Mur : Mur

Ξ mars 3rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Post-Hardcore |

Mur : MurMur voit le jour en 2010 sous l’impulsion du batteur Julien Granger (Four Question Marks, Glorior Belli). Il s’entoure de musiciens expérimentés et issus d’horizons différents très rapidement avant de recruter le chanteur de Jarell et d’In The Guise Of Men. Une fois tout enregistré, c’est Francis Caste (Kickback, Comity, Every Reason To…) qui s’est chargé du mixage et du mastering pour la sortie du premier EP éponyme de Mur.

On découvre d’office un groupe atypique qui n’a pas peur de bousculer les codes et qui se fiche éperdument des puristes qui risquent d’hurler au scandale. Mur mélange la folie et le côté dissonant et torturé du post-hardcore au côté malsain et sombre du black metal. Autant dire que le résultat est plutôt inattendu et que les Frenchies ne font pas dans la simplicité. Rares sont les formations qui se sont aventurées sur ce chemin et il est donc intéressant de voir ce que cela donne sur ce petit EP.

« Hugo Suits » ouvre le bal avec une rythmique résolument black metal avant de laisser place au côté post-hardcore, qui se ressent surtout dans les vocaux et dans les riffs grinçants. L’ensemble peut aussi proposer des moments syncopés et des breaks lourds, ce qui détonne pas mal au sein d’une ambiance et d’une production malsaine. C’est le cas de le lire, le black metal a fusionné avec le post-hardcore.

Pire encore, des touches électroniques font leur apparition afin de renforcer ce côté inhumain et aseptisé comme sur « Feed the Swamp » ou « Dominance ». Mur sait aussi jouer avec les changements de rythme histoire de désorienter l’auditeur. Au final, il est difficile de savoir réellement tant le mélange est bien fichu (« Dominance », justement, proposant autant de post-hardcore que de black metal…).

Mur est un ovni musical qui risque d’avoir autant de détracteurs que d’amateurs. Attention, cet EP est avant tout réservé à ceux qui aiment les mélanges et l’originalité, et qui ne se soucient pas de la qualité de la production…

 

Qafas : Mesonoxian Conspiracies

Ξ février 8th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Qafas : Mesonoxian ConspiraciesQafas

Qafas sévit depuis 2008 au Bahrein et montre une facette très sombre et malsaine de metal du Moyen Orient. Ses productions sortent à peu prêt tous les ans et montrent un artiste tourmenté qui met en musique ses pensées les plus tordues à travers des morceaux oscillant entre black metal, doom metal, dark ambient et expérimentations. Difficile donc de se plonger dans l’œuvre de Learza qui n’hésite pas mélanger les instruments et les ambiances, comme l’avaient prouvé « Kafkaesque Retribution » et « Largetto Laments ». Aujourd’hui, le musicien fait une rétrospective de son parcours et sort sa première compilation gratuite et auto-produite « Mesonoxian Conspiracies ».

Neuf morceaux s’offrent à nous pour nous plonger dans un monde perturbé aux compositions maladives. « Lamenting 11 » propose une musique totalement effectuée aux claviers avec un arrière plan symphonique, quelques percussions et un violon à la mélodie particulière. Ce n’est que le calme avant la tempête puisqu’ « Abysmal Pestilence » montre la facette la plus dérangée de Learza, production dégueulasse, guitare bourdonnante et grinçante, growl caverneux, rythme lent et pesant, fond symphonique dérangeant : un bel aperçu de la facette doom/black que Qafas peut mettre en avant et qui tranche littéralement avec ce qu’il a déjà pu faire avec « Time Only Rotts Old Wounds », dont la mélodie acoustique ne peut que provoquer le malaise.

Les titres les plus black metal laissent ressortir une ambiance plus pessimiste et dépressive comme un « Janaazat Jns Al-Bashar » chanté en arabe et dont les guitares lamentées ne font qu’un avec la voix maladive et les nappes de claviers. « Kafkaesque Retribution » montre un côté plus « accessible » de Qafas avec un ensemble qui se rapproche d’une forme de black symphonique lourd et oppressant, changeant de rythme comme bon lui semble, avec des vocaux distordus et quelques passages légèrement plus proche du doom funéraire. L’atmosphère de ce morceau est en tout cas très prenante et c’est ce qui faisait le charme de l’EP portant le même titre. Enfin, « True Silent Dying » est une reprise du groupe iranien de black metal Shab enregistrée en 2010. Learza apporte son soutient à cette formation du Moyen-Orient et offre un titre dépressif et malsain.

En clair, une compilation intéressante pour tous ceux qui désirent se procurer du Qafas gratuitement. La plupart des morceaux y sont compris et montrent la personnalité de Learza ainsi que son style, difficilement définissable, et particulièrement représentatif du Moyen-Orient quand on parle de black metal.

 

Al Namrood : Heen Yadhar Al Ghasq

Ξ janvier 15th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Al Namrood : Heen Yadhar Al GhasqAl Namrood sévit depuis 2008 sur la terre du Moyen-Orient en nous offrant pratiquement une sortie tous les ans. La formation d’Arabie Saoudite a le mérite de braver les interdits de son pays afin de mettre en avant une musique exotique et agressive et des thèmes basés sur les insurrections et la rage. Il faut dire que le contexte est totalement approprié, dans la mesure où l’opposition est forte dans cette région. Les musiciens continuent donc sur cette lancée avec leur nouveau méfait « Heen Yadhar Al Ghasq » toujours chanté en langue arabe.

Le combo met une nouvelle fois un point d’honneur à concocter leur propre formule d’oriental black metal, un style très peu mis en avant mais fédéré par quelques noms comme Odious et Narjahanam (qui a d’ailleurs sorti son second album). Le côté arabisant est donc prédominant ne serait-ce que dans les mélodies et les atmosphères, et les Saoudiens ne lésinent pas sur les éléments. Dès « Estahala Al Harb » on se retrouve avec un ensemble folklorique porté par les instruments traditionnels (flute, violons, percussions) et un enchaînement de notes très oriental. Les guitares servent plus d’accompagnement qu’autre chose et gardent leur côté, ce qui fait le charme d’Al Namrood.

L’ambiance s’assombrit par la suite, notamment l’éponyme. On découvre alors un décalage entre la qualité du son de la batterie, des percussions et des claviers, plutôt bonne, et des guitares et des vocaux, plutôt médiocre. A cause de cette différence de son, les instruments ont du mal à se mélanger et on se retrouve avec une sorte de cacophonie difficile à écouter. Les blasts se mélangent mal, les guitares paraissent répétitives et le chant, qui a perdu tout son côté extrême, est complètement à côté. Il n’est même pas compliqué de repérer les fausses notes, c’est dire.

Du coup, la force d’un album tel que « Kitab Al-Awthan » a disparu au profit d’un brouhaha permanent. Et c’est très dommage, dans la mesure où l’ambiance est à la fois inquiétante et chaleureuse et que les différentes percussions et mélodies à la guitare apportent pas mal d’exotisme aux compos (« Subat »). Toutefois, on a du mal à tenir sur la durée, la faute aux grésillements, au chant difficile à digérer, à la linéarité des compos et au manque de variation. Pourtant, un « A Aj al Safeeh » aurait été très appréciable sans tous ces défauts…un vrai voyage dans les ténèbres du Moyen-Orient.

On se demande bien ce qui s’est passé et il est très dommage de se retrouver avec un résultat en-dessous des albums précédents. En voulant trop bien faire, en voulant faire évoluer sa musique, Al Namrood la fragilise et déstabilise ses auditeurs. « Heen Yadhar Al Ghasq » est trop maladroit et brouillon pour qu’on puisse retenir quoi que ce soit.

