Comédie Macabre : Deathperantis

Ξ mai 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Comédie Macabre : DeathperantisMélange de mort et de désespoir, « Deathperantis » est le nouvel album des français bien bizarres de Comédie Macabre. Après un « Blasphemia » bien étrange et mal produit, comportant pas mal de défauts malgré les excellentes ambiances baroques qui s’en dégageaient, cet opus ci se veut plus homogène et mieux fait.

Dès les premières écoutes deux choses nous viennent en tête.

La première, c’est la production. Bien meilleure, bien foutue, le son est plus clair, les instruments se distinguent aisément, c’est bien plus agréable que ce son miteux qui faisait l’identité de Blasphemia.

La deuxième, c’est une sorte d’exclamation : Moi Dix Mois ! Je n’exagère pas, la musique ressemble beaucoup à ce que nous fait ce groupe ci, bien qu’officiant dans du visual kei, Comédie Macabre étant avant tout du Black assez gothique due aux ambiances mystérieuses et sombres. Mais tout de même…la ressemblance avec les nippons est flagrante. Sans doute dû à la présence des clavecins, des orgues, sans doute dû à l’ambiance baroque, sans doute dû au chant masculin aussi, qui, pourtant en anglais, me fait vraiment penser au phrasé japonais de Seth. Étrange me diriez vous, possible, mais c’est exactement à quoi ressemble la musique. Bon je vous rassure, rien de bien comparable au pays du soleil levant, Comédie Macabre détient quand même son identité, sa petite patte, qui la différencie des autres groupes de black gothique.

Le groupe est avant tout un trio. Trois membres passionnés par les ambiances glauques et frappantes, trois membres possédés par l’envie de nous faire découvrir un monde décadent, perdu, froid, sombre, mystique, baroque…

Ici, pas de basse, les guitares et les claviers font l’affaire. Franchement c’est étonnant comme cette basse ne nous manque pas. On se rend à peine compte de son absence.

Neuf titres composent cet album. Neuf titres ayant leur propre mélodie, leur propre identité…ils ne se ressemblent pas, mais les ambiances sont communes. La tristesse, l’obscurité et le mystique sont à l’honneur tout au long de l’album, mis en musique par des jeux de claviers bien variés et des guitares on ne peut plus mélodique et mélancolique. « Deathperantis », par exemple, semble être une dernière lamentation, celle d’une personne désespérée attendant la fin…l’orgue funèbre est en arrière plan et les riffs de guitares sont bien torturés, et le son de boîte à musique en milieu de titre agit comme l’ultime chose à se raccrocher avant une fin imminente…

Si l’intro de « Countess Under Shapeless Skin » est bien mystérieux avec ce chœur grave, ces guitares tranchantes et hypnotiques, et les claviers en ambiance, le reste se veut encore plus sombre et effrayant, notamment avec l’arrivée du chant presque murmuré et ce rythme décousu. « Doctrine du Sacré Cœur » et son chant tantôt en français, tantôt en anglais, et une histoire qui nous est racontée sur un fond musical on ne peut plus perturbant, surtout par la présence omniprésente des claviers de Mina, apportant la mélodie, mais ceci n’étouffant pas les guitares qui savent lancer des offensives. Le duo de voix est plutôt intéressant, les voix masculine et féminine se mélangeant parfaitement, plus parlées que chantées.

Alors que que « Sword of Requiem » nous hypnotise totalement par ces orgues et ces chœurs, et ce chant tantôt clair, tantôt black, accompagné de guitares incisives, « Mascarade of the Tortured » agit un peu de la même manière mais possède un charme incomparable, les guitares étant plus techniques et plus torturées et le refrain plus accrocheur. Deux titres bien gothiques en somme.

L’album se clôt de toute beauté avec un titre varié reprenant toutes les ambiances et les thèmes proposés pendant plus de six minutes. Le titre le plus progressif qui soit dans la carrière de Comédie Macabre à mon goût. Les chants et les claviers n’auront jamais été autant changeant dans une même chanson, et les riffs n’auront jamais été aussi pêchus. Un terrible mélange de black et de gothique, loin des clichés qui nous rapprochent de Cradle of Filth et compagnie. Ca n’a rien à voir.

La chose que je soulignerais le plus, c’est le chant. La langue aura pas mal changé sur « Deathperantis » vu que l’anglais prédomine, contrairement à « Blasphemia » où le français tenait une place importante. Mais l’accent du chanteur s’est beaucoup plus amélioré et le tout se veut bien moins déplorable, et heureusement. Le résultat était assez particulier quand on entendait cette interprétation un peu miteuse…bref, de l’anglais comme il se doit.

Sinon toujours à propos de ce chant, il est bien plus modulé et plus varié que les précédents opus. Tantôt clair, tantôt black, tantôt murmuré pour renforcer ce côté gothique, tantôt parlé, bref…pas de monotonie.

Ah, et la pochette…un crâne, sur un fond sombre…étrangement j’ai l’impression que sur cette image on a retrouvé la tête de la personne morte sur la pochette de « Blasphemia ». Faîtes la comparaison et vous verrez !

Finalement, « Deathperantis » se veut être l’album le plus accessible et le mieux peaufiné de Comédie Macabre et pour cause, une meilleure prod’, un meilleur chant, des titres plus recherchés…on passe alors un excellent moment et on plonge avec plaisir dans le monde baroque et teintée de mélancolie du combo.

 

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