Absenth : Erotica 69

Ξ avril 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Absenth : Erotica 69Absenth fait partie de ces groupes russes bizarroïdes officiant dans un metal industriel teinté de cyber et de goth. Les membres y vont au point de se travestir et de sortir des albums pas forcément cohérents mais avec un dynamisme typique de la région et des bidouilles électroniques pas loin de la techno ou de la dance. Le quintet d’Absenth existe depuis 2001 et a sorti 4 albums, dont ce « Erotica 69 » en 2012 signé chez Artificial Sun.

Amateurs d’érotisme, vous êtes les bienvenus. Absenth décide, avec cet opus, de se concentrer sur les relations intimes entre extra terrestre et créatures robotiques, une démarche plutôt étrange mais osée dans tous les sens du terme. Il y va donc à coups de rythmes dansant et de sonorités électroniques en tout genre. Ce sont les claviers et la batterie qui ont le premier rôle, afin de propulser l’auditeur dans un monde futuriste et mécanisée. Les guitares, elles, sont donc au second plan et semblent simplement suivre les bidouilles ainsi que le chant très bizarre, une voix comme modifiée à l’image de ces témoins qu’on cache avec une voix grave (ou aigue, au choix !). Tout ça pour dire que le rendu est plutôt inadapté. Même si c’est synthétique, on se serait attendu à un autre type de synthétisme.

Musicalement, il faut s’accrocher. Voilà un bel exemple de ce que les Russes savent faire de mieux (ou de pire, au choix aussi) en matière de metal industriel. Des claviers et des samples dans tous les sens, comme « Motorfest » ou « Virus », le tout accompagné de vocaux qui ne passent pas. N’oublions pas non plus le morceau phare de l’album, à savoir « Erotica 69 », dans lequel les amateurs d’érotisme devraient être servis : femmes qui jouissent, paroles implicites, et samples électroniques bien pervers.

Ce qui est dommage, c’est qu’on se retrouve avec quatorze morceaux qui se ressemblent sensiblement. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression de découvrir un album, mais un morceau décliné en beaucoup de variations. Seuls « Rose and Bat » à l’empreinte New Wave et « He, She and Pistols » et son refrain entêtant se démarquent, avant de laisser place à des remix du premier morceau « Absenth » de Type V Blood, une star de l’indus en Russie.

L’album manque de variation et joue trop sur l’électronique, et comme on le dit, trop d’électro tue l’électro, si bien qu’arrivé à la fin, le tout devient presque imbuvable. On aurait aimé que le groupe alterne des parties bien metal et des parties bien électroniques, histoire de varier les plaisirs mais ici, sur « Erotica 69 », force est de constater qu’Absenth joue du côté de l’indus teinté de metal que du metal teinté d’indus. Ce n’est pas un mal, mais il aurait fallu donner plus de peps et de diversité aux claviers et aux samples. Bref. Ce n’est, en tout cas, pas sur cet album que l’on aura un eargasm, un comble pour ce groupe voulant suivre un concept qui aurait dû nous faire jouir. Une autre fois peut-être.

 

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