Leviathan (GER) : Beyond the Gates of Imagination Pt. I

Ξ novembre 3rd, 2011 | → 1 Comments | ∇ Death Metal, Progressive Metal |

Leviathan (GER) : Beyond the Gates of Imagination Pt. IIl y a des tas de groupes portant le nom rageur du fameux monstre marin Leviathan, la plupart officiant dans du black ou du thrash metal. Ce Leviathan allemand fait partie des rares à jouer du death metal, mais pas n’importe quel type de metal de la mort. Le quintet fait dans le death progressif et avec une étiquette pareille, il est clair que nous aurons forcément affaire à quelque chose de particulier, long et fouillé.

Nous connaissons déjà Opeth et Edge Of Sanity en Suède ou Misanthrope en France, il est maintenant temps de découvrir cette jeune formation déjà auteur d’un EP sorti en 2010 nommé « From the Desolate Inside ». Ce « Beyond the Gate of Imagination Part 1 » est donc un pas de plus dans la carrière de Leviathan, qui bien qu’encore timide, arrive tout de même à nous faire un opus abouti et remarquablement inspiré.

Leviathan se dit inspiré par le death old school ainsi que par la scène scandinavienne en général en ce qui concerne le death mélodique, et cela s’entend dans la majeure partie des morceaux, détenant cette base bien présente. Des noms nous viendront forcément à l’esprit à l’écoute de certaines parties, tels que Kalmah pour le côté mélodique et véloce des guitares, In Flames ou encore Dark Tranquility. Mais il est clair que les allemands ne s’arrêtent pas là pour la conception de cet opus riche et varié. En effet, le combo ne s’est pas privé d’instaurer au sein de ses compositions des éléments classiques voire symphoniques, mais aussi des parties folk, épiques ou orientales.

« Beyond the Gate of Imagination », c’est avant tout un concept album emmenant l’auditeur de scènes en scènes, à travers le monde, ses endroits, ses idées, ses histoires. Chaque piste est différente mais les paroles et l’artwork futuriste (la porte de l’imagination) font que tout se rassemble en un tout. De plus, ce tout n’est que le reflet d’un monde imaginaire nous mettant en évidence l’échec de l’humain, d’où cette décomposition des titres en actes, au nombre de trois. Cependant, avant d’attaquer les différents actes, sachez que l’opus s’ouvre avec un prologue de quelques trois minutes, instrumental et mélodique, dans lequel Leviathan mélange riffings lourds et mélodieux sur un fond sonore quelque peu atmosphérique. Le décor est ainsi posé. Les rideaux s’ouvrent…

Acte 1 – Ce que nous faisons

Cette partie évoque la conduite de l’homme, ce qu’il a fait, ce qu’il fait et ce qu’il fera dans un futur proche. Ainsi, nous avons droit à des thématiques loin d’être glorieuses telles que les récentes catastrophes pétrolières, les guerres, les tortures. Dès un « Beneath a Blackened Sky » nous sommes plongés dans un death mélodique symphonique, le travail de compositions des claviers mais aussi des parties guitares étant tout de même bien recherchés. Même si certaines mélodies peuvent nous évoquer des formations bien connues, on ressent tout de même une certaine patte, une certaine façon de nous proposer quelque chose de frais, sans non plus être nouveau. Pour le coup, je ne parlerais pas de death metal concernant la principale influence de ce morceau, Children of Bodom. Les envolées mélodiques à la guitare ne peuvent qu’évoquer le refrain de l’éponyme « Children of Bodom », la ressemblance en étant presque frappante. A contrario, « Where Light And Death Unite » se verra légèrement plus sombre et plus lourd, même si les inspirations finlandaises restent tout de même bien présentes.

Acte 2 – Qui nous sommes

J’espère que vous n’avez pas décroché en lisant les quelques lignes du premier acte. Le second se veut relativement bien différent et on se retrouve loin du melo death finlandais. Leviathan pousse donc son concept jusqu’au bout avec un deuxième acte consacré à l’identité de l’homme, à son histoire, ses cultures, ses religions et ses abus sur la nature. Deux titres composent cette partie, de longueur moyenne. Mais déjà, le growl s’affirme, se veut plus profond, plus hargneux, ainsi que les guitares, qui se teintent d’éléments plus sombres, voire black. On retrouve aussi une touche plus folk et orientale, avec l’apparition de percussions, de sitars, de harpes et de quelques chants clairs sous couverts de guitares techniques à l’harmonie sans pareille. En réalité, rien n’est vraiment rapide ni agressif, Leviathan a trouvé un feeling qui lui était propre, sans chercher à être une entité destructrice à part entière.

Acte 3 – Nos ambitions

Cette fois-ci, le quintet rallonge la durée de ses deux derniers morceaux, les rendant encore plus prog qu’ils ne l’étaient, histoire de nous parler de l’orgueil, de l’envie, et de la mégalomanie de l’homme. L’auditeur a donc le temps de profiter, avec sept et neuf minutes de compositions, où la mélodie et les parties orchestrales se veulent plus omniprésentes. Des guitares acoustiques font leur apparition le temps d’un passage, rendant l’ensemble plus doux, plus aéré. Le growl est incisif mais a des réserves, même lorsqu’il se dirige vers quelque chose de plus criard.

En tout cas, c’est sans doute « Sway of the Stars » le pilier de cet acte, lui même divisé en trois autres actes. La progression est donc de mise, entre parties symphoniques à la limite du grandiloquent, parties plus atmosphériques, parties plus rapides et agressives. Certains seront peut-être désarçonnés par les changements de styles à l’intérieur même du morceau. En effet, il faut suivre, les instruments pouvant débouler à l’improviste, tels que les grattes acoustiques, les choeurs étranges, le piano etc. Même arrivé à la fin de l’opus, on sent que quelque chose va suivre à l’écoute de ces riffs carrés. Ce qui justifie le « part 1 » dans le titre.

Rien n’est donc vraiment fini…

Ce « Beyond the Gate of Imagination » s’écoute d’une traite, sans temps morts, malgré quelques soucis de linéarité à certains moments. Toutefois, cet album est véritablement riche, soigné, bien produit et travaillé, la qualité étant ressentie. En tout cas, Leviathan nous offre une œuvre qui se ressent et se vit, si tant est qu’on veuille bien en pénétrer le cœur.

 

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