Chroniques de Julien

Toute l’actualité metal par Julien

The Agonist : Lullabies for the Dormant Mind

The Agonist : Lullabies for the Dormant MindEn moins de deux ans The Agonsit a fait de gros mais de très gros progrès. Le cap du deuxième album n’est jamais vraiment facile surtout lorsque vous évoluez dans un registre ou les stéréotypes ont la peau dure. Au lieu de se contenter de nous faire un Once Only Imagined bis, Alissa et sa bande nous proposent une marche en avant. Plus technique, mieux arrangé, plus varié ce Lullabies for the Dormant Mind est une vraie bonne surprise. Après l’écoute de ce disque ma comparaison avec In This Moment n’a plus lieu d’être, The Agonist fait la course en tête…..

Il faut dire que le titre d’intro, l’opener comme on dit, fait forte impression. D’entrer nous sommes pris à la gorge par une déferlante violente et par forcément prévu. Le chant le d’Alissa White-Gluz est plus agressif que jamais et l’ambiance est posée. Ce disque va envoyer le bois. Ca blast, ça se fait thrash, ça se fait death et osons le dire il y même de légères pointes black qui font leur petit effet. Grosse surprise donc car je pensais que le groupe allait lever le pied pour rentrer dans un moule plus commerciale. J’en vois qui rigole, c’est sur que le groupe va se retrouver catalogué « commercial » mais je pense que ça serait un peu trop réducteur.

Lullabies for the Dormant Mind est l’album ou tout est mieux qu’avant. On pourra cité aisément Danny Marino qui a du prendre des cours de guitare avec son tonton Franky (Frank Marino est le guitariste du groupe Mahogany Rush, qui n’est pas rien). Résultat des compos plus énergiques, un son mieux maîtrisé et des soli. Que se soit lors de ses cavalcades au médiator ou lorsqu’il s’éclipse un peu, sa dextérité et sa vista ont fait un grand bon en avant. L’autre gros plus c’est donc bien évidement Alissa White-Gluz. Elle est aussi à l’aise en growl qu’en chant clair. Sa capacité a enchaîné deux phrases en deux chants différents est impressionnant. Avant il fallait être deux pour faire ça, maintenant il ne vous faut qu’une fille aux cheveux bleus. Ses capacités vocales sont mises en avant mais l’important sur ce disque c’est qu’elle ne fait pas tout. C’est le méga gros plus mais derrière ça suit, d’où la grosse différence avec Once Only Imagined.

Bon parlons quand même un peu des compos. Dans leur ensemble elles vont a 200 à l’heure, il n’y a guère de temps mort pour se soulager les oreilles. Même sur les passages chant clair ça envoie le bois derrière. Certains trouverons ça pénible mais cette fois ci je me suis laissé embarqué dans se flot quasi ininterrompu de 40 minutes. L’utilisation légère de sample est très habile. Quelques notes de piano, quelques bruitages électroniques clairsemés un peu comme ce que l’on peut retrouver sur certains titres d’In Flames. J’ai également adoré le passage ou il n’y a que la batterie et le chant qui s’exprime, guitare et basse se mettant en retrait, ce la permet de donner un second élan à au titre. J’avoue également que j’ai été surpris par le manque de notion couplet/refrain. Sur la première écoute cela ma un peu déconcerté mais à la seconde j’ai adoré. Les titres partent d’un point A pour aller ver un point B sans regarder derrière eux. En lisant la track list vous avez sûrement remarqué la présence d’un bout du Lac Des Signes de Tchaikowski. Titre qui va poser polémique. Peut être un peu trop grothico romantique pour certains, mais en tout cas que l’on aime ou que l’on aime pas on ne peut qu’apprécier la prestation vocale d’Alissa White-Gluz. Chant très cristallin, surprenant quand on vient de se faire 7 titres ou sa envois le pâté. Car même si en chant clair la belle se défend bec et ongle il n’était pas dit qu’elle en avait autant sous le pied, bref une très belle démonstration.

Sur l’opus précédent je trouvais que le son manquait de cohérence par moment. C’est chose corrigés ici. Plus cohérent tout en restant varié, le son est bien gros comme il faut.

Un dernier mot sur la pochette vraiment très inspirée de Nathalie Shau, artiste dont il faut aller visiter le site internet

Une vraie bonne surprise donc avec un album plus brutal, plus personnel et tout simplement meilleur que son prédécesseur. J’espérais secrètement que The Agonist nous ponde un disque comme Lullabies for the Dormant Mind mais de l’avoir entre les mains c’est mieux. Il ne reste plus qu’a attendre le live pour en prendre plein les oreilles.

