Al Namrood : Heen Yadhar Al Ghasq

Ξ janvier 15th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Al Namrood : Heen Yadhar Al GhasqAl Namrood sévit depuis 2008 sur la terre du Moyen-Orient en nous offrant pratiquement une sortie tous les ans. La formation d’Arabie Saoudite a le mérite de braver les interdits de son pays afin de mettre en avant une musique exotique et agressive et des thèmes basés sur les insurrections et la rage. Il faut dire que le contexte est totalement approprié, dans la mesure où l’opposition est forte dans cette région. Les musiciens continuent donc sur cette lancée avec leur nouveau méfait « Heen Yadhar Al Ghasq » toujours chanté en langue arabe.

Le combo met une nouvelle fois un point d’honneur à concocter leur propre formule d’oriental black metal, un style très peu mis en avant mais fédéré par quelques noms comme Odious et Narjahanam (qui a d’ailleurs sorti son second album). Le côté arabisant est donc prédominant ne serait-ce que dans les mélodies et les atmosphères, et les Saoudiens ne lésinent pas sur les éléments. Dès « Estahala Al Harb » on se retrouve avec un ensemble folklorique porté par les instruments traditionnels (flute, violons, percussions) et un enchaînement de notes très oriental. Les guitares servent plus d’accompagnement qu’autre chose et gardent leur côté, ce qui fait le charme d’Al Namrood.

L’ambiance s’assombrit par la suite, notamment l’éponyme. On découvre alors un décalage entre la qualité du son de la batterie, des percussions et des claviers, plutôt bonne, et des guitares et des vocaux, plutôt médiocre. A cause de cette différence de son, les instruments ont du mal à se mélanger et on se retrouve avec une sorte de cacophonie difficile à écouter. Les blasts se mélangent mal, les guitares paraissent répétitives et le chant, qui a perdu tout son côté extrême, est complètement à côté. Il n’est même pas compliqué de repérer les fausses notes, c’est dire.

Du coup, la force d’un album tel que « Kitab Al-Awthan » a disparu au profit d’un brouhaha permanent. Et c’est très dommage, dans la mesure où l’ambiance est à la fois inquiétante et chaleureuse et que les différentes percussions et mélodies à la guitare apportent pas mal d’exotisme aux compos (« Subat »). Toutefois, on a du mal à tenir sur la durée, la faute aux grésillements, au chant difficile à digérer, à la linéarité des compos et au manque de variation. Pourtant, un « A Aj al Safeeh » aurait été très appréciable sans tous ces défauts…un vrai voyage dans les ténèbres du Moyen-Orient.

On se demande bien ce qui s’est passé et il est très dommage de se retrouver avec un résultat en-dessous des albums précédents. En voulant trop bien faire, en voulant faire évoluer sa musique, Al Namrood la fragilise et déstabilise ses auditeurs. « Heen Yadhar Al Ghasq » est trop maladroit et brouillon pour qu’on puisse retenir quoi que ce soit.

 

Leave a reply


  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News