Chroniques de Julien

Eyehategod : Preaching the End-Time Message

Eyehategod : Preaching the End-Time MessageQuelle fausse joie que la sortie de cette nouvelle compilation de Eyehategod. Enfin fausse joie façon de parler car il est toujours plaisant d’avoir du nouveau matériel a se mettre sous la dent mais c’est vrai que depuis Confederacy Of Ruined Lives en 2000 il n’y a pas eu de nouvel album dans les bacs. C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je mettais lancer dans l’écoute de cette galette qui présente pas moins de trois nouvelles compos (certes à l’états de démos) mais qui devraient figurer sur le nouvel opus du groupe (prévu en cette année 2010, soit 5 ans plus tard). Il faut quand même préciser qu’entre prison pour les uns, Down pour d’autre et la création de tout un tas de nouveaux projets (Outlaw Order en tête), Eyehategos n’a vraiment pas été épargné. Du coup ce Preaching the End-Time Message arrive comme le messie qui nous sauvera des pensés pures et bien pensantes. NOLA RULES

Au menu donc de cette troisième compilation, des titres émanant de différents split, du live relativement récent et trois nouveautés qui n’inspire qu’un avenir putride a tous nos congénères. Le premier titre de cette galette « Amphetamine » est une version dite alternative de celle préexistant et datant de 1993. Certes il faut avoir le compilation Cry Now, Cry Later vol 1 et c’est pas chose facile mais bon. « Serving Time In The Middle Of Nowhere » fait partie de la BO du film Gummo. Et oui la musique d’EHG a servi pour un film et autant vous dire que ce film est un grand n’importe quoi a l’image de musique. C’est crade, sans moralité et le scénario a du être pondu par un mec imbibé au mauvais bourbon. En somme un régal. La « Sabbath Jam » est un régal et montre a quel point les mecs en ont sous les doigts malgré une désinvolture caractéristique. « Hand Of Doom » est tout simplement suintant, groovy a mort et marqué au fer rouge par l’empreinte sale d’EHG. Le son y est assez rond ce qui est étonnant a vu de la façon d’enregistrer, mais bon il fallait réussir à se procurer In These Black Days A Tribute To Black Sabbath vol 1, fameux split avec Anal Cunt de 97 pour l’entendre, voici la chose simplifié avec cette compilation.

« Age of Bootcamp » nous sort enfin des années 90 avec un split plus récent datant de 2002 avec Soilent Green. Que dire si ce n’est qu’il un visage tout aussi poisseux et nauséabond que ces frères du siècle précédent. L’aventure spatiotemporelle continue avec cette fois un autre titre issu d’un split encore plus récent avec Cripple Bastard. La finesse est de mise avec « I Am The Gestapo ». En gros c’est un coup de bambou sur nos petites têtes.

Le plus réjouissant vient ensuite avec le live et les nouvelles démos. Il faut dire que les deux titres enregistrés au pays du soleil levant font partis des meilleurs du compos du groupe. « Jackass In The Will Of God » et « Revolution / Revelation ». Bon les propos du révérend Mike sont toujours remplis de bourbon et vomissements mais en live l’intensité est décuplée et c’est un véritable rouleau compresseur. LE son de mister Bower est colossal et brise la nuque de ces pauvres japonais (et le notre par la même occasion). Le son y est bien meilleur que sur 10 years of abuse mais ce n’était pas dur a faire.

Il ne reste plus que les trois titres en version démo que la légende veut enregistrer le même jour a l’arrache. Le son va dans ce sens avec des guitares baveuses, une batterie cradingue et un chant typiquement Williams. Du Eyehategod pur jus quoi. « International Narcotic » et « Turn Troubled Tables ». Le second est particulièrement bluesy en adéquation parfaite avec ce que l’on avait pu entendre sue Confederacy Of Ruined Lives. Juste un pur moment ou le monde s’arrête de tourner pour nous laisser le temps de vomir avant de repartir pour un tour. « 36 Beers And A Ball Of String » ressemble plus a un four tout sans queue ni tête. Effet voulu ou non il faudra attendre la version définitive pour juger.

