Le futur, l’évolution, l’homme…peut-il espérer se contenter de sa veine existence face à une horde d’éléments évolués et supérieurs ? Peut-il se substituer à de vulgaires copies ? Peut-il vivre seul dans un monde froid, transformé, mécanique où tout a été perverti par des inventions toutes aussi complexes les unes que les autres…et enfin…peut-il mettre un terme à ses terribles créations maintenant regrettées ?
Sous ces thématiques pessimistes et sombres se cache un jeune groupe, Gorgonea Prima. Tirant son nom des anciennes mythologies grecques, la gorgone étant une entité malfaisante et vicieuse, le combo officie paradoxalement dans un style assez moderne voire futuriste, un Black Industriel Electro à grande tendance Cyber. Ambiances apocalyptiques et froides, dépression auditive, mesclin abondant de sons et d’harmonies, parfaite osmose entre machine, instrument et humain, l’opus « Black Coal Depression » est un voyage en terre désolée, vers un monde que nous connaissons tous, dans un futur proche…
La pochette grisâtre et donc très semblable à un plan pour préparation de machine, à un circuit en construction ou même à une station pour les plus imaginatifs, est bien représentative de la musique et du concept mis en place par cette formation Tchèque bien inspirée. Car Gorgonea Prima se promène sans difficulté au bord d’un vide intersidéral déconcertant. La musique est d’une étonnante captivité…
En effet, l’ensemble est totalement décharné, mécanique, froid, et terriblement sombre…tous les styles précédemment cités dominent allégrement et ne sont pas à proprement parler, en concurrence. L’un est au même niveau que l’autre, afin de créer un ensemble plus qu’homogène…en total osmose. Le black domine dans les riffs, le rythme rapide aux blast efficaces, les vocaux, et les ambiances bien sombres, mises en avant par l’indus et les claviers pour renforcer ce côté martial et terrible, lui-même appréhendé par l’électro et ses sonorités futuristes, des sonorités nouvelles tirées de nos cauchemars les plus fous, tirées de ce monde lointain mais pourtant proche en totale perdition et décomposition. La Terre dans quelques dizaines d’années…un monde cybernétique…
Les titres s’enchainent avec efficacité et sont emplis d’une agressivité déconcertante, agressivité représentative de ce futur destructeur et irrémédiablement atteint par cette envie incommensurable d’aller plus loin, d’évoluer, de créer…si certains morceaux possèdent certaines parties aux fonds d’ambiances oppressants et terrifiants (« Predestination Of Spectacular Being », « Corroded Landscape »), les autres parties sont très rapides, très percutantes et pour le moins entêtantes. Les blast beats sont ponctués d’électro beat voire techno beat comme sur « Digital Desire », mais les claviers indus sont toujours là pour nous envoyer des sons et des ambiances noires et pessimistes tandis que l’électro et ses multiples sonorités, présentes à certains moments, ne peuvent qu’évoquer l’assemblage en usine de machines, les distordions, les saturations…la synthétisation ultime des instruments du futur sont les dignes éléments créateurs des atmosphères Cyber.
Peut-être le plus grand coup de cœur de cet opus, le morceau « 100 Years Of Industrial Burial » et ses ambiances extrêmement sombres et froides. C’est incroyable d’entendre ces notes qui s’envolent grâce à un clavier maîtrisé et dérangeant, sur un fond écrasant bien que planant paradoxalement, des chœurs terribles, une voix black perturbée et décharnée, comme bloquée entre deux monde, un rythme lent et pesant, des sons électros discrets mais totalement adéquats, jusqu’à un final majestueux et décidément envoutant, où des voix déchirées comme des échos semblent imiter le son des âmes perdues et damnées, et où la puissance des claviers arrivent à son paroxysme…l’épiphanie, la révélation, le moment de la découverte du potentiel inouï d’une formation qu’il faut absolument suivre de près.
Malgré une production assez légère, Gorgonea Prima signe avec son « Black Coal Depression » une merveille en matière de black indus très cyber. Une grande claque, peut-être, mais une claque agréable, comme il est souvent rare de recevoir. Venez vous enivrer de cette musique sombre et froide traitant de la future vie cybernétique de la race humaine…
Les Allemands de Mors Cordis semblent étrangement faire une sorte de coming out cette année alors que la formation existe depuis déjà plus de dix ans. Mais ne possédant qu’un album sorti en 2006 nommé « Das Prinzip » (il faut le dire, la sortie est passée inaperçue), il était temps de faire parler de soi.
Mors Cordis est pourtant une figure assez imposante pour la scène metal berlinoise, mais si l’on sort de l’Allemagne, ce nom ne peut que nous faire sourciller. Mais préparez vous à la déflagration ! Le combo sort donc « Injection », signé chez Twilight Vertrieb, un album fort en expérimentation et en couleur. Officiant dans une sorte de Death Metal industriel, Mors Cordis fait donc dans le difficile d’accès, ce genre n’était pas non plus le plus courant du monde…
« Injection » et sa pochette verte/grise mécanique, n’est autre qu’un condensé de violence et d’ambiances. Le death metal du quintet peut parfois faire penser aux dernières œuvres de Thy Disease couplé à un The Amenta, tandis que les parties industrielles plus ou moins marquées selon les morceaux, détiennent quelque chose de plus personnel. Tantôt sombre, tantôt plus électronique, tantôt plus robotique ou épique, Mors Cordis alterne les rythmes et les atmosphères, pour nous embarquer dans son histoire, son univers perverti et expérimental.
La progression est d’autant plus marquée que pertinente, la première moitié de l’album étant plus industrielle que la seconde, beaucoup plus death. Mais cela suit un enchaînement assez logique, puisque plus on progresse, plus l’histoire avance, et plus l’agressivité des morceaux montre le bout de son nez. Si des titres tels que « Emptiness » ou « Big Brother » et ses samples de « 1984 » d’Orwell nous propulsent dans le futur avec ces sonorités electro/indus poussées à leur paroxysme, des titres comme « Guilty », « Machine » ou « Krone der Schöpfung » proposent une violence plus poussée et plus particulière.
Mais il faut le dire, l’ensemble reste tout de même assez proche d’un certain type de cyber death tant la fusion du death et de l’indus est bien faite. Rajoutez à cela les rythmes qui faut, cet alliage mécanique et acéré paradé de voix alternées entre growl, chant clair et synthétique. Le concept est là, lui aussi, le mot « Injection » étant la première Injection d’une certaine substance avant le commencement de toute mécanisation. « 22nd century » nous prouve bien que nous avons franchi un pas (les éléments/ voix futuristes et robotiques sont les exemples type), et « Machine » n’est que le pas franchi vers la déshumanisation. “Last Show”, entre autre, montre la face la plus torturée des allemands.
Certains passages peuvent faire penser à Fear Factory (et là on comprend cette influence cybernétique), notamment au niveau de la voix ou des parties aux claviers. Hormis ça, l’album reste personnel et assez expérimental (il faut aimer ces riffs et ces sons bizarroïdes), et le tout passe tout de même très bien, si tant est que l’on soit habitué à ce genre de chose. Bref, album à ne pas louper pour les amateurs, doté de très bons morceaux et d’une très bonne production, « Injection » n’est autre qu’un énième pas de plus vers le futur apocalyptique de l’être humain !
