Solekahn : Nightlights

Ξ septembre 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Death Metal |

Solekahn : Nightlights9 années de silence…

Pourtant, on ne pourra pas dire que Solekahn n’a rien pour plaire. Depuis ses débuts, le trio a attiré l’attention des médias et des metalleux avertis. Son dark/death occulte a souvent fait l’unanimité, que ce soit avec la sortie du premier EP en 2002 ou celle du tout premier album « The Great Divider » en 2003. Il faut dire que les Français livrent une musique dense, sombre et rêche, qui n’est pas réservée à toutes les oreilles. Mais ils ont aussi une sensibilité et un sens de la poésie qui font leur identité. Evidemment, avant de sortir un nouvel opus, il fallait faire murir l’ensemble. Tout s’est fait entre 2006 et 2012 avec un enregistrement au Labyrinth Studio et une signature chez les Danois de Mighty Music. Et voilà le résultat…

…huit titres dotés d’une noirceur et d’une terrible atmosphère occulte. Une noirceur dans laquelle le groupe s’amuse à faire ressortir des éléments lumineux, tel un contraste, comme semble l’indiquer le titre de l’album. C’est aussi huit titres dans lesquels Solekahn fait d’autant plus ressortir ses influences, passant du death brutal au black atmosphérique sans oublier le doom. « Haste to Decline » est une réelle furie death metal qui bastonne et nous propose des gros riffs, avec son growl possédé et ses blasts modérés. On découvre un groupe qui veut emmener ses auditeurs dans les méandres de la nuit. La lumière est cachée mais ne se révèle que le temps de quelques secondes, en l’occurrence à la fin, grâce aux claviers.

« Silence Until Chaos » fait partie des morceaux les plus complets de l’album. Long, certes, mais riche. Il nous propose différentes facettes, différents types d’influences et de vocaux. Du riffing froid black metal aux accélérations et à la lourdeur death metal, jusqu’aux ralentissements pesants du doom metal, le growl fait aussi place aux vocaux écorchés mais aussi au chant clair atmosphérique. Les claviers, contrairement à la dernière fois, renforcent encore plus ce côté sombre en distillant des petites touches malsaines et des nappes suffocantes.

Plus on progresse dans l’album et puis on découvre des titres étranges qui inspirent le malaise et dégoulinent d’occultisme comme « Underestimate & Fail » avec son riff principal qui nous guide dans des contrées obscures. Le break aux claviers est saisissant de noirceur avec sa rythmique fonctionnant comme une incantation et ces sonorités qui auraient pu apparaître dans la série de jeux vidéo Legacy Of Kain. L’horreur à l’état pur. De même pour le court « Seven More Needles ». Ensorcelé.

Solekahn livre un très bon successeur à « The Great Divider » avec ce « Nightlights » possédé qui mérite plusieurs écoutes attentives pour en saisir son essence. Son dark/death se révèle très inspiré et suffisamment glauque pour passer un moment perturbant et particulièrement intense. Les neuf années de silence en valaient le coût. Vous êtes prévenus.

 

Ecnephias : Necrogod

Ξ mai 19th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Oriental Metal |

Ecnephias : NecrogodC’est grâce au succès de l’oriental metal et d’albums internationaux basés sur la mythologie égyptienne (Nile, pour ne citer que lui) que les projets aux consonances arabisantes se font de plus en plus nombreux. Beaucoup essaient d’adhérer à cette tendance, pensant qu’ils pourront sortir des sentiers battus, mettre au point quelque chose qu’ils ont toujours eu envie de faire ou éventuellement attirer les foules. C’est la voie qu’a choisi d’emprunter les Italiens d’Ecnephias, responsable de la sortie du bon « Inferno » en 2011. Officiant dans un dark/death, ils se dirigent cette fois-ci vers quelque chose de plus mélodique, soutenu par des ambiances orientales et gothiques. Ils laissent de côté les paroles en italien pour se concentrer sur quelque chose de cent pour cent anglais, un comble pour un concept basé sur les anciennes civilisations (!) et signent de nouveau chez Code666 alors que Scarlet Records avait repris le flambeau.

De prime abord, « Necrogod » jouit d’un son impeccable grâce au mastering de Dan Swano aux Unisound Studios. On retrouve même Sakis, le guitariste de Rotting Christ, sur plusieurs morceaux. Ecnephias a donc réussi à s’entourer de musiciens qui n’ont désormais plus rien à prouver. Lui, par contre, a encore un bout de chemin à faire. Car le côté trop clean et trop synthétique du son ne colle pas vraiment à l’ambiance qu’il essaie de faire ressortir tout le long de son album. Alors qu’on s’attend à la fois à quelque chose de sombre, de chaleureux et d’authentique, on se retrouve plutôt avec un ensemble trop lisse et trop froid, malgré la prédominance d’éléments folkloriques orientaux comme l’introduction « Syrian Desert » par exemple. C’est alléchant mais on finit vite déçu par le manque de profondeur des morceaux et l’aspect trop lisse, trop facile. « The Temple of Baal Seth » représente bien ce vide avec un growl et des riffs qui manquent de présence. C’est la mélodie principale qui domine ainsi que le piano.