 

Alghazanth : The Three Faced Pilgrim

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Alghazanth : The Three Faced PilgrimAlghazanth a toujours suivi son petit bonhomme de chemin depuis ses débuts en 1995, toujours su être fidèle à ses habitudes, à son black symphonique envoûtant et mélodique et ses pochettes en tons de gris, toujours été fidèle à son label Woodcut Records avec la sortie de ses six albums et pourtant, il ne jouit pas d’une assez forte reconnaissance comparé aux formations norvégiennes qui ont actuellement toujours la cote. Il faut dire qu’Alghazanth ne s’est jamais vraiment mis en avant et n’a jamais vraiment voulu rendre ses parties symphoniques trop dominantes, fidèle à son côté true. Sauf que cette année, les Finlandais nous gratifient de deux productions, l’EP « Adra Melek Taus » avec trois morceaux inédits et le full length « The Three Faced Pilgrim » avec cinq nouveaux titres, sortis à deux mois d’intervalle. Etrange procédé, dans la mesure où il aurait été certainement plus simple de tout sortir en même temps sur la même galette, d’autant plus que le thème principal des deux pochettes reste celui des oiseaux (le paon pour l’un, les cygnes pour l’autre…).

Il n’empêche que ce « The Three Faced Pilgrim » est le septième album de la bande, sorti deux ans après le très bon « Vinum Intus ». Alghazanth garde son son ni trop propre, ni trop crade, mais change légèrement d’orientation musicale. Le côté symphonique est beaucoup moins flagrant et laisse davantage sa place à un black mélodique très porté sur les atmosphères. Les claviers n’auront jamais été aussi désavantagés, le décalage est assez fort quand on écoute un « Thy Aeons Envenomed Sanity » ou un « Wreath of Thevetat ». Les musiciens semblent avoir décidé de se laisser porter par leurs guitares pour un ensemble musical qui se situe quelque part entre Emperor, Dissection ou Immortal.

La pochette, très belle, laisse entrevoir une sorte de lutte entre le bien et le mal. Mais à l’écoute de l’album, on a comme l’impression qu’il s’agit plutôt d’une bataille entre le captivant et l’ennui. D’un côté nous avons des riffs tranchants et limite épiques, des mélodies mélancoliques, des touches de claviers atmosphériques et hivernales et une ambiance générale assez nébuleuse, comme si nous contemplions un paysage d’hiver sous les nuages, ce qui est plutôt bien représenté par « With Sickle, with Scythe » avec ces chœurs envoûtants. D’un autre côté, nous avons des riffs qui sont finalement très communs, des bouts qui ne nous transcendent pas, un enchaînement de parties très ennuyant et une atmosphère très convenue comme sur « Promethean Permutation ». Le superbe d’une part et le chiant à mourir d’une autre. Pas évident de se faire une réelle idée sur la chose.

On pourra toutefois se réconforter avec « AdraMelekTaus » dynamique, efficace et bourré de mélodies épiques qu’on pourrait presque rapprocher de Catamenia. Ce sont les guitares qui chantent même si quelques nappes viennent s’incruster le temps de quelques secondes. Les claviers apparaissent comme un outil de transition entre plusieurs parties et non comme un moyen de soulever un moment ou un autre, ou d’accompagner la mélodie principale comme cela peut l’être sur « To the Pearl on High » qui, même s’il accroche un moment, finit par lasser.

Une sortie en demi-teinte, ni trop blanche ni trop noire et paradoxalement à l’image de son artwork. Alghazanth ne livre certainement pas son meilleur album mais risque d’attirer ceux qui préfèrent les claviers en toute petite dose, malgré des riffs et des mélodies très ordinaires qui ne sortent vraiment pas du lot. L’ensemble est d’ailleurs assez pépère voire mou à certains moments et n’est pas destiné à ceux qui ont un faible pour l’énergie, contrairement aux sorties précédentes. Ceux qui étaient habitués à cela risquent de ne pas forcément trouver leur bonheur…

 

Deathincarnation : Roar from Within

Ξ août 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Deathincarnation : Roar from WithinTrois démos, deux albums, telle est la discographie des Ukrainines de Deathincarnation. Et pourtant, le quatuor peine à se faire entendre et à trouver de fidèles adeptes, malgré une signature remarquée chez le label More Hate Productions, soutenant majoritairement les groupes de l’Est. C’est à « Roar from Within » que nous allons nous intéressés, album sorti en 2011 et proposant un mix de death metal et de black metal à claviers.

Le rendu est plutôt particulier puisque Deathincarnation ne fusionne pas les deux styles. En effet, il les alterne selon les morceaux ou même les passages, comme par exemple sur le premier titre, « Illusion of Forgiveness » qui sonne d’abord death technique avec cet enchaînement alambiqué de riffs puis black limite symphonique lors d’un passage plus direct que technique et plus porté par les blasts et le chant black.

« Possessed by Hatred », lui, fonctionne plus comme un death bien sombre et accentué par les claviers, avec un chant criard. Il n’est pas évident de trouver un style exact pour Deathincarnation qui joue vraiment avec cet alternance entre black et death metal. Black/death est ce qui lui va le mieux même si parfois le technique prime ou même encore le mélo voire le sympho. Le mixage et le mastering, un peu maladroits, ne nous permettent pas vraiment de bien distinguer les instruments, d’où cette difficulté à deviner l’identité du groupe.

On a quand même quelques titres qui sortent du lot comme « Antichristian », sans doute le moment où le black et le death se mélangent le mieux. Les claviers sont beaucoup plus mis en avant de sorte à ce que l’ensemble sonne comme une forme de black symphonique. L’atmosphère est sombre et malsaine jusqu’au break symphonique inquiétant, avec des chœurs. « Descend to Ashes » propose enfin un peu de growl et permet d’entendre autre chose, le chant black de Slay étant un peu lassant. Enfin, la reprise de « Waiting for His Coming » d’Evol change complètement de la version des Italiens. Beaucoup moins atmosphérique, malgré l’introduction fidèle. Le black metal prend le dessus avec tout ce qui s’ensuit : rapidité, blasts, cris black (et non chant clair féminin, comme sur la chanson de base). Les claviers ajoutent une touche épique et symphonique. Dommage toutefois qu’il y ait peu de variations mais Deathincarnation arrive à créer une cover soignée et personnalisée.

Ce deuxième méfait du quatuor ukrainien manque encore de subtilité, malgré des passages bien fichus. L’alternance entre black et death est quelque peu maladroite, comme si on passait brutalement d’un style à un autre. Il faut être plus rigoureux et trouver le bon équilibre pour que le tout s’enchaîne bien.

 

A Land Beyond the Sea : Weltenwanderer

Ξ août 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

A Land Beyond the Sea : WeltenwandererLes différents mythes, légendes et autres faits historiques ont souvent été relatés dans le metal. Les histoires de conquêtes, les vikings, les celtes et autres civilisations anciennes, ont toujours su passionner bon nombre de groupes désireux de les mettre en musique. Mais il est une thématique que peu de formation ont exploité, à savoir les textes coloniaux. Ces rédactions prennent plusieurs formes : lettres, journaux de bord ou encore récits à la limite du romanesque. Leurs auteurs décrivent à la fois les paysages mais aussi les rencontres avec les indigènes sans oublier les actes de barbarie, la cruauté de la colonisation et de la christianisation. C’est de cela que parlent les Finlandais d’A Land Beyond The Sea. Un nom de groupe hors du commun mais très représentatif du contenu de leur musique. Le sextet s’attache tout particulièrement aux ravages de la colonisation. L’EP, « Weltenwanderer », est le début d’un tout centré sur les voyages des hommes sur des terres étrangères (d’où la mappemonde de 1564 d’Abraham Ortelius en guise de pochette) et se focalise sur le peuple Aruba dans les Caraïbes, comme en témoignent les images de peintures pariétales dans le livret.

