Ered Wethrin (USA) : Tides of War

Ξ février 14th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan, Symphonic Black Metal |

Ered Wethrin (USA) : Tides of WarLe label Allemand Northern Silence Productions ne se rate pas depuis un bon moment, et il suffit de voir ses dernières sorties pour se rendre compte qu’il a le chic pour dégoter de sacrés groupes comme Woods Of Desolation, Gallowbraid ou Caladran Brood. Ici, il s’agit d’un nouveau one man band, Ered Wethrin, originaire de Salt Lake City, tout comme les deux derniers groupes cités. Son nom provient de l’univers de Tolkien (« Ered wethrin » signifiant « les montagnes de l’ombre », une chaîne de montagne dans la Terre du Milieu) et sa musique se caractérise comme une sorte de black atmosphérique épique.

On pourrait croire qu’Ered Wethrin emprunte le même chemin que Summoning et Caladan Brood. Ce n’est pas totalement faux dans la mesure où l’ensemble baigne dans le même type d’ambiance. Les chœurs, les claviers, les arrangements et les plans épiques sont nombreux, il suffit d’écouter des titres comme « Frigid Tides », « Into the Stars » ou « Requiem of the Fallen » pour s’en rendre compte, les nappes et les mélodies entêtantes et guerrières rappelant inévitablement les Autrichiens.

Là où Ered Wethrin se démarque, c’est dans la production, plus raw, plus étouffée, faisant la part belle aux guitares atmosphériques, au chant black torturé et à des plans assez sombres, pas si loin de Woods Of Desolation en définitive. L’album se dote alors d’un côté très underground très proche du son black des années 90 qui n’est pas déplaisant pour l’ambiance et qui permet de relever les passages les plus ambiants dans lesquels les samples et arrangements sont de la partie (comme « Frigid Tides » avec ses bruits d’eau). Beaucoup de passages instrumentaux tapissent cette fresque épique, mais pas forcément à bon escient puisqu’on tend parfois à perdre le fil (les morceaux font quand même dans les 10 minutes).

Le one man band n’accélère que très rarement son rythme mais arrive à nous entraîner avec lui dans un « Realm of the Tyrant » plus agressif, légèrement plus rapide, plus mélancolique avec ses guitares tremolo et plus folklorique. « Bloody Annals and Brooding Skies » possède aussi ses petites accélérations, entre parties atmosphériques, parties épiques, et parties plus symphoniques, mais ce sont véritablement les guitares qui mènent dans la danse au niveau mélodie malgré le soutient léger des claviers.

Ered Wethrin n’essaie pas d’en faire des tonnes avec son premier album « Tides of War » contrairement à ce que la majeure partie des groupes tente de faire actuellement. Le musicien reste fidèle à l’esprit des années 90 et n’intègre pas d’éléments trop pompeux ni indispensables. Il va à l’essentiel sans copier Summoning ou Caladan Brood, malgré une influence évidente. Inutile de préciser que les adorateurs de ces groupes-là devraient être intéressés par cette nouvelle formation. Même si elle n’atteint pas le même degré d’excellence, un petit voyage en Terre du Milieu n’est pas de refus.

 

Altaïr – Legend’Ere

Ξ janvier 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan |

A l’origine formé en 1995, Altaïr (rien à voir avec Assassin’s Creed) est un one man band auvergnat guidé par Zagan. Tête pensante d’un projet de black pagan à textes conceptuels et poétiques, il mène comme il peut sa petite barque de royaume en royaume afin d’embarquer les auditeurs avertis dans un univers particulier, bercé par les cultes, les guerres, les légendes et les histoires anciennes. « Legend’ère » est son dernier méfait en date, signé chez Endless Sound Records.

Même si on est loin des classiques du genre ainsi que des pépites, Altaïr fait ce qu’il peut pour proposer un black pagan susceptible de nous envoûter. L’inspiration de Zagan permet alors de concocter des morceaux cohérents, plus ou moins teintés de touches ritualistes, grâce à des riffs minimalistes et des touches pagan mid tempo. On est alors dans une atmosphère plutôt caverneuse où mélodies et chant black se côtoient pour nous conter, en français, des récits sur les volcans et les portes de l’enfer.