Si « Kukulkan » commence bien, avec sa petite touche orientale, la suite est beaucoup plus fade et manque d’accroche. On trouvera par contre notre bonheur sur l’éponyme « Necrogod », à la Septic Flesh, plus dynamique et incantatoire. Les orchestrations se mêlent délicieusement aux guitares tandis que le chant implore la venue d’Osiris, sans oublier les mélodies arabisantes, transportant l’auditeur dans l’Egypte Ancienne. Ce titre marque réellement le début du concept, basé sur les dieux de la mort, puisque nous retrouvons des chansons consacrées à Ishtar la déesse babylonienne de la guerre, à Anubis le dieu funéraire égyptien, à Kali la déesse hindouiste de la destruction, et au Leviathan le monstre phénicien du chaos. Encore une fois, l’enthousiaste fait place à la déception, car pour des dieux de la mort, les titres ne sont pas destructeurs bien au contraire. Il manque cruellement de punch et de noirceur. Entre un « Ishtar » sur lequel Mancan, le chanteur, s’évertue à imiter Peter Steele (Type O Negative) afin d’instaurer une touche gothique, ou un « Kali Ma » ponctué de moments calmes, il y a de quoi se poser des questions. Toutefois, « Anubis » et « Leviathan », sans être véritablement rageurs, ont une ambiance et un dynamisme qui leur correspondent, le premier avec ses relents égyptiens, ses chœurs et ses parties plus tranchantes, le second avec son growl mis en avant ainsi que la puissance des claviers et le côté incisif des riffs. On regrettera vraiment les incursions au chant clair qui, même s’il fonctionne comme une invocation, nous coupe dans notre élan.

L’idée est sympa mais la mayonnaise ne prend pas et on a du mal à accrocher à ces dix morceaux, la faute à une production et à un manque flagrant de dynamisme. Pour faire rapide, la moitié des titres sont à prendre, les autres à laisser. La fadeur des mélodies et le manque de punch auront eu raison d’Ecnephias. Dommage.

 

Armaga : Mystic

Ξ juillet 2nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal |

Armaga : MysticCa fait un petit moment que le quatuor originaire de Moscou fait parler de lui, entre des shows plutôt salués, deux albums à son actif et plusieurs signatures chez des labels russes tels que Molot Records, MSR et maintenant Irond Records. Armaga aura surtout fait sensation lors de la sortie de son premier DVD live, projet ambitieux pour ce jeune groupe manquant d’expérience, ce qui s’est vite fait ressentir, notamment au niveau d’un manque certain d’immersion. Pourtant, le combo a plus d’une corde à son arc et il compte bien le montrer avec la sortie de son nouvel album « Mystic ».

Il s’agit du premier album avec le nouveau chanteur, Sergey Morozov, qu’on avait découvert sur le « Walpurgis Night ». Il faut dire que son arrivée dans la bande a quelque peu changé les habitudes d’Armaga, qui avait fait deux albums mélangeant le doom/gothique et le black symphonique. On avait autant droit à des passages lents, lourds, glauques et mélancoliques qu’à des passages plus rapides, plus black et davantage symphoniques. L’univers était alors horrifique et le groupe jouait avec les atmosphères, à la rencontre de fantômes ou d’être surnaturels. Avec « Mystic », il semble qu’Armaga ait décidé de nous faire rentrer dans son antre. Fini les pochettes mystérieuses avec ce fameux manoir, l’auditeur est cette-fois en plein dans la gueule du loup, pour le meilleur et pour le pire.

Les Russes ont quelque peu laisser tomber leur fameuse alternance pour se concentrer sur une sorte de dark/horror metal. Les éléments black n’existent quasiment plus, si ce n’est la voix de Sergey, octroyant des cris tout à fait caractéristiques à certains moments. A contrario, ce sont les éléments death qui prennent l’avantage, que ce soit au niveau des riffs principaux, et du growl, très présent (« Avenger », « Howl of Despair »). Toutefois, il n’y a pas tant d’accélérations que ça. Le rythme est tantôt lent, tantôt quasi mid tempo, si bien que les atmosphères restent pesantes et plutôt lugubres lorsqu’apparaissent les claviers comme sur « The Past » ou « Mystic », où s’introduisent quelques murmures inquiétants.

Ces éléments permettent au metal d’Armaga de garder son côté horrifique et étrange, comme si des contes horribles nous étaient narrés par un Sergey plutôt convaincant. Les piano, cloches, orgues, xylophones et violons nous embarquent dans ce monde particulier. La démarche en elle-même rappelle les Néerlandais de Carach Angren, que ce soit sur « Trace of Time » ou le flagrant « The Lost Casket », misant sur des voix horribles et un piano dérangeant.

Mais Armaga ne laisse pas de côté ses influences doom pour autant. Car même si le rythme a quelque peu accéléré depuis l’opus « Dark Authority », certains titres gardent cette empreinte toute particulière, comme sur « Masterstroke » et son ensemble bien doom/death, bien que les claviers symphoniques soient de la partie.

