Parzival – Casta

Ξ juin 7th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Non classé |

Parzival n’a rien d’un newbie dans la sphère de l’indus martial. Formé en 1992 par Dimitrij, désormais localisé au Danemark, le groupe (qui a souvent changé de nom et de line-up) semble avoir trouvé son orientation et continue d’explorer différents horizons musicaux. Il ne se contente pas d’une ambiance en particulier mais aime bien alterner, idem dans l’utilisation des langues (français, allemand, latin…). Après l’EBM ou les atmosphères gothiques, Parzival se dirige du côté de l’Asie et offre à ses auditeurs un réel voyage spirituel dans le pays de l’Hindouisme. Rappelons qu’il n’avait pas hésité à embaucher de nombreux musiciens avec les opus passés pour rendre sa musique encore plus réaliste et immersive. Il fait de même avec son nouvel opus, « Casta », en invitant différents joueurs de sarangi, sitar, tabla, sarod, tanpura, flutes, violons…et même des chanteurs, pour un résultat authentique. Dépaysement garanti.

Même si Parzival intègre un bon paquet d’instruments folkloriques traditionnels, il n’en perd pas son côté industriel, présent dans la rythmique mécanique. La batterie est toujours là mais garde un côté soft qui sert à appuyer les mélodies variées des sitars et flutes. Le côté martial est toujours représentatif, accompagné d’instruments orchestraux impériaux, tel une marche militaire dans les montagnes du Kilimandjaro. Et même sans batterie, les percussions typiques de l’Inde permettent de claquer et d’embarquer l’auditeur dans une rythmique mécanique faisant s’entremêler authentique/synthétique.

Un gros travail a été fait au niveau du concept puisque tout s’enchaîne parfaitement, avec une logique implacable. Les titres de l’album nous font découvrir une religion que nous connaissons peu au final et le chant, très grave, presque guttural, apparaît comme une incantation à côté de cette kyriel d’instruments traditionnels. Malgré le côté musique du monde qui se dégage parfois de l’ensemble, on regrettera la linéarité des compositions et leur manque d’accroche, d’autant plus que le rythme est souvent le même, que le chant est monotone et que les mélodies tendent à tourner en rond.

Les amateurs de Parzival devraient s’y retrouver et les adeptes des voyages musicaux devraient y trouver leur compte, à condition de ne pas réclamer de variations.

14/20

 

Wrathcult : VII

Ξ avril 2nd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal, Symphonic Black Metal |

Wrathcult : VIIL’aventure Wrathcult commence en 2013 autour de six Italiens désireux de proposer leur forme de black/death mélodique à tendances symphoniques. L’Italie abrite tout de même pas mal de formations du genre comme Graveworm, Stormlord ou Darkend. Wrathcult espère sortir des sentiers battus et sort sa première démo auto-produite sobrement appelée « VII ». Ils essaient de faire ressortir une ambiance moyen-âgeuse au vu de la pochette et de l’atmosphère générale. Voyons donc ce que donnent ces quatre titres.

Pas facile, dès le départ, de se faire une opinion positive de Wrathcult car le groupe enchaîne les boulettes. L’intro par exemple. Normalement, elles sont censées poser le décor, mettre l’auditeur dans le bain, lui montrer à peu prêt sur quel terrain il va se situer. Ici, on se demande où on se dirige vraiment. La mélodie est sympathique et les chœurs, bien que basiques, apportent un peu de charme. Toutefois c’est le piano qui pose souci. On pourrait croire que le claviériste maîtrise son instrument jusqu’à ce qu’on ressente des problèmes d’enchaînement. Pire encore, les fausses notes pointent le bout de leur nez. Cela encourage guère l’auditeur à continuer son écoute.

Les boulettes continuent sur « Burning Tree ». Les guitaristes sont au poil, ainsi que le batteur, qui proposent un ensemble cohérent et captivant, même si plutôt simple dans l’esprit. Tandis que le claviériste propose des lignes minimalistes, le chant alterne voix black murmurées, growl et…chant clair à côté de la plaque. Sans oublier la basse, maniée par un musicien qui semble vouloir se démarquer mais qui, au final, finit par gêner la progression du morceau. La faute, sans doute, à des soucis d’harmonisation et de mixage…

Les plus courageux iront jusqu’au bout de la démo. Même s’ils ne ratent pas grand-chose, ils découvriront une fin plus harmonieuse et plus maîtrisée. Pas de chant clair ni de basse décalée, mais plutôt un black/death mélodique épique porté par des claviers sympas, malgré une batterie qui semble parfois avoir du mal à suivre (« Northern Forest »). Rien d’extraordinaire mais au moins ça sauve le tir.

Au final, on ne sait quoi penser de Wrathcult. Il y a beaucoup de choses à corriger pour la suite et il est clair que ce que l’on peut entendre dans cette démo n’est pas forcément encourageant. Les Italiens ont donc beaucoup de pains sur la planche…

 

Diabolus Arcanium : Spellbound

Ξ mars 31st, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Diabolus Arcanium : SpellboundLes groupes de black symphonique pleuvent de plus en plus dans les quatre coins du monde si bien qu’on ne sait même plus où donner de la tête. On peut choisir de rester fidèles à la Norvège et guetter les nouveaux opus, on peut aussi choisir de garder un œil sur la scène russe qui sort tous les mois des morceaux très attractifs, ou alors on peut choisir d’aller plus loin encore et de se diriger vers les pays qui ne sont pas réputés pour leur dynamisme en termes de black symphonique, comme l’Inde. Même si ce pays héberge plus d’un milliard d’habitants, les formations du style ne se comptent que sur les doigts d’une main : Demonic Resurrection ou Cosmic Infusion pour ne citer que les plus connus. Depuis peu, le petit monde du metal a fait la connaissance de Diabolus Arcanium, originaire de Chennai. A la base, les musiciens s’amusaient à mélanger le melo death et le power metal puis, à cause de soucis divers et variés et de la réorganisation du line-up, la musique a changé de forme pour ressembler à un black symphonique épique doté d’un son proche de celui des années fin 90’s début 2000’s.

Après une intro instrumentale plutôt gothique et inquiétante, « Spiritual Entropy » est là pour nous montrer dans quelle direction se dirige le groupe. On est clairement dans une mixture Emperor / Dimmu Borgir période « For All Tid »/ « Stormblast » avec un soupçon de Dissection. La production fait toutefois la différence puisqu’il s’agit de fait-maison. On le sent au niveau du son, assez synthétique, mais aussi au niveau des vocaux, pas toujours maîtrisés malgré ce côté caverneux qui se répercute grâce à un peu de reverb, et de la batterie, qui ressemble affreusement à une programmation par ordinateur sur la majeure partie des plans (en particulier les blasts).

