Archive for March, 2014

Enthroned (BEL) : Sovereigns

Monday, March 31st, 2014

Enthroned (BEL) : SovereignsIl faudra s’y faire, Enthroned a définitivement changé. Le temps du cultissime Prophecies of Pagan Fire est définitivement mort et enterré, et en quasiment 20 ans, les vétérans belges ont beaucoup fait évoluer leur son, opérant un changement important avec le départ de Lord Sabathan en 2006, un des membres fondateurs du combo. Sovereigns, dixième album du groupe depuis sa formation en 1993, ne viendra pas contredire cette tendance : lent, lourd, opaque, toujours aussi noir et ritualiste, mais moins porté sur les riffs et plus concentré sur les ambiances, le nouvel Enthroned affiche clairement une volonté d’évoluer, de diversifier son propos, et s’inscrit incontestablement dans une mouvance de black moderne, ésotérique et insidieux amorcée dès Tetra Karcist en 2007.

La galette s’ouvre sur des percussions tribales et des cornes de brume mortuaires qui semblent annoncer un rituel sataniste effrayant. Résonnent ensuite les premiers accords de Sine Qua Non, lourds, répétitifs et hypnotiques, très typés orthodoxes, cette corne de brume remplissant toujours l’espace sonore, et la batterie, lourde et moribonde, claque comme un tambour catatonique tandis que Nornagest, véritable maître de cérémonie, déclame ses versets démoniaques : le constat est étonnant, et ce début de morceau, extrêmement sombre et dissonant, nous dévoile un Enthroned qui semble avoir terminé sa mutation vers quelque chose de plus noir, occulte et rampant, s’éloignant toujours plus du black metal traditionnel. Les tempos se sont considérablement ralentis, les Belges ne semblent plus chercher le riff qui tue ou le break brise-nuque, jouant plus sur les ambiances et les contrastes, et évoluant désormais dans une sorte de fusion de black, de doom et de death inclassable enveloppée d’une atmosphère brumeuse à la profondeur troublante.

Rassurez-vous, les accélérations sont toujours aussi fulgurantes et maîtrisées, mais d’autant plus efficaces qu’elles se font plus rares. Néanmoins, l’alternance des rythmes confère un relief plus qu’intéressant à l’ensemble, et Enthroned n’oublie pas non plus de ponctuer les 9 morceaux de Sovereigns d’explosions complètement hystériques (le court solo complètement débridé à 4,10 minutes de Sine Qua Non, ou la fin démente de Of Shrines and Sovereigns au blast supersonique, aux guitares hurlantes et aux hurlements possédés).

Musicalement parlant, on n’est pas loin de Carpe Noctem ou des petits frères de Cult of Erinyes, avec ces changements d’ambiances et de rythmes, ces accès de violence subits, cette lourdeur dérangeante et poisseuse, ces arpèges déliquescents à la Dolorian, et cette atmosphère religieuse omniprésente : la musique est extrêmement rampante et insidieuse, et si les attaques frontales se font moins systématiques (le début furieux de Of Shrines and Sovereigns, les accélérations sporadiques de The Edge of Agony, qui alternent avec ce riff lent, spectral et mélancolique qui revient comme un leitmotiv dérangeant), ces 40 minutes n’en forment pas moins un rituel noir et sataniste extrêmement immersif.

Les vocaux sont vraiment variés, dans un registre black grave et puissant, mais parfois récités, chuchotés, appuyés également par de nombreux choeurs religieux. D’une manière générale, le tout sonne comme une cérémonie à la spiritualité dérangée et noire : les syllabes sont bien détachées, et les textes sont scandés comme une incantation maudite. Sur la fin de Of Feathers and Flames, on a même des vocaux hurlés à la limite du hardcore, surprenants mais en parfaite adéquation avec la beauté mélancolique de ce lead entêtant à la nette coloration post rock.

Evidemment, le son est excellent, sans quoi l‘immersion ne serait pas aussi totale : d’une profondeur et d’une lourdeur abyssales, avec une basse chtonienne, des guitares épaisses et puissantes, il ne laisse aucune chance à l’auditeur de s’échapper de cet Enfer délectable. Différentes sonorités plus ou moins diffuses et autres notes fantômes viennent emplir l’espace et s’insinuer sournoisement dans notre esprit brumeux pour mieux nous posséder et nous mettre à la merci du Grand Bouc. Ainsi, Lamp of Invisible Lights est une véritable litanie, lente, froide, implacable, avec ces riffs qui se répercutent à l’envi dans les profondeurs souterraines, et cette basse qui claque ses notes moribondes, ces mélodies vénéneuses et ces vocaux incantatoires et schizophrènes, s’achevant sur ce long passage à la limite de l’ambiant. Le contraste avec Of Shrines and Sovereings, qui nous prend d’entrée à la gorge avec un riff blasté ultra rapide et très mardukien, est juste ultime. Divine Coagulation, quant à lui, incarne à merveille l’essence d’Enthroned, avec ce mélange si envoûtant entre bestialité, profondeur mélodique, dévastation et blasphème, incarné par ce magnifique riff roulant sur ce blast hypnotique, et constitue une excellente synthèse de la carrière des Namurois.

