9ème album des Horsemen. Il fut sûrement un des album qui fit le plus parler de lui dans le monde du Métal et le plus mal aimé des fans de Metallica !
Resituons-nous dans le contexte de 2003 : Metallica ; 20 ans de carrière dont des albums pour le moins mythiques (comme le « Black Album », le CD de métal le plus vendu au monde, ou la perle qu’est Master of Puppets), avec des membres dorénavant quarantenaires, des albums qui convainc de moins en moins, le départ de Newsted, la pub de Lars contre le serveur Napster, et surtout le départ de James pour soigner son problème d’alcoolisme et engendrant sa dépression…et quand St Anger arrive dans les bacs, la colère des fans de voir leur style musical complètement transformé et un son qui écorche les oreilles dès la première écoute. Résultat : St Anger se place en bas de la pile de Cd ou est jeté par terre pour mieux fracasser la boîte à coups de pieds !
Stop ! Enlevons tout ce qui entoure St Anger pour passer à la chronique d’un simple album.
St Anger c’est 11 musiques et 75 minutes de son…faites le calcul et vous verrez que la moyenne est d’environ 7 minutes par musique :-S…c’est pour le moins assez long ; un défaut de cet album est le fait que les plans se répètent souvent au sein des musiques ; il suffit d’écouter « St Anger » pour comprendre. Ca ne fait pas de St Anger un mauvais album mais disons que le groupe aurait pu condenser chaque musique pour faire un album plus facile d’écoute et sans longueurs (altérant la qualité des musiques).
Passons au son : on ne peut nier que la production laisse à désirer : plus on augmente le volume et plus le brouhaha se fait sentir. Le son rebutera beaucoup de fans(caisse clair façon « garage » et guitares au son très gras qui prend souvent le dessus sur la double pédale). Néanmoins après l’avoir passé plusieurs fois, vous verrez que l’écoute n’est pas si difficile qu’elle en a l’air : il faut laisser le temps de le dompter.
Concernant leurs musiques, on peut dire que les années ‘90 sont belles et bien terminées !!! Le quatuor Black Album, Load, ReLoad et Garage Inc est très loin dorénavant ! On assiste là à un retour plus « trash » (bien que l’album n’en soit pas) : le groupe a laissé tombé les solos de Kirk pour se tourner vers des Load lourds et accrocheurs. Le morceau Some Kind of Monster est le plus significatif… et ça marche ! Même si l’on peut concevoir un vide dans de nombreux morceaux dû à l’absence de solos et la répétition des plans, on ne peut nier que ces derniers ne vous laisseront pas indifférents et que le groupe, sur l’ensemble de l’album, a eu beaucoup d’inspiration, que ce soit dans l’enchaînement des différents accords ou le jeu de batterie très bon de Lars (qui nous fait part de bon nombre de nouveautés rythmiques) : des morceaux comme Sweat Amber, My World (sûrement les 2 meilleurs de l’album) de par leur originalité, leur richesse et leur accroche, sont à écouter d’urgence…on y découvre un genre nouveau et un Metallica bien moins sombre. Purify vous entrainera sans problème (bien que le refrain mette assez mal à l’aise…à vous d’en juger), Invisible Kid vous étonnera de part son côté bon enfant et entrainant mais les 8 minutes 30 sont…dures à supporter. Quant à St Anger et SKOM, elles sont incroyablement imprégnées de la déprime d’Hetfield et laissent une atmosphère très particulière derrière elles ; comme un mélange de mal-être et de haine sur SKOM et de tristesse, de colère et de résignation sur St Anger. Le chant de James tout au long de l’album transpire de cette colère…il est parfois très imparfait notamment sur quelques passages de Purify et All within my hands, mais ça reste largement acceptable (on en a vu des voix dégueux et fausses dans le monde du métal !:-S).
Au final, on se rend compte, après plusieurs écoutes, que la force de St Anger est avant tout dans l’atmosphère des musiques. Ceci dit, il est clair qu’il n’est pas facile à comprendre, car cet album va puiser ses ressources dans diverses influences musicales très différentes (il suffit d’écouter Frantic, SKOM, Dirty Windows, Invisible Kid et Sweet Amber pour voir cette diversité). L’expérimentation va quand même parfois trop loin ; The Unamed Feeling est à la limite ; elle vous surprendra mais est vraiment très intéressante. Dirty Windows se démarque trop de l’album de part son style et parait être le titre le plus faible et All Within My Hands prend des allures d’expérimental mais ne convainc pas(malgré quelques bon éléments).
Pour résumer St Anger a lui seul crée un genre nouveau et il serait dommage que le style ne perdure pas à travers d’autres groupes. Alors bien sûr au premier abord, St Anger est loin d’être l’album que les fans attendaient : difficulté d’écoute dû à l’enregistrement, longueur excessive de l’album et style musical encore changeant. Et pourtant c’est une réalisation vraiment très inspirée et assez recherchée : le retour en force de Lars, l’efficacité des breaks et les enchaînement des accords de guitare suffisent à faire de St Anger un album vivant.
Metallica est-il mort ?…Non, pour peu qu’ils pensent à leur musique avant leur fric :-S.