Ceci dit, les titres de Diabolus Arcanium tiennent particulièrement bien la route. Les claviers apportent une ambiance toute particulière, si bien qu’on se situe ni trop dans le sympho, ni trop dans l’atmo. Le côté épique des guitares, comme sur « Frozen Dreams », permettent de jongler entre le black plus direct et le black plus mélodique. Et il y a des titres qui possèdent une empreinte bien à eux avec un dynamisme imprenable et des changements de rythme bien venus comme sur « Of Fire and Ashes », convainquant et surprenant. Cette chanson tranche littéralement avec la piètre qualité d’« In Death’s Embrace », qui n’a rien à voir avec la piste du même nom présente dans le « Enthroned Darkness Triumphant » de Dimmu Borgir. Le mixage semble différent, moins bon, bâclé, comme s’il n’avait pas suivi le même traitement. On manque alors de cohérence, ce qui est dommage…

Il est possible que Diabolus Arcanium soit un groupe indien à suivre. Il y a quelque chose de sympa qui se dégage de leurs compositions, malgré de gros clichés, un côté prévisible, des influences évidentes, des soucis de production…pour un premier jet, ils sont pardonnés, en plus la qualité musicale est au rendez-vous. Il faut juste espérer que les musiciens rebondiront pour nous pondre un deuxième opus de meilleure qualité, avec plus de personnalité.

 

Dystopian Wrath : Dystopian Wrath

Ξ mars 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Dystopian Wrath : Dystopian WrathConnu d’abord sous le nom de Dystopian, Dystopian Wrath a longuement muté avant de s’engager pour de bon sur la voie de l’enregistrement. Les deux têtes pensantes, A. Wyldestone et D. Thompson, ont recruté les membres qui correspondaient à leurs attentes et tentent aujourd’hui de tirer le meilleur de leurs influences. C’est dans cette optique que nait au mois de mars de cette année le premier EP éponyme sorti chez Ukem Records.

Il n’y a pas si longtemps, les Britanniques de Sidious avaient impressionné avec leur première sortie dans une veine black/death symphonique brutale. Les Britanniques de Dystopian Wrath officient dans le même registre, le côté brutal en moins, la mélodie et l’harmonie en plus. Nous nous en rendons compte dès le départ avec « Suffering State », qui bien que pourvu d’accélérations, met au premier rang les mélodies à la guitare ainsi que le côté impérial des claviers. Un fin côté épique se laisse découvrir peu à peu, malgré des influences Dimmu Borgir évidentes (la voix possédée rappelle Shagrath).

On sent planer l’ombre d’Immortal pour ce qui est du riffing black mais les touches death permettent de s’éloigner de la Norvège pour se diriger davantage du côté de la Pologne comme sur « Back to the Maze » quelque part entre Behemoth et les groupes de black sympho du coin (Crionics, Devilish Impressions…). Avec « Black Sea of Tree’s », toutefois, on devine l’influence Carach Angren. Pas pour le côté théâtral mais pour le côté fantomatique d’une part (ressenti dans les touches de claviers) et le côté dépressif (au niveau des guitares et de la voix) qui n’est pas sans rappeler le titre « An Ominous Recording » de leur album « Where the Corpses Sink Forever. La différence, c’est qu’on n’assiste pas à plusieurs exécutions mais à un suicide (le coup de feu…).

Dystopian Wrath commence bien sa carrière avec cet EP de bonne facture qui, malgré un manque d’originalité, a le mérite de ne pas faire dans le pompeux avec des claviers trop prédominants, des mélodies déjà entendues ou du chant clair inadéquat. Il faut qu’il se lance, maintenant, afin de nous montrer ce qu’il peut faire sur la durée.

 

Oestre : La Dernière Renaissance

Ξ mars 26th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Industrial Metal, Modern Metal |

Oestre : La Dernière RenaissanceMalgré les apparences, Oestre existe depuis 2003. Les Frenchies originaires de Limoges ont déjà sorti trois albums mais il faut croire que le manque de promotion et de distribution était au rendez-vous puisqu’ils sont quasiment inconnus au bataillon. Pourtant, les musiciens ont de la ressource et surtout une envie très affirmée d’étendre leur renommée. Cela nous mène au quatrième album, « La Dernière Renaissance », sorti sous les commandes de Black Wave Promotion (Calling Of Lorme) pour la distribution et la communication.

Les nouvelles compos montrent un groupe plus mature et moins timide qu’à l’accoutumer. La rage y est décuplée ainsi que l’agressivité des riffs et le côté immersif de l’ambiance. Oestre fait dans le metal moderne, mélange de Meshuggah/Textures et de musique industrielle et ambiante. La mixture peut souvent apparaître mécanique et inhumaine comme sur « De L’atome à la Lumière » ou « Memento ». Oestre s’amuse à fusionner les genres pour éviter d’alterner parties purement metal moderne/ambiante ou électronique, et c’est une force. Les Frenchies jouent donc sur l’inattendu.

Les titres sont dans l’ensemble très solides, précis et carrés. L’atmosphère véhiculée est souvent malsaine et sombre, comme en témoigne un « Des sirènes et des bombes » avec un soupçon d’éléments rappelant le cyber metal (bidouilles, touches robotiques, intro quasi dark ambient…). « Le Théorême de Moebius » joue sur la technique et la programmation de la batterie, toujours avec ce côté saccadé et ce chant rageur. Il est vrai que les riffs peuvent paraître répétitifs à la longue, mais heureusement que la fusion des styles est là, histoire de rendre le tout plus original.

Oestre…un groupe à suivre, oui. Dommage qu’il ne s’affirme que maintenant, mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Avec « La Dernière Renaissance », les Frenchies se redécouvrent et nous offrent un opus tranchant, solide, parfois même élégant, et un jeu plus personnel, malgré des influences évidentes. Les fans de modern et d’indus devraient s’y reconnaître.

 

Blood Label : Skeletons

Ξ mars 20th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Experimental |

Blood Label : SkeletonsC’est en 2011 que Blood Label a commencé à se faire un nom sur la scène danoise avec la sortie très critiquée de son premier EP « Existence Expires » et une tournée locale aux côtés de grandes formations telles que Arch Enemy, Emtombed ou Vader. D’un côté, les membres de Blood Label ne sont pas des newbies. Ils proviennent tous de groupes réputés comme Dawn Of Demise, Hatesphere ou encore The Burning. Des musiciens expérimentés, qui n’ont plus rien à prouver, qui décident de mélanger leur style de prédilection (le death metal) à du thrash/hardcore moderne à la Hatebreed. Ils reviennent en 2014 avec « Skeletons », un album produit par Tue Madsen (Suicide Silence, Aborted…) et donc l’artwork a été dessiné par le guitariste de Mnemic (Mircea Gabriel Eftemie).

Le moins que l’on puisse, c’est que le pari est réussi puisque le mélange est savamment dosé et que les styles ont chacun une place bien précise. Les riffings tournent du côté du death metal, avec quelques touches thrashy lors de quelques accélérations par exemple. Le chant, quant à lui, se situe plus du côté du hardcore, un chant hurlé dégoulinant de rage envahissant les douze morceaux de la galette, que ce soit sur « Deliver me from Evil » ou « Explode ». Les guitares rappellent les formations d’origine (Dawn Of Demise, notamment), même si l’ensemble des compos manquent de parties brutales et de moments d’agressivité pure et dure. « Paranoïa » nous offre toutefois de quoi nourrir nos oreilles à coup de gros riffs et de blasts bien placés.

Les passages les plus torturés renforcent la crédibilité du chant, même s’il devient, au fur et à mesure des morceaux, envahissant. Peut-être trop criard ou poussif voire monotone, on finit par ne pas avoir envie de finir l’album. Heureusement que quelques growls, trop peu présents, viennent sauver la mise comme sur « Disease Pit ». Une alternance de chant aurait peut-être donné plus de fluidité et de diversité aux titres.