Ce qui finalement aurait pu paraître authentique et raw ne l’est pas tant que ça. Même si Altaïr s’en va parfois du côté du rock et du progressif (« Le Vieux Chaos Averne »), la programmation et notamment la batterie boîte arrivent en contradiction à cause de leur aspect trop synthétique. C’est le cas sur « Magna », dont l’introduction fait grincer des dents, ainsi que sur « Nature…morte », la double pédale ainsi que la caisse claire sonnant plutôt faux.

Si on fait abstraction de cet élément ainsi que du côté parfois longuet des morceaux, on découvre des moments particulièrement bons, à l’image de « Le Creux de l’Enfer », « L’Autre Côté » ou « Infâmes Cultes ». Les mélodies et harmonies à la guitare permettent de souligner le chant écorché et d’apporter un peu plus de sensibilité dans ce black metal minimaliste.

Même si certains titres manque de hargne et de dynamisme, Altaïr livre un opus encourageant, regroupant des chansons composées depuis 1998. Certes, sa musique est largement perfectible, mais il faut apprendre de ses défauts pour ensuite s’améliorer et livre l’Album avec un grand A. Dans tous les cas, Zagan a le mérite de faire perdurer le souffle black metal en Auvergne ainsi que d’utiliser une langue française qui enrichit les textes.

 

Chysta Krynycya : Symphony of Life

Ξ juillet 11th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan |

Chysta Krynycya : Symphony of LifeFondé en 2000 sous le nom de Morose Months Of Melancholy puis adoptant le nom de Chysta Krynycya, ce groupe fait partie des combos de black pagan ukrainien dans un pays fer de lance d’un style souvent nationaliste et colérique mais très attaché aux valeurs traditionnelles. Le quatuor en question aura mis du temps à se trouver avant de finalement adopter une identité adaptée à l’idéal black pagan de leur mère patrie, très proche donc de Nokturnal Mortum. Malgré les idéologies NS de leur membres, ces derniers ne les font pas transparaître pour autant dans leur thématiques, celles-ci étant très portées sur la nature de leur terres hivernales dans leur dernier album en date « Symphony of Life ».

De prime abord, la pochette évoque sans aucun doute celle de Bathory et de son « Blood Fire Death » car il s’agit de la même peinture de Peter Nicolai Arbo du nom de « La Chasse Sauvage d’Odin ». Malgré le côté mythologie nordique qui en découle, Chysta Krynycya ne s’y aventure pas car nous nous situons bien en Ukraine. Les mélodies traditionnelles du pays nous le rappellent ainsi que la langue employée. Toutefois, c’est bien l’aspect guerrier de cette toile qui ressort le plus, le quatuor en question n’hésitant pas à intégrer des morceaux costauds et brutaux dotés d’une voix black très agressive, à l’image de « The Ocean of Snow in the Nordic Heart », « Keepers » ou « Let the World Hear My Silence » avec sa sirène en fond d’ambiance. La production est très adaptée, faisant la part belle à la colère mais aussi à la mélancolie du groupe qui ne lésine pas sur des mélopées on ne peut plus moroses.

A l’instar de leur compères Ukrainiens, Chysta Krynycya intègre des titres plus folkloriques et plus calmes, tranchant littéralement avec la violence des autres chansons. « Fruit and Grape » par exemple apporte son lot d’instruments et de chants traditionnels sur un rythme lent tandis qu’ « Empty Boat » se veut plus dynamique et plus festif avec une alternance de chant féminin et de chant black, accompagnée d’une cornemuse rappelant les pirates.

A la manière du « The Voice of Steel » de Nokturnal Mortum, il y en a pour tous les goûts sur cet opus et si le brutal ne vous sied pas, vous pouvez toujours vous rabattre sur l’entraînant « Today the Gods Dance with Us » où les guitares et le chant agressif se mêlent à des sonorités cristallines et douces, idem sur l’envoûtant « We Are Not Alone ». L’exotisme du chant en ukrainien y est sans doute pour quelque chose ainsi que les mélodies suaves.