On peut de plus remarquer une réelle amélioration au niveau de la production, plus puissante. Les guitares s’imposent davantage ainsi que le chant. Les sonorités symphoniques sont même plus travaillées et plus réelles, collant davantage au concept des Russes, en particulier sur le plus rapide des morceaux, « Evil Spell », bien plus proche du black symphonique actuel, ou sur l’instru finale « Rumble of Horror ».

Armaga rend donc sa musique encore plus « mystique » sur cet opus, renforçant sa personnalité et propulsant l’auditeur dans son univers macabre. Le quatuor a pris l’assurance nécessaire pour convaincre son public mais il faudra encore beaucoup d’effort pour jouer dans la cour des grands et impressionner, par la même occasion.

 

Bilocate : Summoning the Bygones

Ξ mai 31st, 2012 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Oriental Metal |

Bilocate : Summoning the BygonesEn 2005, l’arrivée de Bilocate avec son premier opus « Dysphoria » a été une véritable bombe en Jordanie. Bravant les interdits caractéristiques du Moyen Orient, le sextet a non seulement ouvert de nouveaux horizons mais a permis à la scène locale de faire de vrais pas en avant. Le pays de Petra a donc progressé depuis cette date en terme de metal, ainsi que Bilocate, qui, souffrant alors d’une production tout à fait médiocre, a réussi à se faire remarquer avec le second opus « Sudden Death Syndrom », leur octroyant des signatures chez Kolony Records et Daxar Music, ainsi que chez les Italiens de Code666 Records, spécialisés dans l’avantgarde et le dark metal.

En grande figure du dark oriental, Bilocate revient sur les devants de la scène cette année, après de nombreux concerts et une tournée de soutient avec les pionniers d’Orphaned Land. Le sextet, originalement fondé par les frères Essayed, améliore considérablement son jeu et sa production avec ce « Summoning the Bygones ». Il s’attire les faveurs de musiciens réputés tels que Dan Swano (en guest sur deux morceaux) ainsi que de Jens Bogren (Opeth, Katatonia) pour le mixage. Rien à voir avec la première offrande « Dysphoria », qui bien qu’ambitieuse, détenait un réel point noir : le manque de moyen.

De ce fait, « Summoning the Bygones », comme son nom l’indique, est un « appel aux anciens », c’est à dire un retour aux anciennes compositions. Le groupe a décidé de mêler des titres nouveaux à des vieux, c’est à dire ceux du « Dysphoria ». Toutefois, ils ont été recomposés et remastérisés, de façon à repartir depuis le début. Ce sont donc comme des nouveaux titres, avec la patte et la production actuelles. Le rendu ne peut être que plus efficace.

Si vous êtes un habitué du « Dysphoria », il serait dommage de passer votre chemin dans la mesure où il s’agit ici d’une toute autre expérience. Le groupe a beaucoup évolué et même si on peut reconnaître les parties et les mélodies, il a changé énormément de structures, et les tout nouveaux titres sont comme une suite du terrible « Sudden Death Syndrom », à la manière d’un « Beyond Inner Sleep » qui mélange habilement les styles dont Bilocate nous avait habitué, la voix claire du growleur hors pair en prime.

Les Jordaniens sont réputés pour leur doom/death oriental au Moyen Orient et ils continuent ici sur leur lancée sur la majeure partie des titres. Ces derniers sont longs et très progressifs de façon à nous offrir un panel complet de sonorités et de mélodies. « The Tragedy Within » montre tout le potentiel de Bilocate avec son intro arabisante, son accélération très dark/death, ses envolées symphoniques, ses ralentissements de rythme, ses riffs mélancoliques, sa lourdeur, et son growl caverneux bien charismatique. A « Deadly Path » se verra raccourci tandis que « Passage » garde son empreinte atmosphérique pour faire la part belle au chant clair triste. Cependant, on ne peut pas dire que le groupe accentue le côté doom, qui devient moins prédominant et se veut plus comme une influence, contrairement aux parties death et symphoniques, qui se taillent la part du lion. On retrouve donc peu de parties lentes et écrasantes mais aussi peu de parties rapides et bourrines. Tout se porte sur les atmosphères en somme.

Exception faite sur le conceptuel « A Desire to Leave », qui parfois s’apparente à un doom funéraire à la Evoken. Le morceau est lourd et porté par un piano ainsi que le duo de vocalistes Essayed / Swano. Les guitares, qu’elles soient acoustiques ou metalliques apportent beaucoup à l’ambiance sombre et orientale du titre qui tire sur le black à certains moments. En outre, Bilocate a le mérite d’offrir la chanson la plus longue du Moyen Orient, avec une force et un charme qui lui est bien caractéristiques, et ce, grâce à trois parties tout à fait distinctes.

Bilocate rend aussi hommage aux initiateurs britanniques du doom/death, c’est à dire Paradise Lost, avec une cover de « Dead Emotion ». Il s’agit d’une de leurs principales influences et les Jordaniens ont réussi à composer une reprise convaincante et surtout personnalisée. La patte du sextet se retrouve bien, avec cette apport massif et puissant de claviers et les soli arabisant de Rami, sans non plus déformer la version originale.

