Alghazanth : The Three Faced Pilgrim

Ξ décembre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Alghazanth : The Three Faced PilgrimAlghazanth a toujours suivi son petit bonhomme de chemin depuis ses débuts en 1995, toujours su être fidèle à ses habitudes, à son black symphonique envoûtant et mélodique et ses pochettes en tons de gris, toujours été fidèle à son label Woodcut Records avec la sortie de ses six albums et pourtant, il ne jouit pas d’une assez forte reconnaissance comparé aux formations norvégiennes qui ont actuellement toujours la cote. Il faut dire qu’Alghazanth ne s’est jamais vraiment mis en avant et n’a jamais vraiment voulu rendre ses parties symphoniques trop dominantes, fidèle à son côté true. Sauf que cette année, les Finlandais nous gratifient de deux productions, l’EP « Adra Melek Taus » avec trois morceaux inédits et le full length « The Three Faced Pilgrim » avec cinq nouveaux titres, sortis à deux mois d’intervalle. Etrange procédé, dans la mesure où il aurait été certainement plus simple de tout sortir en même temps sur la même galette, d’autant plus que le thème principal des deux pochettes reste celui des oiseaux (le paon pour l’un, les cygnes pour l’autre…).

Il n’empêche que ce « The Three Faced Pilgrim » est le septième album de la bande, sorti deux ans après le très bon « Vinum Intus ». Alghazanth garde son son ni trop propre, ni trop crade, mais change légèrement d’orientation musicale. Le côté symphonique est beaucoup moins flagrant et laisse davantage sa place à un black mélodique très porté sur les atmosphères. Les claviers n’auront jamais été aussi désavantagés, le décalage est assez fort quand on écoute un « Thy Aeons Envenomed Sanity » ou un « Wreath of Thevetat ». Les musiciens semblent avoir décidé de se laisser porter par leurs guitares pour un ensemble musical qui se situe quelque part entre Emperor, Dissection ou Immortal.

La pochette, très belle, laisse entrevoir une sorte de lutte entre le bien et le mal. Mais à l’écoute de l’album, on a comme l’impression qu’il s’agit plutôt d’une bataille entre le captivant et l’ennui. D’un côté nous avons des riffs tranchants et limite épiques, des mélodies mélancoliques, des touches de claviers atmosphériques et hivernales et une ambiance générale assez nébuleuse, comme si nous contemplions un paysage d’hiver sous les nuages, ce qui est plutôt bien représenté par « With Sickle, with Scythe » avec ces chœurs envoûtants. D’un autre côté, nous avons des riffs qui sont finalement très communs, des bouts qui ne nous transcendent pas, un enchaînement de parties très ennuyant et une atmosphère très convenue comme sur « Promethean Permutation ». Le superbe d’une part et le chiant à mourir d’une autre. Pas évident de se faire une réelle idée sur la chose.

On pourra toutefois se réconforter avec « AdraMelekTaus » dynamique, efficace et bourré de mélodies épiques qu’on pourrait presque rapprocher de Catamenia. Ce sont les guitares qui chantent même si quelques nappes viennent s’incruster le temps de quelques secondes. Les claviers apparaissent comme un outil de transition entre plusieurs parties et non comme un moyen de soulever un moment ou un autre, ou d’accompagner la mélodie principale comme cela peut l’être sur « To the Pearl on High » qui, même s’il accroche un moment, finit par lasser.

Une sortie en demi-teinte, ni trop blanche ni trop noire et paradoxalement à l’image de son artwork. Alghazanth ne livre certainement pas son meilleur album mais risque d’attirer ceux qui préfèrent les claviers en toute petite dose, malgré des riffs et des mélodies très ordinaires qui ne sortent vraiment pas du lot. L’ensemble est d’ailleurs assez pépère voire mou à certains moments et n’est pas destiné à ceux qui ont un faible pour l’énergie, contrairement aux sorties précédentes. Ceux qui étaient habitués à cela risquent de ne pas forcément trouver leur bonheur…

 

A Land Beyond the Sea : Weltenwanderer

Ξ août 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

A Land Beyond the Sea : WeltenwandererLes différents mythes, légendes et autres faits historiques ont souvent été relatés dans le metal. Les histoires de conquêtes, les vikings, les celtes et autres civilisations anciennes, ont toujours su passionner bon nombre de groupes désireux de les mettre en musique. Mais il est une thématique que peu de formation ont exploité, à savoir les textes coloniaux. Ces rédactions prennent plusieurs formes : lettres, journaux de bord ou encore récits à la limite du romanesque. Leurs auteurs décrivent à la fois les paysages mais aussi les rencontres avec les indigènes sans oublier les actes de barbarie, la cruauté de la colonisation et de la christianisation. C’est de cela que parlent les Finlandais d’A Land Beyond The Sea. Un nom de groupe hors du commun mais très représentatif du contenu de leur musique. Le sextet s’attache tout particulièrement aux ravages de la colonisation. L’EP, « Weltenwanderer », est le début d’un tout centré sur les voyages des hommes sur des terres étrangères (d’où la mappemonde de 1564 d’Abraham Ortelius en guise de pochette) et se focalise sur le peuple Aruba dans les Caraïbes, comme en témoignent les images de peintures pariétales dans le livret.

Pour dépeindre cela, A Land Beyond The Sea officie dans un black mélodique rageur et lourd, mené par un duo de guitare. Le premier titre, « Seafarer » nous transporte sur un bateau vers de nouvelles contrées. Bruits des vagues, des cordes, des voiles mais aussi des cloches, on nous embarque au son du didgeridoo du chanteur/guitariste Nikolas Sellheim. Les guitares nous lancent ensuite des offensives sans un répit le temps de neuf minutes. Les paroles sont centrées sur la mentalité du voyageur, rêvant d’aventure, de nouveauté et de réalisation de soi. Les vocaux alternent chant black, growl et cris rageurs. Nikolas semble plus à l’aise dans le registre du growl death car son chant black manque de maîtrise et est quelque peu faible. La qualité des guitares et les mélodies nous permettent de nous concentrer sur autre chose. Les neufs minutes sont le reflet d’un voyage long qui prend des mois et qui ne se passe pas sans embuches. Les alternances de passages reflètent à la fois la pensée du voyageur et son envie d’aller de l’avant, lors des moments les plus mélodiques, parfois soutenus par du clavier, mais aussi les dangers de la mer, lorsque le rythme s’accélère et que le chant rageur domine.