Alors que la tendance est au cyber/djent depuis un bon moment, un pays en particulier semble détenir une réserve de groupes de cette mouvance : la Suisse. Si on prend Sybreed, Breach The Void et récemment Neosis, on se rend compte que ces groupes partagent le même type de son tout en ayant une forte personnalité. Ils profitent de la polyrythmie et des saccades pour renforcer les structures mécaniques tout en intégrant les éléments cybernétiques adéquats pour immerger l’auditeur dans un monde futuriste et synthétique. Un quatrième groupe est en passe de retrouver ce trio de choc : Clawerfield.
Originaire de Thun, ce quintet se situe en effet dans la même mouvance que ces compatriotes et il est clair qu’au premier coup d’oreille, on ne peut que le comparer à la bande à Drop, à celle d’Alex et à celle de Greg. Mais Clawerfield ne fait pas dans la pâle copie. Même si on retrouve la fameuse recette du succès, il arrive à apporter sa patte grâce, notamment, à des influences plus diverses. Le chant ne se limite pas à un schéma basique chant crié au couplet et chant clair au refrain. On retrouve alors plusieurs types de vocaux, à savoir du crié, du growlé, du clair (à peine !) mais aussi du synthétique, intégrés de façon différente tout le long de l’album. De plus, les riffs ont beau avoir ce ton « djent », ils peuvent devenir plus death lors des parties les plus costaudes mais aussi plus doux lorsque l’électro a le monopole. Quant aux touches électro/cyber, elles s’intègrent parfaitement aux compos. Le groupe évite la surenchère mais en profite pour soulever certains passages ou renforcer une ambiance particulièrement froide ou sombre.
En tout cas, Clawerfield maîtrise parfaitement bien les codes du cyber actuel. Bien qu’on retrouve le cliché de la machine et de l’hybridité sur la pochette, la musique jouit d’une efficacité et d’une férocité bien adaptée au genre. Avec ses atmosphères pessimistes et décadentes, son enrobage électronique procurant un côté ultra synthétique et le duo guitare/chant mécanique tranchant comme une lame de rasoir, l’album « Circular Line » propose des titres qui font tous mouche, de l’introduction instrumentale purement cybernétique « I.S.S » au terrible « Redemption » (dont les riffs peuvent rappeler « Bioactive » de Sybreed) en passant par le sombre « Shelter » ou le futuriste « Open Ocean », tout y est. Progression impeccable, vocaux torturés et déshumanisés de bonne facture, folie cybernétique bien exécutée, bref. Chaque morceau possède son riff et sa petite bidouille électronique qui tapent en plein dans le mille, en n’omettant pas de laisser place à des plages atmosphériques de toute beauté et à des parties particulièrement sombres et décharnées.
« Circular Line » est un très bon compromis pour les nostalgiques de « Slave Design » (Sybreed) couplé à une nouvelle âme, à une force impeccable et à un sens tout particulier du dramatique. Mixé par Drop au Downtone Studio (d’où la patte Sybreed…), l’album a de quoi concurrencer ses cousins. Une très belle découverte cybernétique, en somme.
Il y a à peine six mois, on avait découvert Subscale avec le premier EP « Fictional Constructs ». Le projet du claviériste et sampler de Substance Black montrait qu’il pouvait bidouiller ses machines autrement dans un groupe plus tourné vers le groove et le djent. Même si le premier jet était d’assez bonne facture, il n’était pas assez original et prenant pour accrocher l’auditeur. Avec le nouveau rejeton « The Last Submission » (encore un « sub » !), Subscale remonte la pente et prouve qu’il a beaucoup de potentiel.
On retrouve les morceaux digitaux, dynamiques et groovy de l’EP, à savoir « Fictional Contructs », « Antecedent » et « Realization », ici remasterisés. Ils envoient beaucoup plus le pâté et jouissent de bons riffs et d’une bonne dose d’effets électroniques bien intégrés. Les Croates évitent la surenchère et les disséminent avec parcimonie, afin de rendre l’ensemble homogène. La suite de l’opus, et donc les nouveaux morceaux, sont à l’image de ces trois frappes digitales, avec ce côté djent, cette alternance de parties rapides et de parties mid tempos, et l’alternance de vocaux, criés dans les couplets, clairs dans les refrains. La recette est loin d’être nouvelle mais Subscale se débrouille plutôt bien de ce côté-là, ponctuant certains moments de growls comme sur « Pull the Threads (Extraction) ».
Il est clair que Subscale n’invente rien sur son album, car on retrouve bel et bien la djent attitude des groupes les plus connus dans le domaine avec des bidouilles cybernétiques très classiques. Malgré tout, l’efficacité est telle qu’on en oublie les influences et on se laisse porter par la musique du quatuor. Evidemment, on remarque quelques linéarités et parties plates sur certains titres (« Realization » ou « The Last Submission ») mais des titres plus variés permettent de penser à autre chose, comme le terrible « Outbreach », proche de Cruentus, dans lequel tous les instruments se démarquent avec brio. Sans oublier la petite instru cybernétique « The Verdict », ambiante et post apocalyptique.
Là où Subscale nous laissait sur notre faim sur l’EP, avec une impression de retenu, il nous bouscule sur l’album en mettant les petits plats dans les grands et en délivrant sa force et son potentiel. « The Last Submission » est un premier full length de qualité, dynamique et féroce, signé chez Geenger Records et enregistré de nouveau aux Soundlabs et aux Subscalar Studios (eh oui ces Croates voient la vie en S).
Absenth fait partie de ces groupes russes bizarroïdes officiant dans un metal industriel teinté de cyber et de goth. Les membres y vont au point de se travestir et de sortir des albums pas forcément cohérents mais avec un dynamisme typique de la région et des bidouilles électroniques pas loin de la techno ou de la dance. Le quintet d’Absenth existe depuis 2001 et a sorti 4 albums, dont ce « Erotica 69 » en 2012 signé chez Artificial Sun.
Amateurs d’érotisme, vous êtes les bienvenus. Absenth décide, avec cet opus, de se concentrer sur les relations intimes entre extra terrestre et créatures robotiques, une démarche plutôt étrange mais osée dans tous les sens du terme. Il y va donc à coups de rythmes dansant et de sonorités électroniques en tout genre. Ce sont les claviers et la batterie qui ont le premier rôle, afin de propulser l’auditeur dans un monde futuriste et mécanisée. Les guitares, elles, sont donc au second plan et semblent simplement suivre les bidouilles ainsi que le chant très bizarre, une voix comme modifiée à l’image de ces témoins qu’on cache avec une voix grave (ou aigue, au choix !). Tout ça pour dire que le rendu est plutôt inadapté. Même si c’est synthétique, on se serait attendu à un autre type de synthétisme.
Musicalement, il faut s’accrocher. Voilà un bel exemple de ce que les Russes savent faire de mieux (ou de pire, au choix aussi) en matière de metal industriel. Des claviers et des samples dans tous les sens, comme « Motorfest » ou « Virus », le tout accompagné de vocaux qui ne passent pas. N’oublions pas non plus le morceau phare de l’album, à savoir « Erotica 69 », dans lequel les amateurs d’érotisme devraient être servis : femmes qui jouissent, paroles implicites, et samples électroniques bien pervers.
