autre choix que de mettre le groupe en veille pour se focaliser sur sa santé mentale. Après de nombreuses

cures de désintoxication et séjours en hôpitaux psychiatriques pour tenter de guérir de ses excès qui l’auront conduit aux frontières de la mort, Pursan parvient à se débarrasser de ses démons et insuffle une nouvelle vie à l’entité Angrenost dès 2010, avec un nouveau line-up, pour venir nous conter ses expériences chimiques et ses Visions de l’au-delà.

Planet Muscaria n’est donc ni plus ni moins que la retranscription sonore des troubles psychotiques de son géniteur, une expérience Intense aux frontières de l’au-delà marquée par la souffrance, la folie, l’angoisse de la mort ainsi que la pénétration éclairée des Secrets de l’autre monde. Entre trips cafardant, hallucinations morbides, folie auto destructrice, errements psychiatriques et voyages aux confins du trépas, la musique des Portugais est très hermétique et noire, une sorte de voyage halluciné qui nous convie dans les limbes glacées que Pursan a côtoyées.

Imaginez-vous après l’ingurgitation abusive de psychotropes, votre corps moribond entrant dans une profonde léthargie tandis que votre cerveau affolé lutte contre l’angoisse qu’insuffle insidieusement le poison chimique dans vos veines, vos membres paralysés par la peur, une sueur glacée vous inondant le front, enfermé dans le carcan horrifique de vos chimères les plus sombres et indicibles, voyageant dans le royaume maudit de vos peurs les plus intimes et inavouables, affrontant vos démons les plus terrifiants en un kaléidoscope brisé de visions fumeuses et cauchemardesques.

Imaginez-vous prisonniers d’une camisole, dans un labyrinthe de couloirs blancs et silencieux comme la mort aux murs immaculés, lobotomisé par des dizaines de pilules multicolores, en train de déambuler désespérément dans ce dédale aseptisé et désert à la recherche des bribes éparses de votre esprit disloqué, tentant désespérément de vous murer dans la paix béate et factice de ce bonheur artificiel crée par les drogues pour fuir la folie insidieuse des mille voix qui vous vrillent le cerveau.

Imaginez-vous plongé dans un coma artificiel, votre corps mort, votre esprit flottant dans l’infinie vacuité d’un monde parallèle inconnu, noir, glacial et terrifiant, à la recherche de l’infime lueur qui symboliserait le retour à la vie dans l’obscurité absconse des ténèbres, mais toujours plus attiré vers le fond de l’abîme par ces chuchotements troublants qui vous incitent à franchir le palier de l’au-delà pour vous abreuver de la Connaissance éternelle et vous rassasier de toutes les réponses aux questions existentielles, un voyage sans retour dans les terres désolées d’un nulle-part aussi fascinant qu’angoissant…

Voilà, vous y êtes, et vous pouvez à peu près mettre le monde psychotique et névrosé de Planet Muscaria en images. Evidemment, quand on parle de Near Death Experience, on ne peut s’empêcher de penser à Spektr, et force est de constater que la musique des Français et celle des Portugais présentent bon nombre de similitudes: ce côté ambiant angoissant et noir, ces bruitages indistincts qui nous plongent dans un univers inconnu où tout peut survenir, enfin, ce metal dissonant et hermétique à la limite de l’asphyxie, aucun doute, les deux combos nous enferment de façon similaire dans une spirale noire où folie, chizophrénie, errances, angoisse et espoirs avortés s’entrechoquent en un chaos bruitiste et angoissant.

