Demonic Resurrection : The Return to Darkness

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Blackened Death Metal |

Demonic Resurrection : The Return to DarknessOn connait très peu les groupes indiens et pour cause, les formations ne sont pas très nombreuses, pas ou peu connues, à l’exception peut-être de Rudra dans le domaine du death/black/mélodique. Mais même si les combos ne se bousculent pas, certains arrivent à faire apparition, ou même encore, à concrétiser leur musique après plusieurs albums.

C’est le cas de Demonic Resurrection, sans doute le pilier de la scène indienne, peu connue en Europe mais fort d’un talent qu’il serait dommage de ne pas remarquer. Avec leur album « The Return to Darkness », les indiens permettent ainsi de sortir des sentiers battus et de nous jouer du black/death/symphonique comme on en entend rarement. En effet, en plus de plonger l’auditeur dans la mythologie indienne, avec ses divinités, ses guerriers valeureux et ses coutumes, la musique assez noire, donc ténébreuse, mais aussi épique et mystique.

Bon comme ça, vous devez vous demander ce qu’il y a de bien original…je n’ai pas précisé le fait qu’un peu d’électronique venait s’incorporer à la musique de temps en temps, que beaucoup de chœur servaient d’ambiance, que certains instruments typiques pointaient le bout de leur nez, et que le chanteur alternait tantôt chant clair, tantôt chant black, tantôt chant death. Pas mal de diversité qu’il est bon de noter d’autant plus que les titres sont longs, très longs…

Ecouter « The Return to Darkness », c’est aussi de confronter à plus de soixante quatre minutes de musique, supporter une longueur de titres allant jusqu’à onze minutes et atteignant une moyenne de six minutes, bref, si vous n’êtes pas très fan de tout ce qui dure et tout ce qui est dans une veine progressive, je vous dirais bien de passer votre chemin…mais vous risquerez de louper vraiment quelque chose.

Car, rien n’est fait au hasard chez Demonic Resurrection, il n’y a presque pas d’erreur de parcours, et la progression dans les compos est tel que cela permet en aucun cas l’ennuie. En effet, pas (ou presque) de linéarité, on ne retrouve pas toujours les mêmes passages au fil d’un titre, ni même de parties « comblant » les trous si je peux dire. Tout est carré, propre, peut-être trop lisse pour certains, mais vaut mieux ça qu’un son pourri susceptible de gâcher cette musique si enivrante, mélodieuse et si sombre, oui, assez sombre…

Bon vous l’aurez compris, j’ai totalement été charmée par le monde de Demonic Resurrection, mystique et épique, sombre et maléfique… On pourrait croire que le black prédomine, ce qui n’est pas totalement faux, mais le death aussi est bien là, et à même échelle. Les riffs sont en fait alternés, tout comme le chant, ce qu’on remarque en premier lieu dans « Where Dreams and Darkness Unit ».

J’ai rarement entendu de mélanges aussi bien appréhendés, de musique aussi bien réalisée et susceptible d’apportée l’émotion et ce truc qu’on peine à décrire, qui nous envahie, et nous met définitivement de bonne humeur. Je sais bien que tout cela est relatif. Mais je vais tout de même essayer de vous donner une idée de cet opus.

Comme tout groupe de symphonique qui se respecte, il faut bien entendu mettre une intro instrumentale. Gagné. « Between Infinity and Oblivion » est tout à fait ce à quoi on s’attendait. Enfin d’apparence, car à l’écoute de la musique, là, on est scotchés. C’est loin d’être mélancolique ou froid, comme on en entend souvent, non…là, c’est mystérieux, sombre, bien sûr, terrifiant et même apocalyptique en plus de posséder ce coté épique. Un son bizarre et électronique en fond, un violon aux quelques notes prenants, des chœurs et enfin…chaque instrument de l’orchestre, arrivant en crescendo, des percussions comme de nombreux bruits de pas… Étrangement, je trouve qu’il s’accorde parfaitement avec la pochette de l’album, ce ciel noir et effrayant, comme transformé par une magie maléfique, et ces constructions complètement rasées, poussiéreuses, perdues là, au milieu de nulle part. Oui, ça y ressemble beaucoup. Et ça nous pousse à continuer.

« Where Dreams and Darkness Unit » est donc le début des hostilités, une musique agressive mais mélodique, où tous les instruments sont en parfaite harmonie. C’est entraînant, oui, transcendant peut-être pas à ce point là, c’est la suivante qui l’est par contre…alors là, rien que l’intro symphonique nous met dans le bain, et le reste se veut assez percutant. Les mélodies faites aux claviers et aux grattes sont en concordances. Les couplets sont plus axés death tandis que les refrains sont plus black. L’un favorisant l’agressivité, l’autre renforçant la noirceur, jusqu’à un break inattendu. Un piano aux notes très mystérieuses notamment crée par les accords adéquats, puis l’arrivée du solo de guitare et tout repart en saccade jusqu’à un final magique…

« A Tragedy Befallen » met l’accent sur les guitares et donc sur le côté assez death mélo de la musique. Les solos et les riffs sont géniaux, d’autant plus qu’ils sont accompagnés des claviers, ce qui me fait vaguement penser à du Kalmah.

Pour ce qui est de la suite, on n’est pas déçus. De la diversité, des mélanges, de la mélodie et du tranchant. Des accélérations de rythme, des décélérations, du dynamisme en somme, un orchestre fou au son loin d’être inintéressant puisque les instruments, même si ce sont des violons, des chœurs, etc, possèdent ce petit truc qui les rendent si différents de ce qu’on a l’habitude d’entendre (« The Unrelenting Surge of Venge », « Dismembering the Fallen »).

Par contre, accrochez vous fort si vous voulez passer le cap du titre aux onze minutes. « Lord of Pestilence » est décidément le plus long mais surtout le plus progressif de tous. Après une longue intro acoustique à la guitare, guidée par une batterie calme et un chant clair mélodieux, le déluge de riffs débute subitement et s’ensuivent cris, offensives, et symphonie pour le coup presque inexistante (présente en réalité à la fin du titre). Un peu d’électronique en fond par-ci par-là, une batterie extrêmement technique (alternant blast, double pédale et j’en passe…). Les amateurs de solos seront contents puisqu’on en compte plusieurs assez bien maîtrisés.

Pour symboliser une fin imminente, pourquoi ne pas utiliser la dernière lettre de l’alphabet grec, « omega »…avec ça on crée « Omega, I », le final de l’album. Ce qui fait bizarre avec ce titre c’est l’utilisation du grec et non d’une langue locale en Inde, d’autant plus qu’on est censé être plongés dans la mythologie du pays…enfin outre ce point d’interrogation, on termine le périple dans ce monde ténébreux où les guerriers maléfiques ont fait leur retour et ont tout rasé. Huit minutes trente seront suffisantes pour le coup, je dirais même que c’est trop long. Sans doute le titre de trop après tant de minutes. Pourtant, comme je disais précédemment, on ne s’ennuie pas, on est pris dedans, oui peut-être, mais il arrive qu’on puisse saturer, surtout que ce titre est peut-être même le moins bon de l’album. Oui mais le moins bon parmi toute une flopée d’excellents titres. Je le trouve simplement moins original et assez similaires aux autres.

Malgré tout, après l’écoute de « The Return to Darkness », on ressort avec une agréable impression. On aura passé un excellent moment dans ce monde bien sombre et épique, rempli d’originalité. Un album que vous devez écouter si vous êtes amateurs du genre, mais souffrant malheureusement de sa longueur trop imposante pour le contenu ici offert…

 

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