L’album se termine sur un Nerxiarxin Mahathallah plus hypnotique que jamais aux très forts relents de Belphegor (le riff et le blast guerrier me font irrémédiablement penser à Fleischrequiem 69) grâce à son intensité rythmique très marquée, afin de finir cette messe noire dans une débauche de violence et de décibels.

Finalement, ce dixième album d’Enthroned s’inscrit comme une suite logique de la carrière des Belges, reprenant les bons côtés d’Obsidium et les améliorant très nettement pour un rendu plus atmosphérique, plus compact, plus prenant, plus liturgique, et plus explosif dans ses quelques accès de violence. Sovereigns est incontestablement une grande réussite qui plaira à tous les amateurs de musique noire, épaisse et réellement habitée, et finalement le combo belge peut disputer sans rougir aux Polonais le titre de Satanist ultime.

Pale Divine : Cemetery Earth (Re-recorded)

Friday, March 28th, 2014

Pale Divine : Cemetery Earth (Re-recorded)Pale Divine est un groupe ricain peu connu qui évolue dans un stoner doom poisseux et bien lourd comme il en sévit des dizaines au pays de l’Oncle Sam. Originellement, ce Cemetery Earth, troisième album de la formation, sort en 2007, mais il est réédité en 2013 avec la démo de 2006 jamais sortie comportant les premières versions de plusieurs titres de l’album plus quelques titres live pour une durée totale de 2 heures de musique. Voilà donc un beau produit pour découvrir le groupe, et nul doute que tous les amateurs de heavy doom lourd, poisseux et halluciné apprécieront.

Tout est quasiment dit dans l’intro, mais essayons de développer un peu quand même : Pale Divine propose un doom ultra classique parfaitement torché, avec un son à décoller le papier peint, une pointe psyché délectable merveilleusement rendue par des soli à rallonge gorgés de fuzzet de wah wah aux bons relents 70’s (Broken Wings).

Les influences sont plus que palpables et le groupe ne s’en cache pas, ne cherchant pas à faire dans l’originalité, son unique ambition étant de nous servir un bloc compact, solide et efficace. En ce sens, on peut dire que le pari est réussi. Entre morceaux bien heavy, décélérations doom écrasantes, avec cette basse toujours aussi grasse, et passages rock stoner et bluesy à la Monster Magnet (Soul Searching), Pale Divine alterne les rythmes entraînants et headbangants avec les passages plus lourds et poisseux rappelant des formations comme Pentagram. Il y a évidemment du Black Sabbath et du Trouble là dessous, et on ne va pas s’en plaindre.

Si la plupart du temps, le tempo se fait lent, les riffs lourds et plombés, on a tout de même quelques parties un plus pêchues où le tempo s’accélère en un mid bien cadencé, et sur lesquelles la voix s’éteint, laissant la place à la puissance instrumentale, portée par une basse qui claque bien comme il faut et des soli de guitares toujours très inspirés (le milieu de (I Alone) The Traveler). D’une manière générale, les titres sont longs, oscillant entre 5 et 11 minutes, ce qui laisse largement le temps aux riffs de tourner en boucle et à cette ambiance lourde, pesante et enfumée de prendre l’auditeur dans ses vapeurs lénifiantes. Mention spéciale au titre éponyme, bien rampant et léthargique avec ses 11,15 minutes, et ses soli à répétition, et à Fire and Ice, plus heavy, couillu et rythmé, balançant un riff bien appuyé par la frappe lourde de la batterie – tapage du pied et remuage de tête garantis ! -, pour un morceau certes un peu plus speed mais toujours très typé rock n’ roll.

La basse résonne et prend aux tripes, le son est extrêmement gras avec une saturation très forte et bien baveuse noyée dans la réverb‘, rappelant parfois presque un Electic Wizzards un peu moins glauque et halluciné (le début du titre éponyme avec ses grattes vrombissantes), et à certains moments, on se rapprocherait presque d’un grunge bien crade, lourd et plombé à la Alice in Chains/ Soundgarden (The Seventh Circle, The Conqueror Worm, qui clôt la galette), la voix plaintive et un brin nasillarde de Greg Diener qui sait se faire plus éraillée au besoin entretenant la ressemblance. Les vocaux ne sont certes pas exceptionnels, manquant un peu de puissance et de variété, mais le timbre du chanteur, chaud et rocailleux, colle parfaitement à la musique.

Concernant la démo de 2006, il n’y a pas grand-chose à ajouter : les morceaux sont quasiment les mêmes que ceux présents sur l’album, mais avec un son bien moins puissant et plus étouffé qui fait perdre une bonne partie de son aura à la musique des Américains. Restent les titres live, parfaitement exécutés, avec un son plus que correct et une belle énergie, notamment dans les parties un peu plus speed, qui dynamise des morceaux parfois un peu redondants sur album, et un Greg Diener très juste et bien en voix. Pas indispensables mais plutôt réussis.