Cela fait déjà 5 ans que le groupe nous fait patienter avec cette compilation et il serait temps de s’y mettre. Reste que ce Preaching the End-Time Message est un excellent disque qui ravira tous les fans du groupe qui se languissent en attendant la finalisation des titres en version démos. Vivement la suite !!!!!

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Rob Zombie : Hellbilly Deluxe 2 : Noble Jackals, Penny Dreadfuls and the Systematic Dehumanization of Cool

Rob Zombie : Hellbilly Deluxe 2 : Noble Jackals, Penny Dreadfuls and the Systematic Dehumanization of CoolEnfin notre bon Rob Zombie daigne nous offrir son nouvel album. Trop occupé avec le remake d’Halloween, ce dernier l’a gardé au fond d’un tiroir pendant près d’un an. Frustrant mais en même temps l’on y retrouve bien ce qui fait la grande qualité du bonhomme. Il ne voulait pas presser les choses en assurant mal la promo de son nouveau petit bijou Hellbilly Deluxe 2 – Noble Jackals, Penny Dreadfuls and the Systematic Dehumanization of Cool (c’est clair que si vous faites un blind test et que vous devez trouver le nom complet de l’album, vous n’êtes pas rendus). Bref, avec un tel nom ça sentait soit le réchauffé, soit le plan marketing de mauvais-goût ou soit un nouveau départ. Heureusement pour nous il s’agit du troisième choix, avec cette « suite », l’on retrouve un Rob Zombie en pleine forme et avec une sérieuse envie d’en découdre.

Cette seconde jeunesse vient probablement de la manière de composer cet album. Fini les petits plaisirs solitaires, Robert Bartleh Cummings a fini par travailler en groupe. Il pousse même le bouchon en désignant John 5 (ex-Manson) comme son bras droit indispensable. Ses propos vont même plus loin en traitant ses ex-guitaristes de médiocres. Enfin l’avantage étant que les guitares sont bien en avant renforçant ainsi le coté heavy des compos.

Avec cette mise en bouche « sur papier », il ne reste plus qu’à enfourner la galette dans le mange disque. Passé une intro pimpante et surtout pompée sur un groupe de coté ouest, nous voilà face à « Jesus Frankenstein ». Tout y est. Comme prévu les guitares sont bien mises en avant et jamais le rendu d’un disque de Rob Zombie (et pas White Zombie, qu’on soit bien d’accord) n’aura été aussi bon. Idem pour le titre qui suit « Sick Bubble-Gum » dont le refrain ultra stéréotypé fait merveille. « Rock Motherfucker Yeah !!! », simple, efficace, dans l’esprit bref un tube.

S’en suit tranquillement le premier single tiré de cet aventureux album « What? ». Ambiance barbe à papa sur fond de musique punk surplombé par un chant pop trafiquoté. L’aventure dans cette suite fait vraiment penser au premier effort solo de Rob tout en y apportant une touche de fraîcheur non-négligeable. Même si l’intro de « Mars Needs Women » n’est pas la meilleure du monde, elle montre à quel point John 5 a eu le champ libre. Il retombe sur ses pattes sans trop de difficulté. Ce qui vient ensuite est mon titre préféré sur cette galette. « Werewolf, Baby! » au relent sudiste nous rappelle que ce bon Rob vient de participer au dernier Lynyrd Skynyrd. Et quand il s’agit de faire dans le sudiste John 5 n’est pas le dernier à se remonter les manches. Riff brûlant, guitare slide bref on se laisserait presque emporter loin de l’univers festif du groupe mais heureusement le chant de Rob est toujours bien présent et le mélange des deux est vraiment appréciable. « Virgin Witch » est le dernier bon titre avant le passage à vide. Même si cette pseudo incantation sent un peu le réchauffé, on se laisse prendre au jeu. La suite devient donc plus inégale. Le trio perdant de ce disque se nomme donc : « Death And Destiny Inside The Dream Factory » dont le nom est plus long à dire que le titre à écouter (moins de 2 minutes 30 et franchement c’est redondant et inintéressant), « Burn » malgré un soli pas trop mal s’embourbe tout seul et « Cease To Exist » dont le côté trop Manson fait plus sourire que plaisir.

