Rudra : RTA

Ξ octobre 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Rudra : RTALes brahmanes adorateurs du dieu hindou de la destruction ne chôment pas et nous habituent, depuis au moins deux ou trois albums, à sortir un album tous les deux ans, ce qui nous empêche d’attendre des lustres avant de voir leur œuvre voir le jour. Il faut dire que les Singapouriens ont un public fidèle qu’ils n’ont pas déçu, et pour cause : leur death/back metal reste original puisqu’il met en valeur, dans les paroles et la musique, la culture locale mais aussi la mythologie hindouiste et védique, ce qui aura donné naissance au terme « vedic metal », référence ultime au metal de Rudra. En ce sens, l’œuvre la plus complète est la trilogie des « Brahmavidya » puisqu’on y retrouve tout tous les éléments qui font le charme et la réputation du groupe, le plus faible étant toutefois « Immortal I », sentant indéniablement le réchauffé.

Après vingt ans de carrière et sept albums studio, ils sont de retour avec un nouvel opus, « RTA ». Vu que la trilogie est terminée, Rudra se dirige vers autre chose, tout en gardant, évidemment, ses habitudes. « RTA » signifie « l’ordre dans l’univers », une sorte de rythme que l’on retrouve n’importe où, dans n’importe qui. Pour cela, le quatuor toujours mené par Kathir (chant/basse), opte pour une pochette plus sombre mais aussi plus sobre : pas de divinités, de statuettes ni de temples, un fond noir suffit. Il propose aussi des noms de titre plus courts, plus simples, plus communs. Ce côté minimaliste côtoie une musique qui semble cette fois-ci plus influencée par le prog. En effet, la durée des morceaux s’allonge considérablement : il faut compter 9-10 minutes, minimum.

Pour six titres (plus un caché, eh oui), autant dire que cela fait long. Et même si la musique de Rudra a toujours été comme un carrefour entre Est et Ouest, ce « RTA » semble complètement dénué d’âme, froid, vide d’idée. Le réchauffé est de nouveau à l’honneur avec cet album. Bien que « Death » commence bien avec sa guitare acoustique, sa mélodie mystique et ses flutes, les parties metalliques sont bien fades. On retrouve tout de même le style du groupe, avec ses guitares chantantes et le chant black de Kathir. Le solos sont mis en avant mais le titre a toujours la même structure et autant dire les quasi neuf minutes s’écoulent très longuement, d’autant plus que le rythme manque de dynamisme.

« Heartbreak » débute de la même manière mais nous offre des chants traditionnels avant de laisser place à la dualité des guitares. Mais une fois encore, la mayonnaise ne prend pas. Les moments calmes, avec des instruments traditionnels, sont très chouettes, mais il n’y a pas de déflagration, pas de moments intenses ni d’assemblage de riffs massifs et de rage. A trop vouloir faire dans le spiritisme et le védisme, Rudra s’embourbe pas mal, et en oublie sa force : des riffs féroces, un chant hargneux, pour un ensemble énergique.

Au final, il n’y a presque pas besoin de décrire les morceaux puisqu’ils sont (presque) tous formés de la même manière. Devinez donc l’introduction « Abduction » ou celle de « Resolve ». Allez, vous avez trouvé. La différence, c’est qu’ « Abduction » a quelques minutes plus costaudes, avec des blasts et un côté épique très prononcé, qui relève le niveau. Un côté épique qu’on retrouve aussi dans « Manipulation », la chanson phare de ce « RTA », beaucoup plu dynamique.

Ce « RTA » est très difficile à ingurgiter, en particulier pour les fans purs et durs du groupe et ceux qui voient dans les termes « death/black » et « epic » autre chose que du metal mou du genou et des structures dénuées d’inspiration. Le manque d’inspiration…il en est question dans cet album. Certains se plaignaient d’ « Immortal I » mais ce nouveau méfait montre les faiblesses de Rudra, un groupe qui semble de plus en plus avoir atteint les limites de son imagination et qui fait de son mieux pour se renouveler, avec, notamment, plus de prog, et moins d’instruments traditionnels. Quoi que, si vous en voulez un peu, la piste cachée peut vous dépayser et fonctionne très bien en ambiance. Il faut maintenant espérer que ces soucis ne soient pas irréversibles, auquel cas le metal asiatique perdrait une grande figure et un grand moteur…

 

Skyfall : Convenient God

Ξ mars 25th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Skyfall : Convenient GodSkyfall s’est, pour la première fois, fait remarquer avec la sortie en 2011 de son premier album « Bestiarium Pool » en officiant dans un death/black symphonique de bonne facture et à la mode, en témoignent les nombreuses sorties du genre en Russie. Le nouvel album, « Convenient God », a été composé peu de temps après le premier méfait mais il manquait un label pour la distribution. Le combo ne parvient pas à trouver le label américain ou européen tant attendu et se tourne du coup du côté de Fono Ltd. fin 2012 afin de sortir ses nouvelles compositions début février.

Cette fois-ci, fini le sympho de « Bestiarium Pool », Skyfall fait une sorte de retour aux sources pour se pencher de nouveau vers le death/black. Le nouveau line up est la raison principale de ce changement d’orientation, les membres étant beaucoup plus axés vers le metal de la mort. C’est de façon tout à naturelle que le quartet s’est lancé dans l’écriture de titres beaucoup plus death metal, avec des teintes de black et une forte inspiration polonaise, ce qui les rapproche de Hate, de Behemoth et de Vader pour les passages les plus brutaux.

« Convenient God » est un album qui d’une part, dénonce l’idolâtrie de la technologie (comme une divinité de métal) et le pardon trop facile de Dieu. Skyfall utilise une thématique à la fois classique et moderne et la met en lumière grâce à un death metal fracassant où les blasts beats ne font qu’un avec les gros riffs tranchants et mélodiques. Les Russes ne font pas dans l’originalité de ce côté-là, car l’influence polonaise est évidente (« Azazel », entre autres), mais il faut dire que pour un petit groupe, un son pareil et une production en béton lui permettent de mettre certains atouts de son côté.