Rien de nouveau sous le soleil de Pennsylvanie donc, mais les amateurs de belles envolées guitaristiques de psychédélisme 70’s et de musique plombée et poisseuse fleurant bon le goudron, le soleil du sud et les substances psychotropes apprécieront cette réédition à sa juste valeur: du bon gros son bien gras et lourd à déguster sans modération pour se faire plaisir sans se prendre la tête.

Vintergeist : Nemossos

Monday, March 24th, 2014

Vintergeist : NemossosIl n’y a pas grand-chose qui filtre sur la toile sur Vintergeist. Mis à part que c’est un one band de Clermont-Ferrand formé par Simon The Avernian, ex bassiste de Rein, en 2013, difficile d’en savoir plus sur le groupe en question.

Il faudra donc se contenter de ce que Nemossos, première démo autoproduite, a à nous offrir en guise de présentation, à savoir un black racé et mélancolique qui recèle d’indéniables qualités.

Dés Vestiges, bref titre de 2,28 minutes qui fait office d’intro, on comprend que l’accent sera mis sur les guitares : mélancoliques, oniriques, distillant des riffs limpides malgré la saturation indispensable au style, rehaussées par une basse langoureuse et parfaitement audible, elles nous ballottent agréablement dans un univers black mélodique aux doux relents post rock. Le début de Nemossos nous le confirme, avec ce riff roulant et mélancolique, mais le titre, plus long, est aussi plus diversifié, se chargeant bientôt d’arpèges dépressifs avant d’exploser sur une partie post rock d’abord, puis des grattes plus typiquement black et nordiques par la suite, avec une batterie (probablement une boîte à rythmes !) plus véloce, ne nuisant nullement au sens mélodique, mais lui conférant une agressivité bienvenue. Les riffs sont nombreux, toujours racés et relativement prenants, les tempi alternent, avec cette basse toujours bien présente qui ne se contente pas d’épouser les lignes de la six cordes, et ce titre éponyme est plus que correct, transpirant un certain feeling guitaristique très agréable à l’écoute même s’il souffre encore de quelques approximations, notamment dans les enchaînements et les transitions entre différents riffs.

Les morceaux s’enchaînent et forment un tout homogène, un black épique et mélodique, axé sur les guitares, jamais vraiment violent, malgré quelques moments de bravoure (la fin de SPQR, le début de Dévotion). Même s’il est moins atmosphérique, ce Nemossos plaira sans doute aux amateurs de Svarti Loghin, voire de Woods of Desolation (en moins saturé et planant quand même), avec qui il partage cette volonté de transporter l’auditeur dans des contrées lointaines et immaculées.

Le Barde Solitaire, plus rythmé et païen dans l’âme, avec ces riffs guerriers et majestueux sur lesquels la voix d’Arvernian s’incarne mieux, fait place à SPQR, s’ouvrant sur un riff hypnotique et sombre que ne renierait pas Nyktalgia. Les titres ne sont pas inoubliables, mais se succèdent parfaitement, se ressemblant parfois un peu, et, chose appréciable, augmentent en qualité, chacun possédant ses moments forts, pleins de noblesse et de grandeur où l’on est vraiment pris par la musique et où la magie opère parfaitement: ici un riff particulièrement entêtant et habité, là un lead lumineux surmonté d’un blast pour accentuer le contraste agressivité/mélodie (Dévotion), ensuite une partie lente et majestueuse enchaînant sur un passage plus véloce… Vintergeist parvient à nous transporter le long de ces 9 pistes, et les images qui défilent devant nos yeux sont variées, entre champs de bataille jonchés de cadavres, fjords neigeux et désertiques et forêts désertes où s’engouffrent les plaintes lugubres du vent…

Bien sûr, il y a quelques maladresses dans ce Nemossos, à commencer par ces vocaux grognés et rauques peu en adéquation avec la musique : là où une voix black très écorchée aurait était parfaite, agissant plus comme un instrument à part entière, on a ici une sorte de grognement death sans variation et qui manque cruellement d’émotion. Ceci dit, si la voix irrite sur les premiers titres, on finit par s’y faire à la longue. Autre point noir, le son : s’il permet bien de distinguer tous les instruments, il sonne trop amateur, trop lisse, pas assez compact, et fatalement, le tout manque de liant et perd en cohérence.

Musicalement, l’ensemble est bon, même si la galette présente quelques riffs encore un peu naïfs, des enchaînements pas toujours parfaitement maîtrisés, et quelques voix claires un peu fausses et malhabiles (Un Signe de Mission, Il Sombra Dans L’Oubli).

