La Balafre

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Septic Flesh : A Fallen Temple

July 14th, 2007 by admin

Septic Flesh : A Fallen Temple« A Fallen Temple », sorti en 1998, n’est pas officiellement le quatrième album des Grecs de SEPTIC FLESH, mais il le constitue de fait.

L’album se divise en trois parties : « The New Order » (le Nouvel Ordre), puis « Testimonial » (Recommandation), enfin « End.of the Circle » (Fin du Cercle).

« Le Nouvel Ordre », première section de l’album, contient quatre morceaux.

Le premier, intitulé « Brotherhood of the Fallen Knights », et le troisième, « Marble Smiling Face », constituent deux inédites de première qualité, Death Metal mélodique et onirique, plein d’échos lointains, de reflets aqueux dans les harmonies, de cette Joie de l’éternité, qui est une mélancolie discrète et heureuse.

Mais les deux autres morceaux, sont plus?surprenants. La qualité en est par ailleurs tout aussi superbe, sinon supérieure. Il s’agit du deuxième morceau de cette première section, « The Eldest Cosmonaut », et du quatrième, titré « Underworld – Act I ».

« The Eldest Cosmonaut » est le morceau phare de l’album, et peut-être son chef-d’?uvre. L’atmosphère humide, pleinement aqueuse, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, se révèle un infini cosmologique, celui de l’espace. Le rythme est de tempo moyen ; les voix masculines et féminines sont claires et étrangement résonnantes ; un clavier de piano et de samples scientifiques y constitue un instrument à part entière ; tandis que la basse accentue la lourdeur et l’oppression d’une atmosphère saturée d’hydrogène, en l’absence totale d’oxygène. Les guitares enfin oscillent en circonvolutions inédites, – mélodies perdues au sein du cosmos. À noter cependant l’absence totale de voix Death. Probablement le morceau le plus original et l’un des plus grand chef-d’?uvre de SEPTIC FLESH.

« Underworld – Act I », quatrième et dernier morceau de cette première section, est un morceau de musique classique contemporaine, très avant-gardiste dans le style. En effet, la musique y est descriptive de l’action, sans sacrifier l’image du Ciel, des rêves. « Underwold – Act I » se veut donc une musique représentative de la vie dans son ensemble, à tous ses niveaux hiérarchiques. Le chant soprano cristallin de Natalie Rassoulis, professionnelle, accompagne dignement les notes, avec les voix masculines claires de Sotiris et Kostas. Les jeux de voix ont par ailleurs extrêmement riches, profonds et variés.

Les paroles des musiques purement Death Metal se réfèrent au Passé. Celles des deux morceaux plus originaux, relèvent de la science-fiction. Mais cette science-fiction permet de se plonger en réalité dans un vertige futur qui ramène à notre Passé le plus antique. Autrement dit, aller de l’avant pour comprendre notre âme humaine la plus ancienne, la plus substantielle.

Je me suis beaucoup étendu dans la description de cette première section : Le Nouvel Ordre. Mais, c’est qu’à travers elle, l’album « A Fallen Temple » (Un Temple effondré) découvre pour la première fois le dédoublement schizophrénique qui poussera le groupe à se scinder en deux entités distinctes : d’une part, le SEPTIC FLESH purement Death et brutal de « Revolution DNA » (1999), de l’autre l’aventurier CHAOSTAR (1999-2004). Avant que le conflit ne se résolve à travers le prisme du dernier album en date de SEPTIC FLESH, le sublime, mortuaire et sélénite « Sumerian Daemons » (2003).

Je passe donc plus rapidement sur les deux autres sections évoquées : « Recommandation » et « Fin du Cercle ».

« Recommandation » est le réenregistrement du Mini Lp « Temple of the Lost Race » (titre éloquent s’il en fut) qui fit remarquer SEPTIC FLESH sur la scène Metal. Et leur permit la signature en vue de la réalisation d’un premier album.

Les quatre chansons de« Recommandation » se révèlent très brutales, très violentes, – délicieux interlude entre deux sections plongées pour l’essentiel dans ce tempo moyen qu’affectionnait particulièrement SEPTIC FLESH à cette époque. Le son est excellent, puisque le groupe bénéficie des studios de qualité dévolus aux artistes confirmés. Quelques samples, méthode très originale en 1991 (date de composition), agrément ces guitares et cette basse coercitives ainsi que ce chant impérieux, agressif. Les solos s’y révèlent déjà serpentin, s’entrelaçant en permanence jusqu’à l’embrassement fusionnel, lorsqu’ils sont lâchés !

Troisième Section, « Fin du Cercle » referme la boucle commencée à la première section et interrompue par la seconde. Mais elle rejoint « Le Nouvel Ordre » en ce qu’il possédait de plus inédit et original à travers ses deux morceaux.

Le premier est « Underworld – Act II », qui présente toutes les caractéristiques du premier acte déjà décrit.

Puis, en second, l’album se clôt sur une « dark version » de « The Eldest Cosmonaut ». En réalité, la même que la « clear version », mais agrémentée d’un sample de batterie industrielle très lourde et au jeu varié, et d’un chant Death Metal guttural en voix principale. Je trouve cependant cette version moins gracieuse, moins heureuse que la précédente. C’est pourtant elle qui fera l’objet du seul clip vidéo du groupe.

