Embryonic Cells : The Dread Sentence

Ξ avril 1st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Black Thrash, Symphonic Black Metal |

Embryonic Cells : The Dread SentenceEmbryonic Cells a un parcours atypique depuis sa création en 1994, le combo ayant mis treize ans à sortir son premier album « Before the Storm ». Les critiques élogieuses se seront succédées jusqu’à la sortie, un an et demi plus tard, de la deuxième offrande, « Black Seas », toujours sous le signe de la noirceur et de la mélancolie. S’ensuivront de nombreux concerts aux côtés de Misanthrope, Hacride, Dark Age ou Kronos, pour ne citer qu’eux.

Alors que les Troyens avaient mis peu de temps pour enchaîner les sorties de leur deux opus, c’est au bout de quatre ans que le quatuor nous pond « The Dread Sentence », fraîchement signé chez Axiis Music. Le groupe reste fidèle à lui-même, cet opus étant un condensé de ce qu’il avait fait jusqu’à présent, la puissance en plus. Embryonic Cells continue de nous faire du bon black/thrash à tendance symphonique tout en intégrant autant de riffs tranchants (même tronçonneurs!) que d’ambiances enveloppantes et sombres. Les frenchies ont l’avantage de nous concocter un genre qui a peu été exploité jusqu’à présent (vous connaissez beaucoup de groupes de black/thrash symphonique?) et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne se contentent pas du minimum. Même si les riffs rappellent la scène black suédoise, l’ensemble a été très travaillé afin de véhiculer une atmosphère malsaine et parfois perturbante.

C’est le cas de « Wheel of Pain » qui entraîne l’auditeur dans un ensemble résolument sombre, avec ces cloches, ces choeurs, ces nappes ténébreuses et ces riffs lancinants. Bien que ce soit un des titres les plus lents, il a le mérite d’offrir une ambiance digne de ce nom, tout comme le titre introducteur « Fall Is Coming » ou le rapide « I Burn with Life ». Mais dans une approche plus générale, Embryonic Cells fait du black/thrash très dynamique et énergique avec ces relents symphoniques aux claviers et ces touches épiques dans le riffing, comme sur un « I Don’t Want to Save This World », entres autres, rappelant inévitablement le black mélodique scandinave tels Naglfar, Dissection ou à la limite Sacramentum.

Une des crèmes de ce « The Dread Sentence » au visuel chaotique, c’est bien « By Fire ». Ce titre a beau être simple, il nous colle son refrain à la tête et son rythme entraînant nous suit partout, bien que les riffs très thrashisant soient minimalistes dans leur ensemble.

C’est d’ailleurs une des choses qu’on peut reprocher à Embryonic Cells : la redondance de certaines parties guitares, qui manquent de variation même si on arrive à trouver une morceau acoustique avec « Order to the Crown ». Idem pour le chant black qui peine à s’imposer à cause de sa petite faiblesse, même si on pourrait y voir ici une sorte de marque de fabrique.

Embryonic Cells arrive tout de même à sortir des sentiers battus avec son black/thrash symphonique mais il faudra persévérer afin de faire partie des pointures françaises, car des détails sont encore à corriger, dont ce côté minimaliste malgré un travail certain. Nos frenchies ont tout de même de quoi envoyer du lourd et proposer un univers bien particulier même s’ils doivent encore affirmer leur personnalité.

 

Melechesh : The Epigenesis

Ξ octobre 20th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Thrash, Oriental Metal |

Melechesh : The EpigenesisIl semblerait que ces dernières années soient riches en matière de métal oriental. D’abord Amaseffer et son prog conceptuel, Myrath et sa visite guidée dans le désert, Orphaned Land et son folk chaleureux et pacifiste, Nile et son brutal death dévastateur, Salem et son doom/death trachant, et enfin Melechesh, israélien de surcroit, avec leur nouvel album « The Epigenesis ». Quatre ans après un « Emissaries » mélangeant avec subtilité l’agressivité, la technique et la mélodie, le quatuor débarque enfin pour nous présenter un nouvel opus, pour le moins très attendu.

Car on en attend beaucoup de ce « The Epigenesis ». Les israéliens ont su, depuis leur formation, nous concocter de véritables tueries en matière de black thrash, tout en incorporant dans leurs compos des éléments orientaux qui apportaient des ambiances plus qu’exotiques. Des albums comme « Djinn » ou « Sphynx » n’avaient pas échappé à la règle et avait permis au groupe de se faire une plus grande renommée, aux côtés de leurs compères d’Orphaned Land. « Emissaries » avait plus ou moins concrétisé leur talent grâce à des morceaux pour le moins efficaces et destructeurs.

Mais qu’en est-il de ce « The Epigenesis » à la pochette jaunâtre, exotique, orientale, et mystique, tout comme les précédents opus ?

