Contaminant : The Masquerade

Ξ février 26th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Contaminant : The MasqueradeL’Allemagne est un pays riche pour tout ce qui concerne le black mélodique et le metal industriel. C’est peu de temps après sa formation en 2006 et quelques changements de patronyme que Contaminant s’est mis à mélanger les deux styles tout en adoptant une atmosphère particulière afin de livrer un opus personnel et aux nombreuses influences. La pochette en elle-même représente bien l’opposition des deux genres, avec ce bélier et ce masque à gaz sur un fond sombre et désarticulé, ce qui ne trompe pas quant à ce qui attend l’auditeur.

Malgré les apparences, il ne s’agit pas de cyber black metal, même si l’ambiance futuriste et morbide est présente du début à la fin. Les Allemands n’utilisent pas les mélodies à outrance, bien que les guitares nous concoctent régulièrement des arpèges bien particulières. Toutefois ces mélodies sont là afin de véhiculer une atmosphère bien décadente voire post apocalyptique. Mélangées aux claviers et aux samples électroniques, le résultat n’est que saisissant.

Dès le départ, le duo « The Worm’s Eye » et « The Masquerade » nous montre l’identité de Contaminant, qui s’évertue à nous offrir des morceaux d’apparences simples, mais aux ambiances très travaillées. On ne passera pas à côté des inspirations death pour certains growls et symphoniques pour les touches orchestrales. La venue de « Confessional Secret » rappelle le metal industriel allemand remixé en version black metal avec ces touches électroniques futuristes et ce riffing imparable.

L’album prend une teinte plus sombre lorsqu’on arrive en son milieu. Après les samples de bébés qui pleurent ou de cris, « Sindream » nous envoie les cloches avant de nous envoyer la sauce à coup de claviers mi sympho/mi indus, sans non plus écraser la puissance des riffs et du chant black, tandis que « Bloody Mary », malgré tout, nous octroie plus de six minutes de cyber black décadent et prenant du début à la fin tant dans les ambiances froides que dans l’assemblage des riffs.

Étrangement, les influences arabes pointent le bout de leur nez sur un « Shaitan » symphonique (« lucifer » en arabe) et épique. Mais c’est bien sur « Chutba and Dadschal » que ces touches orientales deviennent plus importantes, non seulement dans les mélodies mais aussi dans l’utilisation des instruments. L’apport de l’électronique fait un drôle de contraste entre le chaleureux/l’authentique, et le froid/l’artificiel.

Contaminant s’en est bien sorti avec ce « The Masquerade » auto produit et pessimiste, aux mélodies imparables et aux touches industrielles futuristes. Le groupe a réussi à ne pas s’y noyer et à nous proposer un black metal atypique porté sur les atmosphères et non sur la brutalité, disposé à nous faire passer une quarantaine de minutes dans un monde perturbant, perdu dans une infinité de mensonges.

 

Illidiance : Nexaeon

Ξ septembre 15th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Black Electro, Cyber Metal |

Illidiance : NexaeonAvant de devenir une « super star » du cyber metal en Russie même et en Europe de l’Est, Illidiance c’était d’abord une entité black metal, encore hésitante mais ambitieuse, désireuse de montrer tout son potentiel et son originalité, malgré quelques soucis évidents de promotion mais aussi de production. Fondé en 2005 par Xyrohn, chanteur/guitariste, il fallut peu de temps au groupe pour sortir un premier EP « Withering Razor » suivi du premier opus « Insane Mytheries to Demise » la même année, signé chez Magik Art Entertainment, un petit label russe. Déjà, le quintette officiait dans un style de black metal assez métissé, sans non plus trouver la combinaison gagnante. Mais ce n’est qu’en 2008 avec la sortie de « Nexaeon » que tout changea…

Inspiré par des groupes tels que Fear Factory, The Kovenant, Prodigy ou encore Dimmu Borgir, Illidiance arrive à adopter un style bien à lui en faisant son propre cyber metal. Un cyber black glacial, apocalyptique et résolument futuriste, prenant source dans les thématiques science fiction et l’imagination débordante de ces cinq membres. Qui aurait cru que cette année, les russes allaient changer la vision du cyber, tout en faisant un gros pas en avant…

Illidiance signe chez Haarbn Productions et s’arme d’une production, certes laissant à désirer, mais donnant sans aucun doute un charme et une force supplémentaires à l’ensemble de ses compositions. davantage crues au niveau des vocaux et des riffs, mais plus puissantes en ce qui concerne les claviers.

Le groupe enrichit le tout avec des ambiances bien atypiques et un rythme mécanique, tel un rouleau compresseur. De plus, l’imagerie est totalement remise à niveau, en témoignent cette pochette électrique froide, ces costumes cyberpunk tout droit sortis de l’imagination du bassiste, et ce livret cybernétique totalement magnifique (l’œuvre se présentant dans un digibook ultra moderne). Les paroles, quant à elle, évoque le futur, l’espace, mais aussi l’annihilation d’une certaine race d’homme et la création d’une nouvelle : les demi-dieux (demigods).

L’album est assez compact, entraînant et mélodique malgré une agressivité prédominante. Tandis que la batterie mécanique enragée nous fait tourner la tête, blast et double pédale aux premières loges, le chant black bien crié et très charismatique alterne, sans pour autant dénaturer le style, avec un chant clair lamenté et presque déshumanisé. Les guitares sont assez techniques et rentre dedans, mais parviennent à des mélodies grâce à des riffs, des solos, ou un simple frottement. Quant à l’électronique, elle joue un rôle capital à l’élaboration des titres. Omniprésente, en fond sonore, ou au premier plan, variée et surtout bien appréhendée, elle apporte beaucoup d’émotion et de sensibilité à la musique. De l’harmonie à travers une musique de brute…de l’harmonie d’autant mise en valeur par des breaks atmosphériques en milieu de titre ou par des parties symphoniques plutôt sombre.