Dans son ensemble, « Summoning the Bygones » ne manque pas de prise de risque, toutefois, on aurait aimé plus de nouveautés, la reprise restant dispensable, et même si des titres comme « Hypia » (anciennement « Days of Joy ») ont été refait intégralement (paroles, mélodies, structures…), il manque cette force propre à « Sudden Death Syndrome » et cette ambiance prenante en matière de dark oriental. Sans doute parce qu’on se retrouve avec deux esprits d’avant, le Bilocate d’avant et le Bilocate de maintenant. Cela reste donc assez confus, bien que la puissance soit toujours de rigueur et que tout soit calibré au millimètre prêt. De toute manière, les Jordaniens confirment leur position de leader dans la scène dark orientale avec cette pierre angulaire.

 

Samael : Lux Mundi

Ξ avril 10th, 2011 | → 15 commentaires | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Samael : Lux MundiIl est étonnant à quel point la sortie d’un nouvel album de Samael est soumise aux plus grandes interrogations. Les suisses en effet, s’amusent toujours à brouiller les pistes et à confectionner des albums aussi différents les uns des autres. Différents, certes, mais chacun apporte son lot d’ambiances et d’émotions, si bien que chacun est comme un ovni au sein de la discographie de ce groupe atypique, loin de respecter les conventions ou des étiquettes précises. Samael expérimente et va au-delà des codes, et ce depuis le début. Du très black « Worship Him » à l’album de transition « Passage » en passant par l’atmosphérique et arabisant « Reign of Light » jusqu’au très lourd « Above », le quatuor n’a cessé de progresser, évoluant irrémédiablement vers une musique indus, tout en allant aux frontières du nouveau et de l’étrange…

Mais même si Samael sait se faire plaisir et sait utiliser son grand talent en matière de compositions pour concocter des opus si particuliers, les suisses, dernièrement, semblent s’être attirés les foudres de ses plus fervents fans. En retournant vers leurs origines black et en ajoutant le lien manquant entre «Passage » et « Ceremony Opposites », Samael a engendré par mal de déception avec un « Above » linéaire, brutal, plus brouillon et mal mixé, au chant monocorde. Le récent EP « Antigod », dispensable de surcroît, avait encore plus inquiété les auditeurs, ne retrouvant pas la patte que Samael s’évertuait souvent à intégrer dans ses chansons…

« Lux Mundi » arrive donc, jouant semble-t-il avec l’obscurité et la lumière, ces deux antithèses pourtant si belles et bien représentées au sein de ce nouvel opus. La pochette, par exemple, n’est autre que le contraire de « Solar Soul ». Nouveau fruit de Patrick Pidoux (designer s’étant occupé des trois dernières covers du groupe) qui exécute les souhaits du chanteur/guitariste Vorph et créé une série de rayons partant et/ou finissant au centre de la pochette, centre qui n’est autre qu’un oeil, sens ultime permettant de capter la lumière…

Moins cosmique qu’à l’accoutumée donc, mais si représentatif de l’esprit et des ambiances véhiculées au sein de cette oeuvre. « Lux Mundi » est difficile à appréhender tant les atmosphères sombres et les sonorités lumineuses diffèrent de morceau en morceau…un ensemble loin d’être homogène et assez diversifié, inclassable de surcroît…car même si Samael s’est inéluctablement dirigé vers un black indus puissant et aérien, il faut dire que ce « Lux Mundi » se dirige davantage vers un Dark Metal écrasant…

En tout cas, il est clair que nos suisses préférés n’auront jamais autant varié les sons, les intros et les ambiances en un seul album, et c’est ce que l’on remarque immédiatement après écoute. Ce mesclin imprenable, cette tendance à différencier les titres leur donnent une identité, une empreinte musicale bien définies. Toutefois, il semblerait que des Passages de-ci de-là aient été empruntés aux précédents opus, avec ce côté nouveau et expérimental en prime. Ainsi, on peut aussi bien retrouver le côté aérien et froid d’ « Eternal » que le côté impérial et mythologique de « Solar Soul », couplé aux vocaux de « Reign of Light » et à certains Passages lourds et profonds de « Passage »…

Mais le changement reste tout de même quelque peu inattendu. Le rendu est particulier, fort, puissant. « Lux Mundi » est sombre, très sombre malgré ce nom lumineux. Assez sombre pour embarquer l’auditeur dans des contrées nouvelles et abyssales où les sonorités fusent. Les morceaux malgré ce rythme au tempo moyen détiennent une certaine aura et une certaine force. Même si celle-ci est loin d’égaler le côté martial de « Passage » ou « Eternal » entre autres, « Lux Mundi » est doté de riffs lourds et taillants, et d’une voix bien grave et offensive. La basse, mieux mise en avant, accentue d’autant plus cette impression d’obscurité et les claviers atteignent irrémédiablement leur paroxysme en matière de sons et d’effets. Xy nous sort le grand jeu, nous offrant des choeurs, des sons impériaux, d’autres plus étranges et distordus, des violons synthétiques, des nappes aériennes, d’autres plus sombres et j’en passe… Pour le coup, chaque instrument a sa place, nous montrant sa puissance, sa contribution et on est vraiment bien loin du mixage mal fichu et de cet ensemble brouillon sur « Above » où tout était écrasé par une batterie omniprésente et des vocaux monocordes des plus agaçants.