On ressent étonnamment une bonne part de déception à l’écoute de cet album. Car il faut avouer que l’ensemble manque de punch, de morceaux clinquants et mémorables. Malgré le tranchant qui réside à l’intérieur des titres, cette voix charismatique à la frontière du chant black ou du growl death, cette technique de guitares lourdes et puissantes et d’une batterie ravageuse et plus qu’excellente, on peine à accrocher, à se frayer un chemin dans ce dédale de sonorités et de rythmiques assez « molles ». La terrible longueur des titres y est peut-être aussi pour quelque chose et la linéarité se fait assez vite ressentir. « Ghouls of Nineveh » par exemple, commence pourtant bien avec son riff arabisant mais il reste identique pendant un trop long moment.

Même si le titre suivant, « Grand Gathas of Baal Sin » remonte le niveau par ses rythmiques thrashy, son ambiance bien sombre, ses sons arabisant et son break on ne peut plus oriental, la suite peine véritablement à accrocher l’auditeur. Pourquoi tant de ressemblances dans les riffs dans un seul et même titre ? C’est d’autant plus dommage que le tout ne manque pas de piment, et qu’un morceau comme « Mystics of the Pillar », assez sombre, possède tout pour entrer dans le cœur des puristes : des riffs bien maîtrisés et une voix black criarde, mais un rythme de nouveau assez lent…

Malgré cette trop grande ressemblance, il faut savoir que la brutalité d’un riff ne permet en aucun cas d’effacer ces mélodies qui ne cessent d’hanter l’album. Elles ne sont pas prenantes, ni enivrantes, peut-être, mais sont les pièces maîtresse d’une œuvre qu’on aurait cru plus ambitieuse. A la guitare ou au chant, on les retrouve sans arrêt, mais elles sont sans doute d’autant plus présentes dans les harmonies chaleureuses et arabisantes, présentes en intro (« The Epigenesis ») ou en break dans certains morceaux (« The Magickan and the Drones ») ou même simplement dans les deux instrus qui sont, je l’avoue, on ne peut plus qu’intéressantes. « When Halos of Candle Collide » possède un fond d’ambiance à la sitar soutenant une mélodie à la guitare bien chaude et extrêmement exotique. « The Greater Chain of Being » quant à elle, nous joue un air à la guitare arabisante et traditionnelle avec quelques percussions et des voix en écho…

Une déception donc pour ce « The Epigenesis » qui n’est évidemment pas à la hauteur des précédents opus de ce groupe réputé aux compos recherchées… pourtant dans la lignée d’ « Emissaries », il est toutefois moins prenant. Melechesh semble alors tomber dans une certaine linéarité ou dans une panne sèche d’inspiration…

 

Keep Of Kalessin : Reptilian

Ξ juin 3rd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Black Thrash |

Keep Of Kalessin : ReptilianNouvel album pour Keep of Kalessin, qui ne cesse de progresser année après année. En quête d’une certaine reconnaissance, le combo nous concocte encore du black/thrash plus épique et symphonique cette fois-ci. Plus éloigné d’un « Armada » ultra accrochant, agressif et aux titres dantesques, plus près d’un « Kolossus » aux relents atmosphériques et sympho, « Reptilian » et sa pochette eragonesque s’inscrit plus dans la suite logique à laquelle il se prédestinait : une entité plus commerciale, moins originale, plus passe partout. Leur candidature à l’Eurovision cette année avait encore plus semé le doute et la sortie de cet album renforce de nouveau ce doute : l’agressivité des titres a été atténuée, les mélodies priment, et pour couronner le tout, la longueur et le manque de progression lassent bien trop rapidement. Huit titres assez linéaires composent l’album, les structures variant peu et donnant parfois une impression de déjà-vu. Ajoutons à cela une production trop lisse, trop nickel, et un ensemble assez mou du genou, même si quelques passages rapides remontent le niveau. Cerise sur le gâteau, le chant, qui a perdu son tranchant et son grain caverneux au profit de quelque chose plus modulé, grave, peut-être, mais pas assez incisif, et d’un chant clair plus omniprésent.

Que de défauts pour un album assez attendu par les critiques mais aussi les fans. Que de points négatifs pour un groupe qui pourtant sait nous concocter des titres transcendants, remplis d’émotion et de sensibilité. Il est légitime de se demander si la magie Keep of Kalessin a disparu, si tout ce que nous aimions d’eux s’est envolé, si le plaisir éprouvé à l’écoute de « The Black Uncharted » dans Armada ou « Warmonger » dans Kolossus pouvait se retrouver ici, dans Reptilian. Je ne sais pas si on peut parler ici de « plaisir » mais il faut tout de même le dire, quelques titres, quelques passages sont bons et bien sympathiques sans pour autant être incontournables. Et d’autres, forcément, sont très décevants.

Le titre introducteur, « Dragon Iconography », ouvre l’album avec une intro semi acoustique, des chœurs, et des guitares ayant pour le coup un peu de mal à lancer des offensives. Des riffs tantôt orientaux à la Melechesh, tantôt thrash, quelques touches de claviers en fond par moment, et le tout est lancé. Rapide, tranchant, le chant black est assez fade cependant, surtout quand arrive le refrain, où tout est propre. Les guitares sont entraînantes, des solos sont de la partie, la batterie est un chouillat trop linéaire. La fin est intéressante, surtout quand arrivent les chœurs et la symphonie mais le chant est de nouveau assez décevant.

