Ancestral Legacy : Nightmare Diaries

Ξ décembre 9th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Ancestral Legacy : Nightmare DiariesDepuis la refonte du groupe, rien ne va plus pour Ancestral Legacy qui essaie tant bien que mal de prendre des risques afin de faire quelque chose de plus personnel. Vivant dans le pays du black symphonique, le quintette s’est extirpé de ses principales influences du coin pour se diriger vers un ensemble différent et relativement plus sombre et lourd. L’arrivée de la chanteuse Elin Anita Omholt aura mis la puce à l’oreille et ouvert d’autres perspectives. La musique d’Ancestral Legacy perd de son côté black au profit d’un côté gothique, trouvant dans le même temps la place pour insuffler à ce renouveau des relents extrêmes et dark.

Eddie Risdal (Legacy Of Emptiness, V:28), le fondateur, fait de son mieux pour faire perdurer cette formation en perte de souffle depuis quelques années, mais heureusement, la sortie de « Trapped Within the Words » et la signature chez Femme Metal Records va contribuer à la mise en lumière de cette formation atypique. 2010 voit donc la venue de « Nightmare Diaries », premier album, enfin, où l’auditeur parcourt le journal cauchemardesque d’une jeune femme. Le livret à lui-seul montre bien le concept du groupe, une serrure servant de première page, la clé étant elle-même cachée à l’intérieur même des titres, titres qui se veulent être les événements écris et racontés dans ce journal.

Dix petits chapitres composent cet album pour un ensemble lourd et mélancolique, alternant riffs écrasants mais parfois simples et riffs black caractéristiques. Même si les Norvégiens se sont dirigés vers un ensemble résolument gothique, le côté black n’a pas pour autant disparu, en témoignent justement ces quelques riffs mais aussi le chant d’Eddie Risdal, qui se veut toujours aussi agressif. Les claviers en fond apportent une touche de noirceur, tout en nous octroyant de parties symphoniques du plus bel effet, cependant, il leur manque un peu de puissance et peinent à s’imposer dans cet amas de mélodies dark et tristes, où les accords ont la place principale. Par contre, les guitares typé acoustique et la voix fantomatique d’Elin apportent beaucoup de profondeur et de mystère aux compositions, même si la demoiselle n’excelle pas toujours au niveau de la justesse de son timbre.

Un « Out of the Dark and into the Night » montre tout l’univers d’Ancestral Legacy qui alterne sans soucis les parties rapides et les parties plus lentes, tout en jouant sur les riffs et les chants. Il ne faut cependant pas avoir peur de la longueur des morceaux (plus de 5:30 en général), la progression n’étant parfois pas des plus réussie, la linéarité s’installant. « Perhaps in Death » fait partie de ses titres longs qui peinent à nous prendre en haleine au point de nous donner envie de changer de plage. Toutefois, si on reste dans la veine de « Separate Worlds », tout s’améliore et les breaks sombres et mélancoliques ne peuvent que nous inciter à rester.

On retrouvera la balade acoustique présente dans l’EP, à savoir « Atrapaba en Pesadillas » transformée en anglais par « Trapped Within the Words ». Ce changement de langue apporte plus de cohérence, étant donné qu’on se retrouve dans un journal intime écrit en anglais. Vu la langue apportée au compo, un passage en espagnol aurait pu sembler bizarre. Mais cela n’enlève pas à ce titre son côté longuet et triste, mais finalement, en plein milieu d’album, il a entièrement sa place.

On pourra aussi regretter ce côté trop accessible, contrastant avec le passé du groupe, à la manière de « …My Departed » ou « The Shadow of the Cross », mais cela ne supprime en aucun cas le charme qu’a cet album, pas très original ni indispensable en soit, mais une présence et une âme existent et apportent à cette œuvre un souffle qui lui est propre, malgré ses défauts.

 

Ancestral Legacy : Trapped Within the Words

Ξ septembre 27th, 2011 | → 3 commentaires | ∇ Gothic Black |

Ancestral Legacy : Trapped Within the WordsDure fut la carrière des norvégiens d’Ancestral Legacy. En effet, depuis sa formation en 1995, le combo enchaîne les démos sans trouver un certain déclic. Il est aussi difficile d’officier dans une sorte de black symphonique, surtout quand on vient de Norvège. Et même si deux des membres officient dans le groupe de black avantgardiste V:28, à savoir Eddie Risdal et Anton Dead, il n’est pas forcément aisé de trouver les moyens et l’inspiration nécessaire pour faire vivre les projets annexes.