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Supersuckers - La Laiterie - Strasbourg

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Slayer : Decade of Aggression

Slayer : Decade of AggressionCette décennie d’agression thrash-metallique n’est pas achevée que certaines évidences s’imposent à la majorité des metalheads. Il en va ainsi de l’hommage unanime que les thrashers rendent avec dévotion à leur suzerain incontestable : Slayer est bien maître en son royaume, en ces premières années 90. Il a pour lui la légitimité des groupes fondateurs, grâce au redoutable Show No Mercy, dès 1983. Il repousse un peu plus loin les limites de la noirceur avec l’enchaînement Haunting the Chapel / Hell Awaits, à l’heure où ses principaux concurrents Metallica et Exodus bâtissent leur légende. Il fait front avec une rage ultime avec Reign in Blood quand les Dark Angel ou Kreator repoussent les limites de l’intensité et de la violence en cette année 86. A l’instar de Metallica et de son And Justice For All, il sait brillamment évoluer avant l’heure vers un univers plus lourd et suffocant, au travers du sous-estimé South of Heaven, tandis que le thrash vit son heure de gloire et connaît l’affluence maximum des nouveaux groupes en quête de gloire.

Surtout, quand son plus grand rival est sur le point de virer définitivement de bord en préparant son Black Album, Slayer se paie le luxe d’un album synthèse flirtant avec le sans-faute, Seasons in the Abyss.

En sept années, cinq albums et un EP non moins légendaire, les Californiens ont marqué le thrash metal au fer rouge, aucun concurrent ne pouvant afficher une discographie aussi prolixe que qualitative. Cela explique sans doute le débat toujours aussi vif pour statuer sur l’œuvre la plus marquante du quatuor.

Sauf qu’à vouloir à tout prix faire un choix définitif relève de la gageure, tandis que l’on oublie trop vite un aspect fondamental de la construction de la légende Slayerienne : sa force scénique démoniaque. Le groupe reprenant à son compte le terme allemand controversé Wehrmacht, littéralement machine de guerre, que les bienséants s’échineront stupidement à considérer comme une provocation idéologique, le fait est que la définition est définitivement taillée pour Slayer, tant ses shows dantesques viennent parachever l’œuvre destructrice d’une discographie impitoyable.

Aussi, à la question du meilleur album de Slayer, le groupe lui-même a sans doute apporté sa réponse la plus cinglante, avec la sortie du double live Decade of Aggression, en 1991, issu de la tournée mythique de Seasons in the Abyss.

Si l’exercice de l’album live fût bien souvent un passage obligé pour bon nombre de groupes, masquant ici des obligations contractuelles avec un label peu scrupuleux, là un moyen d’occuper l’espace et de gagner un peu d’argent lors de passages difficiles, Decade of Aggression est le fruit d’une logique implacable : Slayer triomphe là où il est le meilleur, à l’apogée de sa carrière.

Bien sûr, le parachèvement de l’œuvre nécessite la réunion de tous les ingrédients indispensables.

En premier lieu, et ce n’est pas toujours une mince affaire, la qualité sonore. Premier critère, premier coup de maître. Le rendu est absolument exceptionnel de clarté et de puissance, l’atmosphère titanesque du live jaillit à chaque note. On relève notamment un parfait équilibre entre la présence extra-musicale (le public est très présent) et la précision de l’exécution. Bien entendu, les musiciens sont à leur sommet : le duo Hannemann / King est irréprochable, écrasant tout par la puissance de ses riffs et époustouflant de maîtrise au niveau des soli, Tom Araya fait preuve d’un charisme et d’une autorité au chant qu’il n’a malheureusement plus dans ses prestations actuelles; quant au métronome Lombardo, il évolue sur une autre planète…

En fait, en comparaison des albums studio, le thrash metal de Slayer semble animé d’une force supplémentaire incontestable qui donne la chair de poule. Plus fort, plus vite, plus puissant, plus possédé, Slayer écrase tout sur son passage. Non content de ne déplorer aucune perte au niveau de la finesse des compositions des albums, chacune d’entre elle prend une teinte organique et viscérale bluffante.

Bien entendu, le deuxième ingrédient de l’alchimie vient d’une track-list qui frôle la perfection. On relèvera que la richesse discographique du groupe l’a obligé de fait à aller vers le format du double album, ce qui permet d’offrir un choix non moins cornélien de vingt et un titres tous aussi légendaires les uns que les autres. Pour aller plus loin dans la dithyrambe, même le positionnement des différents titres est exempte de défaut.

De l’intro rituelle par Hell Awaits, déjà quasi paroxystique dans la communion avec un public en fusion, aux enchaînements absolument démoniaques, Slayer sait y faire.

