La Balafre

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Septic Flesh : Communion

April 12th, 2008 by admin

Septic Flesh : CommunionLe glorieux, le radieux, le solaire SEPTIC FLESH n’est plus. Chacun s’en doutait depuis les résonances déjà cryptiques d’« Esoptron », les prémices décadentistes de « Revolution DNA », puis surtout ce terrible, bancal mais si audacieux « Sumerian Daemons ». « Communion » explore donc la direction tracée, tranchée depuis près de dix ans.

Afin de présenter en quelques mots SEPTIC FLESH, groupe grec anglophone, aux néophytes, je définirai ce nouvel opus comme du Dark Doom Death mélodique, – mais de tous les mélodiques le plus brutal, auprès duquel Opeth passe pour une ballerine, – au sein duquel les instruments d’un orchestre symphonique classique se confondent dans leur jeu avec les instruments électriques et parfois les remplacent, – sans jamais sombrer dans la mollesse ni la démagogie symphonique, simplement, Septic Flesh joue comme une symphonie Metal !

Mais j’avoue d’emblée ne pas retrouver dans cet album, les mélodies symphoniques sublimes des précédents. Les morceaux sont plus fouillés, plus touffus, plus raffinés dans leurs jeux instrumentaux, et pourtant, chaque chanson est moins ambitieuse dans ses gammes, plus rigide dans sa tonalité que jadis. D’autres diront peut-être que la forme se révèle en définitive plus sobre et plus majestueuse, plus ample et peut-être plus subtile…Sur le plan purement qualitatif, « Communion » n’est pas à mon humble avis le meilleur album de SEPTIC FLESH. Toutefois, il mérite amplement l’intérêt de tout mélomane par la personnalité forte qui s’en dégage. Un intérêt toujours ressuscité par deux caractères distincts qui illuminent cet album : le premier purement musical, le second philosophique et atmosphérique.

L’originalité première de « Communion » est en effet cette alliance, cette fusion inouïe entre Metal et musique classique. Entendons-nous : nos Grecs se sont gardé de réaliser un énième album symphonique à grands renforts de claviers ou d’instrumentistes. L’orchestre philharmonique praguois les accompagne, mais n’est pas illusion. Les notes, les mélodies classiques et metal s’imbriquent, se croisent, s’embrassent, se fondent l’une l’autre, créant un nouveau genre. J’avais déjà signalé cette ambition dans mes chroniques des albums précédents du groupe. L’explication en est simple, évoqué déjà sur ma critique (laudative) de « Sumerian Daemons » : « Communion » aussi est le résultat de cette amitié fraternelle qui fonda le groupe.

Sotiris apporte un art très mélodique, très clair et joyeux. Il joue la guitare et prête sa voix aux chants clairs.

Spiros (rebaptisé Seth) est une volonté puissante, violente, pleine de superbe. C’est lui qui est à l’origine du caractère brutal, très extrémiste de la musique, bassiste et chanteur à la voix « dragonesque », j’aime à dire d’outre-gorge, – Death Metal en un mot.

Son frère Christos joint un art atmosphérique et une complexité architecturale qui approfondit et développe l’apport des deux premiers. Compositeur classique, dont le groupe CHAOSTAR est l’expression la plus parfaite, ses influence l’orientent vers la musique classique contemporaine, de Beethoven à?j’ignore qui en passant par Wagner et Carl Orff. Il est le second guitariste du groupe.

Mais là où « Sumerian Daemons » pêchait par un défaut : l’harmonie ratée de ces trois compositeurs, « Communion » réussit ce syncrétisme mystérieux. Probablement est-ce la maturité.

Probablement aussi est-ce dû à la dominance de Christos Antoniou sur cet album. Le précédent appartenait à son frère, Spiros. Les premiers à Sotiris (d’où le caractère plus lumineux, jadis, et qui se retrouve sur son projet solo : AENEOS). Ici, CHAOSTAR est le chef d’orchestre. Je crois que cette direction du triumvirat est à l’origine de la réussite de « Communion » sur le plan instrumental et harmonique. Seul Chris a su lier de manière aussi charnelle la musique classique au Metal. En tant qu’initié à la Grande Musique et metalleux de première, j’y suis fort sensible. J’ose même prétendre que SEPTIC FLESH a réalisé la première vraie réussite du genre depuis vingt ans?

La seconde originalité, ou plutôt caractère, de cet album, est plus philosophique.

Chez SEPTIC FLESH, notamment par l’influence des deux frères Antoniou, – Chris et Spiros, – se dénote une certaine pose luciférienne, telle un mythe chtonien, plein de divinités infernales, aux teintes dominantes de rouge et noir. D’où une atmosphère très sombre dans leurs ?uvres respectives (et plus encore chez Spiros), étonnamment sombre, opaque, sinistre parfois, presque atrocement sépulcrale. Mais jamais triste, ou bien seulement mélancolique. Comme si cette volonté morbide et mortuaire rehaussait l’instinct de puissance et de vie.

« Communion » s’ouvre sur les riffs terribles, écrasants, d’une agonie ; elle convoque le trépassé devant le dieu des morts, Anubis ; la chanson éponyme alterne chants caverneux au sein d’une musique instrumentale atmosphérique, avec le surgissement brutal de ch?urs « plongeants » dans les enrailles de la Terre, dans une atmosphère très angoissante ; s’ensuivent diverses chansons, toutes d’un caractère original : que ce soit l’excellente « Sunlight /Moonlight », l’une des trois dénuées d’instrumentation classique, mais de la facture la plus classique au groupe (on se croirait presque sur « The Ophidian Wheel »), ou bien que glissent les riffs beethoveniens de « Persepolis », le morceau le plus intéressant, le plus innovant, le plus original de l’album. Autrement dit, la Mort ouvre cette symphonie en neuf temps par une Agonie abyssale, traverse en notre compagnie la porte de son royaume, puis nous invite dans les méandres de la Mémoire de notre race (pas au sens biologique, s’entend, mais au sens de peuple, de pères, d’Anciens). SEPTIC FLESH invoque Lovecraft dans les premiers vers de son album, mais l’inspiration me semble plus dantesque que lovecraftienne.