Chysta Krynycya arrive à mélanger l’agressivité du black avec les touches traditionnelles propre au folk/pagan mais aussi le côté épique de la musique symphonique comme sur l’éponyme « Symphony of Life », « Wedding Garden » ou sur certains passages en particulier. Ce n’est pas non plus quelque chose de grandiloquent mais ces touches arrivent à apporter l’emprunte nécessaire rappelant les origines du quatuor. De plus, les guerriers arrivent à concocter un « Winter Masquerade » très expérimental qui en déroutera plus d’un. La progression est des plus étranges, les changements de rythme imprévisibles ainsi que le groove basse/batterie et le passage électronique en plein milieu.

Pour une durée de 65 minutes, à peu prêt, Chysta Krynycya arrive à imposer dans son « Symphony of Life » une sorte d’ode à la vie ukrainienne à coup de folklore et de violence, un album à considérer comme un ersatz de Nokturnal Mortum ou comme une transition avec, toutefois, des morceaux beaucoup plus doux. Une oreille curieuse n’est tout de même pas de refus.

 

Sivyi Yar : Dual Faith

Ξ avril 21st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Pagan |

Sivyi Yar : Dual FaithSivyi Yar, c’est le projet black pagan du multi instrumentiste russe Vladimir, désirant se tourner vers un ensemble musical épique et basé sur la nature. Ce one man band existe depuis 2006 et a été assez fructueux, même si l’Europe en a peu entendu parler. Toutefois il est bon de préciser qu’il a son propre public et une certaine notoriété dans son pays, ce qui lui a valu une signature chez l’underground More Hate Productions.

En 2011, Sivyi Yar avait déjà sorti une démo, un album et un EP mais il ne voulait pas s’attacher à de nouvelles compositions aussi rapidement. Il voulait simplement prendre son temps et attendre au moins un an avant de sortir une nouvelle galette, à savoir le futur « Towards to Twilight » paru début 2012. A la place de ça, Vladimir prit des morceaux qu’il avait composé entre 2008-2010, ceux qui n’avaient pas été sélectionnées, afin de les recomposer. C’est dans ce contexte que sort ce « Dual Faith » qui se dote, en guise de pochette, du tableau « Night on the Eve of Ivan Kupala » de Ivan Sokolov. Relié à la musique, cet artwork renforce l’idée de préservation des traditions Slaves dans un monde de plus en plus tourné vers la modernité, idée que l’on retrouve dans les paroles.

Sivyi Yar officie donc dans un black pagan épique tout à fait classique mais l’aspect progressif des morceaux permettent au one man band de s’offrir une alternance de passages non négligeable. Si l’ensemble peut paraître guerrier dans l’exécution du black metal, il peut tout à fait devenir plus atmosphérique et folk comme sur l’éponyme « Dual Faith » qui fait la part belle aux ambiances et aux riffs. Idem sur « In the Predawn Darkness » avec ces guitares caractéristiques, à la différence que ce titre se teinte d’éléments death metal voire arabisants dans la mélodie du riff à partir de 02:30, mélodie qui rappelle le one man band de black épique Bouq.

Ce qui prédomine toutefois le plus, c’est la trop grosse monotonie des morceaux, atteignant pour la plupart les huit minutes. Le côté progressif aurait pu mieux servir le black pagan de Sivyi Yar car ici, on est plus dans l’ennui qu’autre chose, même si les atmosphères restent intéressantes comme sur le très pagan « Magic Fever » et son clavier mystérieux voire inquiétant.

Autre prédominance, la voix très criarde et ultra guerrière de Vladimir, qui ne semble pas totalement maîtriser sa rage. Ce n’est même plus un chant black mais une sorte de hurlement plaintif qui nuit à l’ensemble des compositions. Ajouté à cette linéarité palpable, cela devient encore plus insoutenable.

Ceci dit, un aspect naturel et traditionnel se retrouve principalement dans l’introduction et l’outro, mais c’est sans doute un « Again, Burn Crosses » qui enfonce le clou, avec ces choeurs, sa mélodie étrange et son atmosphère enveloppante. Peu de guitare et de voix, finalement, l’auditeur se retrouve seul au sein de cet enrobage oppressant, comme pris au sein d’un culte musical.

En clair, « Dual Faith » n’apporte rien de concret au black pagan mais il permet à Sivyi Yar de diversifier son propos, tout en jouissant d’une production correcte. Malgré leur longueur et leur défauts, les morceaux restent emprunts de cette envie de préserver la culture slave.

