Neurotech : Transhuman

Ξ juillet 14th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : TranshumanLe futur, la création, l’évolution, la mécanisation, la neurotechnologie et…l’humain. Peut-il se faire une place dans ce monde transformé et perverti ? Peut-il rester lui-même, et surtout, peut-il rester libre ?

Tels sont les thèmes abordés par ce groupe d’électro indus slovène qu’on pourrait aisément qualifier de cyber metal. En effet la musique et le concept ont tout pour s’apparenter à ce genre si peu exploité : des sujets pessimistes et visionnaires, une musique mécanique, futuriste et empreinte d’une ambiance vraiment particulière…

Si « Transhuman » est le premier EP timide de ce jeune groupe, l’alchimie est là et le résultat est plus que satisfaisant. Cette auto-production est plutôt bonne et le son se veut lourd, compact, et bien arrangée, de sorte à ce que le côté sombre et martial ressortent davantage de cet opus.

Car la musique, bien que simpliste, reste assez percutante. On ne peut pas dire que la technique soit un point important sur cet EP, les riffs de guitares, plus en toile en fond, sont assez simples mais lourds et parfois saturées, la batterie est entraînante et assez mécanique par moment, comme synonyme de la création avancée de machine en usine, le chant grave est assez décharné et a lui aussi pris un côté mécanique : froid, tranchant, il est comme sans vie, comme un ultime cri d’un humain transformé…quant aux claviers, samples, etc, ils sont omniprésents et sont les éléments principaux de cet album. Cette base électronique pose d’autant plus le concept de futur et d’évolution, d’autant plus qu’elle met en avant le côté froid et apocalyptique de la musique, mais aussi un certain côté aérien. En effet, le groupe est assez friand de passages planants, notamment dans les refrains, au milieu de cet ensemble dense et oppressant, nous emmenant bien dans ce monde déshumanisé, mécanisé, annihilé…(« Subsonic Omega » par exemple).

La musique est aussi empreinte d’un côté dramatique mis en valeur par le piano. Ainsi, sur un titre tel que « Impakt », les quelques notes de piano que nous pouvons entendre pendant les refrains assombrissent le tout pour nous montrer cette tristesse, ce changement, ce nouveau monde, et cette nostalgie quant à l’ancien monde…juste quelques notes sur un clavier grave et sombre, des chœurs, et des guitares offensives et le tout se veut encore plus apocalyptique et aérien.

« Transhuman », le titre éponyme, est à l’image de la pochette, grise et torturé, où cet humain n’est autre qu’un humain transformé. La Transhumanité, l’évolution génétique mais aussi l’hybridité…la nouvelle race d’humain, sa déchéance, sa chute vers un milieu cybernétique, mais aussi sa perte de pensée et d’émotion. La musique reflète extrêmement bien ce thème si obscur et grave, avec des claviers denses et énigmatiques aux couplets mais plus dynamiques et mélodies aux refrains. Les guitares aux riffs tranchants mais simplistes restent encore saturées et sont soutenues par des sons électroniques futuristes. Le chant, on ne peut plus décharné et vide d’une quelconque âme, ne cesse de coller ensemble les mots « Transhuman » et « decay » tant ils semblent si synonymes.

Alors que « Down the Drain » reste assez énigmatique, notamment grâce à quelques notes de piano réels fils conducteurs, le dernier titre, « Nex », se veut étrangement moins sombre et pessimiste que les précédents titres, comme un nouvel espoir dans cet univers si désespéré. Le rythme est assez dance, les mélodies créent par les claviers sont plus éclatantes, et le refrain se veut assez sensuel, notamment par la présence d’un chant féminin. Mais contrairement aux apparences, les dernières secondes de ce titre, bien que planantes, redeviennent sombres, démoralisantes, graves, et symboles de déchéance, comme si cet ultime espoir était feint ou que la mécanisation avait repris son cours…

Seulement vingt minutes et cinq titres mais un rare plaisir et un envoutement qu’il me faut préciser. Si vous aimez les ambiances sombres, futuristes, froides et apocalyptiques, et par-dessus tout l’électronique, vous ne pouvez qu’aimer cet EP aux thèmes plus qu’intéressants et à la fin surprenante. Alors que tout devenait moins ténébreux au fil de l’album, l’épilogue prouve le contraire. Il faudra alors attendre la prochaine production du groupe pour se faire une idée plus concrète (si seulement il y a une suite…).

 

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