Vortech : The Occlusion

Ξ mars 13th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : The OcclusionIl n’y a pas encore si longtemps, Vortech nous avait annoncé un nouvel album, un potentiel EP et des tas de bonnes choses pour l’année 2014. Il ne nous aura pas menti. Juha Untinen et son partenaire Mikko Nikula offrent à tous les amateurs de metal futuriste le sixième album studio du projet Vortech, « The Occlusion », composé de 14 titres tout de même.

« The Occlusion » se démarque par son côté plus posé qui tranche avec la brutalité palpable d’un album comme « Devoid of Life ». Mais c’est encore le côté black metal qui ressort des compositions, et non plus le côté death metal des débuts du groupe. Le chant de Mikko y est pour quelque chose puisque son timbre y est plus adapté. Juha a donc adapté son jeu de guitare pour le faire sonner plus cru, plus malsain, cela étant renforcé par les touches industrielles futuristes et pessimistes. Les sonorités sont plus nombreuses et reflètent bien cette prise de contrôle des machines sur la planète, les humains tentant même de les détruire comme ils peuvent (« Mechanicide »).

Les compos ne sont pas brutales, mais elles restent particulièrement catchy et dynamiques comme les très bons « Forgotten World » ou « The Origin ». On regrettera cependant le manque de prise de risque dans les structures, qui se ressemblent très souvent (rythme, mélodies, riffs). Par contre le côté perturbé et électronique prend souvent le dessus comme sur « Flatlined » où le chant féminin dérangé renforce cette atmosphère déshumanisée. « Confined » joue sur un tempo plus lent, avec un fond glacial et des guitares servant plus d’arrière plan qu’autres choses. Le chant de Mikko est très adapté à ce genre d’ambiances, avec des paroles pleines de désespoir dépeignant un monde dépourvu de toute chaleur.

Vortech assure aussi des morceaux plus sensibles dans la veine de NeurotechBeyond Tolerance ») mais c’est encore et toujours le cyber black qui domine tout le long, les claviers et la programmation étant les maîtresses des titres. Pas de morceaux ambiants cette fois-ci toutefois, comme ça avait été le cas sur les opus précédents. Pas de gros blasts ni d’abus de la double pédale comme sur l’album « Wasteland ». En parlant de « Wasteland », Vortech a remixé le titre « Evolutionary Project », qui était tout de même plutôt véloce, tourné death metal et assez agressif. Sur « The Occlusion », on change de registre puisque le black prend le dessus, avec un tempo beaucoup plus lent, une rythmique plus mécanique et des nappes sympho. Il est intéressant de voir Vortech conscient de son évolution en proposant un remix de ce genre, comme s’il opposait son passé death metal à son présent (et sans doute futur) black metal. Une belle réussite en tout cas puisque « Evolutionary Project » reste efficace et prenant.

Vortech montre avec « The Occlusion » qu’il ne perd pas la main et qu’il sait encore livrer de bons morceaux, et ce depuis presque dix ans. Petit bémol toutefois dans la structure des chansons, qui reste la même depuis des lustres, et certaines mélodies ont tendance à revenir régulièrement, une sorte d’auto plagiat. Mais on l’oublie vite puisqu’en général, on passe un très bon moment.

 

Thy Disease : Costumes of Technocracy

Ξ mars 8th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Thy Disease : Costumes of TechnocracyIl se sera fait attendre celui-là…il faut dire que les Polonais n’avaient rien sorti depuis 5 ans et la mise en rayon du cinquième album studio « Anshur-Za » en 2009. Pour ceux qui ne connaissent pas Thy Disease, il s’agit du second groupe de Yanuary, le guitariste de Crionics et d’Anal Stench. Un projet à l’origine dirigé vers le death/black mais qui a de plus en plus évolué vers un cyber/death metal comme en témoignent « Neurotic World of Guilt » et « Rat Age ». « Anshur-Za » était une étape supplémentaire dans la carrière des Polonais car ces derniers commençaient à s’éloigner de leur racine pour s’ancrer dans un cyber assez électronique et avec un peu de chant clair. Depuis, plus trop de nouvelles mais on sait que le groupe a pas mal tourné dans toute l’Europe avec ses confrères Polonais (Vader, Hate…) et que de nombreux changements de line-up ont eu lieu. A l’heure actuelle, il semblerait qu’il se soit stabilisé mais les différents remaniements rendent quasi méconnaissable le groupe. Yanuary est le seul membre originel et il a accueilli en l’espace de deux ans et demi Sirius d’Anal Stench au chant, Andrew de Cryptic à la basse, Artyom de Deathbringer à la guitare, Ireq de Beheaded Machine à la batterie, et VX de Naumachia et d’Atrophia Red Sun aux claviers.

Malgré l’instabilité à toute épreuve du groupe, ces membres annoncent du bon quant au nouveau son. Sirius est connu pour son growl et VX pour ses claviers futuristes et cybernétiques (il suffit d’écouter le « Arrival of the Red Sun » de Naumachia pour en avoir le cœur net). L’écoute de « Slave State » nous montre qu’on ne s’est pas trompé. Thy Disease a regagné la brutalité qu’il avait perdu et se dote d’une puissance de feu qui le rapproche d’un Behemoth en mode industriel. Les blasts sont de la partie ainsi que le riffing efficace, les samples cybernétiques, l’ambiance futuriste et le chant charismatique…les Polonais nous entraînent dans un monde régit par un gouvernement technocrate. Les machines ont ici une place de choix.

Thy Disease met davantage de côté les mélodies pour se focaliser sur le combo guitares/batterie/claviers. C’est beaucoup plus percutant que sur « Anshur-Za » et les claviers permettent de relever l’atmosphère à coups de nappes et de bidouilles en tout genre comme sur le sombre éponyme « Costumes of Technocracy » qui joue autant sur des plans brutaux que sur des plans plus atmosphériques. On découvre aussi un groupe qui tend à se diriger vers une facette plus « easy listening » du genre comme « Holographic Reality » avec ce côté death très moderne, ces espèces de voix déshumanisées qui arrivent presque à créer un refrain trop facile. C’est un peu le même principe avec « Corporate Cull » et son pseudo chant clair. Et on a aussi une petite expérimentation cybernétique avec « MK Ultra » dans le style de « Mortification Study » (Naumachia).

Malgré tout, on ne se retrouve pas tant que ça en terrain inconnu puisque des titres comme « Global Technocratic Prison » ou « Drowning » rappellent l’ancien Thy Disease avec ce côté catchy, futuriste, cette harmonie entre tous les instruments et le growl féroce qui tend parfois vers le cri black. Yanuary a d’ailleurs retrouvé de la créativité puisque son jeu de guitare est plus expressif, plus torturé, plus hargneux que dans « Anshur-Za » ou le « NOIR » de Crionics. Ce qui n’est pas plus mal.

Thy Disease revient sur les chapeaux de roue avec ce « Costumes of Technocracy » qui montre que les Polonais ont su mélanger leur ancienne marque de fabrique avec les influences des nouveaux membres. Je vois sur ma fiche que Psycho (l’ex-vocaliste de Thy Disease) et que Covan (vocaliste d’Atrophia Red Sun) participent en tant que guests à l’album mais impossible de savoir sur quels titres ils apparaissent même si « Synthetic Messiah » semble être le morceau idéal (le chant a l’air plus varié et l’ambiance est plus proche d’un album comme « Neurotic World of Guilt », en clair, le vieux Thy Disease). Bref, un album réussi, sans non plus être exceptionnel ni le meilleur de la carrière de Thy Disease, avec ses points forts et ses points faibles, mais confirmant encore une fois que les Polonais ont un savoir faire très spécial quand il s’agit de death metal…

 

Neurotech : Decipher Vol.3

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : Decipher Vol.3Dernier volume d’une collection complètement à part et prouvant le talent de compositions de Wulf, cette troisième partie est un moyen de présenter une fusion des trois styles que le musicien s’est amusé à explorer : le cyber metal, l’atmosphérique et le symphonique. Sorti en digital et en compagnie de ses deux autres acolytes dans un digipack très soigné, cet ultime morceau montre pour de bon que Neurotech est un des meilleurs artistes de cyber metal actuels.