Chaque instrument n’est pas délaissé, le growl d’Hadit est incisif et tend parfois vers le black comme sur un « Avoid Hell » plus mid tempo et porté par les riffs black et la double pédale. Les grattes ont le bon rôle et varient les plaisirs en alternant grandes offensives (« De Profundis Domine »), soli, petites touches techniques et atmosphériques (« Ball of Insanity »). Enfin la basse et la batterie sont bien complémentaires et bien audibles, ce qui n’est pas le cas de toutes les formations russes…

Même si la plupart des titres sont relativement efficaces et furieux, ils ne se démarquent pas les uns des autres. On a aussi du mal à trouver une réelle personnalité dans le travail de Skyfall, qui la joue trop à la polonaise : pas facile de trouver un morceau qui ne nous rappelle pas Hate et ses confrères. Toutefois, on passe un bon moment avec des morceaux assez prenants comme « Their Will Is Torn » ou l’éponyme « Convenient God ».

Malgré un manque flagrant d’identité, Skyfall s’en sort plutôt bien avec ce « Convenient God » qui, même s’il ne réinvente rien, a le mérite d’être bien fichu et plutôt encourageant. Copier les aînés ne suffit pas, il faut voler de ses propres ailes et trouver l’élément qui fera la différence…

 

Nexus Inferis : A Vision of the Final Earth

Ξ février 14th, 2012 | → 2 commentaires | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Nexus Inferis : A Vision of the Final EarthLe metal futuriste s’est pris une bonne claque dans la figure en 2011, mis en avant par de nouveaux groupes et surtout des formations cyber metal en grande forme et de plus en plus extrêmes. Si la génération cyber djent continue de prendre pour influences Meshuggah et Fear Factory, celle du cyber brutal pioche plus dans les formations extrêmes existantes telles que Behemoth ou encore The Amenta. On aura vu le résultat l’an passé avec ID:Vision et Seth.Ect.

Nexus Inferis ne déroge pas à la règle et tout comme ses acolytes, les Gallois offrent en ce début 2012 un gros condensé de metal extrême et de cyber pour un résultat très agressif et post apocalyptique. Fortement influencé par Ray Kurzweil (spécialiste sur la futurologie et le transhumanisme), la science fiction et les scénarios fin du monde dont nous sommes de plus en plus habitués, le trio a profité de l’occasion pour s’offrir un visuel bien mécanique, les membres étant tous plus ou moins habillés en cyborgs. Ajoutez à cela l’esthétique bien inhumaine de la pochette et vous pouvez d’ores et déjà vous faire une idée de ce qui va arriver : l’homme est inéluctablement pris dans la déchéance de sa planète et ne peut rien faire si ce n’est subsister et échapper aux pièges des technologies et de la mécanicité.

C’est avec violence et terreur que Nexus Inferis nous plonge dans l’enfer de notre planète, ne lésinant pas une seule seconde sur l’apport considérable d’éléments brutaux, que ce soit les riffs, les rythmes ou les vocaux. C’est une immersion totale qui nous est offert sur un plateau d’argent, les éléments cybernétiques et autres bidouillages techniques étant présents dans la majeure partie des morceaux sans tomber dans l’électronique facile. C’est mécanique, effrayant, futuriste et apocalyptique, l’atmosphère étant bien sombre et froide, totalement aseptisée et dépourvue de toute émotion. Ca se sent directement dans l’ouverture « Perspective », comme une bande son d’un film d’horreur ou d’un jeu vidéo d’épouvante : une voix synthétique et distordue, une ambiance inhumaine et désespérée, des touches de claviers symphoniques décadentes avec ces relents d’éléments industriels. L’arrivée de « Tremor » renforce cette idée en intégrant les éléments black metal, les blasts étant d’une rapidité extrême, et celle de « The New Strain » entraîne irrémédiablement l’auditeur dans un univers cybernétique très prononcé.

L’éponyme « A Vision of the Final Earth » se rapproche de l’univers d’ID:Vision et ses touches black parsemés d’éléments death et de parties assez expérimentales dans le riffing. On reste bien dans le domaine de l’extrême, avec ces influences death/black polonaise côtoyant l’univers cyber des groupes actuels. « Beyond Evolution Rubicon » arrive être plus sombre et robotique, même dans les vocaux, avant de faire place à un « Destroyed Aperture » qui laisse les guitares de côté. Irrésolument cybernétique, électronique, noir et futuriste, les cris sont à la fois torturés et synthétiques, comme une réponse à ces sons étrangers et ces samples à l’arrière goût d’acier.

En guise de fin, Nexus Inferis laisse la parole aux créatures qui nous asservissent avec un « Through Conscious One Last Time ». Summum de la mécanicité, les Gallois mettent le paquet, nous offrant autant de parties brutales que de parties robotiques ou futuristes. Nous sommes au centre d’une conversation, alternance de growls et de voix robotiques parmi des riffs incisifs et des passages plus atmosphériques et spatiaux avant d’atteindre une fin des plus inhumaines, perversion inéluctable de notre mode de vie.

2012 commence bien, et Nexus Inferis impose avec son tout premier album un Cyber/Death/Black de grande qualité qui a de quoi concurrencer les groupes actuels dans le domaine, loin du cyber/djent qui commence (déjà) à tourner en rond. Brutal, original, glacial et sans pitié, « A Vision of the Final Earth » est un album idéal pour les amateurs de scénario apocalyptique n’ayant pas froid aux yeux en matière d’agressivité et d’expériences en tout genre.

 

ID:Vision : Destination Cybermind

Ξ septembre 15th, 2011 | → 13 commentaires | ∇ Cyber Metal, Death Black |

ID:Vision : Destination CybermindDepuis janvier, 2011 semble être une année particulièrement intéressante en matière de Cyber Metal, les groupes se développant constamment ainsi que la scène dans le même temps. Toutefois, malgré une envie certaine de progresser et de sortir de cette sphère si petite et si méconnue, il s’avère que l’ensemble des combos actuels semble tourner en rond, certains étant inspirés par Fear Factory, d’autres par Sybreed ou encore Illidiance…au risque de retrouver tout le temps la même chose, notamment des riffs « djent » comme on le dit actuellement pour l’un, et des sons électro trop prédominants chez l’autre. Toutefois, l’arrivée cet été d’ID:Vision avec un nouvel opus a changé la donne.

