Vergeltung (RUS) : Exploration of Space

Ξ juin 3rd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Vergeltung (RUS) : Exploration of SpaceCette année, Vergeltung fête ses dix ans de carrière. Et pour l’occasion, un nouvel album était de rigueur. Malgré cette longévité certaine, le groupe n’est pas très actif ni prolifique, preuve en est avec un album sorti en 2008, « System Overload », qui lui avait permis de se mettre en valeur. Bien que dans l’ombre des grands, les Russes n’ont pas perdu de leur fougue et de leur goût très prononcé pour les bizarreries. En effet, « Exploration of Space » est une suite logique, reprenant les éléments qui avaient fait leur charme, à savoir un cyber décalé et plutôt burlesque.

Le cyber de Vergeltung détient toutes les caractéristiques du cyber « à la russe » ou slave. Il s’agit d’un ensemble majoritairement porté sur l’électronique et le côté rythmé des compositions, à l’instar d’Illidiance ou de Neurotech pour ne citer qu’eux. Bien dynamique, sans temps mort et résolument technologique, la musique des Russes a de quoi en désarçonner plus d’un, non seulement par l’utilisation à outrance d’éléments cybernetico-électroniques et d’une batterie nerveuse très prononcée.

Ainsi, l’entremêlement de ces différentes choses rend le metal de Vergeltung très particulier et assez difficile d’accès. Complètement barré, brouillon aux premiers abords, ce cyber a le mérite de sortir des sentiers battus et d’éviter le rapprochement avec le djent, comme on en voit beaucoup ces temps-ci. Toutefois, son réel point noir reste le côté « irréfléchi », si bien que souvent, on a l’impression que tout a été composé au hasard, comme un délire personnel entre potes.

Et pourtant, il y a un fil conducteur : la Guerre Froide. Si « System Overload » mettait en place ce concept, « Exploration of Space » le poursuit en mettant en valeur l’aspect technologique et futuriste. Ici, on est en pleine construction des machines, on assiste in vivo aux progrès de l’homme et à ce qui le mènera à sa perte. Ainsi, les débuts de l’album restent quelque peu énergiques et très positifs avec cette fois-ci l’intégration permanente de voix. Ces dernières peuvent être, à la fois, dénuées d’âme mais aussi synthétiques voire robotiques, quasiment à la Daft Punk (« Exploration of Space », « In Russland Geboren »), soutenues par des riffs tranchants. Les ambiances sont de la partie, avec en général un ton froid et archi synthétique. Les bidouilles électroniques sont réellement omniprésentes, et ce, sous n’importe quelle forme, que ce soit sur « Transmission » ou le déjanté « The Survivor ». Ce n’est même pas de la « musique » faite par des humains.

La moitié de l’album annonce un déclin dans la conquête de l’espace et ce désir d’aller encore plus loin dans les recherches technologiques. On assiste donc à un assombrissement des ambiances, mais pas à une chute d’intensité pour autant. On retrouve toujours ce rythme très rapide, ce côté cadencé dans les riffs et la batterie, et l’alternance des vocaux.

Ce qu’on peut vite regretter, c’est la ressemblance des compositions. Ces dernières sont quasiment construites de la même manière, si bien qu’à la longue, il n’y a même plus de surprise. Les éléments burlesques reviennent régulièrement, ainsi que certains types de riffs et certaines rythmiques, comme « The Pulse of Universe » qu’on pourrait facilement placer à la place d’un autre titre.

La fin de l’album reste, quant à elle, plus intéressante. Les claviers, bien que parfois casse-oreille, proposent de nouvelles sonorités, que ce soit un fond d’ambiance, des choeurs ou des touches légèrement symphoniques (« Your Choice », « MKC »). D’ailleurs, on retrouve les petites touches black retrouvées sur le « System Overload » avec les atmosphères sombres, les blasts et les riffs qui vont bien avec, ainsi qu’une sirène, en guise d’alarme.

Il ne s’agit pas ici d’un cyber metal décharné et très froid, mais plus d’un cyber très expérimental dont l’utilisation inhumaine de la batterie, le côté tordu des claviers et la robotisation des voix apportent un plus. Toutefois, ce qui pêche vraiment, c’est l’amas conséquent d’innombrables éléments qui rendent parfois la musique de Vergeltung indigeste. En dépit d’une production aux Tower Studios (Devin Townsend, Veils Of Perception, Hypno5e) tout à fait correcte, les Russes livrent un album sympathique, moderne et barré, mais qui aura beaucoup de mal à faire des adeptes, du fait de son côté confus.

 

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