Wulf a affiné ses compétences en mixage et mastering puisque le son est plus propre, plus fluide, plus personnel et surtout très synthétique. Une identité qui colle parfaitement aux morceaux que contient ce volume 3 très tourné vers une alternance entre parties brutales et parties plus atmosphériques. Si le prélude et « Closure » ouvrent l’EP de manière douce et planante, « No Turning Back » accélère le rythme et met en avant des guitares tranchantes et la voix déshumanisée de Wulf. Ce dernier module davantage son chant, souvent criard, parfois clair et synthétique, ce qui offre un décalage intéressant et un côté cybernétique qui n’est pas à négliger. « Triumph » montre bien cette dualité avec une puissance étonnante.

Le piano est toujours de la partie ainsi que les éléments symphoniques comme sur « The Difference » qui montre que le one-man-band a une affection toute particulière pour les éléments orchestraux. L’abus de chœurs, cependant, peut vite lasser ainsi que le côté monotone des guitares. Mais les mélodies sont toujours bien présentes, une facette que Neurotech n’est pas prêt d’abandonner. Sans oublier le long est ambiant « Decipher », totalement dénué de guitares, indiquant que Wulf est bien un musicien polyvalent, sachant pratiquement tout jouer et maniant ses claviers et outils de production à la perfection.

Un dernier volume très intéressant, sorte de mise en bouche avant une orientation multicolore, comme nous l’a prouvée la sortie de « The Elysian Symphony » en décembre 2013 avec des sons et des ambiances en tout genre. Même si la collection des Decipher ne propose pas toujours des morceaux originaux et indispensables, certains valent tout de même le détour et font, malgré tout, intrinsèquement partie de l’évolution du maestro.

 

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex Machina

Ξ janvier 23rd, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Hermetic Evolution : H 2.0: Deux Ex MachinaOn a très rarement vu un groupe mélangeant le néo metal au cyber metal, à croire que ces deux styles sont diamétralement opposés. A Dark Halo s’y était osé, sans résultats, puisqu’un seul album a vu le jour. Idem pour Interlock en Grande-Bretagne. Pourtant le mélange peut s’avérer efficace s’il est bien exécuté et ce sont les Polonais d’Hermetic Evolution qui réitèrent l’expérience avec leur premier album « H 2.0 Deux Ex Machina » très tourné vers les progrès cybernétiques et le transhumanisme.

La Pologne nous a généralement habitués à des albums assez agressifs et bourrins dans le domaine du cyber comme en témoignent les Thy Disease, Cruentus et Crionics. Hermetic Evolution est beaucoup plus calme à côté de ces trois formations et tente de faire ressortir les harmonies et le côté expérimental de ses compositions. Le neo metal à la Slipknot côtoie la polyrythmie de Meshuggah ou de Periphery et le cybernétisme de Sybreed ou de Fear Factory, avec un peu plus de touches électroniques cependant. Le mélange est osé mais fonctionne plutôt bien comme sur « Prototyp » qui dévoile un combo chantant dans sa langue natale, ce qui change de l’anglais ou même du russe dans ce domaine.

Les compositions alternent chant bien rageur, growl et chant clair, peu importe l’ordre, on en a aussi bien dans les refrains que les couplets, et ce n’est pas plus mal, puisqu’on dépasse ici le traditionnel schéma employé dans la majorité des cas. « Transgresja » se dote d’un groove impeccable avec des riffs bien placés et des mélodies bien trouvées. Certains plans peuvent paraître convenus mais on accroche très vite, ne serait-ce que sur le très djent « Proxima » qui distille des sons futuristes qui s’accordent bien à l’ambiance.

Hermetic Evolution prend le temps de poser son concept sur les 4 titres « H 2.0 » situés au milieu de l’album. Rappelons que H+ est le symbole du transhumanisme et qu’ « H 2.0 » est sans doute une façon de parler de sa forme plus évoluée. Le « Prolog » est particulier puisque la narration fait place à un titre qui ne se finit par, comme une ébauche, ce qui déstabilise lors de la première écoute. Il faut attendre la suite, soit « Algorytm 21 » pour découvrir un ensemble plus sombre avec des voix distordus et des cris désincarnés. On arrive quand même à avoir du plus calme avec l’atmosphérique « Otch?ani Dno » qui pourrait rappeler les travaux des Russes de Bog Morok. « Omega » conclut la quadrilogie à coups de touches électroniques entêtantes et d’une alternance de riffs groovy et de riffs polyrythmiques.

La suite de l’opus possède aussi ses qualités mais aussi quelques faiblesses, un peu moins de puissance et la perte de notre attention puisque les meilleurs morceaux sont passés. Mais quand même, pour un premier full length, Hermetic Evolution s’en sort bien et arrive à nous plonger dans son concept, certes, peu original désormais, mais bien en adéquation avec le style. S’il continue sur cette voix, il pourrait devenir le nouveau représentant du cyber néo metal dans un pays où le cyber en lui-même a déjà fait ses preuves.

 

Dead Heaven : Antirealnost

Ξ janvier 18th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Dead Heaven : AntirealnostLa Russie est souvent à l’honneur quand un album de Cyber Metal débarque. Celui-là ne déroge pas à la règle. DeadHeaven s’est formé très discrètement en 2012 avant de mettre en ligne les morceaux er trailers promotionnels. Aujourd’hui, le quatuor diffuse sur la toile son premier album auto-produit « Antirealnost » dans la lignée de groupes comme All For Fake, Digimortal ou Deathharmonic.

DeadHeaven confirme le fait que le cyber metal russe est un style qui se distingue. Il n’est pas aussi polyrythmique et désespérée que le cyber suisse (Sybreed, Breach The Void…), pas aussi robotique et brutal que le cyber français (Noein, Techny-Call X) et pas instrumental pour un sou comme le fait la vague djent (Ex Machina, Kreepmaster, Tyrant Of Death). Il s’oriente plus vers une alternance de passages bien tranchants et de passages plus atmosphériques, avec pas mal de bidouilles électroniques mettant en avant une ambiance plus synthétique voire futuriste.

« Antirealnost » suit ce schéma et impose un concept cohérent et immersif grâce, notamment, à trois titres instrumentaux d’une minute trente tout au plus (« ????????… », « Opus Exterminatus » et « ?????? », mélange de cyber et de dark ambient) et à une évolution significative au fil de l’album, à savoir une première moitié plus tournée vers l’agressivité et une seconde moitié plus mécanique que jamais.

Le morceau d’ouverture, « ???? », est une vraie tuerie avec un riffing de départ pouvant faire penser à celui de « Bioactive » (Sybreed) mais qui se dirige ensuite vers quelque chose de plus personnel. Les cris imposants sont aux couplets, et le chant clair atmosphérique aux refrains, le schéma est classique mais fonctionne bien ici puisque rien n’est linéaire. On a droit à quelques breaks menés aux claviers, et quelques soli entre deux déflagrations comme sur « ????? » ou encore « ???????? ?????? ». Efficace.

La seconde partie de l’album nous montre un beau travail d’ambiance, de bidouilles et de groove, tantôt avec un « ?????? ????????? » rappelant Illidiance avec son rythme dansant et ses voix trafiquées, tantôt avec un « ????? ???????? » aux sonorités très mécaniques, tantôt avec un « ??????????-???? », ballade cybernétique réussie, relevant l’atmosphère pessimiste.

Deadheaven démarre bien l’année un premier méfait très réussi et loin d’être ennuyeux puisque chaque morceau possède une identité qui lui est propre. « Antirealnost » est efficace et relativement puissant pour une auto-prod, sans oublier la cohérence du propos et la diversité des riffs et des sonorités. Cela ne présage que du bon pour l’avenir.

 

Illidiance : Deformity

Ξ janvier 6th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Illidiance : DeformityCe n’est plus vraiment ce que c’était. Dans le passé, les membres portaient des tenus futuristes et présentaient une imagerie particulièrement cybernétique. Désormais, nous les voyons cheveux au vent tel un boys band à minettes. Il faut dire que les Russes ont une très forte cote de popularité dans le monde du metal moderne/indus. Evoluant d’un cyber black symphonique à un cyber metal plutôt pop sur les bords, la bande a tourné avec les plus grands (Rotting Christ, Thy Disease, Deathstars) et s’est octroyé les faveurs des agences de réservation de prestige (Sybreed, Behemoth, Septic Flesh). Illidiance est loin d’être un premier venu et le prouve régulièrement avec des titres très pros et tranchants comme des rasoirs.

