Orphaned Land : El Norra Alila

Ξ septembre 24th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : El Norra AlilaDeuxième album pour les israéliens d’Orphaned Land, quelques années après un “Sahara” tout à fait correct et précurseur d’un genre qui finira par se faire de plus en plus courant : l’oriental metal. Toujours dans la continuité du précédent, “El Norra Alila” est un subtil mélange de death et d’éléments orientaux, d’où ces ambiances arabisantes et surtout ces rythmes rapides…

Ainsi, on est bluffés dès la première minute. Le premier titre “Find Yourself, Discover God” est excellent, c’est, on peut dire, le hit de l’album. D’emblée, Orphaned Land nous montre ce qu’ils sait faire, et nous plonge dans un univers death et rythmé. Tout commence par quelques secondes de percus et de flûtes arabes, puis ils envoient la sauce. Les riffs sont excellents, et le growl de Kobi Fahri est ultra puissant, pour un ensemble bien death metal, jusqu’à l’intégration de parties plus atmosphériques et orientales dans les riffings et le chant clair.

En réalité, tout l’album est dépaysant. On se croit vraiment ailleurs. Chaque titre a sa particularité : il possède son riff, sa partie orientale, son passage très posé, glissé entre deux passages bien rentre dedans, généralement plus lent, avec une ligne de claviers, comme sur “The Path Ahead” : en plein milieu du titre, un break et un peu de claviers. Chaque titre possède le solo made in Yossi Sassi, tels “Like Fire to Water” ou “The Truth Within” qui montrent tout le talent du musicien, bien qu’encore très jeune à l’époque. Chaque titre a son mesclin de chant, disons trois chants différents : un growl, un chant clair et mélodique, et des narrations. Ajoutons à cela des chants arabes féminins, discrets, mais efficaces, et des chants juifs traditionnels. Ajoutons aussi des titres instrumentaux, comme “Joy”, un titre ultra court où on peut entendre des percus et des guitares arabes, ainsi que “Takasim”, reprenant des morceaux traditionnels de la culture israélienne.

Un titre fait littéralement office de break après une vingtaine de minutes de musique acharnée et de growl, “A Never-Ending Way”. Ce titre est très calme, lent et mélodique. On nous raconte une histoire sur les chemins sans fin, d’où le titre.

La particularité de cet album est la langue utilisée. Notons que l’anglais n’est pas l’unique langage, certes, il est le principal, mais quelques titres et passages sont chantés en hébreux (la fin du titre “Thee by the Father I Pray” par exemple), en arabe, et dans d’autres langages. D’ailleurs, le titre “El Meod Na’ala” est le principal titre chanté entièrement en hébreux. Il n’est pas exceptionnel au niveau des guitares, qui restent sur la même tonalité et stagnent, mais au niveau du chant et des percus, on se croirait littéralement à l’autre bout du monde, dans un marché israélien, en train d’assister à une représentation. Pour l’anecdote, il s’agit d’un des premiers morceaux joués par Orphaned Land lorsque le groupe avait eu l’audace de reprendre une musique religieuse juive en mode heavy metal. Voici donc le résultat.

Les deux titres ultimes sont “Whisper my Name when you Dream” et “Of Temptation Born“. Ils commencent tous deux sur les chapeaux de roues : les guitares lancent des offensives, le chant est très agressif et caverneux, la batterie est très rythmée, et les lignes de basse ne sont pas spécialement en accord avec la batterie mais c’est très efficace. A ça, nous retrouvons toujours les sonorités orientales, les solos de guitares, et un Kobi Fahri en très grande forme.

L’album possède aussi une partie philosophique. Vous ne pouvez l’écouter sans avoir les paroles sous les yeux. Orphaned Land nous invite à nous unir, à ne pas nous détester, à nous rendre compte qu’en chacun de nous il y a une part de bien et une part maléfique, que partout autour de nous, chaque chose à son opposition parfaite, et que tout se complète. Ces thèmes sont introduits dans chaque titre mais le principal concerné est “The Evil Urge” où après une minute et demi de chant clair accompagné à la guitare, le chanteur Kobi Fahri murmure quelques phrases sur un fond musical sourd, en écho (“There is no sadness without joy and there is no joy without pain, There is no holy without impure and there can be no blasphemy without holyness” )

Orphaned Land, avec son oriental death metal, se tourne vers le progressif, mettant en avant un message de paix et de fraternité qui finira par devenir majestueux sur les albums suivants. “El Norra Alila” marque aussi la fin d’une ère death metal pour le groupe, qui se tournera huit ans plus tard vers un folk oriental à tendance progressive et death, prenant son projet encore plus à coeur. 1996 marque donc la sortie de la pierre angulaire du groupe, le propulsant irrémédiablement vers les combos orientaux les plus illustres.

 

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