Avant d’adopter un nom si mystérieux, les biélorusses, à leur début en 2002, s’appelaient Iratus Dominus et officiaient dans un black death proche de Behemoth. Mais ce n’est qu’un peu plus tard, en 2006, que le combo décida de changer de nom afin d’officier dans une musique plus expérimentale, plus ambitieuse et plus black industriel/electro ce qui permit l’enregistrement de « Plazmadkaos » en 2007. Et arrive donc « Destination Cybermind » cette année, opus allant bien au delà du style précédemment pratiqué car axé principalement vers un cyber death black assez brutal, mélange qu’on entend peu ces derniers temps. Pourtant, le sextet ose se marginaliser et nous étonner dans le même temps. Car ID:Vision n’est pas influencé par les groupes sus-cités, mais plutôt par son propre passé, intégrant autant d’éléments metal extrême que d’éléments cybernétiques et électroniques.

« Destination Cybermind » n’est donc pas un album à prendre à la légère, au contraire. A cheval entre compositions modernes et plus anciennes, il se démarque facilement de tous les autres albums cyber metal, par sa forte agressivité, d’abord, mais aussi par son originalité, ses ambiances et ses mélodies. Car c’est un opus mature et réfléchi que nous ont fait les biélorusses, rien n’est fait au hasard, et tout est savamment dosé, riffs, électro et concept y compris.

L’imagerie semble tout d’abord être en totale contradiction avec celle de Sybreed et son « The Pulse of Awakening », la pochette étant sombre et non blanche, et le personnage, bien que dans la même posture, semble être une version alternative du processus de mécanisation/humanisation. La créature ne semble a priori pas humaine mais tend à prendre l’apparence de notre race, grâce justement, à une transformation physique imposante et surtout mécanique. Son nom, Zarathustra XXI, est bien étrange mais est une référence à Zarathoustra/Zoroastre, penseur, prêtre et prophète persan. Son but est non seulement de nous dominer, mais en plus de nous exterminer. Sombre dessein qu’est celui de notre annihilation par mécanisation forcée, et ce, après nous avoir irradiés…

Pour commencer, « Enter the Cybermind » annonce notre entrée dans la tête de cette entité cybernétique venue d’ailleurs. L’introduction est totalement dans l’esprit : mécanique, effrayante par ces sons de guitares, et atmosphérique par l’utilisation de l’électro. Une complainte féminine suivie d’un instrument traditionnel tel un sitar apportent une dimension ethnique nous rappelant l’orient. Puis « Human Hazard » déboule telle une furie, mixant parfaitement death metal parfois brutal, black metal et cyber metal. Après une voix synthétique, un growl profond monte en puissance, alternant avec un chant black crachant non seulement une certaine haine mais aussi une peur inquiétante.

Rien est fait dans la finesse, ID:Vision fait dans la violence tout en ajustant les éléments cybernétiques, apocalyptiques et futuristes avec précision. Rien ne déborde, tout s’accorde, comme sur un « Zarathustra XXI » sombre et terrible, usant non seulement d’un grand panel de chants, de sonorités électroniques, mécaniques et futuristes aux claviers, jusqu’à une fin remarquable et inconcevable, où se mêlent murmures robotiques, atmosphères, instruments traditionnels et chant ethnique. Le résultat est très mystique et ceci nous rappelle une fois encore l’histoire du vrai Zarathustra

La brutalité des titres, en tout cas, ne semble pas étouffer les ambiances et les harmonies, tout de même bien particulières. Il est peut-être difficile de les retenir, toutefois il est forcément facile de se retrouver plongés dans l’univers dégagé par ces biélorusses, qui décidément ont mis le paquet. « Pandora’s Box » montre une facette plus black et plus symphonique proche d’Emperor, misant sur la puissance des claviers mais aussi des riffs, ce qui nous entraîne inéluctablement vers une fin surprenante, où des mélodies cyber et des beat électro se mêlent jusqu’à l’apparition d’un son étrange, comme celui d’un champ de force, c’est à dire un ronronnement sourd avec des semblants d’interférence électro-magnétique. Son que l’on retrouve aussi dans l’éponyme « Destination Cybermind », couplé avec des riffs death.

Précédemment, j’avais évoqué le terme « irradié », et il colle parfaitement à ce que fait ressortir un morceau tel que « X-Ray Sun ». L’humain se retrouve exposé aux violents rayon x du soleil, ceci est mis en musique, non seulement par un aspect plus lent, moins brutal et plus cosmique, mais surtout par une ambiance plus sombre, où les voix se font beaucoup plus torturées et plaintives.

Et là l’impossible arrive : de la douceur, du calme, de la sensibilité avec « Seven Days Before the Fall ». Une interlude relaxante au piano et uniquement au piano, mais si annonciatrice de la suite. L’homme, bien que créé le 6e jour (dans la Bible) se retrouvera détruit en 7 jours dans l’histoire de Zarathustra XXI .

Et cette destruction définitive se produit du côté de « Sic Transit Gloria Mundi » (« Ainsi passe la gloire du monde » en latin), l’humain est désormais inexistant ou du moins transformé et laisse dorénavant place à ce cher Zara le XXI. Cette locution latine n’est d’ailleurs pas utilisée au hasard, puisque dans la religion catholique, il est de coutume de prononcer cette phrase lors de l’intronisation d’un nouveau pape. Zara n’est pas pape, et pourtant…Bref, musicalement, on se tient à du death metal avec des sons électros utilisés avec parcimonie, quelques notes au piano, une atmosphère sombre post apocalyptique, mais surtout, au refrain, une sorte de chant religieux monotone, répétant ce fameux « sic transit… », renforçant l’aspect cataclysmique.

Bien au delà d’un simple groupe de cyber metal, ID:Vision franchit un cap et nous offre littéralement un chef d’oeuvre, réunissant tous les éléments appropriés pour un résultat grandiose, original et réaliste. A découvrir sans plus attendre.