Pour dépeindre cela, A Land Beyond The Sea officie dans un black mélodique rageur et lourd, mené par un duo de guitare. Le premier titre, « Seafarer » nous transporte sur un bateau vers de nouvelles contrées. Bruits des vagues, des cordes, des voiles mais aussi des cloches, on nous embarque au son du didgeridoo du chanteur/guitariste Nikolas Sellheim. Les guitares nous lancent ensuite des offensives sans un répit le temps de neuf minutes. Les paroles sont centrées sur la mentalité du voyageur, rêvant d’aventure, de nouveauté et de réalisation de soi. Les vocaux alternent chant black, growl et cris rageurs. Nikolas semble plus à l’aise dans le registre du growl death car son chant black manque de maîtrise et est quelque peu faible. La qualité des guitares et les mélodies nous permettent de nous concentrer sur autre chose. Les neufs minutes sont le reflet d’un voyage long qui prend des mois et qui ne se passe pas sans embuches. Les alternances de passages reflètent à la fois la pensée du voyageur et son envie d’aller de l’avant, lors des moments les plus mélodiques, parfois soutenus par du clavier, mais aussi les dangers de la mer, lorsque le rythme s’accélère et que le chant rageur domine.

Les titres sont très longs puisqu’ils dépassent tous les sept minutes. Tout comme un voyage maritime, il faut s’accrocher, tenir la barre et ne pas perdre le nord. « Landtaker » montre une facette plus guerrière puisqu’il s’agit du moment où les colonisateurs mettent pied à terre. Les riffs épiques sont plus nombreux ainsi que les blasts. La mélodie est aussi de la partie pour nous montrer différentes humeurs. Des touches modernes font aussi leur apparition avec des touches électroniques permettant d’enchaîner sur une autre ambiance. Mais c’est surtout sur « I.N.R.I. Conqueror » qu’A Land Beyond The Sea montre une facette plus sombre de sa musique. Ici c’est un combat pour la survie côté indigène, et un combat pour les terres côté conquérants. Le black des Finlandais devient alors plus rageur et plus féroce. On image les affrontements à mesure que les riffs black s’enchaînent. Dommage, une fois encore, que le chant black de Nikola ne soit pas totalement à la hauteur. On perd en immersion. Le chant clair non plus n’est pas totalement réussi. Le groupe a toutefois le mérite de varier les moments et ne pas proposer tout le temps la même chose. Il diversifie les chants, les ambiances et n’oublie pas de nous offrir des samples d’océan ou de la nature.

Après trois titres aussi bien fournis, « Survivor » perd en intensité car trop proche des morceaux précédents. Cependant, il ne présage que du bon pour la suite car cet EP – même cet album – est de qualité et nous fait découvrir une part de l’histoire que nous ne connaissons pas vraiment. Les colonisations ont toutes le même visage, montrant à la fois l’excitation du voyage, l’émerveillement vis-à-vis de l’inconnu, les tentatives de domination puis de capture, jusqu’aux batailles inévitables entre Ancien et Nouveau Monde. A Land Beyond The Sea mélange cela très bien dans un black mélodique bien produit, un peu long et avec, encore une fois, des défauts dans les vocaux.

 

Groteskh : Unconsciousness

Ξ août 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Groteskh : UnconsciousnessC’est en 2010 que le chanteur/guitariste autrichien Holytoxicomaniac a l’idée de fonder un groupe de black metal influencé par des groupes tels que 1349 ou Emperor sans les claviers. Il trouve des membres et stabilise le line-up en 2012 pour commencer à composer le premier album « Unconsciousness », l’enregistrer aux Dreamsound Studios (Graveworm, Serenity) de Munich sous la houlette de Mario Lochert et le signer chez Noisehead Records.

Avec ce premier jet, Groteskh fournit un black metal de bonne qualité, avec quelques tendances mélodiques et des passages qui peuvent parfois rappeler Satyricon. Les Autrichiens délivrent une musique furieuse portée par des riffs bien placés et la voix possédée de Holytoxicomaniac. Ils essaient aussi d’intégrer des éléments modernes, notamment le côté clean du son mais aussi quelques touches industrielles, comme sur « Bloodline ».

Malgré tout, l’album reste classique dans la forme, avec des moments bien black et furieux comme sur le très bon « …at Death » qui ne laisse pas de côté la mélodie ou sur un « Mercy Is Torn » plus mid tempo, laissant place aux atmosphères sombres. Groteskh tente de rendre son black assez classieux comme sur un « Reek of Betrayal » plus progressif dans l’esprit, avec ses différentes parties, ses influences death metal mais aussi acoustiques, comme sur le break à la guitare sèche, suivi d’une déflagration de riffs, à l’image d’un « The Black Uncharted » de Keep Of Kalessin.

Groteskh ne nous laisse pas sur notre faim en tout cas, même le dérangé « Meaningless » et ses soli perturbés arrivent à nous faire tenir jusqu’à la semi balade « Ghosts ». Les quatre autrichiens en costard s’en sortent très bien avec ce « Unconsciousness » bien réalisé. Bien que peu original, l’efficacité et les riffs costauds sont de la partie et tant mieux !

 

Atra Vetosus : Voices from the Eternal Night

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Atra Vetosus : Voices from the Eternal NightFin 2011, Atra Vetosus ou le groupe aux deux Josh (Young and Gee) nous avait proposé un black mélodique très influencé par la Scandinavie (en l’occurrence Catamenia, Dissection ou même Immortal), quelque part entre passages épiques, moments mélodiques et mélopées glaciales. Josh Young s’extirpait ainsi des instants symphoniques et des touches death de son projet Astral Winter pour mettre en avant un autre type de black mélodique. Pari réussi puisque l’EP « A Palace Shrouded in Emptiness » a fait bonne impression. Désormais, Atra Vetosus n’est plus le projet de deux personnes mais celui que cinq membres permanents, les deux Josh laissant leurs instruments au guitariste Damon Parker, au bassiste Matthew Lopez et au batteur Josef Bound pour se concentrer sur le chant.

Si on se retrouvait avec un black différent d’Astral Winter avec l’EP « A Palace… », « Voices from the Eternal Night » s’ouvre avec un « Skies of Obsidian Rain » finalement très proche du projet hivernal de Josh Young : samples de pluie et d’orage, riffs catameniens, passages acoustiques…on se croirait sur un morceau de l’opus « Perdition » d’AW, le melo black en plus. Idem pour le totalement acoustique « Into the Dawnless Night », carrément dans le même esprit. Un comble pour quelque chose censé être différent.

Heureusement, la suite reste moins influencée comme les morceaux tirés de l’opus d’avant, à savoir « A Palace… », « Nocturnal Winds » et « Far Beyond… » souvent classiques mais disséminant des mélodies entêtantes sur un chant black écorché. Les ambiances véhiculées par les claviers restent froides mais pas aussi hivernales qu’Astral Winter. Elles se marient en tout cas bien avec les riffs.

« The Spirit of the Forgotten Woods » est un titre plus calme où l’intro acoustique laisse place aux guitares entraînantes et à différents types de chant : black, par le duo des Josh et clair par le guest Sam Dishington. Le rythme est ralenti par rapport aux autres titres de l’album, ce qui apporte une autre dimension, moins épique, plus sobre mais aussi plus torturée. Rien à voir avec le rapide « Under the Wings of Darkness » aux touches symphoniques des 90s à la Emperor, rien d’envahissant donc.

Malgré quelques ressemblances flagrantes avec Astral Winter, ce » Voices from the Eternal Night » est un bon album de black mélodique ni trop soft, ni trop agressif, mélangeant riffs bien tranchants, batterie claquante, chant furieux et claviers éthérées pour un résultat très entraînant et immersif.