En dépit de ce défaut trop prédominant, Blood Label a le mérite d’offrir des riffs efficaces et des plans plus calmes qui sont les biens venus pour ralentir le rythme. La musicalité est là ainsi que le côté moderne et propre, il se pourrait que « Skeletons » plaise aux mordus de Hatesphere ou Lazarus AD, par exemple.

 

Astovidatu : Dissolver of Souls

Ξ mars 19th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Astovidatu : Dissolver of SoulsAstovidatu est le projet de quatre Belges désireux de recréer l’atmosphère du black metal des années 90. Ils décident de se diriger du côté du black metal symphonique avec comme inspirations Emperor, Limbonic Art et Summoning. C’est dans cette optique qu’ils sortent en 2013 leur premier full length « Dissolver of Souls », soit huit ans après leur formation. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils auront eu du mal à sortir leur album.

Contrairement à leurs influences, Astovidatu fait dans le fait maison et (quasiment) l’amateurisme. Même si les membres proviennent de différents groupes et horizons, le son et les structures des compositions laissent à désirer. Le chant black d’Arne manque de puissance et d’incision, les guitares manquent de force et de panache malgré un côté raw, la batterie programmée a parfois du mal à suivre, et les claviers ne sonnent pas toujours biens…

Seul le côté orchestral des compos tient plutôt bien la route, avec des nappes souvent présentes et des chœurs chantés en latin, presque liturgiques, comme sur l’intro « Dissolver of Souls » ou « Astovidatu » sans oublier le côté épique de « Undead – Lord of Men ». Le côté black metal des compos est bien présent, même si le côté tranchant, noir et malsain se retrouve étouffé par une production légère. Sur « Triomf van het kwaad », la guitare mène la danse mais ne parvient pas à nous faire accrocher tant elle est fade et pas suffisamment catchy. Elle se fait même absorber par les claviers et perd du coup sa place.

Astovidatu tombe aussi dans le piège des titres longs. Huit minutes, c’est cool quand l’ensemble est maîtrisé, varié et prenant. C’est long quand la force manque à l’appel et que la linéarité prend le dessus. Il n’y a même pas d’accélérations. Suffit d’écouter « Moutain Twilight » et on perd complètement le fil. Ce n’est pas un style qui convient aux Belges…

Pas grand-chose à dire sur cet album. Malgré une volonté de bien faire (et une version orchestrale réussie de « Ashes of Faith »), Astovidatu ne remplit pas son contrat et nous laisse non seulement sur notre faim, mais aussi avec un sentiment d’amertume. La Belgique a déjà fait mieux en la matière, comme en témoignent Saille et Orion’s Night…

 

Narjahanam : Wa Ma Khufiya Kana A’atham

Ξ mars 18th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Narjahanam : Wa Ma Khufiya Kana A'athamIl y a des groupes qui ne sont pas pressés et qui prennent le temps de bien composer leurs morceaux. Le but n’est pas d’aller le plus vite possible mais de créer des chansons inspirées, complètes, précises, minutieuses afin de véhiculer un message et de transporter l’auditeur dans un autre univers. Narjahanam fait partie de ces formations. Le duo originaire du Bahrein a mis plus de six ans à conclure son nouvel album « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham », après le bon « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb ». Le jeu en valait la chandelle. Des années de travail acharné pour fabriquer un album mieux composé, mieux produit, plus riche et ambiancé. Il n’y a pas de doute, Narjahanam revient en grandes pompes.

La patience des fans du groupe de la première heure sera récompensée puisque « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham » présente un groupe qui a évolué. Même si les titres présentent toujours des nappes de claviers impériales et sombres et une touche orientale inévitable, Narjahanam intègre davantage d’éléments folkloriques, comme des percussions, du sitar, de la mandoline, des flutes, etc. Le côté symphonique est toujours ultra présent, avec ses mélodies enveloppantes et envoûtantes et ses chœurs mystiques. Le mélange de black folklorique et de death symphonique est cette fois-ci mieux maîtrisé, si bien qu’on croirait entendre un mix entre Orphaned Land et Al Namrood.

Impossible de ne pas se retrouver dépaysé, Narjahanam maîtrise l’art du metal oriental à la perfection. Du rythme dansant de « Rimal Alzaman » à l’aspect impérial de « Kahf Alkhulood » en passant par l’instrumental « Ma Bayn Althulumat » sans oublier l’ultra mélodique « Ahlu AlQuboor » et l’agressivité de « Kitab altuqoos », il y en a pour tous les goûts, et tout amateur de metal oriental extrême saura s’y retrouver. Nous nous retrouvons avec un voyage d’une heure, guidée d’une main de maître par la tête pensante Mardus (et growl en arabe toujours aussi possédé).

Il manque toutefois un peu d’agressivité dans cet opus, ainsi que de noirceur. Les compos sont sombres et dans une optique black/death mais il n’y a pas le côté écrasant de « Undama Tath’hur al Shams Mn al Gharb » ni la violence et la rapidité des blasts. Le rythme est plutôt posé et l’accent est porté sur le côté oriental, les guitares faisant plus office d’accompagnatrices. Il y bien évidemment des phases plus tranchantes mais rien de bien vilains. Ceci dit, les titres sont suffisamment variés et envoûtants pour ne pas s’ennuyer.

Pas de temps mort, donc, sur ce « Wa Ma Khufiya Kana A’Atham ». Narjahanam a bien fait de prendre son temps et de confier ses compos à des professionnels situés aux quatre coins du monde. On notera le mastering d’Ivanenko Andrew aux Metal Sound Studios (Russie) ainsi que l’apparition de la top modèle brésilienne Maria Storani pour la pochette sans oublier les très belles images du livret qui nous embarquent, en un seul coup d’œil, dans les ténèbres de l’orient. Un must pour tout fan d’oriental metal qui se respecte.

 

Obsidian Gate : Whom the Fire Obeys

Ξ mars 16th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Obsidian Gate : Whom the Fire ObeysObsidian Gate, c’est vraiment quelque chose. Sous estimé malgré une qualité et une maîtrise du style impeccables, le groupe allemand ne s’est pas fait remarqué avec ses deux full lengths « The Nightspectral Voyage » et « Colossal Christhunt », sortis respectivement en 1999 et 2001. Pourtant, ils ne manquaient ni de véhémence, ni d’intensité dans la mesure où le croisement entre Limbonic Art/Arcturus/Bal Sagoth était particulièrement bien exécuté et prenant. Malgré un maxi sorti en 2002, les Allemands se séparent et font un break de cinq ans avant de recommencer, petit à petit, à composer. Ce n’est que maintenant que le nouvel album sort dans les bacs. Il est temps de découvrir la nouvelle facette d’Obisidian Gate

On quitte le monde des galaxies ainsi que l’empire romain pour se diriger vers la mythologie égyptienne. Cette dernière tend vraiment à inspirer bon nombre de formations comme Nile pour ne citer que lui, Karl Sanders étant un grand mordu de tout ce qui touche à l’Egypte ancienne. On peut se demander, pour le coup, si Obsidian Gate ne suit pas les pas de ses confrères américains. La thématique, la pochette et le visuel, l’influence death metal ainsi que le nom de l’album (« Whom the Fire Obeys ») rappellent un énormément un « Those Whom the God Detests ». Coïncidence ou non, il ne faut pas s’arrêter là. Les Allemands ont envie de nous en mettre plein les oreilles en nous offrant un condensé de black, de death, de sympho dans le genre « movie soundtracks » et de touches orientales.

