Lamia Culta : Patre Satane

Ξ mai 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Lamia Culta : Patre SataneLe moins que l’on puisse dire, c’est qu’on voit de tout avec le black symphonique. Il y a les scènes qui se portent bien voire très bien, comme le berceau Norvégien et la brutale Pologne, celles qui arrivent à se faire un petit nom comme l’Américaine ou la Française, celle un peu trop disparate mais qui sort du lot comme la Russe, et celles dont on entend très peu parler, comme l’Allemande ou encore l’Ukrainienne…à tort ou à raison !

C’est avec l’Ukrainienne que nous allons nous familiariser. Le pays est beaucoup plus connu pour son black metal de qualité que pour ses symphonies. Et ce n’est sans doute pas pour rien. Le coin renferme déjà peu de groupes, et les quelques qui arrivent à se frayer un chemin n’ont pas forcément reçu le succès qu’ils espéraient. Capitollium ou Lamia Culta par exemple. Les ex membres du premier sont partis créer le second, accompagnés de membres de Molphar. Et si on connaît un temps soit peu les compositions de Capitollium, on peut d’ors et déjà se faire une idée de la musique de Lamia Culta.

Les musiciens ne sont pas forcément réputés pour leurs morceaux de qualité, et quoiqu’on en dise, Lamia Culta semble être sur le point de suivre ses traces. Les musiciens de Lviv sortent leur tout premier album en août 2011 alors qu’ils se sont quand même formés en 2003. Et ce n’est pas pour autant que la bonne surprise est de mise. Bien que la production soit tout à fait acceptable et que le label dégoté, More Hate Productions, soit bien adapté à leur univers, il s’avère qu’il manque des points capitaux qui permettraient à Lamia Culta de se faire un véritable nom.

Les Ukrainiens semblent ne pas réellement savoir où se placer, entre opter pour un son typiquement 90’s ou choisir un ensemble plus moderne et plus proche de ce qui se produit actuellement, en Russie par exemple, avec ces groupes à la production parfaite sans toutefois réelle panache. Ils se retrouvent donc avec le cul entre deux chaises, pour plaire aux uns, et aux autres. De plus, il faut dire que le groupe ne prend pas énormément de risque, car il se dote d’une recette déjà entendue depuis des années et des années : un black destiné à Satan et aux symphonies plus crées dans le but de soulever une ambiance morbide que d’embarquer l’auditeur dans un univers atypique. Ajoutez à cela le manque d’originalité et de personnalité, et vous avez ce « Patre Satane ».

L’album prend parfois appui du côté de la scène norvégienne, avec les deux premiers morceaux « Patre Satane » ou « Mesa », avec des claviers très mis en avant, et des va et vient de mélodie. Sans oublier la dualité des vocaux et un léger passage atmosphérique sur le premier, qui fait penser à Arcturus. Sur « Lucifer », en revanche, on se retrouve avec plein de chose, un léger côté folk pour ce qui est des instruments plus « traditionnels » et un côté black symphonique à la Russe avec cet aspect parfois théâtral, un dialogue très énervé et parfois cacophonique entre deux types de voix.

Lamia Culta manque aussi de pas mal de folie et d’inventivité, et il peine à nous en envoyer de toutes les couleurs. Du coup, l’auditeur peine à rester en haleine à cause de cette monotonie et de ce déficit de prises de risque. On s’ennuie ! Et trop souvent d’ailleurs. Quoique c’est vers le milieu/fin qu’on se retrouve avec plus d’entrain et plus de rage. « Invocarum » ou « White Delirium » sont bien dynamiques avec de bons blast beats, des claviers tantôt atmosphériques, tantôt symphoniques, des riffs entraînants, et une voix qui, cette fois, arrive à décoller et à se montrer plus hargneuse. Il faut dire que c’est une femme qui hurle, Karina Kulyk. Mais dans le genre, on aura entendu mieux, comme le combo uniquement féminin de chez Blackthorn.

On retrouvera aussi les traditionnels vents et cloches ainsi que les chants possédés et certaines petites clochettes. « Wraith » propose une palette de nouvelles sonorités, ce morceau est même un des plus prenant et original de l’album et grâce à sa longueur correcte, on arrive à tenir en haleine jusqu’au bout. En même temps, avec une durée moyenne de six minutes trente, il n’est pas facile de se laisser prendre au jeu avec un black symphonique linéaire et pas risqué pour un sou.

Il faut donc attendre la fin pour avoir les bons morceaux, mais ce n’est pas suffisant. Il va falloir faire beaucoup plus lors du prochain album pour, non seulement nous satisfaire, mais en plus sortir l’Ukraine de cette mauvaise réputation en termes de black symphonique. En espérant que Lamia Culta se prenne en main et nous concocte des morceaux aussi bons que « Wraith », par exemple, il ne faudra pas compter sur ce « Patre Satane » pour se délecter de bon black symphonique. Dommage.

 

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