En conclusion, « A Fallen Temple » est un album de Death Metal d’une originalité rare, aveuglante, et, aussi fou que puisse paraître cet adjectif, aqueux, tant l’humidité y semble?spatiale ! À s’y noyer.

Septic Flesh : The Eldest Cosmonaut

July 14th, 2007 by admin

Septic Flesh : The Eldest Cosmonaut« The Eldest Cosmonaut » est un Mini CD paru à la suite immédiate de « A Fallen Temple », la même année. En réalité, il en constitue un complément, indispensable pour les fans.

« The Eldest Cosmonaut » se décompose en quatre morceaux, qui exposent en quatre actes toutes les facettes musicales du groupe. Mais cet album est un grand mini album, d’une durée de 25 minutes. Il est vrai que les autres albums de Septic Flesh dépassent l’heure.

Le premier morceau de l’album est le titre éponyme, dans sa « dark version », et que j’ai déjà décrit dans ma chronique de « A Fallen Temple ». Le lecteur me permettra d’effectuer un simple copié-collé, me plagiant effrontément.

« The Eldest Cosmonaut » est le morceau phare de l’album. L’atmosphère humide, pleinement aqueuse, à laquelle nous avons fait allusion plus haut, se révèle un infini cosmologique, celui de l’espace. Le rythme est de tempo moyen ; les voix masculines et féminines sont claires et étrangement résonnantes ; un clavier de piano et de samples scientifiques y constitue un instrument à part entière ; tandis que la basse accentue la lourdeur et l’oppression d’une atmosphère saturée d’hydrogène, en l’absence totale d’oxygène. Les guitares enfin oscillent en circonvolutions inédites, – mélodies perdues au sein du cosmos. Probablement le morceau le plus original et l’un des plus grand chef-d’?uvre de Septic Flesh. La « dark version » de « The Eldest Cosmonaut » est en réalité à l’identique de la version claire figurant sur « A Fallen Temple », mais agrémentée d’un sample de batterie industrielles très lourde et au jeu varié, et un chant Death Metal guttural comme voix principale.

Je m’autoriserai le même jeu de copié-collé à propos du deuxième morceau, intitulé « Underworld – Act III ». C’est un morceau de musique classique contemporaine, très avant-gardiste dans le style. En effet, la musique y est descriptive de l’action, sans sacrifier l’image du Ciel, des rêves. « Underwold – Act III » se veut donc une musique représentative de la vie dans son ensemble, à tous ses niveaux hiérarchiques. Le chant soprano cristallin de Natalie Rassoulis, professionnelle, accompagne dignement les notes, avec les voix masculines claires de Sotiris et Kostas. Les jeux de voix ont par ailleurs extrêmement riches, profonds et variés. Les deux premiers « Actes » de cette fresque musicale étrange sont publiés dans l’album « A Fallen Temple ».

Je cesse de me contrefaire à compter du troisième morceau. « Finale » est un instrumental de musique classique, qui oscille entre le caractère descriptif des « Underworld », et la majesté orchestrale, pleine d’orgueil et de splendeur impériale dans la vie. J’oserai affirmer en tant que mélomane chevronné, que« Finale », par ce dernier trait, contient quelques mesures appartenant aux plus belles mélodies qu’il m’ait été donné d’entendre dans ma vie.

Enfin, quatrième et dernière chanson, « Woman of the Ring » avait déjà été publiée en 1996 dans la compilation « Holy Bible » de la maison de disque de Septic Flesh à l’époque, Holy Records. Le chant death guttural de Spiros s’y accompagne de la voix rêche, écharpée, mais claire de Sotiris. Une musique au tempo lent, un Death très mélodique. Le chant semble y invoquer dans une mélancolie infinie le fantôme d’une déesse, Elishanth. Les riffs les plus brutaux y côtoie les pleurs musicaux (imaginez, des larmes Death !). Cette chanson semble plus une épitaphe, un requiem de tristesse, de brumes, de vague à l’âme?De brumes, oui, exactement. Car, seule l’image d’une brume blanche, alternativement dense et légère, s’inscrit dans l’âme de l’auditeur à l’écoute de ce morceau?brumeux. L’intérêt de cette réédition par rapport à la version figurant sur la compilation « Holy Bible » est de l’avoir entièrement remixée (« remastered ») pour en obtenir un son à la fois plus précis, plus limpide, plus argentin, mais aussi plus profond car plus puissant, aux résonances plus riches.

Septic Flesh a ainsi octroyé à ses fans un court album, digne des précédents. Les Grecs nous offrent selon leur habitude une musique damasquinée, incisée de reliefs mélodiques originaux, de traits harmoniques imprévus, et surtout, d’un Art de très haute qualité.

P.S. : Je signale que ce MCD est vendu accompagné d’une cassette VHS contenant le clip de la chanson « The Eldest Cosmonaut » dans sa « Dark Version », et dans lequel on peut voir Septic Flesh jouer, et Spiros Antoniou, Sotiris Vayenas et Natalie Rassoulis chanter, dans un décor sobre et de science-fiction galactique très mystérieux. Un plaisir de l’?il?disponible dans la section vidéo de Spirit of Metal !

Septic Flesh : Ophidian Wheel

July 8th, 2007 by admin

Septic Flesh : Ophidian Wheel« Le Lion ne vole pas, – c’est le grand prosateur ; le poète est l’aigle, – il a des ailes. Mais le grand poète prosateur, c’est le lion de Saint Marc, qui est un lion qui a des ailes ! » (Barbey d’Aurevilly)

Voici le Blason qui me semble parfaitement convenir à cet album ! Qu’entre à présent l’animal héraldique et fabuleux qui décrira le mieux cet album d’oxymore, le troisième de SEPTIC FLESH, paru en 1997, j’ai nommé : « The Ophidian Wheel ».