C’est donc à une Communion de l’Homme (le poète musicien : The Dreamlord /L’Onirique) et de la Nature (la Mort), que nous invite le groupe. L’Homme ne prend de réalité, de Chair, que par la Mort. Ainsi seulement peut-il mieux lui imprimer sa volonté, devenue définitivement saine, puissante, charnelle. Mais cette chair est ainsi spiritualisée par le sens de cet Au-delà : elle permet d’entrevoir des infinis. La branche de l’Infini explorée (en partie, puisqu’elle est sans fin) dans cet album est celui de Mémoire, de la Race (non au sens biologique hitlérien, mais au sens de « peuple », d’héritage spirituel). C’est donc à une Communion au sens le plus religieux du terme que nous invite SEPTIC FLESH : à une transsubstantiation.

Et c’est peut-être l’ambition, en tout cas le caractère le plus propre, le plus personnel de SEPTIC FLESH sur la scène Metal contemporaine : ce mysticisme religieux. Les Grecs visent en effet la recherche d’une Somme mystique universelle par les visages d’un syncrétisme inouï de paganismes et de natures différentes, véritable fresque antique et hellénistique.

Ainsi, véritables patriotes du monde orthodoxe, SEPTIC FLESH explore cet Orient préislamique qui le fascine depuis son premier album et auquel il sut rendre explicitement hommage dans « Sumerian Daemons ». Prenons un seul exemple, ô lecteur : la chanson « Anubis », l’une des plus belles de l’album.

« Anubis » est le dieu égyptien antique juge et gardien des Morts. Spiros chante :

« I am proud of what I am

The Gardian of the Dead

Appointed by the Gods

To be their final Judge »

(j’ai cru utile la débauche de majuscules)

« Superbe je suis :

Gardien des Morts,

Désigné par les Dieux

Afin de les juger à la Fin des Fins »

Cela signifie qu’Anubis, Dieu de la Mort, est supérieur aux autres dieux du Panthéon. Il en est l’essence et le dépassement, – supérieur même à cet Amon Râ, dieu du Soleil et dieu suprême chez les Égyptiens. SEPTIC FLESH s’autorise ainsi une interprétation moderne d’un paganisme antique. Je dirais : une interprétation chrétienne orthodoxe (dont nos Grecs se défendraient à coup sûr mais que je soutiens malgré eux).

Ils cherchent une Unité suprême à travers la Nature, au-delà d’elle, mais non en deçà. Car ce dépassement est pour eux charnel : la Nature est la racine du divin, son tremplin. Elle n’est cependant pas ce divin.

D’où cette fascination pour le dieu des Morts, pourtant toujours mineur ou au mieux de second ordre chez les Anciens, chez les Païens (ce qui prouve que SEPTIC FLESH ne l’est pas).

La Mort est la Nature suprême et son anéantissement. Elle est une essence et la Réalité. Ni abstraite, ni concrète : les deux. Elle est aussi le seul moyen de Résurrection dans une période de décadence. Or, SEPTIC FLESH croit à la décadence du monde contemporain. Mais sur cette volonté résurrectionnelle, très christique, cet Éternel Retour d’inspiration nietzschéenne refusant réaction (à quoi bon jouer les nécrophiles ?) et révolution (car la Poésie est Mémoire, non table rase), je me suis déjà suffisamment étendu en mes précédente chroniques relatives au groupe hellène.

SEPTIC FLESH m’apparaît donc ainsi : comme s’il cherchait une essence en brisant le sceau secret qui la conserve. Mais, précaution initiatique et ésotérique, le Dieu est caché en hauteur sous les étages successifs de nombreux dieux, qui sont notre Passé, qui sont notre Mémoire, qui sont nos racines nous guidant vers l’Avenir. Le nom Anubis est sibyllin, comme ce voile qui recouvrait en public les statues des dieux antiques, découverts aux seuls initié : les prêtres. Ai-je eu tort de publier ce secret septic fleshien ?

Conclusion : C’est parce qu’il est très réactionnaire dans les abîmes de son essence que l’Art de SEPTIC FLESH est si révolutionnaire dans ses hauteurs. Je n’ose le prétendre d’avant-garde, car qui oserait suivre SEPTIC FLESH sur ses sentiers vierges ? Qui supporterait d’inhaler si peu d’oxygène sur ces crêtes infinies et dans ces abîmes suffocants…

L’?uvre est difficile d’appréhension, il est vrai. Ce n’est toutefois pas que SEPTIC FLESH soit devenu hermétique depuis « Sumerian Daemons ». Mais il a atteint une telle personnalité, si rare, si élevée, si unique sur la scène Metal, qu’il demande à s’imprégner longuement de son ?uvre afin de la bien comprendre. Que dis-je, s’imprégner ? En être possédé jusqu’à la moelle ! SEPTIC FLESH est un pacte. Sa musique est un véritable luxe aristocratique et spirituel. Sachons l’art de la goûter.

Pazuzu (AUT) : …And All Was Silent

July 19th, 2007 by admin

Pazuzu (AUT) : ...And All Was SilentJ’aurais rarement eu l’occasion d’une telle déception.