Ce qui est dommage, c’est qu’on se retrouve avec quatorze morceaux qui se ressemblent sensiblement. Du coup, on n’a pas vraiment l’impression de découvrir un album, mais un morceau décliné en beaucoup de variations. Seuls « Rose and Bat » à l’empreinte New Wave et « He, She and Pistols » et son refrain entêtant se démarquent, avant de laisser place à des remix du premier morceau « Absenth » de Type V Blood, une star de l’indus en Russie.
L’album manque de variation et joue trop sur l’électronique, et comme on le dit, trop d’électro tue l’électro, si bien qu’arrivé à la fin, le tout devient presque imbuvable. On aurait aimé que le groupe alterne des parties bien metal et des parties bien électroniques, histoire de varier les plaisirs mais ici, sur « Erotica 69 », force est de constater qu’Absenth joue du côté de l’indus teinté de metal que du metal teinté d’indus. Ce n’est pas un mal, mais il aurait fallu donner plus de peps et de diversité aux claviers et aux samples. Bref. Ce n’est, en tout cas, pas sur cet album que l’on aura un eargasm, un comble pour ce groupe voulant suivre un concept qui aurait dû nous faire jouir. Une autre fois peut-être.
Après le succès de « Decadence », Morok décide se rallier aux labels et de faire intégrer d’autres membres dans son projet, sait-on jamais. Tout le monde se met d’accord pour une signature chez le nouveau label Russe d’indus Artificial Sun et l’arrivée de Sherman à la guitare, de Penguin à la basse et de Vladimir à la batterie. Comme à l’accoutumer, Morok s’occupe du chant, de la seconde guitare et de la programmation.
Les Russes décident de revenir en 2012/2013 avec plusieurs sorties à la clé, notamment une apparition dans le tribute de Die Krupps aux côtés des grandes figures de metal indus, ainsi que la sortie de ce mini CD mettant en avant le titre phare « Inevitabilité », titre que l’on retrouve ici en plusieurs versions comme le mix de Type V Blood ou celui de Reactor. Ce n’est pas la seule chanson souffrant de remixe vu que la plupart viennent des albums précédents comme « Nyctalopia », « H2O » ou « GMO ». On arrive quand même à retrouver une nouvelle chanson, sous le nom de « L.I.F.E. ». Voyons donc ce que donne le tout.
Commençons dans l’ordre avec « Inevitablity ». La version simple, made in Bog Morok, possède tous les atouts du groupe russe : un mélange audacieux de neo metal et de cyber accompagné d’éléments extrême (voix, riffs). L’ensemble groove bien, avec cette batterie entraînante et cet enchaînement bien coordonné d’éléments, ce qui succède bien l’album « Decadence ».
La version de Kos Klimenko y va à coup de scratch tout en déformant les voix et en mettant les guitares au second plan. Le résultat est plus désagréable. Celle de Reactor se la joue plus éléctro, avec des beats techno et des samples supplémentaires. C’est un peu mieux mais cela ne vaut pas l’original. Enfin, celle de Type V Blood change complètement le tout en rendant l’ensemble totalement cybernétique et en n’intégrant pas le chant. Résultat très mécanique et synthétique.
Avant de repartir vers d’autres remixes, petit tour du côté du morceau inédit « L.I.F.E. ». On retrouve le côté acoustique, voire folk, au début, dans la veine de « Пирогенез » (au remixe ici minable), mais la suite reprend les tares de l’album « Syn.Thesis », à savoir le côté expérimental non maîtrisé et le chant féminin agaçant. On aurait donc pu s’en passer.
« Dead Trip » s’en sort plutôt bien avec cet alliage de guitares et d’éléments électroniques. Une ambiance horrifique et spatial en ressort, pas loin d’un « Abduction Starfleet » en moins black, avec ces sonorités qui font mouche en arrière plan. Quand au reste des reprises, rien d’extraordinaires, on se retrouve entre le moyen et le médiocre. « GMO » par exemple, est défiguré par le mix de Burning Toxins, trop mécanique et pas suffisamment prenant et profond.
Ce CD est loin d’être indispensable et n’est pas un élément clé dans la carrière de Bog Morok. « Inevitability » montre que les Russes ont de l’influence dans leur pays, même s’ils ne font pas partie des grosses pointures. On espère toutefois que leur prochain méfait sera un vrai album dans la continuité d’un « Decadence ». Plus qu’à attendre.
« Conclusion » est le premier full length de Juha mais aussi le premier à sortir sous le nom de Vortech. En effet, le projet finlandais dénommé Sound Ogre était d’abord tourné vers un heavy teinté d’éléments électroniques avant de se transformer vers quelque chose de plus extrême inspiré par Fear Factory, The Amenta ou Sonic Mayhem. Vortech est né du désir d’officier dans un cyber death conceptuel aux nombreuses facettes et « Conclusion » en est la preuve : les dix morceaux racontent les différents événements cataclysmiques ayant mis fin à toute vie sur Terre, malgré les avertissements d’un messager venu de l’espace…
Les débuts de Vortech restent particuliers par rapport à ses successeurs. On découvre un one man band encore timide malgré une certaine audace et cela se ressent dans l’exécution des morceaux. La guitare est mise au premier plan et est entraînée par une boîte à rythme assez linéaire. Le chant est plutôt en retrait et ne s’apparente en rien à un growl ou un chant black. Il s’agit au contraire d’une sorte de chant extrême trituré par des arrangements électroniques, ce qui le rend particulièrement synthétique, voire robotique dans certains refrains (« Terra Ultimatum »). Enfin, les claviers discrets posent une ambiance froide et sombre, à l’image du concept du Finlandais.
Lorsqu’on remonte jusqu’aux débuts d’une formation, on se rend mieux compte de son évolution et de son parcours. Pour Vortech, on peut voir qu’au fil du temps, le travail fait au niveau de la programmation et des claviers n’a pas bougé d’un iota. On retrouve les mêmes types d’atmosphères, les mêmes types de mélodies. « Conclusion » pose les bases de tout cela mais au final, les albums qui suivent peuvent être considérés comme des variations. Il n’empêche, malgré tout, que Juha a un certain savoir faire : il arrive à cacher ses défauts en améliorant les éléments principaux (guitares, chant, batterie), et en changeant de style dans les refrains.
Sur cet opus, les refrains sont beaucoup plus doux et mélodiques contrairement aux couplets, plus agressifs et tranchants (« The Institution », « Mind Awakening »). Ici, on n’atteint pas la brutalité offerte sur un « Posthumanism » ou un « Devoid of Life » mais on se retrouve avec un death metal dynamique à défaut d’être renversant.
La marque de fabrique de Vortech est déjà présente sur ce « Conclusion » et cela comprend ses défauts, notamment la linéarité (manque de variation dans le chant ou les titres par exemple), les morceaux instrumentaux ultra cybernétiques et dark (« Apoapsis Mentis » ou « End Game » avec ses beats immondes), mais aussi les inspirations black metal comme sur « Judgement of the Amenti ».
On ne peut pas dire que ce « Conclusion » soit intense, la timidité et la retenue de Juha le rendant quelque peu incomplet. Le fait que les titres soient particulièrement courts renforce cette impression. Heureusement que Juha ne s’est pas contenté de tout faire tout seul pour les autres opus, auquel cas son univers aurait tourné en rond. Ce premier album mérite donc qu’on y jette une oreille mais il ne restera malheureusement pas gravé dans nos esprits.