« The Ophidian Wheel » peut se traduire « La Roue Ophidienne » en français. Du grec « ophis », qui signifie serpent. L’on devine que le Serpent s’y mord la queue, symbole de l’Éternel Retour. Autrement dit, la Roue Ophidienne est une métaphore évoquant le mouvement circulaire, à la fois achevé et en action, de la Vie, de l’Histoire. Les ?uvres graphiques de l’album, réalisées par l’artiste plasticien Spiros Antoniou, bassiste et chanteur du groupe, arborent par conséquent l’éclipse solaire.

Et c’est bien ainsi qu’il faut alors comprendre l’esprit de cet album : union de la Lune et du Soleil, de la Ténèbre et de la Lumière. Un oxymore perpétuel. Une symbiose symphonique des contraires. Ou de ce que nos préjugés considèrent comme tels. Une attaque de nos préjugés artificiels vers l’essence unitaire de la Vie.

Ce prélude philosophique m’a paru nécessaire afin de mieux comprendre l’âme de cet album.

SEPTIC FLESH joue donc un Death Metal unique en son genre. Très original. Très mélodique. Très abordable aussi, fut-ce pour ceux qui n’apprécient pourtant guère ce genre musical.

La voix de Spiros a l’orgueil (reptilien) de se vouloir « dragonnesque ». Le terme ne paraît pas impropre. Quelques chansons s’agrémentent du chant d’une soprano professionnelle, Natalie Rassoulis, à titre d’invitée. Ce n’était pas encore le temps des groupes de Metal à chanteuse. Natalie Rassoulis possède un art qui touche au génie. À l’évidence la meilleure chanteuse « Metal ». À laquelle il faut ajouter le chant clair, quelque peu rêche, de Sotiris, guitariste soliste. Et ces trois chants peuvent être commun, ou en canon !

Mais comment décrire la musique instrumentale ? Toute en arabesque, annelée, pleine de jeux solistes jusque dans la rythmique. Des riffs puissants, omnipotents, interrogateurs, tant à la basse qu’à la guitare. Ils commencent toujours tels une quête, une recherche perpétuelle. Sans jamais perdre un certain équilibre, comme si la recherche se fondait en permanence dans une minute d’éternité.

Une joie explose alors, un paroxysme dans la Grâce. Tout y est ténèbre et lumière. Le Soleil nocturne !

La batterie n’est pas en reste, et son jeu ouvre chaque note « oxymorique », la splendeur de chaque mesure.

Le groupe use peu de synthé, si ce n’est pour quelques interludes très « musique classique », composés par Chris, dans un style proche du descriptif musical, à la Debussy, et sonnant comme un prélude au futur CHAOSTAR.

Les poèmes qui constituent les paroles se réfèrent explicitement à la sagesse (« sophia ») la plus antique. Celle d’une certaine Méditerranée Orientale pré-islamique, helléniste et hellénophone. Les poèmes semblent découvrir des secrets oubliés, des pensées mortes, qui confèrent à l’éternité.

En ce qui concerne l’art de la composition, SEPTIC FLESH est l’enfant de la collaboration absolue des trois membres du groupe. Spiros amène le coté brutal, très extrémiste : caractère indispensable à toute aventure sérieuse, profonde. Son frère, Chris, guitariste, est un compositeur maître de la rhétorique musicale la plus classique : l’harmonie et la majesté naissent à travers son prisme. Sotiris enfin, compositeur principal des mélodies : âme créatrice et philosophique. SEPTIC FLESH est né de ce triumvirat magnifique, dont chaque membre est pilier fondamental de l’édifice. Et le reste encore aujourd’hui.

Je vous laisse l’extase de découvrir ou redécouvrir la merveille enchanteresse nommée SEPTIC FLESH. Toutefois, méfiez-vous de ces mélodies serpentines : elles se révèleront parfois traîtresses si vous vous y abandonnez trop passivement. Mesmérisme, hypnotisme des sens et de l’âme?Il faut être fou pour se fier à un reptile !

Septic Flesh : Ophidian Wheel

July 8th, 2007 by admin

Septic Flesh : Ophidian Wheel« Le Lion ne vole pas, – c’est le grand prosateur ; le poète est l’aigle, – il a des ailes. Mais le grand poète prosateur, c’est le lion de Saint Marc, qui est un lion qui a des ailes ! » (Barbey d’Aurevilly)

Voici le Blason qui me semble parfaitement convenir à cet album ! Qu’entre à présent l’animal héraldique et fabuleux qui décrira le mieux cet album d’oxymore, le troisième de SEPTIC FLESH, paru en 1997, j’ai nommé : « The Ophidian Wheel ».

« The Ophidian Wheel » peut se traduire « La Roue Ophidienne » en français. Du grec « ophis », qui signifie serpent. L’on devine que le Serpent s’y mord la queue, symbole de l’Éternel Retour. Autrement dit, la Roue Ophidienne est une métaphore évoquant le mouvement circulaire, à la fois achevé et en action, de la Vie, de l’Histoire. Les ?uvres graphiques de l’album, réalisées par l’artiste plasticien Spiros Antoniou, bassiste et chanteur du groupe, arborent par conséquent l’éclipse solaire.