 

Izmoroz : Otmoroz

Ξ novembre 6th, 2011 | → 18 commentaires | ∇ Black Pagan |

Izmoroz : OtmorozLes russes ont toujours été doués pour nous surprendre, autant dans le bon que dans le mauvais sens du terme. Depuis des années maintenant, les voilà qui tentent de nous proposer des choses fraîches mais disparates, sans non plus faire originaliser les choses. Certains arrivent à sortir des sentiers battus, d’autres non. Et même si le manque de reconnaissance pèse, il ne faut pas oublier que certaines formations, malgré leur anonymat (ou presque), peuvent surgir d’on ne sait où, afin de nous proposer une musique différente.

Izmoroz surgit donc de Moscou. Le quatuor a déjà cinq albums à leur actifs, la plupart n’étant pas connus, faute de distribution. La signature chez Grailight Productions est en passe de changer la donne, la promotion étant cette fois-ci plus grosse, et le travail effectué sur le « Otmoroz » en question étant plus conséquent. En effet, les russes ont décidé de jouer la carte de la folie, de la parodie, de la gaieté, afin de nous livrer quelque chose de dynamique, dansant et changeant.

Étrange cependant qu’un groupe au nom russe du givre puisse pondre d’un opus portant la traduction de « engelure ». Il n’y a rien de réellement froid, ni d’irritant au sein de ces onze morceaux. Juste une envie de rire un bon coup et d’entrer dans le monde particulier d’Izmoroz. N’imaginez rien de péjoratif dans mes propos. Les russes nous montrent seulement quelque chose de parodique et rigolo, à l’instar de la pochette de Tarkan où se côtoient une soucoupe volante, et un chevalier sur son cheval couché, apeuré par un dragon en plastique.

Bien sûr, si Izmoroz use d’un black folklorique très particulier, à mille lieux des autres Finntroll, Skyforger et consorts, il le transforme en quelque chose d’assez « caribéen ». L’auditeur se retrouve avec une atmosphère de pirate, où l’on peut aisément sentir l’odeur de la mer, de la sueur et du rhum. Alors à bâbord d’abord, mettez de côtés les préjugés et c’est parti ! « Bastard People » ! Larguez les amarres ! L’ensemble dynamique, résolument black et changé en russe, avec des chants pour le moins étranges et parodiques, ainsi que des instruments folk propre à la piraterie, tels que petit violon, flûte, cornemuse, bignou, accordéon etc. On est plus proche d’Alestorm que de Pirate des Caraïbes, soyez-en sûrs, comme sur un « The Pit Under the Carpet » misant sur le côté fou-fou du refrain.

A contrario, « Lullaby » nous montrera quelque chose de plus incisif et rapide au couplet, notamment grâce à un côté black plus prononcé, à des blasts et à un chant black tranchant (ne vomissez pas en mer s’il vous plaît). Le refrain lui se verra soudainement ralenti pour laisser place à un chant clair russe sans doute trop gnan-gnan (serait-ce la voix du perroquet?). Mais ne vous arrêtez pas là : « You Can’t Go Through This Wood » transforme un avertissement en quelque chose de joyeux et festif grâce à l’apparition de cloches, dénonçant la manie qu’ont ces personnages qui vont dans des endroits dangereux, malgré les messages d’alertes.

Un bon exemple de démence et de « ça part dans tous les sens » résidera dans « Silvan Hulked Up from the Forest » qui en désarçonnera plus d’un, notamment à cause de l’entremêlement d’instruments aussi différents les uns que les autres, et des voix (auriez vous trop bu?). Toutefois, « Caribbean Islands » se verra plus traditionnel et plus linéaire, la faute à un rythme et à une mélodie continues. Ce serait dommage de se faire repérer par d’autres pirates. Restons calmes.

La parodie n’est pas finie, Izmoroz touche au thème de la série X-Files de Mark Snow sur « Invasion of Volkhves » (les « Volkhves » n’étant pas des extra-terrestres mais… des magiciens !). La mélodie principale se retrouve jouée par une cornemuse, entraînée par des guitares incisives, avant de se faire dépasser par un chant black puis de pirate. La fin cependant, reste bien mystérieuse et proche du thème original, avec ce xylophone en fond.