Pourtant Ancestral Legacy a plus d’une corde à son arc. Des membres avec de l’expérience, un style plutôt alléchant malgré une certaine prise de risque, et surtout un concept aussi bien visuel que musical. Leur black symphonique s’apparente davantage à un black gothique, les mélodies sombres, la lourdeur des rythmiques et l’alternance chant black et chant clair féminin mélancolique nous mettant sur la voix. Même si par certains aspects Ancestral Legacy peut nous rappeler une formation finlandaise du nom de Soulgrind, notamment à cause des éléments sus-cités et de cette façon d’appréhender les choses (Soulgrind se situant plutôt dans une optique plus « nature », plus traditionnelle), les norvégiens tentent tout de même d’intégrer leur patte, et la sortie de l’EP « Trapped Within the Words » est censée être une grande étape avant l’arrivée d’un premier opus, l’élément déclencheur, le moyen de nous montrer qu’ils ont quelque chose en magasin. Étant à la recherche d’un label, voici donc peut-être la façon de prouver leur valeur…

Cinq titres à la longueur inégale composent cet EP, tout aussi inégal. La première chose que nous remarquons à l’écoute de l’ensemble des morceaux, c’est sans doute le manque de cohérence, de progression, ou même d’originalité. Car malgré une volonté certaine de bien faire, l’EP se retrouve irrémédiablement fade et terne. Bien sûr, avec cinq titres, il est difficile de se faire une réelle idée, d’autant plus qu’on a l’impression de se retrouver avec une espèce de fourre tout, histoire de nous montrer que les norvégiens savent être polyvalents. Le premier titre, « Forsaken », ouvre bien ce « Trapped Within the Words » avec un ensemble pour le moins progressif. Ouverture soutenue avec de bons riffs et une bonne voix black, une suite davantage gothique avec aidée du chant d’Elin, un rythme ralenti et l’apparition d’un passage en acoustique, puis une fin plus rythmée et plus sombre, où s’alternent non seulement les vocaux mais aussi les types de riffs.

Si « Wordless History » montre une facette bien black mélodique et bien entraînante, toujours avec ces changements de voix, la suite de l’opus se veut davantage en demie teinte. On a du mal à comprendre l’enchaînement ni le pourquoi du comment concernant l’apparition de titres inconcevables. « Atrapada en Pesadillas » est une triste et linéaire ballade acoustique en espagnol (allez savoir pourquoi…) et « Glimmer » propose quelque chose d’assez folk, toujours à la guitare acoustique, avant de nous laisser sur notre faim avec une ballade au piano…

Que dire finalement de cet EP si ce n’est qu’il n’apporte pas grand chose à la carrière d’Ancestral Legacy ? Seuls les deux premiers morceaux valent le coup, sans pour autant nous transporter. Et finalement, on se rend compte que rien n’est réellement symphonique, enfin, du côté de cet EP…En tout cas, ne perdez pas votre temps…peut-être vous sentirez vous plus attirés par leur premier full length, « Nightmare Diaries », étant tout de même mieux réussi.

 

Comédie Macabre : Deathperantis

Ξ mai 19th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Comédie Macabre : DeathperantisMélange de mort et de désespoir, « Deathperantis » est le nouvel album des français bien bizarres de Comédie Macabre. Après un « Blasphemia » bien étrange et mal produit, comportant pas mal de défauts malgré les excellentes ambiances baroques qui s’en dégageaient, cet opus ci se veut plus homogène et mieux fait.

Dès les premières écoutes deux choses nous viennent en tête.

La première, c’est la production. Bien meilleure, bien foutue, le son est plus clair, les instruments se distinguent aisément, c’est bien plus agréable que ce son miteux qui faisait l’identité de Blasphemia.

