Sybreed : Slave Design

Ξ décembre 8th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : Slave DesignPremier album pour un jeune groupe, Sybreed arrive sur les devants de la scène et nous montre ce qu’ils savent faire.

Evidément, quand on évoque “premier album”, on n’a pas spécialement une pensée très positive : premier coup d’essai, première production, premier enregistrement, par conséquent, manque de maturité et d’expérience, et donc quelque chose de vaseux et de peu abouti.

Eh bien non. Par le simple fait que deux des membres, c’est-à-dire Drop, guitariste, et Ben, chanteur, aient tous deux fait parti de Rain…ce ne sont donc pas des débutants.

Et ça s’entend! Rien que par la qualité du son, tout d’abord, et la musique en elle-même. Un réel rouleau compresseur s’abat sur vous dès la première écoute. Une déferlante de guitares polyrythmiques à la Meshuggah et de vocaux hurlés à vous arracher les tripes dès le premier titre nommé Bioactive, une batterie technique et tonitruante à vous couper le souffle, un arrière plan électronique et des ambiances froides et apocalyptique en prime. Et non, on ne fait pas dans la dentelle chez Sybreed. On vous transporte directement dans un monde de violence et de machines.

Il faut dire que ce groupe, tout comme Fear Factory et leur célèbre opus Demanufacture, concrétise l’apparition d’un style dénommé Cyber Metal, un mesclin de musique indus avec des guitares tranchantes et une ambiance futuriste et métallique et un concept des plus sombre et mécanique. En exemple, ReEvolution, dans la digne continuité de Bioactive, les guitares aussi puissantes, le chant clair apparaît comme une complainte, et le chant hurlé, au refrain, est vraiment jouissif et représentatif de l’incertitude de l’homme face à son futur. Et toujours cet enrobage électronique…

Mais encore? Prenez donc des titres tels que Decoy ou Rusted: agressifs à souhait, ultra transcendants, et aux riffs saccadés. L’alternance du chant hurlé au chant clair semble tellement facile pour Ben qu’on en reste bouche bée, car cela donne énormément d’émotion à l’intérieur même d’un titre. L’électronique prend les devants sur les refrains et nous embarque dans une autre dimension. Impossible de se perdre, ou même de s’ennuyer, on est pris, emprisonnés et tenus en haleine jusqu’au bout.

Next Day Will Never Come est tout simplement ahurissant et surtout inattendu. D’une sensibilité frappante, d’une mélodicité inouï même si le fond reste agressif. Un refrain prenant et des paroles saisissantes “Il n’y a plus d’amour; il n’y a plus de douleur; notre existence va disparaître”…L’électronique et les samples sont tout simplement en accord, avec les guitares, cette fois-ci moins incisives, plus mélancoliques…un chant clair poignant…Cette ambiance de fin de l’humanité est tout simplement magnifique…

Quoiqu’il en soit, l’album est imbibé de cette fin du monde. Il suffit de voir la pochette : dans le futur, l’homme se mécanise, il disparaît, au profit d’une intelligence artificielle. Il perd espoir, confiance en lui, et ne peut rien faire face à cette arrivée en masse de machine dominatrice. Chaque instrument dans l’album traduit un élément : la voix le désespoir, les guitares la mécanisation, la batterie la machine, l’électronique le futur…

De plus, lors de la lecture des titres, on ne peut s’empêcher de se demander si Sybreed a été influencé par le film Matrix. Slave Design reprend les mêmes éléments énoncés plus haut. Les plus significatifs sont Take the Red Pill, dans le film, Neo doit choisir entre la pillule rouge et la bleue, la rouge permettant de se libérer du “faux” monde; ReEvolution, l’évolution des machines en quelque chose de bien plus intelligent; Next Day Will Never Come, si l’homme se laisse dominer il n’y aura plus de futur pour lui.

Et après tout ça? L’album se termine sur Critical Mass, un titre assez long mais très calme et mélodique, ce qui détonne avec le reste de l’opus. C’est comme une balade : guitares lentes, batterie moins puissante, mais un chant clair allant dans les graves tout autant que dans les aigus avec aisance. Une belle fin en perspective.

Vous l’aurez compris : procurez vous l’album d’urgence si ce n’est déjà fait. Sybreed nous offre son bijou, sa perle rare, son diamant…sa musique des plus originales, comme on en a peu entendue. Rien qu’une écoute vous envoutera, et le charme restera ancré en vous un long moment.

 

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