Et c’est bien ainsi qu’il faut alors comprendre l’esprit de cet album : union de la Lune et du Soleil, de la Ténèbre et de la Lumière. Un oxymore perpétuel. Une symbiose symphonique des contraires. Ou de ce que nos préjugés considèrent comme tels. Une attaque de nos préjugés artificiels vers l’essence unitaire de la Vie.

Ce prélude philosophique m’a paru nécessaire afin de mieux comprendre l’âme de cet album.

SEPTIC FLESH joue donc un Death Metal unique en son genre. Très original. Très mélodique. Très abordable aussi, fut-ce pour ceux qui n’apprécient pourtant guère ce genre musical.

La voix de Spiros a l’orgueil (reptilien) de se vouloir « dragonnesque ». Le terme ne paraît pas impropre. Quelques chansons s’agrémentent du chant d’une soprano professionnelle, Natalie Rassoulis, à titre d’invitée. Ce n’était pas encore le temps des groupes de Metal à chanteuse. Natalie Rassoulis possède un art qui touche au génie. À l’évidence la meilleure chanteuse « Metal ». À laquelle il faut ajouter le chant clair, quelque peu rêche, de Sotiris, guitariste soliste. Et ces trois chants peuvent être commun, ou en canon !

Mais comment décrire la musique instrumentale ? Toute en arabesque, annelée, pleine de jeux solistes jusque dans la rythmique. Des riffs puissants, omnipotents, interrogateurs, tant à la basse qu’à la guitare. Ils commencent toujours tels une quête, une recherche perpétuelle. Sans jamais perdre un certain équilibre, comme si la recherche se fondait en permanence dans une minute d’éternité.

Une joie explose alors, un paroxysme dans la Grâce. Tout y est ténèbre et lumière. Le Soleil nocturne !

La batterie n’est pas en reste, et son jeu ouvre chaque note « oxymorique », la splendeur de chaque mesure.

Le groupe use peu de synthé, si ce n’est pour quelques interludes très « musique classique », composés par Chris, dans un style proche du descriptif musical, à la Debussy, et sonnant comme un prélude au futur CHAOSTAR.

Les poèmes qui constituent les paroles se réfèrent explicitement à la sagesse (« sophia ») la plus antique. Celle d’une certaine Méditerranée Orientale pré-islamique, helléniste et hellénophone. Les poèmes semblent découvrir des secrets oubliés, des pensées mortes, qui confèrent à l’éternité.

En ce qui concerne l’art de la composition, SEPTIC FLESH est l’enfant de la collaboration absolue des trois membres du groupe. Spiros amène le coté brutal, très extrémiste : caractère indispensable à toute aventure sérieuse, profonde. Son frère, Chris, guitariste, est un compositeur maître de la rhétorique musicale la plus classique : l’harmonie et la majesté naissent à travers son prisme. Sotiris enfin, compositeur principal des mélodies : âme créatrice et philosophique. SEPTIC FLESH est né de ce triumvirat magnifique, dont chaque membre est pilier fondamental de l’édifice. Et le reste encore aujourd’hui.

Je vous laisse l’extase de découvrir ou redécouvrir la merveille enchanteresse nommée SEPTIC FLESH. Toutefois, méfiez-vous de ces mélodies serpentines : elles se révèleront parfois traîtresses si vous vous y abandonnez trop passivement. Mesmérisme, hypnotisme des sens et de l’âme?Il faut être fou pour se fier à un reptile !

Septic Flesh : The Ophidian Wheel

July 8th, 2007 by admin

The Ophidian Wheel« Le Lion ne vole pas, – c’est le grand prosateur ; le poète est l’aigle, – il a des ailes. Mais le grand poète prosateur, c’est le lion de Saint Marc, qui est un lion qui a des ailes ! » (Barbey d’Aurevilly)

Voici le Blason qui me semble parfaitement convenir à cet album ! Qu’entre à présent l’animal héraldique et fabuleux qui décrira le mieux cet album d’oxymore, le troisième de SEPTIC FLESH, paru en 1997, j’ai nommé : « The Ophidian Wheel ».

« The Ophidian Wheel » peut se traduire « La Roue Ophidienne » en français. Du grec « ophis », qui signifie serpent. L’on devine que le Serpent s’y mord la queue, symbole de l’Éternel Retour. Autrement dit, la Roue Ophidienne est une métaphore évoquant le mouvement circulaire, à la fois achevé et en action, de la Vie, de l’Histoire. Les ?uvres graphiques de l’album, réalisées par l’artiste plasticien Spiros Antoniou, bassiste et chanteur du groupe, arborent par conséquent l’éclipse solaire.

Et c’est bien ainsi qu’il faut alors comprendre l’esprit de cet album : union de la Lune et du Soleil, de la Ténèbre et de la Lumière. Un oxymore perpétuel. Une symbiose symphonique des contraires. Ou de ce que nos préjugés considèrent comme tels. Une attaque de nos préjugés artificiels vers l’essence unitaire de la Vie.

Ce prélude philosophique m’a paru nécessaire afin de mieux comprendre l’âme de cet album.

SEPTIC FLESH joue donc un Death Metal unique en son genre. Très original. Très mélodique. Très abordable aussi, fut-ce pour ceux qui n’apprécient pourtant guère ce genre musical.