Heureusement pour nous le disque se termine sur deux excellentes notes. La première n’est pas vraiment un titre inconnu puisqu’il s’agit de « Werewolf Women Of The SS ». Il s’agit ni plus ni moins de l’une des fausses bandes annonces créées par Rob Zombie pour meubler entre Boulevard de la mort et Planète terror. Du coup je vous invite vivement à aller su Youtube pour voir ce chef d’Å“uvre de n’importe quoi. Vraiment dommage que la France ai séparé ces deux films, nous privant ainsi de ces réjouissantes fausses bandes annonces.

Le final est l’un des plus épiques écrit par le maître de cérémonie. Plus de 10 minutes où Monsieur Zombie semble avoir repris la main mise. Dantesque qualifiera bien ce titre….

Il est évidement qu’avec de disque certaines choses ont changé. La place prise par John 5 n’y est pas étrangère. Ce dernier est un vrai caméléon, pouvant tout jouer et surtout tout bien jouer. Ses influences transpirent à peine mais la place prise par sa guitare est un vrai plus. Qui l’aurait cru si l’on avait dit qu’il y aurait tant de soli sur un album de Rob Zombie (et de guitare slide). Pas grand monde et c’est là le vrai talent.

La réponse à la question d’introduction est donc bien un nouveau départ. Plus axé guitare, ce nouvel album marque le retour en grande forme de ce touche-à-tout. J’aurais presque envie de dire que ce Hellbilly Deluxe 2 – Noble Jackals, Penny Dreadfuls and the Systematic Dehumanization of Cool est le meilleur opus de la carrière solo de Rob Zombie. C’est une affaire de goût mais si ce n’est pas le meilleur il viendra sans problème en second derrière Hellbilly Deluxe premier du nom.

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Kruger (CH) : For Death, Glory and the End of the World

Kruger (CH) : For Death, Glory and the End of the WorldSeulement trois petites années séparent Redemption Through Looseness de ce nouvel opus au nom si long et évocateur. Trois années durant lesquelles les Suisse n’ont pas arrêté de tourner, de faire vivre leur musique et surtout de nous régaler, nous petits français. Monstre scénique, Kruger l’est aussi sur album et ce For Death, Glory and the End of the World ne fera qu’enfoncer un peu plus le clou avec la classe naturel qui les caractérise. Un disque sans concessions, sans fioritures, un concentré d’énergie qui nous donnera des ailes au moment opportun. 2012 nous voilà !!!!!!

Le disque s’ouvre donc su « The Ox », titre au tempo plutôt élevé par rapport au passif du groupe. Tant mieux le coup d’accélérateur donné dur l’album précédent n’était pas un mirage. Le groupe a évolué, mûri et il nous le fait savoir d’entré de jeu. L’effet de surprise n’est donc pas immense mais le plaisir est bien en rendez vous et c’est bien la tout ce qui compte. La rythmique y est lourde, la complémentarité basse hyper pesante et frappe de malade maltraite nos cages a mie. Le pire ? On en redemande encore et encore.

Heureusement le meilleur reste a venir avec le nouveau classique du groupe que sera « Return of Huns ». Magistral c’est le mot qui colle a ce titre ou le frontman Reno se laisse envahir par une transe rarement atteint. Oui si vous n’avez jamais vu Kruger ne live vous ne pouvez pas comprendre « la transe ». Véritablement innovant, les vocaux sur ce titre montre l’étendu de son registre même si sur le reste de l’album il sera plus confiné dans ce qu’il sait faire de mieux. Le seul petit regret après avoir goûté cette délicieuse apocalypse sonore. Mon propos s’en retrouve tout de suite argumenté avec le titre suivant. Reno revient dans le style primitif qui le caractérise sans pour autant lasser son auditeur. Quand a elles, les cervicales sont en miettes, la faute a cette satanée section rythmique mené tambours battants. Comme précédemment, Kruger a conscience que si ils veulent pas perdre l’auditeur il fau une petite pose, un moment de répit pour que l’on puisse reprendre de l’air. Ainsi « Villains » se voit créditer d’un break atmosphérique du meilleur effet. Aéré et aérien il nous donne cette bouffé d’oxygène nécessaire a toute survie dans ce marasme sludge/coreux.