On ne peut pas dire que « Syn.Thesis », sorti en 2007, a laissé un souvenir impérissable dans les esprits. Les amateurs de Bog Morok et du genre, déçus, se sont jetés sur le nouveau rejeton cyber metallique de Taganrog, à savoir Illidiance, pendant que les gars de Rybinsk n’ont eu que leurs yeux pour pleurer. Vu que l’opus est mal passé et que leur label, Sound Age Productions, leur ont fait défauts, les Bog Morok décident de prendre leur temps pour écrire les nouvelles compositions et de s’affranchir de toutes contraintes : pas de label, pas de producteur, pas de mixeur, le groupe fait tout lui-même et sort « Decadence ».
Le créateur, Morok, s’entoure de musiciens d’horizons plus ou moins différents, ce qui permet d’apporter un peu plus de diversité aux compositions. Cela se ressent immédiatement avec le premier morceau « Пирогенез » qui touche à l’oriental avec un sitar et des percussions. L’influence Kartikeya se fait ressentir, mélangé au neo/cyber de Bog Morok. Le mélange est audacieux et loin d’être mauvais : la mélodie est entraînante, les riffs, sans être violents, se marient parfaitement avec cette mixture exotique et futuriste.
Morok a fait beaucoup de progrès au niveau de la prestation vocale. Son chant est plus juste, plus ancré dans les compositions et surtout plus varié. Rien qu’à l’écoute de « Массовый Психоз » ou de « Спазм » on sent l’envie de se diriger du côté de l’extrême avec des cris qui parfois atteignent la tonalité de Ben de Sybreed. On a droit aux murmures avec « H2O » mais aussi à des parties plus rapées. « Take Me Away » combine tous les styles de chant de Morok.
Comme à l’accoutumer, Bog Morok mélange des titres brutes, d’autres plus posés et d’autres plus atmosphériques, comme « Послезавтра ». On a alors droit à un opus complet et cohérent, où les guitares ont le premier rôle avec les éléments cybernétiques. Les deux peuvent même s’assembler pour ne faire qu’un, comme le très bon « Г.М.О. (Генетически Модифицированное Общество) », parfait de bout en bout.
Rien à avoir avec l’opus ennuyeux « Syn.Thesis » qui manquait de personnalité. Plus de riffs à la Meshuggah, plus de chant féminin agaçant, plus d’électronique à en sortir par tous les côtés. Bog Morok revient à ses premières amours (du côté de « Stadiae II ») en intégrant des éléments neufs et en accord avec sa musique, pour un résultat convainquant : on est vraiment surpris. Rien que « Лишь Мечта… » conclut bien le tout, avec son ambiance sombre et mélancolique.
Belle réussite en tout cas car on en espérait pas trop après la déception de 2007. « Decadence » est l’album idéal pour les amateurs de neo et de cyber, les deux étant bien mélangés avec des relents extrêmes. Dommage toutefois que Bog Morok ait fait un pas de trop avec « Syn.Thesis » car il est certain qu’avec un tel talent, il aurait pu se mesurer sans soucis à Illidiance.
Vortech est habitué à nous pondre un album tous les ans, et il ne déroge pas à la règle avec « Deep Beneath », successeur du sympathique « Wasteland ». On avait vu avec ce dernier que Juha avait pu améliorer sa production ainsi que sa palette musicale. Il s’agit en fait d’un gros déclic, car c’est à partir de ce moment que les compositions de Vortech deviennent plus riches et plus accrocheuses. Sa personnalité est plus forte et son cyber death bourrin allie force et finesse, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu parmi les formations du style.
Avec « Deep Beneath », on sent l’évolution et le désir d’aller plus loin avec un death metal loin d’être conventionnel. Plus aéré, plus varié, moins écrasé par les blasts, l’opus montre les nouvelles facettes du projet de Juha. Le multi instrumentiste est cette fois-ci tout seul, même si quelques guests au chant l’accompagnent tout au long des compostions, comme Matti Särkimäki sur 6 morceaux. La direction choisie est celle du cyber death/black épique, comme en témoignent les morceaux introducteurs « The Awakening » et « Biodroid Legions ». La mélodie est plus présente dans les riffs, accompagnés des nappes de claviers et des samples, mais le tout reste bien agressif et percutant, comme cette batterie qui tabasse sans s’arrêter.
Une fois encore, ce qui fait défaut chez Vortech, c’est la linéarité des compositions. Même si c’est plus aéré et plus diversifié, on sent que Juha tend à se répéter d’un album à un autre et on entend souvent des petits sons ou des riffs retrouvés sur les efforts précédents. Toutefois, il arrive à faire en sorte qu’on ait l’impression de découvrir des nouveaux titres, grâce au mélange audacieux de brutal death, de cyber et de touches black. « Subjugation » et « Exile Within » le montrent bien, d’autant plus que la guitare pousse même la chansonnette.
Au final, ce sont les parties purement metal qui sont davantage à l’honneur, les sons cybernétiques étant davantage en arrière plan. Juha insiste plus sur la batterie et les gros riffs ainsi que sur les growls bien graves et entraînant. Du coup, il y a moins de titres instrumentaux. On ne retrouve que « Deep Beneath », l’éponyme dark ambient, distillant une atmosphère post-apocalyptique. Il n’y a aussi qu’un titre guidé par les claviers, à savoir « So They Rise », sonnant quasiment comme du death/black symphonique, avec cette ambiance bien sombre et ces nappes entêtantes.
Sombre, ambiancé, brutal et prenant, « Deep Beneath » est sans doute un des meilleurs opus de Vortech, qui se dirige ici du côté du cyber death polonais à la Crionics ou Thy Disease (ce qui se confirme avec le futur « Posthumanism »). Il va droit au but en nous offrant cinquante minutes efficaces, sans temps mort. Un vrai régal.
L a Russie peut compter sur bon nombres de formations cybermetalliques, comme Illidiance, Vergeltung ou Digimortal. Les Moscovites ont fait leur petit bonhomme de chemin depuis 2004 en enchaînant les tournées et les concerts dans les grandes villes de leurs pays aussi en Ukraine ou en Biélorusse. En clair, ils sont assez bien réputés et ont de quoi attirer un public jeune, adepte d’un metal moderne aux sonorités cybernétiques.
Digimortal arrive avec son troisième opus « Hundred Nights », deux ans et demi après le dernier « Dead Planets Parade » signé chez CD Maximum. Cette fois-ci, le quintette ne signe chez aucun label, préférant ne compter que sur lui-même. Il faut dire que le travail en solitaire est tout à fait correct, la production en home-studio est très réussie et la distribution certainement plus efficace. Reste plus qu’à savoir si musicalement ça tient la route.
Les Russes prétendent faire du heavy metal classique imbibé de passages industriels afin de faire une « version digitale du heavy metal ». C’est loin d’être vrai, dans la mesure où le metal de Digimortal est loin de s’approcher du heavy. Il s’agit plus d’un mélange de thrash, de melo death, et de metalcore avec un enrobage cybernétique. D’ailleurs, il est nécessaire de pointer le fait que Digimortal ne déroge pas à la règle : comme tout groupe de cyber russe qui se respecte, il insiste plus sur le côté electro/techno que sur le côté industriel, un peu à la Xe-none.