En ce moment, les musiciens mettent à l’honneur leur nouvel EP, trois ans après leur dernier album « Damage Theory » et leur plus récent single « Neon Rebels ». La recette principale n’a pas changé d’un iota. Nous écoutons toujours un groupe alternant les vocaux hurlés/clairs, mettant en avant une ambiance futuriste, intégrant des samples cybernétiques et mécaniques, et plaçant des riffs acérés aux moments les plus opportuns. L’ensemble des cinq titres ne déconne pas tant que ça par rapport à leurs morceaux précédents puisqu’on retrouve bel et bien une continuité, ne serait-ce qu’avec l’éponyme « Deformity » ou « Boiling Point ».

En revanche, la différence réside dans la façon dont Illidiance a complexifié et diversifié sa musique. Il ne se contente pas toujours d’intégrer des titres directs et classiques, avec couplets agressifs et refrains mielleux. Il met en lumière d’autres influences dont le djent sur le premier morceau et ces saccades répétitives ainsi que d’autres sonorités électroniques, plus fouillées, comme sur « Urbanized » et sa rythmique efficace et déstructurée. Les samples et la batterie semblent d’ailleurs plus en osmose, un duo imparable comme le prouve « Let It Bleed ».

L’EP « Deformity » semble montrer qu’Illidiance a d’autres choses à nous proposer, même s’il ne met pas de côté les éléments qui ont fait de lui ce qu’il est actuellement (le cyber à profusion, le côté pop…). L’ensemble est plutôt encourageant pour la suite et même attractif pour les amateurs du genre, qui ne seront pas déçus du résultat. Sa place dans le saint trio des plus gros groupes cyber metal (avec Sybreed et Neurotech) n’est donc pas usurpée.

 

Neurotech : The Elysian Symphony

Ξ décembre 25th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Neurotech : The Elysian SymphonyCette année, Neurotech a bouclé sa série des Decipher avec la sortie complète des trois volumes sous une seule et même compilation. Une collection généreuse pour tout fan qui se respecte, d’autant plus qu’elle est sortie gratuitement avec la mention name your price sur bandcamp, une bonne action pour un artiste qui ne se prend pas au sérieux malgré son succès certain sur la sphère cyber metal. Depuis, il s’est fait assez discret avant la sortie inattendue de ce qu’on peut considérer comme un cadeau de Noël « The Elysian Symphony ».

Wulf nous propose un seul morceau représentatif de sa carrière. Ce n’est pas un single au vu de sa longueur (17 minutes) mais on peut tout à fait le voir comme une sorte d’EP, même s’il s’agit sans doute plus d’une sortie fantaisiste histoire de gâter tous ceux qui suivent l’artiste depuis toutes ces années.

Ceci dit, rien n’a été bâclé puisque les 17 minutes représentent l’ensemble des styles que Neurotech s’est amusé à explorer : une sorte de mixture entre le cyber metal de « The Black Waltz », la pop atmosphérique du « Decipher Vol.2 », et le côté épique de « Blue Screen Planet ». On peut ajouter à cela un style plutôt nouveau dans la carrière de Neurotech, à savoir l’ambient, puisque certains passages regorgent de moments purement ambiants dans lesquels l’auditeur a tout le loisir de s’envoler pour les nuages, comme le témoigne la pochette de Andrej Srebrnjak.

On pourrait même penser que ce « The Elysian Symphony » se compose de plusieurs parties puisque nous pouvons entendre plusieurs coupures. Le temps de six minutes, on va de l’ambiant à quelque chose de plus énervé en passant par des moments plus atmosphériques où les sons électroniques et le piano mélancoliques mènent la danse. Les guitares et la batterie sont souvent en arrière plan, ce qui allège le côté purement metal mais ne l’efface pour autant. Certaines offensives sont bienvenues et on regrette l’absence de chant, qui aurait pu soulever certaines attaques de guitare et de batterie.

Cela étant passé, on se retrouve avec un des moments forts du titre avec un son plus sombre et une atmosphère qui aurait pu figurer dans un titre plus black metal. Des arpèges de piano, des chœurs et un rythme soutenu. Difficile parfois de trouver les guitares tant elles se retrouvent cachées par l’amas de claviers. Mais vu la beauté de ces derniers, on n’en voudra pas à Wulf qui joue véritablement sur les harmonies, les atmosphères et le son de son piano, une réelle marque de fabrique désormais.

Ceci dit, on perd rapidement le fil et même si plusieurs passages sont jolis, même si certains moments se répètent, le dénouement n’est pas si extraordinaire et les dernières minutes ont du mal à passer. Dans ce « The Elysian Symphony », c’est la première partie la plus intéressante et on est donc moins ébloui dans la seconde. Une sortie intéressante donc, tout à fait satisfaisante, surtout faite pour montrer une nouvelle facette (la facette ambiante) mais pas faite pour ceux qui apprécient le côté tranchant et énergique de Neurotech. Les autres, en revanche, auront l’occasion de voyager et de se laisser porter par les mélodies angéliques du roi du cyber pop metal.

 

Oblivion Machine : Oblivion Machine

Ξ décembre 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Oblivion Machine : Oblivion MachineOblivion Machine est plutôt productif puisqu’il nous habitue depuis 2008 à une sortie tous les ans. 2011 avait été l’année de la révélation pour ces Russes tournés vers le futur avec un album de cyber metal qui a été plutôt apprécié dans le monde du metal industriel. 2012 montrait un groupe désireux de montrer une facette plus cosmique avec « Starfield ». 2013 semble être l’année du mélange puisque le désormais quintet mix les différentes ambiances faisant la personnalité de leurs opus : le côté cyber et le côté cosmique.

C’est donc naturellement qu’ils appellent leur nouvelle offrande « Oblivion Machine », comme pour montrer qu’il s’agira du disque qui leur ressemble le plus. La pochette est d’ailleurs très belle et représente la Lune vu d’un engin spatial. Cela nous donne un avant-goût de ce que l’on risque de retrouver et en effet, on ne sera pas trompé sur la marchandise. Oblivion Machine propose un ensemble plutôt nouveau et mieux travaillé par rapport aux précédentes sorties. Un cyber death atmosphérique, dira-t-on, puisqu’ici ce n’est pas la brutalité qui prime. L’introduction « MACS0647-JD » nous emmène en plein voyage grâce à une musique instrumentale et ambiante centrée sur la beauté des effets. Les guitares ne viennent que tardivement lancer une offensive, avant un « Off the End » très bien ficelé pas loin de leurs acolytes de Bog Morok sur « Stadiae II », aussi tranchant qu’atmosphérique et futuriste.

Les autres morceaux proposent aussi quelques petites touches particulières comme un peu de sympho et d’éléments exotiques sur « Dialog of Anticipation » sans oublier un « Hall of Dispair » qui nous emmène à la fois au fond fin du cosmos et dans un monde synthétique. Les touches électroniques sont d’ailleurs bien gérées, arrivant aux moments les plus opportuns. Le chant est davantage hurlé mais sied malheureusement moins à l’ambiance, les growls semblant beaucoup plus adaptés.

On pourra dire qu’Oblivion Machine se sera démené pour pondre cet album qui ne manque pas de titres aux moments forts comme « See You Rise » avec en guest le chanteur de Digimortal. On sent bien la patte russe, à savoir un rythme presque dansant, des chants plus scandés que growlés, et des touches électroniques presque techno. Il y a tout de même des petites subtilités dans l’utilisation des petites bidouilles qui passent très bien en arrière plan et des chœurs qui ajoutent une touche épique.

Des hymnes cybernétiques, on en a comme sur un « Failure » déshumanisé ou un « Inhabited Planet Earth » très pessimiste. Une fois de plus, le quintet ne mise pas sur la brutalité mais sur l’ambiance, le jeu des vocaux, le côté technique des riffs et surtout les claviers, qui ont ici une place très importante.