« Bleed for Deliverance », reflète parfaitement l’album en lui-même. Un condensé de brutalité et de mélodie, ô combien bien amenées par des guitares en furie, une batterie énervée et bien frappée, ces claviers si charismatiques lors du couplet et aux notes bien futuristes et tristes…et cette fin magistrale et inattendue, sans guitares, spatiale et symphonique.

Alors que le titre éponyme « Nexaeon » nous livre un refrain aux guitares émotives, au mix de vocaux et aux harmonies enchanteresses, « In Thousand Gales I Dwell » et « Countdown to Annihilation » nous proposent un déferlement des guitares, un pur rouleau compresseur et une ambiance assez dimmu borgienne, où l’orchestre est de la partie, agrémenté de petites touches électroniques…tout ça pour bien mettre en valeur le côté apocalyptique des paroles.

La baffe glaciale se produit avec un « Paranormal Activity » tout en atmosphères. Bien que lent, ce morceau nous embarque littéralement en plein futur, alternance de vocaux en prime, avant de terminer en apothéose avec un déluge de riffs. De même avec un « Cold Day in Hell » dont la puissance froide des claviers n’est plus à contester.

Neuf titres et pourtant, « Nexaeon » est un album culte dans le domaine du cyber metal, mais aussi un album important dans la carrière d’Illidiance, le transportant pour de bon dans cette petite sphère musicale. Voici donc une œuvre indispensable, responsable de façon positive de la montée en puissance d’un groupe ayant déjà tourné avec des formations tels que Behemoth, Thy Disease, Deathstars ou encore Rotting Christ.

 

Samael : Solar Soul

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Solar SoulOn ne présente plus Samael, ce groupe d’indus ayant comme petite particularité de nous proposer des albums aussi différents les uns que les autres, chacun ayant son thème, son design, sa patte musicale…si bien qu’à chaque opus, la question qu’on se pose n’est autre que « Que nous font-ils encore ? ». Car en effet, dans ce groupe, il y en a pour tous les goûts, si bien que personne n’est lésé ou mis à l’écart.

Forcément avec ce « Solar Soul », nous sommes en droit de nous demander à quoi ressemble la musique, dans quel monde les Suisses nous embarquent, dans quel univers musical ils se sont essayés…. Eh bien pour le coup, nous voici les bienvenus dans la mythologie gréco-romaine, et ce après nous avoir emmené loin dans des contrées spatiales avec « Eternal » et dans un monde oriental avec « Reign of Light ».

Le concept semble si évident après avoir écouté la musique mais la cover et le visuel l’est moins aux premiers abords. En voyant cet espèce de soleil et cette lune, éléments astrales si chers à nos amis suisses, on ne penserait pas que justement, la musique diffère des dernières sorties. En effet, après une petite virée à l’intérieur du livret, nous pouvons voir sculptures, gravures, mosaïques et même poteries, assez typique de cet empire gréco-romain. La tracklist peut elle aussi nous mettre sur la voie après avoir lu des noms tels que « Ave ! » ou « Olympus ».

Mais cela ne suffit pas, pour en avoir le cœur net, il faut toujours se pencher sur le contenu, l’objet qui nous intéresse réellement, l’album, et donc, la musique.

Samael nous a toujours habitués, surtout après l’avènement de leur album transitionnel « Passage », à des mélodies enivrantes, beaucoup de claviers et des ambiances martiales. Le combo ne change donc pas ses habitudes sur cet album-ci puisque dès le titre d’ouverture éponyme, on retrouve tout ce à quoi on s’attendait depuis le départ : de la puissance, de la mélodie et des Passages planants. Guitares incisives, chant tranchant et ultra charismatique, mais aussi une batterie un chouillat plus vrai que nature (le rythme étant créé à la boîte à rythme depuis « Passage » justement). Ajoutez à cela bien sûr, une mélodie très facile à retenir, qui fait que ce titre-ci permet de nous entraîner et de nous faire saliver de bonheur.

Les deux morceaux qui suivent, à savoir « Promised Land » et « Slavocracy » sont totalement déroutants car ils changent assez de l’ordinaire. On retrouve la patte de Samael, les ambiances, mais la façon dont tout cela est appréhendé est différente. Ces titres se veulent vraiment puissants, avec un son lourd et dense. De plus, on y retrouve beaucoup plus d’électro qu’à l’accoutumer. Beaucoup de bruitages, d’effets, soutenant les guitares lançant des offensives, et ce chant, ô combien rageur et grave mais si mélodique. Bien que le rythme soit en tempo moyen, on est littéralement pris et embarqués dans ce déluge musical et ça fait du bien. Cependant, si bien sûr vous êtes allergiques à tout ce qui est électronique voire symphonique, ça n’est pas trop fait pour vous…

Le reste de l’opus se veut tout aussi puissant et entraînant, dynamique, mélodique et électronique, tout en étant incorporé d’éléments et d’ambiances typiques de l’empire gréco-romain. On ne sera pas étonnés de retrouver des sitars, des chœurs mais aussi quelques percussions et instruments assez représentatives. « Western Ground », « Quasar Waves » ou « Alliance » sont de bons exemples et permettent aisément de s’imprégner de cette ambiance si antique. Des titres tels que « Ave ! » ou « Olympus », eux, sont sans doute les plus atmosphériques, de par ce rythme assez lent, de la prédominance du clavier et de la modulation du chant.