L’album démarre donc en trombe avec « Luxferre », qui semble tirer son intro de celle d’ « On the Rise » chez « Solar Soul ». Un rythme rapide et entraînant, une batterie claquante, des riffs efficaces, un refrain mémorable et des claviers d’une puissance accrue à la manière d’un « Rain ». La suite se veut d’autant plus martiale et tranchante : les riffs s’enchaînent et fonctionnent telles des cisailles, le chant de Vorph n’a pas perdu de son charisme et de son agressivité, les claviers et la boîte à rythme ont une place qui leur est propre. On est donc loin du bordel véhiculé par « Above » mais vraiment plus proche des anciens opus, plus carrés, maitrisés mais aussi émotifs. Si « Let My People Be » et « For a Thousand Years » sont les plus aériens à la manière d’ « Eternal », « In the Deep » reste le plus sombre, écrasant et rageur, avec « Antigod », à l’exception que ce dernier ne possède pas cette fibre ultime et détient malgré tout une linéarité et un léger manque d’inspiration. « Pagan Trance » et son intro synthétique suivie d’accents assez ethniques pourrait faire penser au travail effectué sur « Era One ». « Soul Invictus », fonctionnant un peu comme « Antigod », rappelle les sonorités mythologiques et impériales employées sur « Ave! » dans « Solar Soul ».

Cependant, il y a bel et bien un morceau qui pourrait en étonner plus d’un. « The Truth Is Marching On », la conclusion de l’opus, reste sans doute le titre le plus efficace, grandiose, épique même, et rapide. Après un commencement bizarroïde, qui n’est autre que l’arbre cachant la forêt, la suite, telle une déflagration, cartonne littéralement. Ça blast beaucoup, des Passages sont assez syncopés, les riffs agressifs, le chant furieux et les claviers détiennent de multiples facettes pour un résultat dense et sans répit. Un peu à la “Passage“…

« Lux Mundi » n’est donc pas une déception, mais une bonne surprise. Toutefois, il est si diversifié et emprunte tant aux autres albums qu’on est en droit de se poser des questions sur son originalité. Même si le tout pourrait apparaître assez brouillon, l’aspect expérimental et fort restent bel et bien présents: l’ensemble de l’opus révèle une petite dose de nouveauté.

Alors que l’EP « Antigod » semblait montrer la direction musicale empruntée par Samael, il s’avère, à contrario, qu’elle était d’autant plus flagrante avec le morceau bonus « Architects » sur « Solar Soul », beaucoup plus dans l’esprit. Un retour aux sources donc, plus qu’une évolution, malgré tout doté d’éléments déjà connus et d’autres légèrement nouveaux…

 

Rain (CH) : Sephirots

Ξ février 20th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : SephirotsVoici le tout premier album des Suisses de Rain, Sephiroths, prenant pour concept le mythe de la Création, vue notamment dans la religion juive…mythe représenté par un arbre de vie…d’où la pochette : un arbre rouge resplendissant de mille feux.

Outre ce concept des plus sympathiques, il faut noter que le groupe a toujours été comparé à leurs aînés Suisse de Samael, surtout avec leur album « Passage », et comme par hasard, la sortie de « Sephiroths » est annoncée quelques mois après celle d’ « Eternal » de Samael

Coïncidence ou non, Rain ne s’est jamais caché de s’inspirer de leurs confrères, en leur piquant par exemple les jeux de claviers et la modulation de la voix…

Ceci étant, attelons-nous sur « Sephiroths ». Que trouver de particulier, d’original ? Que devons-nous réellement retenir de cet album ? Disons, pas mal de défauts.

Il faut l’admettre, malgré une idée de base assez bonne, le tout reste un peu fade, notamment par des instruments qui ont du mal à s’imbriquer les uns dans les autres. Au cœur de leur metal gothic/electro à tendance black voire symphonique, le tout reste peu homogène. Chaque instrument est de son côté et on sent peu d’alchimie. La voix est peu assurée, même si le mélange de growl et de chant clair ou même murmuré est intéressant. Les guitares sont peu techniques et linéaires, sauf pour les quelques solos, relevant un peu le niveau…la batterie, sorte de boîte à rythme, adepte de la double pédale, s’emboîte pas trop mal avec le reste…quant aux claviers, leur lignes se ressemblent beaucoup trop à mon goût au fil de ces sept titres.

Le titre introducteur et instrumental « Crystalline Formations » peut lasser par le fait qu’il n’y ait aucune progression et que les notes au piano soient les même du début à la fin (les fonctions des claviers changeant seulement les ambiances). Si l’album peut ennuyer l’auditeur par son manque cruel de dynamisme et d’harmonies accrocheuses, nous donnant parfois une impression de déjà-vu (disons, déjà-entendu !) « Blotzheim » remonte le niveau par son accélération digne de ce nom et son ambiance on ne peut plus black : batterie tonitruante, puissance des claviers, chant crié, mais guitares…un poil effacées.

