Sabled Sun : Signals III

Ξ septembre 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Ambient |

Sabled Sun : Signals IIIAvec Atrium Carceri, Simon Heath explore des sentiers désertiques dans un univers post-apocalyptique, montrant ce qu’il reste de l’humanité à travers une atmosphère sombre et pessimiste. Afin de se diriger vers quelque chose de plus planant et de moins pesant, le Suédois a décidé, en 2012, de fonder Sabled Sun. Il s’agit aussi de dark ambient mais cette fois-ci dirigé vers quelque chose de plus spatial, suivant un concept tout particulier : après être sorti d’hibernation dans un monde dénué de toute vie humaine, un protagoniste essaie de savoir ce qui lui est arrivée et ce qu’elle est devenue. « 2145 » et « 2146 » étaient le reflet d’un voyage « sur terre ». La série des « Signals » est, au contraire, un voyage dans l’espace.

Tout comme « Signals I » et « Signals II », « Signals III » est constitué d’un seul et long morceau. Ici, c’est plus de quarante six minutes d’ambiance spatiale, envoûtante et berçante. A travers son concept de science-fiction, Simon Heath nous propose un périple dans les ténèbres de l’espace. La froideur de l’univers nous est offerte, l’émerveillement ressentie face aux différents corps célestes nous arrache à notre routine. Le musicien pose une nappe sombre en background et joue avec, avec des allées et venues de sons, de mélodies feintes, de bidouilles qui nous rappellent le vide stellaire. L’ensemble est assez linéaire, il faut le dire, la progression n’étant pas toujours évidente, mais certaines touches sont très subtiles, comme l’apparition d’autres nappes ou l’impression d’entendre du vent.

En cela, il ne faut pas s’attendre à découvrir de nombreux changements. Il s’agit de space/ambient pur et dur, tout se pose petit à petit même s’il faut attendre pendant de longues minutes. Certains sons arrivent à nous déconcentrer et rappellent le concept établi à travers la série des « Signals » : le protagoniste capte différents signaux lui permettant de découvrir ce qui est arrivé à sa planète. Nous sommes donc à côté de ce protagoniste : nous voyageons avec lui, nous captons, nous aussi, certaines choses, nous les analysons lorsque nous tentons de comprendre certaines sonorités…jusqu’aux dernières minutes, plus brouillées, plus inquiétantes et pesantes : une nouvelle fréquence, une nouvelle réponse ?

« Signals III », c’est un voyage musical d’une profondeur peu commune. L’espace nous tend les bras et nous n’avons plus qu’à nous perdre dans cette immensité. Même si le concept science-fiction nous guide, nous avons tout de même l’opportunité d’imaginer et d’ouvrir notre esprit. Il s’agit d’un opus fait pour ceux qui aiment s’immerger progressivement dans un univers où tout est possible…

 

Erragal : Shamash

Ξ novembre 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Black Metal |

Erragal : ShamashIl est des endroits dangereux où pratiquer une musique extrême n’est pas recommandé, où les discriminations ne cessent de pleuvoir et où les conflits entre les religions sont mortels. L’Irak. Un des pays du Moyen-Orient les plus fermés et les plus ouverts aux tensions, quelles qu’elles soient. Et pourtant, quelques entités font de la résistance, à leur risques et périls. Les thrasheux d’Acrassicauda et les deathsters de Dog Faced Corpse ont déjà fait leur preuve, ainsi que l’occulte Lord Erragal, hyperactif infatigable à l’origine de plusieurs one man bands tels que Amelnakru, Kurgal et même Erragal. De ces projets dark ambient naissent une musique personnelle, à l’image même de l’Irak. Sombre, inquiétante, solitaire mais aussi mélodieuse et harmonieuse.

« Shamash » est le deuxième full length d’Erragal après quelques EP et split-CD. Il tire son nom du dieu soleil du panthéon mésopotamien en langue akkadienne. Logique, dans la mesure où Lord Erragal s’inspire de la mythologie sumérienne et des mythes babyloniens. Dieu-soleil, peut-être, mais la musique de l’Irakien n’en reste pas moins ténébreuse et froide. Bien sûr, il n’invente absolument pas la poudre à canon, mais l’empreinte occulte voire rituelle et les touches atmosphériques et néo-classiques apportent un peu de fraîcheur sur une scène très saturée.

La plupart des morceaux sont minimalistes et angoissants, déstructurés et bruitistes. Les nappes de claviers sont enveloppantes, les sons organiques et les échos sont de mises, tandis que certains bourdonnements rappellent le drone (Pt. 1, 2 et 3). Les voix sortent sorties d’outre tombe, maladives et profondes, telles les paroles décadentes de Shamash.