Ceci dit, force est de constater que pour un premier jet, cet EP, du haut de ses 54 minutes (quand même, on a connu bon nombre de full length moins longs, d’ailleurs, Nemossos aurait gagné à être un peu amputé La Fin d’Un règne, avec son long silence et sa piste cachée, étant plus anecdotique), constitue une bonne surprise et révèle une formation au feeling mélodique et à la sensibilité musicale plus qu’intéressants. Vintergeist est un groupe à découvrir et à suivre de près, et nul doute que si le musicien parvient à améliorer la qualité de son prochain enregistrement et à laisser son art mûrir un peu, on obtiendra un excellent premier album qui comblera à coup sûr tous les amateurs de black mélodique, épique et mélancolique . En attendant, rien n’empêche de s’enfiler ce Nemossos entre els esgourdes pour se mettre en condition!

Doctor Livingstone : Contemptus Saeculi

Thursday, March 20th, 2014

Doctor Livingstone : Contemptus SaeculiDoctor Livingstone, ce n’est pas le genre de groupes qui laisse indifférent. Doctor Livingstone, en fait, généralement, c’est soit on adore, soit on déteste et c’est le genre de combo à l’attitude extrême et provocatrice prenant un malin plaisir à bousculer le monde du metal et ses codes un peu trop figés à grands coups de déclarations fracassantes. Doctor Livingstone aime choquer et n’apprécie pas de passer inaperçu, Doctor Livingstone chie sur le public metal, une bonne partie du public metal chie sur Doctor Livingstone (ils sont catalogués en screamo, booooooouh ! ) et tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes (les Montpelliérains sont allés jusqu’à intituler leur premier album, sorti en 2007, « Notre niveau est trop élevé pour que vous, misérables créatures bipèdes pour lesquelles nous n’éprouvons que du mépris, puissiez porter un jugement à l’encontre de nos délicieuses créations », jugez plutôt!).

N’empêche qu’au-delà de cette attitude discutable, Doctor Livingstone, c’est avant tout quatre musiciens de metal expérimentés qui n’ont plus rien à prouver, avec entre autres un ex Muutilation au chant, et un batteur qui a déjà officié pour les ignobles services d’Arkhon Infaustus, Crystalium et Ad Hominem, rien que ça. Avant d’alimenter bêtement la polémique, il serait donc peut-être judicieux d’écouter ce que le combo a à nous offrir en matière de musique. Et là, gare à la claque. Doctor Livingstone, c’est quoi ? Sur le papier, un groupe de screamo fondé à Montpellier en 1998 et qui sort avec Contemptus Saeculi, signé chez les barges d’Osmose, son troisième full length. Oui, mais sur la galette en question, c’est bien plus complexe que ça. Doctor Livingstone, c’est froid, chaud, noir, glissant, poisseux, crade, rampant, protéiforme, mouvant, vicieux, inclassable, insaisissable. Doctor Livingstone, c’est un mélange des genres foutraque, un manifeste de musique extrême chaotique et déglingué qui se plait à malmener l’auditeur aux confins du hardcore le plus déstructuré (Marked By the Whip mélange l’agressivité d’un Kickback à la folie schizophrène et déstructurée d’un Converge), du black le plus sombre et poisseux (Negative Planar Entity), et d’un post rock éthéré(la fin du titre éponyme, à la Mogwaï, Onze, sorte de mélange bruitiste et improbable entre Gainsbourg et Fauve sur fond de post rock black) sans oublier ces passages groovy, lourds et headbangants qui parsèment l’album.

Ces chuchotements sombres, ces blasts hypersoniques indéniablement black qui fusionnent avec ces guitares bruitistes et lourdes, ces riffs ultra rapides à la suédoise (Starting the Fire, From the Bottom to the Grounds), ce scream suraigu et cette deuxième voix plus grave et malsaine, crachant ses mélodies tordues: le ton est donné, Contemptus Saeculi mêle le côté occulte du black et la fureur du core pour un résultat sans concessions, dont les deux premiers titres, Allegro Maestoso et Starting the Fire, très brefs et agressifs, sont un bon condensé.

Avec He Beneath the Scenery , Doctor Livingstone nous dévoile une facette différente, délivrant quelque chose de plus poisseux, sourd et insidieux, moins direct mais tout aussi dérangeant, créant une ambiance suffocante, malsaine et oppressante qui renvoie à l’idée d’étouffement. Ces blasts lourds et ces riffs impérieux à la majesté black sont vraiment du plus bel effet, et cette prolifération de voix ajoute à cette dualité schizophrène et dérangeante qui prend l’auditeur à la gorge. By Serpents est également lent et rampant, avec ce début particulièrement sombre et mécanique, aux riffs saccadés et aux vocaux désemparés, mais toujours aussi vénéneux et corrosif, vibrant de dégoût, de haine et de volonté de destruction palpables, vous menant toujours plus sûrement à la perdition dans ses méandres de notes claires obscures, sur ce refrain glacial et robotique mené par ce riff mélodique. La fin du titre est juste imparable, avec ces guitares hypnotiques à la beauté envoûtante qui vous happe et vous livre définitivement à la damnation éternelle.