Les titres sont très longs puisqu’ils dépassent tous les sept minutes. Tout comme un voyage maritime, il faut s’accrocher, tenir la barre et ne pas perdre le nord. « Landtaker » montre une facette plus guerrière puisqu’il s’agit du moment où les colonisateurs mettent pied à terre. Les riffs épiques sont plus nombreux ainsi que les blasts. La mélodie est aussi de la partie pour nous montrer différentes humeurs. Des touches modernes font aussi leur apparition avec des touches électroniques permettant d’enchaîner sur une autre ambiance. Mais c’est surtout sur « I.N.R.I. Conqueror » qu’A Land Beyond The Sea montre une facette plus sombre de sa musique. Ici c’est un combat pour la survie côté indigène, et un combat pour les terres côté conquérants. Le black des Finlandais devient alors plus rageur et plus féroce. On image les affrontements à mesure que les riffs black s’enchaînent. Dommage, une fois encore, que le chant black de Nikola ne soit pas totalement à la hauteur. On perd en immersion. Le chant clair non plus n’est pas totalement réussi. Le groupe a toutefois le mérite de varier les moments et ne pas proposer tout le temps la même chose. Il diversifie les chants, les ambiances et n’oublie pas de nous offrir des samples d’océan ou de la nature.

Après trois titres aussi bien fournis, « Survivor » perd en intensité car trop proche des morceaux précédents. Cependant, il ne présage que du bon pour la suite car cet EP – même cet album – est de qualité et nous fait découvrir une part de l’histoire que nous ne connaissons pas vraiment. Les colonisations ont toutes le même visage, montrant à la fois l’excitation du voyage, l’émerveillement vis-à-vis de l’inconnu, les tentatives de domination puis de capture, jusqu’aux batailles inévitables entre Ancien et Nouveau Monde. A Land Beyond The Sea mélange cela très bien dans un black mélodique bien produit, un peu long et avec, encore une fois, des défauts dans les vocaux.

 

Atra Vetosus : Voices from the Eternal Night

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Atra Vetosus : Voices from the Eternal NightFin 2011, Atra Vetosus ou le groupe aux deux Josh (Young and Gee) nous avait proposé un black mélodique très influencé par la Scandinavie (en l’occurrence Catamenia, Dissection ou même Immortal), quelque part entre passages épiques, moments mélodiques et mélopées glaciales. Josh Young s’extirpait ainsi des instants symphoniques et des touches death de son projet Astral Winter pour mettre en avant un autre type de black mélodique. Pari réussi puisque l’EP « A Palace Shrouded in Emptiness » a fait bonne impression. Désormais, Atra Vetosus n’est plus le projet de deux personnes mais celui que cinq membres permanents, les deux Josh laissant leurs instruments au guitariste Damon Parker, au bassiste Matthew Lopez et au batteur Josef Bound pour se concentrer sur le chant.

Si on se retrouvait avec un black différent d’Astral Winter avec l’EP « A Palace… », « Voices from the Eternal Night » s’ouvre avec un « Skies of Obsidian Rain » finalement très proche du projet hivernal de Josh Young : samples de pluie et d’orage, riffs catameniens, passages acoustiques…on se croirait sur un morceau de l’opus « Perdition » d’AW, le melo black en plus. Idem pour le totalement acoustique « Into the Dawnless Night », carrément dans le même esprit. Un comble pour quelque chose censé être différent.

Heureusement, la suite reste moins influencée comme les morceaux tirés de l’opus d’avant, à savoir « A Palace… », « Nocturnal Winds » et « Far Beyond… » souvent classiques mais disséminant des mélodies entêtantes sur un chant black écorché. Les ambiances véhiculées par les claviers restent froides mais pas aussi hivernales qu’Astral Winter. Elles se marient en tout cas bien avec les riffs.

« The Spirit of the Forgotten Woods » est un titre plus calme où l’intro acoustique laisse place aux guitares entraînantes et à différents types de chant : black, par le duo des Josh et clair par le guest Sam Dishington. Le rythme est ralenti par rapport aux autres titres de l’album, ce qui apporte une autre dimension, moins épique, plus sobre mais aussi plus torturée. Rien à voir avec le rapide « Under the Wings of Darkness » aux touches symphoniques des 90s à la Emperor, rien d’envahissant donc.

Malgré quelques ressemblances flagrantes avec Astral Winter, ce » Voices from the Eternal Night » est un bon album de black mélodique ni trop soft, ni trop agressif, mélangeant riffs bien tranchants, batterie claquante, chant furieux et claviers éthérées pour un résultat très entraînant et immersif.

 

Astral Winter : Perdition

Ξ juillet 1st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Black Metal |

Astral Winter : PerditionOn ne peut pas dire que le multi instrumentiste Josh Young aura chômé cette année car il sort pratiquement simultanément les nouvelles œuvres d’Astral Winter et d’Atra Vetosus, « Perdition » pour l’un, « Voices from the Eternal Night » pour l’autre, sachant qu’un autre AW est prévu. Bref, il y a de quoi se mettre sous la dent pour les amateurs de black mélodique. Et pourtant. On ne pourra pas dire que « Perdition » est très black mélodique puisque le musicien a décidé de faire un album intégralement acoustique. La guitare sèche, les synthés, le piano et les samples sont les uniques instruments à l’honneur, pour un ensemble plutôt…glacial.

Young nous avait habitués à cet univers hivernal avec « Winter Enthroned » prouvant son amour pour les terres glacées grâce à un black mélodique symphonique de toute beauté. Ici, on retrouve la même ambiance, le metal en moins, mais rien n’est dénaturé. Le piano cristallin y joue beaucoup ainsi que les nappes glaciales, fonds d’ambiance et violons. On entend aussi des samples de vent mais aussi de pluie et d’orage. Pas de neige cependant, tant elle est silencieuse, mais on la devine rien qu’à l’écoute de morceaux tels que « An Endless and Vast Horizon » ou « A Vision in the Eclipsing Moon ». Les mélodies sont telles qu’on s’imagine sans souci les prairies remplies de neige, les arbres dénudés et figés par le froid glacial de l’hiver, la rudesse du vent ainsi que le froid paralysant de la pluie. D’autant plus que tous les morceaux sont reliés presqu’en un par le vent et la pluie.