« And All Was Silent… » est le premier album de Pazuzu, groupe solo de l’Autrichien Raymond Wells, surnommé « Pazuzu ». Mais, à l’inverse des deux albums suivants, par ailleurs excellents, ce premier opus fut composé dans son intégralité non par l’initiateur, chanteur et claviériste du groupe, Raymond « Pazuzu » Wells, mais par le célèbre duo de ses compatriotes Protector et Silenius. En conséquence, si l’on excepte le concept philosophique, dû pour l’essentiel à Pazuzu, les compositions musicales et poétiques de « And All Was Silent… » le consacre officieusement premier album de…Summoning !

Fort d’une telle référence, j’avoue m’être jeté sur cette Å“uvre comme l’affamé sur le festin.

Puis, cet album fut tout de même composé et publié à la grande époque : en 1994. Or, il y a treize ans, en effet, ce genre musical était rare, et édité à quelques centaines d’exemplaires. Le mépris public envers ce type d’Å“uvre « classique » laissait présager un ouvrage initiatique, composé secrètement par une élite musicale.

Et la tragédie commença…

Autant préciser dès l’abord que ce disque est inécoutable d’une traite, fut-ce pour les fans.

Le son comme le caractère de la musique semble horriblement, terriblement nasal. Comme si des pattes fines, légères, appuyaient sur le clavier et exprimaient leur forme physique à travers les mélodies. Les notes se succèdent comme engendrées par ces pattes arachnéennes. Aucune harmonie, mais un long débit baveux, filandreux, verbeux, comme une succession de particules oblongues, d’atomes étirés et égarés. Si encore ces atomes implosaient, nous offrant un magnifique champignon musical (atomique), cette musique pourrait se révéler intéressante…

Mais non, rien ! Un ennui exaspérant s’installe dès les premières mesures. On dirait un brouillon juvénile des futurs albums les plus matures de Summoning. Mais est-il convenable de présenter ses brouillons ? Je ne le crois pas. C’est une indécence. Une Å“uvre artistique et poétique ressort de la vie publique. Un brouillon, de la vie privée. « And All Was Silent… » est une fumisterie indécente.

Pazuzu (ou Summoning) y invite à participer ses amis, et notamment la demoiselle qui y paraît en « guest star » : Empress Lilith. Mis à part sa beauté physique, elle ne fait pas honneur à l’album. Sa voix est correcte sans plus. Son jeu théâtral, d’une très haute médiocrité.

Car la trilogie Pazuzu se présente toujours sous forme d’un opéra, ou plus exactement d’une pièce de théâtre ou bien d’un film joué en musique. Aussi, le choix des acteurs s’y révèle fondamental. Seul Raymond « Pazuzu » Wells nous découvre déjà un grand talent sur ce plan. Mais c’était la moindre des choses.

Bien entendu, quelques mélodies surnagent (sans lesquelles j’eusse noté cet album 02 /20), notamment un tourbillon harmonique étonnant et détonant dans « Beneath the Bowels of the Earth » (Sous les Intestins de la Terre ( !?)) (morceau n°8). Mais le seul intérêt véritable de cette heure musicale est le quatrième morceau, le seul francophone par ailleurs, intitulé « La Baronesse et le Dèmon » (sic) (morceau n°4). Je passe les inénarrables fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire imprimées dans les paroles du livret : elles représentent une anthologie du rire. Mais la musique, malgré le peu d’intérêt que présente le fond du texte, est la seule à rester imprimée dans l’âme de l’auditeur. Plus encore, ce morceau est excellent, sa mélodie chantant la tristesse de l’impuissance. Pris en lui-même, je lui accorde un honorable 15 /20. Que n’est-ce tout l’album qui serait de cette trempe !

« And All Was Silent… » se révèle ainsi un album bancal, trop médiocre, trop banal pour attirer l’attention, – si ce n’est de quelques inconditionnels du genre, – et, avare, ne nous offre qu’une perle de cinq minutes sur cinquante-quatre au total.

Septic Flesh : Forgotten Paths

July 19th, 2007 by admin

Septic Flesh : Forgotten PathsIl est des êtres qui, aussi intelligents qu’ils puissent se révéler, n’en seront jamais moins banals que la majorité plus idiote. Lorsqu’ils savent se développer, on parle de talent, parfois immense.

Puis, il est de rares hommes qui possèdent assez de caractère, de personnalité, pour s’offrir le luxe d’idées personnelles. S’ils savent construire leur intelligence, ils peuvent confiner au génie.

Telle semble la promesse de ce « Forgotten Paths (The Early Days) ». Celui-ci contient la réédition de la première démo studio de SEPTIC FLESH, parue en 1990, d’une durée d’une demi-heure, et intitulée « Forgotten Path » (Le Sentier Oublié). L’album est agrémenté de trois titres live à Athènes en 1991, interprétant trois chansons issues de ladite démo. Soit un quart d’heure de durée en plus.

J’avouerai de suite avoir été fort déçu ! Tout au moins par la démo studio. Sa piètre, mais réellement très piètre qualité acoustique sature l’atmosphère auditive. Cette vertu a le malheureux résultat de rendre l’auditeur rapidement autiste.

Et ce repli protecteur du sens de l’ouïe rend immédiatement la critique qualitative plus sévère.

Or, il faut bien reconnaître que l’originalité de SEPTIC FLESH ne se devine encore qu’implicitement sur cette démo. Le style des Grecs découvre naïvement ses influences, qu’il a du mal parfois à épurer à travers son prisme. Les riffs, dans leur débauche de brutalité, possèdent encore un coté très états-uniens, très Tampa, très old school.

Mais j’ajouterai aussitôt que la personnalité, l’originalité future et immense du groupe, se pressent (du verbe « pressentir ») à chaque mesure.