« Sethian Legions March » ouvre l’album à la manière d’un film. Mélodie arabisante, orchestre très présent, chœurs, et relents guerriers, une chose est sûre, c’est que l’album s’annonce épique, massif et plutôt couillu. Et c’est le cas. « Jackal-Headed Devourer » tout comme « Khnemu Her-Shef » ne rigolent pas, mêlant quelques touches black à une rythmique brutal death et des envolées orchestrales de haute volée. La production est très clean (meilleure que sur le maxi « The Vehemence ») et fait surtout la part belle aux éléments symphoniques et orientaux. Les guitares, les blasts et le chant ne manquent toutefois pas de fougue et de force, pour le plaisir de nos oreilles. Vu ce que nous offre Obsidian Gate, on peut dire qu’on se retrouve avec une fusion Bal Sagoth, Nile et Fleshgod Apocalypse (en moins technique, brouillon et casse gueule il faut le dire), la magnificence du trio allemand en tête.

Le duo Marco/Markus a engagé Alexander Schiborr pour les aider du côté des claviers et de la programmation des orchestrations. Bon choix ! Même si on retrouve parfois le même type de plans symphoniques grandioses et envoûtants à la « Nightspectral Voyage », les violons, les cuivres et les instruments ethniques nous en font voir de toutes les couleurs comme sur « Sekhmet, The Wrathful » qui, mélangés à la brutalité du death/black, font terriblement mouche. On sent que le groupe est autant influencé par le metal que par la musique classique, le mélange est parfait, fouillé, précis, pensé jusque dans les recoins les plus fins. On comprend pourquoi les Allemands ont mis tant de temps à composer. Ca vaut réellement le coup.

Les morceaux ne sont pas aussi longs que sur leurs précédents méfaits (on ne dépasse pas les six minutes) mais au moins tout y est : pas de temps mort, une batterie qui tabasse, un chant charismatique, des riffs tranchants comme des lames de rasoirs, des orchestrations carrément hollywoodiennes, des mélodies qui restent en tête… « Buried Beneath the Glare of » est une sorte de croisement entre la folie d’Obsidian Gate et des musiques de film du genre « La Momie » ou « Stargate », dans le genre particulièrement puissant, écrasant et émotif. Si vous n’aimez pas les touches arabisantes, passez votre chemin. Quant à l’éponyme placé en fin d’album, on prend une baffe en pleine figure. Le groupe pousse d’ailleurs le vice jusqu’au bout en intégrant des paroles en égyptien (« Xaa Em, nefer-tmu en sessen, er sert ra, er sert ra ! »). Il fallait s’en douter. Déjà que ses précédents concept albums étaient écrits de manière particulièrement cohérentes, il ne fallait pas s’attendre à moins de sa part.

Que dire de plus ? Un retour en grande pompe, des morceaux qui font mouche à chaque instant, un travail de pro fait-maison (mixage, mastering, pochette, paroles…tout). Les fans de black/death symphonique risquent d’être conquis. Quant aux fans de la première heure et les plus attachés au black sympho des fin 90-début 2000, il est possible que la production trop clean et le côté moderne les déçoivent. On espère que le label Kristallblut Records fera son travail de promotion et de distribution pour donner une nouvelle chance à Obsidian Gate. Il serait dommage de passer complètement à côté de cet album…

 

Vortech : The Occlusion

Ξ mars 13th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : The OcclusionIl n’y a pas encore si longtemps, Vortech nous avait annoncé un nouvel album, un potentiel EP et des tas de bonnes choses pour l’année 2014. Il ne nous aura pas menti. Juha Untinen et son partenaire Mikko Nikula offrent à tous les amateurs de metal futuriste le sixième album studio du projet Vortech, « The Occlusion », composé de 14 titres tout de même.

« The Occlusion » se démarque par son côté plus posé qui tranche avec la brutalité palpable d’un album comme « Devoid of Life ». Mais c’est encore le côté black metal qui ressort des compositions, et non plus le côté death metal des débuts du groupe. Le chant de Mikko y est pour quelque chose puisque son timbre y est plus adapté. Juha a donc adapté son jeu de guitare pour le faire sonner plus cru, plus malsain, cela étant renforcé par les touches industrielles futuristes et pessimistes. Les sonorités sont plus nombreuses et reflètent bien cette prise de contrôle des machines sur la planète, les humains tentant même de les détruire comme ils peuvent (« Mechanicide »).

Les compos ne sont pas brutales, mais elles restent particulièrement catchy et dynamiques comme les très bons « Forgotten World » ou « The Origin ». On regrettera cependant le manque de prise de risque dans les structures, qui se ressemblent très souvent (rythme, mélodies, riffs). Par contre le côté perturbé et électronique prend souvent le dessus comme sur « Flatlined » où le chant féminin dérangé renforce cette atmosphère déshumanisée. « Confined » joue sur un tempo plus lent, avec un fond glacial et des guitares servant plus d’arrière plan qu’autres choses. Le chant de Mikko est très adapté à ce genre d’ambiances, avec des paroles pleines de désespoir dépeignant un monde dépourvu de toute chaleur.

Vortech assure aussi des morceaux plus sensibles dans la veine de NeurotechBeyond Tolerance ») mais c’est encore et toujours le cyber black qui domine tout le long, les claviers et la programmation étant les maîtresses des titres. Pas de morceaux ambiants cette fois-ci toutefois, comme ça avait été le cas sur les opus précédents. Pas de gros blasts ni d’abus de la double pédale comme sur l’album « Wasteland ». En parlant de « Wasteland », Vortech a remixé le titre « Evolutionary Project », qui était tout de même plutôt véloce, tourné death metal et assez agressif. Sur « The Occlusion », on change de registre puisque le black prend le dessus, avec un tempo beaucoup plus lent, une rythmique plus mécanique et des nappes sympho. Il est intéressant de voir Vortech conscient de son évolution en proposant un remix de ce genre, comme s’il opposait son passé death metal à son présent (et sans doute futur) black metal. Une belle réussite en tout cas puisque « Evolutionary Project » reste efficace et prenant.

Vortech montre avec « The Occlusion » qu’il ne perd pas la main et qu’il sait encore livrer de bons morceaux, et ce depuis presque dix ans. Petit bémol toutefois dans la structure des chansons, qui reste la même depuis des lustres, et certaines mélodies ont tendance à revenir régulièrement, une sorte d’auto plagiat. Mais on l’oublie vite puisqu’en général, on passe un très bon moment.

 

Benevolent (UAE) : The Covenant

Ξ mars 9th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Modern Metal |

Benevolent (UAE) : The CovenantIl est de plus en plus intéressant de se rendre compte que les musiciens du Moyen-Orient s’ouvrent petit à petit de nouvelles portes. Le metal pose bien des problèmes et il n’est pas toujours aisé d’officier dans ce domaine. Les Emirats Arabes Unis recueillent pourtant bon nombre de formations comme Voice Of The Soul, Anuryzm, Nervecell ou encore Benevolent. Formé en 2007 par les frères Hadi et Fadi Sarieddine, ce groupe officie dans le metal extrême expérimental et sort son premier full length « The Covenant » démontrant un travail ambitieux et très bien produit.