Malgré un côté simpliste, dû à une certaine linéarité lorsqu’on digère les morceaux ensemble, le travail de composition reste très bon puisque l’ambiance est respectée et qu’une certaine technique apparaît dans les notes de piano. De plus, certaines pistes comme « To Destroy the Vale of Time » et « Shrouded in Mist and Pale Light » se dotent de douces paroles, parfois comme un murmure, parfois comme un écho dans le lointain. Cependant, cela ne suffit pas, certains morceaux sont assez redondants et l’album en entier n’est pas facile à faire passer. Quelques titres de temps en temps, c’est mieux.

En gros, un chouette album ambient acoustique pour Astral Winter qui montre qu’il peut s’adoucir en temps voulu mais certains défauts sont persistants comme les répétitions de passages ou de notes. De plus, l’utilisation permanente des mêmes instruments – et ce de la même manière – ne permet pas de varier le propos. Dommage, mais en tout cas, plusieurs moments valent le détour, si tant est qu’on aime les ambiances glaciales.

“Shrouded in mist and pale light

I behold the palace forever cast in twilight

My spirit heeds the calls to eternity

I embrace Perdition, as my lifeforce whithers away”

 

Children Of Bodom : Halo of Blood

Ξ juin 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Thrash Metal |

Children Of Bodom : Halo of BloodIls en auront vécu des péripéties, les enfants de Bodom, entre des débuts très marqués par la mise en place d’un style atypique et quasi inclassable, quelque part entre metal mélodique, metal néo-classique et metal extrême, avec le trio « Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper » et une suite moins subtile et plus décevante – moins recherchée dira-t-on, avec le correct « Are You Dead Yet ? », le mauvais « Blooddrunk » et un album de reprises qui n’aura pas fait l’unanimité. « Relentless Reckless Forever » remontait un peu la barre mais souffrait de certaines longueurs, menant inéluctablement à la lassitude. Il fallait donc être rempli d’espoir pour croire au retour en grandes pompes des célèbres Finlandais.

Pourtant ce qui semblait presque impossible semble se réaliser avec l’arrivée du nouveau rejeton, deux ans après RRF. « Halo of Blood », moins attendu que jamais, renverse sans aucun doute la tendance. Avec sa pochette dans les tons de gris et blanc et sa faucheuse mélancolique sur un lac gelé, on nous emmène vers des contrées plus froides et hivernales, ce qui n’est pas sans rappeler l’ambiance d’ « Hatebreeder ». Pour le coup on peut dire que Children Of Bodom se détourne quelque peu de son orientation « moderne » pour se rapprocher de l’album vert. On ne parlera pas de retour aux sources pour autant vu que les Finlandais ne laissent pas de côtés les quelques riffs thrashy qu’ils avaient adopté durant leur évolution ainsi que ce côté trop propret. Mais la subtilité, les atmosphères prenantes, les soli inspirés et les influences diverses sont de retour avec une préférence pour la mélodie fine et non le côté rentre-dedans qui marquait davantage les opus précédents.

En cela, on ne sera pas étonné de retrouver des morceaux véloces typiques du quintet comme « Waste of Skin », « Bodom Blue Moon » ou l’excellent « Transference » où les riffs s’enchaînent ainsi que les soli du duo guitare/clavier. La rapidité fait partie de la marque de fabrique de Children Of Bodom mais ces derniers ne se contentent pas de se reposer sur leurs acquis. Au contraire, on n’aura pas, tout le long, droit à ce déluge ultra speed de riffs et de soli en tout genre puisqu’ils tentent d’apporter un peu plus d’innovation avec ce « Halo of Blood ». D’ailleurs, le titre éponyme le montre bien avec ce côté épique, ce tranchant et cette influence black flagrante : on croirait entendre du Dissection à la sauce Bodom. Le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est bel et bien le black metal mélodique la « star » de cet opus avec des morceaux bien plus marqués, renforçant cette atmosphère hivernale qui plane sur les dix chansons. « Dead Man’s Hand on You » est un autre exemple et montre une autre facette des Finlandais, qui savent aussi faire dans la douceur. Rien de très rapide, au contraire : c’est posé et très subtile, d’un côté la beauté des mélodies et le piano glacial, de l’autre l’incision des riffs et de la voix d’Alexi.

Il manque sans aucun doute la folie et la magie d’antan mais au moins, les Finlandais livrent un « Halo of Blood » qui remonte la pente et qui dépasse tout ce qu’ils ont pu sortir récemment. On retrouve plus d’efforts mais aussi une production signée Mikko Karmila, responsable d’ « Hatebreeder » ou « Follow the Reaper », une collaboration qui n’annonce que du bon. Même s’il ne s’agit pas d’un retour aux sources pur et dur, ce nouveau rejeton devrait certainement ravir les adorateurs d’ « Hatebreeder » et d’ « Hate Crew Deathroll ».

 

Imperial Black Ceremony : The Better Angels Are All Dead

Ξ septembre 17th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Imperial Black Ceremony : The Better Angels Are All DeadUn souffle de vent…une mélodie mélancolique…une atmosphère froide et désespérée…

A eux seuls, ces quelques mots pourraient suffire à décrire la musique d’Imperial Black Ceremony, one man band français de black metal. Pas besoin de chercher les grands mots pour qualifier un opus aussi beau et déprimant à la fois, aussi suave qu’agressif. Et pourtant, il va falloir en parler un peu de cet opus, sorti il y a quelques semaines déjà.