La galette avance donc sans embûches avec le, certes classique mais efficace, « Our Cemetary Is Full of Strangers ». Tous les ingrédients de Kruger y sont sans exception : Mélodies, passage bien bourrin, tout quoi.

On en avait parlé dans nos colonnes, il y a de quoi poussé un « cocorico » avec la présence de notre Jo national sur « Muscle ». Mon avis n’est pas totalement tranché sur ce featuring car si il apporte indéniablement, n’apporte t’il pas trop justement. Je réserve encore mon jugement même si le titre en lui-même reste excellent. La galette se ferme sur l’un des titres les plus long proposé sur For Death, Glory and the End of the World. Le final y est tout en expérimentations et en intensité. Bravo

On parlait de Reno dans ces lignes, il faut reconnaître que sans lui ce nouvel album perdrait de sa saveur. Encore une fois il se montre impeccable dans sa transe et il arrive a nous faire passer une émotion extrêmement intense avec si peu de variations que ça en deviendrait frustrant pour tous les apprentis chanteurs. Seul quelques essais parsèment ce disque mais ils sont tous transformés avec brio.

La qualité du son et surtout du mix est appréciable. La qualité intrinsèque n’a rien a envié a celle des maîtres du genre et mix est très ingénieux. C’est ce dernier qui donne toute la couleur au chant de Reno. Mis volontairement en arrière, il donne une impression de schizophrénie pesant et déroutante. Bref un excellent travail a mettre au crédit de Kurt BALLOU (Converge)

Juste un dernier mot pour dire que la pochette n’est pas engageante et que c’est bien dommage tant cette de Redemption Through Looseness était a mon sens mieux reussi. Détalis quand tu nous tiens. Reste quand même a voir l’intérieur du booklet

Au final un disque sans vraiment de surprises mais qui brillera par son intensité et sa constance dans la qualité. Il ne reste plus qu’a attendre la venu du groupe dans notre belle contré afin d’en prendre plein les oreilles en live.

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Alice In Chains – Bataclan 2009

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Sybreed – Bataclan 2009

Sybreed - Bataclan 2009   Sybreed - Bataclan 2009   Sybreed - Bataclan 2009   Sybreed - Bataclan 2009   Sybreed - Bataclan 2009  
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Eyehategod : 10 Years Of Abuse (And Still Broke)

Eyehategod : 10 Years Of Abuse (And Still Broke)Je ne vois pas comment l’on pourrait mieux définir la vie des membres d’Eyehategod en 2001 : 10 Years of Abuse (and Still Broke). La pochette est de toute évidence représentative de l’état physique et mental du groupe. Le bon Jim est complètement défoncé et il rigole tout seul avec un air niais. Révérend Mike est obligé de tenir son micro sinon il va tomber. Brian dort sur sa gratte bref il ne devait pas y avoir beaucoup de soda dans leurs gobelets. Tout cela pour dire que si vous trouviez que le son de In the Name of Suffering était trop policé, trop travaillé, pas de problème cette compilation de plusieurs époques est là pour vous. Crade, très crade, très très crade, limite insupportable voici Eyehategod en live !!!!!!

Ce disque se décompose tel un cadavre dans un marais en trois actes très distincts. Le premier et non des moindre à cette époque la fameuse démo de In the Name of Suffering (et oui a cette époque il n’y avait pas encore les remasters). Mes oreilles s’en souviennent encore de ce premier larsens qui me claqua la tête tel une bouteille de bourbon sur le crâne. Hyper aigue, vicieux, aucune personne normalement constituée ne pourrait résister à une telle déflagration. Eyehategod s’en tape et c’est à coup de sample baveux et provocant qu’ils continuent leur chemin boueux. Croupissant, nauséabond voila des termes qui collent à la peau décharnée de ces titres datant de 1990. Même « Depress » qui se veut être un titre plus groovy fini dans une marre de vomi tant le son de la basse est purulent. Notre révérend a toute les peines du monde à tenir debout et cela s’entend clairement ou pas car il arrive fréquemment qu’il disparaisse dans la mélange sonore de cette démo. Avec tous ces éléments on comprend mieux comment le groupe a su trouver un super deal avec Century Media…..

