Entropia (FRA) : Black Drop in Clear Water

Ξ novembre 9th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Symphonic Black Metal |

Entropia (FRA) : Black Drop in Clear WaterSi les Français d’Entropia avaient commencé leur partie en optant pour du metal à chanteuse sans grande personnalité, ce qui est de plus en plus courant ces temps-ci, ils ont tout de même trouvé le moyen de changer de voie et sortir des sentiers battus. La preuve en musique avec le dernier EP en date, prouvant qu’Entropia n’était pas qu’un vulgaire ersatz mais, au contraire, une formation qui pouvait progresser, avec une chanteuse plus hargneuse que jamais, alternant judicieusement chant clair lyrique et chant hurlé. Cependant, comme dans toute partie, rien ne se passe forcément comme prévu : les choix, quels qu’ils soient, sont à double tranchants et il faut savoir rebondir afin de ne pas perdre le fil de l’aventure. Même si Marie quitte le groupe, le guitare Jérôme Bougaret prend les commandes du chant.

Voici donc la nouvelle facette d’Entropia. Plus masculine et plus extrême. L’enregistrement se fait au Conkrete Studio et ainsi se dessine le nouveau chemin des Français avec « Black Drop in Clear Water » dont l’artwork plutôt clair détonne avec les productions précédentes. La musique n’est pas plus lumineuse pour autant. Le groupe trace sa voie du côté du black/death symphonique/gothique, quelque part entre Cradle Of Filth et Carach Angren. Il renforce son jeu avec les cartes « travail » et « production » afin de jouir d’un son moins amateuriste. Sa musique est mieux maîtrisée sans être technique, plus sombre sans être ténébreuse, mélodique sans être pompeuse, et surtout gothique sans faire dans l’exagération. Les orchestrations prennent plus d’ampleur tandis que les riffs et le rythme se durcissent, soutenus par un chant death de bonne facture mais trop saccadé et trop monocorde, et les choeurs de Marie.

Les dés sont lancés et l’introduction fantomatique de « Black Drop » laisse la place à « Le Horla », mélangeant les riffs black et la voix death à des orchestrations puissantes. Les accélérations sont les bienvenues ainsi que les passages plus calmes où apparaît de temps à autre un violon rappelant le erhu de Chthonic. L’agressivité du jeu continue avec « My Own Eschaton » et un « Keeper of Truth » particulièrement réussis, mariant avec brio le tranchant du metal extrême avec la douceur, la fantaisie et le côté virevoltant des orchestrations.

Ces dernières sont de très grande qualité et on sent le travail accompli derrière. Toutefois, Entropia a choisi de nous attaquer avec elles – en finesse évidemment. Elles sont beaucoup plus grandiloquentes, happant les guitares sur la majeure partie des titres. Même si elles dégagent une ambiance gothico-impérialiste parfaite, proche des musiques de film (« And Far Beyond », entre autres), on peine à remarquer l’aspect black metal, d’autant plus que la production, trop clean, tend à le cacher.

Il n’empêche qu’Entropia, en continuant sur sa lancée, pourrait gagner la partie car il a le talent nécessaire pour faire partie des potentiels challengers. Même si le black symphonique français a beaucoup connu – et connaît – des hauts et des bas, il se pourrait que ces petits Auvergnats se trouvent une place de choix sur une scène en constante mutation. Ce « Black Drop in Clear Water », bien qu’encore imparfait et dans l’emprise de ses influences, pourra sans doute ravir une certaine catégorie d’amateurs de black symphonique, à savoir ceux qui préfèrent la modernité et les touches gothiques.

 

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