Il en va ainsi du terrible Mandatory Suicide, écrasant de puissance et de lourdeur malsaine, qui prépare copieusement le déchaînement cataclysmique de Angel Of Death, qui prend une toute autre ampleur que la version album, dès le cri déchirant d’Araya annonçant la tempête.

Il n’est pas question de se lancer ici dans une longue litanie égrenant les morceaux, la seule évocation de leur nom se suffisant à elle-même.

Si les morceaux les plus récents du redoutable Seasons in the Abyss bénéficient déjà d’une puissance de feu redoutable sur l’album, on note quand même l’effet titanesque provoqué par un War Ensemble ou encore l’atmosphère glauque et tourmentée du saisissant Dead Skin Mask. Toutefois, les effets dopants du live ont d’autant plus de prise sur les morceaux plus anciens. Déjà les titres Cultes de Reign in Blood (largement représenté sur les deux disques) trouvent un élan supplémentaire de puissance et de vitesse, mais lorsqu’on a affaire au « old stuff », là l’effet est bluffant. Par exemple, les morceaux Die By The Sword / Black Magic, bénéficiant d’une puissance qu’on ne leur connaissait pas, retrouvent une nouvelle jeunesse, et surtout mettent en évidence qu’en 1983, Slayer était bien en avance sur son temps…le tout s’enchaîne d’ailleurs avec un Captor Of Sin qui lui aussi prend une envergure incroyable.

Non, décidément, ce Slayer dopé aux anabolisants ne cesse de couper le souffle tout au long de ces deux disques, sans laisser le moindre répit. La transe n’est jamais loin, le headbanging frénétique fatigue les cervicales, vous êtes dans la fosse et tout vous invite à y rester furieusement. Et l’on voudrait que cette orgie de thrash metal n’ait pas de fin, tant chaque nouveau morceau provoque une excitation nouvelle. Quel pied…

Si jamais, par le plus grand des malheurs, on devait se contenter d’un seul disque de Slayer, en fait la question ne se poserait sans doute pas. Si Slayer a bien touché le sublime un jour, c’est sur scène, et nous avons la chance de pouvoir le revivre à l’envi au travers de ce double album.

L’apogée du Maître, après dix ans d’agression sonore.

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Vengeance (NL) : Soul Collector

Vengeance (NL) : Soul CollectorLa question risque de se poser assez rapidement, comment peut on croire en une musique que l’on ne crée pas. C’est un peu la question que j’ai envie de poser a nos amis de Vengeance. C’est vrai plus de la moitié des titres présents sur cette galette ont été écrit par d’autres. J’entends par la que les titres sont des originaux mais non écrit par le groupe qui fait gratte, gratte. OK quand le coup de pouce vient de Arjen Lucassen (par ailleurs ancien membre du groupe) ou encore de Matt Sinner il est difficile de dire non mais quand même…. De la personnalité que diable, surtout que ce fût déjà le cas sur le précédent opus du groupe. Bref ce n’est pas gagné pour retrouver la flamme présente sur Arabia…..

Au rang des bonnes nouvelles nous noterons le retour du guitariste Jan Somers qui revient avec son ampli et son propre son. Au moins le coté vintage est bien là et son retour fait du bien ce Soul Collector qui en a bien besoin.

Il n’y a qu’a voir le titre d’intro plutôt mou (comme sur le précédent d’ailleurs). Ca commence donc plutôt mal avec un titre écrit par le producteur de ce disque, Mister Voss. Quand je vous dit qu’on est mieux servi par soi-même il n’y a qu’a écouter « Wait until the sun goes down » pour comprendre. Ecrit par le revenant ce titre se montre plus à la hauteur statut de Vengeance. Plus entraînant ce titre montre clairement que le groupe en a encore sous la semelle. Bon OK le titre écrit par Matt Sinner marche plutôt pas mal mais l’ombre de Megadeth plane quand même au dessus du titre éponyme. En revanche le titre écrit par Arjen Lucassen n’est vraiment pas terrible. On dirait du sous-Arabia, quand on connaît le talent du bonhomme on ne peut que penser que c’est du gâchis. D’autant que son ambiance fait plus « arabe » qu’ »asiatique ». Avis personnel mais ça sent la plantade a ce niveau là.

Un autre a s’être un peu manger c’est notre ami Paul Sabu. On ne le présente plus mais en tout cas son titre au concept original ne fait pas mouche, trop classique a mon humble avis.

C’est a ce moment là que je choisi de lâcher le fameux « on est jamais aussi bien servi que par soi-même ». Les quatre derniers titres écrits par le groupe sont vraiment bien. Classique mais bien. « Dance » démontre toutes les qualités de chanteur de Leon Goewie. « Rock and roll band » est archi éclusé mais ça passe et « So many times » est carrément mieux écrit et péchus que ce nous avions eu auparavant. La balade « Lean on me » est chiante…..