Vous descendez du bateau au bout de quarante six minutes, l’esprit un peu bancal, le regard flou. Mince, pourquoi avoir bu autant de rhum avec cette bande de pirates fous ? Peut-être, finalement, avez-vous apprécié la balade en navire, malgré sa longueur et cette impression que le capitaine vous a fait faire le tour de l’île à deux ou trois reprises. Oui, c’est bien de ce capitaine dont je vous parle, ce type avec sa voix gutturale, faisant chanter de façon étrange tout un équipage, pris entre le devoir de faire avancer le bateau et celui de festoyer avec vous à leurs côtés. Le voyage n’est pas tout à fait fini, cependant, il vous suffit juste de monter à…d’insérer le vinyle (je rigole…à peine) et de repartir.

 

Briargh : Vn Antigvo Trono Olvidado

Ξ octobre 20th, 2011 | → 7 commentaires | ∇ Black Pagan |

Briargh : Vn Antigvo Trono OlvidadoPetit groupe dans un pays pas extrêmement connu pour son black metal, Briargh naquit en 2003 en Cantabrie sous l’impulsion d’Eru Dagoth, le maître à penser. Passionné par la nature, le paganisme et la mythologie celtique, cet homme décida de fonder son propre one man band, une sorte de side project étant donné que le sieur œuvre déjà dans Eldereon ou Forestdome.

Adoptant une écriture runique pour la conception de son logo, Eru Dagoth profite de ses influences et de ses passions pour mettre en place une série d’albums et de split le représentant, chacun étant le reflet de la nature dans laquelle le sieur a toujours voulu vivre et explorer. Son dernier EP, « Un Antiguo Trono Olvidado » revient à la langue espagnole, sans mettre pour autant de côté son amour pour les celtes.

Briargh nous offre donc un EP de cinq morceaux pour vingt deux minutes, morceaux dans lesquels l’auditeur se retrouve plongé dans un black pagan très nature et authentique. Eru Dagoth soigne tous ses instruments, sans non plus faire de la production quelque chose d’excellent. Les sonorités restent tout de même fraîches et très amicales. Nous entrons dans un village perdu dans une forêt éloignée, nous apprenons à nous accoutumer du mode de vie de ses habitants, à jouer de leurs instruments, à célébrer leur culte. « Vcieda » peut fonctionner comme cette découverte, le rythme étant lent et proche d’un doom aux relents black, à mesure que la guitare nous joue un air folk et que certains riffs mélancoliques font leur apparition ; Briargh attend la pluie et la manifestation de son dieu celtique, le temps d’un titre de plus de huit minutes, fonctionnant comme une invocation. Une flute au son clair et pur fait son apparition lors des transitions, alors que certaines accélérations à la guitare arrivent à nous tenir en haleine. Des chants païens se font aussi entendre lorsque la guitare acoustique noue joue un air on ne peut plus ancien. Hormis cela, il s’agit véritablement d’un chant black que nous avons l’occasion d’entendre, de plus en plus rageur, comme si l’impatience avait eu raison de lui.

Et sur « Cantabrico », voici que la nature entend son appel : des samples de pluie font leur apparition lors de l’introduction, avant de laisser place à des riffs mélodieux sur un rythme soutenu. Mélange d’épique et de pagan, on est pris dans ce rêve mythologique, jusqu’à un « Yrostros » instrumental et doux, comme un voyage au moyen âge. Une guitare acoustique, un tambourin et le tour est joué.

Mais voici que sur « Thor », en appel au dieu germanique du tonnerre, Briargh reprend le « Thor (the powerhead) » de Manowar, un ton plus bas, mais tout en conservant ce côté guerrier et ces relents heavy dans un black pagan ralenti, où la flûte remplace les chœurs des américains. L’esprit de Briargh reste cependant intact, le tout étant repris avec audace et personnalité.

L’EP passe décidément trop vite, les titres étant de longueur inégale. Mais la force de ce « Un Antiguo Trono Olvidado » réside dans les harmonies et cette façon de nous embarquer dans un ensemble celte et paganisant sans en faire de trop. Simple, certes, mais immersif.

 

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