Si « On the Rise » est surtout un titre fait pour remuer, le rythme étant ultra dynamique, la musique très agressive, le titre bonus « Architect », lui, sort du lot de par son ambiance assez sombre et son refrain relativement planant. Pas de chichi pour ce morceau, tout réside dans la composition, les harmonies à la guitare, la voix, qui se pose délicatement sur un fond d’ambiance aux claviers.

A noter aussi la présence de la chanteuse Vibeke Stene, ex chanteuse de Tristania, sur le titre « Suspended Time », apportant un léger côté sensuel…

Un autre très bon album pour Samael qui sait quoi faire de son talent. Ils innovent à chaque album et ne semblent pas prêts d’avoir fini d’évoluer ou même de saturer. L’alchimie dégagée dans chaque titre est tel que presque rien est à jeter, même si des titres sont forcément moins bons que d’autres (je vise en particulier « Ave ! », original, planant peut-être, mais pas transcendant pour un sous et surtout très linéaire…). Laissez vous embarquer avec ce « Solar Soul » et profitez du voyage…

 

Shade Empire : Zero Nexus

Ξ août 15th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Shade Empire : Zero NexusForts de leur talent en matière de compositions, nous ayant proposé un « Sinthetic » et un « Intoxicate O.S. » totalement déroutants, épiques et électroniques à la fois, proches du space opera et nous propulsant dans des confins encore peu explorés, Shade Empire remet le couvert en cette année 2008 avec un « Zero Nexus » sortant de l’ordinaire. Ainsi, on peut noter un changement de cap de la part des finlandais, puisque leur musique se veut tout autant black, peut-être moins axée électro mais plus indus. Car on aura bien évidemment notés cette prédominance des claviers sur les deux précédents opus, étouffant souvent les guitares et faisant ressortir un certain côté électro/rock.

Toutefois, « Zero Nexus » aborde d’autres propriétés que le groupe n’aura pas ou peu utilisées, tels que les changements de vocaux, qu’ils soient criés ou clairs, une agressivité palpable, et les changements d’ambiances au sein même des titres.

Le premier morceau « 9 in 1 » assez brutal et rentre dedans, nous prouve en partie ce changement d’orientation. Ce tranchant se veut présent autant dans le rythme que dans les guitares et les vocaux, paradé par des claviers discrets et un chant clair au refrain. Ce qui étonne forcément, c’est la mise en valeur des grattes, guitares et basse. Les accords et différentes lignes sont très bien audibles, d’autant plus que les riffs sont pour la plupart assez offensifs, des riffs black assez caractéristiques qu’on peinait à trouver avant, surtout dans « Sinthetic ».

On continue de la même manière avec « Adam & Eve », plus sombre et plus indus qu’électronique. Les claviers cette fois-ci sont au même niveau que le reste des instruments et le côté cosmique est d’autant plus mis en avant grâce à ce mélange subtil d’ambiances et d’agressivité. Le couplet, aux vocaux masculins (Adam), est plus incisif que le refrain, aux vocaux féminins (Eve), adouci par ce personnage mais aussi le piano.

« Flesh Relinquished » rappelle les origines électro du groupe par cette puissance des claviers indéniables et cette mise au second plan des guitares. Le dynamisme de ce titre ressemble étrangement à celui de « Sinthetic » si bien qu’il aurait bien pu se retrouver sur cet album-ci. Alors que « Havesters of Death » démarre sur les chapeaux de roues pour continuer et finir en trombe, sans répit, « Whiper from the Depths » est sans doute le titre le plus varié dans les ambiances et les rythmiques. L’intro dynamique et spatiale faisant légèrement penser à du Samael n’est qu’une sorte de prélude vu que la suite se veut plus posée et planante, alors que le chant black fonctionne un peu comme un murmure (« whisper ») soutenu par un chant clair. L’enrobage électronique est omniprésent, les claviers deviennent alors épiques, et les guitares, tranchantes à souhait. L’ensemble est assez lourd et compact, conçu pour nous emmener dans les profondeurs (« depths ») d’un monde presque oublié. Un morceau efficace et transportant.

La longueur du dernier morceau peut en impressionner plus d’un étant donné que ce n’est pas dans les habitudes de Shade Empire, la durée des pistes dépassant rarement les cinq minutes. Mais pourtant, « Victory » s’annonce comme un grand et monstrueux épilogue. En effet, l’intro mélancolique, calme et planante, où l’on entend que des chœurs masculins et une voix féminine pointer le bout de son nez n’est que l’arbre cachant la forêt vu que la suite est une réelle déflagration. Le mot « puissance » est celui qui me vient aussitôt à l’esprit pour qualifier les instruments et les vocaux. Pas de répit, pas un. Tout est bien dynamique et somptueux, et surtout poignant. Les riffs sont bien incisifs et nous mettent aussitôt en transe tandis que le chant ne peut que résonner en nous comme un cri plaintif jusqu’au break électronique et atmosphérique, dans une veine cosmique, guidée par une basse et une batterie au premier plan. Quand les guitares reviennent, comme lamentées, en osmose avec les claviers, c’est pour nous concocter une fin pour le moins inattendue car compacte et terriblement enivrante.