Au final ce disque est assez moyen et reste dans toute droite la ligné de la musique proposé sur Back in the Ring. Le retour de Jan Somers fait quand même du bien au son de Vengeance. On notera tout de même que le fils de se dernier a intégré le groupe sans rien n’apporter de neuf. En espérant que le groupe fasse les choses par lui-même la prochaine fois afin de nous prouver qu’il en a encore sous le médiator……

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Evil One : Evil Never Dies

Evil One : Evil Never DiesOuais encore du Thrash à l’ancienne. Cette fois c’est un groupe français qui s’y colle et on ne boudera pas notre plaisir. D’autant plus que le groupe nous avait offert un premier opus pas vraiment dans la même veine puisqu’il y avait du chant death, des chœurs féminins et j’en passe. A croire qu’ils ont fouillé dans leur malle aux trésors et qu’ils y ont trouvé une veste à patchs. Bref ce Evil Never Dies c’est du gros, du lourd.

La grande, la très grande force de ce disque c’est sa grande diversité. Le fil directeur restera le thrash mais il y a des variantes plus ou moins speed, plus ou moins violente. L’ouverture se fait sur le titre éponyme qui gère d’emblée. Gros refrain, gros riff, tempo ajusté au poil. Ca commence plutôt bien. S’ensuit un tout aussi excellent « Thrashback ». Miam miam du riff, du solo vraiment bon. Pour bien faire comprendre ses influences, Evil One nous offre le très Metallica, « Feel the Pain » et le très Iron Maiden, « The Conqueror » . On leur pardonnera car franchement, ce titre sait se faire aussi bien rapide qu’agressif et posé. Il va s’ensuivre la petite pépite de la galette « Wounds of War ». Sur ce titre les chevaux sont lâchés et on ne les rattrapera plus. Franchement que le changement est bon par rapport au début du groupe. On les sent plus en phase avec eux-mêmes, j’ai une veste à patch et j’assume à mort.

Bon il va bien y avoir quelques choses à critiquer dans cet album, non ? On va dire un petit oui. Des titres commes « Contract in Blood » ne sont pas encore bien maîtrisés. Trop long, trop lassant. Mais il faut dire qu’après la folle cavalcade, ce titre fait un peu terne. On leur pardonne ? Bien sur que oui……

Il reste encore des choses à dire n’ayez crainte. On retrouve sur la galette une reprise d’ADX « Suprématie » avec en guest bah des gens de chez ADX justement, en les personnes de Phil et Betov. La classe. Autre guest et pas des moindres, monsieur Annihilator, Jeff Waters. Ce gaillard-là aura bien pesé sur l’album car en plus d’un petit solo, Monsieur a mixé la galette.

Tiens, tant que nous y sommes parlons un peu du son. Il est aux petits oignons. On peut reparler d’ADX deux secondes car ce Evil Never Dies a été enregistré dans le même studio que Division Blindée, à savoir le studio Walnut Groove de l’ex Carnival In Coal, Axel Wursthorn. En gros ça cartonne avec le mix de Jeff Waters, c’est un régal auditif

Un tout dernier point sur la ballade finale dédiée à Fab, bassiste de Evil One décédé fin 2007. Qu’il a du être difficile d’écrire ce titre et l’émotion l’emporte sur la compo. A mon avis indispensable.

Voila donc un bon album de Thrash qui fait du bien aux oreilles. Avec ce nouvel album le groupe peut partir à la conquête du courant Old school 80. Bonnes compos, bonne prod’, bon zicos, rien à dire de plus…….

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Grotesque (SWE) : Incantation

Grotesque (SWE) : IncantationPionnier du deathmetal dans la région de Gothenburg en Suède, Grotesque nait en 1988, sur les cendres de Conquest, autour du guitariste compositeur Kristian Wahlin et du growler Tomas Lindberg, adoptant respectivement les pseudonymes de Necrolord & Goatspell. Influencé par le blackdeath d’Hellhammer, Possessed, Bathory, Obscurity (Swe) ou Poison (Ger), le groupe ne tarde pas à lâcher son premier rehearsal, Ripped from the Cross, bénéficiant parallèlement d’une réputation sulfureuse croissante, et d’une forte aura occulte & satanique.