 

Astral Winter : Perdition

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Black Metal |

Astral Winter : PerditionOn ne peut pas dire que le multi instrumentiste Josh Young aura chômé cette année car il sort pratiquement simultanément les nouvelles œuvres d’Astral Winter et d’Atra Vetosus, « Perdition » pour l’un, « Voices from the Eternal Night » pour l’autre, sachant qu’un autre AW est prévu. Bref, il y a de quoi se mettre sous la dent pour les amateurs de black mélodique. Et pourtant. On ne pourra pas dire que « Perdition » est très black mélodique puisque le musicien a décidé de faire un album intégralement acoustique. La guitare sèche, les synthés, le piano et les samples sont les uniques instruments à l’honneur, pour un ensemble plutôt…glacial.

Young nous avait habitués à cet univers hivernal avec « Winter Enthroned » prouvant son amour pour les terres glacées grâce à un black mélodique symphonique de toute beauté. Ici, on retrouve la même ambiance, le metal en moins, mais rien n’est dénaturé. Le piano cristallin y joue beaucoup ainsi que les nappes glaciales, fonds d’ambiance et violons. On entend aussi des samples de vent mais aussi de pluie et d’orage. Pas de neige cependant, tant elle est silencieuse, mais on la devine rien qu’à l’écoute de morceaux tels que « An Endless and Vast Horizon » ou « A Vision in the Eclipsing Moon ». Les mélodies sont telles qu’on s’imagine sans souci les prairies remplies de neige, les arbres dénudés et figés par le froid glacial de l’hiver, la rudesse du vent ainsi que le froid paralysant de la pluie. D’autant plus que tous les morceaux sont reliés presqu’en un par le vent et la pluie.

Malgré un côté simpliste, dû à une certaine linéarité lorsqu’on digère les morceaux ensemble, le travail de composition reste très bon puisque l’ambiance est respectée et qu’une certaine technique apparaît dans les notes de piano. De plus, certaines pistes comme « To Destroy the Vale of Time » et « Shrouded in Mist and Pale Light » se dotent de douces paroles, parfois comme un murmure, parfois comme un écho dans le lointain. Cependant, cela ne suffit pas, certains morceaux sont assez redondants et l’album en entier n’est pas facile à faire passer. Quelques titres de temps en temps, c’est mieux.

En gros, un chouette album ambient acoustique pour Astral Winter qui montre qu’il peut s’adoucir en temps voulu mais certains défauts sont persistants comme les répétitions de passages ou de notes. De plus, l’utilisation permanente des mêmes instruments – et ce de la même manière – ne permet pas de varier le propos. Dommage, mais en tout cas, plusieurs moments valent le détour, si tant est qu’on aime les ambiances glaciales.

“Shrouded in mist and pale light

I behold the palace forever cast in twilight

My spirit heeds the calls to eternity

I embrace Perdition, as my lifeforce whithers away”

 

Children Of Bodom : Halo of Blood

Ξ juin 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Thrash Metal |

Children Of Bodom : Halo of BloodIls en auront vécu des péripéties, les enfants de Bodom, entre des débuts très marqués par la mise en place d’un style atypique et quasi inclassable, quelque part entre metal mélodique, metal néo-classique et metal extrême, avec le trio « Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper » et une suite moins subtile et plus décevante – moins recherchée dira-t-on, avec le correct « Are You Dead Yet ? », le mauvais « Blooddrunk » et un album de reprises qui n’aura pas fait l’unanimité. « Relentless Reckless Forever » remontait un peu la barre mais souffrait de certaines longueurs, menant inéluctablement à la lassitude. Il fallait donc être rempli d’espoir pour croire au retour en grandes pompes des célèbres Finlandais.

Pourtant ce qui semblait presque impossible semble se réaliser avec l’arrivée du nouveau rejeton, deux ans après RRF. « Halo of Blood », moins attendu que jamais, renverse sans aucun doute la tendance. Avec sa pochette dans les tons de gris et blanc et sa faucheuse mélancolique sur un lac gelé, on nous emmène vers des contrées plus froides et hivernales, ce qui n’est pas sans rappeler l’ambiance d’ « Hatebreeder ». Pour le coup on peut dire que Children Of Bodom se détourne quelque peu de son orientation « moderne » pour se rapprocher de l’album vert. On ne parlera pas de retour aux sources pour autant vu que les Finlandais ne laissent pas de côtés les quelques riffs thrashy qu’ils avaient adopté durant leur évolution ainsi que ce côté trop propret. Mais la subtilité, les atmosphères prenantes, les soli inspirés et les influences diverses sont de retour avec une préférence pour la mélodie fine et non le côté rentre-dedans qui marquait davantage les opus précédents.

En cela, on ne sera pas étonné de retrouver des morceaux véloces typiques du quintet comme « Waste of Skin », « Bodom Blue Moon » ou l’excellent « Transference » où les riffs s’enchaînent ainsi que les soli du duo guitare/clavier. La rapidité fait partie de la marque de fabrique de Children Of Bodom mais ces derniers ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis. Au contraire, on n’aura pas, tout le long, droit à ce déluge ultra speed de riffs et de soli en tout genre puisqu’ils tentent d’apporter un peu plus d’innovation avec ce « Halo of Blood ». D’ailleurs, le titre éponyme le montre bien avec ce côté épique, ce tranchant et cette influence black flagrante : on croirait entendre du Dissection à la sauce Bodom. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bel et bien le black metal mélodique la « star » de cet opus avec des morceaux bien plus marqués, renforçant cette atmosphère hivernale qui plane sur les dix chansons. « Dead Man’s Hand on You » est un autre exemple et montre une autre facette des Finlandais, qui savent aussi faire dans la douceur. Rien de très rapide, au contraire : c’est posé et très subtile, d’un côté la beauté des mélodies et le piano glacial, de l’autre l’incision des riffs et de la voix d’Alexi.

Il manque sans aucun doute la folie et la magie d’antan mais au moins, les Finlandais livrent un « Halo of Blood » qui remonte la pente et qui dépasse tout ce qu’ils ont pu sortir récemment. On retrouve plus d’efforts mais aussi une production signée Mikko Karmila, responsable d’ « Hatebreeder » ou « Follow the Reaper », une collaboration qui n’annonce que du bon. Même s’il ne s’agit pas d’un retour aux sources pur et dur, ce nouveau rejeton devrait certainement ravir les adorateurs d’ « Hatebreeder » et d’ « Hate Crew Deathroll ».

 

Compilations : Al-Mawtin Al-Aswad (Arabian Inheritance)

Ξ juin 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Compilations : Al-Mawtin Al-Aswad (Arabian Inheritance)En Occident, le black metal est plutôt bien ancré et on ne compte plus le nombre de groupes existants depuis plusieurs dizaines d’années. En Orient, par contre, c’est bien autre chose. L’Extrême Orient possède une scène assez diversifiée avec des groupes qui n’ont plus rien à prouver (Rudra,Impiety ou Chthonic, pour ne citer qu’eux). Mais le Moyen-Orient a encore quelques lacunes et il est difficile pour ceux qui ne connaissent pas ce coin de citer un groupe de black arabe. La faute au manque de distribution, d’exportation, mais aussi au tout petit nombre de formations, tiraillées par les conflits politico-religieux de leurs pays. Si le metal est très mal vu, le black metal l’est encore plus et certaines lois anti-metal circulent, incitant les musiciens à ne pas s’aventurer dans ce terrain miné. Les plus passionnés transgressent ces lois et composent dans l’ombre. C’est le cas de la majeure partie des groupes présents sur cette première compilation de black arabe. Si certains pays restent assez « tolérants » comme la Turquie, l’Egypte ou même la Tunisie, d’autres comme le Barhein, la Syrie ou l’Arabie Saoudite n’ont pas cette chance.