Les deux autres parties sont de loin les plus intéressantes. Enfin les plus audibles. Euh non les plus en place, non….. Bref c’est les plus intéressantes. Lassé de nous offrir du son made in Nola, le groupe rempli son van de matos et part à la conquête du monde civilisé. En soit c’est une bonne idée mais dans la pratique ce n’est pas sûr. Eh oui qui dit nouveaux lieux, dit nouveaux alcools, nouvelles drogues et donc une multitude de raisons de ne pas rester clean. Du coup le rendu est encore, mais encore plus brut de décoffrage. Pour être honnête de groupe pourrait ouvrir une boulangerie tant il y a de pains en live. Malgré tout, la set list combinée des deux périodes (94 et 00) retrace avec brio la carrière d’Eyehategod. Ils sont tous la « Depress », « Sister fucker (pt 1 et 2) », « Children of god » et j’en passe. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un « best of » prédigéré, digéré et revomi. Car si l’interprétation laisse franchement à désirer, on ne peut pas en dire autant du ressenti. La grosse baffe que l’on se prend est bien plus introspective que prévue. Le Révérend nous sonde tous un par un avec son haleine éthylique et l’intensité produite par des interprétations live débridées fait que l’on peut se sentir différent après l’écoute. Ca se balance des vannes, c’est irrespectueux vis-à-vis de l’audience mais c’est ça Eyehategod. Bower and Co, ne sont pas la pour faire joli, balancer leur set et se casser. Ils vivent chaque instant sur scène comme si c’était le dernier en nous donnant tout jusqu’à la dernière goutte de bile.

Une expérience transcendante qui marque le point culminant de la carrière du groupe. Tout est là, sous vos pieds, dans la fange une expression sans limite aucune de ce qu’est la vision de notre monde par le révérend et ses adeptes. S’il ne devait en rester qu’un, ça serait ce 10 Years of Abuse (and Still Broke).

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AqME : En L’Honneur De Jupiter

AqME : En L'Honneur De JupiterLe départ de Ben avant l’enregistrement de ce nouvel opus ne laissait présager que du mauvais. En effet il paraissait être le garant du coté plombé des compos d’Aqme avec ses riffs de guitares sombres et torturés. Après l’avoir vu avec son nouveau groupe Die On Monday (au demeurant excellent), ce sentiment était très largement renforcé. Mais dès la première écoute de En L’Honneur De Jupiter, tous mes doutes se sont envolés et j’irai même plus loin il s’agit ici du meilleur album des francilien, rien de moins.

Il faut rendre à César ce qui appartient à César. Le recrutement du nouveau guitariste ne pouvait pas être meilleur. Il s’agit d’un pote du groupe de Julien Hekking, qui officie également dans Lazy et l’autre projet d’Etienne Sarthou, Grÿmt. L’annonce de sa nomination a du en rassurer plus d’un vu qu’il n’a déjà plus rien à prouver. Du coup toute la musique d’Aqme monte d’un cran et sa technique fait mouche. Au menu ce soir des soli, des riffs acérés, des jolies harmoniques, un guitare omniprésente. Ce dernier point est le plus important car auparavant cette guitare était là pour faire jolie, maintenant c’est le centre même du propos. Un mot, un seul merci Julien.

Cette nouvelle confiance se caractérise par des prises de risque payantes. L’ouverture magnifique qu’est « Tout le monde est malheureux » marque les esprits. Titre au combien mélancolique à la guitare poignante (quel son) et au chant calme jusqu’à l’explosion quasi inévitable. Mais le newbie n’est pas le seul à s’être mis au niveau. Parfois trop lymphatique Thomas déverse ses tripes. Pour preuve son engagement dans le second titre « Guillotine ». Mais ce n’est rien en comparaison de qui va nous arriver. « Matamores », c’est le gros tube métal de cette galette. Limite post rock avec une ambiance malsaine proposé par un break ultime. « Noël Noir » nous fait retomber dans les travers du groupe que je n’aime pas mais on ne se refait pas comme ça. Peut être que ce titre provient d’une ancienne session d’écriture et du coup Julien n’a pas pu y apposer sa touche. La magie du CD fait que l’on peut zapper rapidement au titre suivant qui s’avère lui aussi être une bombinette. La montée très progressive et dépouillée de « Macabre Moderne » est galvanisée encore une fois par le chant. Le titre suivant suit le même chemin que celui qui le précède. J’avoue que je suis de plus en plus séduit par cet album qui marque la seconde vie d’Aqme.