Complétant son line up avec le batteur Offensor (Tomas Eriksson), et livrant au passage sa première démo The Black Gate is Closed, le groupe se dirige en novembre 1989 aux Pagan Studios, pour l’enregistrement de six morceaux (dont une intro & un interlude), destinés à devenir la première moitié de son album prévu sur Dolores Records. Il faut alors attendre août 1990 pour la capture de trois nouveaux titres, lors de sessions se déroulant dans les mythiques Sunlight Studios de Tomas Skogsberg, ingénieur du son des précédents LP Sumerian Cry, Left Hand Path & Dark Recollections de Tiamat, Entombed & Carnage.

Pour des raisons obscures, le premier album supposé de Grotesque ne voit le jour fin 1990 chez Dolores Records que sous forme de mini LP, baptisé Incantation, n’incluant que deux titres des sessions de novembre 1989 (connues sous le nom de In the Embrace of Evil) et les trois morceaux d’août 1990.

Submit to Death & Blood Runs from the Altar, les deux titres les plus anciens, possèdent un côté deaththrash très spontané, basés avant tout sur l’incision des riffs de Necrolord, la rapidité des rythmes de batterie d’Offensor, et les cris arrachés de Goatspell, trahissant la forte influence de formations des eighties telles Hellhammer ou Obscurity (Swe).

En revanche, tout en restant dans la même lignée, les trois morceaux issus des secondes sessions sont plus techniques et possèdent une structure plus solide, permettant à Grotesque de peaufiner ses ambiances occultes, pour atteindre alors la quintessence de son art. Les riffs & soli sans pitié de Nocturnal Blasphemies & Spawn of Azathoth deviennent rapidement obsédants, supportés par les vocaux décharnés et les growls incantatoires de Tomas Lindberg. L’apogée est alors atteinte sur l’intemporel titre éponyme du mini LP, aux rythmes plus lourds et à l’atmosphère occulte quasi indescriptible, se hissant parmi les morceaux les plus emblématiques du deathmetal scandinave.

Enregistrement culte par excellence, mais bénéficiant malheureusement d’une distribution assez confidentielle, Incantation ne permet pas à Grotesque de rencontrer le succès de ses homonymes Entombed ou Carnage. Suite à des tensions internes, le groupe se sépare d’ailleurs peu de temps après la sortie du mini LP, Kristian Wahlin formant dans la foulée l’entité Liers in Wait (tout en continuant ses activités en tant qu’illustrateur reconnu), tandis que Tomas Lindberg rejoint les frères Björler au sein du jeune At The Gates.

Il faut alors attendre 1996 pour entendre de nouveau parler de Grotesque, lorsque le label Blacksun décide de réunir enfin l’intégralité des sessions de novembre 1989 & août 1990 au sein d’un même album, baptisé In the Embrace of Evil, en référence au premier des deux enregistrements. Cerise sur le gâteau, Wahlin, Lindberg & Eriksson se réunissent aux Berno Studios (Seance, Deranged) pour le réenregistrement de deux anciens titres oubliés, l’intraitable Ripped from the Cross & l’ultra culte Church of the Pentagram, parvenant brillamment à restituer l’essence noire & diabolique de la formation défunte, et rendre ainsi un dernier hommage à ce groupe mythique, acteur incontournable de la scène blackdeath scandinave de la fin des eigthies.

Fabien.

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Mr Jack : Jack n Roll

Mr Jack : Jack n RollLe revival Hard rock français 80 continue avec un nouveau groupe composé d’anciennes gloires. Ici c’est Vulcain et Hbomb qui sont a l’honneur avec Daniel Puzio à la guitare et au chant, Philty Garcia à la basse et Gérard Michel à la batterie. Autant dire que ça fleure bon le allstars band « fabriqué en France ». Pour ce qui est du contenu c’est assez simple. Du bon gros mid temps comme savait si bien le faire Vulcain, normal l’album est composé et interprété par le leader de Vulcain. Bref un bon vent de nostalgie souffle sur ce disque.

Vous aimiez le riff à la « Le Soviet Suprême », et bien vous aurez tout bon avec ce disque. Du mid tempo bien railleur avec un chant intact. Je sais que la description semble un peu réductrice mais c’est la stricte vérité. Cela veut il dire que ce disque soit un mauvais disque, la balle est dans votre camps. Pour ma part j’avoue avis pris du plaisir a entendre de nouveau ce sens du riff. Pourtant il y a quand même quelque défaut sur cet album. On va commencer par le coté négatif pour changer un peu. Les refrains ne sont pas transcendants, loin de là. On sent bien que les textes ne sont pas très recherchés et on frôle parfois le niaiserie. Au hasard « Appuie sur On », excellent couplet, refrain assez mauvais. Ce titre n’est pas le seul a souffrir ce de syndrome mais c’était déjà le cas par le passé et pourtant cela n’empêchait pas le groupe de bien fonctionner. Penser par exemple a « Fuck The Police », no comment….. L’autre point négatif et après on parlera en bien de ce disque c’est son son très roots. Pour vous donnez une idée assez concrète de sa « qualité », le dernier vulcain était mieux produit, c’est dire….. Il manque clairement ce puissance sur certains passage notamment les soli ou la seul la basse/batterie résonnent…..