Avec cette compilation, « Al-Mawtin Al-Asward (Arabian Inheritance) », nous pouvons nous familiariser avec une scène très underground. Dix sept titres de black nous sont proposés pour dix sept voyages dans des univers différents. Un voyage aussi à travers les pays puisque nous allons au Maghreb, au Proche Orient et au Moyen-Orient, jusqu’à la Péninsule arabique. Tout commence avec le Syrien d’Eulen et son titre « Desolate House », alternant passages black épique et passages black ambient. On retrouve tantôt le rythme speed et les riffs mélodiques et entraînants de l’un, et le côté ambient, désolé et pesant de l’autre avec ses guitares trémolo. Un titre différent d’un « The Rising » d’Immortal Seth, par exemple, complètement cradingue avec cette mauvaise production et sa voix criarde mais emmenée par des mélodies orientales à la guitare.

Le point commun le plus flagrant entre tous les groupes est non seulement le black metal mais aussi cette empreinte orientale qui nous suit de bout en bout. Chaque formation arrive à nous offrir des ambiances et des mélodies arabisantes sans non plus en faire de trop. C’est ce qui fait leur identité mais c’est à la fois contradictoire avec leur envie de ressembler, musicalement parlant, à l’Occident. Mais on ne leur en voudra pas, l’intégration d’éléments chers à leur pays ne pouvant que satisfaire les Occidents en quête d’exotisme. En cela, on retrouve avec plaisir le black folk des Egyptiens d’Odious, un des premiers groupes du style, une sorte d’Orphaned Land de la période « Sahara » / « El Norra Alila » version raw black, ou le black symphonique oriental d’Al-Lat, comprenant des membres venus de Jordanie comme Azmo (qu’on peut aussi retrouver dans le groupe de doom/death Chalice Of Doom).

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il y en a pour tous les goûts sur cette compilation, entre le black dépressif de Dark Philosophy, le black Thrashisant de Smouldering in Fogotten, le black mélodique des Libanais d’Hatecrowned, le black malsain et à claviers de Qafas sans oublier la grandiloquence du black symphonique de Zatreon ou l’efficacité du black/death symphonique à la Dimmu Borgir des Tunisiens de Raven Legacy. Cela représente bien la diversité de la scène arabe ainsi que la richesse culturelle, chaque pays ayant sa marque de fabrique. Dommage toutefois que certaines « pointures » n’ont pas été intégrées comme Black Omen (Turquie), Narjahanam (Bahrein) et Al-Namrood (Arabie Saoudite). On aurait alors eu la compilation parfaite.

On découvre avec plaisir des formations de tout horizon, des plus crades au mieux produites, du raw black au black/death en passant par le métissage symphonique ou mélodique. Ceux qui ne connaissent pas du tout le black arabe peuvent découvrir les titres sans hésiter tandis que ceux qui ont quelques notions peuvent enrichir leur connaissance sur la scène. Une très belle compilation.

 

Depressive Winter : Nihilum Bellus

Ξ juin 11th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Depressive Winter : Nihilum BellusDepressive Winter…avec un nom pareil on aurait pu s’attendre à voir un groupe de black dépressif russe comme on en voit beaucoup et bien pas du tout. Depressive Winter, c’est un combo français de black mélodique épique formé en 2003 et peu actif, il faut le reconnaître, dix ans d’existence et seulement deux CDs, dont le premier n’est sorti qu’en 2006. Le second, « Nihilum Bellus » voit le jour cinq plus tard avant de se dégoter une signature chez les Russes d’Haarbn Productions, assez friands de ce style. Depressive Winter prend son temps et privilégie la qualité et non la quantité et cela se ressent assez bien sur ce CD.

Peu d’infos circulent sur le groupe alors on va faire assez court : le duo français mené par Profane nous pond huit titres black metal de qualité. Un son impeccable, des atmosphères relevées et des riffs qui tiennent la route, parfois thrashy, parfois plus heavy, mais surtout très épiques, comme en témoigne « Voices » qui rappelle des formations comme Dissection ou Bathory. Cela tranche avec l’introduction instrumentale avec ces boom en échos qui viennent et reviennent à intervalle régulier ainsi que ses riffs qui annoncent la couleur : celle de « Voices ».

Un autre instrumental nous emmène dans des contrées très sombres, tristes et froides, c’est bien « Despair » et ces trois minutes de guitares trémolo. Rien à voir avec les deux pièces maîtresses qui arrivent ensuite, à savoir « Abyss » et « Post Mortem Celebration », des morceaux très longs, souffrant d’une certaine linéarité toutefois. Sans oublier la très chouette reprise « Canticle » de Morgion où les claviers atmosphériques vont de pair avec les guitares.

« Nihilum Bellus » est un album plutôt sympa pour les amateurs de black mélodique et épique, tendant parfois vers le thrash, même s’il n’y a rien d’extraordinaire. On peut toutefois avouer que Depressive Winter a fait du bon travail en cinq ans et qu’on attend la suite.

 

Seeds Of Iblis : The Black Quran

Ξ mai 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Seeds Of Iblis : The Black QuranEn Irak, il ne fait pas bon aimer le metal. Et encore moins lorsqu’il s’agit de metal anti-islam ! Pourtant, les membres de Seeds Of Iblis prennent le risque de combiner le tout au sein d’un black metal furieux et ambiancé. Formé en 2011, ils jouissent déjà d’une bonne réputation dans le milieu underground, avec suffisamment de soutient pour faire envoyer leur metal noir à travers le monde, malgré cette épée de damoclès au-dessus de la tête. Car en Irak, tout adorateur de metal et tout détracteur de l’Islam est passible de la peine de mort…

2013 est l’année de Seeds Of Iblis. Deux ans après un premier EP correct sortent deux galettes : un EP signé chez les Finlandais d’Hammer of Hate Records et un album signé chez les Américains d’Unmerciful Death Productions. Il faut dire qu’ils ont attiré l’attention et qu’ils arrivent à s’exporter à l’étranger, contrairement à d’autres groupes irakiens voire moyen-orientaux. Aller, voyons donc ce que donne l’EP « The Black Quran ».

En français, « quran » n’est autre que le Coran. Avec cet EP, Seeds Of Iblis prend un malin plaisir à transformer le livre sacré de l’Islam en un livre sombre et destructeur, moteur des guerres et des différentes dictatures. Le livret nous annonce la couleur, dénonçant les atrocités de la guerre et l’implication de jeunes enfants, montrant des paroles sacrées couvertes de sang ou un Ben Laden au milieu de paroles fortes de sens. La musique est tout autant représentative. « The Black Quran », c’est un seul titre long de prêt de vingt minutes. Ving minutes de rage et de noirceur au sein d’un black metal inspiré par la scène scandinave (Dark Funeral, Mayhem, Emperor) et entrecoupé de différentes parties.

C’est avec des versets tirés du Coran que commence « The Black Quran » avant de nous propulser dans la tourmente et la noirceur à coups de riffs, de cris possédés et de blasts. Du fait de la thématique principale et de la position géographique du groupe, on ne sera pas étonnés de retrouver des touches orientales dans les riffs, les claviers (juste des nappes, rien de grandiloquent) ou même les ambiances. Certaines paroles sont aussi chantées en arabe et on peut aussi entendre certaines narrations dans la même langue. La production correcte du son permet de relever les atmosphères sombres. Ce qui peut gêner, sur le coup, c’est la répétition du premier passage du morceau, comme un refrain. Les seules variations résident dans des « couplets » tous différents les uns les autres. Voix bizarres, rires malsains, crépitements de flammes, instruments traditionnels, chœurs…tous marqués par cette aura noire et tourmentée.