Rien de très extraordinaire à l’écoute de l’album, « Hundred Nights » se présente comme un ensemble entendu des centaines de fois. Les guitares sont efficaces mais les riffs manquent d’inspiration, l’alternance de chant clair/chant extrême ne nous étonne même plus, et les touches électroniques « boîte de nuit » mêlées aux sonorités cybernétiques ne nous font plus d’effets. C’est du déjà vu. Même si « Pandorum » peut sonner comme un hymne, avec son refrain entêtant et ce duo de riffs/sons cybernétiques entraînants, le reste de l’opus a du mal à nous attirer que ce soit l’éponyme, qui manque de relief et de profondeur (et pourtant…le clip a été tourné dans un véritable sous-marin, le comble) ou « Many Years Past » dont les touches techno gavent…
« Every new Day » est plus intéressant dans la mesure où l’atmosphère s’assombrit. Moins mielleux, plus tranchant, les claviers soulèvent une ambiance plus dramatique tandis que le chant et les guitares insistent sur le côté tranchant. Dommage que cela soit vite adouci par des parties plus softs et plus gnan-gnantes. Pour enfoncer le clou, on a même droit à une ballade qui endort (« Mechanical Sunrise »)…heureusement qu’il y a « Five Shadows » pour relever le niveau, même si, une fois de plus, rien d’extraordinaire.
C’est toujours mieux que Synrah est son premier opus catastrophique. Digimortal a beau ne rien faire de transcendant, sa musique reste potable même si on regrettera la force et la folie de leurs premiers méfaits. « Hundred Nights » n’est pas le joyau qu’on aurait pu espérer mais comporte quelques bons passages qui auraient dû être mieux mis valeur. Dommage.
Avec son « God Is an Automaton », Sybreed a montré que le cyber n’était pas totalement en train de mourir et qu’il y avait encore des possibilités à exploiter. Cela donne donc un peu d’espoir quant aux nouvelles formations qui auraient envie de montrer une autre facette au style au lieu de se contenter d’un copier-coller des Suisses ou des piliers de Fear Factory. Cependant, avec un one-man band comme Synrah, on est en droit de se poser des questions. Le cyber metal est un genre souffrant de clichés justifiés (cyborgs, bidouillages en tout genre, son synhétique, manque d’âme) et ce nouvel arrivant est là pour les faire perdurer : logo et design rudimentaires, même ratés, concept revu des centaines de fois, et musique quasi inaudible.
Avec « Dystopia », premier album auto-produit du one-man band américain de Synrah, on est loin de découvrir quelque chose de sensationnel. Autant le dire tout de suite, il est difficile de tenir jusqu’à la fin de l’opus tant ça transpire l’amateurisme et le manque de goût. Cela dépasse même l’entendement. Là où un groupe comme Death Emitted Diode arrivait à se débrouiller en officiant dans un cyber kitsch, Synrah n’arrive même pas à faire du kitsch une marque de fabrique tant on sent que le tout est à côté de la plaque.
Du coup, le cyber/death mélodique de l’Américain ne tient pas la route…on commence pourtant de façon sympathique – mais classique – avec un « Cause » très cybernétique. Rythme robotique, sonorités froides et à l’arrière goût d’acier, mélodies entêtantes. Cela pourrait nous rassurer après avoir vu cette horreur de pochette. Mais à l’arrivée de « Gaia’s Children », tout s’effondre, en particulier lorsqu’on se rend compte que tous les morceaux sont du même acabit. Avec une production très médiocre, cela n’arrange pas les choses. Le son est très brouillon, on n’arrive pas à distinguer les instruments, le chant n’a pas de relief, les sons cybernétiques sont mal exploités. Alors oui, ça sonne complètement déshumanisé, synthétique, froid…mais ça manque de structures, de fond et de forme, de mélodies, de riffs…de tout. Et même si on découvre quelque chose de différent avec « Cxaxukluth », avec des petites percussions sympa, on sent que ça a été programmé avec un programme de base pour PC. En gros, ça manque de crédibilité.
Pas la peine d’en dire davantage tant il est difficile de faire ressortir des points positifs dans cette sortie. « Dystopia » est loin d’être une réussite et Synrah devra faire beaucoup d’efforts pour, d’une, avoir un son correct, et de deux, fournir des compositions qui tiennent la route et attirent l’oreille des amateurs du genre. A éviter.
Deux ans après son bon « Stadiae II », le projet de Morok prend enfin plus d’ampleur. Les critiques sont positives, les concerts se passent bien et les propositions pleuvent. Sans non plus décrocher la Lune, le Russe, avec « Syn.Thesis » a l’occasion de mettre en avant sa musique en signant chez un label plus avantageux, Sound Age Productions, et en écrivant, produisant et mixant tout lui même dans son home studio Flammenform. Les membres qui le suivent ne sont pas officiels et ne sont que des guests. Le line up n’a rien à voir avec celui de « Stadiae II », on retrouve même une chanteuse (Natalya). Que cela va-t-il donner ?
Ici, Bog Morok met l’accent sur le rejet de la religion et sur la montée en puissance d’une société méprisant sa population, sous couvert d’une ambiance futuriste. On retrouve le même mélange que sur l’opus précédent, à savoir un mélange d’indus/cyber, de néo et de metal expérimental. La différence se sent dans la façon d’agencer les éléments et les morceaux, ainsi que dans l’inspiration. Le chant a beau être mieux mis en avant, il tend à desservir les compositions, par son manque de puissance, son côté agaçant et sa trop grande prédominance (« Agoraphobic », « System May Fail »). Les guitares savent être tranchantes mais sont souvent recouvertes par les arrangements électroniques et les samples. La batterie a le monopole sur les titres les plus mécanisés. Il y a aussi cette linéarité qui nous empêche d’apprécier réellement l’oeuvre, car on a souvent l’impression d’écouter la même chose : Morok peine à diversifier ses compositions, cela se ressent sur la longueur (tout de même 18 titres…) ainsi que les remixes qui ne font qu’accentuer cette impression de stagnation.
« Syn.Thesis » détonne complètement par rapport à un « Stadiae II » inspiré et mélangeant les genres pour un résultat convainquant. Ici, on a du mal à trouver des morceaux qui nous conviennent réellement car la plupart sont en demi teinte. On a du bon et du moins bon. « Prelude » aurait pu faire une bonne intro, guidée par la basse et les sons électroniques mais elle est vite perturbée par le chant. « Generic » montre un riffing typé Meshuggah avec le chant féminin de Natalya mais ça devient vite répétitif, voire ennuyant. « Cybergod » porte bien son nom, il est très cybernétique mais une fois encore, ce sont les vocaux qui pêchent, trop monotones.
Ce sont toutefois les morceaux les plus électroniques qui sont les plus réussis. Les bidouilles rappellent les machines tandis que les nappes dépeignent un univers futuriste comme « Epitaph », « Nepenthes » ou encore « Zombie Hunter », plus technique et entraîné par des samples tout droit tirés du jeu vidéo à succès Half Life 2.
Si « Stadiae II » présentait une entité prometteuse et intéressante, « Syn.Thesis » en montre une qui se repose sur ses lauriers. On est loin de prendre son pied avec ces dix huit morceaux et ces longueurs, car il n’y a pas grand chose à retenir. Dommage, car Morok s’est sans aucun doute tiré une balle dans le pied alors qu’il aurait pu profiter de son arme pour ralentir ses concurrents (Illidiance commençait à peine à se faire connaître avec « Insane Mytheries to Demise »…).
