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Septic Flesh : The Ophidian Wheel

July 8th, 2007 by admin

The Ophidian Wheel« Le Lion ne vole pas, – c’est le grand prosateur ; le poète est l’aigle, – il a des ailes. Mais le grand poète prosateur, c’est le lion de Saint Marc, qui est un lion qui a des ailes ! » (Barbey d’Aurevilly)

Voici le Blason qui me semble parfaitement convenir à cet album ! Qu’entre à présent l’animal héraldique et fabuleux qui décrira le mieux cet album d’oxymore, le troisième de SEPTIC FLESH, paru en 1997, j’ai nommé : « The Ophidian Wheel ».

« The Ophidian Wheel » peut se traduire « La Roue Ophidienne » en français. Du grec « ophis », qui signifie serpent. L’on devine que le Serpent s’y mord la queue, symbole de l’Éternel Retour. Autrement dit, la Roue Ophidienne est une métaphore évoquant le mouvement circulaire, à la fois achevé et en action, de la Vie, de l’Histoire. Les ?uvres graphiques de l’album, réalisées par l’artiste plasticien Spiros Antoniou, bassiste et chanteur du groupe, arborent par conséquent l’éclipse solaire.

Et c’est bien ainsi qu’il faut alors comprendre l’esprit de cet album : union de la Lune et du Soleil, de la Ténèbre et de la Lumière. Un oxymore perpétuel. Une symbiose symphonique des contraires. Ou de ce que nos préjugés considèrent comme tels. Une attaque de nos préjugés artificiels vers l’essence unitaire de la Vie.

Ce prélude philosophique m’a paru nécessaire afin de mieux comprendre l’âme de cet album.

SEPTIC FLESH joue donc un Death Metal unique en son genre. Très original. Très mélodique. Très abordable aussi, fut-ce pour ceux qui n’apprécient pourtant guère ce genre musical.

La voix de Spiros a l’orgueil (reptilien) de se vouloir « dragonnesque ». Le terme ne paraît pas impropre. Quelques chansons s’agrémentent du chant d’une soprano professionnelle, Natalie Rassoulis, à titre d’invitée. Ce n’était pas encore le temps des groupes de Metal à chanteuse. Natalie Rassoulis possède un art qui touche au génie. À l’évidence la meilleure chanteuse « Metal ». À laquelle il faut ajouter le chant clair, quelque peu rêche, de Sotiris, guitariste soliste. Et ces trois chants peuvent être commun, ou en canon !

Mais comment décrire la musique instrumentale ? Toute en arabesque, annelée, pleine de jeux solistes jusque dans la rythmique. Des riffs puissants, omnipotents, interrogateurs, tant à la basse qu’à la guitare. Ils commencent toujours tels une quête, une recherche perpétuelle. Sans jamais perdre un certain équilibre, comme si la recherche se fondait en permanence dans une minute d’éternité.

Une joie explose alors, un paroxysme dans la Grâce. Tout y est ténèbre et lumière. Le Soleil nocturne !

La batterie n’est pas en reste, et son jeu ouvre chaque note « oxymorique », la splendeur de chaque mesure.

Le groupe use peu de synthé, si ce n’est pour quelques interludes très « musique classique », composés par Chris, dans un style proche du descriptif musical, à la Debussy, et sonnant comme un prélude au futur CHAOSTAR.

Les poèmes qui constituent les paroles se réfèrent explicitement à la sagesse (« sophia ») la plus antique. Celle d’une certaine Méditerranée Orientale pré-islamique, helléniste et hellénophone. Les poèmes semblent découvrir des secrets oubliés, des pensées mortes, qui confèrent à l’éternité.

En ce qui concerne l’art de la composition, SEPTIC FLESH est l’enfant de la collaboration absolue des trois membres du groupe. Spiros amène le coté brutal, très extrémiste : caractère indispensable à toute aventure sérieuse, profonde. Son frère, Chris, guitariste, est un compositeur maître de la rhétorique musicale la plus classique : l’harmonie et la majesté naissent à travers son prisme. Sotiris enfin, compositeur principal des mélodies : âme créatrice et philosophique. SEPTIC FLESH est né de ce triumvirat magnifique, dont chaque membre est pilier fondamental de l’édifice. Et le reste encore aujourd’hui.

Je vous laisse l’extase de découvrir ou redécouvrir la merveille enchanteresse nommée SEPTIC FLESH. Toutefois, méfiez-vous de ces mélodies serpentines : elles se révèleront parfois traîtresses si vous vous y abandonnez trop passivement. Mesmérisme, hypnotisme des sens et de l’âme?Il faut être fou pour se fier à un reptile !

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