La voix de Spiros a l’orgueil (reptilien) de se vouloir « dragonnesque ». Le terme ne paraît pas impropre. Quelques chansons s’agrémentent du chant d’une soprano professionnelle, Natalie Rassoulis, à titre d’invitée. Ce n’était pas encore le temps des groupes de Metal à chanteuse. Natalie Rassoulis possède un art qui touche au génie. À l’évidence la meilleure chanteuse « Metal ». À laquelle il faut ajouter le chant clair, quelque peu rêche, de Sotiris, guitariste soliste. Et ces trois chants peuvent être commun, ou en canon !

Mais comment décrire la musique instrumentale ? Toute en arabesque, annelée, pleine de jeux solistes jusque dans la rythmique. Des riffs puissants, omnipotents, interrogateurs, tant à la basse qu’à la guitare. Ils commencent toujours tels une quête, une recherche perpétuelle. Sans jamais perdre un certain équilibre, comme si la recherche se fondait en permanence dans une minute d’éternité.

Une joie explose alors, un paroxysme dans la Grâce. Tout y est ténèbre et lumière. Le Soleil nocturne !

La batterie n’est pas en reste, et son jeu ouvre chaque note « oxymorique », la splendeur de chaque mesure.

Le groupe use peu de synthé, si ce n’est pour quelques interludes très « musique classique », composés par Chris, dans un style proche du descriptif musical, à la Debussy, et sonnant comme un prélude au futur CHAOSTAR.

Les poèmes qui constituent les paroles se réfèrent explicitement à la sagesse (« sophia ») la plus antique. Celle d’une certaine Méditerranée Orientale pré-islamique, helléniste et hellénophone. Les poèmes semblent découvrir des secrets oubliés, des pensées mortes, qui confèrent à l’éternité.

En ce qui concerne l’art de la composition, SEPTIC FLESH est l’enfant de la collaboration absolue des trois membres du groupe. Spiros amène le coté brutal, très extrémiste : caractère indispensable à toute aventure sérieuse, profonde. Son frère, Chris, guitariste, est un compositeur maître de la rhétorique musicale la plus classique : l’harmonie et la majesté naissent à travers son prisme. Sotiris enfin, compositeur principal des mélodies : âme créatrice et philosophique. SEPTIC FLESH est né de ce triumvirat magnifique, dont chaque membre est pilier fondamental de l’édifice. Et le reste encore aujourd’hui.

Je vous laisse l’extase de découvrir ou redécouvrir la merveille enchanteresse nommée SEPTIC FLESH. Toutefois, méfiez-vous de ces mélodies serpentines : elles se révèleront parfois traîtresses si vous vous y abandonnez trop passivement. Mesmérisme, hypnotisme des sens et de l’âme?Il faut être fou pour se fier à un reptile !

Summoning : Stronghold

July 6th, 2007 by admin

Summoning : StrongholdÉtrange SUMMONIG, groupe autrichien né au commencement des années 1990, qui débuta en 1994 par le très moyen, très bancal « And all was silent… », premier album et œuvre malheureuse de PAZUZU ; puis accoucha, cinq ans après, sous un autre nom, du superbe « Stronghold ».

Car, si ce n’est le second morceau, très inférieur à l’ensemble, voire le premier un peu trop facile pour n’être pas banal, cet album touche à la perfection. Et nous pesons nos mots !

Sur le plan purement technique, SUMMONING use ici de claviers omniprésents, reléguant en musique de fond les classiques instruments électriques du Metal : guitares et batterie (notons l’absence de basse), qui, à l’inverse des autres groupes de l’époques, servent seulement à rythmer les morceaux. Cette rythmique se révèle d’ailleurs très riche en mélodies. Notamment la si dédaignée batterie, ici souvent à l’honneur, amis batteurs.

Ce sont ainsi les claviers qui guident les compositions, et instaurent l’harmonie électrique.

Mais comment alors exprimer le pouvoir énergique et intense d’un « Stronghold », album qui sait par des claviers évoquer la lourdeur et la puissance des guitares électriques qui l’accompagnent ?

Je crois que l’originalité suprême de SUMMONING est une sorte de « mélancolie martiale ». Une mélancolie du fonds des âges, silence musical de la Paix des Morts. Or, son caractère martial se révèle offensif, très coercitif. Elle paraît appliquer l’antique sagesse romaine : Si vis pacem, para bellum : Si tu veux la paix, prépare la guerre. Mais l’ennemi ici, n’est autre qu’un présent fade et méprisé : celui des vivants ! Aussi est-ce la ruée des Morts Anciens contre les Pâles Vivants. JAMAIS je n’ai entendu cela.

En outre d’une technicité dans les morceaux qui frôle un certain byzantinisme. Mais ce n’est que pour y emprunter une morbidesse vivifiée, « charnelisée » d’une santé toute germanique. Ce qui signifie lourde, froide un peu d’extérieur, et si chaude si l’on pénètre ses frondaisons…Chaude comme la voûte arachnéenne des chênes, hêtres et sorbiers qui hantent ces forêts infinies ! Toutefois, seules les premières minutes de chaque morceau sont créatives, le groupe se contentant par la suite de répéter pour l’essentiel, avec quelques variations, deux ou trois fois le morceau. Mais c’est ce procédé rhétorique qui permet d’approfondir et alourdir l’atmosphère.