Benevolent semble s’amuser à fusionner le djent de Meshuggah, le death progressif d’Opeth et la musique ambiante. Ce métissage osé permet au groupe de sortir de la masse et s’offrir une place de choix parmi les combos de djent les plus originaux. Il faut dire que c’est un style qui tend de plus en plus à s’essouffler, la polyrythmie ayant ses limites. Mais Benevolent débrouille plutôt bien, si on en juge la qualité des compositions et leur efficacité. Il ne faut pas avoir peur de la longueur puisque les musiciens n’hésitent pas à dépasser les neuf minutes, mais ils le font à bon escient. En effet, les changements de rythmes, de structures et d’atmosphères sont fréquents, ce qui permet à l’auditeur de ne pas s’ennuyer. On découvre alors les différentes facettes de Benevolent.

L’intro « Void » plutôt électronique laisse place à « Asphyxia » et son alternance djent, mélodique death, prog et passages ambient. Sur certains plans, et surtout grâce aux claviers, au growl et aux gros riffs, on croirait entendre du Scar Symmetry. Mais pas que. Benevolent s’influence d’un bon paquet de formations mais arrive à y intégrer son identité : chant clair sensible, mélodies recherchées, parties acoustiques, effets à la guitare, comme sur « The Seeker », ou interludes instrumentaux de toute beauté histoire d’aérer l’album comme « Radiate », « Dissipate » ou « Rebirth ».

L’alternance entre brutalité et douceur, agressivité et tendresse, bourrinage et mélodie, lourdeur et légèreté, growl et chant clair est plutôt raffinée et travaillée. On sent que le groupe a travaillé d’arrache pied, et pour cause. Cela fait 4 ans que les fans du groupe attendaient cet opus. « The Collector » et « Ascension » en sont de bons témoins. Impossible de passer à côté.

Benevolent nous offre un album moderne, efficace, avec beaucoup de sensibilité et un sens tout particulier de l’harmonie et de la mélodie. C’est agréable et surtout on passe un bon moment. « The Covenant » est un bon compromis pour ceux voulant autant de gros riffs que de gros passages ambiants. Un régal.

 

Thy Disease : Costumes of Technocracy

Ξ mars 8th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Thy Disease : Costumes of TechnocracyIl se sera fait attendre celui-là…il faut dire que les Polonais n’avaient rien sorti depuis 5 ans et la mise en rayon du cinquième album studio « Anshur-Za » en 2009. Pour ceux qui ne connaissent pas Thy Disease, il s’agit du second groupe de Yanuary, le guitariste de Crionics et d’Anal Stench. Un projet à l’origine dirigé vers le death/black mais qui a de plus en plus évolué vers un cyber/death metal comme en témoignent « Neurotic World of Guilt » et « Rat Age ». « Anshur-Za » était une étape supplémentaire dans la carrière des Polonais car ces derniers commençaient à s’éloigner de leur racine pour s’ancrer dans un cyber assez électronique et avec un peu de chant clair. Depuis, plus trop de nouvelles mais on sait que le groupe a pas mal tourné dans toute l’Europe avec ses confrères Polonais (Vader, Hate…) et que de nombreux changements de line-up ont eu lieu. A l’heure actuelle, il semblerait qu’il se soit stabilisé mais les différents remaniements rendent quasi méconnaissable le groupe. Yanuary est le seul membre originel et il a accueilli en l’espace de deux ans et demi Sirius d’Anal Stench au chant, Andrew de Cryptic à la basse, Artyom de Deathbringer à la guitare, Ireq de Beheaded Machine à la batterie, et VX de Naumachia et d’Atrophia Red Sun aux claviers.

Malgré l’instabilité à toute épreuve du groupe, ces membres annoncent du bon quant au nouveau son. Sirius est connu pour son growl et VX pour ses claviers futuristes et cybernétiques (il suffit d’écouter le « Arrival of the Red Sun » de Naumachia pour en avoir le cœur net). L’écoute de « Slave State » nous montre qu’on ne s’est pas trompé. Thy Disease a regagné la brutalité qu’il avait perdu et se dote d’une puissance de feu qui le rapproche d’un Behemoth en mode industriel. Les blasts sont de la partie ainsi que le riffing efficace, les samples cybernétiques, l’ambiance futuriste et le chant charismatique…les Polonais nous entraînent dans un monde régit par un gouvernement technocrate. Les machines ont ici une place de choix.

Thy Disease met davantage de côté les mélodies pour se focaliser sur le combo guitares/batterie/claviers. C’est beaucoup plus percutant que sur « Anshur-Za » et les claviers permettent de relever l’atmosphère à coups de nappes et de bidouilles en tout genre comme sur le sombre éponyme « Costumes of Technocracy » qui joue autant sur des plans brutaux que sur des plans plus atmosphériques. On découvre aussi un groupe qui tend à se diriger vers une facette plus « easy listening » du genre comme « Holographic Reality » avec ce côté death très moderne, ces espèces de voix déshumanisées qui arrivent presque à créer un refrain trop facile. C’est un peu le même principe avec « Corporate Cull » et son pseudo chant clair. Et on a aussi une petite expérimentation cybernétique avec « MK Ultra » dans le style de « Mortification Study » (Naumachia).

Malgré tout, on ne se retrouve pas tant que ça en terrain inconnu puisque des titres comme « Global Technocratic Prison » ou « Drowning » rappellent l’ancien Thy Disease avec ce côté catchy, futuriste, cette harmonie entre tous les instruments et le growl féroce qui tend parfois vers le cri black. Yanuary a d’ailleurs retrouvé de la créativité puisque son jeu de guitare est plus expressif, plus torturé, plus hargneux que dans « Anshur-Za » ou le « NOIR » de Crionics. Ce qui n’est pas plus mal.

Thy Disease revient sur les chapeaux de roue avec ce « Costumes of Technocracy » qui montre que les Polonais ont su mélanger leur ancienne marque de fabrique avec les influences des nouveaux membres. Je vois sur ma fiche que Psycho (l’ex-vocaliste de Thy Disease) et que Covan (vocaliste d’Atrophia Red Sun) participent en tant que guests à l’album mais impossible de savoir sur quels titres ils apparaissent même si « Synthetic Messiah » semble être le morceau idéal (le chant a l’air plus varié et l’ambiance est plus proche d’un album comme « Neurotic World of Guilt », en clair, le vieux Thy Disease). Bref, un album réussi, sans non plus être exceptionnel ni le meilleur de la carrière de Thy Disease, avec ses points forts et ses points faibles, mais confirmant encore une fois que les Polonais ont un savoir faire très spécial quand il s’agit de death metal…

 

Mur : Mur

Ξ mars 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Post-Hardcore |

Mur : MurMur voit le jour en 2010 sous l’impulsion du batteur Julien Granger (Four Question Marks, Glorior Belli). Il s’entoure de musiciens expérimentés et issus d’horizons différents très rapidement avant de recruter le chanteur de Jarell et d’In The Guise Of Men. Une fois tout enregistré, c’est Francis Caste (Kickback, Comity, Every Reason To…) qui s’est chargé du mixage et du mastering pour la sortie du premier EP éponyme de Mur.