Au moins, on ne se retrouve pas avec le chant féminin casse-pied et inadapté (si ce n’est sur le dernier titre mais ça passe) ou avec l’électro trop pompeux que l’on pouvait retrouver sur « Zero Gravity ». Avec ce « Oblivion Machine », les Russes ont corrigé leurs défauts et ont réussi à pondre un opus prenant qui, à défaut d’être complètement immersif, arrive à embarquer l’auditeur dans un autre monde. Une belle expérience en somme.

 

Lyfthrasyr : The Engineered Flesh

Ξ décembre 17th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Symphonic Blackened Death Metal |

Lyfthrasyr : The Engineered FleshCeux qui suivent Lyfthrasyr depuis le premier album « The Final Resurrection » en 2005 s’étaient habitués à un groupe mêlant black symphonique, death mélodique et éléments progressifs pour un ensemble satisfaisant mais manquant encore de personnalité et de puissance. L’ombre des plus grands planait au-dessus de sa tête et il n’avait pas encore eu l’occasion de montrer qu’il pouvait aller au-delà de ses influences. Du coup, la carrière des Allemands avait on ne plus stagné depuis la sortie en 2007 de « The Recent Foresight », avec quelques concerts et surtout un album qui aura mis du temps à voir le jour.

Toutefois, on ne s’attendait pas à autant de changements. On dirait que Lyfthrasyr a décidé de laisser de côté les années passées pour aller de l’avant et se consacrer à autre chose. Le black/death sympho classique n’est plus à l’ordre du jour avec « The Engineered Flesh », sans doute parce qu’Aggreash (chant/guitare/claviers) est un peu transhumaniste sur les bords et c’est donc avec un black/death décidément plus cybernétique que le groupe revient.

Il faut dire que le combo se sent plus d’attaque pour un « post-modern black metal » (je cite). D’un côté, il est clair que la mode est à l’électro, aux éléments futuristes et aux thématiques pessimistes. On se retrouve avec un paquet de musiciens qui s’essaient à cela, avec plus ou moins de succès. Lyfthrasyr, lui, a eu tout le temps de travailler ses compos et le rendu est plutôt inattendu.

Dès le départ, avec « The New Era of Immortality », on est embarqué dans l’univers futuriste à coup de touches électroniques endiablés et de blasts. Les riffs sont bien tranchants, le chant alterne growl et cris black, la batterie (guidée par Nefastus, ex-Belphegor) est une vraie machine de guerre, les claviers nous balancent du sympho épique ainsi que quelques notes de piano pessimistes. Pas de doutes à avoir, on est bien plus proches de And Oceans (période « Cypher »), de Shade Empire (période « Sinthetic ») et d’Illidiance (période « Nexaeon ») que de Dimmu Borgir ou de Skyfire.

Et du cyber black/death, on y a droit sur tout l’album. Pas de répit, tout va très vite et le groupe nous embarque très bien dans son univers. L’électronique est subtile, les chœurs sombres, les breaks bien vus…on se retrouve avec un ensemble mélangeant habilement agression et atmosphères, furie et mélodie, brutalité et insanité.

Même si « Technological Singularity » nous propose quelque chose de plus abordable, de plus mid tempos et que « Mind Simulator » est plus posé malgré quelques accélérations et un piano dramatique, le rythme s’accélère largement avec un « Preserved Identity » à la grande puissance électronique. On est littéralement happés dans le monde synthétique des Allemands, loin de l’humanité, loin des sentiments et encore plus près des machines et du transhumanisme. Le côté pessimiste et déshumanisé se ressent davantage sur le dernier et long « Life Overdose », sorte de ballade torturée et touchante qui sait autant nous faire profiter des riffs, du chant écorché et murmuré, du piano, et de l’indus en arrière plan.

Lyfthrasyr a su trouver le temps de faire évoluer sa musique en expérimentant et en s’adaptant. Le résultat est plutôt bluffant, en particulier pour ceux qui s’attendaient à quelque chose dans la lignée des opus précédents. Evidemment, les Allemands feront sans aucun doute déserter les détracteurs de l’électro mais ceux qui apprécient le style et qui n’ont pas peur des expérimentations ne pourront qu’apprécier le résultat obtenu sur ce « The Engineered Flesh », à savoir un cyber black/death symphonique lourd et puissant mixé par Fredrik Nordström…

 

Calling Of Lorme : Pygmalion

Ξ novembre 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Calling Of Lorme : PygmalionOn avait découvert les Marseillais de Calling Of Lorme avec leur premier EP « Corporation » en 2011 dans lequel ils livraient un metal industriel assez classique mais plutôt encourageant. En effet, il y avait un fort potentiel et un concept très recherché, ce qui ne présageaient que du bon pour la suite. Et la suite, la voilà, « Pygmalion » sort en ce mois de novembre et montre un groupe survolté et prêt à nous en mettre plein les oreilles…et plein les yeux. Les Frenchies se sont payés le mixage et le mastering de Fredrik Nordström aux Studios Fredman, une production digne de ce nom et un visuel extrêmement développé et minutieux : « La liberté guidant le peuple » de Delacroix se transforme un peu en « La Lorme Corporation guidant le peuple robotisé ». L’ensemble est en effet très futuriste, mécanique et sombre, offrant à l’auditeur une pochette extrêmement soignée, dépassant de loin la simplicité de l’image de l’EP « Corporation ».

Calling Of Lorme nous propose un album reprenant les événements qui suivent une certaine révolution. La Lorme Corporation semble désormais avoir pris le pouvoir, elle a même mis en place sa « proclamation des préceptes indéfectibles de la Pupille », une sorte d’équivalent plus « illuminé » de notre Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et du Citoyen que l’on peut retrouver en guise de back cover. Les onze morceaux de l’opus correspondent aux onze articles, les anges semblent plus mécaniques que divins, d’autant plus qu’ils sont reliés de part et d’autres à d’innombrables câbles électriques…

Les Marseillais n’auront jamais été aussi inspirés en termes de visuel et on peut dire sans hésitation que c’est très réussi. Ils mélangent habilement des éléments traditionnels/historiques avec des éléments futuristes. Il en va de même avec la musique. Nous nous retrouvons autant avec un metal industriel traditionnel qu’avec un metal industriel ultra futuriste et pessimiste dans la veine du cyber metal. Calling Of Lorme joue donc avec deux facettes de sa personnalité.

Mais l’on remarquera que la facette « traditionnelle » n’est pas forcément celle qui leur va le mieux. En effet, dès le début de l’album, on voit illico dans quoi ils puisent leurs inspirations : si l’intro nerveuse à la batterie de « Layman » rappelle celle de « Captain Bligh » de Filter, la suite nous fait plus penser à du Deathstars de par la rythmique énergique, les chœurs et le chant, très proche de Whiplasher. « Lore » nous prouve que Rammstein fait partie des formations très chères dans le cœur de Calling Of Lorme, car ce morceau possède des passages qui sont véritablement dans l’esprit des Allemands, que ce soit dans le chant, les sonorités mais aussi les riffs et pour cause : le pré-refrain semble presque être un copier-coller du pré-refrain de « Meine Teil ». Et je ne parle pas d’ « Away the Grim Stars » qui évoque sans peine « Du Riechst So Gut ».

A côté de ça, au contraire, Calling Of Lorme nous gratifie d’éléments nouveaux dans sa musique comme le côté épique et plus torturé. C’est le cas sur « Child in Ebony », avec ses riffs plus insistants, ou « Dust », plus saccadé, avec des touches plus mécaniques. La seconde partie de l’opus semble d’ailleurs plus intéressante de ce côté-là, rien que « 1720 » et sa force noire surprenante ou « Hindsight » et son dialogue original entre trois personnes (un homme, un robot, une femme) accompagné de riffs bien tranchants et de quelques touches arabisantes.