Evidement le groupe nous servira des titres calmes et pas franchement inspirés comme l’assez mauvais « Vivre à nouveau » mais bon j’invoque de nouveau la magie du CD. D’autant que le final est éblouissant. « Le chaos » est le second titre que j’adore sur cette galette. Violent, lourd limite doom par moment il clôt les débats de la meilleure des façons. Afin de nous remettre dans le droit chemin pour reprendre notre petite vie, une instrumentale acoustique de 3 minutes aux arpèges poignantes.

On a beaucoup parlé de Julien mais ce qu’il faut également retenir c’est la grosse progression de Thomas. Il est évident qu’il a énormément travaillé. Son chant mélodique est plus intense et son chant hurlé montre une puissance jamais atteinte jusqu’à présent. De plus et c’est suffisamment important pour le souligner, ses textes ont gagné en maturité ce qui rend le coté « french touch » beaucoup plus digeste qu’auparavant. Etienne se lâche plus et sa double rageuse colle bien au titre plus péchu. La basse reste fidèle a elle-même.

La production est de grande qualité. Mieux encore le mix est ingénieux et montre une réelle maîtrise. Le chant notamment bénéficie d’un traitement minutieux. Un exemple, l’impression que Thomas est enfermé dans une cellule d’hôpital psychiatrique et que son chant raisonne sans pouvoir s’échapper. Vraiment excellent d’autant que ces effets sont très bien dosés.

Au final une page vient de se tourner et celle qui s’annonce ne montre que du bon. Puissant, prenant il s’agit sans aucune commune mesure du meilleur album du groupe. L’arrivé de sang neuf a fait du bien à Aqme qui va pouvoir partir serein sur la route avec un très bon album en poche.

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Fu Manchu : Sign of Infinite Power

Fu Manchu : Sign of Infinite PowerCette chronique pourrait avoir comme simple résumé : « A l’ouest rien de nouveau !!!!! ». Rien de nouveau certes mais une vraie constance dans la qualité. Si le début des années 2000 avait marqué le pas (il faut dire que le line up n’était pas un modèle de stabilité), We Must Obey avait remis les choses à leur place et Sign of Infinite Power continue dans cette voie. Toute tracée mais au moins on sait ce que l’on achète, on sait où l’on va. Bref on sait déjà tout mais ca reste bon quand même.

Les aficionados comme moi vont adorer cet album et ceux qui vont découvrir Fu Manchu avec cette galette auront un excellent aperçu de la musique du groupe. Quant aux réfractaires, ils pourront quant à eux s’en donner à cÅ“ur joie. Eh oui le son est toujours aussi garage, gorgé de fuzz (on dira même a outrance) et de soleil californien. Il y a toujours des histoires de nana, de picole, de skate, de substances illicites. Et alors ?????

Il m’est bien difficile de trouver un argument choc pour vous dire a quel point ce disque est agréable. Difficile car les arguments sont semblables à ceux évoqués dans ma chroniques de We Must Obey. On retrouve un groove imparable (« Eyes X10 »), un côté débridé mode punk rebel (« El Busta »), un penchant 70’s a mort (« Take It Away »). Bref du Fu Manchu pur jus. Tout ca pour ça mais seulement car outre le manque évidement d’originalité, le groupe nous propose plus que de la musique, il nous propose un vrai bon moment de stoner pachydermique ou une impression d’insolation permanente transpire. Prenons le titre éponyme par exemple. Rien de bien neuf mais basé sur un riff de guitare ultra efficace, il ne démérite pas. Ca groove, ça envoie du gras, ça fait voyager…. De plus on retrouve des breaks hyper lents en lourds. Fu Manchu excelle dans ce registre, et accordé avec un son bien crade cela nous donne des titres comme « Bionic Astronautics ». Le passage doom de ce dernier est vraiment excellent. Il y a quand même des moments un peu too much comme « Webfoot Witch Hat ». Le titre est longuet et passe assez mal le cap de la deuxième écoute. Même son solo plutôt bien senti ne change pas la donne. Même remarque pour le vraiment très moyen « Against the Ground ». Sur presque 40 minutes seulement 2 titres de vraiment pénible ça reste honorable.