Le chant, très Black Metal, très caverneux, semble issu de cet univers sylvestre antique et plus vivant que les Vivants. Une agréable voix de soprano honore seule le cinquième morceau, où les guitares prennent par exception le pas sur les claviers.

Ces merveilles semblent issues d’un soleil nocturne. Et seules les larmes de l’auditeur imprudent, fixant trop longtemps cette lumière difficile, savent encore exprimer l’éclat unique de « Stronghold ».

Il va de soi qu’à ce niveau, nous sommes face à une Å“uvre rare, obsessionnelle, qui à chaque écoute me paraît plus chef-d’Å“uvre qu’à la précédente.

Falkenbach : Ok Nefna Tysvar Ty

July 6th, 2007 by admin

Falkenbach : Ok Nefna Tysvar TyQui saura jamais, dans la postérité, ce qu’a pu représenter le Viking Metal pour une certaine jeunesse des années 1990-2000 ?

Qui comprendra le souffle vital qu’un FALKENBACH inspira pour nous ? Cet air de liberté absolue, par là même de virilité et de responsabilité qui s’exhala ? De responsabilité devant les aspérités de la vie.

FALKENBACH, dont le nom signifie « Les ailes du Faucon » dans la douceur gutturale de la langue allemande, est un vent frais et puissant. Son compositeur, poète et membre unique sur cet album, se nomme Vratyas Vakyas, le moine érémitique. Il y a un sens spirituel, dans ce surnom islandais quelque peu…chrétien !

Techniquement, l’instrumentation se contente d’un chant clair, accompagné de black sur le premier morceau, de guitares sèche et électrique, et d’une batterie ; la basse brille par son absence, donnant un coté très rêche à l’ensemble.

Mais quelle est l’âme de cet album, sa qualité distinctive ?

« La patrie est amère à celui qui a rêvé l’empire. Que nous est une patrie si elle n’est pas promesse d’empire ? » Ces mots de Drieu La Rochelle résonnent comme la problématique de l’album.

De fait, la musique, de folklore pur, donc nationaliste, y retentit d’échos infinis comme…la steppe russe conquise par les drakkars ou bien…comme la terreur sacrée des Vikings qui, pleins d’un rêve héroïque et brutal, découvrirent l’Islande, puis le Groenland, et poussèrent toujours à l’Ouest jusqu’au Vinnland (Canada). Trois continents : l’Europe, l’Asie, l’Amérique, jamais assez loin, jamais assez grands, pour ces aventuriers qui méprisaient parfois d’établir de manière durable et définitive leur présence sur le sol conquis. Et qu’importe, d’ailleurs ! Le sang sera toujours assez généreux pour revenir.

C’est cette immensité perpétuelle, inépuisable, qui caractérise le chant de Vratyas Vakyas. Et quelle respiration s’y découvre, malgré une voix aux intonations limitées !

Et quel vent salutaire dans cette musique ! Du vent. D’aucuns se plaignent parfois de « l’ennui » propre à FALKENBACH. Mais c’est que cette musique « souffle » comme le vent. Lequel peut se révéler monotone jusque dans sa puissance. Et est-ce la peine de rêver d’expéditions en drakkars, si l’on déteste le caractère du vent et ses caprices ?

« La sève du monde ne peut passer que par nos racines patronymiques. » (Drieu La Rochelle)

Voilà ce que je considère magnifique chez FALKENBACH : savoir suggérer l’immensité du monde et de son ciel divin par le prisme d’un caractère humain déterminé. Savoir nous apprendre que toute expérience universelle n’est possible qu’à travers ce que nous sommes. Et que nous sommes ce que nos ancêtres nous ont fait. C’est un Destin.

Et c’est ce Destin (« Hamingja » en norrois), jeté à seule fin de son accomplissement, par la volonté et le courage des hommes vikings, à travers les éléments maritimes, que nous conte « Ok Nefna Tysvar Ty ».

Est-ce ennuyeux ? Comme tout périple, l’aventure a ses mauvais moments. Et pourtant, ce sont eux qui permettent d’avancer.

Écoutez le puissant souffle de FALKENBACH : il est réel !

Summoning : Stronghold

July 6th, 2007 by admin

Summoning : StrongholdÃ?trange SUMMONIG, groupe autrichien né au commencement des années 1990, qui débuta en 1994 par le très moyen, très bancal « And all was silentâ?¦ », premier album et Å?uvre malheureuse de PAZUZU ; puis accoucha, cinq ans après, sous un autre nom, du superbe « Stronghold ».

Car, si ce nâ??est le second morceau, très inférieur à lâ??ensemble, voire le premier un peu trop facile pour nâ??être pas banal, cet album touche à la perfection. Et nous pesons nos mots !

Sur le plan purement technique, SUMMONING use ici de claviers omniprésents, reléguant en musique de fond les classiques instruments électriques du Metal : guitares et batterie (notons lâ??absence de basse), qui, à lâ??inverse des autres groupes de lâ??époques, servent seulement à rythmer les morceaux. Cette rythmique se révèle dâ??ailleurs très riche en mélodies. Notamment la si dédaignée batterie, ici souvent à lâ??honneur, amis batteurs.

Ce sont ainsi les claviers qui guident les compositions, et instaurent lâ??harmonie électrique.

Mais comment alors exprimer le pouvoir énergique et intense dâ??un « Stronghold », album qui sait par des claviers évoquer la lourdeur et la puissance des guitares électriques qui lâ??accompagnent ?