La deuxième, c’est une sorte d’exclamation : Moi Dix Mois ! Je n’exagère pas, la musique ressemble beaucoup à ce que nous fait ce groupe ci, bien qu’officiant dans du visual kei, Comédie Macabre étant avant tout du Black assez gothique due aux ambiances mystérieuses et sombres. Mais tout de même…la ressemblance avec les nippons est flagrante. Sans doute dû à la présence des clavecins, des orgues, sans doute dû à l’ambiance baroque, sans doute dû au chant masculin aussi, qui, pourtant en anglais, me fait vraiment penser au phrasé japonais de Seth. Étrange me diriez vous, possible, mais c’est exactement à quoi ressemble la musique. Bon je vous rassure, rien de bien comparable au pays du soleil levant, Comédie Macabre détient quand même son identité, sa petite patte, qui la différencie des autres groupes de black gothique.

Le groupe est avant tout un trio. Trois membres passionnés par les ambiances glauques et frappantes, trois membres possédés par l’envie de nous faire découvrir un monde décadent, perdu, froid, sombre, mystique, baroque…

Ici, pas de basse, les guitares et les claviers font l’affaire. Franchement c’est étonnant comme cette basse ne nous manque pas. On se rend à peine compte de son absence.

Neuf titres composent cet album. Neuf titres ayant leur propre mélodie, leur propre identité…ils ne se ressemblent pas, mais les ambiances sont communes. La tristesse, l’obscurité et le mystique sont à l’honneur tout au long de l’album, mis en musique par des jeux de claviers bien variés et des guitares on ne peut plus mélodique et mélancolique. « Deathperantis », par exemple, semble être une dernière lamentation, celle d’une personne désespérée attendant la fin…l’orgue funèbre est en arrière plan et les riffs de guitares sont bien torturés, et le son de boîte à musique en milieu de titre agit comme l’ultime chose à se raccrocher avant une fin imminente…

Si l’intro de « Countess Under Shapeless Skin » est bien mystérieux avec ce chœur grave, ces guitares tranchantes et hypnotiques, et les claviers en ambiance, le reste se veut encore plus sombre et effrayant, notamment avec l’arrivée du chant presque murmuré et ce rythme décousu. « Doctrine du Sacré Cœur » et son chant tantôt en français, tantôt en anglais, et une histoire qui nous est racontée sur un fond musical on ne peut plus perturbant, surtout par la présence omniprésente des claviers de Mina, apportant la mélodie, mais ceci n’étouffant pas les guitares qui savent lancer des offensives. Le duo de voix est plutôt intéressant, les voix masculine et féminine se mélangeant parfaitement, plus parlées que chantées.

Alors que que « Sword of Requiem » nous hypnotise totalement par ces orgues et ces chœurs, et ce chant tantôt clair, tantôt black, accompagné de guitares incisives, « Mascarade of the Tortured » agit un peu de la même manière mais possède un charme incomparable, les guitares étant plus techniques et plus torturées et le refrain plus accrocheur. Deux titres bien gothiques en somme.

L’album se clôt de toute beauté avec un titre varié reprenant toutes les ambiances et les thèmes proposés pendant plus de six minutes. Le titre le plus progressif qui soit dans la carrière de Comédie Macabre à mon goût. Les chants et les claviers n’auront jamais été autant changeant dans une même chanson, et les riffs n’auront jamais été aussi pêchus. Un terrible mélange de black et de gothique, loin des clichés qui nous rapprochent de Cradle of Filth et compagnie. Ca n’a rien à voir.

La chose que je soulignerais le plus, c’est le chant. La langue aura pas mal changé sur « Deathperantis » vu que l’anglais prédomine, contrairement à « Blasphemia » où le français tenait une place importante. Mais l’accent du chanteur s’est beaucoup plus amélioré et le tout se veut bien moins déplorable, et heureusement. Le résultat était assez particulier quand on entendait cette interprétation un peu miteuse…bref, de l’anglais comme il se doit.

Sinon toujours à propos de ce chant, il est bien plus modulé et plus varié que les précédents opus. Tantôt clair, tantôt black, tantôt murmuré pour renforcer ce côté gothique, tantôt parlé, bref…pas de monotonie.

Ah, et la pochette…un crâne, sur un fond sombre…étrangement j’ai l’impression que sur cette image on a retrouvé la tête de la personne morte sur la pochette de « Blasphemia ». Faîtes la comparaison et vous verrez !