Le maître à penser Vidar aura mis prêt de quatre ans pour en arriver là, en produisant tout chez lui. Ici, nous avons à faire à bien plus que du black mélodique. Il s’agit avant tout de black ambient aux atmosphères dépressives. Il ne faut donc pas s’attendre à une production en béton, bien au contraire, mais à quelque chose d’assez raw, plutôt influencé par Burzum et consorts. Le rythme est loin d’être rapide, le chant plaintif et écorché n’est pas omniprésent et les guitares crues sont loin d’avoir le premier rôle.

En réalité, à l’instar d’un Profanum, tout se base sur les claviers. Si à la base, ce projet devait être de l’ordre du black symphonique, il subsiste tout de même quelques traces, notamment la présence continue des claviers. Ces derniers créent l’atmosphère à mesure que les autres instruments la perpétuent. Le tout sonne froid et sombre, mélancolique et torturé. Il y a malgré tout un envoûtement mystique, à la manière de cette pochette où plusieurs moines se dirigent vers un drôle d’édifice.

Les plages sont principalement très calmes, très enveloppantes, bercées par des mélodies sombres. Le vent sur l’introduction et « Desesparate » accompagnent les différentes mélopées, le piano de « Take My Breath and Leave Me Dead » enfonce encore plus l’auditeur dans une atmosphère désespérée voire occulte, à la manière d’un « Since the Creation » de Samael sur « Blood Ritual », avant l’arrivée des guitares et du chant black.

Malgré ces indéniables qualités, on reste sur notre faim. D’une part, les pistes sont très courtes. Il est vrai qu’elles possèdent chacune leur petite touche mais on aurait aimé qu’elles durent un tout petit plus longtemps, histoire d’apprécier les ambiances à leur juste valeur. D’autre part, la production pêche. Le raw en soit n’est pas gênant, bien au contraire, il apporte beaucoup à ce disque. Il s’agit surtout de la batterie, qui sent le synthétique à plein nez et qui peine à varier ses rythmes. C’est toujours pareil avec les mêmes enchaînements. Pour tout dire, si elle avait été supprimée, ç’aurait été tout aussi bien.

Un souffle de vent…une mélodie mélancolique…une atmosphère froide et désespérée…

Nul besoin d’en dire davantage…

 

Darkness Embrace : An Eternal Mirror

Ξ juin 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Darkness Embrace : An Eternal MirrorDarkness Embrace est tout jeune dans le milieu du metal extrême. Formé en 2007, le line up se complète en 2009 et engendre un tout premier rejeton, un EP tout particulièrement, en cette année 2012. On ne peut pas dire grand chose de ce groupe originaire de Bourges qui se fait plutôt discret, si ce n’est qu’il est très influencé par la scène black mélodique scandinave, et qu’il intègre dans ses compositions un instrument hors du commun : une vielle.

Le quintette fait dans la tradition des Sacramentum et Dissection, c’est à dire un black mélodique entêtant et épique. Les guitares mènent la danse du début à la fin, que ce soit dans le rythme ou pendant les solos, tandis que le chant alterne cri black et growl hargneux le temps de cinq morceaux. Pas de fioritures ni d’éléments plus modernes, Darkness Embrace fait dans le black mélodique pur jus avec quelques influences death, que ce soit sur le long « Memoria » ou sur certains passages des autres titres.

Les atmosphères sont lugubres et plutôt sombres, à l’image de cette illustration réalisée par une certaine Skull_Revenge (que certains ici reconnaîtront). L’EP en question dépeint les dépravations et le désespoir de l’humanité, ce qui se fait ressentir sur le titre introducteur « As a Despair’s Ring » avec ses riffs malsains et ses traditionnelles cloches, mais aussi sur « Oceans of Perdition » et son chant black torturé.

Le tout a beau être entraînant et dans une bonne veine black mélodique, la production reste mauvaise et peu adaptée. La place des instruments est de ce fait inégale, les guitares restant en pôle position avec la voix. La basse arrive quelques fois à bien se démarquer comme sur « As a Despair’s Ring ». Toutefois, on peine à entendre les claviers, très discrets voire très effacés, les nappes étant complètement noyées par cette production décousue.

Ce « An Eternal Mirror » reste encourageant et dynamique, non loin des compères suédois. Cependant, il lui manque beaucoup de force, sans doute dû à son inégalité mais aussi à son manque de clarté. Nul doute qu’avec une amélioration au niveau de la production, le tout révélera une grande cohérence et une certaine puissance. A suivre de prêt donc…

 

Skyfire : Timeless Departure

Ξ avril 30th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Skyfire : Timeless DepartureLa fin 1990/début des années 2000 aura été une période très solide dans le domaine du metal mélodique et surtout du metal extrême mélodique. Children Of Bodom aura accouché de trois albums en 1997, 1999 et 2000 (« Something Wild », « Hatebreeder » et « Follow the Reaper »), amenant de ce fait une nouvelle vague et engendrant un style très hybride entre power metal, black metal et néoclassique. Kalmah aura eu le temps d’enregistrer son premier « Swamplord » en 2000 dans un genre black/death mélodique très racé. Et Skyfire, quant à lui, démarrera sa prometteuse carrière printemps 2001 avec « Timeless Departure ».

En Norvège, le black symphonique connait ses plus belles heures : Dimmu Borgir s’est trouvé une nouvelle sphère, Emperor est sur le point de sortir son dernier album, Limbonic Art a déjà une belle carrière derrière lui et Arcturus a bien décollé avec son black symphonique avangardiste complet.

Quant au death mélodique, il est très en vogue, et en particulier le made in Sweden, que ce soit celui de In Flames ou de Dark Tranquility. Skyfire n’est pas originaire de Göteborg mais de Höör et ne s’est pas contenté que de s’influencer de ses pères pour créer une musique qui deviendra, avec les années, bien caractéristique et personnelle. En réalité, le quintette du début a plutôt pioché des idées à droite et à gauche, des idées en vogue il faut dire, afin d’ajouter sa patte et d’en sortir des compositions totalement originales. C’est ainsi que du mélange du néoclassisme de Children Of Bodom, du death mélodique suédois et du black symphonique norvégien qu’est née la formation de Höör.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la Suède est loin d’être le pays du sympho extrême car on le connait beaucoup plus pour son death metal. Poutant, Skyfire, en 2001, va être le pionnier du black/death/mélodique/symphonique dans son pays. Preuve en est encore maintenant : les formations du genre ne se comptent même pas sur les doigts d’une main. Malgré tout, rien ne prédestinait totalement ce groupe à un avenir brillant, car non seulement Children Of Bodom vivait ses meilleures heures mais en plus les scènes death mélodique et black symphonique offraient à ses auditeurs des albums d’exception. Enfin, la musique de Skyfire était loin d’être parfaite. Le groupe naquit donc dans l’ombre des combos du moment.