J’avais été grandement conquise par « Sinthetic » et son surplus d’électronique mais à la première écoute de ce « Zero Nexus » j’avais ressenti de la déception en me rendant compte que la musique n’était presque plus dans la même veine, que le groupe avait évolué en une sorte d’entité commerciale, cet album-ci étant, il faut le dire, plus accessible d’accès que ces frères. Toutefois, après avoir mieux appréhendé l’opus en question, j’ai mieux retrouvé les ambiances et les sonorités qu’on avait retrouvées par le passé, cette fois-ci mises aux premières loges par les guitares, et je le trouve même bon. Sauf qu’on ne retrouve pas sur « Zero Nexus » ces émotions, cette magie créative et ce don qu’a Shade Empire pour nous propulser loin, très loin, dans les méandres d’un univers sombre mais éclatant à la fois.

 

Samael : Exodus

Ξ mars 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : ExodusQue dire de cet Ep, « Exodus » sinon que c’est l’opus suivant de près le mythique album « Passage »…que dire des compositions magnifiques remplies de noirceur et de mélodies, de la beauté de la pochette et du concept, de l’émerveillement que j’ai ressenti à son écoute…

Avez-vous déjà ressenti cela…cette impression d’avoir trouvé ce que vous recherchiez depuis toujours ? Une écoute, et ça y est, vous êtes transportés loin, loin, loin…une sorte d’exode spirituelle en somme…

Je ne vais pas vous assommer avec mon ressenti personnel. Non. Je l’ai déjà décris en une phrase c’est bien suffisant. Je vais vous parler de l’album en lui-même.

Le concept…cette envie du cosmos, de nous faire voyager, rêver, planer…cette pochette une fois de plus spatiale, montrant notre vision de la Terre d’une autre planète, après un exode inévitable…ces tons de vert, symbole de l’espoir, d’une envie de se reconstruire…ces titres si mystiques et étranges…

La musique…similaire à celle de « Passage », si bien que les quelques titres de cet Ep auraient pu faire partie intégrante de cet album. Une ambiance cataclysmique, noire, froide, aérienne, spirituelle…soutenue par des claviers variés et omniprésents, des riffs de guitares ravageurs, des vocaux tranchants…

Six titres composent cet EP : trois nouveaux, et trois anciens, remodelés, tout droit venus de l’album « Ceremony of Opposites ». Ecris par Vorph, composés par Xy, l’ensemble se veut incroyablement variés et empreint d’une identité qui lui est propre.

Le titre éponyme, « Exodus », sans doute le hit ultime de l’album, est tout simplement incroyable et représentatif du génie des suisses. Il me fait beaucoup penser à « Rain ». Des couplets où la basse et le réel fil conducteur, avec cette voix murmurée et ces claviers si étranges, fluides, et ces refrains…magnifiques par le tranchant de la voix, par cette rage qu’il est impossible de ne pas ressentir, ces riffs de guitares immenses, ces claviers aériens, ces chœurs, apportant une dose d’émotion en plus…

Alors que « Tribes of Cain » est beaucoup plus centré sur une optique gothique et terrifiante, avec une voix bien black et des orgues mystérieux et épiques en arrière plan, « Winter Solstice » est comme la petite sœur de « Moonskin » de « Passage », un morceau sensuel, ressemblant étrangement à une ballade, calme, atmosphérique, où la voix de Vorph est étonnamment douce et où le piano est le véritable fil conducteur, paradé par des guitares lentes mais planantes…

Je vais maintenant faire un petit topo sur les reprises des titres de « Ceremony of Opposites », notamment avec « Son of Earth », qui maintenant, possède des claviers, une voix plus modulée mais des guitares moins grasses et agressives…une bonne reprise mais manquant de piquant, n’allant donc pas à la hauteur de l’original. Par contre, « Malkuth to Kether », c’est, …c’est comment recycler « Son of Earth » et en faire un titre à part entière. Le combo a en effet repris le final de ce dernier titre, percussions en tête (dont des beats électroniques…), voix bien black, riffs réinventés et percutants, ambiance indus et spatiale…

A noter, un titre instrumental caché sur la setlist mais bien présent quand vous écoutez l’album, le fameux titre numéro 7…portant le nom de « Static Journey » (tiens, comme dans « Ceremony of Opposites »…), c’est en effet une sorte de recyclage (encore), où l’ambiance cette fois-ci est moins gothique et inquiétante, mais plus planante, suave, et marine…je ne sais pas pourquoi mais en écoutant ce savoureux mélange de piano et de violons synthétiques entre autre, j’ai l’impression d’être en bord de mer, voire sur un bateau, regarder l’horizon, rêver, m’envoler…

Un « Passage » bis si on peut dire (normal, les compositions étaient au départ destinées à apparaître sur cet opus), mais qui vaut largement le coup, surtout pour « Exodus » et la reprise terrifiante, étouffante, lourde et sombre de « Ceremony of Opposites ». Une belle réussite de nouveau pour un groupe qui ne cesse d’impressionner. Une étape conséquente qui marque bel et bien la transition d’une musique black vers quelque chose de plus industriel, tout en restant martiale et somptueux.

 

Samael : Passage

Ξ mars 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : PassageEn cette année 1996, qui aurait cru un jour que les blackeux de Samael changent d’orientation musicale après avoir sorti trois albums de black pur et dur…

On s’en était vaguement doutés avec l’arrivée de l’EP « Rebellion », où les claviers commençaient à peine à prendre de l’importance, mais avec « Passage » c’est décidé : cet instrument fera parti de la musique.