Je crois que lâ??originalité suprême de SUMMONING est une sorte de « mélancolie martiale ». Une mélancolie du fonds des âges, silence musical de la Paix des Morts. Or, son caractère martial se révèle offensif, très coercitif. Elle paraît appliquer lâ??antique sagesse romaine : Si vis pacem, para bellum : Si tu veux la paix, prépare la guerre. Mais lâ??ennemi ici, nâ??est autre quâ??un présent fade et méprisé : celui des vivants ! Aussi est-ce la ruée des Morts Anciens contre les Pâles Vivants. JAMAIS je nâ??ai entendu cela.

En outre dâ??une technicité dans les morceaux qui frôle un certain byzantinisme. Mais ce nâ??est que pour y emprunter une morbidesse vivifiée, « charnelisée » dâ??une santé toute germanique. Ce qui signifie lourde, froide un peu dâ??extérieur, et si chaude si lâ??on pénètre ses frondaisonsâ?¦Chaude comme la voûte arachnéenne des chênes, hêtres et sorbiers qui hantent ces forêts infinies ! Toutefois, seules les premières minutes de chaque morceau sont créatives, le groupe se contentant par la suite de répéter pour lâ??essentiel, avec quelques variations, deux ou trois fois le morceau. Mais câ??est ce procédé rhétorique qui permet dâ??approfondir et alourdir lâ??atmosphère.

Le chant, très Black Metal, très caverneux, semble issu de cet univers sylvestre antique et plus vivant que les Vivants. Une agréable voix de soprano honore seule le cinquième morceau, où les guitares prennent par exception le pas sur les claviers.

Ces merveilles semblent issues dâ??un soleil nocturne. Et seules les larmes de lâ??auditeur imprudent, fixant trop longtemps cette lumière difficile, savent encore exprimer lâ??éclat unique de « Stronghold ».

Il va de soi quâ??à ce niveau, nous sommes face à une Å?uvre rare, obsessionnelle, qui à chaque écoute me paraît plus chef-dâ??Å?uvre quâ??à la précédente.

Summoning : Stronghold

July 6th, 2007 by admin

Summoning : StrongholdÉtrange SUMMONIG, groupe autrichien né au commencement des années 1990, qui débuta en 1994 par le très moyen, très bancal « And all was silent? », premier album et ?uvre malheureuse de PAZUZU ; puis accoucha, cinq ans après, sous un autre nom, du superbe « Stronghold ».

Car, si ce n’est le second morceau, très inférieur à l’ensemble, voire le premier un peu trop facile pour n’être pas banal, cet album touche à la perfection. Et nous pesons nos mots !

Sur le plan purement technique, SUMMONING use ici de claviers omniprésents, reléguant en musique de fond les classiques instruments électriques du Metal : guitares et batterie (notons l’absence de basse), qui, à l’inverse des autres groupes de l’époques, servent seulement à rythmer les morceaux. Cette rythmique se révèle d’ailleurs très riche en mélodies. Notamment la si dédaignée batterie, ici souvent à l’honneur, amis batteurs.

Ce sont ainsi les claviers qui guident les compositions, et instaurent l’harmonie électrique.

Mais comment alors exprimer le pouvoir énergique et intense d’un « Stronghold », album qui sait par des claviers évoquer la lourdeur et la puissance des guitares électriques qui l’accompagnent ?

Je crois que l’originalité suprême de SUMMONING est une sorte de « mélancolie martiale ». Une mélancolie du fonds des âges, silence musical de la Paix des Morts. Or, son caractère martial se révèle offensif, très coercitif. Elle paraît appliquer l’antique sagesse romaine : Si vis pacem, para bellum : Si tu veux la paix, prépare la guerre. Mais l’ennemi ici, n’est autre qu’un présent fade et méprisé : celui des vivants ! Aussi est-ce la ruée des Morts Anciens contre les Pâles Vivants. JAMAIS je n’ai entendu cela.

En outre d’une technicité dans les morceaux qui frôle un certain byzantinisme. Mais ce n’est que pour y emprunter une morbidesse vivifiée, « charnelisée » d’une santé toute germanique. Ce qui signifie lourde, froide un peu d’extérieur, et si chaude si l’on pénètre ses frondaisons?Chaude comme la voûte arachnéenne des chênes, hêtres et sorbiers qui hantent ces forêts infinies ! Toutefois, seules les premières minutes de chaque morceau sont créatives, le groupe se contentant par la suite de répéter pour l’essentiel, avec quelques variations, deux ou trois fois le morceau. Mais c’est ce procédé rhétorique qui permet d’approfondir et alourdir l’atmosphère.

Le chant, très Black Metal, très caverneux, semble issu de cet univers sylvestre antique et plus vivant que les Vivants. Une agréable voix de soprano honore seule le cinquième morceau, où les guitares prennent par exception le pas sur les claviers.

Ces merveilles semblent issues d’un soleil nocturne. Et seules les larmes de l’auditeur imprudent, fixant trop longtemps cette lumière difficile, savent encore exprimer l’éclat unique de « Stronghold ».

Il va de soi qu’à ce niveau, nous sommes face à une ?uvre rare, obsessionnelle, qui à chaque écoute me paraît plus chef-d’?uvre qu’à la précédente.

Kalisia : Skies

June 2nd, 2007 by admin

Kalisia : SkiesKALISIA : groupe montpelliérain légendaire de Death prog’ mélodique. Auteur d’un album unique d’une demi-heure en 1996, intitulé « Skies ».