Il est clair que Calling Of Lorme n’en est plus aux balbutiements de « Corporation » puisque son album est plus puissant, plus pro, plus travaillé et plus recherché. Mais il sera peut-être temps d’aller encore plus de l’avant et de s’extirper de ses influences pour voler de ses propres ailes. Quand on voit le travail accompli sur le visuel, sur les claviers mais aussi sur scène, on sait que les Marseillais ont de quoi aller encore plus loin et de quoi trouver un style qui leur est propre…

 

Ex Machina : Autonomous Automation

Ξ octobre 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Ex Machina : Autonomous AutomationCela fait trois ans qu’Ex Machina officie sur la scène cyber metal et il faut dire qu’il se fait légèrement timide depuis tout ce temps. Même si quatre albums sont sortis en 2012 (dont le très bon « Machinist »), le one man band ne bénéficie pas d’une très grande exposition, et c’est dommage au vu du talent du multi instrumentiste. Il a pourtant le mérite de proposer des opus plus innovants que ce qui a tendance à se faire en ce moment (comme, par exemple, les redondances de Tyrant Of Death). Malheureusement, il reste dans l’ombre de ceux qui ont les moyens et les capacités pour se mettre sur le devant de la scène.

Ex Machina pourrait être considéré comme un « sous-groupe » de cyber pour certains alors qu’il arrive néanmoins à mélanger des éléments qui donnent un rendu plutôt redoutable et efficace. Il emprunte le côté instrumental et technique de Kreepmaster, le côté bourrin et percutant de Tyrant Of Death (sans le côté djent néanmoins) et la lourdeur et la férocité du death metal. On ajoute à cela l’enrobage électronique, les bidouilles, l’atmosphère futuriste, sombre et pessimiste, et vous avez le nouveau méfait d’Ex Machina, « Autonomous Automaton ».

L’album aurait pu sortir plus tôt, mais le jeune compositeur a du faire face à quelques contretemps. D’un côté, ce n’est pas plus mal puisque ce retard lui a permis de se focaliser davantage sur la qualité de ses compositions et de sa production. Le son en ressort donc meilleur, plus professionnel et plus carré que les opus précédents. Le jeu de guitare a gagné en maturité. Les titres nous proposent quelque chose de plus complet. Le musicien ne se contente pas de nous balancer des riffs et de changer de style de titres en titres, comme il l’avait fait sur « Machinist ». Ici, on a quelque chose de cohérent et on alterne passage tranchant, passage plus mélodique, passage plus technique, comme « The Cancer Host », qui commence de manière inquiétante avec des samples et quelques orchestrations.

Ex Machina nous offre des compositions plus sombres et plus torturées, guidées par une guitare efficace et des bidouilles électroniques bien futuristes. « Tetragrammaton » se la joue hypnotique avec une programmation de sons aux petits oignons et « Shinra Tensei » est l’archétype même de l’univers cyber punk que Ex Machina essaie de nous dépeindre. Les riffs death metal se mélangent avec des claviers plus aériens même si on retrouve bien le côté décadent et ultra futuriste propre au cyber.

Mais cela ne fait pas tout. Sur cet opus, il semble clair que le multi instrumentiste essaie de garder une ligne directrice principale. Il essaie de garder la même ambiance tout le long et de proposer un riffing, comme sus-cités, cohérent et un panel de sons en adéquation avec son identité. Toutefois, cela ne fonctionne pas toujours car on manque en diversité sur certains titres et la linéarité finit toujours par pointer le bout de son nez, comme sur « Nanomachines » où les touches industrielles sont clichesques et où les riffs rappellent les œuvres passées d’Ex Machina. Pareil pour « Wires & Flies » qui distille une atmosphère bien mécanique et robotique, mais qui finit par lasser. En fait, on connaît déjà la chanson et on en attend davantage d’un musicien aussi atypique qu’Ex Machina. Ce qu’il aurait fallu, peut-être, c’est du chant, histoire de renforcer l’ambiance et d’accentuer ce côté robotique.

Ce « Autonomous Automaton » ne sera pas aussi convaincant que « Machinist » ou « Hi-Tech / Low Life » mais a au moins le mérite de nous montrer un musicien qui a encore des idées et qui essaie de s’orienter vers un style en particulier. Peut-être devra-t-il songer à faire intervenir des membres de session histoire d’intégrer quelques influences nouvelles. Il ne faut pas tomber dans le piège de la composition facile et ne pas oublier que le cyber metalleux averti en attend toujours plus d’un style qui s’essouffle de plus en plus rapidement et qui ne tourne, il faut le dire, qu’autour de Sybreed

 

S4D : S4D

Ξ octobre 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

S4D : S4DS4D, c’est la rencontre de deux artistes ayant un fort attrait pour le metal futuriste, à savoir Alex Rise de Tyrant Of Death et Jacek de Return To Base. Ces deux hommes sont des habitués des collaborations puisque le premier a déjà fait des titres avec le Tunisien Lucem Fero tandis que le second a officié très rapidement dans la petite formation déjantée Grobyc. Les voilà maintenant réunis afin de coupler leur particularité. D’une part, nous avons le cyber metal mécanique, polyrythmique et dissonant d’Alex, de l’autre, nous avons l’indus très rythmé et porté par les percussions de Jacek. Autant dire que le résultat final sonne de nouveau très cyber metal.

C’est « Futurewave Zero » qui ouvre les hostilités avec une voix de femme synthétique en intro et un ensemble musical très futuriste. Les guitares sont agressives, les claviers très mis en avant, avec des sonorités très électroniques, avant de laisser place à des beats prédominants. On sent irrémédiablement la patte de Jacek de ce côté-là, qui apporte du « drum’n'beat » dans le cyber très caractéristique d’Alex.

« Conquerors – Progenitors » fonctionne de la même manière mais avec plus d’originalité. Les sons sont plus fouillés et nous embarque davantage dans l’univers du duo. C’est efficace et très cybernétique, sans aucun doute. Mais nous nous demandons très rapidement qu’elles étaient vraiment les intentions des deux hommes. Les titres, au final, se construisent de la même manière (la différence réside dans la recherche de l’emploi des sons et des bidouilles). De plus, on n’arrive pas vraiment à sentir une différence. Est-ce du Tyrant Of Death avec la percu de la tête pensante de Return To Base ? Ou est-ce du Return To Base avec en guest le riffing bien connu du maître de Tyrant Of Death ? Difficile à dire en tout. La création d’un side-project – limite abandonné à l’heure actuelle – n’était donc pas utile. Un split ou une simple collaboration dans l’un des deux groupes aurait été plus judicieux.

En clair, on ne loupe pas grand-chose puisque ces quatre titres n’apportent rien de concret à la discographie des deux musiciens (il n’y a aucun sites précis référençant le projet si ce n’est quelques liens youtube et gotdjent.com) mais on peut toujours se passer les morceaux si on apprécie le travail de Tyrant Of Death à l’époque où Alex Rise était hyper actif, le morceau « Futurewave Zero » étant, il faut le dire, très bon et très proche de ce que le Canadien a l’habitude de nous concocter dans son projet principal…

 

Sphere (NOR) : Primordial

Ξ octobre 12th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Modern Metal |

Sphere (NOR) : PrimordialC’est peu après la sortie de son album « Instigator » que Black Comedy nous laissait avec une impression mitigée puisque son effort n’avait pas la force nécessaire pour nous embarquer dans le monde futuriste qu’il voulait nous offrir. Une déception pour certains qui voyaient en Black Comedy l’ersatz norvégien des Suisses de Sybreed, le tout gâché par des sonorités kitch et un manque d’immersion. Des années plus tard, la formation renaît de ses cendres sous l’impulsion des deux membres fondateurs, Marius Strand et Bjorn Dugstad Ronnow. Ils s’entourent de membres expérimentés et adeptes de metal moderne et se baptisent Sphere.

Après l’enregistrement aux Strand Studios et un mixage effectué par Marius Strand avec sa double casquette d’ingénieur (Susperia, Chrome Division, The Wretched End), l’album débarque cet automne. Sphere a bien l’intention de nous en faire voir de toutes les couleurs avec son nouveau méfait et nous faire oublier la déception d’ « Instigator ». Le groupe se dote d’un son dans la veine du metal moderne avec ses guitares à 8 cordes et sa basse à 6 cordes. La complexité et la technicité des riffs se font entendre d’entrée de jeu avec le titre éponyme, qui déboule à la manière d’un Tyrant Of Death, avec son introduction synthétique, robotique. Les accélérations sont les biens venus ainsi que le riffing syncopé et cette tonalité djent. L’enrobage électronique et les ambiances futuristes sont résolument cyber. On se retrouve en définitive avec un style de Cyber Metal qui est très en vogue ces temps-ci.