 

Naumachia : Black Sun Rising

Ξ janvier 25th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Industrial Death Metal |

Naumachia : Black Sun RisingDécidément, les polonais ne sont pas avares du tout en matière de death black. On connait déjà Behemoth, Hate, Crionics, ou encore Atrophia Red Sun, mais certaines formations restent dans l’ombre des plus grands, du moins des plus connus, comme Thy Disease, ou en l’occurrence, Naumachia.

Formé en 1999, Naumachia officie lui aussi dans un death black efficace, puissant et sombre, flirtant grandement avec l’indus. De ce fait on retrouve aussi chez cette formation polonaise des ambiances décadentes, futuristes et apocalyptiques assez marquées, bien maîtrisées, et, il faut le dire, plus omniprésentes. On peut donc dire que Naumachia se situe entre Crionics et Thy Disease.

Car si on retrouve la brutalité et la technicité des riffs de l’un, on côtoie aussi la mélodie et les claviers entêtants de l’autre. Ce « Black Sun Rising » détient lui aussi un concept assez pessimiste, mettant en relief les conséquences plus ou moins néfastes de l’apparition d’une éclipse, dans un futur plus ou moins proche…ce soleil noir levant ne serait autre que le commencement d’une nouvelle ère, d’une époque encore plus cataclysmique…et les paroles ne sont que les pensées d’un homme ne pouvant plus vivre parmi les humains de cette période funeste…

Ainsi, malgré les apparences, cet album de Naumachia, du moins quelques morceaux en particulier, pourraient faire partie du petit monde du cyber metal pour plusieurs raisons. D’une part, le concept futuriste et même science fiction, l’humain utilisant des moyens plus ou moins nouveaux pour réchapper à cette ère morbide et destructrice. D’autre part, la musique est terriblement empreinte d’éléments industriels, électroniques même, et de samples, mettant en relief quelques bruits de machines (« Egomaniac Frenzy »). Les parties black ici présentes permettent de soutenir ces éléments indus et de renforcer ces atmosphères sombres avec délicatesse et maîtrise (« Abreaction »). Quant aux parties death, ce sont les plus agressives et les plus techniques.

Le fait est que Naumachia joue véritablement dans la cours des grands. Très professionnaliste et innovateur, s’influençant toutefois de ses frères polonais (« Inward Spiral » étant du Thy Disease tout craché), le groupe n’hésite pas à prendre des risques et à frôler l’expérimental. De ce fait, il ne sera pas étonnant de retrouver un morceau instrumental comme « Mortification Study », extrêmement bien maîtrisé de bout en bout. Car ici, les claviers (mélangeant indus et même sympho en fond), les chœurs étranges et les percussions sont de la partie, proposant des mélodies enivrantes bien que mystérieuses et sombres, soutenus par quelques notes à la guitare accompagnant le jeu principal de claviers déroutants et un rythme mécanique. Une voix apparaît de temps en temps, décharnée et synthétique. Ce titre permet réellement à l’auditeur de rentrer dans le vif du sujet et de rendre compte de l’aspect cybernétique de la musique. Par ailleurs, « Iconography of Pain » est un bon exemple en ce qui concerne l’aspect expérimental, les claviers partant dans tous les sens, et les guitares usant de dissonances sur certains passages. Une bonne prise de risque en somme.

Ceci dit, les compos, en général, sont assez brutales et il s’avère que le côté mélodique des compos revient aux claviers qui créent vraiment tout : fond d’ambiance et lignes envoûtantes. Mais les riffings sont très bons et pourraient faire penser à ceux de Vader par moment, ainsi que la voix, un growl bien grave, maîtrisé, doté d’un tranchant et d’un sens du rythme imparable. De ce fait, « Sedated Daimona », entre autre, est un véritable condensé de tous les éléments sus cités.

Mais hormis cette violence qu’on ne peut que remarquer, il serait dommage de ne pas évoquer les passages plus posés et atmosphériques, rappelant dans quel domaine nous nous situons. La fin de « Sedated Daimona », par exemple, ou le début de « Abreaction », planants à souhait, avec ces sons particulier et ce clavier de fond enivrant.

Il est toutefois dommage que ce « Black Sun Rising » ne soit pas long…de plus, les claviers indus, bien que charismatiques et indispensables pour respecter le concept et le style, sont trop dominants et ont parfois tendance à happer les guitares et la voix dans un ensemble atomique de sonorités électroniques. Et finalement, bien que l’originalité soit là, elle est tout de même réduite et perd malheureusement de son intensité à cause des influences de Naumachia. En tout cas, si vous aimez Crionics, Vader, ou encore Thy Disease, cet album est fait pour vous et ne peut que vous inciter à pénétrer l’univers violent et sombre d’un groupe rempli d’un potentiel énorme…

 

Crionics : Armageddon’s Evolution

Ξ janvier 22nd, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Symphonic Black Metal |

Crionics : Armageddon's EvolutionAvant de changer quelque peu d’orientation et de se focaliser vers une musique plus teintée d’indus et même cybernétique, plus originale et conceptuelle donc, Crionics, c’était avant tout un combo plutôt brutal, très noir et malfaisant, souffrant inéluctablement de ses ressemblances avec les maîtres du black symphonique norvégien, Emperor. Et pour cause, les polonais s’influençaient principalement de ce groupe-ci, groupe dont ils ne pouvaient s’empêcher d’être élogieux…d’où cette ressemblance générale et l’apparition de reprises d’Emperor lui-mêmes au sein de leurs albums. Ce deuxième opus, « Armaggedon’s Evolution », est donc la suite de « Human Error – Ways to Self Destruction », et est un concentré de violence, de noirceur, mais aussi de symphonies Emperor-like, mais en plus inquiétantes…car les thèmes sont de nouveau basés sur l’apocalypse, la déchéance même de l’humain dans son propre monde, et les pièges de la religion, entre autre…un futur sombre et pessimiste en somme.