Malgré le fait que l’album ne se veuille pas très concluant au fil des titres, il faut attendre le dernier morceau « Seventh Seal » pour vraiment avoir une chanson digne de ce nom, bien organisée, bien orchestrée, bien foutue, bref, du tout bon, fonctionnant comme un réel contre exemple. Les claviers apportent une ambiance bien dark sympho dès l’intro et continuent leurs offensives dans les différentes parties du titre, variant leur fonctions ; la batterie bien bourrine est accompagnée de guitares bien rentre dedans, envoyant la sauce pendant les refrains, et ne perdant par leur agressivité pendant les couplets. Le chant lui, se veut extrêmement particulier et incisif dans les refrains : une superposition de voix, l’une en growl, l’autre saturée. « Seventh Seal » est LE titre de l’album par son côté apocalyptique, et s’annonce comme étant le fil conducteur des futurs albums de Rain.

Du haut de ses trente deux minutes, je ne pense pas que l’auditeur soit réellement conquis, surtout s’il faut attendre le dernier titre pour entendre quelque chose d’original. Malgré tout, ce n’est qu’un premier album, et le premier rouage dans un engrenage. La machine enclenchée, Rain nous aura sortie de très bons albums plus matures, dont « Starlight Extinction », leur bijou. En conséquence, ne vous faîtes pas une idée du groupe rien qu’avec cet album, ce serait bien dommage.

 

Asguard : Dreamslave … Awakening

Ξ février 12th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Melodic Death Metal |

Asguard : Dreamslave ... AwakeningAsguard…un tel nom peut vous faire penser à un petit extra-terrestre grisâtre vu dans une série télé, ou au nom de la cité mythique des dieux scandinaves et pourtant…le combo est biélorusse et avait adopté à l’époque le nom d’Ancient Castle, sans même une seule référence divine…avant de choisir celui d’Asguard, plus mystique dans un sens…

Le groupe, peu connu, a quand même plusieurs albums au compteur, « DreamslaveAwakening » étant leur quatrième, mais aussi, la suite de « Dreamslave », une épopée death/indus voire électro sur l’esclavagisme des humains, et par conséquent, leur déshumanisation…cet album raconte en réalité, le réveil de ces hommes déchus et leur envie d’agir face à leurs oppresseurs, histoire qu’il est possible de tout de suite deviner grâce à un simple coup d’œil à la tracklist : « Rebellion », puis « Awakening » (le réveil), et ensuite « From the Abyss to Misty Heaven » ( Des abysses jusqu’au ciel brumeux). Ce concept est aussi mis en valeur par la pochette de l’album : une personne est attachée et prise au piège par des bras mécaniques…

Il est vrai qu’un tel groupe, par le fait qu’il soit pratiquement inconnu en France, puisse interloquer, mais ce serait sous-estimer un talent certain qu’il est en effet bon de souligner. Asguard possède un don pour raconter une histoire prenante, grâce à une musique toute aussi intéressante, aux harmonies accrocheuses et aux atmosphères futuristes.

Le premier titre “From Chaotic Memory” plante le décor et sert de prélude : un fond électronique, une ambiance cyber, pas de guitares, mais quelque chose de très planant, histoire de nous faire entrer dans le bain…jusqu’au titre suivant, « Something in the Past », réel enchaînement avec ce prologue instrumental, partant sur les chapeaux de roues avec des riffs déchainés, une batterie tonitruante et une voix bien death, accompagnés de synthés et d’effets électroniques…

En effet, l’électronique prend une part importante dans la composition des titres, amenant un côté spatial voire même épique et assez dark à cause de certaines nappes de synthés (« Like Fallen Stars ») ou de la synthétisation de la voix (« Rebellion »). La dualité entre les guitares saccadées et la mélodicité du piano est un atout fort tout au long de l’album, apportant une bonne dose de modernité et d’émotion, notamment sur « Buried Alive » qui reste le meilleur exemple.

Le tout reste assez homogénéisé et on ne s’ennuie pas, sans doute dû à la diversité des harmonies, et du concept assez science fiction de l’album. Le chant est assez varié, passant d’un simple chant clair ou synthétique pour certains morceaux, à du growl, ou des cris. La basse est assez mise en valeur, je dois dire : son jeu est très optimisé.

Je n’épiloguerais pas sur les deux derniers titres de l’album, qui sont des reprises (de Kreator entre autre), bien en-dessous des originales …

Un énième album sur l’esclavage des hommes dans le futur, mais très intéressant à son écoute. Malgré son côté death/indus/electro, cet album est loin de se retrouver au palmarès des albums dit « cyber-metal », toutefois, il est assez futuriste pour attirer les amateurs d’originalité et de modernité. Un album que je conseille vivement, dans lequel les « electronic lovers » pourraient y trouver leur compte.

 

Rain (CH) : Natural Order

Ξ décembre 17th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Industrial Metal |

Rain (CH) : Natural Order“La Suisse a un incroyable talent”

Il suffit d’écouter Rain pour s’en rendre compte.

Les suisses pondent en 2000 leur second album “Natural Order” où le thème de la nature est prédominant. La cover tout d’abord: une forêt, des racines, un rayon de soleil, un ruisseau, et la tracklist, où quatre titres à la suite reprennent les quatre éléments de la Terre : eau, feu, terre, et air.