« The Awakening » est sans doute la pièce maîtresse de l’album et le meilleur morceau. Long de plus de huit minutes, l’intro atmosphérique aux guitares saccadées est assez particulière mais originale. L’ambiance est assez sombre et maléfique jusqu’à l’accélération du rythme, les riffs et la batterie étant assez rapide. L’apparition des chœurs et des claviers peut surprendre mais apporte pas mal de saveur au titre. Le chant est assez incisif pour une fois et s’ancre bien dans la musique, à mesure que les minutes passent et nous révèlent de plus en plus de sonorités et d’harmonies ténébreuses. La rapidité du rythme nous entraîne dans un tourbillon d’agressivité jusqu’à des passages étonnants et plein de sensibilité, où les atmosphères et le chant clair nous embarquent vers quelque chose de plus lumineux et mélancolique. Une excellente alternance de brutalité et d’ambiance apportant beaucoup d’émotions.

Tiens, vient « The Dragontower » est un sourire se dresse. Le titre de l’Eurovision ! On a tout de suite une certaine appréhension avant d’écouter, et même dès les premières secondes. Qu’est-ce que ça va donner ? A quoi cela va-t-il ressembler ? On se doute tout de suite que cela risque d’être mauvais. Et c’est bien le cas. Le combo sort le grand jeu, claviers, chœurs et chant clair en priorité, rythme entraînant, certes, mais pas agressif pour un sous, guitares assez linéaires et fades, un refrain niait comme pas possible avec ces mélodies trop claires et trop mignonnes, des bons solos, techniques, ça rattrape un peu le coup mais ça suffit pas. Et la fin est décevante. Rien à voir avec du black ni du thrash, l’ensemble se rapproche beaucoup plus du power métal.

Ah, heureusement qu’on a « Leaving the Mortal Flesh » pour remonter un tant soit peu le niveau. Ce titre est excellent et correspond bien à la patte Keep of Kalessin. L’ultime mélange de la brutalité des titres et de la mélodie. Les guitares bien black nous offrent des riffs étonnants et bien recherchés, thrash par moment, mais surtout rageurs. Le rythme est très rapide et bien entraînant, le chant assez tranchant et caverneux. C’est efficace, c’est bien bourrin, les claviers sont très effacés et n’offrent que quelques nappes de ci de là, histoire d’apporter une petite harmonie. Un réel plaisir, d’autant plus qu’il suit directement le titre de l’Eurovision, ça permet d’oublier cette petite blague…(peut-être pour ça qu’on l’aime bien finalement!).

J’ai un avis mitigé sur le dernier morceau, « Reptilian Majesty », le pavé de l’album vu qu’il dure plus de quatorze minutes. On ne peut pas dire qu’il soit très bon, surtout qu’il y a des passages assez ennuyants, mais certains sont vraiment intéressants. Notamment l’intro, qui n’est que le calme avant la tempête, vu que la suite se veut plus bourrine et black, avec ces nappes de claviers en fond, ce chant tranchant et ces guitares agressives mais mélodiques. Une véritable déflagration en somme mais elle dure trop longtemps pour ma part si bien qu’on s’ennuie au bout d’un certain moment. Le rythme ralentit subitement pour nous apporter quelque chose de planant et mystérieux (une sorte de passage à la Arcturus avec ces claviers qui donnent beaucoup d’importance à la musique). Ce qui suit est assez lent mais la technique des grattes est mise en avant si bien qu’on entend pratiquement qu’elles pendant plusieurs minutes (ça en devient même lassant surtout que les mélodies sont répétées comme pour nous hypnotiser…). La suite se veut être la parfaite copie du début pendant plusieurs minutes aussi du coup on a l’impression d’avoir mis une deuxième fois le titre mais bon, vu que la mélodie est assez prenante, on s’y fait. Et puis, le rythme décélère petit à petit, on croit que c’est la fin, mais non, il n’y a plus de guitares peut-être, mais les claviers sont de la partie. Ambiance planante et froide, pour une fin tout en délicatesse.

On retiendra de cet album pas mal de déception même si certains titres font assez bonne impression, même si certaines mélodies sont envoutantes, même si le surplus de claviers donnent un style, mais tout de même, Keep of Kalessin perd peu à peu son âme et devient quasiment (si ce n’est déjà fait) une entité commerciale. Le tout n’est pas mémorable, surtout que, comme annoncé, la longueur des titres, la trop bonne production n’arrangent pas les choses. Les points négatifs prédominent sur les points positifs. Juste un sentiment d’amertume. Et la pochette fait pâle figure ! On pourrait croire que la musique est à l’image de ce dragon, au regard perçant prêt à vous sauter au cou, mais non. Une chose est sûre, Keep of Kalessin continuera de vendre mais perdra sans aucun doute pas mal de fans…

 

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