Allez nous en dire du bien maintenant. Comme dit plus haut la qualité de ce disque réside dans ses riffs très Vulcain mais apportant quand même une touche de nouveauté dans le registre de Daniel Puzio. Mention spécial au titre qui arrache le plus « Duf Car » même si il y a des relents de Trust dedans. L’efficacité des titres réside dans sa charnière autour d’un bon riff singulier. Chacun d’entre eux a sa marque de fabrique et le bon Daniel s’en donne a cœur joie. Pour les aficionados de Vuclain vous pourrez jouer au « de quelle période se réfère ce titre ». Même si dit comme ça, cela paraît être un point négatif c’est au contraire un gros plus. Vulcain n’est plus, ses membres étant éparpillés comme par exemple Marc Varez qui a rejoint Satan Jokers. Le siège de Vulcain est vide, Mr Jack prend la relève.

Au final un disque qui souffre de quelques défauts mais en même temps il est bien agréable a plus d’un titre. Dans la la vague revival, ce premier Mr Jack se place quand même dans la haut du panier. Il ne reste plus qu’a envoyer le bois en live…….

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The Answer : Everyday Demons

The Answer : Everyday DemonsThe Answer avait fait partie des très grosses sensations 2006. Son premier album Rise a été un vrai carton et ce à juste titre. En effet, ces quatre Irlandais nous proposaient ni plus ni moins qu’une version du XXIéme siècle de Led Zeppelin. Les superlatifs tombaient les uns après les autres, la folie The Answer est en route. Les mauvaises langues diront donc que plus dure sera la chute, mais faut-il encore que le groupe chute. Ca ne sera pas le cas ici, Everyday Demons étant le parfait successeur de Rise et le bonheur à l’écoute est assuré.

L’album s’ouvre sur le très catchy “Demon Eyes”. Tous les ingrédients sont là pour nous rappeler Rise et surtout un côté très 70’s qui fait chaud au cœur. Gros refrain, grosse envie et surtout grosse prestation de Cormac Neeson. On ne va pas dire qu’il porte l’album à lui tout seul mais il faut bien lui accorder un certain crédit. Son côté Robert Plant fait merveille. Sa voix puissante et éraillée n’est pas sans rappeler celle du leader de Led Zep mais il arrive à garder cette pointe d’originalité qui fait la différence. Pour l’avoir vu sur scène, son déhanché n’a rien à envier à celui du bon Robert.

Le voyage dans les 70’s se poursuit avec des titres comme l’excellent “Too Far Gone”. Idem avec le pachydermique “On and On”. On peut se demander si le groupe n’est pas venu dans une machine à voyager dans le temps. J’exagère un peu car le groupe sait emprunter à notre bon vieux XXIème siècle (ne serait-ce que le son). Si ces titres vous ont trop décoiffé, il y a aussi du mid tempo assez tranquille comme l’excellentissime “Cry out”. Rien à redire, calé dans son canapé, ça le fait sans forcer. L’un de mes favoris va probablement être “Why’d You Change Your Mind”. Un mix entre la force tranquille et la force brute. Comprenez par là que le groupe alterne entre un couplet hyper groovy et paisible et un refrain tonitruant qui fera se secouer toutes les tignasses de rockeurs du monde. Un bel exemple de complémentarité.

Dans la veine très Led Zep aussi il y a “Pride”. Boujour la dose d’éther sur le refrain mais que c’est bon de se laisser porter par une musique si mélodique et si accrocheuse. Le disque se déroule donc sans à-coup avant les deux dernières flèches. “Dead of the Night” très énergique qui fera là aussi travailler nos nuques et l’archi bluesy à mort “Evil Man”. Mention spéciale pour ce dernier qui marque avec brio la fin de cet album sans concession aucune.

Annoncée plus haut, la qualité du son est bluffante. John Travis (Sugar Ray) a fait un travail remarquable. Le son qu’il propose est en parfaite adéquation avec la musique de The Answer. Bien épais, 70’s sans faire ringard, la basse prenant le parti de la guitare, bref, magique.

Si vous aimez Led Zeppelin et Black Stone Cherry, ce disque est donc bien pour vous. Accrocheur, vintage, proposé par d’excellents musiciens et un chanteur épileptique, Everyday Demons est et sera un disque qui fait date. Reconnu par la profession (ils font la première partie d’AC-DC, rien que ça), et unanimement salué par la critique, ce disque est une perle, en un mot comme en cent, achetez-le, vous en prendrez plein les oreilles !!!!!!!!