Côté style, Crionics officie dans un black assez brutal, énergique et très agressif, agrémenté de quelques éléments death, où s’entrecroisent les riffs, les blasts, les saccades mais aussi les chants, alternant entre le chant black et le chant death, des cris terrifiants et puissants comme pris dans un écho pour l’un et des growls caverneux pour l’autre comme le montre bien le morceau « Final Inversion ». En tout cas, tout est réellement bien maîtrisé, carré, et pro, toutefois, il est à noter qu’au niveau du rythme, il y a peu de variations. Ainsi on se retrouve avec un rythme très rapide tout au long de l’album, toujours formé de la même manière. Il est clair que c’est loin d’être mou, mais à la longue, ça en devient monotone. De même pour les riffs, qui perdent de leur saveur au fil de l’opus. Le jeu est bon, mais les mêmes riffs ou techniques reviennent fréquemment, surtout lors des passages un peu plus « posés ». Donc du coup, on ne sait plus trop où on en est dans les titres, si bien qu’on peut penser avoir déjà entendu le même morceau…

Côté ambiance, l’assemblage de ses riffs froids et incisifs et des vocaux abruptes et tranchants comme des lames de rasoir rendent la musique extrêmement lourde, sombre et froide, d’autant plus que le black est plus mis en avant que le death. De ce fait, on se retrouve avec des ambiances maléfiques, un peu futuristes, grâce à la légère présence d’indus comme sur « Arrival of Non Parallel Aeons », mais aussi inquiétantes et apocalyptiques, amenées par une grande partie d’éléments symphoniques aux claviers. Et c’est là où tout se joue. Car sans claviers, Crionics perdrait une bonne partie de son âme. Ici le sympho n’est pas grandiloquent, ni épique, ni guerrier, mais certainement plus majestueux à la manière d’Emperor. Le symphonique est partout, intégré dans chaque compo, parfois plus mis en avant, parfois moins pour laisser place à une agressivité impalpable des guitares. Mais le fait est que ces claviers prennent la part du lion et sont irrémédiablement les maîtres du jeu. Prenez un morceau comme « Armaggedon’s Evolution » et écoutez les envolées aux claviers majestueuses, ou encore « Fff (Freezing Fields of Eternity) », avec ces mélodies terribles et surtout ces chœurs. Et pour couronner le tout, « Chant of Rebel Angels », le seul titre instrumental, est le digne représentant de cette symphonie inquiétante, morbide et apocalyptique, paradée de chœurs et de quelques percussions, où il est tout à fait possible de s’imaginer seul au milieu de ruines, sous un ciel sombre et orageux…

Il est certain que les thèmes sont bien mis en musique à proprement parler, le concept est respecté à la lettre et on s’y croirait réellement. Cependant, cette originalité apparente se retrouve compromise. Car comme je l’évoquais précédemment, l’ombre d’Emperor est bien là et nuit, si l’on peut dire, aux compositions de ce « Armageddon’s Evolution ». Les ressemblances sont assez frappantes, du côté des riffs en effet, mais surtout des claviers et du symphonique. Il est clair que certaines sonorités leur font défauts. Je ne parle pas non plus de plagiat, mais si vous écoutez le « Anthems to the Welkin at Dusk » de nos amis norvégiens, vous comprendrez : mêmes ambiances froides et sombres, même genre d’envolées impériales…d’ailleurs, la reprise de « The Loss and Curse of Reverence » n’aura pas été faite au hasard, bien évidemment, car c’est bel et bien une reprise d’Emperor, et cette reprise ne fait que confirmer leurs influences. Malheureusement, cette cover est en dessous de l’originale. Moins bonne, moins puissante, moins personnelle, les vocaux se retrouvent happés par l’agressivité des guitares et du rythme et par l’impérialité des claviers, si bien qu’ils se retrouvent au second plan et moins audibles.

Enfin, toujours en terme de comparaison, le morceau « Disconnected Minds » se retrouve étrangement avec un passage semblant tout droit venir de « With Strength I Burn » de l’opus « Anthems to the Welkin at Dusk » de ce fameux Emperor. Ecoutez « Disconnected Minds » vers 03 :40, et prenez ensuite « With Strength I Burn » à 04 :47…la mélodie et l’ambiance sont quasi les mêmes et c’en est assez frappant. Le passage de Crionics possède cependant une voix claire, alors qu’on se retrouve avec un chant black dans le passage d’Emperor, cependant il est évident que ce chant clair a été piqué aux norvégiens, qui n’hésitent pas à intégrer ce type de chant dans leurs compos.

Toutefois, malgré cette partie Emperor-like, « Disconnected Minds » reste sans aucun doute un des morceaux les plus intéressants, avec « Black Manifest ».

Tout d’abord, le premier se veut très riche, progressif et complexe au niveau des structures, des harmonies et des riffs. Ainsi on n’a pas vraiment l’impression d’écouter le même morceau au fil de ces cinq minutes trente deux. Les variations de rythme sont de la partie, ainsi que les différentes stylistiques au niveau des riffs, et des ambiances aux claviers. Ainsi à l’intérieur même du morceau, on alterne aisément entre riffings lourds et plus posés, rythmes à tempo rapide et tempo moyen, ambiances inquiétantes et futuristes, claviers symphonique et indus, chants black, death, clair, et chœurs. Une belle réussite, qui aurait pu devenir chef d’œuvre, si l’on peut dire, sans ce passage pris chez Emperor

Enfin, « Black Manifest », un des titres les plus longs par ailleurs, est totalement terrible et efficace. Crionics ne met pas de côté la mélodie, sans occulter la brutalité, et met en avant les parties symphoniques, qui sont, cette fois ci, très grandiloquentes. Les envolées aux violons « synthétiques » foisonnent, accompagnées de solos de guitares maîtrisés, jusqu’à un break, le moment crucial du morceau, la reprise de l’oeuvre très célèbre « Carmina Burana » de Carl Orff. Aux claviers, bien évidemment, avec des chœurs et l’appui des guitares pour guider de nouveau la mélodie. C’est magnifique et très bien foutu, d’autant plus que la suite du morceau continue à mettre en relief quelques parties de ce « Carmina Burana », mais en beaucoup plus rapide, et bien black/death, avec ce chant dévastant tout sur son passage.