Cependant, ce n’étaient pas ces obstacles qui allaient faire reculer les membres de Höör, bien au contraire. Ils arrivent à se dégoter le tout petit label Hammerheart Records et à enregistrer leur « Timeless Departure » aux désormais réputés Abyss Studio sous la houlette de Tommy Tagtgren. Une collaboration qui ne présageait que du bon pour ce petit groupe, formé depuis déjà six ans mais auteur de seulement deux démos. Il fallait la hargne nécessaire, une personnalité nouvelle et un petit grain de folie en plus pour espérer sortir de l’ombre.

Dès l’introduction, Skyfire impose un style avec deux minutes majestueuses, dotées d’envolées archi mélodiques au piano et de touches symphoniques imposantes. Cela se reconduit sur le second « Fragments of Time » (dont la mélodie de départ sera auto plagiée bien plus tard sur l’introduction de « Awake » sur l’album « Spectral »). Les Suédois n’ont pas eu besoin de jouer une palette complète de morceaux pour imposer leur identité. C’est le titre typiquement Skyfirien par excellence : composé par le duo de guitaristes/claviéristes Martin Hanner et Andreas Edlund, on retrouve ce riffing véloce et maîtrisé, une rapidité d’exécution à toute épreuve, une surdose de mélodie de la part de chaque instrument, un aspect symphonique non négligeable, et surtout un néoclassicisme à la COB, qu’on retrouve bien sur « The Universe Unveils », entres autres.

Skyfire possédait encore son premier chanteur, Henrik Wenngren, qui officiait plus dans un style black très criard avant de se faire remplacé par Joakim Karlsson sur l’EP « Fractal » en 2009, lui dans un ton plus growlé. Sans aucun doute, ce membre apportait cette touche black qu’il n’était pas si facile de retrouver dans le reste de l’instrumentation. Car Skyfire, c’est avant tout une formation festive et explosive qui mise tout sur les guitares et les claviers ainsi que leur extrême rapidité. Pas le temps donc d’instaurer une ambiance particulièrement black, seule la voix s’occupe de cela. Les atmosphères sont pour le coup très travaillées et très astrales, menées de main de maître par un combo en grande inspiration. Le choix du patronyme n’est donc pas anodin. « sky » le ciel pour l’astralité de la chose, « fire » le feu pour la détonation perçue par l’ensemble des compositions.

De par certains aspects, ce « Timeless Departure » peut se situer sur le même plan que Children Of Bodom, à savoir un power extrême avec des touches black et du neoclassique, comme le flagrant « From Here to Death » ou encore l’éponyme « Skyfire ». On a à peine le temps de réagir que ça part non seulement au quart de tour mais dans tous les sens. Cela fait partie du grain de folie que j’évoquais.

C’est au milieu de l’album que Skyfire atteint le point culminant de ses capacités de l’époque. Le titre « Timeless Departure » est certes le plus long mais sans doute le plus puissant et celui qui tient le plus en haleine. Il se dote de l’essence même du groupe et de ses caractéristiques principales, même si on retrouve ici toutes les influences sus-citées, à savoir le black symphonique couplé au death mélodique et à la rapidités de Children Of Bodom. Les mélodies s’envolent, que ce soit celles des guitares ou des claviers lumineux. Symphonie impériale, chant hargneux, dynamisme imprenable, piano astral fou furieux et longs soli en prime. La magie à l’état pur.

Ceci dit, le reste des titres apporte son lot d’interrogation. Certains débutent très bien et finissent par ennuyer et inversement. La surdose de mélodies peut être un facteur aggravant. D’autant plus lorsque les instruments s’envolent trop et que l’ensemble paraisse quelque peu cacophonique, comme « Bleed Through Me , Bleed for Me » qui commence plutôt lentement mais part en cacahuète lorsque le groupe met la gomme. La production y est aussi pour quelque chose, les claviers restent trop mis en avant et leur son aigu n’aide pas vraiment à cela. Dernière petite caractéristique, Skyfire a le don de faire s’emboîter les morceaux les uns dans les autres. C’est vrai dans ce « Timeless Departure », ça l’est aussi dans les autres opus. On peut facilement découper un refrain et l’accoler au couplet d’un autre titre. Si on prend la discographie complète des Suédois, on se rend compte que c’est encore plus exacte. Skyfire a en effet des limites : celui de ne pas totalement réussir à inventer de nouvelles mélodies, la faute à une envie de rester fidèle à une identité de base instaurant des mélodies particulièrement atypiques…

Finalement, avec ce « Timeless Departure », Skyfire a résolument imposé son style, retrouvé très facilement dans les albums suivants. Un style que l’on reconnaît entre mille mais qui a autant de qualités que de défauts. Cela n’a toutefois pas empêché le groupe de suivre son petit bonhomme de chemin avec une suite bien plus prometteuse avec « Mind Revolution » jusqu’au magnifique « Esoteric » en 2009 plus tourné vers le death metal, plus sombre et plus symphonique.

Skyfire fait désormais partie des groupes les plus connus en matière de black/death mélodique symphonique.

 

Ruins Of Faith : To the Shrines of Ancestors

Ξ février 27th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Ruins Of Faith : To the Shrines of AncestorsIl est dommage que la Géorgie soit si peu connue dans le monde du metal car ce pays cache des petits groupes ayant leur personnalité et leur façon de nous concocter des albums inspirés par la culture locale. Ruins Of Faith est fondé en 2001 par trois garçons qui avec le temps s’avéreront très fructueux, quand on sait que certains d’entre eux font désormais partie de formations telles que Im Nebel ou Valley Lord.