Le, au clip magnifique et bouleversant, incarne parfaitement l’essence noire et décadente du groupe : commençant comme un groupe de DSBM, avec ces guitares lointaines et désolées, enchaînant furieusement sur ce mélange si réussi et apocalyptique de hardcore urbain et de black vomitif, oscillant entre beauté et fureur, habité par cette ligne de piano torturée qui nous entraîne au fond des abysses, à la fois incandescent et liturgique, frontal et rampant, assommant d’agression et quasiment insupportable dans ses lenteurs glauques et nauséeuses (ah, la fin du titre, avec ces cris déments, réellement flippant !), ce morceau incarne la quintessence de ce qu’est le cru Doctor Livingstone 2014 : un putain de millésime.

Musicalement, le tout est parfait, avec un batteur hallucinant et tentaculaire, des grattes très variées qui distillent des riffs tous plus excellents les uns que les autres, sombres, rampants, directs ou extrêmement catchy et mélodiques, la production est au poil, nous immergeant parfaitement dans cet ensemble noir, crade et poisseux, finalement, le seul petit bémol viendrait peut-être du chant : les vocaux auraient pu être plus travaillés, le scream manquant un peu de puissance et finissant par irriter sur la durée, et les voix claires proches de celles de Jean d’Aqme étant certes expressives mais manquant de profondeur et d’intensité par rapport à la folie de la musique.

A part ça, rien à dire : si on est un minimum ouvert et qu’on aime les mélanges de genres, Contemprus Saeculi est une bombe à posséder absolument. Finalement, c’est peut-être bien les Montpelliérains qui avaient raison depuis le début : Doctor Livingstone, ce n’est clairement pas pour tout le monde, les puristes n’y trouveront toujours pas leur compte et continueront à cracher sur le groupe, mais les quatre zicos s’en foutent, continuant à tracer leur propre chemin en dépit des modes et des étiquettes, et ceux à qui ça ne plait pas peuvent aller se faire foutre bien gentiment. Après tout, est-ce que ça ne serait pas un peu ça le metal ?

Cultfinder : Hell’s Teeth

Monday, March 17th, 2014

Cultfinder : Hell's TeethCultfinder est un groupe anglais qui se crée en 2010 et sort l’année suivante une très bonne première démo d’un bon vieux black thrash classique mais foutrement accrocheur. Deux ans plus tard, le groupe réitère avec un premier EP, Black Thrashing Terror, et en cette année 2014, les Britanniques nous gratifient du bien nommé Hell’s Teeth à la truculente pochette ( ce grand cornu en train de se taper un gueuleton de chair fraîche ça ne vous rappelle rien ?) qui annonce un black thrash direct et destructeur comme on les aime, ultra prévisible, certes, mais jouissif.

Que nous propose Cultfinder exactement ? Rien de bien novateur, certes, mais des compos solides et honnêtes, une musique rapide et délicieusement agressive dominée par un sentiment d’urgence omniprésent et une influence punk non négligeable ( Morbid Breed, avec ses larsens bien sales et ce rythme de batterie binaire qui enchaîne sur un riff simpliste et headbangant, le début de Drink to the Devil, avec ce riff typé crossover renforcé par une basse claquante et ce refrain fédérateur qu’on imagine facilement repris dans la fosse).

Les riffs sont simples et directs, pas de surenchère technique ni d’effets prétentieux, Rob Himself officiant seul à la six-cordes, la batterie, au son étonnamment sec et mat, donne un bon rythme à l’ensemble, alternant entre mid tempos et blasts, n’hésitant pas à donner du roulement quand il le faut et se fendant de temps en temps d’une petite partie de double pour alourdir le tout, et bien sûr, il y a quelques bons breaks des familles pour casser la linéarité et repartir de plus belle, généralement sur une partie blastée, histoire de relancer la machine, et on trouve également quelques passages plus lourds et headbangants proches du death ou à la limite du doom ( e long passage de The Devils Whore dès 2,50 minutes, la fin de Morbid Breed). L’excellent All Conquering Death condense le meilleur du groupe, avec cette entame imparable d’agressivité tous blasts dehors, ce refrain aux grattes excellentes qui restent en tête, ce retour sur le riff de départ, simpliste mais ultra efficace, et ce break lourd et sombre à 1,56 minutes qui épaissit l’ambiance et lui confère un délicieux parfum de souffre.

Musicalement donc, pas grand-chose à reprocher, à vrai dire, ce qui choque le plus sur cet EP, c’est la voix de Rob, pas vraiment adaptée au style, sonnant plus comme un croassement morbide désagréable et sans puissance. En fait, les éructations du frontman me font énormément penser aux accès poussifs de Sabathan, et ce n’est d’ailleurs pas la seule similitude avec le combo belge puisque le son de la batterie rappelle également celui des débuts d’Enthroned. Même atmosphère sombre et evil, même volonté de rapidité, de chaos et de destruction, mais toujours avec un sens du riff et de la mélodie qui fait mouche (Le début de The Scourging Angel, lourd et ambiancé, presque death metal, qui ne fait qu’intensifier la claque que l’on se ramasse après avec ce méchant riff black appuyé par ce blast bien rapide), la comparaison avec les vétérans wallons est finalement assez judicieuse même si les deux combos se distinguent assez nettement au niveau du style.