On ne sera alors pas étonnés de retrouver des morceaux dans la veine de ce qui se fait actuellement dans le genre. Le côté lourd et pointu de « Hardliner » peut faire penser à The Interbeing avec ces riffs insistants, l’alternance mélancolique de cris et de chant clair, sans oublier des moments plus atmosphériques et plein d’émotions. Les parties vocales claires ou rageuses (sans être criées ou growlées) rappellent étrangement la voix de Ben (Sybreed) et le rapprochement n’est pas anodin puisque Sphere, en effet, peut s’apparenter à une version plus djent et légèrement plus mélo death de Sybreed. « Shock and Awe » en est un bel exemple, avec sa force et ses bons blasts, sans oublier les claviers qui distillent quelque chose de très synthétique et futuriste, comme sur « Servitor ».

Comme beaucoup de ses confrères, Sphere mise beaucoup sur l’alternance chant crié (couplets)/chant clair(refrain). Mais il se démarque de certains par sa façon de jouer sur le côté pessimiste, mélancolique et arraché des parties claires, qui ne sont en aucun cas mielleuses ou trop gentillettes. On nous parle de tromperies et de désillusions sur « Vestiges » ou d’espace-temps sur le très électronique « Arbitrary ». Cependant, c’est justement ça la faiblesse de Sphere : ce chant clair trop poussé et parfois énervant comme sur un « Heretech » très penché vers les chœurs. La voix a l’air mal intégrée à cet ensemble post-apocalyptique.

Sphere conclut par un « Puncture » plus pessimiste qu’à l’accoutumer avec ses orchestrations sombres. Les Norvégiens n’hésitent pas à élargir le champ de leurs influences pour embarquer l’auditeur jusqu’au bout, et c’est très bien, puisqu’au moins, ils ont le mérite de ne pas toujours proposer la même chose. « Primordial » est donc un premier album réussi qui tient ses promesses et qui nous permet d’avoir un sentiment plutôt optimiste quant au futur du quintet.

 

Herrschaft : Les 12 Vertiges

Ξ septembre 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Herrschaft : Les 12 VertigesAprès cinq ans sans nouvelles, on ne s’attendait pas vraiment à un retour aussi fulgurant et pourtant. Il y a peu de temps on nous annonçait l’arrivée d’un nouvel album encore une fois signée chez les Italiens de Code666. Tout se dessine peu à peu avec la mise en ligne de teaser. Eh oui, Herrschaft est véritablement de retour. Pour ceux qui ont un train de retard, les Parisiens ont marqué la scène cyber metal de leur frappe maléfique avec l’EP « Architects of the Humanicide » (2006) qui explorait le futur synthétique de l’humanité, et « Tesla » (2008) qui décrivait une humanité vouée à la destruction à cause de son égoïsme. Ce sont les « 12 Vertiges » qu’Herrschaft met en avant en cette rentrée, avec quelque chose de plus centré sur l’esprit humain et toute sa perversité.

Herrschaft, c’est un cocktail explosif de metal extrême et de cyber à tendances électro « dance floor ». Les claviers et la programmation ont un rôle dominant puisque ce sont eux qui plongent l’auditeur dans une atmosphère sombre et apocalyptique. Les riffs distordus et la voix criarde et maladive, typée black, permettent de relever l’aspect malsain, pervers et déshumanisé. Les Parisiens ne font pas dans la dentelle puisque l’ensemble est plutôt agressif et renversant comme le montre particulièrement bien « Gates to Dream », pas très loin d’un « Human Soul » : on est embarqués au sein de cet enchainement de riffs et de touches électroniques bien placées et immersives.

On reste en terrain connu avec des morceaux comme « Rat in Cage », « Virtual Medication » ou « Mephedron Trip », avec cette rage électronique, ces offensives métalliques et ces vocaux arrachés. Mais il y aussi des nouveautés, notamment l’apparition de guest, comme Jessie Christ présente sur trois titres. Sa voix aigue de perverse renforce cet aspect tordu et cinglé mais apporte étrangement une touche orientale comme sur « Kimi Ga Yo », ou « Seducing Dementia » qui brille par la diversité de ses sons. « Endlessly Revolving », lui, offre quelques parties plus symphoniques aux côtés d’un mid tempo inquiétant et d’électronique imposante tandis que « Allmighty », avec CNX en featuring, nous gratifie de quelques chants clairs. La diversité des chants n’est pas anodine : elle représente bien les conflits et le côté perturbé d’un esprit humain.

Herrschaft expérimente de nouveau avec « Les 12 Vertiges », se focalisant moins sur la rapidité du rythme mais plus sur la lourdeur, le côté pesant et décharné des morceaux. Moins culotté que « Tesla » qui frappait dur et fort sur chaque titre, l’album reste très bon et bien représentatif de l’univers pessimiste et synthétique des Parisiens. Produit par Zoé H. (The CNK), ce nouveau méfait a de quoi faire bouger la scène cyber française, relancée il y a peu par le cyber death/metalcore de Noein (« I-E-R »).

 

Defcon (USA-2) : Flat Black Philosophy

Ξ août 23rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Defcon (USA-2) : Flat Black PhilosophyAux Etats-Unis, le Defcon (Defense readiness Condition) désigne le niveau d’alerte des forces armées, allant de 5 (niveau le plus bas) à 1 (niveau le plus haut). Pas étonnant que le quatuor de Chicago ait choisi ce nom de groupe, dans la mesure où il officie dans un metal influencé par les conséquences d’une guerre nucléaire destructrice.

Pour mettre en place une ambiance post-apocalyptique, pessimiste au possible et aux relents futuriste, Defcon se lance dans un cyber metal extrême, noir, froid et inquiétant. Il emmène l’auditeur sur des terres complètement désolées, ravagées de long en large par la guerre. L’homme doit survivre et faire face à des nouveaux dangers.

L’introduction « Radio Silence » nous met alors dans le bain avec ces samples de vent et de radios. Les quelques notes à la guitare instaurent un climat lourd et pesant avant d’enchainer sur un « Retch in Pain » torturé où la rythmique, le chant rageur et l’enrobage électronique sont maître. Les riffs ne sont qu’en arrière plan sur ce titre et Defcon montre qu’il ne s’inspire pas que du metal. On retrouve ainsi de la musique purement industrielle, de l’agrotech ou de l’EBM mêlés aux guitares sur certains morceaux, comme « Last Chance », « Exposure » ou « The Communist ». Mais c’est évidemment cette atmosphère prenante et apocalyptique qui règne tout le long. Les notes aux claviers sont bien choisies, proposant à la fois des moments futuristes mais aussi des moments inquiétants.

Les titres les plus metalliques sont carrément destinés à tous les amateurs de SF pessimiste. Ceux qui ont joué à la série de jeux vidéo Fallout seront conquis par « The Road » qui alterne passage atmosphérique et passage cyber destructeur, ainsi que chant clair et chant rageur. C’est mélancolique et désespéré à souhait et on peut aussi penser au livre et film du même nom. Nul doute que Defcon s’inspire de toute cette culture SF, mais la plus décadente. On le voit sur « Black Flame » qui accélère le rythme et lance des offensives de riffs plus black dans l’esprit, ou « The Flood », aux sonorités plus malsaines.

« Flat Black Philosophy », c’est le son de l’apocalypse, la musique du désespoir et de la solitude, le chemin vers un no man’s land terrifiant. Defcon livre un album passionnant, jouissant de nombreuses influences qui enrichissent les morceaux. Un album cyber noir et décadent passé inaperçu mais totalement immersif.

 

Tyrant Of Death : Nuclear Nanosecond

Ξ juillet 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Tyrant Of Death : Nuclear NanosecondCa fait presque un an qu’Alex Rise ne nous avait rien contacté avec son projet Tyrant of Death, lui qui nous avait habitué à sortir deux, trois voire quatre albums dans l’année. Il semblerait donc que le Canadien ait réduit la cadence, et ce ne serait pas un mal, puisqu’à trop vouloir en faire, il tombait dans son propre piège : les morceaux, en plus d’être redondants, manquaient d’âme et d’atmosphère. Espérons donc qu’il a compris la leçon et qu’il est en passe de retrouver sa personnalité et tout son savoir-faire.