Certes, une impression de brouillon éclate à chaque note. Pourtant, l’agencement structurel des morceaux est déjà unique, très recherché. Plus encore, les mélodies possèdent déjà la qualité de ces riffs magiques et oniriques qui seront la patte du groupe, quand bien même lesdits riffs me paraissent sur cette démo plus scrofuleux que d’outre-tombe. Autrement dit, le caractère musical et poétique me semble plus morbide qu’antique, plus gothique qu’onirique. Et c’est là que l’on sent que les Grecs n’ont pas terminé leurs années de formation personnelle, en tant qu’individus. Cinq années y suffiront, jusqu’au merveilleux « Esoptron » (1995), deuxième album de SEPTIC FLESH. L’évolution n’a jamais été en mal, dans ce groupe étonnant.

Quid des titres live ? Placés à la fin, ils constituent la bonne surprise de l’album. Par la Mort-Dieu ! la prestation énergique du groupe face à un public peu nombreux mais déchaîné, nous renseigne sur la vigueur en Grèce de la scène Metal underground au début des années 1990.

Le seul point noir de « Forgotten Paths (The Early Days) » serait la voix de Spiros. Adolescent de 17 ou 18 ans au moment des enregistrements, il lui est difficile d’assurer cette voix dragonesque (« Dragon Voice ») qui fera sa renommée quelques années plus tard.

« Forgotten Paths (The Early Days) » nous présente donc un génie latent, en formation. Une sorte de brouillon du caractère futur du groupe. Cet album se recommande aux seuls fans.

15 /20 pour les fan-atiques du Seigneur des Rêves (Septic Flesh).

10 /20 pour ceux qui cherchent juste un bon album Death Doom Dark.

Septic Flesh : Forgotten Paths

July 19th, 2007 by admin

Septic Flesh : Forgotten PathsIl est des êtres qui, aussi intelligents qu’ils puissent se révéler, n’en seront jamais moins banals que la majorité plus idiote. Lorsqu’ils savent se développer, on parle de talent, parfois immense.

Puis, il est de rares hommes qui possèdent assez de caractère, de personnalité, pour s’offrir le luxe d’idées personnelles. S’ils savent construire leur intelligence, ils peuvent confiner au génie.

Telle semble la promesse de ce « Forgotten Paths (The Early Days) ». Celui-ci contient la réédition de la première démo studio de SEPTIC FLESH, parue en 1990, d’une durée d’une demi-heure, et intitulée « Forgotten Path » (Le Sentier Oublié). L’album est agrémenté de trois titres live à Athènes en 1991, interprétant trois chansons issues de ladite démo. Soit un quart d’heure de durée en plus.

J’avouerai de suite avoir été fort déçu ! Tout au moins par la démo studio. Sa piètre, mais réellement très piètre qualité acoustique sature l’atmosphère auditive. Cette vertu a le malheureux résultat de rendre l’auditeur rapidement autiste.

Et ce repli protecteur du sens de l’ouïe rend immédiatement la critique qualitative plus sévère.

Or, il faut bien reconnaître que l’originalité de SEPTIC FLESH ne se devine encore qu’implicitement sur cette démo. Le style des Grecs découvre naïvement ses influences, qu’il a du mal parfois à épurer à travers son prisme. Les riffs, dans leur débauche de brutalité, possèdent encore un coté très états-uniens, très Tampa, très old school.

Mais j’ajouterai aussitôt que la personnalité, l’originalité future et immense du groupe, se pressent (du verbe « pressentir ») à chaque mesure.

Certes, une impression de brouillon éclate à chaque note. Pourtant, l’agencement structurel des morceaux est déjà unique, très recherché. Plus encore, les mélodies possèdent déjà la qualité de ces riffs magiques et oniriques qui seront la patte du groupe, quand bien même lesdits riffs me paraissent sur cette démo plus scrofuleux que d’outre-tombe. Autrement dit, le caractère musical et poétique me semble plus morbide qu’antique, plus gothique qu’onirique. Et c’est là que l’on sent que les Grecs n’ont pas terminé leurs années de formation personnelle, en tant qu’individus. Cinq années y suffiront, jusqu’au merveilleux « Esoptron » (1995), deuxième album de SEPTIC FLESH. L’évolution n’a jamais été en mal, dans ce groupe étonnant.

Quid des titres live ? Placés à la fin, ils constituent la bonne surprise de l’album. Par la Mort-Dieu ! la prestation énergique du groupe face à un public peu nombreux mais déchaîné, nous renseigne sur la vigueur en Grèce de la scène Metal underground au début des années 1990.

Le seul point noir de « Forgotten Paths (The Early Days) » serait la voix de Spiros. Adolescent de 17 ou 18 ans au moment des enregistrements, il lui est difficile d’assurer cette voix dragonesque (« Dragon Voice ») qui fera sa renommée quelques années plus tard.

« Forgotten Paths (The Early Days) » nous présente donc un génie latent, en formation. Une sorte de brouillon du caractère futur du groupe. Cet album se recommande aux seuls fans.

15 /20 pour les fan-atiques du Seigneur des Rêves (Septic Flesh).

10 /20 pour ceux qui cherchent juste un bon album Death Doom Dark.

Pazuzu : …And All Was Silent

July 19th, 2007 by admin

...And All Was SilentJ’aurais rarement eu l’occasion d’une telle déception.

« And All Was Silent? » est le premier album de Pazuzu, groupe solo de l’Autrichien Raymond Wells, surnommé « Pazuzu ». Mais, à l’inverse des deux albums suivants, par ailleurs excellents, ce premier opus fut composé dans son intégralité non par l’initiateur, chanteur et claviériste du groupe, Raymond « Pazuzu » Wells, mais par le célèbre duo de ses compatriotes Protector et Silenius. En conséquence, si l’on excepte le concept philosophique, dû pour l’essentiel à Pazuzu, les compositions musicales et poétiques de « And All Was Silent? » le consacre officieusement premier album de?Summoning !

Fort d’une telle référence, j’avoue m’être jeté sur cette ?uvre comme l’affamé sur le festin.

