Scorngrain : Cyberwarmachine

Ξ décembre 18th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Scorngrain : CyberwarmachineCyberwarrmachine….

Nous voici entrés dans une nouvelle ère : celle de la guerre des machines, comme nous le montre bien la pochette: une mitrailleuse en délire, très électrique.

Ceci est donc leur premier album. Un premier challenge pour les finlandais qui, en 2004, débutaient tout juste leur carrière après une démo sortie deux ans auparavant. La première intention du groupe en sortant l’album était, je cite, “Transporter la musique métal à un autre niveau”. Un autre niveau? Ca reste à prouver, il n’empêche qu’on sent bien les influences thrash et indus dans leur compos, et le fait d’utiliser des samples et parfois des claviers, mélangés à une musique bien bourrine pourrait les transporter au rang des cyber métalleux.

Le groupe a tout de même bien du mal à se faire connaître en France, l’album Cyberwarmachine a souffert de son manque de distribution, au profit de leur suivant, 0.05%. Cependant, cet opus a tout de même permis de les lancer un peu, quoique, si je vous dis Scorngrain, vous me direz sûrement “Connais pas”.

Alors, qu’est-ce qu’ils nous font donc? Ils nous embarquent littéralement dans une guerre fictive où les humains n’ont pratiquement aucune chance contre les machines, d’où cette violence et cet enrobage électronique qui se font assez ressentir tout au long de l’album. Difficile de réellement donner une étiquette à ce groupe tant la fusion du thrash et de la musique industrielle est bien faite. Un indice : la musique du groupe se situe disons entre Fear Factory et The Kovenant. Un mix de ces gros combos plus la patte Scorngrain.

Tous les titres sont bien rentre dedans, hyper thrash, les guitares sont très agressives et les riffs sont pour le moins bien cherchés et travaillés. Le premier titre “24-7 Hell” est le principal témoin de cet agressivité innée, aux rythmes et mélodies à dresser les cheveux sur la tête. Les rythmiques sont digne de machines, les samples sont très froids futuristes, et l’arrangement plutôt artificiel. Le chant est extrêmement varié, ce qui est assez ahurissant quand on sait qu’il peut être assez éraillé comme hurlé, growlé (“Cyberwarmachine“), et même, limite rap (comme sur “24-7 Hell“). Aucun signe de monotonie à l’entente de ces vocaux.

Les guitares sont ultra bourrines et ont tendance à ressembler à de vraies mitraillettes (tout comme l’artwork) : elles défoncent les oreilles, sont tranchantes à souhait, ne manquent pas d’originalité, se saccadent (“4D Religion”).

Quant aux claviers et samples, ils sont utilisés à bon escient, et n’hésitent pas à créer une véritable ambiance cybernétique dans la musique (“Blank”;”Fear Factory of Hypocrite God“).

Et que dire du titre “Killing Breed”, le véritable tube de l’album, le titre qu’il faut absolument écouter? Il est frappant tant par sa mélodie que dans son rythme et son agressivité. C’est sans doute le morceau le plus rentre dedans. Les guitares sont ultra incisives, suivant un rythme totalement déjanté, la batterie est frappée, encore et encore avec aisance, le chant est tantôt death, tantôt black, ce qui ne manque pas de frapper l’auditeur, tandis que les claviers et les samples sont bien hypnotiques: la mélodie qu’ils jouent au refrain est totalement mémorable, quoiqu’un peu psychédélique. “Killing Breed” est un bijou, fonctionnant comme plus un tir de rocket qu’on se serait pris un plein coeur, qu’une claque dans la gueule.

“No Funeral for the Last” est sans aucun doute le titre le plus apocalyptique de l’album, digne représentant d’un monde totalement anéanti par des machines en puissance. Une intro aux claviers, des samples et un rythme assez lent (peut-être trop) font office de prélude et cachent la vraie nature du titre : dynamique, guitares incisives, chant bien criard et parfois torturé, clair et mélancolique pendant les refrains, et une fin totalement inattendue, limite symphonique, presque épique, mettant en valeur une certaine désolation et cet ultime désespoir…un très bon titre et une très bonne conclusion.

L’album manque tout de même de basse, on en l’entend vraiment pas, ce qui est bien dommage. Le son est clair mais trop synthétique peut-être. Reste le côté barré et un peu n’importe quoi des titres (et de l’esprit de nos finlandais) qui peuvent déplaire à l’auditeur.

En clair, cet album est totalement jouissif. Bonne découverte en somme. Malgré tout, il souffre de ces quarante minutes, c’est bien peu, mais on passe un bon moment. Riche et attractif du début à la fin, aux multiples ambiances, Cyberwarmachine s’est annoncé comme une des découvertes de 2004.

 

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