On découvre d’office un groupe atypique qui n’a pas peur de bousculer les codes et qui se fiche éperdument des puristes qui risquent d’hurler au scandale. Mur mélange la folie et le côté dissonant et torturé du post-hardcore au côté malsain et sombre du black metal. Autant dire que le résultat est plutôt inattendu et que les Frenchies ne font pas dans la simplicité. Rares sont les formations qui se sont aventurées sur ce chemin et il est donc intéressant de voir ce que cela donne sur ce petit EP.

« Hugo Suits » ouvre le bal avec une rythmique résolument black metal avant de laisser place au côté post-hardcore, qui se ressent surtout dans les vocaux et dans les riffs grinçants. L’ensemble peut aussi proposer des moments syncopés et des breaks lourds, ce qui détonne pas mal au sein d’une ambiance et d’une production malsaine. C’est le cas de le lire, le black metal a fusionné avec le post-hardcore.

Pire encore, des touches électroniques font leur apparition afin de renforcer ce côté inhumain et aseptisé comme sur « Feed the Swamp » ou « Dominance ». Mur sait aussi jouer avec les changements de rythme histoire de désorienter l’auditeur. Au final, il est difficile de savoir réellement tant le mélange est bien fichu (« Dominance », justement, proposant autant de post-hardcore que de black metal…).

Mur est un ovni musical qui risque d’avoir autant de détracteurs que d’amateurs. Attention, cet EP est avant tout réservé à ceux qui aiment les mélanges et l’originalité, et qui ne se soucient pas de la qualité de la production…

 

Bjarm : Imminence

Ξ février 27th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Bjarm : ImminenceDécidément les Russes sont partout. Ils ont organisé les récents JO d’hiver, se sont opposés à la révolution ukrainienne et ont envahi la scène black metal symphonique. Nul besoin de rappeler que la majeure partie des nouvelles sorties du style proviennent de ce grand pays où les groupes prolifèrent à une vitesse hallucinante. Ici, nous nous intéressons à Bjarm, formé en 2009 et qui sort son premier full length « Imminence » ce mois-ci. Bjarm possède des atouts que la plupart de ses compatriotes n’ont pas : malgré une signature chez le géant russe Fono Ltd., il a réussi à se faire découvrir en dehors de son pays natal puisque le mastering s’est fait aux Fascination Street Studios de Jens Bogren sous la houlette de son collègue et ex apprenti Tony Lindgren (Paradise Lost, Kreator). Il faut donc s’attendre à une production digne de ce nom.

Cela s’entend d’entrée de jeu avec l’intro de trois minutes trente « Approaching of the Close » qui met en avant de bonnes orchestrations et des chœurs épiques, quasi hollywoodiens. Le côté sombre inhérent au style est bien présent et nous annonce des morceaux situés dans la même continuité, les guitares et le chant en plus. L’arrivée de « Knowledge of Doom » montre un groupe autant influencé par le black metal que le death metal puisque les deux styles fusionnent en un tout cohérent. Si le chant se veut possédé, au début, il devient plus rageur et adopte la forme d’un growl par la suite, un growl pas si loin de celui de Demonstealer de Demonic Resurrection. Le chant black, lui, apparaît uniquement sur la ballade « Oracle » et « The Highest Hall ».

Le sextet mise beaucoup sur les claviers, les arrangements et les samples afin d’instaurer une ambiance, et la qualité est là. Niveau guitares, l’originalité n’est pas de mise mais il faut dire que les riffs sont plutôt maîtrisés et en accord avec le sujet. On est en plein dans une épopée, les allers et venus des violons étant synonymes de diverses péripéties. Les breaks sont placés de sorte à mettre en avant des passages épiques, à la limite mythologiques (dans le sens, atmosphère greco-romaine, impérial et écrasante). On regrette rapidement le manque de moments forts et d’accélérations, comme c’est le cas sur « Omnious Dreams » ou « The Nine Worlds ». Une déflagration n’est pas négligeable, surtout dans un black/death symphonique aussi calculé et précis que celui de Bjarm.

Il faut tout de même « Fire Lord’s Torment » pour que l’ensemble décolle avec quelques prises de risque : côté dramatique, chœurs tragiques, riffs plus insistants et chant clair. On se rend aussi compte de la tendance du groupe à officier dans un black/death symhonique contrôlé, loin des accélérations et de la brutalité de certaines formations comme Arcanorum Astrum ou Atra Mustum.

Quelques influences classiques font leur apparition comme sur le titre éponyme, où l’agencement des mélodies rappelle un « King of Carnival Creation » de Dimmu Borgir. Les touches de synthés ainsi que le chant black de « The Highest Hall » nous embarquent quelques dizaines d’années en arrière, dans le black symphonique des années 90’s. Le décalage avec les autres morceaux est peut-être soudain mais reste le bien venu puisque l’efficacité est de mise.

Dans tous les cas, Bjarm livre un premier opus vraiment sympa, avec une production en béton et des orchestrations de qualité. Il est toutefois dommage que le groupe n’utilise que du mid tempo pour ses compos, le rythme étant souvent linéaire. Il nous arrive donc parfois de décrocher et il faut compter sur l’intensité du sympho, la mise en avant de certaines bidouilles, et la puissance de certains morceaux (« Fire Lord’s Torment » ou « The Highest Hall » en particulier) pour nous rappeler à l’ordre.

 

Quintessence Of Versatility : Reveal the Truth

Ξ février 24th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Extreme Metal |

Quintessence Of Versatility : Reveal the TruthQuintessence of Versatility a fait du chemin depuis sa formation en 2008. Quelques scènes remarquées, un EP encourageant en 2009, du ménage dans le line up avec l’arrivée de membres provenant de combos tels que Kraainen, Gasworks, Hoperckut ou encore Abrasis, et surtout, un son plus neuf, plus moderne et abrasif. Les Rennois mettent cette fois-ci les petits plats dans les gras avec l’arrivée de leur nouvel EP « Reveal the Truth » qui montre toute l’ambigüité d’un groupe comme Quintessence of Versatility.

Il n’est en effet pas facile de savoir de quel côté se situent les musiciens tant leur musique est diversifiée. Pas facile aussi de donner un style précis puisqu’on passe régulièrement du coq à l’âne. Du Brutal death au black metal en passant par le grind, le deathcore ou parfois le thrash…L’auditeur se retrouve face à une terrible fusion des genres dont il faut s’habituer si on ne veut pas avoir la tête qui tourne. Il suffit d’écouter un titre comme « Forever Depressed » pour comprendre. Une rythmique alternant brutal death et mélo death, une voix entre cris black et hurlements hardcore, accélérations, breakdowns, riffings syncopés et parfois moments plus calmes, plus mélodiques avec un petit côté black. Bref, il y en a pour tous les goûts.

« Retaliation », lui, possède un côté plus torturé et maladif grâce à un mélange de deathcore et de post-hardcore, avec des riffs lancinants et un growl caverneux. Le moins que l’on puisse, c’est, que l’on aime ou pas les styles employés, Quintessence of Versatility envoie du bois, sans vergogne, avec des musiciens maîtrisant leur instruments. Le changement de line-up lui a fait du bien. « Pimp Youself » est une vraie tuerie, un rouleau compresseur inébranlable qui enchaîne les gros riffs et les grosses accélérations avec une basse peut-être un peu trop en avant. Les cris sont arrachés, quasi inhumain.