Puis, cet album fut tout de même composé et publié à la grande époque : en 1994. Or, il y a treize ans, en effet, ce genre musical était rare, et édité à quelques centaines d’exemplaires. Le mépris public envers ce type d’?uvre « classique » laissait présager un ouvrage initiatique, composé secrètement par une élite musicale.

Et la tragédie commença?

Autant préciser dès l’abord que ce disque est inécoutable d’une traite, fut-ce pour les fans.

Le son comme le caractère de la musique semble horriblement, terriblement nasal. Comme si des pattes fines, légères, appuyaient sur le clavier et exprimaient leur forme physique à travers les mélodies. Les notes se succèdent comme engendrées par ces pattes arachnéennes. Aucune harmonie, mais un long débit baveux, filandreux, verbeux, comme une succession de particules oblongues, d’atomes étirés et égarés. Si encore ces atomes implosaient, nous offrant un magnifique champignon musical (atomique), cette musique pourrait se révéler intéressante?

Mais non, rien ! Un ennui exaspérant s’installe dès les premières mesures. On dirait un brouillon juvénile des futurs albums les plus matures de Summoning. Mais est-il convenable de présenter ses brouillons ? Je ne le crois pas. C’est une indécence. Une ?uvre artistique et poétique ressort de la vie publique. Un brouillon, de la vie privée. « And All Was Silent? » est une fumisterie indécente.

Pazuzu (ou Summoning) y invite à participer ses amis, et notamment la demoiselle qui y paraît en « guest star » : Empress Lilith. Mis à part sa beauté physique, elle ne fait pas honneur à l’album. Sa voix est correcte sans plus. Son jeu théâtral, d’une très haute médiocrité.

Car la trilogie Pazuzu se présente toujours sous forme d’un opéra, ou plus exactement d’une pièce de théâtre ou bien d’un film joué en musique. Aussi, le choix des acteurs s’y révèle fondamental. Seul Raymond « Pazuzu » Wells nous découvre déjà un grand talent sur ce plan. Mais c’était la moindre des choses.

Bien entendu, quelques mélodies surnagent (sans lesquelles j’eusse noté cet album 02 /20), notamment un tourbillon harmonique étonnant et détonant dans « Beneath the Bowels of the Earth » (Sous les Intestins de la Terre ( !?)) (morceau n°8). Mais le seul intérêt véritable de cette heure musicale est le quatrième morceau, le seul francophone par ailleurs, intitulé « La Baronesse et le Dèmon » (sic) (morceau n°4). Je passe les inénarrables fautes d’orthographe, de syntaxe et de grammaire imprimées dans les paroles du livret : elles représentent une anthologie du rire. Mais la musique, malgré le peu d’intérêt que présente le fond du texte, est la seule à rester imprimée dans l’âme de l’auditeur. Plus encore, ce morceau est excellent, sa mélodie chantant la tristesse de l’impuissance. Pris en lui-même, je lui accorde un honorable 15 /20. Que n’est-ce tout l’album qui serait de cette trempe !

« And All Was Silent? » se révèle ainsi un album bancal, trop médiocre, trop banal pour attirer l’attention, – si ce n’est de quelques inconditionnels du genre, – et, avare, ne nous offre qu’une perle de cinq minutes sur cinquante-quatre au total.

Forest Of Souls : Contes et Légendes D’Efeandayl

July 16th, 2007 by admin

Forest Of Souls : Contes et Légendes D'EfeandaylVoici un album sorti il y a dix ans. Un album qui m’est cher.

À l’exception du MCD « War and Poetry » (Guerre et Poésie ; les termes se veulent complémentaires, non contradictoires), publié en 1996, « Contes et légendes d’Efeandayl », paru au printemps 1997 est l’unique album, anglophone malgré son titre, du groupe de Black Metal et Dark épique français FOREST OF SOULS.

Je lui accorde un vilain 09 /20. Pourtant, personne ne pourra nier la sincérité profonde du groupe, – authenticité et pureté d’âme qui se sent à chaque note, à chaque souffle. C’en est rafraîchissant que d’y plonger. Alors, quel est le problème ?

La bonne foi ne suffit pas ; encore faut-il posséder la qualité. Et le talon d’Achille de FOREST OF SOUL est là : la qualité des composition et de leur interprétation vocale et instrumentale est médiocre. Non pas nulle ; même plutôt agréable ; mais…indéniablement médiocre. En ce sens qu’elles ne nous guident pas au sublime. Cela ne m’a pas empêché d’adorer cet album à sa sortie : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », chantait Rimbaud. J’en avais dix-huit et dix-neuf.

Oh, certes, l’idée de« Contes et légendes d’Efeandayl » était originale : il s’agit d’un voyage à travers les contrées d’un monde heroic fantasy, – un monde de rêve créé par les membres du groupe, et nommé Efeandayl. Les personnages évoqués, les héros chantés changent sans cesse. Personne n’avait réalisé cela avant eux. L’idée de mélanger les chants masculins Black Metal et baryton, parfois accompagnés d’une soprano, était, quant à elle, relativement neuve.

C’est que FOREST OF SOUL appartient à une génération qui découvrait le Black et le Dark, et s’amusait chaque jour à y inclure de nouvelles expériences musicales. Les meilleures innovations venaient souvent de groupes obscurs, ignorés. Surgi plus tardivement dans nos contrées, le Black Dark Metal était alors à cette époque un mouvement, libre, jeune, plein de sève et de sang, et non imitatif. FOREST OF SOUL est le type même de ces formations sans grand talent, sans aucun génie, mais auxquelles la sincérité, la spontanéité, donnaient le ton juste, l’oreille adéquate. Ces petits groupes portaient le Black Dark dans leur âme. Tant et si bien que ces« Contes et légendes d’Efeandayl » s’écoutent sans ridicule, et possèdent cette gravité, cette dignité dans l’exécution, qui pardonne toutes les insuffisances.