Rain aura longtemps été un des seuls groupes de la scène suisse, bien que peu connu, avant que son fondateur, Drop (guitariste et claviériste), fasse muter le combo vers quelque chose de plus agressif (et ça a donné…Sybreed). En 2000, il n’est alors âgé que de 15 ans et il est impossible de ne pas remarquer son talent. Dans Rain, il a presque tout composé lui-même.

Leur comparaison avec Samael n’est pas anodine, en réalité elle est justifiée. Le concept et la musique en elle-même présentent de grandes similitudes, à savoir les claviers et le piano, la batterie, semblable à la boîte à rythme de Samael, et le chant, si particulier, tranchant et charismatique.

Rain n’est tout de même pas une copie conforme de leurs aînés suisses. Ils ont même rien à leur envier tant leur musique détient une personnalité qui leur ait propre, même si les influences se font sentir.

Ils officient dans une musique industrielle et électronique, tantôt death, tantôt gothique voire black. A priori, la partie death se retrouve par la lourdeur des guitares et leurs nombreuses saccades comme on en retrouve sur “My Own Peace”, mais aussi le jeu de la batterie, bien rythmée et pas avare en double pédale. La partie électronique se retrouve sans aucun doute par les claviers omniprésents et les samples, claviers d’une puissance étonnante et extrêmement mélodiques, même planant comme sur “Gaïa My Home”, samples limite techno sur “Another Day“. Quant à la partie gothique, elle se retrouve par les ambiances, bien glauque, et par le chant, qui varie tout le temps. Il n’est jamais le même et est régulièrement murmuré, ou même simplement parlé. Chant qui se veut aussi black par moment.

Intéressant ce mélange de style. Ca en reste même déconcertant d’entendre que ce mix se fait si facilement. Comme si le groupe avait fait ça toute leur vie. Ce n’est qu’un deuxième album!

Il est en effet ahurissant d’écouter la puissance de la musique. Les riffs sont excellents et extrêmement bien trouvés, la boîte à rythme semble plus vraie que nature et est assez technique, les claviers sont monstrueusement mélodiques et sont littéralement le fil conducteur de l’album. Autant rassurer, ils créés une ambiance et des effets sonores, on n’a donc pas des solos à tire larigot. Prenez le titre d’introduction “Aftermath” et vous comprendrez. Cette chanson montre toute la puissance des instruments, avec des claviers ultra atmosphériques et des guitares bien agressives.

Les quatre titres mettant en scène les quatre éléments de la nature sont tout simplement magnifiques. Alors que “Water” nous plonge dans une ambiance calme et planante, où le son du piano crystallin arrive sans peine à nous emmener “mentalement” au bord de la mer, “Air” est bien glauque, très mystérieux, avec cette guitare et ces solos qui nous prennent la main jusqu’à la fin, juste un son qui perdure pendant les trente dernière secondes.

Earth” et “Bios” sont les titres les plus rentre-dedans de l’album après une suite de titres doux et planants. Le refrain de “Earth” est digne d’un titre de Samael, guitares incisives, claviers et piano similaires, voix tranchante et black et en accord avec chaque note de guitare…et la fameuse boîte à rythme. Et une fin une fois de plus très prenante, un seul son de clavier où on a l’impression d’être tombés dans les entrailles de la terre…contrairement à “Bios”, un déferlement de guitares et de claviers, où les headbangs sont au rendez-vous! Agressif mais mélodique, le jeu hypnotique du piano au refrain ne vous laissera pas indifférent.

Je tiens à souligner le jeune âge de Drop, qui malgré ça, arrive à nous concocter un album bien mature où puissance rime avec mélodie, des mélodies déferlant à n’en plus pouvoir. Des ambiances glauques sont en rendez-vous, ça part un peu dans tous les sens parfois mais le rendu est très intéressant et loin d’être déplaisant. Les structures sont parfois complexes et surtout techniques

“La Suisse a un incroyable talent”. La Suisse a Rain, autant qu’elle a Samael, Celtic Frost, et anciennement, Coroner…Des générations différentes, mais des pattes qui leur sont propres.

L’album n’est tout de même pas parfait. Les titres ne sont pas très longs et peinent à dépasser les quatre minute trente. La production reste trop synthétique et ne fait pas assez “naturelle”. Le chant n’est pas assez mis en avant et la basse non plus.

Je recommande cet album surtout pour le premier titre “Aftermath” et “Water”, qui sont vraiment les hits de l’album, ceux qu’on retient le plus. Les compos ne sont pas répétitives, loin de là, chaque titre ayant son identité, mais il arrive souvent qu’on retienne une ou deux chansons dans un album.