Voici le retour des Lettons d’Ygodeh, un an après le passage éclair et quasi échec de leur premier album « Dawn of the Technological Singularity ». Désormais basé à Londres, le quatuor a remplacé son chanteur et a trouvé la motivation nécessaire pour rattraper le coup à l’occasion de la sortie de leur nouvel opus « The Experiment Interrupted ». Visuellement, ils adoptent pour de bon le vert fluo afin de mettre l’accent sur le côté futuriste de leur musique, axée vers un death metal synthétique.
Dans le fond, Ygodeh renoue avec ce qui faisait le charme d’un « Dawn of the Technological Singularity », à savoir un alliage solide d’éléments électroniques et symphoniques. Les claviers ont une place prépondérante et permettent de renforcer cet aspect artificiel propre à la musique des Lettons (« To Down »). Les guitares n’ont pas perdu de leur froideur et véhiculent une ambiance aseptisée. Bien qu’elles n’aient pas le premier rôle, ni un niveau technique suffisant, elles apportent assez d’agressivité pour nous faire entrer dans un monde quasi robotique, régi par diverses expériences scientifiques.
Dans la forme, on perd en efficacité pour ce qui est de l’aspect purement metal. Le rythme a du mal à décoller, même si certaines accélérations sont les bienvenues (« From on High »). On aurait aimé entendre plus de riffs dissonants, afin de renforcer cette mécanicité et cette artificialité. Certains morceaux valent le détour de ce côté là, mais ça ne suffit pas, et on ne peut pas dire que les guitares fassent partie des éléments que l’on retient. De même pour le chant, assuré par Andre, qui manque de puissance, notamment dans les parties les plus hurlées. Toutefois sur « Groove’s Night », il s’assimile quelque peu à la voix déshumanisée d’une machine.
Un gros travail a été effectué dans la retranscription de l’ambiance ainsi que dans les sonorités cybernétiques. Ils apportent un gros plus dans la musique d’Ygodeh, qui sans eux, serait fade et sans âme. Même si on ne retrouve pas l’immersion d’un « Lord of Rays », la combinaison du sympho et du cyber est déroutante, notamment sur « From on High » ou « Trance Orchestra », dont le titre veut tout dire. C’est particulièrement efficace et original.
A l’instar de l’album précédent, on a du mal à savoir où se dirige Ygodeh, sans doute à cause du fait que c’est trop court. L’auditeur n’a pas le temps d’apprécier le travail des Lettons et c’est sans aucun doute un sentiment de frustration qui le gagne après la conclusion « Fragment 2 », avec une impression d’un groupe en retenu, qui hésite à dégager tout son potentiel. Même si le ressenti est plutôt bon et qu’on passe un assez bon moment, hormis les défauts sus-cités, « The Experiment Interrupted » risque de subir le même destin que « Dawn of the Technological Singularity ». Un passage éclair dans la sphère cyber metal, rien de plus.
Bog Morok fait partie des groupes d’indus russe à la durée de vie la plus longue. En effet, le quatuor, originaire de Rybinsk, est actif depuis 1997 et sort des albums ou mini-albums à intervalles réguliers. Démarrant dans un style doom/death avec quelques démos et l’opus « Azoic », le combo s’est vite dirigé vers une musique plus futuriste, plus dans l’air du temps, avec l’opus de transition « Stadiae II » en 2005, marquant un pas en avant dans la carrière de la bande à Morok. Ici, on dénonce la société moderne grâce à un mélange d’indus, de neo metal, et d’éléments cybernétiques.
Après une signature chez CD Maximum, c’est vers More Hate Productions que se dirige Bog Morok après avoir pénétré les Flammenform Studio pour le mixage et la masterisation. « Stadiae II » montre un quatuor très en forme dans un registre différent, alternant très régulièrement les passages agressifs et les passages plus atmosphériques. Dès « No Fate », on devine immédiatement vers quel chemin se dirige les Russes, un indus à la Spineshank teinté de neo à la Korn, d’éléments tordus à la Devin Townsend et d’autres plus expérimentaux à l’image des groupes de cyber metal actuels. Morok insiste beaucoup sur son chant tandis que les guitares usent de riffs bien placés, soutenus par les éléments électroniques.
On découvre, si on peut dire, une version légèrement moins extrême et plus accessible du travail d’Headphone Killazz. L”électronique a une grande place sans étouffer l’agressivité des guitares et le tranchant des vocaux. Avec un rythme plutôt varié, on découvre plusieurs humeurs et plusieurs ambiances, du futuriste au pessimiste en passant par la tristesse et la haine, sans oublier les refrains qui rentrent plutôt rapidement. On découvre des titres moins puissants et plus linéaires tels que « New Gloom » et « Diatribe », qui ne déclenchent rien en nous. A contrario, certains sont très bien pensés, tels que « Exile » ou « No More », efficaces et dynamiques, ou « Stadiae II » et « Sleepless », plus lents, certes, mais atmosphériques et très cybernétiques dans l’esprit : mécanique, froid et futuriste, on est embarqué dans le monde de Bog Morok.
Bog Morok ne s’est pas loupé du côté de l’indus. Même si l’opus est inégal, il met en avant un groupe plutôt inspiré, mélangeant les genres de façon intéressante. Dommage toutefois que le groupe manque de distribution car il mériterait d’être diffusé en dehors de sa Russie natale.
Après deux Eps et un album, Vortech, mené par Juha Untinen, sort son deuxième full length « Wasteland » en 2007. C’est à partir de cette période que le projet du Finlandais prend plus d’ampleur et que se forge encore plus son identité. De meilleurs moyens financiers permettent d’améliorer la production ainsi que la palette musicale, rendant la musique du trio plus puissante et plus variée.
Si le titre « Wasteland » fait écho à l’œuvre de T.S. Eliot, l’album en lui même n’est pas si éloigné des thématiques angoissantes et désespérées du poète anglo-américain. Vortech dépeint un monde dévasté par un holocauste terriblement ravageur grâce à un cyber death brutal et sans concessions. Les blasts beats écrasent tout sur leur passage, les riffs alternent parties bourrines et parties techniques tandis que trois chanteurs se partagent les lignes des différents morceaux, à savoir Juha sur un bout de « The Core » et « Instigate Hostile Reaction », l’invité Closure sur l’autre bout de « The Core » et l’autre invité Kraken sur le reste des morceaux.
Comme la plupart des albums de Vortech, on découvre des morceaux très bons et d’autres qui le sont moins, dû en particulier à un manque d’harmonie, de moments forts, et à une certaine linéarité, comme sur « Their Contract », « Perdition » ou « Winds of Contamination ». Le bourrinage intensif tend parfois à tuer l’essence même des morceaux, ce qui est dommage quand on sait tout le travail qui a été fait dans l’assemblage des parties guitares et des parties électroniques.
Les titres les plus réussis sont ceux qui alternent avec brio les moments les plus féroces à ceux les plus mélodiques et harmonieux. La programmation est ainsi cohérente et ne nuit pas à l’appréciation de tel ou tel morceau, car la batterie est une boîte à rythme. Certes, cela renforce le côté mécanique et inhumain propre au cyber metal, mais nos oreilles en prennent aussi un coup, surtout lorsque l’ensemble est mal agencé.