On s’arrêtera là, vu qu’il s’agit d’un seul et même morceau. Mais ce dernier vaut quand même le coup d’oreille tant il représente ce qui se fait de mieux en matière de black oriental. Seeds Of Ibilis a de quoi ravir ceux qui aiment le métissage entre black scandinave et touches arabisantes.

 

Luna Ad Noctum : Hypnotic Inferno

Ξ mars 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Luna Ad Noctum : Hypnotic InfernoPour certains, Luna Ad Noctum n’est qu’un groupe de plus dans la scène polonaise. Ni bon ni mauvais, juste une entité qui n’a pas le talent nécessaire pour nous faire sauter au plafond. Pour d’autres, Luna Ad Noctum apparaît comme un groupe sous-estimé, avec de la créativité et une façon très spéciale de produire un black symphonique violent et bourrin. En gros, il a le cul entre deux chaises.

Pourtant formé en 1998, inspiré par la lune, et influencé par des groupes comme Emperor ou Limbonic Art, Luna Ad Noctum a sorti trois albums féroces « Dimness Profound », « Sempiternal Consecration » et « The Perfect Evil in Mortal », dégageant une atmosphère suffisamment froide et obscure pour nous embarquer dans un univers où les créatures démoniaques de la nuit s’en donnent à cœur joie. Même si le combo ne faisait pas l’unanimité, il avait un style.

Puis silence radio fin 2006 avant d’entrer un studio fin 2010 début 2011 et d’annoncer le départ du claviériste et la volonté d’évoluer. Aujourd’hui en 2013 arrive donc le nouveau rejeton, « Hypnotic Inferno », enregistré aux studios Hertz (Vader, Decapitated et cie) et signé chez Massacre Records. La pochette diffère des œuvres précédentes. Certes, on retrouve une « créature » étrange, mais il n’y a plus de lune, plus de couleurs vives. Ici, Luna Ad Noctum traite des comportements humains anormaux comme les hallucinations ou la folie, causée par des médicaments psychotropes censés réduire les douleurs liées à certaines conditions psychologiques (insomnie, par exemple).

On espère retrouver la patte de Luna Ad Noctum, cette brutalité, ces magiques touches atmopshérico-symphoniques, cette rage et cette puissance. Perdu. Les Polonais ont changé de bord. Evolution oblige ! Finis les morceaux qui envoient la sauce, place aux riffs mous du genou. Finis les claviers lunaires, place au néant. Finis les vocaux torturés, place au gentillet. Le black metal du quartet a inévitablement changé de saveur et n’est même pas suffisamment aliéné pour coller au concept. On se retrouve malheureusement avec un black metal tout ce qu’il y a de plus commun, avec un son nickel mais surtout, un manque incroyable de saveur.

Une évolution n’est pas un mal, tant que le résultat est concluant. Ici, ça ne l’est pas. Impossible de tenir le coup tant les morceaux sont fades. Aller, jouons à un Album Presque Parfait.

« Hypnosic Inferno » : Pas de goût, pas de piments, rien, Luna Ad Noctum nous a tout cuisinés à l’eau sans se soucier de l’assaisonnement. « In Hypnosis » n’est même pas un amuse bouche tant il n’y a rien à nous mettre sous la dent. Les riffs ne sont même pas intéressants, la voix ne fait pas peur et on cherche, avec un dernier espoir, une petite touche symphonique…juste un grain de riz trouvé de manière hasardeuse.

« Fear Technique » ferait par contre un bon apéro. Même si au départ on le goûte sans grande conviction, à cause de cette intro aux touches mielleuses, on finit par apprécier le contenu et en redemander lorsque la mayonnaise prend : ça accélère, ça monte, les blasts et les riffs sont plutôt efficaces – même si on s’attendait à mieux. On a même droit à quelques secondes de claviers histoire de soulever un passage. Mais c’est vrai qu’ils font un peu déco.

L’entrée est décevante. On aurait aimé une salade composée d’autres choses que de blasts et de riffs plats. Blaster ne suffit pas s’il n’y a rien d’approprié autour, comme une mayo qui ne serait pas accompagnée d’œufs ou de crevettes. Il est donc difficile de digérer un « You Are What You Are » dénué de toute puissance. « Abnormal Pain » est le petit goût sympa en arrière plan avec son début melo death/black à la Skyfire. On penserait même avoir changé de groupe tant la mélodie envoûtante rappelle les (pains) Suédois.

Le plat de résistance n’a rien d’extraordinaire. On en a déjà mangé des tas. C’est tellement commun qu’on ne ressent rien. Aucun plaisir, aucun petit détail intéressant à part les discrètes touches de claviers qui permettent de relever le goût. Les riffs se répètent ainsi que les structures tandis que la voix reste sur le même ton. Seul « Ether Dome » apporte de bonnes choses : une bonne dynamique, une efficacité et un bon enchaînement, malgré des répétitions. Le fromage est fade et le dessert sans explosion de saveurs. On s’ennuie un peu avec un « Hallucination Twisted Claw » même si les quelques chœurs sombres apportent un plus.

Voici donc un repas sans consistance, on ressort de ce « Hypnotic Inferno » avec un ventre qui crie famine, l’assiette encore pleine. Difficile de tout manger, d’apprécier les morceaux en entier, et de se délecter de leur énergie. Il en faut beaucoup plus pour nous rassasier d’autant plus que l’originalité du plat laisse à désirer… aller, maintenant la note pour conclure cette chronique : un petit 3/10 pour la présentation, un 4/10 pour l’ensemble du repas ainsi qu’un 4/10 pour l’ambiance, soit 3.6/10 et donc un petit 7/20. Quel dommage ! Les Polonais auraient pu faire mieux au vu de leur carrière respectable. Ceux qui n’aimaient pas spécialement Luna Ad Noctum pourront se vanter d’avoir eu raison, et ceux qui les aimaient n’auront que leurs yeux pour pleurer des larmes de déception…

 

Erragal : Shamash

Ξ novembre 25th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Ambient, Black Metal |

Erragal : ShamashIl est des endroits dangereux où pratiquer une musique extrême n’est pas recommandé, où les discriminations ne cessent de pleuvoir et où les conflits entre les religions sont mortels. L’Irak. Un des pays du Moyen-Orient les plus fermés et les plus ouverts aux tensions, quelles qu’elles soient. Et pourtant, quelques entités font de la résistance, à leur risques et périls. Les thrasheux d’Acrassicauda et les deathsters de Dog Faced Corpse ont déjà fait leur preuve, ainsi que l’occulte Lord Erragal, hyperactif infatigable à l’origine de plusieurs one man bands tels que Amelnakru, Kurgal et même Erragal. De ces projets dark ambient naissent une musique personnelle, à l’image même de l’Irak. Sombre, inquiétante, solitaire mais aussi mélodieuse et harmonieuse.

« Shamash » est le deuxième full length d’Erragal après quelques EP et split-CD. Il tire son nom du dieu soleil du panthéon mésopotamien en langue akkadienne. Logique, dans la mesure où Lord Erragal s’inspire de la mythologie sumérienne et des mythes babyloniens. Dieu-soleil, peut-être, mais la musique de l’Irakien n’en reste pas moins ténébreuse et froide. Bien sûr, il n’invente absolument pas la poudre à canon, mais l’empreinte occulte voire rituelle et les touches atmosphériques et néo-classiques apportent un peu de fraîcheur sur une scène très saturée.

La plupart des morceaux sont minimalistes et angoissants, déstructurés et bruitistes. Les nappes de claviers sont enveloppantes, les sons organiques et les échos sont de mises, tandis que certains bourdonnements rappellent le drone (Pt. 1, 2 et 3). Les voix sortent sorties d’outre tombe, maladives et profondes, telles les paroles décadentes de Shamash.