Hell’s Teeth est un EP tout à fait correct musicalement parlant donc, et qui satisfera sans doutes tous les fans de black thrash qui ne sont pas en quête de prouesses techniques ou de grande originalité. Ceci dit, la pilule risque d’être un peu dure à avaler pour ceux qui suivent le groupe depuis ses débuts, puisque l’enregistrement ne possède finalement que deux véritables nouvelles compos, All Conquering Death, The Devil’s Whore et The Scourging Angel – les meilleurs titres soit dit en passant ! – n’étant que des réenregistrements de la première démo de 2011, et Heathen Visions et Unholy Orders étant de courts instrumentaux ayant pour seul intérêt d’ajouter une touche occulte et d’introduire les bombes que sont All Conquering Death et The Scourging Angel .

Deux titres en deux ans, donc, Morbid Breed et Drink to the Devil, et qui plus est moins percutants que les autres morceaux réenregistrés pour l’occasion, autant dire que c’est un peu léger.

Certes, Cultfinder se la joue punk, mais là, la provocation frise le foutage de gueule indécent. Hell’s Teeth est peut-être un objet idéal pour découvrir le groupe, mais pour les fans de la première heure autant dire que l’intérêt de cet EP est quasi nul – reste la pochette… Vous voilà prévenus.

Et sinon messieurs, à quand un vrai album ?

Funereal Presence : The Archer Takes Aim

Sunday, March 16th, 2014

Funereal Presence : The Archer Takes AimFunereal Presence est un one man band américain formé en 2003 et totalement inconnu du grand public puisqu’il ne sort avec ce The Archer Takes Aim que son premier full length après un premier EP passé quasiment inaperçu en 2011.

Premier album en 7 ans d’existence, donc, voilà qui a priori laisse largement le temps de peaufiner un art musical riche et soigné et de retranscrire au mieux les visions morbides de l’âme solitaire qu’est Bestial Devotion.

L’artiste nous offre un black dissonant et sombre avec une influence assez forte de Darkthrone qui s’incarne surtout dans la noirceur primitive et incantatoire des riffs et les blasts moribonds qui roulent sans discontinuer dans un ciel chargé de lourds nuages sombres. Les guitares alternent entre passages entraînants très typés black n’ roll et riffs maladifs et sifflants qui se dissolvent sur la rythmique hypnotique. La basse se fait entêtante sur certains passages, rappelant Nehemah (le passage dès 2,37 minutes de The Tower Falls, Dämmerlicht), et le tout est indéniablement marqué au fer rouge par le sceau indélébile et maudit du true black traditionnel. Les passages les plus glaciaux, lents et dissonants peuvent quant à eux faire penser à des groupes comme Tenebrae In Perpetuum (l’intro du premier titre) ou The Arrival of Satan.

Quoi qu’il en soit, Funereal Presence ne se contente pas d’épouser complaisamment le minimalisme inhérent habituellement au style et de sonner comme un ersatz sans âme de Darkthrone comme il en pullule des dizaines : on sent que l’artiste met un point d’honneur à proposer une musique riche en offrant de nombreux changements de rythmes et d’ambiances pour affiner son art noir – bon, ça reste du true black, tout est relatif, hein… – et le premier titre, du haut de ses 12,29 minutes, propose un bon condensé de la vision musicale de l’Américain.

The Tower Falls est un titre dynamique et accrocheur qui sonne très norvégien, avec ce petit côté black n’ roll crasseux et blasphématoire, mais qui n’hésite pas à varier le propos, alternant arpèges décharnés aux relents d’ambiant maladif, furie blasphématrice, et envolées dans les confins d’une spiritualité noire et démoniaque (avec ces petits sons de cloche qui viennent conférer une touche mystique presque sacrée). Une autre particularité du groupe, ce sont ces chœurs clairs, lointains et évanescents, comme émanant d’un autre temps,presque baroques et assez inhabituels dans le style, qui ajoutent une aura de désespoir et de résignation supplémentaire à la musique s’il en était encore besoin.

S’ensuit The Archer Takes Aim, qui suit la même logique que le premier titre, tout aussi long, mais en plus répétitif et moins accrocheur, le riffing étant moins prenant, manquant de variations et de passages forts – malgré cet orgue funèbre qui ouvre le titre sur fond de guitares charbonneuses – et qui constituera le point faible de l’album, même s’il reste tout à fait correct.

Dämmerlicht commence alors sur quelques notes de guitare dissonantes aux mélodies inquiétantes avant de se poursuivre sur un riff basique et headbangant terriblement efficace, renforcé par les secousses telluriques de la basse et le roulement inlassable de la double. Le riff, répétitif et entêtant, se répercute sans fin, tandis que des stridences aiguës viennent se dissoudre dans ce magma en fusion pour conférer un côté ésotérique au tout. Ce morceau purement instrumental fera office d’introduction sombre et rythmée pour la pièce maîtresse de l’album, Gestalt des Endes, qui, du haut de ses 16,19 minutes, clôt magistralement l’album : tout y est, riffs primaires et headbangants, trémolos bien noirs et gorgés de feeling, chant bien arraché appuyé par ces choeurs fantomatiques, arpèges désolés alternant avec rythmiques dévastatrices…, ou comment finir l’album sur une excellente note.