« Nuclear Nanosecond » fait donc suite au moyen « Cyanide ». Tyrant of Death ne change pas sa marque de fabrique puisqu’une fois encore, on se retrouve avec un cyber math bourrin où les tonalités djent et les passages alambiqués sont les rois. Pas loin d’un « Slave Design » de Sybreed, la musique du Canadien est tout de même plus brutale, notamment dans le couple riff/batterie, qui écrasent comme un rouleau compresseur.

Il s’agit avant tout du travail d’un multi instrumentiste qui s’en donne à cœur joie : on sent qu’il a pris plaisir à composer ce « Nuclear Nanosecond », plus expérimental et souvent barré dans les mélodies à la guitare. Il n’a pas non plus lésiné sur les bidouilles cybernétiques et les nappes de claviers enveloppantes. Une fois encore, il nous dépeint le futur funeste de l’humanité à coup d’enrobage électronique, de martèlements incessants, de riffs torturés et de passages ambient inquiétants. Dommage qu’il n’y ait pas de vocaux cette fois-ci (normalement effectués par Lucem Fero) pour donner non seulement de la profondeur mais aussi une autre dimension aux morceaux. Il faudra se contenter d’un ensemble totalement instrumental.

Un bon album instrumental est un album dans lequel les voix ne deviennent pas forcément nécessaires et dans lequel l’instrumentation suffit à elle-même. Les titres doivent s’enchaîner de façon fluide, sans susciter l’ennui ou montrer une quelconque redondance. Tyrant of Death a souvent montré qu’il lui était souvent difficile de faire face à cet obstacle. « ReConnect » et « Cynanid » sont des exemples parmi tant d’autres. Sur ce « Nuclear Nanosecond », toutefois, il arrive à donner à chaque titre une identité : il y a toujours un moment, un riff, un élément aux claviers ou une bidouille qui saute à notre oreille. L’introduction, par exemple, est très réussie puisqu’elle arrive à nous embarquer dans l’univers futuriste, digital, pessimiste et noir de Tyrant of Death : une première partie principalement ambiante et inquiétante puis une seconde partie plus violente, grâce à l’arrivée des guitares. L’éponyme aussi est une petite pépite puisque le tranchant des guitares se mélange à une batterie technique et à des sonorités à l’arrière goût d’acier : c’est mécanique, violent mais aussi mélodique lorsque la guitare devient la guide.

« Calculate Demise » met le paquet sur l’ambiance et sur des touches électroniques qui ne peuvent qu’attirer notre attention : mélangé aux guitares, à certaines distorsions et surtout aux nappes, le rendu est impeccable. Si les titres sont souvent très rapides et bourrins, certains restent plus lents et plus atmosphériques comme « Return to Destruction », lui aussi très immersif, ou « When Our Time Is Up We Shall Tremble the Earth », plus mid tempo.

Malgré tous ces bons points, l’album peut être difficile à digérer si on n’est ni dans les bonnes conditions, ni amateurs de polyrythmie, les syncopes étant malheureusement redondantes. Toutefois, « Nuclear Nanosecond » est un opus qui montre qu’Alex Rise a enrichi ses compositions et qu’il a repris du poil de la bête. Un des meilleurs du Canadien, sans aucun doute.

 

Revelate : Relikt

Ξ juillet 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Revelate : ReliktParler du cyber russe, c’est comme si on évoquait le death mélodique suédois, dans le sens où il s’agit d’une référence et que la plupart des meilleurs groupes se situe dans ce pays d’Europe de l’Est. Chaque nouveau groupe du coin est donc attendu au tournant puisqu’on espère avoir l’occasion de se pencher sur un album qui pourrait valoir le coup. C’est donc du côté d’une formation russe que nous allons nous tourner : Revelate. Originaire de Moscou, le duo formé de Roman et Ilya a déjà sorti quelques singles et démos avant de décider de sortir le premier album fin mai de cette année : « Relikt », chez Artificial Sun.

C’est après une introduction cybernétique bien ficelée que les moscovites nous envoie « ?????? » en pleine figure. Un cyber typiquement russe, à savoir plus tourné vers l’électro et les beats parfois techno. Mais Revelate ne laisse pas ses guitares de côté. Il en fait un atout. Les riffs sont simples mais efficaces et s’accompagnent de sonorités variées et bien choisies. Parfois un peu dansant, on peut penser à Illidiance ou à Xe-None. Le chant russe ne se rapproche toutefois pas de celui de ses acolytes. Il est clair mais un peu niais sur les bords, surtout lors des longues notes. « ???? » le confirme mais est sauvé par sa basse en fil conducteur, son mid tempo, et ses bidouilles électroniques.

Sur « ????? ???????? », on pense avoir affaire à une sorte de Rammstein boosté aux amphétamines technoïdes au vu de l’introduction très proche d’un « Los ». Mais la suite se voit plus hargneuse et agressive car le chant d’Ilya prend une autre teinte, plus sombre et plus écorché. Idem sur l’efficace « ???? ????? » qui nous en fait voir de tous les couleurs avec ses influences néo.

Malheureusement, on navigue entre titres accrocheurs et titres plus niais, mous et trop bourrés d’éléments électroniques. « ?????? ???? » est un bon morceau jouissant d’une belle mélodie mais il marque la fin d’une période quasi sans faute. La seconde moitié de l’album se veut plus simple et reprend la même recette que la première moitié. On est alors moins surpris, même si « ?? ??????? » synthétise davantage le tout. Le chant devient davantage casse pied et les samples font un peu too much.

Il semblerait donc que Revelate ait du mal à tenir sur la longueur. En cela, un 6 titres aurait largement suffi car au-delà, on atteint quasiment l’overdose, même si quelques petites choses nous font tendre l’oreille. D’autant plus que ses six titres valent le détour pour leur tonicité, leur efficacité et leurs sonorités non déplaisantes. Le duo devrait donc penser à nous tenir en haleine plus longtemps s’il ne veut pas devenir un groupe au son juste moyen.

 

Cloudwalker : Decode Cyborg

Ξ juillet 13th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Cloudwalker : Decode CyborgEn général, quand le cyber metal provient des Etats Unis, il y a de quoi se poser des questions. Les groupes ont, paradoxalement, du mal à s’exporter et la plupart sont des petits projets sans lendemain où les membres jouent avec des instruments en carton (ex : Synrah). Pourtant, on se rappellera de A Dark Halo dans une veine néo, de Synaptic Fracture dans un style plus malsain ou de Defcon pour le côté extrême et apocalyptique.

Le one-man band que je vais vous présenter, Cloudwalker, n’a rien à voir avec tout ça. Il s’agit d’un dérivé de Tyrant Of Death, à savoir un cyber djent instrumental. Moins brutal et rêche cependant, Cloudwalker propose des riffs légèrement plus softs et surtout beaucoup moins recherchés. A côté de ça, la programmation des sons est assez linéaire et pas assez travaillée ni bidouillée puisqu’au premier coup d’oreille, on devine sans hésiter qu’ils proviennent tous d’FL Studio, ce qui est dommage, les sons auraient mérité d’être retouchés pour gagner en originalité.

L’ensemble est toutefois très mécanique et robotique puisque le musicien ne propose presque aucune variation dans ses compositions. On a non seulement l’impression d’écouter le même morceau mais aussi ses dérivés, comme s’il avait décidé de proposer plusieurs versions d’un même titre, la différence (si on peut parler de différence) résidant dans les types de sonorités.

Si Cloudwalker essaie de nous raconter la vie d’un cyborg, on peut dire que c’est réussi tant les sons évoquent des êtres mécaniques et tant le côté mathématique et répétitif des riffs rappellent le travail à la chaîne. Mais un auditeur ne peut supporter cela très longtemps, surtout lorsqu’on arrive à un « Decode Cyborg » présentant le summum de la linéarité. Une horreur musicale.

Vraiment peu de choses à retenir sur cet opus, si ce n’est deux ou trois variations dans les samples. « Decode Cyborg » est auto-produit, certes, mais ne possède aucune âme ni aucune once de créativité. A éviter, tout simplement.