Et elles sont nombreuses ! Les chants masculins sonnent presque faux ; le chant soprano est tout juste acceptable, à l’évidence trop emphatique, sans joliesse particulière, en un mot : commun ; le niveau d’interprétation instrumentale ne dépasse pas les premiers mois d’apprentissage pour chaque instrument : deux guitares, une basse, une batterie, un synthétiseur (ou clavier, comme on dit).

Les mélodies sont cependant loin d’être exécrables, et une chanson comme « Watchers’ Line », que j’ai connue longtemps par cÅ“ur, est leur chef-d’Å“uvre, car entraînante tout en développant un caractère épique et tragique qui nécessiterait plus de lenteur chez d’autres. Une volonté de Destin s’y reflète. C’est une chanson pleine d’âme. Les douze compositions de l’album sont, sur le plan technique, assez recherchées, assez longues, peu répétitives. Leur construction, très atmosphérique par les coupures, les absences de riffs, leurs lentes montées, leurs brusques éclatements, évitent l’ennui qu’une rhétorique plus commune apporterait. Le son est assez clair et graisseux, les guitares et la basse alternent de riffs brutaux aux mélodies les plus délicates, parfois joyeuses et plus souvent mélancoliques, toujours puissantes, viriles. Je dois même reconnaître que l’apparition intermittente du clavier, avec ses jeux de piano et d’orgue, et ses cordes discrètes et judicieuses, relève la valeur générale.

Mais alors, quel est le problème ? Il est qu’on se lasse vite de l’album, de ces mélodies médiocres, c’est-à-dire moyennes. Ce qui sauve cet album, justement, est la sincérité de ses exécutants, ce caractère propre, ce goût instinctif enfin, cette personnalité qui exsude à travers les notes. « Contes et légendes d’Efeandayl » est l’un des albums les plus sympathiques, que j’ai connu en quinze ans d’érudition mélomane, s’instaurant par un charme obsessionnel chez l’auditeur. Mais on le quitte à la deuxième écoute ; pour y revenir sans faute six mois après.

En conséquence, s’il ne tenait qu’à mon cÅ“ur de juger, j’accorderais facilement – et en toute iniquité – un 14 /20 à cet album jadis adoré. Adoré pour son atmosphère unique, et son originalité dans les chants masculins et leurs superpositions chorales.

Fans de jeux de rôle à la recherche de bons scénarios et belles aventures heroic fantasy, ou mélomanes curieux d’originalité musicale, ou bien encore blasés désireux de se rafraîchir à une source claire, se doivent de rechercher cet album et de l’écouter et le lire avec toute la gravité due aux Å“uvres de quelque intérêt.

Toutefois, s’il ne vous sied pas de claquer votre fric en faveur de quelque curiosité esthétique ; si en outre, votre regard critique embrasse non l’époque de sortie de l’album, mais tout l’horizon musical découvert depuis ; alors, je me dois de vous prévenir, en toute objectivité, que « Contes et Légendes d’Efeandayl » ne mérite pas de retenir votre attention.

Je ne puis ainsi décemment pas lui accorder la moyenne. Et là, j’en pleure…

Forest Of Souls : Contes et Légendes D’Efeandayl

July 16th, 2007 by admin

Forest Of Souls : Contes et Légendes D'EfeandaylVoici un album sorti il y a dix ans. Un album qui m’est cher.

À l’exception du MCD « War and Poetry » (Guerre et Poésie ; les termes se veulent complémentaires, non contradictoires), publié en 1996, « Contes et légendes d’Efeandayl », paru au printemps 1997 est l’unique album, anglophone malgré son titre, du groupe de Black Metal et Dark épique français FOREST OF SOULS.

Je lui accorde un vilain 09 /20. Pourtant, personne ne pourra nier la sincérité profonde du groupe, – authenticité et pureté d’âme qui se sent à chaque note, à chaque souffle. C’en est rafraîchissant que d’y plonger. Alors, quel est le problème ?

La bonne foi ne suffit pas ; encore faut-il posséder la qualité. Et le talon d’Achille de FOREST OF SOUL est là : la qualité des composition et de leur interprétation vocale et instrumentale est médiocre. Non pas nulle ; même plutôt agréable ; mais?indéniablement médiocre. En ce sens qu’elles ne nous guident pas au sublime. Cela ne m’a pas empêché d’adorer cet album à sa sortie : « On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans », chantait Rimbaud. J’en avais dix-huit et dix-neuf.

Oh, certes, l’idée de« Contes et légendes d’Efeandayl » était originale : il s’agit d’un voyage à travers les contrées d’un monde heroic fantasy, – un monde de rêve créé par les membres du groupe, et nommé Efeandayl. Les personnages évoqués, les héros chantés changent sans cesse. Personne n’avait réalisé cela avant eux. L’idée de mélanger les chants masculins Black Metal et baryton, parfois accompagnés d’une soprano, était, quant à elle, relativement neuve.

C’est que FOREST OF SOUL appartient à une génération qui découvrait le Black et le Dark, et s’amusait chaque jour à y inclure de nouvelles expériences musicales. Les meilleures innovations venaient souvent de groupes obscurs, ignorés. Surgi plus tardivement dans nos contrées, le Black Dark Metal était alors à cette époque un mouvement, libre, jeune, plein de sève et de sang, et non imitatif. FOREST OF SOUL est le type même de ces formations sans grand talent, sans aucun génie, mais auxquelles la sincérité, la spontanéité, donnaient le ton juste, l’oreille adéquate. Ces petits groupes portaient le Black Dark dans leur âme. Tant et si bien que ces« Contes et légendes d’Efeandayl » s’écoutent sans ridicule, et possèdent cette gravité, cette dignité dans l’exécution, qui pardonne toutes les insuffisances.