Pour passer un bon moment, « Evolutionary Project » est idéal, avec son groove impeccable et une belle osmose entre les sons cybernétiques, les ambiances futuristes et la guitare de Juha. Le chant de Kraken, quelque part entre le growl et le chant black, décharne le morceau et le rend encore plus torturé qu’il ne l’est. Idem avec un « Impulse » qui se rapproche plus du black sur certains passages, et un « Radiant Storm » pessimiste et expéditif, loin d’être porté sur l’exubérance des sonorités électroniques. C’est l’ambiance qui prime ainsi que les riffs.
Une des caractéristiques de Vortech, c’est l’implantation de morceaux instrumentaux et ambient, histoire de renforcer les ambiances et de nous immerger encore plus dans le concept. « The Silence » et « Wasteland Roames » mêlent les nappes purement ambiantes aux sonorités cybernétiques pour un ensemble inquiétant et pessimiste au possible : il n’y a plus rien.
Un opus intéressant mais inégal montrant les qualités et les faiblesses de Vortech. La personnalité est là ainsi que le travail mais il manque encore l’inspiration nécessaire pour concocter un album cohérent de bout en bout, sans temps morts ni linéarité.
On nous rabâche sans arrêt que la fin du monde est proche, que les machines ne feront qu’une bouchée de nous, que nous courrons à notre perte…les journalistes, les écrivains, les cinéastes et même les musiciens nous avertissent régulièrement à coups de scénarios catastrophes. Nous finissons évidemment par nous lasser, les messages étant les mêmes et la mise en scène étant du même acabit. Même chose pour le Cyber Metal. Depuis des années, les machines sont à l’honneur, mettant en péril notre existence humaine. Difficile de trouver des formations singulières, avec une identité propre et des compositions moins inspirées des figures phares.
Pas facile d’espérer beaucoup des petits groupes, surtout quand ils officient dans l’instrumental, comme Ex Machina, venu de Royaume-Uni. La tendance est justement à l’instrumental dans le domaine du cyber, à l’image de Kreepmaster pour ne citer que lui. On montre ses capacités guitaristiques en s’accompagnant de sonorités cybernétiques, avec le risque de trop en faire et d’effectuer dans le déjà-vu. Cependant, Ex Machina tire son épingle du jeu. Prolifique, il sort son quatrième album cette année, un « Machinist » de huit titres sensiblement influencé par Terminator à en croire la tête du cyborg. Il a l’avantage de proposer autre chose qu’un cyber djent, autre chose qu’un simple cyber instrumental, et autre chose qu’un cyber metal peu inspiré.
Certes, le concept se rapproche beaucoup de ceux des autres cybernautes, mais la musique a un groove certains et une dynamique toute particulière. Le multi instrumentiste s’occupe de tout, bien que la plupart des instruments soient programmés – à l’exception de la guitare – et il le fait plutôt bien, tant on se laisse bercer par cet ensemble sombre et froid. Les arrangements électroniques apportent un arrière goût d’acier tandis que certaines touches nous transportent dans un monde futuriste (« Reanimation », « Scavenger »). La guitare est mélodique tout en étant tranchante, varie son propos et ne se contente pas de plans linéaires ou trop techniques. Ainsi on peut avoir un riffing neo metal à un riffing death metal voire thrashy (« Oblivion Machine »).
Ex Machina sait rendre ses compositions cohérentes, en se dotant d’un son relativement puissant. C’est agressif sans être violent, plutôt captivant et mécanique à en juger un « March of the Automatons » guidé par des sonorités synthétiques. Seule la guitare nous rappelle qu’un être humain est responsable de cette musique résolument moderne et accessible. « Machinist » a de quoi relancer la compétition et nous remettre dans le bain tant il se veut, finalement, original et dans l’air du temps.
Les Allemands avaient annoncé la couleur avec la sortie de leur premier album « Transhuman » en 2008, offrant un cyber death/thrash très synthétique, noir et sacrément immersif. Ils avaient repoussé les limites du cyber avec un ensemble musical très riche et inventif, grâce à un concept sur le Transhumanisme. Ce n’est sans doute pas la thématique cyberpunk la plus originale, mais comme ils savent bien nous le dire, personne ne peut empêcher la tempête digitale de frapper. Et avec « Collapse », les cybernauts nous envoient leurs poings cybernétiques en pleine figure.
Ils continuent sur leur lancée, proposant des titres cette fois plus proches de Fear Factory ou de Strapping Young Lad. On reconnaît bien la patte de Deus Exe, mélangeant son thrash/death puissant à un lot non négligeable d’éléments industrialo-cybernétiques. La noirceur et l’agressivité se côtoient sous couvert d’un enrobage synthétique et souvent robotique (« Reduced to Plank Length ») afin d’embarquer l’auditeur dans un monde où l’humain n’est plus ce qu’il était.
Malgré tout, les qualités que l’on retrouvait dans le « Transhuman » et qui se perçoivent au début de l’opus (l’instru « Entropy » écrasante) sont rapidement étouffées par le chant. Alors qu’on avait, dans l’ensemble, droit à des growls avec, occasionnellement, du chant clair, avec « Collapse » c’est l’inverse qui se produit. Seul problème, le chant clair n’est pas toujours juste (mais s’améliore) et le côté insupportable des cris hargneux est déconcertant. En cela, l’entrée en matière avec « Unravelling Reality » déçoit et il est difficile d’apprécier le reste des morceaux.
Bien sûr, si on tente de faire fi de cette imperfection, on appréciera le cyber thrash de « C10n3 », le gros cybernétique et le solo de « Bathed in Dark Matter », avec ces riffs écorcheurs. On aimera la prise de risque de Deus Exe, qui s’est essayé à d’autres styles, comme le djent sur « Ecophaby », plutôt bien réussi et loin de ressembler à tout ce qui sort actuellement, ou « Omniversal », où la dissonance et l’aspect moderne fusionnent avec un ensemble atmosphérico-cybernétique plutôt prenant. Toutefois, le tour du côté du doom ne va pas totalement en faveur de Deus Exe, « H+ (3-Deletion) » offrant sept minutes trente ennuyantes, bien que mécanique, mais trop monotone. Sans oublier cet horrible chant…heureusement que ça se rattrape sur le blacky « The Broken », sombre et apocalyptique et le futuriste « At the Edge of Consciousness ».
« Collapse » aurait pu être très réussi s’il ne souffrait pas de l’imperfection des vocaux. Ce qui devrait être immersif ne l’est pas et on se retrouve finalement avec un album moyen, dans lequel les riffs et les sonorités cybernétiques se retrouvent engloutis par des défauts qui auraient pu être évités., d’autant plus que les ambiances manquent de force, celles du « Transhuman » étant beaucoup plus prenantes. A vous de juger maintenant.
Il est incroyable de toujours retrouver les mêmes influences dans le domaine du cyber metal, ce qui finit, à la longue, par lasser, les groupes ne proposant plus une patte réellement atypique. On a souvent une sorte de mixture entre Fear Factory, Sybreed, Strapping Young Lad, Meshuggah, etc, ce qui fait que le résultat est souvent le même. Toxic Grind Machine, originaire des Pays Bas, suit ce schéma là, mené par deux compères en quête de musique futuriste et cybernétique. On ne pourra pas dire que le travail accompli sur les samples et les effets électroniques est mauvais, bien au contraire, mais c’est au niveau des parties metalliques que ça pêche.