« Passage » porte décidément bien son nom. C’est le Passage du groupe vers une musique plus sombre et mélodique, le Passage vers quelque chose de plus artistique et recherché, le Passage vers une orientation musicale un peu plus industrielle, le Passage vers une musique plus magistrale qu’elle ne l’a jamais été.

« Passage » peut aussi être une symbolique en rapport avec la lune, qui orne la pochette très cosmique de l’album : les différentes phases du satellite, passant d’une pleine lune à un croissant, ou une nouvelle lune, bref, encore des Passages…

Ceci dit, l’intégration de claviers pourrait signifier qu’un autre membre pourrait intégrer le combo, et bien pas du tout. Le groupe reste à trois, Vorph au chant et à la guitare, Mas à la basse, mais Xy, lui, se décharge, on peut dire, de sa batterie pour la remplacer par une boîte à rythme, afin de mieux prendre le contrôle de ses claviers. C’est que ça nous fait deux changements majeurs alors. J’avoue qu’à la première écoute, la batterie électronique peut faire un drôle d’effet, les battements partant un peu dans tous les sens ou étant un peu trop amplifiés. Mais au final on s’y fait et c’est ce qui fait, en partie, le charme de cet album.

En effet, cet opus a un charme fou, et c’est un euphémisme. « Passage » est si fort dans les compositions, les arrangements, les mélodies et harmonies, les parties agressives et sombres qu’on ne peut qu’être ensorcelés par cette musique limite apocalyptique, triste et froide.

Fort de son style imposant, « Passage » est en réalité une réelle descente dans un monde oppressant, grâce au chant si tranchant et grave de Vorph, aux riffs si percutants et accrocheurs de sa gratte, et aux claviers si omniprésents et imposants de Xy : piano, orgues, chœurs, etc. Oppressant par la noirceur de la musique entre autre, ce qui détonne tout de même avec la mélodicité qui s’en dégage. Un titre comme « Rain » est comme une invocation au déluge…pas vraiment un déluge d’eau mais de guitares enragées entre autre et de claviers si merveilleusement arrangés pour apporter un côté plus mystique. Une voix tantôt parlée, tantôt criée, et très charismatique dans les refrains.

Alors que « Moonskin » est l’exemple même du titre rempli de grâce, de fraicheur mais aussi d’émotion, les vocaux de Vorph, extrêmes et mélodiques à la fois, apportant beaucoup à la chanson, ainsi que les guitares, grasses, et le clavier, indispensable (et ce refrain, si beau, si puissant…), « Angel’s Decay » est un vrai chef d’œuvre en matière de tristesse et d’anéantissement. Même si l’intro à la boîte à rythme est assez casse pied, l’ambiance faite aux claviers et au piano est envoutante et déconcertante : noire, pesante, surtout à la lecture des paroles, forte en signification (un homme racontant à son ami sa terrible tragédie…).

Ne dénigrant pas pour autant leurs origines, Samael peuvent aussi nous composer des titres aux structures black tels que « My Savior », assez rapide, où le chant a toute son importance, et où le tranchant de la guitare est plus mis en avant, ou « The Shining Kingdom », dans la même veine.

Bon je tiens à le signaler, pas d’amalgame ou d’incompréhension à l’écoute de « A Man in Your Head »…même si une des phrases du titre (ou dirais-je, LA phrase…) semble ambiguë (« Ein Volk, Ein Reich, Ein Führer »). Pas une propagande mais une façon de dénoncer une certaine oppression, notamment les voix qui s’insinuent dans les têtes des gens, les manipulant et les privant de leur liberté…et tout ceci soutenue par une musique assez sombre, avec en fond, des orgues et des chœurs, style impériaux…

Un chef d’œuvre du genre, sans doute l’une des plus belles réussites de Samael. Leur musique, à cheval entre black, indus et sympho, ne passe vraiment pas inaperçue tant elle est difficile à décrire. Ces termes ne sont en effet pas suffisants, quelque chose d’autre se dégage de leurs compositions : le talent, le génie, la force novatrice d’un groupe qui ne cesse de nous impressionner. Ecouter « Passage » c’est comme commencer un voyager dans les méandres d’un univers décadent et terrible, dans les méandres d’un monde décimé par la tristesse, la torpeur, mais aussi l’espoir…

 

T3chn0ph0b1a : Grave New World

Ξ février 13th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Electro, Cyber Metal |

T3chn0ph0b1a : Grave New WorldOn dit beaucoup que la techno et le métal ne font pas bon ménage…et à juste titre, surtout quand vous avez entendu des groupes tels que Xe-none ou Palindrome, véritables ovnis du genre, où la musique se veut incohérente et ridicule…toutefois, les Italiens de T3chn0ph0b1a arrivent à faire de ce mélange quelque chose de martial, cohérent, et surtout frappant.

Bon pour commencer, je dirais que si vous n’aimez pas les beats électro, les effets sonores et les coups de batteries incessants, cet album n’est pas pour vous, et que vous devriez passer votre chemin au lieu de vous attarder sur le reste de la chronique. C’est la pure réalité. Toutefois, il est bon de savoir que c’est bien plus qu’un pur album de « techno/métal ». En plus de mélanger les guitares agressives, les blasts déchaînés avec un enrobage électronique omniprésent, T3chn0ph0b1a intègre aussi dans leur compos une bonne dose d’éléments black pour le plaisir de nos oreilles : la voix en particulier, et un rythme assez rapide. Ajoutez à ça une ambiance futuriste par-dessus tout (mise en valeur par la pochette très cyber entre autre).