Et elles sont nombreuses ! Les chants masculins sonnent presque faux ; le chant soprano est tout juste acceptable, à l’évidence trop emphatique, sans joliesse particulière, en un mot : commun ; le niveau d’interprétation instrumentale ne dépasse pas les premiers mois d’apprentissage pour chaque instrument : deux guitares, une basse, une batterie, un synthétiseur (ou clavier, comme on dit).

Les mélodies sont cependant loin d’être exécrables, et une chanson comme « Watchers’ Line », que j’ai connue longtemps par c?ur, est leur chef-d’?uvre, car entraînante tout en développant un caractère épique et tragique qui nécessiterait plus de lenteur chez d’autres. Une volonté de Destin s’y reflète. C’est une chanson pleine d’âme. Les douze compositions de l’album sont, sur le plan technique, assez recherchées, assez longues, peu répétitives. Leur construction, très atmosphérique par les coupures, les absences de riffs, leurs lentes montées, leurs brusques éclatements, évitent l’ennui qu’une rhétorique plus commune apporterait. Le son est assez clair et graisseux, les guitares et la basse alternent de riffs brutaux aux mélodies les plus délicates, parfois joyeuses et plus souvent mélancoliques, toujours puissantes, viriles. Je dois même reconnaître que l’apparition intermittente du clavier, avec ses jeux de piano et d’orgue, et ses cordes discrètes et judicieuses, relève la valeur générale.

Mais alors, quel est le problème ? Il est qu’on se lasse vite de l’album, de ces mélodies médiocres, c’est-à-dire moyennes. Ce qui sauve cet album, justement, est la sincérité de ses exécutants, ce caractère propre, ce goût instinctif enfin, cette personnalité qui exsude à travers les notes. « Contes et légendes d’Efeandayl » est l’un des albums les plus sympathiques, que j’ai connu en quinze ans d’érudition mélomane, s’instaurant par un charme obsessionnel chez l’auditeur. Mais on le quitte à la deuxième écoute ; pour y revenir sans faute six mois après.

En conséquence, s’il ne tenait qu’à mon c?ur de juger, j’accorderais facilement – et en toute iniquité – un 14 /20 à cet album jadis adoré. Adoré pour son atmosphère unique, et son originalité dans les chants masculins et leurs superpositions chorales.

Fans de jeux de rôle à la recherche de bons scénarios et belles aventures heroic fantasy, ou mélomanes curieux d’originalité musicale, ou bien encore blasés désireux de se rafraîchir à une source claire, se doivent de rechercher cet album et de l’écouter et le lire avec toute la gravité due aux ?uvres de quelque intérêt.

Toutefois, s’il ne vous sied pas de claquer votre fric en faveur de quelque curiosité esthétique ; si en outre, votre regard critique embrasse non l’époque de sortie de l’album, mais tout l’horizon musical découvert depuis ; alors, je me dois de vous prévenir, en toute objectivité, que « Contes et Légendes d’Efeandayl » ne mérite pas de retenir votre attention.

Je ne puis ainsi décemment pas lui accorder la moyenne. Et là, j’en pleure?

Septic Flesh : Temple of the Lost Race

July 14th, 2007 by admin

Septic Flesh : Temple of the Lost RaceParu en 1991, « Temple of the Lost Race » est la deuxième démo (EP) des Grecs de SEPTIC FLESH. Démo autoproduite, de durée assez courte (10 minutes).

Je n’ai jamais eu l’occasion d’écouter ce disque, c’est pourquoi je me contenterai d’un commentaire. À quelle fin ?

Je tiens à signaler que« Temple of the Lost Race » a été réenregistré dans son entier en 1997 et inclus dans l’album « A Fallen Temple » (1998). Selon les sources que j’ai pu consulter, dont des interviews du groupe à l’époque, la nouvelle version ne semble pas différer de beaucoup de la version originale, si ce ne sont quelques rares améliorations structurelles, architecturales, rhétoriques, mais pas mélodiques. La nouvelle version a donc pour avantage essentiel une plus grande maîtrise technique dans l’interprétation instrumentale et vocale et un son de meilleure qualité.

À l’attention des puristes, sachez cependant que l’EP originel (c’est-à-dire la version de 1991), a été joint à la réédition du premier album du groupe, « Mystic Places of Dawn ». Ayant acheté cet album quasiment à sa sortie, en 1994, j’en suis malheureusement privé !

Je vous renvoie par conséquent à ma chronique de « A Fallen Temple » pour la description de cet EP, qui constitue dorénavant un simple article de collection, puisqu’il n’est plus inédit.

Septic Flesh : A Fallen Temple

July 14th, 2007 by admin

Septic Flesh : A Fallen Temple« A Fallen Temple », sorti en 1998, n’est pas officiellement le quatrième album des Grecs de SEPTIC FLESH, mais il le constitue de fait.

L’album se divise en trois parties : « The New Order » (le Nouvel Ordre), puis « Testimonial » (Recommandation), enfin « End.of the Circle » (Fin du Cercle).

« Le Nouvel Ordre », première section de l’album, contient quatre morceaux.

Le premier, intitulé « Brotherhood of the Fallen Knights », et le troisième, « Marble Smiling Face », constituent deux inédites de première qualité, Death Metal mélodique et onirique, plein d’échos lointains, de reflets aqueux dans les harmonies, de cette Joie de l’éternité, qui est une mélancolie discrète et heureuse.

Mais les deux autres morceaux, sont plus?surprenants. La qualité en est par ailleurs tout aussi superbe, sinon supérieure. Il s’agit du deuxième morceau de cette première section, « The Eldest Cosmonaut », et du quatrième, titré « Underworld – Act I ».

