6ème album de Nightwish avec l’arrivée de la nouvelle chanteuse Anette Olzon après l’éviction de Tarja Turunen
par l’ensemble du groupe. La première question qui vient à l’esprit de beaucoup de fans de Nightwish, c’est :”Est-ce-que Dark Passion Play sera encore meilleur que Once ?”, surtout quand on connait le budget colossal qu’a mis Nightwish dans cet album, tant au niveau de la production que de la médiatisation, et qu’on sait que l’album collector comprend un cd de l’ensemble de l’album en instrumental : “franchement, s’ils font ça, c’est que l’orchestre symphonique allié aux guitares et percussions doivent être d’une richesse incroyable !!!” Ca a été le rêve de beaucoup. Mais on sait que bien souvent, les meilleurs albums n’ont pas connu de suite aussi mémorable ! Une chose m’a beaucoup étonné avant même qu’Annette n’arrive : les membres du groupes avaient déjà écrit et enregistré toutes les parties instrumentales et la nouvelle arrivante n’avait plus qu’à enregistrer sa voix. Choix risqué ; même si on peut avoir un idée de la voix que l’on veut incorporer dans un groupe, celle-ci est tellement riche, et donc trop imprévisible.
Tant d’incertitudes, tant d’impatience à voir cet album sur les étalages jusqu’au moment où on l’achète…
Le rêve, l’extase a été d’exactement 2 minutes.
The Poet and the Pendulum commence : on peut entendre avec le synthé la voix de tête d’Annette, peut être une façon de dire qu’elle peut elle aussi avoir une voix lyrique
, en tout cas une voix sublime et elle le prouvera très souvent dans l’album (qu’elle va sauver d’ailleurs). Puis l’orchestre démarre,…quel son ! Ca va bien au delà de Once ; on trouve effectivement sur cet album un orchestre encore plus présent avec beaucoup plus de passages mélodiques.(de même les sons électro sont remarquablement bien trouvés et intégrés aux musiques (Amaranth, Bye Bye Beautiful)). Puis vient Nightwish avec une guitare lourde, efficace, rapide, très bien accordée à l’orchestre ; la double pédale arrive à son tour avec des choeurs…INCROYABLE, quelle puissance, quelle colère, jamais un son d’une telle qualité et d’une telle harmonie dans toute sa majestuosité ne fut enregistré auparavant…1′59″? et tout s’écroule. On passe à une rythmique de batterie basique seule avec quelques violons et la voix d’Anette inadaptée au couplet (de même sur 7 Days to the wolves).
Rassurez-vous, Anette hormis ces rares passages nous dévoile, dès son premier album de métal, et avec Nightwish, une voix magnifique et elle a su adapté son chant de façon remarquable au style musical du groupe malgré la contrainte du pré-enregistrement : je suis convaincu que pour le prochain album du groupe, Anette pourra faire bien mieux et nous surprendra. Mais bon on ne va pas se plaindre, surtout quand on entend sa facilité à monter dans les aïgus avec sa voix de poitrine ; c’est particulièrement flagrant sur Sahara et For the Heart I Once Had ; la qualité du chant en elle-même est exceptionnelle ; avec un vibrato très bien maitrisé et une voix qui peut être à la fois douce et touchante(Eva, Meadows of Heaven), claire(Bye Bye Beautiful) et d’une puissante incroyable( For the Heart I Once had) ; donc très polyvalente, à l’image de Nightwish. De même celle de Marco est au top.
Alors que peut-on en dire ?
Tout simplement qu’à part ces quelques points positifs, on ne retrouve pas Nightwish sur la majorité de l’album. Cruel manque d’inspiration si ce n’est que les musiques douces et tristes comme Meadows of Heaven et Eva soient agréables a écouter (Emppu sur cette dernière nous fait part d’un solo (dont la première note vous écorchera les tympans) des plus basiques et décEvant !!!). Aussi, on retrouve sur ce disque seulement 3 morceaux « métal » de qualité : Whoever Brings the Night, avec son atmosphère malsaine et ou Anette nous montre une voix assez sombre, Master Passion Greed, morceau très travaillé et d’une puissance remarquable (la voix de Marco est parfaite) et Sahara, musique fidèle à l’esprit de Nightwish ; très inspirée, difficile à chanter de part sa rythmique langoureuse et les montées brutales dans les aïgus, dotée d’une atmosphère faisant voyager le premier auditeur dans une nuit Saharienne ; on y retrouve le Nightwish de Once capable de nous transporter dans nos propres émotions?comme quoi le groupe n’a pas besoin de jouer trop vite ou trop compliqué pour nous gâter de perles !
Mais si l’on compte en plus le répétitif Last of the Wild, instrumentale bien médiocre comparée à bien d’autres (et ridicule à côté de « Moondance »),la musique irlandaise “The Islander” plaisante mais venant chargé un peu plus les « musiques calmes », les titres pop/rock/indus For the Heart I Once Had, Cadence of the Last Breath, 7 days to the Wolves assez « passe-partout » et dont on ne retiendra pas grand-chose côté originalité ou émotion (à noter que comme signalé dans une chronique précédente, on trouve parfois dans cet album un petit côté Within Temptation fort désagréable) ainsi que les 2/3 de Poet and the Pendulum pavés de calme, long et inutile, on s’aperçoit que l’album compte beaucoup de déchets couvrant une bonne partie du disque ! Bye Bye Beautiful(au refrain particulièrement faible qui gâche à lui seul le morceau) et Amaranth, au delà de leurs atmosphères baignées de magnifiques sons électro et de la voix si pure d’Anette, ne cachent pas le réel manque de travail de Emppu et Jukka…Amaranth passe assez bien malgré tout.
En clair sur 13 musiques, on note 3 musiques de qualités, 2 musiques qui passent (si je compte The Poet and the Pendulum, peu de bons éléments comparé à la longueur du morceau mais on retrouve des passages très intéressants et la structure musicale et émotionnelle est très recherchée, digne d’une pièce de théatre) et 2 musiques tristounettes qu’on écoutera sans se prendre la tête : en plus de cela 6 musiques qui n’ont rien à faire sur un album déjà très faible?et surchargé ; au final, 75 minutes, ce qui est beaucoup trop long. Nightwish ici nous délivre un album assez commercial (pour info, le Cd supplémentaire version orchestral de la version collector n’a strictement aucun intérêt)…et le pire dans tout ça, c’est qu’on peut pourtant constater de réelles innovations telles que l’incroyable capacité et diversité vocale de Anette et de Marco (ce dernier montant de plus en plus haut dans les aigus au fil des albums !) une production de grande qualité et des moments où le groupe s’accorde à merveille avec l’orchestre symphonique comme personne ne l’avait fait auparavant !
J’aimerais terminer sur un point particulièrement offensant de la part du groupe et que chacun pourra comprendre : les musiques faites à partir d’expériences personnelles sont en général très inspirées (c’est loin d’être un mal) mais sur cet album, les paroles de certaines musiques sont incroyablement centrées sur Nightwish ; je trouve très irrespectueux le fait d’avoir composé des musiques sur le thème du départ de Tarja sachant pertinemment la pub qui s’en suivrait ( franchement, Tarja doit se sentir un peu mal à l’aise dEvant toutes les critiques que le groupe a fait sur elle et surtout que ceux qui achètent l’album étaient ses (anciens) fans !) et que Tuomas ait eu la prétention de composer une musique à son « effigie » et se faire passer pour un poète et pauvre victime du monde. Que ce soit clair : la musique est universelle et cet état d’esprit est une insulte à la musique !