Headphone Killazz : Human Factor

Ξ novembre 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Headphone Killazz : Human FactorHeadphone Killazz s’était quelque peu fait remarquer en 2010 avec la sortie de son deuxième album « Revaccination » car il avait prouvé qu’il pouvait officier dans le cyber metal avec originalité et réactivité, sans tomber dans les pièges de la facilité. Le quatuor fait partie de ces combos difficiles d’accès mais très imaginatifs, basant leur musique sur les expérimentations cybernétiques. Il est donc incongru de parler d’Headphone Killazz comme d’un nouvel ersatz alors qu’il fait bien mieux que certaines formations encensées et pourtant très basiques.

2011 marque la sortie du troisième album, « Human Factor », signé chez Chaotic Noizz. Headphone Killazz continue sur sa lancée avec neuf titres inhumains et synthétiques, mélangeant avec brio musique électronique et metal extrême. Loin du côté mielleux et pop de certains grands combos, les Russes ne laissent pas de place aux émotions et intègrent un large panel de sonorités, ce qui est loin de favoriser la linéarité ou l’homogénéité. Chaque titre se distingue, soutenu par une rythmique atypique et une ambiance sombre et froide. Les samples de grande qualité de Danoizz permettent l’immersion de l’auditeur dans un monde mécanique sans merci, dans lequel les conditions et qualités humaines disparaissent, au profit de celles des machines.

En cela, il n’est pas étonnant de découvrir énormément de sonorités cybernétiques, paradées de guitares furieuses et d’un rythme mécanique. L’ensemble ne paraît que plus robotique lorsqu’arrivent les saccades et la percussion des éléments rythmiques. « Human Factor » et « Someone Else’s Body » sont de bons témoins et montrent à quel point il n’y a plus de place pour l’humain. Anton perpétue cet effet grâce à son growl incisif tout en accentuant certaines parties avec une alternance de vocaux.

L’arrivée de « Mimicry » et de « Prototype » favorisent un climat sombre et futuriste en mixant très brillamment les sons cybernétiques avec l’agressivité des riffs et du chant. La distorsion de certains passages nous fait changer de dimension tout en nous préparant au pire : les craquements d’un compteur Geiger sur « TV2 » nous emmènent en terrain hostile tandis que le mélancolique « Dead Gulfstream » et ses samples maritimes nous rappellent l’aspect vital de ce courant marin.

Il est dommage que Headphone Killazz ne jouisse pas d’une meilleure distribution car ce groupe, très ancré dans la mouvance cyber metal, est une petite pierre qu’il faut trouver, nettoyer, tailler et travailler avant de pouvoir en faire un bijou. Comprenez par là qu’il faut du temps et de la patience pour apprécier ce combo qui nécessite encore d’acquérir la maturité suffisante pour créer un album sans failles, sans temps mort, et moins compact.

 

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