« The Eldest Cosmonaut » est le morceau phare de l’album, et peut-être son chef-d’?uvre. L’atmosphère humide, pleinement aqueuse, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, se révèle un infini cosmologique, celui de l’espace. Le rythme est de tempo moyen ; les voix masculines et féminines sont claires et étrangement résonnantes ; un clavier de piano et de samples scientifiques y constitue un instrument à part entière ; tandis que la basse accentue la lourdeur et l’oppression d’une atmosphère saturée d’hydrogène, en l’absence totale d’oxygène. Les guitares enfin oscillent en circonvolutions inédites, – mélodies perdues au sein du cosmos. À noter cependant l’absence totale de voix Death. Probablement le morceau le plus original et l’un des plus grand chef-d’?uvre de SEPTIC FLESH.

« Underworld – Act I », quatrième et dernier morceau de cette première section, est un morceau de musique classique contemporaine, très avant-gardiste dans le style. En effet, la musique y est descriptive de l’action, sans sacrifier l’image du Ciel, des rêves. « Underwold – Act I » se veut donc une musique représentative de la vie dans son ensemble, à tous ses niveaux hiérarchiques. Le chant soprano cristallin de Natalie Rassoulis, professionnelle, accompagne dignement les notes, avec les voix masculines claires de Sotiris et Kostas. Les jeux de voix ont par ailleurs extrêmement riches, profonds et variés.

Les paroles des musiques purement Death Metal se réfèrent au Passé. Celles des deux morceaux plus originaux, relèvent de la science-fiction. Mais cette science-fiction permet de se plonger en réalité dans un vertige futur qui ramène à notre Passé le plus antique. Autrement dit, aller de l’avant pour comprendre notre âme humaine la plus ancienne, la plus substantielle.

Je me suis beaucoup étendu dans la description de cette première section : Le Nouvel Ordre. Mais, c’est qu’à travers elle, l’album « A Fallen Temple » (Un Temple effondré) découvre pour la première fois le dédoublement schizophrénique qui poussera le groupe à se scinder en deux entités distinctes : d’une part, le SEPTIC FLESH purement Death et brutal de « Revolution DNA » (1999), de l’autre l’aventurier CHAOSTAR (1999-2004). Avant que le conflit ne se résolve à travers le prisme du dernier album en date de SEPTIC FLESH, le sublime, mortuaire et sélénite « Sumerian Daemons » (2003).

Je passe donc plus rapidement sur les deux autres sections évoquées : « Recommandation » et « Fin du Cercle ».

« Recommandation » est le réenregistrement du Mini Lp « Temple of the Lost Race » (titre éloquent s’il en fut) qui fit remarquer SEPTIC FLESH sur la scène Metal. Et leur permit la signature en vue de la réalisation d’un premier album.

Les quatre chansons de« Recommandation » se révèlent très brutales, très violentes, – délicieux interlude entre deux sections plongées pour l’essentiel dans ce tempo moyen qu’affectionnait particulièrement SEPTIC FLESH à cette époque. Le son est excellent, puisque le groupe bénéficie des studios de qualité dévolus aux artistes confirmés. Quelques samples, méthode très originale en 1991 (date de composition), agrément ces guitares et cette basse coercitives ainsi que ce chant impérieux, agressif. Les solos s’y révèlent déjà serpentin, s’entrelaçant en permanence jusqu’à l’embrassement fusionnel, lorsqu’ils sont lâchés !

Troisième Section, « Fin du Cercle » referme la boucle commencée à la première section et interrompue par la seconde. Mais elle rejoint « Le Nouvel Ordre » en ce qu’il possédait de plus inédit et original à travers ses deux morceaux.

Le premier est « Underworld – Act II », qui présente toutes les caractéristiques du premier acte déjà décrit.

Puis, en second, l’album se clôt sur une « dark version » de « The Eldest Cosmonaut ». En réalité, la même que la « clear version », mais agrémentée d’un sample de batterie industrielle très lourde et au jeu varié, et d’un chant Death Metal guttural en voix principale. Je trouve cependant cette version moins gracieuse, moins heureuse que la précédente. C’est pourtant elle qui fera l’objet du seul clip vidéo du groupe.

En conclusion, « A Fallen Temple » est un album de Death Metal d’une originalité rare, aveuglante, et, aussi fou que puisse paraître cet adjectif, aqueux, tant l’humidité y semble?spatiale ! À s’y noyer.

Septic Flesh : Temple of the Lost Race

July 14th, 2007 by admin

Septic Flesh : Temple of the Lost RaceParu en 1991, « Temple of the Lost Race » est la deuxième démo (EP) des Grecs de SEPTIC FLESH. Démo autoproduite, de durée assez courte (10 minutes).

Je n’ai jamais eu l’occasion d’écouter ce disque, c’est pourquoi je me contenterai d’un commentaire. À quelle fin ?

Je tiens à signaler que« Temple of the Lost Race » a été réenregistré dans son entier en 1997 et inclus dans l’album « A Fallen Temple » (1998). Selon les sources que j’ai pu consulter, dont des interviews du groupe à l’époque, la nouvelle version ne semble pas différer de beaucoup de la version originale, si ce ne sont quelques rares améliorations structurelles, architecturales, rhétoriques, mais pas mélodiques. La nouvelle version a donc pour avantage essentiel une plus grande maîtrise technique dans l’interprétation instrumentale et vocale et un son de meilleure qualité.

À l’attention des puristes, sachez cependant que l’EP originel (c’est-à-dire la version de 1991), a été joint à la réédition du premier album du groupe, « Mystic Places of Dawn ». Ayant acheté cet album quasiment à sa sortie, en 1994, j’en suis malheureusement privé !

Je vous renvoie par conséquent à ma chronique de « A Fallen Temple » pour la description de cet EP, qui constitue dorénavant un simple article de collection, puisqu’il n’est plus inédit.

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