Finalement, « Deathperantis » se veut être l’album le plus accessible et le mieux peaufiné de Comédie Macabre et pour cause, une meilleure prod’, un meilleur chant, des titres plus recherchés…on passe alors un excellent moment et on plonge avec plaisir dans le monde baroque et teintée de mélancolie du combo.

 

Comédie Macabre : Blasphemia

Ξ décembre 22nd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Gothic Black |

Comédie Macabre : BlasphemiaComédie Macabre aura été la grosse surprise de l’an 2007 en matière de Black/Gothique. Après une démo “Agnus Dei“, qui n’avait pas eu le succès attendu, le combo nous revient avec cette fois-ci un album, “Blasphemia“.

Alors il est clair que la musique et l’ambiance de Comédie Macabre ne sont pas faites pour plaire de prime abord. Non. La production est mauvaise, le son grésille, le chant est assez faible, peu sûr de lui…et pourtant…”Blasphemia” est loin d’être un gallette complètement moche, mal faite et peu originale. Au contraire, même avec beaucoup de faiblesse dûe à une auto-production légère, et à un manque d’expérience, le tout reste intéressant.

Adeptes de monde baroque, ancien, et de lycanthropie, ce disque est fait pour vous. Comédie Macabre semble prendre racine dans une France décadente pendant le XVIIIe siècle, où les pires crimes, châtiments et horreurs avaient lieu. L’horreur, l’épouvante…les monstres…le sang! Tel est l’univers de Comédie Macabre. Le groupe nous raconte cela aux travers de ses titres, d’une tristesse sans égale, d’un tranchant agréable, mais pourtant très mélodique.

L’intro instrumentale “Geist” est très enchanteresse, claviers et orgues mis en avant, des choeurs…funéraires d’un côté, processionnaires d’un autre côté, mettez vous à genoux et écoutez…Le couperet vous tombe ensuite dessus avec “La Guillotine” et vous voilà une bonne fois pour toute entrés dans le monde de Comédie Macabre: guitares saturées, et batterie molassone…le chant est assez étrange, une sorte de murmure rauque, qui prononce des mots un à un. Quant aux claviers, ils sont omniprésents, la jeune Mina bouge bien ses doigts et nous offre clavecins, orgues et autres sons mystiques…”Blasphemia“, titre éponyme, est l’ultime exemple; les sons sont multiples, atmosphériques, incantatoires…

Ce mélange savoureux apporte une atmosphère bien lugubre et nocturne, il est possible de s’imaginer le soir dans un cimetière, dans une église…”Le Sang” est un titre d’une optique plus Black que Gothique, plus rentre-dedans avec ses riffs et ses solos, sa batterie plus entraînante et sa basse bien mise en valeur. Dommage cependant que le titre ne dure que trois minutes trente.

Les deux derniers tires, “Lycanthropia” et “Clair de Lune” font évidemment référence à la lutte Loup-Garous/Vampires, bien mise en scène par l’agressivité des guitares et leur riffs incisifs. Le piano et les clavecins sont très mystérieux et ne peuvent que faire penser à d’éventuelles morsures et griffures…de quoi faire trembler l’auditeur.

Tous les titres sont chantés en français ou presque, des passages sont en anglais…mais mal interprêtés, l’accent est déplorable. Bon, ce n’est pas le plus important (quoique…), mais un anglais/français, ce n’est tout de même pas terrible. Qu’importe, le chant reste assez aérien et fantômatique, un peu en dessous des instruments qui l’accompagne. Bien qu’unique en son genre, son manque de justesse peut apporter un frein dans l’écoute de l’album, ce qui serait dommage.

L’ensemble reste correcte et peut sans doute faire penser à Moi Dix Mois, d’où le groupe tire ses influences sans s’en cacher. La production reste tout de même moins lisse, moins facile d’accès sur Blasphemia par rapport aux musiciens de Moi Dix Mois. Qu’importe, ces petites choses font le charme des auto-productions et apportent une ambiance en plus.

La comédie macabre que le groupe nous joue peut faire mouche, mais j’avoue qu’à la première écoute, ce n’est pas très facile de pénétrer dans leur monde. La tristesse et l’ambiance glauque de leur musique sont déconcertantes…ne soyez pas de mauvaise humeur à l’écoute de ce disque…ça pourrait vous mettre à plat pour de bon. Toutefois, une bonne découverte pour les amateurs du genre (s’ils osent…).

 

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