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Lacuna Coil : Shallow Life

Shallow LifeKarmacode avait été clairement l’album de la discorde. Les fans des débuts avaient criés au massacre (a juste titre), et d’autre avaient adorés le coté très néo de ce dernier. Bref dès qu’une groupe grossi c’est la dissension et je n’étais pas le dernier a critiquer ce fourvoyé. Avant même d’avoir écoute Shallow Life j’avais donc de gros doute quand a la capacité de Lacuna Coil de nous refaire un album digne d’être le successeur de Comalies. La collaboration entre les italiens et le producteur Don Gilmore (Linking Park, Avril Lavigne) ne m’inspirait guère plus et mon stylo a faire un trait définitif était prêt a faire un malheur quand l’improbable se produisit……

……Pas dans un premier temps mais dans un deuxième. Je place donc ce Shallow Life dans ma platine et là c’est une voie très enfantine, limite flipante qui résonne. J’avais vraiment l’impression de me retrouver dans un album de ETHS (constat malheureux déjà fait sue Karmacode), s’en suit un riff très néo. Mon stylo vengeur était levé et prêt a tracer ce trait définitif quand ma conscience m’a rattrapé. Zappons nous verrons bien. « I Won’t Tell You » arrivera a point nommé pour faire la balance, j’ai enfin retrouvé le groupe comme je l’avais laissé 2002. Ce n’est pas le titre de l’année ni le meilleur mais il permet de mieux appréhender la suite de l’album. Je fais un zapping rapide et je me relance donc dans l’écoute attentive et passionnée de ce disque.

« Survive » ouvre donc ce Shallow Life » avec un petite mélodie de comptine assez sombre avant de se prendre un gros riff bien néo mais tout fois assez différent de qui était présent sur Karmacode. Le style est là mais je comprends mieux ce que Cristina veut dire en définissant cet album comme un mixe entre l’ancien Lacuna Coil et le nouveau. Néo certes mais le son fait preuve d’un coté très sombre très viscérale qui n’était pas présence sur l’opus précédent, fade et sans relief. Surprenant, le chant d’Andréa ressort plus, ce qui confère un coté très dynamique à un titre qui au final se révèle assez catchy. Il faut aussi le dire sans plus attendre, les titres a sonorités très néo ne sont la légion sur Shallow Life ce qui contribue a une plus grand variété et surtout évite à l’album de tourner en rond. Si « I Won’t Tell You » m’a donné envie de continuer l’écoute c’est bien par la présence de grosses guitares et d’une vrai volonté de montrer autre chose qu’une vulgaire groupe de néo. Le résultat est donc convaicant. « Not Enough » présente un refrain emprunt d’une émotion certaine qui montre bien que la belle italienne en a encore sous le pied. « I’m Not Afraid » est le deuxième titre très néo de l’album. Sa filiation au niveau du refrain avec certain titre de Linking Park est flagrante mais pas pour autant désagréable. C’est sur que ce n’est pas le gros tube mais dans un ensemble hétérogène ça passe plus bien et il risque fort de cartonner en live. « I Like It » joue a fond la carte de Cristina avec un intro bien ficelé, un riff de qualité. Mais pour moi le gros tube de ce disque c’est « Underdog ». D’emblé le groupe nous scotche avec une excellent riff, le refrain emmené par Andréa est repris en second par Cristina est autant astucieux qu’excellent. A L’instar d’un « Swamped » ce titre montre le grand retour en forme d’un groupe qui s’était égaré le temps d’un album. De toute façon a partir de ce titre il n’y aura plus rien a jeté que ce soit la magnifique balade ou Andréa s’éclipse pour que Cristina fasse feu de tout bois ou bien les soli proposés, pas virtuoses évidement mais bien encrés dans des titres assez heavy, Shallow Life fait le boulot.

Nous allons quand même revenir sur deux points qui me paraissent importants. Le premier c’est le retour en grâce des ambiances. Ce coté assez sombre qui fait que quand les titres parlent de choses graves, les 10 premières secondes nous le montrent bien. Cristina l’a dit il y a des choses grave dans cet album et des choses plus légères. Les ambiances nous le montrent bien. Samples , piano tout est impeccable. Le deuxième point c’est une efficacité retrouvée. Jugez plutôt, 12 titres pas un seul ne dépasse les 4 minutes et pourtant les titres sont très complets avec ambiances, couplets/refrains, breaks et même parfois des soli. Ce n’est pas sur Karmacode ou on tournait en rond indéfiniment.

