Amaseffer : Slaves for Life

Ξ octobre 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Oriental Metal, Progressive Metal |

Amaseffer : Slaves for LifeLes terres orientales et les mythes bibliques ont souvent été sources d’inspiration et de rêves multiples auprès des écrivains, des réalisateurs, mais aussi des compositeurs et, en l’occurrence, des groupes de métal. Amaseffer, jeune groupe israélien détenant justement le nom hébreu du peuple israélien dans l’Ancien Testament, exploite donc ce thème dans son album nommé « Slave for Life », premier opus d’une trilogie racontant l’esclavage mais aussi l’exode du peuple Hébreu d’Egypte vers leur Terre Promise, l’Israël.

Au cœur d’un metal on ne peut plus progressif, les titres étant très longs et bourrés de passages et de structures musicales aussi complexes que variés, à l’instar d’un groupe super star limite hollywoodien, Amaseffer nous dépeint ici une Egypte Antique grâce à de nombreuses ambiances orientales, arabisantes, envoutantes. Car en effet, une histoire, un concept, un véritable scénario nous est mis en musique tout au long de l’album, grâce notamment à de nombreux samples : des chevaux, des galops, des pas, des voix, des pages que l’on tourne, le crépitement d’un feu, des coups de fouet et j’en passe…l’univers est riche, somptueux, et superbement orchestré. Car outre le fait que les guitares soient les principaux éléments de la conception des titres, les riffs étant tranchants mais tout aussi mélodieux et harmoniques, les chœurs ethniques et l’orchestre aux multiples instruments orientaux tels que les violons, flutes et percussions agrémentent et pimentent les morceaux comme une bande son des plus intenses qu’on pourrait, sans doute, retrouver dans un grand film d’aventure ou historique. C’est forcément épique et grandiloquent, mais l’auditeur est surtout plongé dans cette ambiance antique et embarqué irrémédiablement au cœur des événements de l’époque. On vit les faits, on les ressent, et on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Même si les chants orientaux et enivrants sont de la partie tout au long de cet album, le chant principal, mené par Mats Leven, est très juste, maîtrisé, et quelque peu situé entre un Tobias Sammet (Edguy) et un Roy Khan (Kamelot), proposant des gammes tout à fait intéressantes et harmonieuses. Quelque peu arabisant sur certains passages, mais souvent plus incisif, il est, avec l’orchestre, l’une des pièces maîtresse de cet opus et soutenus par des narrations données par Kobi Farhi d’Orphaned Land sur certains titres (« Slave for Life » entre autre) et des growls fournis par Angela Gossow d’Arch Enemy notamment sur « Midian ».

Hormis ces quelques points, l’album en lui-même est un véritable condensé d’éléments extrêmement bien maîtrisés et spectaculaire. Le combo révèle son génie au fil des titres, ces derniers dévoilant peu à peu une combinaison et une juxtaposition d’ambiances et de sonorités des plus variés et touchantes. Les émotions foisonnent à travers les alternances de passages calmes et plus rapides, et la variété des instruments, qu’on ne peut qu’admirer. Amaseffer, talentueux, a ce don pour nous concocter des mélodies imparables, si bien que tous les morceaux ont leur identité propre, des parties qui s’emboiteront petit à petit entre elle afin de former un tout, l’histoire, le scénario en question. Flirtant avec des passages grandioses, épiques, mais aussi torturés, où des complaintes viennent compléter cette fresque lamentée mais aussi pleine d’espoir, l’album se veut tout aussi sombre que lumineux, triste et joyeux. L’ensemble possède une sensibilité des plus déconcertante, une atmosphère des plus dépaysantes, des moments forts aussi, comme sur « Land of the Dead » et bien sûr, cette touche de virtuosité à travers des guitares efficaces.

Il est de plus tout à fait normal de penser un tant soit peu à Orphaned Land. Non seulement par la présence du chanteur Kobi Farhi, mais aussi des sonorités dans les jeux de guitares qui peuvent paraître un minimum similaire. Les ambiances aussi, peut-être, sont à comparer avec leur album « Mabool », merveilleux et riche, mais avec cette orchestre grandiloquent en moins. Mais tout est disant plus doux et moins abrupte que la musique d’Orphaned Land elle-même, qui, je le rappelle, a plus une base death folk qu’Amaseffer

Cette première partie de plus de soixante dix minutes, centré sur l’Exode, est totalement magnifique et prenante et ravira sans aucun doute les amateurs de metal prog mais surtout d’ambiances orientales. Amaseffer nous sort d’office un réel chef d’œuvre qu’il ne faudrait en aucun cas renier. Une belle réussite en matière d’atmosphère et de concept.

 

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