« To the Shrines of Ancestors » est le seul album sorti à ce jour. Signé chez Haarbn Productions, il se compose de neuf morceaux et d’une bonne dose de mysticisme, ce qui peut se voir d’office avec la pochette très chaleureuse et explicite, avec ce soleil, cette tour et cette opposition lumière/obscurité. Rien de très oriental malgré les apparences, toutefois Ruins Of Faith utilise des claviers symphoniques et des nappes atmosphériques afin de les intégrer à son black metal mélodique aux légères consonances pagan.

Parfois proche d’un Nagflar ou d’un Rotting Christ, les Géorgiens arrivent à utiliser la mélodie pour créer une ambiance épique en utilisant la vélocité des guitares et des rythmes. Rien de très brutale cependant, tout se base sur l’harmonie entre tous les instruments et le chant black hargneux de Vasiko, même si les claviers peinent à être utilisés à leur maximum. Car si certaines nappes sont pour la plupart du temps happées par la puissance des guitares, d’autres restent uniquement présentes en début ou en fin de titres (« Father Fire »), et on aurait aimé plus de fusion comme sur « The Everquest » ou « Ruin of Faith ».

Cependant, ce sont bien les instrumentales « To the Shrines of Ancestors », part 1 et 2, qui mettent bien en valeur l’aspect pagan et les claviers, mettant l’accent sur le côté symphonique, les choeurs et les samples de vent. Mais elles ne servent que d’interlude et font finalement un peu tache dans ce black mélodique qui peine à varier : le rythme est toujours le même ainsi que les quelques notes répétitives de claviers en fond. Seul « Mournbringer » arrive à apporter un peu de changement et d’émotion avec ces alternances de parties. Toutefois cela n’empêche pas aux guitares d’être énergiques et à la batterie d’être friande de blast beats, malgré sa mécanicité apparente.

Ruins Of Faith livre un album correct mais manquant de variation, si bien que l’ennui peut vite pointer le bout de son nez. Toutefois, on ne peut renier l’aspect efficace des guitares et de la voix qui embarquent l’auditeur dans ce monde épique et pagan.

 

Atra Vetosus : A Palace Shrouded in Emptiness

Ξ janvier 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Atra Vetosus : A Palace Shrouded in EmptinessFondé très récemment par le très actif Josh Young, manager du label Immortal Frost Productions mais aussi membre à part entière du projet solo Astral Winter et d’Hammerstorm, entre autres, le sieur australien se concentre énormément sur la mise en place de formations black metal aux nombreux sous-genres, faisant de chacun de ses groupes des entités particulières et dotées d’une âme froide et aventurière.

Influencé par le black metal scandinave principalement, le duo aux deux Josh (préférez Slikver et Thorodan) sortent en novembre 2011 leur premier EP « A Palace Shrouded in Emptiness », première pièce qui ne manque toutefois pas d’expérience quand on connait le cv du fondateur, peu connu en Europe, mais bel et bien révélé en Australie grâce à ses formations annexes et aux quelques prestations live. Cette sortie est donc un moyen plus ou moins opportun de montrer quelque chose de différent d’Astral Winter, en se concentrant sur les mélodies et non les touches death voire symphoniques qui résidaient dans le groupe hivernal pré-cité.

Atra Vetosus s’inspire quelque peu des premiers albums de Catamenia et de Dissection tout en ajoutant une certaine patte, mais il est clair qu’au sein de ces trois morceaux, ce sont les guitares qui mènent la danse du début à la fin, imposant leur mélodies douces et froides à la fois, entraînantes et entêtantes, les arpèges étant fortement accentués ainsi que les passages plus posés et aériens où les claviers jouent sur les atmosphères. Il est intéressant de s’apercevoir du fait que les instruments forment un tout mais que chacun peut facilement être pris séparément : la batterie claquante et variée, les guitares omniprésentes et directives, les claviers éthérés et glaciaux, le chant black furieux et expressif de Josh…

Si le titre « A Palace Shrouded in Emptiness » propose quelque chose de plus classique dans l’esprit mais très direct, avec ce riff à la Catamenia en fil conducteur, « Far Beyond the Primordial Forest » accroche plus, notamment avec son introduction hivernal mais en même temps très nature, avec ses nappes et son piano, et sa suite plus sombre, toute aussi agressive mais si mélodique à la fois, avec, encore une fois, madame guitare qui se charge de tout. Et puis pour conclure, un peu de vent et de douceur nocturne avec « Nocturnal Winds » et son murmure, son aura, sa magie…

Une magie qui ne perdure malheureusement pas, car les morceaux sont longs (6 minutes) et varient finalement peu pour un résultat quelque peu linéaire mais loin d’être ennuyeux, seulement, on aurait aimé plus de prise de risque, pas forcément dans les guitares, offrant de sublimes mélodies, mais dans le rythme ou la modulation du chant. Cependant, ce « A Palace Shrouded in Emptiness » reste un premier EP déjà fort prometteur pour un duo d’Australiens ayant le sens des mots « froid » et « mélodique », s’aidant d’une production loin d’être parfaite mais digne d’apporter un charme certain.

 

Golden Dawn : Return to Provenance

Ξ décembre 28th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Golden Dawn : Return to ProvenanceGolden Dawn se sera fait connaître quatre ans après sa formation en 1992 avec la sortie du premier album « The Art of Dreaming », une œuvre s’inscrivant dans le patrimoine du black metal. L’approche musicale se tournait vers la deuxième vague de ce style, tout en prenant des éléments symphoniques, épiques et médiévaux pour un résultat assez novateur et ambitieux. Si l’opus récolta de très bons avis le rendant quelque peu culte pour certains, le one-man band guidé par Stefan Traunmüller pris de l’assurance afin d’enrichir ses prochaines œuvres.

En 1998, le démantèlement de son label de l’époque, Dark Matter Records, l’empêcha de finaliser une autre pièce qui aurait du s’appeler « Sublimity », ce qui le coupa dans son élan. Une signature se fit ensuite chez Napalm Records afin de ré-éditer le « The Art of Dreaming » et de sortir en 2003 « Masquerade », aux côtés de musiciens que Traumüller aura recruté entre temps histoire d’enrichir son black metal d’influences power voire gothiques, sachant que les parties batterie ont été réalisées par Moritz Neuner (Graveworm, Abigor, Dornenreich).