Le style peut paraître repoussant à la première seconde, mais on s’y fait à cet album, et on l’apprécie ; les ambiances et les harmonies s’enchaînent, les bruits bizarres aussi, l’électronique au premier plan, mais ne dénaturant pas pour autant les guitares rentre dedans et parfois saccadées. La version renouvelée de U2 « Hold Me, Thrill Me, Kiss Me, Kill Me » est un bon exemple de bizarrerie, avec un clavier hypnotisant et une voix black bien torturée.

On découvre non seulement une ambiance « rave party » avec « Abduction Starfleet », « The Sidera Lasergun Massacre » ou « Close Encounters of a Deadly Kind », véritables bombes du genre, ou le mélange des genres atteignent leur paroxysme : électroniques, guitares enragées, chant black bien poussé et la batterie bien techno ; ou même une ambiance plus spatiale et futuriste avec « Videodrone » ou « Space in their Grave » : titres aux claviers assez planants et aux harmonies ma foi bien hypnotiques…

Le titre introducteur, « The Landing », très impressionnant par son atmosphère sombre et ses cris de terreur et son absence de guitares, pourrait très bien faire office de bande son pour un jeu vidéo…dommage qu’il ne dure qu’une seule petite minute…

On a beau dire que techno et métal ne peuvent pas ou ont du mal à se marier, T3chn0ph0b1a nous prouve le contraire, en se rapprochant il faut le dire de groupes tels que Herrschaft ou The Kovenant, bien électro et black eux-mêmes, mais ne détenant pas la patte techno des Italiens. « Grave New World » reste un bon album, plutôt appréciable malgré tant de préjugés, pas non plus le chef d’œuvre ultime du genre, surtout par le fait que les titres se ressemblent assez malgré une très bonne production. A vous de faire un pas en avant si vous en avez le courage, je conçois que ce soit assez difficile d’accès, mais si vous êtes habitués au black/électro/indus, ça devrait largement faire plaisir à vos oreilles, si toutefois la techno ne vous fait pas boutonner…

 

Samael : Era One & Lesson in Magic 1

Ξ décembre 11th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Era One & Lesson in Magic 1“Mais que nous ont-ils fait encore?”

Telle est la question que nous nous posons à chaque album de Samael. A chacune de leur composition, une nouvelle ambiance, un nouveau son et un nouveau concept apparaissent. Après le Black Metal bien cru de leur début, et leur Passage vers quelque chose de plus électronique, à quoi devons-nous donc nous attendre? La réponse sonne comme un oxymore…ce groupe de Black nous sort là un album purement électronique.

C’est réellement la dernière chose à laquelle on aurait pensé, et la découverte est assez surprenante. Je suis sûre que plus d’un auditeur s’est fait la remarque en écoutant le premier titre éponyme de “Era One” : rien que la mélodie au piano et les simples électroniques nous mettent sur la voix. Une intro ambiante peut-être? Râté. Ce titre est le reflet de l’album en lui-même. Dîtes adieu aux guitares et basses, vous n’en entendrez pas. Dîtes (re)bonjour aux claviers et samples qui alimentent cette composition.

Il faut savoir qu’il s’agit d’un double album, l’un se nommant “Era One”, et l’autre “Lesson in Magic”, album qui clot le contrat chez Century Media, après quelques problèmes chez le label. Samael a donc décidé de partir vers quelque chose de plus personnel, et très expérimental, tout en gardant les éléments qui font le charme de leur musique.

“Era One” nous fait entrer dans une ère nouvelle où froideur et électronique sont les maître mots. Le chant de Vorph est extrêmement envoutant et bien grave, chanté et non crié, pas agressif du tout mais parfois saccadé, se liant avec aisance aux claviers aux mille et un son. “Universal Soul” fonctionne un peu comme une introduction à la découverte d’un monde régit par les sciences et les mathématiques d’où les paroles très scientifiques et même philosophiques. Sur ce titre, l’électronique semble imiter le vrombissement des réacteurs tandis que la boîte à rythme, faisant office de batterie, est utilisée sans excès. “Sounds Of Galaxies” est totalement hypnotisant, le couplet est chanté et joué à l’infini, on est littéralement assomés par des claviers bien puissants et cosmiques, un chant assez incisif et limite robotique, et une boîte à rythme écrasante. Les effets donnent réellement l’impression de se trouver ailleurs que sur Terre.

Il est toujours possible de retomber sur notre chere planète, la preuve avec les titres “Beyond” et “Home”, totalement instrumentaux et marqués par le mélange électro/musique orientale, d’où les percussions, et les instruments étrangers comme le didgeridoo. “Voyage” propose un tour du monde, ambiances arabisantes en prime, refrain accrocheur…pour le coup, Xy s’est vraiment transformé en sampler hors pair, et Vorph nous offre un chant clair, loin d’être grave ni faux, il est même très atmosphérique. Le titre de fin “Koh-I-Noor” sonne réellement comme une fin, planante à souhait, résolument électronique et magnifique, guidée par une seule phrase de Vorph, apportant un côté intimiste et mélancolique.