Comme souvent la pochette est très moche mais c’est le détail dont on se fout complètement….

Fu Manchu 2009 nous ressert donc une bonne grosse louche bien grasse de son excellent Stoner. Il faut quand même reconnaître que les pionniers du genre sont presque tous enterrés alors partons tous dans le désert à la recherche de sensations étranges. Fu Manchu fait du Stoner mais surtout ils le font toujours aussi bien quand bien même l’originalité ne serait pas au rendez-vous.

Un excellent disque pour les fans !!!!!!

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Fu Manchu : Sign Of Infinite Power

Fu Manchu : Sign Of Infinite PowerCette chronique pourrait avoir comme simple résumé : « A l’ouest rien de nouveau !!!!! ». Rien de nouveau certes mais une vraie constance dans la qualité. Si le début des années 2000 avait marqué le pas (il faut dire que le line up n’était pas un modèle de stabilité), We Must Obey avait remis les choses à leur place et Sign Of Infinite Power continue dans cette voie. Toute tracée mais au moins on sait ce que l’on achète, on sait où l’on va. Bref on sait déjà tout mais ca reste bon quand même.

Les aficionados comme moi vont adorer cet album et ceux qui vont découvrir Fu Manchu avec cette galette auront un excellent aperçu de la musique du groupe. Quant aux réfractaires, ils pourront quant à eux s’en donner à c?ur joie. Eh oui le son est toujours aussi garage, gorgé de fuzz (on dira même a outrance) et de soleil californien. Il y a toujours des histoires de nana, de picole, de skate, de substances illicites. Et alors ?????

Il m’est bien difficile de trouver un argument choc pour vous dire a quel point ce disque est agréable. Difficile car les arguments sont semblables à ceux évoqués dans ma chroniques de We Must Obey. On retrouve un groove imparable (« Eyes X10 »), un côté débridé mode punk rebel (« El Busta »), un penchant 70’s a mort (« Take It Away »). Bref du Fu Manchu pur jus. Tout ca pour ça mais seulement car outre le manque évidement d’originalité, le groupe nous propose plus que de la musique, il nous propose un vrai bon moment de stoner pachydermique ou une impression d’insolation permanente transpire. Prenons le titre éponyme par exemple. Rien de bien neuf mais basé sur un riff de guitare ultra efficace, il ne démérite pas. Ca groove, ça envoie du gras, ça fait voyager?. De plus on retrouve des breaks hyper lents en lourds. Fu Manchu excelle dans ce registre, et accordé avec un son bien crade cela nous donne des titres comme « Bionic Astronautics ». Le passage doom de ce dernier est vraiment excellent. Il y a quand même des moments un peu too much comme « Webfoot Witch Hat ». Le titre est longuet et passe assez mal le cap de la deuxième écoute. Même son solo plutôt bien senti ne change pas la donne. Même remarque pour le vraiment très moyen « Against the Ground ». Sur presque 40 minutes seulement 2 titres de vraiment pénible ça reste honorable.

Comme souvent la pochette est très moche mais c’est le détail dont on se fout complètement?.

Fu Manchu 2009 nous ressert donc une bonne grosse louche bien grasse de son excellent Stoner. Il faut quand même reconnaître que les pionniers du genre sont presque tous enterrés alors partons tous dans le désert à la recherche de sensations étranges. Fu Manchu fait du Stoner mais surtout ils le font toujours aussi bien quand bien même l’originalité ne serait pas au rendez-vous.

Un excellent disque pour les fans !!!!!!

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Living Colour : The Chair in the Doorway

Living Colour : The Chair in the DoorwayPour ceux qui ne connaitraient pas Living Colour, un petit retour en arrière s’impose. Fondé dans les années 80 le groupe connait un succès fulgurant grâce a son étrange mélange entre tous les genres. Le funk, le métal, le hip hop etc…. tous ces éléments sont savamment dosés pour donner naissance a Living Colour. Le groupe reçoit même en 1989 un Grammy pour le méga tube « Cult of Personality ». Bref tout se passe bien pour eux, les différents membres sont très actifs sur la scène musicale et la gloire est là. Peut être trop car en 1995 le groupe se sépare du fait d’un manque évidement de temps et de motivation. Il faut dire que le carnet de commande des trois instrumentistes est bien rempli (des albums des Rolling Stones , des tournées prestigieuses etc…). Mine de rien 6 années passent et l’envie de faire revivre le groupe émerge de nouveau. 2001 le groupe fait son « come back », sort Collideøscope en 2003, refait des tournées, enregistre un live a Paris et nous offre en cette fin 2009 son nouvelle opus The Chair In The Dorway. Voila pour le décor….