A cause de la direction commerciale du label, un nouvel opus fut rejeté et Traunmüller décida de continuer tout seul. Désireux de s’échapper des mélodies gothiques et des contraintes de l’esprit « commercialiste », il se focalisa sur la mise en place de son propre studio d’enregistrement et aida à produire certains groupes tels que Wallachia et Bifröst. Ce n’est qu’en 2009 que la nouvelle œuvre prit forme, « Return to Provenance ».

Le titre peut intriguer si on le traduit. « Retour au Source ». Devons-nous nous attendre à un retour vers son black metal d’antan, libéré de tout aspect gothique et proche du côté quasi “raw” et médiéval qui avait tant plu ? Pas si sûr…car même si le sieur a trouvé un label à sa hauteur loin d’être contraignant (Non Serviam Records), il n’empêche qu’il existe un paradoxe étrange qui est, l’accessibilité des compositions. Les huit morceaux jouissent d’une production lisse et clean, loin du côté limite “raw” des premières sorties. Ajoutez à cela le côté simpliste des mélodies, parfois déjà entendues, le manque d’originalité et de matière, et vous pourrez vous faire une idée du nouveau Golden Dawn.

Ne vous y méprenez pas, l’album n’est pas mauvais en soit, mais disons qu’il aurait pu être meilleur au vu du passé de ce one man band. Exit les influences Bathory, ici on se retrouve plus avec un mélange de Satyricon, Secrets Of the Moon, Dimmu Borgir (EDT), Ancestral Legacy (« Nightmare Diaries ») et Sear Bliss (les premiers albums) pour un black mélodique plutôt atmosphérique où l’accent est porté sur les guitares et leur modulation. Les ambiances sont tournées vers une certaine mélancolie, sont non plus être gothiques, à l’image de « Return to Provenance », plutôt lent mais très posé, à l’esprit black évident, où les accélérations sont du plus bel effet, avec ce léger côté épique et ce soupçon de chant clair.

Avec « Dyonisian Eucharist », les envolées mélodiques à la guitare et les blast beats sont de la partie, soutenus par le chant hargneux de Traunmüller et un léger côté sombre. Et même si des passages acquiert de l’agressivité au fil de l’album, cette dernière reste tout de même moins relevée, les mélodies l’étouffant quelque peu. Par contre, « Seduction » est empli d’une aura assez accrocheuse, le refrain étant bien mesquin et les claviers pour une fois mis en avant. On est ici plus proche d’un certain type de black symphonique.

Malgré son côté énergique et trop classique, il manque tout de même une pointe de magie et de rêverie au sein de ce « Return to Provenance », prouvant une fois de plus, malgré son titre, que Golden Dawn a tourné la page. Toutefois, cet opus reste meilleur que le dernier « Masquerade », sorti neuf ans plus tôt, bien que certaines influences soient là, et il est normal que l’on puisse être déçus, surtout si on a connu le one man band à son apogée avec « The Art of Dreaming ». A vouloir ne pas en faire de trop, on se retrouve finalement avec un ensemble peut-être trop basique.

 

Catamenia : Location : Cold

Ξ mars 7th, 2011 | → 5 commentaires | ∇ Melodic Black Metal |

Catamenia : Location : ColdCatamenia ou un des grands noms du black mélodique finlandais. Formé en 1995 par le guitariste Riku Hopeakoski et le chanteur Mika Tonig, le groupe optait pour un sacré mélange d’éléments mélodiques black et véloces, paradés de claviers assez symphoniques et atmosphériques, comme nous le proposaient « Halls of Frozen North » et « Morning Crimson ». Année après année, Catamenia se forgeait une réelle identité, notamment en basant ses concepts sur le froid, la neige, en gros, l’hiver et les contrées septentrionales, mais aussi les loups, mais à force de s’attacher au givre et de constants changements de line up, le groupe perdait quelques valeurs fortes ainsi que sa part de sympho, rendant les albums suivant plus linéaires, plus plats, mais aussi moins riches, d’autant plus au niveau des ambiances.

Onze ans plus tard sort donc « Location Cold » et cette année voit l’arrivée d’un nouveau chanteur et d’un nouveau bassiste. Changement qui permet à Catamenia de remonter la pente et de combler le fossé laissé avec « Winternight Tragedies », album moyen mais surtout monotone et peu recherché. Et il est clair que le sextet met les petits plats dans les grands en nous offrant un opus tout aussi froid mais plus abouti. Hormis l’absence de symphonique, les claviers apportent ce fond d’ambiance froid propre au black me direz vous. Oui mais le fait est que l’auditeur se croit aisément sous le blizzard, à parcourir des terres enneigées aux côtés de loup. De plus, on retrouve de nouveau ce chant black et ces chœurs, ce côté guerrier apporté par un chant clair discret et qui n’en fait pas de trop, ces riffs véloces et ces mélodies rapides et si particulières, souvent en fil conducteur, bâtisseuses de tous les morceaux en général, à la manière de « Gallery of Fear » et « Coldbound ». Cela créé une véritable force et une puissance indéniable, surtout lorsque les blast nous assènent.

Les cinq premiers morceaux sont donc sans répits, agréables et prenants, et bien sûr ultra dynamiques. Toutefois, l’autre moitié est plus linéaire, longue et reprend de ci de là les riffs déjà entendu quelques pistes auparavant. Le rythme est monotone et les titres n’avancent pas, si bien que le tout perd en intensité, tout en se dirigeant vers quelque chose de plus old school voire heavy, notamment lors de l’apparition d’une reprise de W.A.S.P., pas médiocre pour autant, mais en manque de prise de risque par rapport à la version originale.

Enregistré aux Mastervox Studios, produit par Massacre Records, et doté d’un très joli artwork, « Location Cold » est bon, et détient un caractère qui lui est propre, enchaînant refrains rapides et solos avec brio, sans pour autant dépasser le must en matière de riffs, d’ambiances givrées, et de sensibilité, « Halls of Frozen North ».