Il y a toutefois quelque chose d’assez étrange chez ce groupe, c’est la production. Même si le mixage et le mastering ont été effectués par Emmanuel Rousseau (ex-Lyr Drowning) aux White Wasteland Studios, il y a comme une inégalité entre les morceaux. Certains instruments sont plus mis en avant que d’autres (comme, justement, l’histoire de la basse dans « Pimp Yourself ») ou alors le son possède un peu trop de reverb comme dans « This Is Your Life », avec des hurlements qui portent. La transition est alors surprenante. Peut-être est-ce pour donner une identité propre à chaque titre ? Si tel est le cas, l’idée est sympa mais l’homogénéité en pâti…

En clair, Quintessence of Versatility signe un bon retour pour le mois de mars et offre aux amateurs férus de metal extrême de quoi se mettre sous la dent. Un EP bourrin, vilain et assassin, fusionnant le deathcore à d’autres styles comme bon lui semble. Âmes sensibles, s’abstenir.

 

Near Death Condition : Evolving Towards Extinction

Ξ février 20th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Near Death Condition : Evolving Towards ExtinctionIl y a trois ans, déjà, Near Death Condition avait fait sensation avec la sortie de son second full length « Disembodied – In Spiritual Spheres » qui mêlait habilement la technique et la puissance d’exécution. Les musiciens prouvaient dans le même temps que la Suisse avait du potentiel en termes de brutal death car, c’est en fait, ce n’est pas un pays très représentatif du style. Ceci dit, il ne faut pas s’arrêter là puisque Near Death Condition réitère l’expérience cette année avec un « Evolving Towards Extinction » toujours signé chez Unique Leader (Arkaik, Deeds Of Flesh, Beheaded…) et mixé aux fameux Hertz Studio (Behemoth, Decapitated, Vader…).

Le groupe nous montre qu’il est de nouveau très en forme avec le morceau d’ouverture « Works of Wisdom » qui démarre en trombe, blasts et gros riffs en tête. C’est rapide, brute de décoffrage et aussi technique, il est clair que Near Death Condition n’a pas perdu la main et espère bien nous refaire vibrer avec son brutal death percutant. Toutefois, comme il nous l’a déjà prouvé, il sait aussi ralentir son tempo et imposer des passages d’une lourdeur impeccable, sans oublier les soli astraux qui vont bien avec. Cela apporte de la mélodie et nous permet de souffler entre deux déflagrations.

« Pandemic of Ignorance » joue sur l’ambigüité avec un début pesant et plutôt « lent » marqué par l’alternance de growls et de chants plus criards, et une suite beaucoup plus brutale et technique, avec un marteleur de fûts complètement cinglé et un couple de guitaristes endiablés qui envoient la sauce et nous font vivre un moment de rêve, pas très très loin d’Origin

Les Suisses jouent avec les rythmes, contrôlent leur technique, alourdissent et harmonisent à leur guise comme en témoignent les excellents « The Anatomy of Disgust » et « Vertigo ». Ils diversifient aussi leurs compos avec des morceaux marqués par de discrètes nappes de claviers comme « Anagamin » ou « Nostalgia for Chaos » qui instaurent une atmosphère chaotique. « Between the Dying and the Dead » et « Intelligent Design », eux, mettent en avant quelques chœurs histoire de rajouter un léger côté « épique » proche de Fleshgod Apocalypse.

Near Death Condition assure encore une fois avec ce terrible « Evolving Towards Extinction » qui montre de nouveau la puissance de feu des helvètes, leur capacité à nous maintenir en haleine jusqu’au bout et leur technicité irréprochable. Les soli s’envolent et nous vendent du rêve. Rien à faire, on est scotchés. Le trio fait un nouveau pas de plus en avant, malgré des influences évidentes (Origin, Hate Eternal, Morbid Angel…). Décidément, 2014 nous gâte.

 

Aephanemer : Know Thyself

Ξ février 19th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Melodic Death Metal |

Aephanemer : Know ThyselfOriginaire de Toulouse, Martin Hamiche est la tête pensante d’Aephanamer, un projet death mélodique ambitieux que le musicien espère emmener très loin en essayant de combiner puissance et beauté au sein d’un style qui peut se faire aussi harmonieux qu’agressif et tranchant. Cette année, Aephanemer fait un pas en avant en proposant d’office un premier EP auto produit en format digipack, « Know Thyself », mixé par Maciej Dawidek (Widek) et dessiné par Niclas Sundin (Dark Tranquillity). Rien que ça.

Il faut dire que le sieur Hamiche a de la ressource, et cela s’entend dès le morceau « Resilience » qui, même s’il ouvre l’EP de façon classique avec une mélodie insistante à la guitare, montre une certaine puissance de feu et un sens particulier de l’harmonie. Son mélo death n’est franchement pas loin de certaines pointures du genre comme Dark Tranquillity ou In Flames pour la rythmique, et Skyfire pour les claviers symphoniques, les notes astrales au piano et les mélodies à outrance à la guitare (ce qui se confirme sur « Inner Storm »).

Pas de chant, ici ce sont les instruments qui s’occupent de tout et le couple clavier/guitare en sont les principaux responsables avec des motifs souvent néo-classiques. C’est sans doute ce qui manque à cet EP, pouvoir apposer un growl sur des parties rythmiques et des refrains qui auraient du coup été beaucoup plus catchy. Mais le résultat reste quand même très acceptable, avec une technique indéniable et une instrumentation sans défauts majeurs : batterie et basse à leur place, claviers bien mis en avant, sans être trop prédominants, et guitare maîtresse guidant l’auditeur dans le dédale de soli héroïques.

Des soli qui, d’ailleurs, finissent par lasser car trop présents et trop insistants. Il est sûr qu’avec des titres sans paroles, il faut une présence, une ligne conductrice histoire de ne pas lâcher prise. La méthode de Martin Hamiche est très bonne, toutefois les morceaux auraient gagné en efficacité s’ils avaient été plus courts : quatre d’entre eux font plus de cinq minutes et manquent de diversité à force de la répétition quasi constante de la même mélodie.

« Know Thyself » reste un EP très intéressant, soigné et très pro. Mon petit doigt me dit qu’Aephanemer risque d’aller loin. Martin semble d’ailleurs avoir trouvé d’autres musiciens afin de monter un line up complet et commencer les concerts. Le prochain full length prévu pour 2015 nous en dira certainement plus sur le style du groupe qui, même s’il manque encore d’identité pour le moment, montre un fort potentiel.

 

Ered Wethrin (USA) : Tides of War

Ξ février 14th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan, Symphonic Black Metal |

Ered Wethrin (USA) : Tides of WarLe label Allemand Northern Silence Productions ne se rate pas depuis un bon moment, et il suffit de voir ses dernières sorties pour se rendre compte qu’il a le chic pour dégoter de sacrés groupes comme Woods Of Desolation, Gallowbraid ou Caladran Brood. Ici, il s’agit d’un nouveau one man band, Ered Wethrin, originaire de Salt Lake City, tout comme les deux derniers groupes cités. Son nom provient de l’univers de Tolkien (« Ered wethrin » signifiant « les montagnes de l’ombre », une chaîne de montagne dans la Terre du Milieu) et sa musique se caractérise comme une sorte de black atmosphérique épique.