Que demander de plus finalement ? « Armaggedon’s Evolution » est un bon album, réfléchi et maîtrisé, doté d’une thématique intéressante, et mis méchamment en musique par un groupe officiant dans un style qui n’est pas non plus ultra répandu (sorte de black death sympho indus en somme)…cependant il souffre de ces linéarités, de la longueur de ses morceaux, mais surtout de l’influence Emperor, qui lui fait perdre en originalité, et c’est dommage…toutefois Crionics ne s’est pas entêté à perdurer sur cette voie et il suffit d’écouter « Neuthrone », l’album suivant, pour témoigner de son évolution et se faire une idée précise de la réelle identité de cette formation polonaise pleine de ressource…

 

Crionics : N.O.I.R.

Ξ novembre 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Industrial Death Metal |

Crionics : N.O.I.R.Après un “Armageddon’s Evolution” typé black symphonique et inquiétant et un “Neuthrone” cyber death, martial, froid et percutant, les polonais de Crionics reviennent après trois ans d’absence avec un nouvel EP, sobrement appelé “NOIR”…

Ce nom, pourtant acronyme de “Nation Of Illusive Ressemblance” ne peut qu’évoquer en nous la fameuse couleur noire, si présente dans le monde du métal. Elle peut aussi signifier un retour du groupe vers ses origines black, d’où cette cover beaucoup plus sombre que la dernière en date…

Mais cet EP, en réalité, n’est qu’un bond en avant vers une musique différente…

Signé chez Creative Music, “NOIR” n’est que le prélude du prochain album à venir. Une sorte de mise en bouche, permettant à l’auditeur de découvrir le nouveau Crionics. Oui j’ai bien dit nouveau. Car le changement de line up est de taille. Le combo se décharge de son chanteur, son batteur et son bassiste au profit de trois nouveaux musiciens, certains venant tout droit de formations connues : Vader et Behemoth. On pourrait donc y voir un réel point positif, Crionics s’armant de membres expérimentés et s’ajoutant de nouvelles cordes à son arc. Cependant, il est tout à fait normal d’imaginer que le groupe puisse changer de technique voire d’orientation musicale, les seuls rescapés étant le claviériste Vac-V et le guitariste Yanuary, principal compositeur des morceaux…

L’EP en question se compose donc de cinq titres, trois nouveaux et deux reprises d’Immortal et Rammstein…et là je ne sais pas comment on doit prendre cette nouvelle. Nous pouvons tout autant être en proie à une grande curiosité ou alors, au contraire, se demander où est l’originalité et écouter ces fameuses reprises avec peu d’enthousiasme…

Mais d’abord, les nouveaux morceaux. L’intro et le couplet de “NarcotiQue” ne peuvent que nous faire penser au fameux album “Neuthrone” tant les ambiances faites aux claviers et mêmes les vocaux s’y apparentent, mais en plus sombre et surtout, en plus mou. Les guitares manquent énormément de punch et d’agressivité comparé à ce que Crionics a l’habitude de nous concocter. Ici on se retrouve avec un ensemble pour le moins entraînant mais pas assez tranchant…jusqu’à l’arrivée du refrain où il sera possible pour certains de froncer le sourcil…le ralentissement du rythme et l’apparition d’un chant clair assez bancal pourraient facilement en rebuter plus d’un. On ne retrouve pas l’identité du groupe à travers ce nouvel amas de mélodies foireuses…

Pourtant, avec “Scapegoat“, Crionics semble faire une sorte de retour aux sources car l’ambiance se veut plus symphonique, tout en étant assez sombre. Quelques samples viennent renforcer ce côté futuriste, mais les problèmes persistent : les guitares et le rythme sont lents, et le chant clair après un growl approximatif n’arrange pas les choses…où sont donc passés le tranchant, le génie mais aussi l’identité si atypique de Crionics?

Déception, déception, mais pourtant il subsiste un peu d’espoir lorsqu’arrivent les reprises. Celle d’Immortal est un peu faiblarde et aurait pu être mieux appréhendés, notamment dans les riffs, tandis que celle de Rammstein (“Moskau”) est tout à fait indigeste…le groupe ne lui a décidément rien apporté si ce n’est plus de médiocrité et de gâchage. Les riffs sont plus death, peut-être, mais le chant est sans doute l’élément à jeter tant il est, je le dis, chiant et lassant…le duo en allemand et russe a été pour le coup mal appréhendé puisque le chanteur alterne les deux langues, et donc les deux chants normalement masculin et féminin à lui tout seul, du même ton, sans variations…alors que les claviers eux se font discrets et moins ambiants…

Que de changements et que de déception pour ce groupe qui, semble-t-il, avait atteint le point culminant de sa carrière avec “Neuthrone“. Avec “NOIR”, Crionics semble avoir transformé sa musique en quelque chose de plus accessible, plus indigeste, moins prenant et enivrant, à croire que tout le potentiel de ce combo résidait dans la formation originelle, subsistant encore chez Thy Disease, second groupe des ex membres de Crionics et de Yanuary…Un EP dispensable qui rebutera sans aucun doute les amateurs de ce combo ayant fait beaucoup mieux par le passé…et les incitera peut-être à ne pas se pencher sur le futur album…

Nota: sachez que sur l’édition chez MSR Productions, on retrouve en plus de ces morceaux originaux ceux qui étaient sur la toute première démo de Crionics en 1998, avec le line up originel. Toutefois, les quatre titres n’ont pas été remixés ou retouchés, ils restent authentiques, avec le son assez raw de base. Bonne initiative pour ceux désirant, non seulement faire une comparaison, mais aussi faire d’une pierre deux coups, cette démo ne se trouvant quasiment plus dans les distros. Il est donc bon de s’apercevoir que les débuts des Polonais étaient bien black, avec de petites touches symphoniques et une grosse influence Emperor (retrouvée avec la reprise “I Am the Black Wizards“).

 

Thy Disease : Neurotic World of Guilt

Ξ septembre 17th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Thy Disease : Neurotic World of GuiltSoutenus par les membres de Vader, les ayant propulsé sur le devant de la scène polonaise grâce à leurs prestations live notamment, Thy Disease pondent en 2004 leur troisième effort du nom de « Neurotic World of Guilt », un début de concept album basé sur le contrôle des pensées humaines dans un futur proche. Le cap du troisième album est souvent soumis aux questions les plus multiples, en particulier celles de l’évolution, de l’étoffement du style, et parfois, la régression, la perte d’originalité…mais Thy Disease nous offre un opus bien plus cybernétique, futuriste tout en restant aussi agressif, sombre et froid que leurs précédentes sorties, « Devilish Act of Creation » et « Cold Skin Obsession ».

