Sybreed : The Pulse of Awakening

Ξ novembre 23rd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Sybreed : The Pulse of AwakeningEnfin ! Cela fait deux ans qu’on attendait le troisième album de Sybreed… Deux longues années d’attente pour tout fan qui se respecte. Et forcément, tout fan se devait de se le procurer.

Depuis les débuts de cette formation suisse, on ne cesse d’être épatés par le talent du groupe. Le premier album “Slave Design” avait été une grande claque pour les amateurs de métal industriel et leur avait permis de découvrir par la même occasion le style dans lequel ils officiaient, un style assez rare bien qu’intéressant et efficace : le cyber métal, une fusion de la musique indus avec la violence des guitares et du chant. Le deuxième album “Antares” avait confirmé le talent du groupe, car sur cette galette-ci, il nous offrait quelque chose de plus mélodique, tout en gardant l’agressivité de l’album précédent : un mélange de métalcore et d’indus. Personne ne pouvait donc se permettre de louper cet album, dont le groupe avait annoncé la sortie sur leur myspace à partir de début 2009 pour le mois de novembre.

Bon, déjà la pochette : encore une fois quelque chose de très mécanique. En gros, un crâne humain devenu machine, d’où la mécanisation des êtres humains. Ou est-ce les machines qui s’humanisent? Une chose est sûre, Sybreed nous avait déjà habitué à ce genre de pochette avec leur premier album.

Musicalement, Sybreed a fait un pas en avant. D’une part, ils ont eu le privilège de se faire produire cette fois-ci par le producteur de Fear Factory. De ce fait, changement au niveau du son, qui cette fois-ci est bien plus lourd, plus grave. D’autre part, ils ont pu faire évoluer leur musique et atteindre, si je peux me permettre, la consécration. Jamais ils n’avaient atteint ce stade suprême, jamais ils n’avaient fait une musique aussi futuriste, froide, mélodique et agressive à la fois. Je m’explique.

Pour le côté futuriste et froid, ce sont les claviers et les samples qui contribuent à cette ambiance. En effet, il faut noter une énorme amélioration en ce qui concerne ces instruments, et les arrangements qui vont avec. Plus puissants, plus entraînants, plus omniprésents, ils nous emmènent directement dans une autre dimension. Ils se rapprochent beaucoup plus de ceux de Samael au niveau des fonctions, beaucoup plus spatiales, beaucoup plus accrocheuses et mélodiques sur des morceaux tels que “Kill Joy” ou “Love Like Blood“. Certains diront qu’il y a trop de claviers. D’autre diront le contraire. Moi je dis simplement que cette apparition en masse de claviers entraîne plus Sybreed dans du vrai métal indus et l’éloigne de ce fait du métalcore du début.

La partie mélodique de l’album provient sans aucun doute de la voix. Le chant de Ben a beaucoup évolué en deux ans. Plus modulé, et plus juste, il est cette fois plus chanté que crié, même si on a toujours noté une alternance de chant fait une fois de plus avec aisance dans la majorité des titres comme dans “Nomenklatura” ou “AEON”. Le passage du chant tantôt crié, tantôt chanté, apporte toujours autant d’émotion, en particulier sur “Lucifer Effect”. A noter aussi différents effets : voix saturée, synthétique…

Le côté agressif de l’album provient bien évidemment des guitares d’une part, et de la batterie d’autre part. Les guitares sont cette fois-ci plus violentes et plus rentre dedans, toujours avec des riffs super accrocheurs et puissants (“Electronegative”; “Human Black Box”). C’est bien pour cela que la musique du groupe est aussi appelé “death indus” ou “cyber death” : death pour les guitares, lourdes et agressives, indus ou cyber pour les claviers. Pour ce qui est de la batterie, elle est tout aussi puissante. Tonitruante, élégamment frappée, on retrouve aussi avec un peu d’écoute la double pédale, typique de chez Fear Factory (en même temps, on retrouve aussi forcément la patte du producteur). L’exemple type c’est le titre “I Am Ultraviolence” : la batterie est frappée, frappée, et encore frappée, accompagnée de guitares ultra violentes, d’un chant hurlé et de claviers extrêmement froids. Une réussite.

Il y a aussi plusieurs titres qui se démarquent du reste de l’album, comme “In the Cold Light” en plein milieu de l’album. Titre calme et posé, comme le groupe a souvent l’habitude de faire. Le chant est mélodique à souhait, les guitares sont lentes et quasi acoustiques, la batterie en petite dose, jusqu’à près de deux minutes trente, où les guitares deviennent légèrement violentes, sans gâcher la légèreté et le côté atmosphérique du titre. Un autre titre, “Lucifer Effect”, inattendu. Sorte de mix entre une espèce de métal symphonique extrême, ou un black indus à la Samael. Vraiment, l’intro fait légèrement penser à du Samael, leurs aînés et suisses tout autant qu’eux. En gros, un titre épique. Le dernier titre c’est “Love Like Blood” (allusion au groupe Killing Joke), au refrain très semblable à ce que nous avait fait Sonic Syndicate et leur album “Love and Other Disasters” : quelque chose de posé, d’entraînant, le jeu de guitares est très métalcore, ainsi que la double voix cirée/chantée.

L’album se clôt en beauté avec un long titre durant près de 10 minutes nommé “From Zero to Nothing” : lent, mélodique, atmosphérique à souhait. Ben chante énormément bien et ses complaintes apportent une bonne dose d’émotion. Ce titre ressemble beaucoup à “Ethernity“, celui qui fermait le dernier album de Sybreed, “Antares“, la fin est limite identique : froide, très planante, sauf qu’ici, les batteries imitent un effet mécanique, comme si des machines se mettaient en marche.

En gros, cet album est un monument. Encore mieux que les deux précédents, et atteignant un niveau jamais atteint par le groupe. La puissance se retrouve à travers chaque titre, chaque instrument pour nous offrir un parfait album de cyber métal. Si vous lisez les paroles, vous retrouverez l’ambiance de fin de l’Humanité retrouvé dans “Slave Design“. A écouter absolument et ré-écouter…avec modération cependant, pour ne pas trop vite se lasser. Sublimement orchestré. L’avenir du métal passe et passera forcément par Sybreed.

 

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