Landforge : Servitude to Earth

Ξ mai 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Experimental |

Landforge : Servitude to EarthLa tendance est au post-rock en ce moment, et ce dans beaucoup de courant, que ce soit le black metal ou même le doom. Landforge ne déroge pas à la règle et fait partie de ces formations qui intègrent des éléments avantgardistes et expérimentaux, tout en se rapprochant davantage du rock que des éléments metal à proprement parler.

Originaire du Royaume Uni et formé en 2011, Landforge est le projet solo de Stephan Carter, un homme quelque peu mélancolique. Son état d’esprit se retrouve irrémédiablement au sein de sa musique, et il n’est pas étonnant de se rendre compte que le musicien mélange habilement et mélancoliquement le post-rock et le doom, intégrant autant d’éléments clairs et atmosphériques que d’éléments plus distordus et grésillant. Ainsi, on pourrait définir le style de Landforge comme étant du doom atmosphérique, et encore, les mots sont faibles et il serait inutile de coller tout un panel de termes pour classer son type de metal. Restons-en à expérimental et atmosphérique…

Stephan Carter a tout de même reçu beaucoup d’avis positifs, et ce dès son premier album « Creation Cycle », produit avec les moyens du bord, c’est à dire dans sa chambre. Grâce à internet, il diffuse son œuvre et se fait vite repérer, en particulier par le label underground Arx Productions, qui lui permet d’améliorer sa productions et de corriger certains points noirs. C’est dans cet état d’esprit que né « Servitude to Earth », moins d’un an après le premier opus.

Il s’agit ici de musique instrumentale et de titres longs de plus de sept minutes en moyenne. En général lents, mélodiques et très mélancoliques, ils apportent un souffle tragique à l’univers de Landforge, ce dernier mettant en valeur une alternance de parties acoustiques, metal, post-rock et ambiantes. « First Watch » en est un bel exemple, débutant d’une manière tout ce qu’il y a de plus calme avant d’offrir des riffs metal mais distordus. La batterie énergique finit par ralentir, tel un rythme cardiaque. On pourrait associer la musique de Landforge à celle de la vie, portée par les battements d’un cœur qui accélère puis ralentit, s’emballe se stabilise, s’arrêtant même, et repartant de plus belle (« Enchantress »).

C’est tout de même « Triquetra » qui joue davantage sur la variété, s’approchant même du drone avec ce bourdonnement dans la guitare, même si c’est l’aspect post rock qui prédomine : spacieux, ouvert et minimaliste au possible, il suffit juste de quelques notes pour créer une ambiance et une humeur. Rien de plus, ni de moins.

C’est en partie cela qu’on peut reprocher à Stephan Carter : d’expérimenter sans vraiment le faire. Les six morceaux restent en général pauvres dans leur variation, très simples dans leur construction, sans réelles fioritures. Toutefois, le sieur arrive à imposer son identité et son monde dans des harmonies tout ce qu’il y a de plus désespérantes. Impeccable, finalement, pour ne pas se prendre la tête et s’aventurer dans les méandres d’un univers ouvert à toutes les possibilités d’interprétation, ce « Servitude to Earth » restant un opus plus ou moins accessible en fonction de l’humeur de chacun.

 

Leave a reply

You must be logged in to post a comment.

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News