Voici une bien courte biographie. Et pourtant, le terme « légendaire » est à même de susciter toutes les curiosités.

L’album se divise en quatre morceaux, dont le dernier se révèle instrumental dans son entier. Autant préciser cependant que les trois premiers frôlent chacun la dizaine de minutes et sont par ailleurs pour leurs deux tiers respectifs instrumentaux.

Mais quelle variété mélodique dans ces quatre Å“uvres ! Il y a là matière à dix albums pour tous les autres groupes. Une touche étrangement prog’, plus commune dans une époque qui sortait du Grunge, donne le ton aux notes. Très mélodique, à l’opposé du grind.

Car le détail est si précis ! « Skies » se présente comme une fresque en dentelles d’acier. Fresque pour l’union harmonique, car tous les morceaux s’enchaînent comme une symphonie continue en quatre mouvements. Dentelles d’acier, par la préciosité de la recherche mélodique à travers chaque note.

La musique de KALISIA : intailles ciselées dans un métal dur, puissant, nerveux.

Chaque instrument est un soliste relié aux autres par la cohérence symphonique. Mais pleins de reprises terribles, de montées en puissance surprenantes. Dès lors, « Skies » fourmille de solos de basse (plusieurs), de guitares, solos de batterie et même de bruitages synthé d’une clarté touffue. De fait, KALISIA dose avec opportunité quelques musiques électroniques travaillées par la grâce des touches du clavier, semblables à l’intervention d’un virtuose sur un piano ou un orgue futuristes.

L’efficace vient de ce que le groupe, pourtant doté d’un grand talent, a refusé la facilité. « Skies » est un album accouché. Mais cette souffrance dans la composition n’apparaît heureusement pas à l’écoute : l’ensemble évolue dans une grâce fluide, une puissance voluptueuse.

Car, le grand Charme de cette musique est cette naïveté, ce coté de fraîcheur primesautière jusque dans la ciselure la plus travaillée, la plus sophistiquée.

Oserai-je avancer que ces solos perpétuels, ces rythmiques si variées profusent l’arabesque ? Eh bien, non ! Leur générosité est différente. Car la musique de KALISIA conserve un caractère très original par la rigueur mathématique, ou plus exactement cubique. Peut-être l’art unique de KALISIA peut-il se définir comme l’art d’arrondir et cercler des carrés, des rectangles et des losanges ? Ce sera son titre de gloire face à notre modernité. Nous, enfants des tours rectangulaires et autres buildings inhumains, en avions tant besoin !

J’évoquerai aussi la voix Death si nuancée du chanteur, qui peut, tournée vers le ciel, sonner grave et d’une si rauque douceur, comme se transformer en un grognement presque Black, le menton collé à la poitrine, dans un regard de défi. Quelques rares voix féminines, prosodiques à une exception près, agrémentent l’atmosphère, sans ôter son oppression ou sa joie.

Il faut noter l’exigence qualitative du groupe quant à la profondeur des paroles. Il peut en être fier, et à juste titre. « Tower of Vanities » parle de l’orgueil humain qui ne sait pas se contenir et finit en arrogance stupide contre la Nature ; toutefois, l’Homme y appartenant composant, il perd son âme dans cet oubli, donc sa joie, et ainsi se détruit. « Chimeria » se moque des vaniteuses apparences physiques, mais par là même des modes morales et du vocabulaire y attenant. « Lost Soul » est une chanson mystique, très religieuse. Elle se questionne sur le Destin de l’Homme. Je vous laisse découvrir sa profondeur.

Et qu’ajouter, sinon que « Skies » regroupe une richesse et une variété infinie de sentiments, de sensations, de pensées ? Il y en a pour tous les goûts. L’ambition de KALISIA fut de représenter la vie. Mais la Vie comme une évolution, une quête, un mouvement perpétuel et labyrinthique menant à une conclusion limpide. L’on se sent à l’entendre libéré de saumâtres fantômes. Et pourtant, la quête repart vers d’autres horizons, perpétuelle aventure artistique et humaine.

À sa sortie, cet album créa un traumatisme musical. KALISIA, en une demi-heure, prouvait l’art d’un Grand. Chacun crut alors que KALISIA serait le chef de file d’un nouveau mouvement Metal ! Le groupe a préféré se retirer dans un silence qu’il promet depuis peu seulement de rompre enfin par un nouvel album, intitulé « Cybion ».

[Lequel, entre parenthèses, s'annonce superbe à deux extraits divulgués ; si différent de « Skies », mais dans la même veine. Plus violent et plus raffiné. Parlons-nous de génie ? J'en ai pleuré sur des voix Death Metal ! Par la Mort-Dieu, mais qu'ils le sortent !]

Ainsi, dix ans après, « Skies » est encore cité en exemple, même aux États-unis. Une symphonie Death à écouter les yeux fermés ou en suivant la profondeurs des paroles. À la délicate attention des bourrins raffinés, quelque soit leur genre de Metal préféré.

Vous demeurez dubitatifs, considérez ma chronique trop apologétique ? Eh bien, l’album est téléchargeable gratuitement et légalement dans son entier, sous forme de mp3, sur le site officiel du groupe. Allez-y l’entendre vous-même, si vous ne me croyez pas !

http://kalisia.com/ (pas de triple w en effet)

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