“Lesson in Magic”, l’autre CD, nous montre que Samael excelle aussi bien dans l’instrumental. Pas de chant, juste de la musique, ambiante et froide. Ecrasante même, on est submergés par tous ces arrangements électroniques et ces claviers qui n’en font qu’à leur tête et nous plongent dans un abîme infini. “One with Everything” et “Silent Words” sont les plus cosmiques et pourraient bien être présents dans un film de SF tant ils sont sublimes. “Red Unction” est un retour vers les mondes orientaux, parsemés de bruitages très énigmatiques et de samples. Le dernier titre “Wealth and Fortune“, est plutôt expérimental, les différents instruments arrivent petit à petit pour former un ensemble bien compact. Ca part un peu dans tous les sens, on ne sait plus du tout où on est, les sons sont trop nombreux. Très étrange.

Bon opus en somme, faîtes ce voyage intersidéral. Cet album ne dénature pas du tout l’identité de Samael, au contraire, même si on est loin de Ceremony of Opposites, ou même Passage, les éléments de base sont toujours présents : froideur, mystère et la petite pointe de philosophie. “Era One” pourrait être décrit comme étant l’ultime fin de “Reign of Light“, son paroxysme…

 

Samael : Reign of Light

Ξ novembre 28th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Reign of Light

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Il aura fallu 5 années à Samael pour sortir Reign of Light après un Eternal magnifique, confirmant le Passage du groupe vers un style plus électro, qui s’était effectué avec leur album monument dénommé Passage. 5 années dans lesquelles le groupe avait préféré faire un break et faire vivre leur dernier album, après beaucoup de tournées dans toute l’Europe, le départ de leur second guitariste Kaos, et quelques déboires avec leur label du moment, Century Media.

Les petits soucis réglés, Samael revient donc sur le devant de la scène avec un album tout neuf, signé chez Bargain Records ; un nouveau guitariste, Makro, tout droit venu de Fourth Reich, groupe dans lequel il avait joué avec le bassiste Mas de Samael, et surtout, un nouvel univers.

Il a toujours été intéressant de voir l’évolution du groupe à travers les albums, passant d’un Black Metal bien cru avec Blood Ritual à quelque chose de plus dark et électro sur Passage, pour enfin arriver à Reign of Light. Et avec cet album, le Règne de la Lumière a commencé! On ne sera pas étonnés par l’allure de la pochette. Samael, depuis leur album Passage, nous offre des merveilles de pochettes, très spatiales: si ce n’est pas une lune, la vue de la planète Terre (Exodus), une croix dans l’espace (Eternal), c’est une éclipse de soleil, apportant donc pour une fois un côté lumineux, ce qui nous amène à nous demander si cette luminosité se faire ressentir dans les compos.

Eh bien, la vérité est qu’on se retrouve décidément très loin des origines de Samael. Cet album, dans toute sa splendeur, n’est pas sombre, ni haineux, et ne possède pas cette idéologie sataniste que le groupe avait à leur début. Reign of Light détient tout une partie philosophique, concernant la recherche de soi et la remise en question de soi-même, sur “Telepath” par exemple, ainsi qu’une partie humaniste, bien présente sur le titre “On Earth“.

Quant à la musique, le groupe nous embarque dans une ambiance orientale et très chaleureuse, reprenant de-ci de-là les éléments clés retrouvés dans Eternal et Passage, à savoir la fameuse boîte à rythme et les claviers, qui apportent une pâte particulière au groupe.

Il est en effet sûr que Samael ait été influencé par des ambiances arabisantes et même hindoues, en intégrant dans leurs compositions des percussions, des chants féminins arabes, et même un sitar, engageant le musicien Sami pour le coup. On peut donc retrouver cette touche en particulier avec les titres “Moongate”, “Heliopolis” et “High Above“, mais “Moongate” est l’exemple type: percussions et sitar pendant l’intro, et tout démarre, mélange sublime de tous les instruments, claviers, guitares et basse avec ces éléments là. Rendu plutôt impressionnant, apportant quelque chose de résolument exotique, chaleureux et innovant.

Outre ces ambiances arabisantes, l’album est aussi tourné vers quelque chose d’assez atmosphérique, pour notre plus grand plaisir. Des breaks ultra planants, apportés grâce aux claviers, très puissants, et aux jeux de guitares, nous permettent de nous retrouver dans une autre dimension et de passer d’une ambiance à l’autre avec aisance, sans brutalité mais mélodicité, ce qui nous rappelle l’album précédent Eternal, les piliers atmosphériques de Reign of Light étant “Oriental Dawn“, “Further”, et le sublimissime “Door of Celestial Peace”. Ce titre détient la faculté de nous laisser sur place après son écoute, vu qu’il clôt l’album. Il est extrêmement planant, et encore le mot est faible. Les guitares sont littéralement en communion, faisant même un duo en plein milieu, les claviers en arrière plan nous font vibrer avec des sons symphoniques, et le chant est très calme et posé: au final, notre âme est empli d’un sentiment inexplicable. On en veut encore. « High Above » encore, outre la mélodie arabisante, s’ouvre avec un bon coup de basse, et Vorph nous chuchote quelques phrases d’une façon plus qu’intime : c’est comme s’il se situait tout près de nous, prêt à nous confier ses secrets, tandis que les claviers imitent le souffle du vent.

Nous pouvons retrouver une nouvelle pointe d’originalité grâce à la présence de voix saturées et de claviers ultra-arabisants dans les titres “Inch’ Allah” et “Telepath“, deux titres qu’on a pu retrouver dans le single sorti avant la sortie de Reign of Light. Ce type de voix n’avait jamais eu sa place dans les compos de Samael, hors ici, ça fait réellement mouche, car ça accompagne le rythme rapide et soutenu de ces titres. A dire vrai, c’est ce type de voix qui apporte le côté agressif, et non la musique, qui reste très mélodique, les guitares restant calmes et timides.

