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Summoning : Stronghold

July 6th, 2007 by admin

Summoning : StrongholdÉtrange SUMMONIG, groupe autrichien né au commencement des années 1990, qui débuta en 1994 par le très moyen, très bancal « And all was silent… », premier album et œuvre malheureuse de PAZUZU ; puis accoucha, cinq ans après, sous un autre nom, du superbe « Stronghold ».

Car, si ce n’est le second morceau, très inférieur à l’ensemble, voire le premier un peu trop facile pour n’être pas banal, cet album touche à la perfection. Et nous pesons nos mots !

Sur le plan purement technique, SUMMONING use ici de claviers omniprésents, reléguant en musique de fond les classiques instruments électriques du Metal : guitares et batterie (notons l’absence de basse), qui, à l’inverse des autres groupes de l’époques, servent seulement à rythmer les morceaux. Cette rythmique se révèle d’ailleurs très riche en mélodies. Notamment la si dédaignée batterie, ici souvent à l’honneur, amis batteurs.

Ce sont ainsi les claviers qui guident les compositions, et instaurent l’harmonie électrique.

Mais comment alors exprimer le pouvoir énergique et intense d’un « Stronghold », album qui sait par des claviers évoquer la lourdeur et la puissance des guitares électriques qui l’accompagnent ?

Je crois que l’originalité suprême de SUMMONING est une sorte de « mélancolie martiale ». Une mélancolie du fonds des âges, silence musical de la Paix des Morts. Or, son caractère martial se révèle offensif, très coercitif. Elle paraît appliquer l’antique sagesse romaine : Si vis pacem, para bellum : Si tu veux la paix, prépare la guerre. Mais l’ennemi ici, n’est autre qu’un présent fade et méprisé : celui des vivants ! Aussi est-ce la ruée des Morts Anciens contre les Pâles Vivants. JAMAIS je n’ai entendu cela.

En outre d’une technicité dans les morceaux qui frôle un certain byzantinisme. Mais ce n’est que pour y emprunter une morbidesse vivifiée, « charnelisée » d’une santé toute germanique. Ce qui signifie lourde, froide un peu d’extérieur, et si chaude si l’on pénètre ses frondaisons…Chaude comme la voûte arachnéenne des chênes, hêtres et sorbiers qui hantent ces forêts infinies ! Toutefois, seules les premières minutes de chaque morceau sont créatives, le groupe se contentant par la suite de répéter pour l’essentiel, avec quelques variations, deux ou trois fois le morceau. Mais c’est ce procédé rhétorique qui permet d’approfondir et alourdir l’atmosphère.

Le chant, très Black Metal, très caverneux, semble issu de cet univers sylvestre antique et plus vivant que les Vivants. Une agréable voix de soprano honore seule le cinquième morceau, où les guitares prennent par exception le pas sur les claviers.

Ces merveilles semblent issues d’un soleil nocturne. Et seules les larmes de l’auditeur imprudent, fixant trop longtemps cette lumière difficile, savent encore exprimer l’éclat unique de « Stronghold ».

Il va de soi qu’à ce niveau, nous sommes face à une Å“uvre rare, obsessionnelle, qui à chaque écoute me paraît plus chef-d’Å“uvre qu’à la précédente.

One Response

  1. passant

    Je préfère Lugburz, dont le style est néanmoins très éloigné. Stronghold m’endort.

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