De prime abord, Toxic Grind Machine effectue dans un cyber metal assez commun, avec alternance de chants, cris et growls aux couplets, chant clair aux refrains, mélange de parties syncopées et de parties plus bourrines, tendances core voire djent à la clé, et ce, sous couvert de mélodies parfois mielleuses. On n’est donc pas surpris à l’écoute des huit morceaux, répétant souvent les mêmes structures. Que nous reste-il réellement à découvrir et que peut nous proposer Toxic Grind Machine sans tomber dans le déjà-vu et le pompeux ?
Pas grand chose pour le moment car les Néerlandais n’offrent rien de bien nouveau. L’ensemble manque même de caractère, ce qui aurait pu permettre à l’auditeur de faire fi de ce manque d’originalité. Bien sûr, il se dégage une certaine puissance au niveau de la production, les guitares sont efficaces et percutantes comme sur « Amphetamines in Ghost City » ou « Burn Bright, Wry Jackal », et le chant arrive quelque fois à être suffisamment incisif pour nous emporter. Mais ça ne suffit pas. La superposition des cris fait trop fouillis, la programmation de la batterie est un peu maladroite, les breaks au chant clair rappellent la trance…
Et pourtant, si quatre titres peuvent être vite mis de côté, les quatre autres arrivent à se démarquer, que ce soit « Aphidhaze » avec son bon dosage entre couplets brutes, refrains softs et sonorités cybernétiques de bonne qualité, « Hymlock » avec son ambiance sombre, ou « Enther » très symphonique et spatial, pas loin de la BO de film, proche des récents travaux de Mechina.
Ce « Embryonic Emission » ne permettra pas à Toxic Grind Machine de se faire remarquer et de percer dans le milieu car il faut encore beaucoup de travail, d’originalité et de maîtrise pour offrir un opus décoiffant et percutant. Aller, on s’accroche, on ne désespère pas et on revient dans quelques années avec une pépite.
Headphone Killazz s’était quelque peu fait remarquer en 2010 avec la sortie de son deuxième album « Revaccination » car il avait prouvé qu’il pouvait officier dans le cyber metal avec originalité et réactivité, sans tomber dans les pièges de la facilité. Le quatuor fait partie de ces combos difficiles d’accès mais très imaginatifs, basant leur musique sur les expérimentations cybernétiques. Il est donc incongru de parler d’Headphone Killazz comme d’un nouvel ersatz alors qu’il fait bien mieux que certaines formations encensées et pourtant très basiques.
2011 marque la sortie du troisième album, « Human Factor », signé chez Chaotic Noizz. Headphone Killazz continue sur sa lancée avec neuf titres inhumains et synthétiques, mélangeant avec brio musique électronique et metal extrême. Loin du côté mielleux et pop de certains grands combos, les Russes ne laissent pas de place aux émotions et intègrent un large panel de sonorités, ce qui est loin de favoriser la linéarité ou l’homogénéité. Chaque titre se distingue, soutenu par une rythmique atypique et une ambiance sombre et froide. Les samples de grande qualité de Danoizz permettent l’immersion de l’auditeur dans un monde mécanique sans merci, dans lequel les conditions et qualités humaines disparaissent, au profit de celles des machines.
En cela, il n’est pas étonnant de découvrir énormément de sonorités cybernétiques, paradées de guitares furieuses et d’un rythme mécanique. L’ensemble ne paraît que plus robotique lorsqu’arrivent les saccades et la percussion des éléments rythmiques. « Human Factor » et « Someone Else’s Body » sont de bons témoins et montrent à quel point il n’y a plus de place pour l’humain. Anton perpétue cet effet grâce à son growl incisif tout en accentuant certaines parties avec une alternance de vocaux.
L’arrivée de « Mimicry » et de « Prototype » favorisent un climat sombre et futuriste en mixant très brillamment les sons cybernétiques avec l’agressivité des riffs et du chant. La distorsion de certains passages nous fait changer de dimension tout en nous préparant au pire : les craquements d’un compteur Geiger sur « TV2 » nous emmènent en terrain hostile tandis que le mélancolique « Dead Gulfstream » et ses samples maritimes nous rappellent l’aspect vital de ce courant marin.
Il est dommage que Headphone Killazz ne jouisse pas d’une meilleure distribution car ce groupe, très ancré dans la mouvance cyber metal, est une petite pierre qu’il faut trouver, nettoyer, tailler et travailler avant de pouvoir en faire un bijou. Comprenez par là qu’il faut du temps et de la patience pour apprécier ce combo qui nécessite encore d’acquérir la maturité suffisante pour créer un album sans failles, sans temps mort, et moins compact.
Depuis des années et des années, l’Europe génère un nombre non négligeable de formations cyber metal, tel un foyer lucide et sensible à la mécanicité et aux destructions des valeurs humaines. La Serbie, comme bon nombre de pays d’Europe du Sud/Est, présente des groupes atypiques pratiquant un metal industriel extrême et expérimental, chose plutôt rare dans le coin, les musiques électroniques ou le death/grind étant davantage à l’honneur.
Voici donc Monolith, quintette étrange formé autour de Petar et d’Uroš ayant la particularité de proposer un cyber basé sur la polyrythmie et des éléments noise. Sa musique mélange le côté mécanique et froid à la Godflesh avec des touches futuristes et sombres à la Fear Factory, sans oublier les expérimentations, le côté extrême et l’aspect déshumanisé et pessimiste propres au style. On est loin des combos à l’électronique mielleux et aux saccades et tonalités djent incessantes. Les Serbes effectuent dans un cyber difficile d’accès, lourd et pesant, au rythme parfois lent, proche de Synaptic Fracture en définitive. Malsain et inhumain.
« 1:4:9 » est une belle introduction, digne représentant de la patte Monolith. La linéarité et la mécanicité des guitares, du rythme, et de l’électronique apportent une sensation de répétition propre au phénomène des machines. L’atmosphère n’en est que plus déshumanisée et sombre, prise dans un enchevêtrement de sonorités mi noise, mi cybernétiques, et de guitares plaintives. Puis « Blind » et « Cyanide » mettent en avant un chant tout aussi inhumain, suivant ce travail à la chaîne minutieux et ces riffs redondants.
La musique de Monolith peut en désarçonner certains. Les titres ne proposent pas de parties, de refrains ou de couplets en particulier, la mécanisation étant maîtresse ainsi que l’expérimental. L’ensemble des morceaux forment un tout qui n’a pas forcément besoin d’être découpé. Il faut juste s’accrocher, supporter ce côté percutant et lassant à la fois, mais aussi l’aspect totalement robotique des compositions. Y’a-t-il vraiment des hommes derrière ces instruments ? « Lambs » et « False » nous font douter…ça n’a beau ne pas être très rapide, l’impression de lenteur, de mécanicité nous fait suffoquer, dans le bons sens du terme cependant. Même le chant devient distordu afin de s’assimiler à la musique et devenir décharné.
Dès le début de sa carrière, Monolith s’inscrit comme un groupe atypique sur une scène qui l’est tout autant. Grâce à une patte particulière et à une atmosphère noire et lourde, il peut se targuer de faire partie des combos les plus indescriptibles du genre, même si la linéarité et une trop forte homogénéité lui font défauts. Il faudra songer à varier son jeu.
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