2004 aura été une grande année pour les membres de Thy Disease, certains d’entre eux (et un grand nombre) faisant partie de groupes parallèles, en particulier pour le jeune Yanuary, guitariste et compositeur, guidant les combos Anal Stench, Abused Majesty (à cette époque) et Crionics. La sortie de « Neurotic World of Guilt » coïncide avec celle de « Red Revolution » d’Anal Stench, dernier opus à ce jour de cette formation presque entièrement composée des membres de Thy Disease, centrée sur la révolution bolchevique et le communisme, celle de “Serpenthrone” d’Abused Majesty, noir et symphonique, et celle de « Armageddon’s Evolution » de Crionics, sombre et brutal…ces quatres parutions sont avant toute chose très proches des unes des autres, dans les ambiances, les thèmes, apocalyptiques, froids, sombres, mais aussi la technique, dûe sans aucun doute au talent de Yanuary. Il est donc peu étonnant de retrouver au sein même de ces quatre opus, des sonorités venant de l’un ou de l’autre.

Par conséquent, « Neurotic World of Guilt » est empreint de la noirceur de Crionics et d’Abused Majesty, et de la brutalité du death d’Anal Stench, saupoudré d’éléments indus voire électro très cyber et d’atmosphères planantes propres à Thy Disease. Un pur mélange de styles et d’éléments pour un album riche, se différenciant des autres compositions de ce groupe polonais talentueux.

La part importante ici-même repose sans doute sur la prédominance des claviers, rendant les titres beaucoup plus prenants, futuristes et profonds. Si les effets sonores ne sont tout de même pas des plus grandiloquents et des plus saisissants, les ambiances et les quelques samples forment à eux seuls l’âme des morceaux, guidés par des riffs puissants, efficaces et beaucoup plus lourds. La voix de Psycho, décidément plus death et incisif qu’elle ne l’avait été, apporte plus de noirceur et d’écorchement au style. Plus mature et résolument expressive, elle nous plonge au cœur même de l’essence de cet album, qui est la mise en musique d’un monde balayé par le pouvoir, la technologie mais aussi les privations, la culpabilité, et l’ultime destin de l’humanité : sa déchéance progressive…

Un seul petit coup d’œil à la tracklist pour confirmer ce sentiment de destruction : « Mother Death », « Human Dust » ou encore « Slaved Sorrow » en sont les parfaits exemples. Autre appui, la pochette toute aussi décharnée et plus industrielle…

Au compteur cette fois-ci, neuf titres et quelques trente sept minutes de musique…c’est une fois de plus réduit par rapport aux albums précédents, à croire chaque sortie est synonyme de minimalisme. Sans doute le fait que les membres soient débordés avec leurs autres groupes. Alors dans ce cas on pourrait croire que tout est plus ou moins bâclé ou réduit par manque d’inspiration…non pas du tout. Thy Disease, sur « Neurotic World of Guilt », privilégie la qualité à la quantité. Et ça s’entend.

Déjà à l’écoute de « The Feast » et son intro aux sonorités futuristes et étranges. On est là en terrain connu mais c’est lorsque déboulent les guitares et le chant que tout devient alors plus clair : la technique et la lourdeur sont saisissantes, ainsi que les parties atmosphériques, soutenues par des claviers harmonieux et des riffs tout de suite moins extrêmes…Thy Disease a encore muri, et c’est un bon point.

L’ensemble de l’album tourne autour de saccades pesantes et d’une bonne dose de double pédale, à la manière de « Mean, Holy Species », puissant et efficace, où les claviers aux relents apocalyptiques et la voix black jouent un rôle majeur…le black étant un style résolument peu présent voire presque absent de ce « Neurotic World of Guilt ».

Si « Human Dust » détient un fond épique des plus intenses avec son intro cybernétique, froide et spatiale, il se veut surtout assez décousu, étant donné que les passages ici intégrés semblent ne pas s’emboîter avec les autres, contrairement à « Hollowed Being », quasi parfait, où tous les styles souvent appréhendés par Thy Disease se côtoient. Martial, percutant, aussi bien indus, death et black, ce morceau est l’exemple même de la mise en place du style cyber tant chaque instrument, chaque riff et chaque ligne de claviers ont leur importance. Les parties les plus cosmiques et par conséquent planantes font la paire avec les parties les plus agressives et brutales. Les mélodies, presque étouffées, arrivent tout de même à ressortir du fond de cette masse compacte mais intense, véritable représentation musicale des thèmes exploités dans les paroles de l’album, un monde oppressé, torturé, perdu, mais surtout déchu…mécanique et futuriste, « Hollowed Being » est la pépite à écouter.

Fin de la première partie de l’album et place à la seconde, composée de trois sous parties portant le nom de l’album suivi d’un nom de chapitre, chacun expliquant le principe de base de ce monde si peu naturel…l’un totalement robotique doté de riffs rocambolesques et d’une batterie déchaînée nous propulse au sein d’une fabrique, l’autre possédant un refrain tout ce qu’il y a de plus transcendant, avec cette puissance des claviers et du chant, et le dernier, concluant l’album avec brio, indiquant la fin d’un tout avec cette ambiance des plus noire et une voix criée et écorchée…

Un album de pro par un groupe talentueux, marquant surtout la fin de son contrat avec Metal Mind Productions mais aussi, le début de son ère cyber métal avec cet apport de claviers qu’on ne peut négliger et cette disparition progressive des éléments black. Thy Disease a résolument tourné une page et fait un pas dans le futur, un effort qui portera ses fruits avec la sortie de « Rat Age »…

 

Thy Disease : Cold Skin Obsession

Ξ septembre 14th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Thy Disease : Cold Skin ObsessionSeulement un an après la sortie de « Devilish Act of Creation », Thy Disease revient en force avec un opus fort en surprises « Cold Skin Obession ». Toujours doté d’une pochette où se posent des corps décharnés, les polonais continuent sur leur lancée en nous proposant du death/black teinté cette fois-ci d’éléments indus voire même parfois électro, des éléments importants dans les compos de ce groupe original, marquant son orientation plus indus, qu’on retrouvera dans les albums suivants.