Et voilà qu’en 4 titres pour 48 minutes, Funereal Presence a brillamment fait le tour de la question, déversant à la face du monde bien-pensant un true black bien noir et habité ne manquant ni de relief ni de subtilités musicales. Au rayon des reproches, on pourra déplorer un son un peu trop lisse et étouffé, qui certes sied bien au style, mais empêche une immersion plus totale dans l’univers claustrophobe du combo. De même, les parties de batterie sont souvent un peu simplistes, et ces échos sourds à la résonance synthétique sont assez irritants et donnent parfois l’impression que le musicien s’acharne sur un kit en carton. Mais honnêtement, on a vu largement pire dans le style, et si l’on accepte de passer outre un son tout de même largement passable, nul doute que The Archer Takes Aim saura séduire tous les amateurs de true black envoûtant, original et travaillé.

Une très bonne première réalisation, et une excellente surprise !

Fäulnis : Snuff || Hiroshima

Wednesday, March 12th, 2014

Fäulnis : Snuff || HiroshimaFaulnis, soit pourriture en français. On se doute bien qu’avec un tel patronyme, les Allemands ne risquent pas de verser dans le happy metal et que leur art musical se plaira plus à explorer le côté sombre de la psyché humaine. Et en effet, la pochette, au graphisme des plus primaires, arborant le logo du groupe et une photo de Seuche, chanteur, compositeur et multi instrumentiste du duo, noyée aux trois quarts dans l’ombre, annonce inéluctablement la couleur, ou plutôt la non-couleur : noir. Le côté sombre de l’homme, ses pulsions réprimées, ses frustrations contenues, sa folie latente, voilà quel est le programme de ce Snuff // Hiroshima, troisième full length de la formation teutonne depuis sa création en 2003.

Faulnis vomit une musique cafardeuse et morbide, empreinte d’une noirceur maladive et d’un dégoût de la vie palpable. On évolue souvent sur des mid tempos lourds qui laissent tout le temps à l’abattement et à la tristesse de s’infiltrer, et qui offrent aux plaintes glaciales et dépressives des guitares un bel espace d’expression, tandis que les parties plus rapides sont rares (quelques blasts sur Grauen et Weil Wegen Verachtung).

Certains riffs sont lents, d’une beauté froide et vénéneuse (le début d’Abgrundtief, la fin d’Hiroshima), répétitifs, roulant et se répercutant à l’infini dans l’espace vide et lépreux de ces grands couloirs blancs et hantés, développant les langueurs de leur désespoir implacable en des boucles hypnotiques rappelant parfois le DSBM (l’excellent riff de Paranoia). Néanmoins, on a d’autres passages plus lourds et saccadés, moins typiquement black, et Faulnis ose même quelques parties groovy et entraînantes, toujours auréolées par cette aura malsaine et glauque (le début de In Ohnmacht), si bien qu’on pourrait presque parler d’un croisement bâtard entre Lacrimas Profundere et Lifelover. Le tout est émaillé de quelques passages clairs et d’arpèges dérangés faussement naïfs (Distanzmensch, Verdammter !, Hiroshima), et de quelques notes mélodiques et salvatrices, maladivement belles, qui scintillent comme des étoiles maudites dans cet océan de noirceur et semblent nous indiquer la possibilité d’une paix intérieure dans la folie (Weil Wegen Verachtung, Atomkinderund Vogelmenschen).

Snuff // Hirohsima est plus un album de l’aliénation, illustrant la lente déliquescence de l’âme et la perte progressive des repères rationnels, qu’un manifeste de haine et de fureur. Ce lent glissement dans les sombres méandres de l’inconscient est guidé par une basse aux secousses lascives qui porte véritablement les guitares, sorte de glas funèbre qui achève l’immersion dans les limbes glaciales de ces errances psychotiques (Weil Wegen Verachtung, Durch die Nacht Mit), et, régnant sur ces symphonies morbides en véritable chef d’orchestre, Seuche nous gratifie de ses cris rauques et dérangés, trop humains, une voix sourde et désabusée, vibrante de rancœur et de fiel, tantôt chuchotée, plaintive ou hurlée, un peu à la manière d’un Kvarforth, et explosant en de véritables accès d’insanité lors des passages musicaux les plus intenses.

Vous l’aurez compris, ces 48 minutes ne transpirent pas la joie. A la manière de certains groupes de post rock, Faulnis joue avant tout sur l’impact émotionnel, s’appuyant très largement sur une superposition des guitares subtilement exploitée, pour nous immerger plus pleinement dans son univers de troubles mentaux, de dégoût de soi et de misanthropie.