 

Agathodaimon : Phoenix

Ξ février 7th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Melodic Black Metal |

Agathodaimon : PhoenixImaginez-vous dans un endroit sombre et glacial, dans lequel vous vous promenez lentement tout en frissonnant, illuminé par le doux éclat bleuté de la lune. Vous avez franchi l’enceinte d’une forteresse mystérieuse au moment où vous voyez ces deux êtres étranges, ce hideux bouc ailé au cri terrifiant et cette belle musicienne, créant grâce à son harpe des notes si pures et douces.

Pour vous ce ne peut être qu’une simple description de la pochette de l’album, aussi bleue que les précédentes, mais c’est bien plus que cela. A travers ce descriptif, c’est une partie de l’album qui est expliqué. Car les allemands d’Agathodaimon, avec cette cinquième oeuvre nommée “Phoenix“, nous offre une musique agressive et mélodieuse, laide et belle à la fois. Officiant dans un black mélodique plutôt romantique, les cinq musiciens intègrent ici plus d’éléments gothiques mais aussi électroniques…

Car il est clair que ce “Phoenix” est plus riche qu’il n’y parait. Rempli de sonorités, d’ambiances particulières et d’éléments insoupçonnables, l’opus se veut encore plus riche au fil des écoutes et réserve bon nombre de surprises. Complexe dans sa composition, mais si simple à écouter, “Phoenix” c’est aussi un mélange gracieux et harmonieux de différents styles, à travers une agressivité impalpable et des mélodies caractéristiques.

Si le black est premièrement reconnaissable notamment aux riffings mais aussi au chant tranchant et à la diction imparable, il est aussi accompagné de sons électroniques par moment (“Heliopolis” ou “Devil’s Deal” ou ” Decline“) et de parties relativement bien gothiques, notamment lors de l’apport de claviers représentatifs, de piano, d’un certain orchestre, de guitares acoustiques aux mélodies mélancoliques, tout comme le chant clair, offert par le guitariste lui-même, posant délicatement sa voix sur ces passages ci. Ce côté gothique renforce donc d’autant plus un certain côté romantique, présent non seulement à travers la pochette, mais aussi les thématiques des paroles (errance, nature, amour, mais aussi ténèbres…).

Toutefois, il est à noter que les différents styles sus-cités sont mis en valeur de façon différente. Même s’ils restent principalement présents dans la majorité des morceaux, il est tout à fait possible de découper l’album en deux parties afin séparer deux blocs pourtant particuliers.

La première part du début jusqu’à “Ghost of a Soul” inclus. On remarquera que ces titres ci sont plus agressifs, sans doute moins gothiques, et s’attachent plus particulièrement aux guitares/riffs, chant black et sonorités électronique. “Heliopolis” est totalement révélateur et est une véritable tuerie. A contrario, “Ghost of a Soul” est une sorte de transition vers la seconde partie, car possédant lui aussi une certaine agressivité accompagné de l’orchestre.

Venons en maintenant au second bloc, allant de “Winterchild” jusqu’à la fin (“Grey Whisper“), où l’accent est porté sur l’aspect gothico-mélodico-romantique de l’album. “Winterchild” en est la principale amorce, les atmosphères sont davantage dominantes, ainsi que le piano, l’orchestre, et cette dualité des vocaux. Si les couplets/refrains se veulent aussi brutaux qu’au début, ils sont encore plus mélodiques, si bien que les harmonies guitares/piano/voix sont facilement retenables (“Time Is the Fire” et le très beau “Winterchid”). Mais là où ça devient intéressant, c’est lorsque les breaks plus doux et délicats prennent le dessus, à l’image de cette musicienne, face à ce bouc hideux et ingrat. Les guitares acoustiques prennent place, avec ce timbre si particulier, ces mélodies si froides, sombres et tristes, paradées d’un chant clair tout aussi triste, simple mais efficace. Et cet orchestre, pas grandiloquent pour un sous, mais envoûtant au possible, alors que les riffs suivent ces envolées au violon et que les chants black/clair s’alternent. “Oncoming Storm” est l’ultime morceau et le parfait exemple reprenant ces idées là alors que “Grey Whisper“, doté aussi de ces éléments, détone par son côté glauque.

Malgré tout cela, cet embriquement d’éléments faisant la complexité de ce “Phoenix“, ce bel oiseau couleur flamme, renaissant de ses cendres tel Agathodaimon, renaissant lui même après cinq années d’absence, il est clair que les comparaisons avec les autres albums et les autres groupes de la même tranche sont facilement faisables et c’est là que le bas blesse. Car Agathodaimon se cherche encore, et il est difficile de savoir si le combo a enfin trouvé une identité qui lui est propre.

Primo, “Phoenix” est assez loin du fameux “Blacken the Angel“, l’opus ayant révélé le quintette. On ne retrouve pas cette atmosphère bien noire et particulière de cette oeuvre relevant le côté dark et ambient des compositions. Idem pour “Chapter III” qui se remarquait par ses côtés davantage expérimentaux et symphoniques.

Deuxio, Agathodaimon souffre de ses ressemblances avec des groupes majeurs de la scène black mélodie/gothic/symphonique. Celles avec Dimmu Borgir avaient été évidentes avec la sortie de “Chapter III” ou même “Serpent’s Embrace“. Mais avec ce “Phoenix“, il est clair qu’on pourrait ajouter à la liste Graveworm ou même Catamenia. D’un côté pour l’aspect gothico/symphonique, de l’autre, pour l’aspect mélodique, guerrier et véloce de certains morceaux à la manière de “Throughout the Fields of Unshaded Grace”.

Finalement, “Phoenix” se veut être un album délicat et très soigné, marqué par bon nombres d’aspects et une pochette totalement révélatrice. La production lisse signée Nuclear Blast peut rebuter les puristes, mais elle n’en reste pas moins un élément important afin d’apprécier entièrement l’oeuvre qui vous est offert ici, une oeuvre toute en finesse, malgré une agressivité qu’il ne faut pas oublier. La longueur, quant à elle, pourrait en amener certains à se lasser au fil des morceaux, si toutefois ils n’auraient pas accroché à l’essence même de l’album…

 

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