Quelques titres ont un rythme, mais on reste dans le très lent, afin de jouer avec notre imagination. Impossible de se sortir de ces méandres obscures, les nappes de claviers d’Erragal étant très sombres, et souvent trop linéaires, en particulier sur les parties les plus longues. Certaines tendent à trop se ressembler, mêmes si elles sont reliées par cette aura mystérieuse et rituelle. Le piano renforce cet effet, en particulier sur « Days of the Sun », « Unveiled » ou « Fragments of the Past », trois titres ayant la particularité de se détacher de la série des « Shamash ». L’aspect neo-classique prime, mené par des notes plus percutantes, plus entraînantes, mais aussi plus orientales, dignes représentantes de la chaleur du Moyen-Orient.

« Shamash » peut paraître anecdotique dans la sphère du dark ambient mais représente beaucoup pour l’Irak et pour tout le Moyen Orient, souffrant encore de certaines interdictions. Lord Erragal et son album de soixante minutes expriment bien ce malaise et cette torpeur mêlée aux mystères des mythes et légendes mésopotamiens. Une belle dédicace à une région qui ne demande qu’à être redécouverte.

 

Magiska Krafter : Dark Light and the Sprites Song

Ξ septembre 6th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Experimental |

Magiska Krafter : Dark Light and the Sprites SongA la base, ce duo n’était que le projet de l’indien Waterburner, aussi membre du one man band Burn The Water, sous le nom de School Of Dead, jusqu’à la rencontre avec le caverneux suédois Satanic Tony (Demorian, Wintercold), donnant naissance à une toute autre entité, cette fois-ci bicéphale et tournée vers des thématiques plus ésotériques et cosmiques. Le changement de style a d’ailleurs été radical, puisque ce qui était une forme de black/atmo/gothic/indus devient une forme de metal expérimental…

Si chacun a composé ses parties dans son pays d’origine, à savoir l’Inde et la Suède, l’assemblage des éléments est quelque peu étrange vu que nous avons désormais droit à une fusion de drone et d’ambient, pour un résultat avant gardiste. En effet les musiciens, dans leurs projets annexes, ont toujours su se démarquer du lot et proposer des compositions très underground et loin de plaire à tout le monde. Ce sera aussi le cas avec ce nouvel et premier album nommé « Dark Light and the Sprites Song ».

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’on change littéralement d’horizon. Magiska Krafter fait ressortir un certain côté rituel, mis en valeur par des chants à la limite tribaux, des incantations, des murmures, des samples de nature et des sons étranges (« The Abyss »), ainsi que des guitares mystérieuses et inquiétantes. Elles offrent sur la majeure partie des morceaux un riff ascendant puis descendant, suivant quasiment le même schéma sur les titres de la série des « Celestial Particles ».

Comme les styles l’indiquent, rien n’est vraiment véloce ou brutal, tout se joue sur l’ambiance. Les guitares bourdonnent et offrent des mélodies nocturnes très spéciales. Quelques instruments locaux font parfois leur apparition sans non plus devenir omniprésents. Quelques bizarreries s’intègrent aussi au sein de cet album, tels que des plages de 10 à 14 secondes, où s’offrent le vide, le bruit d’un éclat ou des bidouilles industrielles. Sans oublier cet hypnotique bruit de fond…

« Dark Light and the Sprites Song » est un album très ésotérique, planant et surtout rituel, dans lequel l’auditeur ne peut que jouer le jeu et se laisser entraîner dans les ténèbres de compositions certes pas variées, mais vectrices d’une atmosphère toute particulière et terriblement malsaine.

 

Ono : Plus Ultra

Ξ août 5th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Industrial Metal |

Ono : Plus UltraOn avait découvert le Slovaque d’0n0 avec la sortie de son premier album « Path », ce dernier ayant réussi à mélanger plusieurs styles pour créer une forme d’indus expérimental très particulière. Twisted est donc de retour en milieu d’année 2012 avec un EP « Plus Ultra », confirmant le talent de cet homme aux nombreuses facettes.

Rien à voir avec tout ce qui sort actuellement, que ce soit l’indus old school en manque d’inspiration ou le djent/indus trop syncopé et linéaire, 0N0 sort des sentiers battus et nous fait voir sa vision des choses. Ses compositions sont loin d’être trop gentillettes ou porteuses d’espoir, bien au contraire, c’est le métissage qui prend le pas afin de nous en faire voir de toutes les couleurs. Torturé et malsain, voilà les maîtres mots de l’univers du Slovaque qui ne lésine pas sur le côté tordu et étrange de ses titres.