Bon il y a encore un autre point mais il apparaîtra de lui-même. Cristina s’est clairement arraché pour nous proposé un palette vocale très variée. Elle peut aisément passer d’un registre assez pop légère a un chant plus heavy tout en restant dans une émotion de tous les instant. Pour preuve la balade ou elle doit faire face toute seule. Sa complémentarité avec Andréa est vraiment mise en avant. La cohésion est excellente et le dynamisme des titres s’en trouve accentué.

Je parlais de Don Gilmore et du studio californien ou l’album a été enregistré. J’avais très peur que le son ne perde de sa chaleur. Rien du tout, son y est excellent et la aussi on comprend mieux leur choix.

Voilà donc ce à quoi aurait ressemblé Karmacode. Du Lacuna Coil qui a mûrit avec un gros son qui décoiffe. Il aura fallu attendre 7 ans avant que ça n’arrive mais c’est arrivé c’est déjà ça. On a vu des groupes attendrent 17 ans avant que ça ne revienne (qui a soufflé Metallica), la ce fût juste le temps d’un septennat. Autant une bonne surprise qu’un bon album. !!!!!!!

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Mantic Ritual (USA) : Executioner (Re-Recorded)

Mantic Ritual (USA) : Executioner (Re-Recorded)Après la vague metalcore US voila la vague thrash old school 80 US. Je préfère largement cette vague-là même si l’on ne pourra pas s’empêcher de faire la comparaison avec les illustres pères fondateurs du mouvement, Metallica et Slayer en tête de gondole. Mais bon, ça me fait toujours plaisir d’entendre une bonne cavalcade de guitare donc je ne vais bouder mon plaisir.

A l’origine, le groupe se nommait Meltdown mais pour des raisons évidentes de droit le groupe opta pour Mantic Ritual. Signé chez le géant allemand, le groupe nous propose ni plus ni moins que le réenregistrement de leur premier opus, Executioner. Titre classique à souhait mais qui a le mérite de montrer clairement ses origines…….

D’entrée de jeu « One By One » nous plonge dans un univers très proche de celui de la bande à Hetfiled. Thrash assez speed dans la plus pure tradition de Kill Em’All. C’est bien fait mais la similitude est bien trop flagrante pour ne pas la remarquer. Bref, il ne faut pas se limiter à ce simple titre car la suite sera éminemment plus inspirée, mais ce n’était pas difficile. Des titres comme l’éponyme ou encore « Black Tar Sin » place la barre plus haut. Certes, il y a des relents de Slayer ou même par moments d’Anthrax mais dans l’ensemble, les riffs sont assez rafraîchissans. Cela vient peut être du fait que le groupe mélange bon nombre d’influences. Ainsi le chant se fait parfois plus death et la rythmique elle aussi varie afin d’apporter un peu plus de contenu à ce premier album. « Black Tar Sin » cité plus haut est probablement le titre le plus abouti de Executioner. Pas mal de variations, grosse présence de la batterie ; un titre qui risque fort de faire un gros carton. Dans la mesure où les Four Horsemen ont été cités, on peut également constater que les soli sont de bonne facture mais très inspirés par le Kirk Hammett des débuts. Donc de bonne qualité mais parfois déjà entendus ou tout du moins ils font penser à du déjà entendu. Un peu dommage car leur utilisation est vraiment bonne.

Le chant est un gros point fort de cette galette (sauf sur un titre mais on le garde pour la fin). Très live comme vision du chant, on sent bien que l’ami Dan Wetmore est à 110% tout le temps. Son alternance entre chant thrashy traditionnel et chant death fait mouche. On aurait limite l’impression qui va s’étouffer tant il est intense mais ça reste toujours impeccable.

L’autre très gros point fort de cet album c’est la qualité de sa production. C’est l’équilibre parfait entre les sonorités des années 80 et la qualité des productions actuelles. En gros, le son y est clair et puissant mais assez classique. Dommage que la basse ne soit pas plus renforcée mais malheureusement cela arrive assez souvent.

Bon, le point pas terrible, terrible de l’album c’est la reprise de Scorpions « Blackout ». Certes elle est très bien exécutée mais le chant n’y est vraiment pas terrible. Il aurait peut être mieux valu le hurler, le rendu aurait été à coup sûr meilleur. Ou encore mieux ne pas faire de cover et nous offrir un autre titre dans la lignée de « Black Tar Sin » (ou un cover plus thrashy)

Voilà un premier album très prometteur pour un groupe qui maîtrise déjà son sujet. Bien en place, parfois inspiré, Mantic Ritual nous propose donc un bon moment très vintage. A conseiller à tous ceux qui ont adoré Warbringer et autre Evile !!!!!!

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