Une fois n’est pas coutume (mais c’est le fait marquant de ce disque), nous allons commencer par le son brut de décoffrage de cet opus. Ce n’est pas une surprise Vernon Reid adore les sonorités étranges, expérimenter comme on dit dans le jargon. Ici Le point de non retour est probablement atteint car même son géniteur avoue que le résultat dépasse sa pensé. Pour que le grand Vernon le confesse, c’est vraiment que le son est vraiment très âpre. La batterie est hyper (mais hyper) sèche, les guitares vraiment brouillonnent, la basse vraiment brouillonne aussi et le chant est noyé dans cette masse relativement informe. A croire que ce disque n’est qu’un enregistrement de répète, une démo de qualité moyenne. Et pourtant le groupe a fait les choses bien mais ils ont du oublier une retenu dans leur calcul. Ce sentiment de démo fait un peu l’arrache est soutenu par la qualité médiocre du retraitement et des samples. Bref ca commence mal pour ce disque annoncé comme le plus homogène par son créateur.

Sur le papier je l’aurais cru mais après une longue période d’écoute le constat est là. C’est un mensonge éhonté. Jamais disque de Living Colour n’aura été aussi inégal. Le coté très sombre venant se superposer à l’ensemble, la cote de popularité de l’album risque d’être au plus bas. Il n’y a qu’a écouter l’opener pour ce rendre compte des changements. « Burned Bridges » marquent le tournant et se révèlera à mesure des écoutes mais reste austère. La monté crescendo est appréciable mais reste anecdotique car ce ne sera pas uns constante. Certains titres nous renvoient directement au coté démo de part une structure plus que fébrile. Prenez « Young Men » par exemple, titre au demeurant plein de promesse et qui fini d’une façon tellement rude que c’est à se demander si le groupe à véritablement le finir ainsi. La guitare dit « oui » mais la batterie dit « non ». L’album tourne clairement en rond sur cette première partie et il faut attendre le salvateur « Method » pour reprendre goût à la musique de Living Colour. La mélodie y est bien ficelée, la groove est retrouvé bref nous avons droit à un vrai titre « made in Reid ». En revanche ne cherché par d’éclairci, ce disque est sombre et le restera (le son y fait beaucoup mais pas seulement). Même si ces dernières phrases se veulent optimistes, je ne le suis pas trop. « Behind the Sun » est un titre porté par Doug Wimbish et marque le seul rayon de soleil de la galette, mais globalement des que le coté métal est trop présent le disque perd toute sa vigueur. Le son, l’inspiration, les deux peut être…..

Finalement le salut passe vraiment par Le bassiste aux Dreads. Son implication dans « Bless Those » donne a ce titre une impulsion clairvoyante qui fait souvent défaut. « Not Tomorrow » vient clore les débats avec une touche de regret. Pourquoi le disque n’a-t-il pas été comme ça depuis le début. Finalement les éclairs de génies auront été trop peu nombreux pour s’enthousiasmer.

Un dernier mot enfin sur cette pochette qui en dit long sur l’ambiance générale du disque. Je l’interprète comme un type mort devant son poste de télévision oubliant de payer le câble et se retrouvant avec la mire comme seul ami. Triste fin, triste album.

Six ans d’attente, un disque austère, des regrets plein la tête voilà l’éloge de ce disque. Après le taulé commercial de Collideøscope, il y a fort à parier que le groupe ne va gagner beaucoup de nouveaux adeptes. Cela n’a jamais été le but du groupe mais quand même un peu plus d’implication aurait été appréciable. Au final je dirais que malgré un album moyen (voir pas terrible), Living Colour reste un groupe live et qu’il absolument aller les voir sur scène !!!!!

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