Toujours à propos du chant, qui est impeccable et bien juste, et même souvent saccadé, il faut noter que Vorph s’essaie à un son quelque peu déplaisant, une sorte de raclement de gorge, limite semblable à un chien qui aboie, étrange, mais de mon côté ça ne passe pas trop. Le fait est que le chanteur ait pris cette (mauvaise) habitude, et par conséquent, on peut retrouver dans à peu près chaque titre ce type de raclement, en l’occurrence dans le titre éponyme, « Reign of Light » : pas le meilleur morceau de l’album, plutôt fade à mon goût et bien trop électronique, les guitares sont quelques peu noyées par ce surplus de synthés. Bien qu’entraînant, l’émotion n’est pas au rendez-vous.

Dernière nouveauté chez Samael avec le titre « As the Sun » : une bonne rythmique, mais un style plus Rap, au niveau du chant, mais aussi des arrangements musicaux et des samples, trop omniprésents, ce qui donne un effet assez scratchy, peu agréable.

On ne va pas se plaindre, deux titres bancals pour quarante-cinq minutes, c’est tout de même raisonnable. L’album est très bon, il nous rend heureux à la fin de l’écoute, ce qui est une bonne chose. En plus, il n’est pas du tout répétitif, et c’est ce qui est plaisant quand on écoute un album de Samael. Chaque titre est différent et suit une continuité. Aucune impression de déjà vu, ce qui est parfait.

Il est dans votre devoir d’écouter l’album, même si les fans de la première heure y retrouveront quelque chose de trop lumineux et mélodique. Mais le règne de la lumière est arrivé, on est bien loin du Blood Ritual, le rituel sanglant des débuts. Plongez-vous donc dans un univers chaleureux et exotique, vous ne serez pas déçus.

17/20

 

Samael : Eternal

Ξ octobre 9th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Black Electro |

Samael : Eternal

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J’ai découvert cet album en 2005, et par la même occasion, le groupe. En réalité j’avais lu dans une chronique que c’était du soi-disant ‘metal cosmique’, une appellation que l’on retrouve rarement, mais qui pourtant sert à qualifier certains styles de metal.

Il y a pourtant quelque chose d’exceptionnel qui se dégage de cet album. Rien à voir avec le black que les suisses ont l’habitude de nous offrir. Rien à voir avec une atmosphère malsaine, avec quelque chose de sombre. On se retrouve avec un album froid, atmosphérique et très électronique.

Froid par les claviers, présents sur chaque titre. Froid parce qu’en effet, on est bien plongé dans un autre univers, quelque chose de futuriste, comme si on était installé sur une station orbitale, dans l’espace (“I”, “Nautilus and Zeppelin”). Froid parce que les titres sont courts, et que le chant plus modulé que jamais, mais bien agressif, semble nous refroidir et nous raidir sur place rien qu’à l’écoute ; les guitares, pratiquement au même plan que les claviers, jouent avec cette voix, jouent avec ces claviers, lancent des offensives et chantent (“Us”, “Ways”).

Quand je dis ‘froid’, je ne veux pas dire que c’est dénué d’émotions. C’est tout le contraire. Par cette froideur il se dégage un sentiment inexplicable, quelque chose qui nous attrape le cœur et nous empêche de réfléchir, quelque chose qui malgré tout, nous rend heureux, jusqu’à la fin de l’album.

Atmosphérique au niveau de titres tels que “Year Zero“, “Together”, ou “Infra Galaxia”. Planant à souhait, peaufiné à l’extrême, le chant de Vorph, comme une complainte, est superbement en accord avec les guitares, lentes et calmes, et les synthés, qui nous sortent des sons pour le moins très électroniques (à noter que le groupe n’a pas les mêmes claviers que pour Passage, le précédent album). De cette ambiance planante se dégage aussi quelque chose de lourd, quelque chose d’oppressant. On est pourtant emporté par les titres, mais quelque chose nous met la boule au ventre, on est pressé, tout en ne l’étant pas, que les titres se terminent.

Électronique sur tout l’album. Il faut aimer les samples électroniques, les claviers omniprésents … en gros il faut aimer les ambiances cosmiques sinon vous allez forcément trouver que ça cloche. Tous les titres sont électroniques, certains plus que d’autres comme “I” ou “Supra Karma“, où les claviers chantent à tue-tête et nous entraînent, où la boîte à rythme, plus présente que jamais, nous convie à headbanger un bon coup. D’ailleurs, le titre “Ways”, par son côté spatial, aurait pu se trouver sur la BO d’un film de Science-Fiction tant il est…electro. On n’entend pratiquement pas les guitares, en réalité elles sont comme effacées, ce sont les claviers et la boîte à rythme qui prennent le dessus, et la voix y est pratiquement étouffée au niveau du refrain.

J’allais oublier de mentionner les deux points d’interrogation de l’album. Les deux derniers titres “Being” et “Radiant Star” ont une ambiance bien différente. Ces deux titres se différencient du reste de l’album par leur rapidité : guitares agressives, chant tranchant, claviers peu présents. Des morceaux qui pourraient plaire aux premiers fans de Samael.

Pour ma part, Eternal est le ‘bond’ en avant dans la carrière de Samael. L’album précurseur avec Passage. Je dirais même l’album de la consécration. Samael n’aura jamais fait autant d’électronique que sur cet album-ci. Il marque le tournant de leur musique. Du black indus, électronique, quelque chose de bien différent de leurs premières compos. Un régal.

19/20

 

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