Quelques titres ont un rythme, mais on reste dans le très lent, afin de jouer avec notre imagination. Impossible de se sortir de ces méandres obscures, les nappes de claviers d’Erragal étant très sombres, et souvent trop linéaires, en particulier sur les parties les plus longues. Certaines tendent à trop se ressembler, mêmes si elles sont reliées par cette aura mystérieuse et rituelle. Le piano renforce cet effet, en particulier sur « Days of the Sun », « Unveiled » ou « Fragments of the Past », trois titres ayant la particularité de se détacher de la série des « Shamash ». L’aspect neo-classique prime, mené par des notes plus percutantes, plus entraînantes, mais aussi plus orientales, dignes représentantes de la chaleur du Moyen-Orient.

« Shamash » peut paraître anecdotique dans la sphère du dark ambient mais représente beaucoup pour l’Irak et pour tout le Moyen Orient, souffrant encore de certaines interdictions. Lord Erragal et son album de soixante minutes expriment bien ce malaise et cette torpeur mêlée aux mystères des mythes et légendes mésopotamiens. Une belle dédicace à une région qui ne demande qu’à être redécouverte.

 

Imperial Black Ceremony : The Better Angels Are All Dead

Ξ septembre 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Imperial Black Ceremony : The Better Angels Are All DeadUn souffle de vent…une mélodie mélancolique…une atmosphère froide et désespérée…

A eux seuls, ces quelques mots pourraient suffire à décrire la musique d’Imperial Black Ceremony, one man band français de black metal. Pas besoin de chercher les grands mots pour qualifier un opus aussi beau et déprimant à la fois, aussi suave qu’agressif. Et pourtant, il va falloir en parler un peu de cet opus, sorti il y a quelques semaines déjà.

Le maître à penser Vidar aura mis prêt de quatre ans pour en arriver là, en produisant tout chez lui. Ici, nous avons à faire à bien plus que du black mélodique. Il s’agit avant tout de black ambient aux atmosphères dépressives. Il ne faut donc pas s’attendre à une production en béton, bien au contraire, mais à quelque chose d’assez raw, plutôt influencé par Burzum et consorts. Le rythme est loin d’être rapide, le chant plaintif et écorché n’est pas omniprésent et les guitares crues sont loin d’avoir le premier rôle.

En réalité, à l’instar d’un Profanum, tout se base sur les claviers. Si à la base, ce projet devait être de l’ordre du black symphonique, il subsiste tout de même quelques traces, notamment la présence continue des claviers. Ces derniers créent l’atmosphère à mesure que les autres instruments la perpétuent. Le tout sonne froid et sombre, mélancolique et torturé. Il y a malgré tout un envoûtement mystique, à la manière de cette pochette où plusieurs moines se dirigent vers un drôle d’édifice.

Les plages sont principalement très calmes, très enveloppantes, bercées par des mélodies sombres. Le vent sur l’introduction et « Desesparate » accompagnent les différentes mélopées, le piano de « Take My Breath and Leave Me Dead » enfonce encore plus l’auditeur dans une atmosphère désespérée voire occulte, à la manière d’un « Since the Creation » de Samael sur « Blood Ritual », avant l’arrivée des guitares et du chant black.

Malgré ces indéniables qualités, on reste sur notre faim. D’une part, les pistes sont très courtes. Il est vrai qu’elles possèdent chacune leur petite touche mais on aurait aimé qu’elles durent un tout petit plus longtemps, histoire d’apprécier les ambiances à leur juste valeur. D’autre part, la production pêche. Le raw en soit n’est pas gênant, bien au contraire, il apporte beaucoup à ce disque. Il s’agit surtout de la batterie, qui sent le synthétique à plein nez et qui peine à varier ses rythmes. C’est toujours pareil avec les mêmes enchaînements. Pour tout dire, si elle avait été supprimée, ç’aurait été tout aussi bien.

Un souffle de vent…une mélodie mélancolique…une atmosphère froide et désespérée…

Nul besoin d’en dire davantage…

 

Trita Aptya : Samnyasa

Ξ septembre 13th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Oriental Metal |

Trita Aptya : SamnyasaCeux qui ont des affinités avec la mythologie hindoue ont sans aucun doute dû prendre connaissance de groupes tels que Kartikeya (Russie) ou les très réputés Rudra (Singapour), grands adorateurs du Védisme, la religion mère de l’hindouisme. Il existe d’ailleurs peu de formations ayant adopté comme thématique les récits mythologiques du coin. Pourtant il semblerait qu’on ait nos brahmanistes en France, à savoir les Lillois de Trita Aptya. Le nom du groupe est très évocateur, puisqu’il s’agit d’une divinité d’ordre atmosphérique. Idem pour le logo, reprenant l’écriture sanskrit. Enfin, le titre de l’album, « Samnyasa », signifie « le renoncement ».

Comme l’indique ce visuel très atypique, nous avons à faire à du metal oriental, mais pas n’importe quel type de metal oriental. Il ne s’agit pas de folk mais d’un black metal assez psychédélique, accompagné de sonorités indiennes. Trita Aptya met à profit ses influences (allant d’Enslaved à Septic Flesh en passant par la joueuse de sitar Anoushka Shankar) et son imagination pour créer un black metal original, loin de toutes ces copies que l’on peut découvrir d’année en année. En effet, Trita Aptya, avec ce « Samnyasa », sait varier son propos et éviter de tomber dans les clichés du « coup de cithare de trop ». Tout est utilisé avec soin, de façon à embarquer l’auditeur dans un univers qu’il ne connaît pas forcément.

Ainsi, le premier morceau « Narayana », après une introduction spirituelle, démarre à coups de riffs tordus, accompagné d’un chant (mi) black hargneux. Les musiciens apportent un dynamisme impeccable tout en apportant un certain côté barré, notamment dans les lignes de chant de Sylla. Ce dernier se démarque des autres instruments, dans la mesure où il semble plus décalé, plus expérimental, même si pas toujours au top, mais ce n’est pas un mal, puisque cela permet de ne pas tomber dans une certaine linéarité. N’oublions pas les breaks atmosphériques, le petit solo foufou ainsi que les refrains côtoyant des sons de sitars, pour un rendu relativement psychédélique.

« Ghosts of Sparta » accélère le rythme tout en proposant des riffs simples mais directs. Petite exception, on se retrouve ici avec une allusion aux guerres médiques, opposant les Grecs aux Perses. Le morceau, du haut de ses huit minutes vingt cinq, est très soutenu et progressif. Bien que le chant de Sylla ne soit pas toujours au top, il garde son côté décalé, tandis que les guitares nous emmènent vers un ensemble plus guerrier, les nappes de claviers et les choeurs jouant beaucoup dans l’élaboration de cette ambiance. Les orchestrations suivant cette débandade sont d’ailleurs de très bonnes qualités, apportant quelque chose de plutôt impérial. Le final, quant à lui, redevient oriental avec cette mélodie si particulière et cette flûte, précédant de peu un « Kâli » dans lequel la cithare est reine.

Il serait dommage de ne pas évoquer « The Garden », différent de ses acolytes. On retrouve la même atmosphère mais le rythme a déjà ralenti, voici donc quelque chose de plus proche du doom avec cette lourdeur, cette lamentation et ce côté parfois pesant. Ces parties plus lentes s’alternent avec des parties légèrement plus rapides et saccadées, où les guitares se mêlent à la cithare.

Le temps et les expérimentations de Trita Aptya triomphent sur ce « Samnyasa » bien calibré et prenant. Le côté oriental est prononcé sans non plus trop l’être, permettant au côté black de s’affirmer, sans non plus révolutionner. C’est toutefois l’ensemble qui permet aux Lillois de se démarquer de la masse et d’apporter quelque chose de frais, quelque chose bien différent de la branche orientale « arabique ». Une bonne découverte pour un groupe à surveiller de prêt.