 

Noein : Infection – Erasure – Replacement

Ξ mai 7th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Noein : Infection - Erasure - ReplacementA l’heure actuelle, lorsqu’on parle de cyber metal, on dit Russie ! Suisse ! Mais il fut une période où on aurait pu dire France ! Eh oui, souvenez-vous, il y a plusieurs années maintenant sortaient des albums assez représentatifs du genre, comme « Replika » de Division Alpha en 2003, « The Synthetic Light of Hope » d’Hypnosis, « Tesla » d’Herrschaft en 2008 ou « Evolution » de Techny Call X en 2009. Et depuis, pas de news de ces Frenchies, certains ayant splité, d’autres faisant une pause. Gros silence donc depuis un moment et il serait peut-être temps d’inverser la tendance.

Pendant que ces formations hibernent, d’autres émergent, comme les Bretons d’NKVD avec leur album révélateur « Degeneration » mais aussi les Normands de Noein avec leur EP prometteur « The Initiale Tale » en 2010. Des nouvelles figures qui peuvent être en passe de donner un autre visage au cyber français. Il faut dire que Noein est de retour cette année avec leur premier album « Infection – Erasure – Replacement ». Et quel nouveau visage…il se dégote le label Klonosphère, se dégote un logo plus pro, jouit d’une promotion monstre et d’un son en béton armé grâce au travail de Thibault Chaumont aux Deviant Lab Studios (Trepalium, Klone), ce qui permet quand même d’extraire le style de son carcan underground. Musicalement, Noein renforce son identité avec son cyber metalcore teinté d’éléments death, une tendance relativement peu exploité jusqu’à présent. On retrouve donc l’univers de « The Initiale Tale » mais un cran au-dessus, avec une nouvelle puissance de feu et un nouveau concept toujours aussi pessimiste et destructeur. La Corporation contrôle tout, de nouveaux humains sont en route et l’ultime but, à travers la résistance, est de les éradiquer.

C’est avec « I-E-R » que Noein met en route sa machine. Des samples froids et mécaniques nous embarquent dans un monde déshumanisé. La mélodie rappellerait même le thème de Terminator avant l’arrivée massive des guitares. Ici, le ton est donné. Les Rouennais font dans la violence sans non plus laisser de côté la part de mélodie. « Liars Dream » nous le montre bien avec ces riffs tranchants comme des rasoirs, cette batterie écrasante et les cris féroces de Jenny.

Le ton est clairement plus metalcore que sur le précédent EP. Couplé aux éléments cybernétiques et à cette violence crue qui domine, cela n’en est que beaucoup plus puissant. Les vocaux de Jenny sont maîtrisés et sacrément efficaces, même si beaucoup de plans restent linéaires, notamment dans l’articulation. Cela ne l’empêche toutefois de passer d’un chant à la Angela Gossow (Arch Enemy) à un chant beaucoup plus arraché et torturé, mettant en valeur le côté alambiqué et destructeur du concept. On retrouve aussi quelques légers plans clairs, mais très peu (« Will Live »), contrairement à l’EP qui jouait sur cette dualité, comme sur « Chrysalis ». Ici, on peut dire que Noein met l’accent sur la brutalité de sa musique, sans concessions et portée sans arrêt par une batterie tonitruante et des riffs crus et modernes au possible.

Comme tout bon groupe de cyber qui se respecte, Noein semble s’inspirer de Fear Factory. Cette influence est une des plus flagrantes, elle se ressent sur l’intégralité des morceaux, certains riffs, certaines tonalités, mais aussi certains passages atmosphériques et certains samples. Les trois instrumentaux interludes peuplant ce « IER » sont assez caractéristiques, que ce soit « Infection », « Erasure » ou « Replacement », mécaniques, cybernétiques, glaciaux mais aussi immersifs. L’imagination se met en route, il n’est pas difficile de comprendre ce qui se passe dans l’univers de Noein.

L’album possède de nombreuses qualités ainsi qu’un certain grain de folie et une réelle identité. Il souffre toutefois de sa longueur. On peine à atteindre les treize titres, non pas à cause de la violence, mais à cause de la linéarité. La plupart des morceaux suivent la même structure et il n’y a pas vraiment de chansons phares, ni de moments qui prennent aux tripes, si ce n’est « Nick of Time » qui joue beaucoup sur de nombreux éléments (samples, diversités des vocaux, alternances de passages posés et de passages agressifs).

« Infection – Erasure – Replacement » reste un album ultra efficace et survitaminé où les Frenchies n’hésitent pas à nous en envoyer en pleine poire, histoire que l’auditeur se croit pris au sein de cette guerre mécanique infernale. Pas de quartier pas de pitié, cette formation de cyber/metalcore ne tombe pas dans le piège de la facilité et des clichés (que ce soit du côté metalcore comme du côté cyber), même si la linéarité pointe rapidement le bout de son nez. Le cyber français va refaire des heureux, ça c’est sûr !

 

Type V Blood : Penta

Ξ mai 6th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal |

Type V Blood : PentaType V Blood jouit d’une très bonne réputation en Russie, car il fait partie des nombreux combos russes dont le succès n’est plus à prouver. La musique industrielle a toujours été une de leurs valeurs sûres – si on oublie cette envie de tendre vers la danse – et il y a depuis des dizaines d’années un large panel de groupes permettant de varier les plaisirs. Type V Blood a un parcours très atypique puisque depuis sa formation en 1999, il ne s’arrête pas d’expérimenter et de passer par plusieurs styles. Des débuts teintés de black à quelque chose de plus death metal en passant par de l’électronique pur et dur et à un split-up de 4 ans entre 2004 et 2008, le duo a sorti un bon paquet de démos, d’albums et de compilation. Avec la sortie de l’album « Penta » chez Artificial Sun en juillet dernier, il se dirige vers un metal indus teinté d’éléments cyber et drum’n'bass.

Il s’agit plus ou moins d’un hybride électronique pas facile à cerner tant on retrouve plusieurs influences allant même de l’aggro jusqu’au gothic. Les titres de l’album sont résolument industriels, distillant des samples et des sonorités dans tous les sens. Pas de doute quant à l’envie du duo de dépasser les frontières de l’indus pur pour se tester à tous les sous-genres. Du coup il faut s’accrocher pour aimer ce pot pourri particulier. Le multi instrumentiste Smith n’hésite pas à tout nous envoyer en pleine poire sans non plus contrôler ses coups. « Wild Dirty » mise sur les rythmes et sur les cris de Star tandis que « 1000 Furious Gods » met en avant un aspect plus cybernétique et parfois pop. On ressent les débuts extrêmes du groupe dans les vocaux, qui lorsqu’ils ne sont pas clairs, tendent vers une sorte de growl saturé.

« Go Go Gothic » y va à coup d’expérimentation. Ca part dans tous les sens et les sons adoptent un petit côté jeu vidéo, à la manière d’un Grobyc. L’ensemble sonne tout de même plus electro goth, notamment lorsqu’apparaît le chant féminin de la guest Nataly Protasova. Le titre porte bien son nom. A contrario, « Rising » met en avant la puissance de frappe des machines vu qu’on a droit à toute la folie de la programmation. Les voix en deviennent même robotisées.

L’album souffre tout de même d’un gros décalage vu qu’on se retrouve tantôt avec des titres catchy et très intéressants dans leur forme, tantôt avec des titres plus linéaires et assez agaçants avec tous ces sons débordant de partout, comme s’il n’y avait aucune logique (« Dick », entres autres). D’un côté, Type V Blood ne semble pas vraiment suivre de logique tant on ressent leur délire dans la majeure partie des compositions. Mais il y a tout de même des morceaux qui se démarquent et qui semblent plus structurés que d’autres.

Je passerais sur la longue liste de remixes, une grande mode chez les Russes dans le monde de l’indus, à croire que les groupes du coin forment une grande famille et s’échangent leurs titres pour se faire une industrial party. Quoi qu’il en soit, cet album de Type V Blood confirme la réputation du duo dans les pays de l’Est dans le domaine de l’underground. Un opus difficile à appréhender et à ne pas mettre entre toutes les mains.

 

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