Laissez vous guider par la magie créatrice de Rain….déçus, vous ne serez pas…

 

Bilocate : Sudden Death Syndrome

Ξ octobre 23rd, 2009 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Oriental Metal |

Bilocate : Sudden Death SyndromeLes ténèbres orientales…un monde lointain, perdu, méconnu où les Jordaniens de Bilocate ont décidé de nous emmener. Sorti tout d’abord en 2008 en tant qu’autoproduction, le combo a su prendre avantage de son succès pour rééditer ce « Sudden Death Syndrome » en cette année 2010 sous le label Kolony Records. Qualité de production garantie mais aussi recensement intéressant pour ce groupe en devenir, qui avait tout juste commencé à se faire remarquer en 2005 avec la sortie de leur premier bébé, « Dysphoria »…

Je dois bien vous avouer qu’à sa sortie j’avais sous estimé cet album, traitant du syndrome de la mort subite, représenté à travers plusieurs situation, notamment la combustion spontanée, la mer morte, etc. J’avais trouvé en ce « Sudden Death Syndrome » un opus particulièrement bien foutu mais pas à la hauteur pour finir dans mes albums fétiches d’oriental metal. Et le temps m’aura bien prouvé le contraire.

Bien des mois après les premières écoutes, les premières appréhensions, les premières émotions, il faut dire que cette œuvre en laisse de nouvelles derrière elle, même avec une bonne dose de recul. Car il faut le dire tout de suite, « Sudden Death Syndrome » se laisse véritablement apprécier avec le temps…quelque chose qu’il ne faut donc pas prendre à la légère.

Il s’agit en tout cas d’une pièce maitresse dans le monde du metal oriental jordanien, Bilocate étant le groupe principal du coin. Les deux frangins et leurs amis officient dans un dark metal oriental aux relents death et parfois symphoniques, en incorporant bien évidemment des sonorités arabisantes, présentes aussi bien dans les riffs, les claviers que les instruments traditionnels. Une originalité changeant du metal « classique », et donnant plus d’esthétisme et de matière aux compostions.

Car Bilocate ne fait pas dans la finesse, ni dans le minimalisme. Il est très intéressant et surtout impressionnant de voir à quel point l’album est riche, savoureux, touchant, mélodieux tout en gardant cette partie bien sombre qui fait sa marque de fabrique.

Pendant cinquante deux minutes, le combo nous embarque dans des contrées lointaines et obscures, où règne une inquiétude impalpable, paradée par un fond des plus atmosphériques. L’intro instrumentale est le morceau idéal pour commencer l’immersion. Mystérieux, froid, sombre, les percussions et guitares orientales nous laissent quelques mélodies étranges, perdues, avant de nous laisser sombrer dans les méandres d’un monde pour le moins terrible : « Blood Forests ».

Ce titre est la pièce maîtresse de l’album et sans doute la plus riche et complexe. Progressif à souhait, long de près de dix sept minutes, « Blood Forests » met en valeur le talent de composition de Bilocate, en alternant les passages agressifs et calmes, frôlant la lenteur excessive, le désespoir incommensurable, la douleur, et les symphonies grandiloquentes. Les changements de rythme domine donc à mesure que le chanteur nous growle des paroles d’une voix on ne peut plus grave et lamentée. Les riffs et solos peuvent aussi bien être tranchants, plaintifs, mélodieux, saccadés et touchants. On peut dire qu’on à faire ici à une excellente mixture de dark/death/doom/symphonique…tout en gardant ces sons orientaux et terriblement immersifs…

Mais ce n’est pas fini. Cinq autres titres suivent ce morceau sublime, cinq morceaux rimant avec puissance, agressivité, mais aussi finesse et richesse. On remarquera l’apport considérable des claviers nous donnant des chœurs grandioses et une sorte de symphonie discrète à l’orientale à mesure que des notes de piano s’envolent comme sur « The Dead Sea ». Les solos sont souvent arabisants mais gardent cet aspect dark prédominant tout le long de ce « Sudden Death Syndrome ». Le chant caverneux n’est que l’élément de plus enfonçant l’auditeur dans un océan noir, infini…

On peut tout aussi bien tomber sur des morceaux plus lents et d’autant plus touchants, à la manière de « Ebtehal » qui joue énormément sur les sonorités. Les guitares sont d’autant plus mises en avant sur ce morceau, déjà lors de la longue intro, sorte de balade en acoustique, mais aussi en milieu de titre, lors d’un break dark et passionné, orientales cette fois-ci et surtout très ténébreuses. La fin du morceau mise sur une agressivité impalpable soutenue par une puissance terrifiante des claviers en arrière plan et un chant pour le moins poussé à son paroxysme…

« Pure Wicked Sins » est sans doute le morceau doom par excellence, la lenteur étant de rigueur, les vocaux étant cette fois ci les pièces dominantes car alternés chant rocailleux/chant clair, le seul endroit où on pourra entendre une aussi grande palette d’éléments vocaux, tous plus ou moins poussés à l’extrême. Du haut de ses quelques six minutes vingt, l’ambiance se veut réellement oppressante, froide et mélancolique, à mesure que le piano, en fil conducteur, nous concocte des notes des plus sombres et prenantes.

L’album se termine tel qu’il a commencé, par une outro instrumentale orientale et dark, dotée d’instruments traditionnels. Mais on devra se contenter de cela, ou peut-être remettre le disque une nouvelle fois et s’immerger de nouveau. « Sudden Death Syndrom », par son aspect simple, se veut donc bien plus riche qu’il en a l’air, surtout avec un nombre conséquent d’écoutes. Car Bilocate signe ici un chef d’œuvre en matière de dark oriental metal, aux ambiances et genre tous aussi variés que les mélodies….

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News