 

Khadaver : New World Disorder

Ξ août 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal, Cyber Metal |

Khadaver : New World DisorderLa Slovaquie est en passe de faire parler d’elle en matière d’indus/cyber. Après les méfaits de 0n0, c’est au tour de Khadaver de s’affirmer, après la sortie d’un EP, « God-RW » en 2010. Le duo mené par Nihil Nix décide une nouvelle fois de s’auto-produire et de s’affranchir de tout label afin de sortir son premier full length. Originellement nommé « Opus Novum », c’est sous le patronyme de « New World Disorder » que nous découvrons le cyber metal à tendance black metal des Slovaques.

Le groupe est majoritairement influencé par la musique électronique et le black metal, ce qui se ressent dans la majeure partie des titres. On retrouve aussi quelques ambiances gothiques sur certaines plages (« Vacuity »), mais c’est bien l’aspect cybernétique qui prédomine, mis en valeur par des compos futuristes, froides, torturées et pessimistes et des thématiques cyberpunk sur la dystopie ou l’holocauste nucléaire ainsi que des critiques sur la religion et la politique.

Après une introduction très pessimiste dépeignant une Europe en flamme, c’est « Kampfbereit » qui met la gomme à coup de touches électroniques, de guitares accrocheuses et d’une alternance de chant clair et de chant black voire death. Le tout continue sur « 21th Century Antichrist », mettant l’accent sur le côté EBM du rythme et le côté criard de la voix, tout en incorporant des éléments industriels très sympathiques ainsi que des choeurs.

En peu de temps, on peut se rendre compte des influences de Khadaver, les plus flagrantes étant T3chn0ph0b1a (le mixage a d’ailleurs été confié à 5kott de ce groupe-ci) et surtout The Kovenant. Cela se ressent davantage avec l’éponyme « New World Disorder », agissant comme une fusion de la période « Animatronic » (pour le côté black) et la période « SETI » (pour le côté cyber) des Norvégiens. D’ailleurs, le nom du titre « New World Disorder » reste très proche du « New World Order » de leurs compères, une allusion on ne peut plus pessimiste. Musicalement, c’est tout à fait ça.

On ne peut qu’évoquer le « Semi Automatic » de Deathstars pour parler du « Battle Zone » de Khadaver, l’introduction étant quasi similaire. La suite est différente cependant, les éléments black prenant le dessus ainsi que le côté bien dansant des rythmes. La fin de l’album semble toutefois privilégier les touches atmosphériques dans le jeu de guitare et l’électronique, comme « AD Assault » ou « Technofuneral », bien cybernétique au niveau des arrangements.

Pour apprécier un tant soit peu Khadaver, il faut aimer l’électronique et le côté criard de la voix black. Si ceci vous est acquis, cet album est pour vous. Les Slovaques misent sur une musique dynamique et futuriste entre Deathstars, The Kovenant et T3chn0ph0b1a, en instaurant une bonne ambiance de monde en perdition sous couvert d’un cyber très électro.

 

Black Shadow : Awakening of the Black Dragon

Ξ juillet 18th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Metal |

Black Shadow : Awakening of the Black DragonLe duo de Black Shadow est sans doute l’entité bicéphale la plus encourageante et la plus remarquée de Russie. Bien que formée en 2004, le petit groupe a d’ores et déjà plus d’une production à son actif, preuve en est avec le grand nombre de sortie, à raison d’un opus ou deux par an. « Awakening of the Black Dragon » est l’exception car ce septième full length sort trois ans après un « War – Everburning Flame of Abyss » de bonne facture, c’est-à-dire, en 2011.

Les blackeux ne changent pas leurs habitudes, optant une nouvelle fois pour une pochette dans les tons de gris et des thématiques sataniques. Ils nous offrent du black metal tout ce qu’il y a de plus classique, quelque part entre Dark Funeral et Naglfar, avec une fougue et une hargne bien à eux. Ainsi, leur musique reste très dynamique, sans réel temps mort, pris dans un déferlement de riffs possédés et de mélodies parfois malsaines, comme le prouve les premiers titres de l’opus, « Power of the Blind Dragon » et « Transformation » en tête.

Les deux uniques membres de Black Shadow ont beau se partager les tâches, on reste surpris par l’usage de la boîte à rythme, plus vraie que nature. Ainsi la plupart des parties batteries, et en particulier les blasts, sonnent très bien et beaucoup pourraient ne pas s’apercevoir du stratagème. En tout cas, cet instrument apporte beaucoup de dynamique aux compositions des Russes, qui ne lésinent pas sur l’agressivité des beats, accompagnés d’une voix black incisive.

On peut regretter la ressemblance entre les morceaux, due en particulier à un manque de variation des mélodies et des rythmiques. Toutefois, Black Shadow arrive à imposer une patte plus sombre sur certains morceaux, en incorporant des soli et des passages aux claviers, à l’image de l’éponyme « Awakening of the Black Dragon » (et ses choeurs ratés) ainsi que « Death Is Only Way Out ».

Pas original certes, mais puissant et bien caractéristique du style, « Awakening of the Black Dragon » mise sur le martèlement intensif de la boîte à rythme, sans pour autant oublier d’apporter les ambiances nécessaires dans le riffing, même si les nombreuses linéarités et les ressemblances avec les opus précédents du groupe ne permettent pas de faire de cet opus un opus qui se démarque. Ce septième méfait fait toutefois mouche si tant est qu’on ne recherche pas quelque chose de bien fouillé.

 

Darkness Embrace : An Eternal Mirror

Ξ juin 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Darkness Embrace : An Eternal MirrorDarkness Embrace est tout jeune dans le milieu du metal extrême. Formé en 2007, le line up se complète en 2009 et engendre un tout premier rejeton, un EP tout particulièrement, en cette année 2012. On ne peut pas dire grand chose de ce groupe originaire de Bourges qui se fait plutôt discret, si ce n’est qu’il est très influencé par la scène black mélodique scandinave, et qu’il intègre dans ses compositions un instrument hors du commun : une vielle.

Le quintette fait dans la tradition des Sacramentum et Dissection, c’est à dire un black mélodique entêtant et épique. Les guitares mènent la danse du début à la fin, que ce soit dans le rythme ou pendant les solos, tandis que le chant alterne cri black et growl hargneux le temps de cinq morceaux. Pas de fioritures ni d’éléments plus modernes, Darkness Embrace fait dans le black mélodique pur jus avec quelques influences death, que ce soit sur le long « Memoria » ou sur certains passages des autres titres.

Les atmosphères sont lugubres et plutôt sombres, à l’image de cette illustration réalisée par une certaine Skull_Revenge (que certains ici reconnaîtront). L’EP en question dépeint les dépravations et le désespoir de l’humanité, ce qui se fait ressentir sur le titre introducteur « As a Despair’s Ring » avec ses riffs malsains et ses traditionnelles cloches, mais aussi sur « Oceans of Perdition » et son chant black torturé.

Le tout a beau être entraînant et dans une bonne veine black mélodique, la production reste mauvaise et peu adaptée. La place des instruments est de ce fait inégale, les guitares restant en pôle position avec la voix. La basse arrive quelques fois à bien se démarquer comme sur « As a Despair’s Ring ». Toutefois, on peine à entendre les claviers, très discrets voire très effacés, les nappes étant complètement noyées par cette production décousue.

Ce « An Eternal Mirror » reste encourageant et dynamique, non loin des compères suédois. Cependant, il lui manque beaucoup de force, sans doute dû à son inégalité mais aussi à son manque de clarté. Nul doute qu’avec une amélioration au niveau de la production, le tout révélera une grande cohérence et une certaine puissance. A suivre de prêt donc…

 

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