De même, cet univers glacial et déshumanisé nous rappelle irrémédiablement l’épopée cosmique de formations telles Darkspace (ces hurlements démentiels, le côté froid et déshumanisé du tout, les parties ambiant aux sonorités étranges et cet aspect spatial tant apaisant qu’angoissant) et Apostasia (cette double ultra rapide et ce tapis de claviers cosmiques à l’atmosphère glacée et inquiétante sur INTraVeNUS), offrant le même genre de contrastes, un monde insondable et angoissant où le protagoniste recherche en une quête initiatique une paix intérieure que la vie humaine lui refuse. Comme les groupes sus cités, Angrenost nous convie dans un trip halluciné aux confins du réel, sorte de glissement sans fin dans les rêves sombres et hallucinés d’un cerveau psychotique, et la musique, illustrant la découverte progressive de ses angoisses, ses espoirs et ses chimères, est froide, mécanique, aseptisée, totalement déshumanisée. Citons également Diablerie qui évolue également dans un black indus’ post-apocalyptique, et soulignons l’étrange ressemblance entre le début de abSUMardUk

et le Oppression des Finlandais, même si le tout est plus lent, noir et oppressant ici.

Voix robotiques et complètement décharnées, claviers omniprésents aux ambiances lunaires, samples bruitistes aux sonorités indus’ et mécaniques et murs de guitares tantôt sombres et dissonantes, tantôt rapides et tranchantes comme des lames de rasoirs forment un monde opaque et hermétique dans lequel on s’enferme pour fuir le cauchemar sordide et insupportable de la réalité ou simplement pour

mieux se retrouver soi-même. La batterie, aux sonorités synthétiques, métronome infernal d’une régularité de machine, varie son jeu entre parties blastées et dévastatrices, tapis de double apocalyptique et plans plus lents et entraînants. Les guitares, formant un mur opaque se mêlant en un magma sonore aux claviers et aux samples, hypnotisent l’auditeur et précipitent l’immersion dans le monde malade et halluciné d’Angrenost.

Planet Muscaria sonne comme une alternance de plans calmes et cosmiques et de fureur black metal suffocante et anxiogène, une succession de passages ambiant pleins de mystère aux étranges sonorités robotiques et de dissonances metalliques maladives, une profusion de voix déshumanisées, tantôt graves et solennelles qui s’incarnent en de mystérieuses et inquiétantes narrations, tantôt hurlées et haineuses, le tout retranscrivant un dialogue schizophrène dans l’esprit dérangé de Pursan, ces voix résonnant comme les incarnations des multiples personnalités de son cerveau malade ou les différents personnages de son trip chimique, guides spirituels comme entités hostiles cherchant à l’égarer dans le gouffre sans fin de son inconscient tourmenté.

Vagues de sérénité et soudaines crises de démence, semi éclaircies et brusques

plongées dans les ténèbres les plus noires et suffocantes, béatitude chimique et bouffées anxiogènes, moments d’apaisement et montées de désespoir aigu, paix intérieure et perte totale de l’identité dans le multiple morcellement du moi, ces contradictions syncopées se succèdent pour retranscrire cette expérience intense, et cette immersion ne peut pas laisser l’auditeur indifférent. D’ailleurs, cette transe dans les méandres de la folie et aux confins de la mort n’est pas toujours dépourvue de beauté et peut se faire réellement envoûtante, conviant dans l’infini de sa vacuité à une sérénité éternelle, où la souffrance humaine disparaît, une ataraxie où la foule de questions insensées qui agitent et submergent notre cerveau anxieux s’interrompt en une quiétude salvatrice et

intemporelle (le riff majestueux et envoûtant à la fin d’acIdShIVa). Néanmoins,

la plupart du temps, ce sont les ténèbres et l’angoisse qui dominent.

Le tout n’est jamais long, d’une cohérence et d’une densité bluffantes, et se vit comme un long trip halluciné de 65 minutes dans les méandres de l’inconscient humain. L’album se termine dans un faux calme, sur ces notes de piano mystérieuses absorbées par le vortex bourdonnant d’un ailleurs indicible, et on ne sait pas si cela marque la fin du voyage ou le début d’un nouveau… Une expérience éprouvante mais d’une intensité hors du commun qui ne saurait vous laisser indifférent. A essayer absolument si une immersion d’une heure dans les limbes glacées et angoissantes de l’au-delà ne vous effraie pas, et si vous n’avez pas peur de vous y perdre pour toujours…