Sigh : Scenes from Hell

Ξ février 24th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Avant Garde Black Metal |

Sigh : Scenes from HellSigh nous revient cette année pour leurs vingt ans de carrière avec une idée en tête : nous pondre un album…barré.

Pionniers du black métal au Japon, les nippons décident cette fois-ci de frapper encore plus fort dans la composition de leur album. Et comment ? En mettant une fois de plus leur musique sans dessus dessous.

Le thème principal : l’Enfer, et tout ce qui y appartient – ténèbres…mort…folie destructrice… murmures…

Sigh tente de transformer sa musique en une sorte de théâtre de l’absurde, nous jouant des scènes de-ci de-là à travers un black métal plutôt progressif (les structures variant régulièrement même si les titres ne sont pas les plus longs du monde) mais surtout épique : orchestres, chœurs et j’en passe.

Alors tout ça peut paraître « bizarre » pour les non connaisseurs de Sigh mais ceci est bien leur marque de fabrique. Mélangez des cris black partant dans tous les sens, des guitares agressives et bien bourrines, une batterie bien frappée, des violons et trompettes aux accords extrêmement bizarres, un orgue aux sonorités monstrueuses et vous obtenez…une véritable cacophonie.

« Prelude to the Oracle » s’annonce comme une véritable descente aux enfers avec tous ces vocaux aigus et graves, comme deux voix se répondant mutuellement, ces instruments à vent complètement à côté de la plaque, ainsi que ces autres créateurs de bruit (on peut les appeler ainsi !) qu’on peine à percevoir mais qui donnent plus de profondeur et de noirceur à cette bizarrerie musicale. Les guitares, elles, semblent être les seules à rester le plus « normales » au cœur de cette aliénation, incisives à souhait et solos en prime.

Si « Musica In Tempora Belli », avec son intro digne d’une arrivée massive d’extra-terrestres, possède une musique loin de coller parfaitement avec le titre (« Belli » n’étant pas approprié tant les aigus, les bruits bizarres et les vocaux torturés sont mis en avant), « L’Art de Mourir » en revanche nous livre une leçon difficile à oublier : comment créer un chaos total avec une touche de mélodie. Le réel mélange de vocaux enragés avec une batterie furieuse, des guitares boostées à la poudre à canon et des instruments à vents jouant des airs de n’importe quoi, surtout pendant le refrain ! (amenant la mélodie). Ajoutez à ça un génial rire sadique à la première seconde…Mon titre favori.

Le plus étrange avec cet album, c’est qu’on a aucun mal à voir les scènes directement tirées de l’enfer tant la musique correspond bien à chaque titre, un vrai théâtre en direct.

Etonnant encore, on a réellement l’impression que ce ne sont pas les musiciens qui jouent de leurs instruments mais les instruments qui jouent tout seuls : une sorte d’improvisation et de notes sorties de n’importe où. Quand on n’a pas une sirène imité par un hautbois ou un écho à nous rendre fou, on a une orchestration digne d’une BO de film de John Williams ou limite une musique de fête foraine… Sur « The Summer Funeral », on aurait presque l’impression d’entendre du Edith Piaf remastérisé à la Sigh… (J’exagère…un tout petit peu…), ou d’assister à une manifestation, les parties guitares étant presque absorbées dans cette cohue et donc, presque oubliées (à chacun son interprétation des titres, tel est l’avantage…).

Finalement, retrouvons-nous vraiment quelque chose d’original ? Peut-être le vrai orchestre mais au bout du compte, ce huitième album, tout aussi barré que les autres, n’est sans doute pas le plus abouti ni le plus noir, « Scor Defeat » ou « Infidel Art », premier et deuxième albums du combo, répondant plus à cet adjectif.

« Scenes from Hell » c’est du Sigh, sans plus, c’est du grand n’importe quoi, c’est du black traditionnel avec de la symphonie…ok…le seul hic, c’est l’effacement des guitares à certains moments, l’accent étant mis sur la batterie et l’orchestration. Cependant, ça n’est tout de même pas un mauvais album, il faut voir les bons côtés des choses. Même si c’est parfois difficile à écouter, on peut s’éclater en écoutant certains titres comme je me suis éclatée avec « L’Art de Mourir ». Le déjanté a souvent du bon et nous fait sortir de nos petites habitudes…

 

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