Néanmoins, on ne sombre jamais vraiment totalement, et si l’ambiance de ces 9 pistes est très réussie, la démence géniale de groupes comme Shining, Lifelover ou Silencer est encore loin, et cette dépression-là reste somme toute relativement bénigne : d’une manière générale, la musique est trop simple, manquant de variations, avec des compos qui se distinguent assez peu les unes des autres, et des riffs qui ont une certaine tendance à se ressembler. Même si l’ensemble est très prenant, Faulnis est peut-être encore un peu trop sage, et malgré un talent évident et quelques passages vraiment habités (les hurlements à la fin de Grauen font froid dans le dos…), il manque encore un grain de folie pour faire de ce très bon album une œuvre indispensable à tout amateur de musique dépressive et dérangée.

En tout état de cause, Snuff Hiroshima reste une œuvre parfaitement réalisée, sincère et touchante, et dégageant une noirceur délicieusement vénéneuse et addictive. A recommander à tous les schizophrènes, paranoïaques, bipolaires et autres suicidaires.

Aksaya : Troisième Guerre

Monday, March 3rd, 2014

Aksaya : Troisième GuerreAksaya, vous ne connaissez sans doute pas, et c’est bien normal : composé de musiciens inconnus de la scène, le groupe se forme discrètement en 2013 à Montargis et sort la même année sa première démo 4 titres autoproduite, Troisième Guerre, à l’artwork sombre et industriel aux relents post apocalyptiques. La fiche SOM nous décrit la formation comme officiant dans le black death, et autant le dire tout de suite, à l’écoute de ces 16 petites minutes, on est plutôt circonspect vis-à-vis de cette appellation : ce qui choque avant tout, c’est la mauvaise qualité du son et le côté parfois amateur de l’ensemble qui viennent considérablement entacher une musique exigeante qui ne tolère pas l’approximation.

Ainsi, Brise Tes Chaînes, titre qui entame la galette, malgré la rage revendicatrice scandée dans ses textes et sa réelle volonté de bien faire en alternant les rythmes et les riffs et en proposant un morceau à la structure intéressante, souffre vite du syndrome de la première démo : premièrement, le son, vraiment amateur, n’aide pas à ajouter de la cohérence à l’ensemble ; les guitares sont ultra saturées et grésillantes, plus dignes d’un groupe de true black que d’un groupe de black death, la batterie a une résonance désagréable aux échos metalliques amplifiés qui deviennent vraiment envahissants lors des blasts et la double est bien trop sourde.

Ensuite, la compo en elle-même, si elle met en avant quelques passages sympathiques et un ou deux bons riffs, sonne parfois un peu brouillon, le son n’aidant évidemment pas, avec des transitions pas toujours très habiles. Et pour ne rien arranger, la voix n’est vraiment pas adaptée au style dont se réclame Aksaya, sorte de raclement de gorge black enroué et sans puissance et qui n’est en plus pas toujours en rythme avec la musique.

Bref, ça part mal, et vu comme ça, on pourrait croire au plantage total. Pourtant Prisonnier rehausse un peu le ton, avec une puissance accrocheuse et un rythme plus lent et lourd qui sied bien au groupe. La batterie semble plus en retrait et les guitares mieux mixées(ou est-ce que c’est juste qu’on s’habitue?), l’ensemble sonne plus cohérent malgré quelques passages encore approximatifs. Certes, le titre ne casse pas la baraque et les vocaux sont toujours un peu irritants avec quelques placements inadaptés, mais Prisonnier est un titre correct avec quelques passages vraiment prenants, des montées en puissance bien amenées et un mélange des genres black et death bien plus cohérent que sur le titre précédent.

Et c’est finalement sur le morceau suivant que le groupe de Montargis va s’illustrer, avec un excellent riff épique qui nous happe d‘entrée, proposant une sorte de black lent, épique et guerrier à forte connotation païenne à mi-chemin entre Absurd et Amon Amarth. Le morceau est vraiment entraînant, les guitares font mouche et ici, le son saturé d’Aksaya est loin d’être préjudiciable, enveloppant la compo d’une aura mélancolique portée par les stridences mélancoliques des guitares qui résonnent comme les plaintes lancinantes de ces Combattants perdus loin de chez eux. De même, Chris trouve un univers plus adapté à son chant écorché, et ces 3,24 minutes, malgré quelques faiblesses de jeunesse, sont une très agréable surprise.

Le dernier titre, Post Little Boy, malgré un thème plus moderne (Little Boy étant le nom de la bombe atomique lâchée à Hiroshima) reste musicalement dans la même veine épique et catchy grâce à ces guitares mélodiques et ces très bons riffs black.

A l’écoute de Troisième Guerre, on reste donc mitigé, mais une bonne impression persiste : si le groupe ne révolutionnera clairement pas le monde du death metal avec ses compos encore trop amateur et approximatives, il peut peut-être parvenir à s’imposer aux amateurs de black épique s’il continue à travailler dans cette direction. En attendant, Aksaya est visiblement un groupe qui se cherche encore, mais qui possède un réel potentiel. A suivre donc, et à confirmer sur un premier full length…