Nothnegal : Decadence

Ξ avril 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Melodic Death Metal |

Nothnegal : DecadenceLes Maldives, c’est surtout un petit coin de paradis en plein milieu de l’océan Indien où tout est parfait, ou presque, avec ses plages, ses atolls et le soleil à longueur d’année. Loin, très loin de l’univers apocalyptique que nous propose son groupe phare, Nothnegal. En effet, ce dernier a subi une ascension fulgurante après la sortie de son premier EP en 2009, dans un style black death mélodique très influencé par la scène finlandaise, et pour cause, il a été mixé par Anssi Kippo (Children Of Bodom, Norther).

Officiant à l’intérieur d’une scène qui se veut underground et mal réputée, les Maldiviens ont toutefois réussi à se faire un nom depuis peu, en s’octroyant une signature chez le désormais très réputé label Season of Mist ainsi que les services du batteur Kevin Talley (Daath, ex-Hate Eternal) et du claviériste Marco Sneck (ex-Kalmah). Il faut dire que ce groupe du bout du monde ne fait pas les choses à moitié et profite de l’opportunité qui lui est apportée, et c’est ainsi que sort un « Decadence » ambitieux en ce début d’année.

Nothnegal change d’esthétique et de style, se déchargeant de son côté black metal et ne gardant que l’aspect death metal tout en ayant un son plus moderne, plus cyber et plus dans l’air du temps. Il faut dire que le groupe, malgré sa jeunesse, joue dans la cour des grands avec cette production impeccable et ces huit titres maîtrisés et bien qu’officiant dans un death mélodique, il ne tombe pas dans le metalcore facile et le chant clair à gogo. Au contraire, les Maldiviens restent attachés aux principales caractéristiques du melo death.

Ils veulent avant tout supprimer cette vision paradisiaque de notre esprit. Avec « Decadence », on se retrouve dans un monde en déclin, asséché et futuriste, perturbé par les diverses créations humaines. Le visuel s’oriente vers un ensemble mi pessimiste, mi technologique, avec ces crop circle et cette alternance de symboles venus de chez Stargate et des, excusez du peu, zarbis pokémon. La musique en elle-même représente bien l’artwork. Elle est assez bien calibrée et immersive, lourde et puissante, parfois proche du « The Hinderers » de Daath tant par les ambiances que par l’instrumentation générale. Mais en plus mélodique. Le morceau « Salvation » montre bien ce que peut nous faire les Maldiviens, avec ce caractère mystérieux voire onirique dans les claviers en arrière plan. Les bidouilles électroniques cybernétiques sont au rendez vous ainsi que des touches symphoniques discrètes comme sur « Janus », avec sa batterie mécanique et sa mélodie entêtante.

Il y a toujours une mélodie, principalement au clavier, qui nous embarque à chacun des morceaux, accompagnée d’un enrobage électronique. Même si la plupart sont toute simples, ça reste efficace et assez facile d’accès, bien qu’il faille apprécier l’ambiance générale ainsi que le manque de patate dans l’exécution des guitares. Ca a beau être lourd, le jeu n’est pas suffisamment incisif, la faute à la production, qui fait la part belle au growl rageur et à la programmation (« Decadence »). Toutefois, un « Armageddon » peut remonter le niveau avec ces sons adaptés aux phénomènes crop circle, à savoir, des touches très OVNI dans l’esprit.

Un titre comme « R.A.D.A.R » se teinte d’éléments progressifs, avec ses sept minutes et sa variété d’ambiances et de sonorités. L’introduction dark/electro/gothique et son murmure cadavérique laissent vite place à des guitares précises et à un clavier plus cybernétique que jamais, avec son va et vient éléctronique. Idem sur « Sins of Our Creations », laissant cette fois-ci l’honneur à un chant clair pas très juste mais au moins, loin d’être niais.

Il aurait fallu une production moins lisse, une plus grande variété de refrains et plus d’accélérations pour que cet album soit excellent, mais il faut dire que les Maldiviens fournissent un album vraiment bon et bien ambiancé, aussi bien fait pour les amateurs d’indus/cyber que pour les amateurs de melo death, l’équilibre entre les deux étant quasi parfait.

 

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