On pourrait croire qu’Ered Wethrin emprunte le même chemin que Summoning et Caladan Brood. Ce n’est pas totalement faux dans la mesure où l’ensemble baigne dans le même type d’ambiance. Les chœurs, les claviers, les arrangements et les plans épiques sont nombreux, il suffit d’écouter des titres comme « Frigid Tides », « Into the Stars » ou « Requiem of the Fallen » pour s’en rendre compte, les nappes et les mélodies entêtantes et guerrières rappelant inévitablement les Autrichiens.

Là où Ered Wethrin se démarque, c’est dans la production, plus raw, plus étouffée, faisant la part belle aux guitares atmosphériques, au chant black torturé et à des plans assez sombres, pas si loin de Woods Of Desolation en définitive. L’album se dote alors d’un côté très underground très proche du son black des années 90 qui n’est pas déplaisant pour l’ambiance et qui permet de relever les passages les plus ambiants dans lesquels les samples et arrangements sont de la partie (comme « Frigid Tides » avec ses bruits d’eau). Beaucoup de passages instrumentaux tapissent cette fresque épique, mais pas forcément à bon escient puisqu’on tend parfois à perdre le fil (les morceaux font quand même dans les 10 minutes).

Le one man band n’accélère que très rarement son rythme mais arrive à nous entraîner avec lui dans un « Realm of the Tyrant » plus agressif, légèrement plus rapide, plus mélancolique avec ses guitares tremolo et plus folklorique. « Bloody Annals and Brooding Skies » possède aussi ses petites accélérations, entre parties atmosphériques, parties épiques, et parties plus symphoniques, mais ce sont véritablement les guitares qui mènent dans la danse au niveau mélodie malgré le soutient léger des claviers.

Ered Wethrin n’essaie pas d’en faire des tonnes avec son premier album « Tides of War » contrairement à ce que la majeure partie des groupes tente de faire actuellement. Le musicien reste fidèle à l’esprit des années 90 et n’intègre pas d’éléments trop pompeux ni indispensables. Il va à l’essentiel sans copier Summoning ou Caladan Brood, malgré une influence évidente. Inutile de préciser que les adorateurs de ces groupes-là devraient être intéressés par cette nouvelle formation. Même si elle n’atteint pas le même degré d’excellence, un petit voyage en Terre du Milieu n’est pas de refus.

 

Hadea : Fabric of Intention

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Hadea : Fabric of IntentionHadea est né des cendres de Gollum après le décès d’un des membres et du désir de ses confrères de choisir une nouvelle voix et ainsi un nouveau nom afin de respecter leur ami disparu. Rappelons tout de même que Gollum fut une formation de metal expérimental très respectée aux Etats Unis, ayant sorti deux albums « Lesser Traveled Waters » et « The Core » et ayant tourné avec des combos réputés tels que Slayer, Mastodon ou Chimaira. Après cinq ans d’absence, les quatre gars reprennent du poil de la bête, mixent chez Jamie King (Between The Buried And Me) et signent chez Mighty Music pour sortir leur nouveau méfait « Fabric of Intention ».

Hadea reste du côté de l’expérimentation avec un Death Metal influencé par tout un tas de choses, que ce soit du black metal, du sludge, du prog, du thrash et j’en passe. On pourrait facilement citer Faith No More, Mastodon, Gojira, Lamb Of God ou Meshuggah dans les inspirations tant la musique est éclectique et multiculturelle. Il n’est donc pas aisé, de prime abord, d’apprécier le style des Américains. Un style difficile d’accès, pas forcément logique, mais qui, au fil des écoutes, finit toujours par être cohérent. Une fois rentré dans le bain, il est toujours plus facile de s’habituer à cet étrange mélange d’éléments.

Et ce n’est pas « Hinge » qui nous dira le contraire. Sample de vent au début, basse vicieuse ensuite, puis riffing sombre et déstructuré avant l’arrivée d’un chant indescriptible, tantôt crié, tantôt rageur, tantôt venu d’ailleurs. Le titre éponyme nous parle peut-être plus au début avec ces riffs black metal entêtants et ses quelques plans plus death metal. Mais c’est sans doute le groove qui apparaît le plus au final avec son chant particulièrement étrange et ses passages syncopés. « One Guarantee » nous entraîne dans la folie d’un groupe très inspiré qui n’hésite pas à nous balancer des notes grinçantes pour un ensemble perturbé mais pourtant très cohérent dans le jeu. L’expérimental dans toute sa splendeur.

Des moments se font parfois plus lents et plus mélodiques comme sur « Source and Creator », moins violent mais tout de même très tranchant. La distorsion des riffs est toujours présente mais sert cette fois-ci à véhiculer une mélodie qui reste en tête, parfois accompagnés de quelques sonorités électroniques, des sonorités qui apparaissent aussi au début de « Sleeper » et qui rappellent le genre d’ambiances que l’on peut retrouver dans du dark ambient. C’est inquiétant voire menaçant et la basse contribue énormément à ce ressenti.

On pourrait en dire beaucoup plus mais laissons donc à l’auditeur l’occasion de découvrir pas lui-même l’univers d’Hadea. Il ne faut pas avoir peur des expérimentations dans le death metal et retrouver des influences diverses et variées. « Fabric of Intention » est en tout cas une manière pour cette formation américaine de renaître de ces cendres et d’entamer un nouveau virage dans le monde du metal…

 

Neurotech : Decipher Vol.3

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Decipher Vol.3Dernier volume d’une collection complètement à part et prouvant le talent de compositions de Wulf, cette troisième partie est un moyen de présenter une fusion des trois styles que le musicien s’est amusé à explorer : le cyber metal, l’atmosphérique et le symphonique. Sorti en digital et en compagnie de ses deux autres acolytes dans un digipack très soigné, cet ultime morceau montre pour de bon que Neurotech est un des meilleurs artistes de cyber metal actuels.

Wulf a affiné ses compétences en mixage et mastering puisque le son est plus propre, plus fluide, plus personnel et surtout très synthétique. Une identité qui colle parfaitement aux morceaux que contient ce volume 3 très tourné vers une alternance entre parties brutales et parties plus atmosphériques. Si le prélude et « Closure » ouvrent l’EP de manière douce et planante, « No Turning Back » accélère le rythme et met en avant des guitares tranchantes et la voix déshumanisée de Wulf. Ce dernier module davantage son chant, souvent criard, parfois clair et synthétique, ce qui offre un décalage intéressant et un côté cybernétique qui n’est pas à négliger. « Triumph » montre bien cette dualité avec une puissance étonnante.

Le piano est toujours de la partie ainsi que les éléments symphoniques comme sur « The Difference » qui montre que le one-man-band a une affection toute particulière pour les éléments orchestraux. L’abus de chœurs, cependant, peut vite lasser ainsi que le côté monotone des guitares. Mais les mélodies sont toujours bien présentes, une facette que Neurotech n’est pas prêt d’abandonner. Sans oublier le long est ambiant « Decipher », totalement dénué de guitares, indiquant que Wulf est bien un musicien polyvalent, sachant pratiquement tout jouer et maniant ses claviers et outils de production à la perfection.

Un dernier volume très intéressant, sorte de mise en bouche avant une orientation multicolore, comme nous l’a prouvée la sortie de « The Elysian Symphony » en décembre 2013 avec des sons et des ambiances en tout genre. Même si la collection des Decipher ne propose pas toujours des morceaux originaux et indispensables, certains valent tout de même le détour et font, malgré tout, intrinsèquement partie de l’évolution du maestro.

 

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