« Plus Ultra » est dans la digne continuité de « Path » et rien est à redire de ce côté là. L’auditeur se retrouve embarqué dans un melting pot de styles, passant de l’ambient inquiétant (« The Horrible Trauma of Birth ») à un post hardcore perturbé parsemé de riffs maladifs. Mais 0n0, c’est avant tout du metal industriel avec sa dose considérable d’expérimentation. Les sonorités aux claviers laissent la lumière de côté pour apporter les ténèbres et la terreur. Mixés à des guitares lourdes et dérangées, le résultat n’en est que dérangeant, comme sur « How ? », soulevant une question difficile à répondre. Rien à voir avec son successeur, « Plus Ultra », qui lui, mise sur les blasts et un certain aspect black (riffs, voix, ambiance).

Cerise sur la gâteau, Twisted conclut cet EP avec un long et étonnant « A Rite to Rise » , mixant le doom/death et la musique industrielle. Le musicien nous fait part de sa voix claire et planante sur des riffs lourds et écrasants et des claviers à la fois proche du funéraire et du cyber. Pas aussi malsain qu’un « Sleepless Slumber » mais tout aussi dérangé, avec ses mélodies lamentées, son rythme lent et mécanique, et ses bruitages perturbants. Résolument froid et inhumain, on peut y voir ici une forme de cyber/doom particulièrement immersive et métissée.

La Slovaquie nous montre une fois de plus de quoi elle est capable grâce à son one man band 0n0 qui nous livre un EP de nouveau très recherché et ambitieux. Laissez vous donc embarquer dans cet univers torturé le temps de quelques minutes car si vous aimez les musiques distordues et alambiquées, ce « Plus Ultra » ne peut que vous être destiné.

 

Valley Lord : Prisoner of the Black Sea

Ξ octobre 4th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Ambient |

Valley Lord : Prisoner of the Black SeaLa Géorgie nous avait fait découvrir Im Nebel en matière de black symphonique, mais il existe aussi Valley Lord, un petit one man band officiant dans de l’ambient pur et dur, mettant en musique les mythes et légendes liées à la Mer Noire, bordant la Géorgie mais aussi la Turquie.

Le groupe se dit jouer du black ambient mais il n’en est rien. Au contraire, cette unique entité n’introduit aucun élément metal dans ses compositions, ce « Prisoner of the Black Sea » n’étant qu’une invitation au voyage purement instrumentale et ambiente.

Datant de 2006, cette œuvre semble être l’unique pièce apportée par un Valley Lord discret et timide. Ce projet n’est aucun cas fait pour vous faire trembler de peur ou pour vous offrir une brutalité pure et sans merci. Malgré ses quelques trente deux minutes, la musique du géorgien, uniquement composée aux claviers, est le moyen ultime pour vous dépayser et vous faire écouter autre chose que des riffs acérés ou des chants écorchés. Même si les moyens financiers ne sont pas exceptionnels (expliquant le pourquoi du comment de la méconnaissance de ce projet), Vaso Doiashvili (oui c’est bien son nom) nous propose une panoplie d’ambiances aussi belles que mystiques.

Parfois marine (« Prisoner of the Black Sea »), parfois orientale voire égyptienne (« Tabakoni Mountain »), ou parfois classique (« Daughter of Mindortbatoni »), et même folk, le tout aurait pu faire office de bandes son tant les sonorités sont diversifiées. On se retrouve donc avec des orgues, des cloches, des violons, des percussions, des flutes, ou des choeurs, la liste n’est pas exhaustive. Et même si les instruments sont totalement synthétiques, ils n’en restent pas moins réalistes, par conséquent, passer d’une ambiance à une autre se fait avec plaisir. Comme si on passait de la BO du Seigneur des Anneaux à celle de Stargate.

Toutefois, les morceaux tendent à se ressembler sur certaines parties et les variations ne sont pas bien nombreuses, le clavier étant le même. Et même si certaines paroles, aussi étranges soient-elles, viennent se greffer à cet ensemble instrumental appréciable, cela ne parvient tout de même pas à apporter ne serait-ce qu’une once de féérie ou de magie. Car ce sont des atmosphères qu’on a déjà entendu au moins une fois, et la surprise disparaît au bout de plusieurs minutes.

Les grands amateurs d’ambient pourront se régaler avec ce « Prisoner of the Black Sea », présenté dans un étrange boitier dvd. Et si vous aimez voyager en orient pour vous dépayser, ces huit morceaux sont fait pour vous.

 

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