Cette fois-ci, le death et le black metal sont au même niveau. Pas de supériorité, aucun style ne domine l’autre et chacun y trouve sa place. La voix de Psycho alterne méthodiquement chant black et chant death, une alternance qui apporte beaucoup de profondeur aux compositions, d’autant plus que sa voix s’est beaucoup améliorée et se veut alors beaucoup plus incisive. Idem pour les riffs, qui sont cette fois-ci bien plus tranchants et agressifs que sur leur précédent opus. Bien maîtrisés et ancrés comme il faut, rien n’est fait au hasard. Thy Disease joue la carte de la maturité et de la technique, en variant les styles.

Les titres sont plus recherchés et plus longs, frôlant un côté progressif, surtout dû au fait que le groupe exploite sur cet opus, les thèmes qui leurs sont si chers : la guerre, l’humanité, la destruction, l’apocalypse…d’où cette musique qui devient soudainement plus froide, plus sombre, plus profonde, emmenant l’auditeur dans un monde beaucoup plus torturé et privé d’une certaine liberté d’expression, de mouvement, de rassemblement…l’agressivité et les ambiances sont d’autant plus impalpables et font la force de ce « Cold Skin Obsession », qui en devient presque effrayant.

Ainsi « War Is Mine », et son intro uniquement faite aux claviers, est une réelle descente dans les méandres d’un monde presque oublié, industriel, futuriste, et en partie terrifiant. Les guitares lancent ensuite des offensives, véritable déflagration au sein de ces atmosphères glaciales, et la voix de Psycho nous scande un « war » des plus puissants. « Ultimate Reign » impose son côté black et son rythme endiablé, à mesure que les claviers deviennent de plus en plus présents, soulevant alors cette déchéance qui devient alors l’élément clé de cet opus.

« The Last of the Mohicans » et « Cold » se situent plus dans une veine black death symphonique avec une grande prédominance des claviers, épiques, une batterie alternant blast beats et double pédale furieuse, et des guitares, enragées, terribles, aux riffs tantôt black, tantôt death et très efficaces. Ces deux titres sont sans aucun doute les pièces maitresses de ce « Cold Skin Obession », l’un étant instrumental et prenant, l’autre emmené par un chant dévastant tout sur son passage, soutenu par quelques samples….un éclair au milieu de la nuit noire…un coup de tonnerre qui retentit pour nous enfoncer encore plus dans cet élan de torpeur.

Des titres se démarquent du reste de l’album par leur originalité et par leur style loin d’être dominant au sein des compositions. « Qualbuhu la Jadruqqu » est ultra cybernétique et mécanique, les claviers, les samples et les percussions en tête, ainsi qu’une basse presque soumise à distorsion. L’effet est saisissant et surtout ultra robotique. La voix synthétique se posant sur tous ces instruments renforce d’autant plus cet effet de décharnement et de perte d’identité. Industriel à souhait, ce morceau ci est sans doute le précurseur du changement d’orientation future de Thy Disease… « Nihilistic Tranquillity » quant à lui, jouie d’une atmosphère gothique, notamment grâce à la présence d’orgues à la limite du macabre et parfois du mystique, accompagnés de sonorités électroniques et de quelques touches de violons histoire d’imposer un côté dérangeant.

« Cold Skin Obession », c’est donc avant tout une bonne amélioration et une dose de maturité en plus. Les musiciens ont gagné en technique et les atmosphères sont d’autant plus recherchées, annonçant alors la suite. Si le death et le black se trouvent ici à égalité, ils ne le seront plus dans le prochain opus, « Neurotic World of Guilt », la transition, le passage vers des sonorités d’autant plus death et industrielles …

 

Thy Disease : Devilish Act of Creation

Ξ septembre 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black |

Thy Disease : Devilish Act of CreationFondé en 1999 sous l’impulsion de Yanuary et Psycho, aussi membres de Anal Stench et de Crionics pour le premier, Thy Disease officie dans une musique assez sombre et agressive, véritable croisement du black et du death métal et force est de constater que l’ensemble se veut relativement efficace et terriblement entraînant. En effet, les polonais et leur premier album « Devilish Art of Creation » nous sortent quelque chose d’extrêmement bien foutu et rentre dedans, quelque part entre Behemoth et Decapitated.

A cette époque-ci, les sons industriels et les samples ne sont pas vraiment ancrés dans leur musique et par conséquent l’appellation « death industriel » ne veut encore rien dire. Même si les claviers ont leur place, apportant les atmosphères et ce côté moderne, et surtout, renforçant ce côté black, ils n’ont pas ce rôle aussi glacial et apocalyptique qu’on retrouvera dans les prochaines productions de Thy Disease. Ici ce sont simplement des nappes comme sur « Finding God », parfois un fond d’ambiance, ou même un effet mécanique comme sur « Crashing the Soul » ou l’outro « Art of Creation », révélant alors les influences et la future identité de ce groupe évolutif.

Il est clair et net qu’au sein de cet album-ci, la part black rentre énormément en jeu au milieu de la brutalité du death. Non seulement le chant est beaucoup plus typique, les growls étant beaucoup moins fréquents, mais en plus les riffs sont facilement reconnaissables tout en étant alternés avec de fameux riffs death, rendant ce mélange pour le moins efficace, d’autant plus qu’il est bien appréhendé (comme sur « New Slaughter » ou « Angel Ashamed » par exemple).

Sans doute le mot « diversité » est celui qui colle le mieux à cet opus, puisque les styles ont souvent tendance à varier, laissant deviner à l’auditeur que le groupe se recherche, essayant de trouver et d’apprécier un style qui lui sera d’autant plus représentatif. Ainsi leur black/death peut s’emparer d’éléments gothiques voire symphoniques comme sur « The Wish » avec ce son de cloches en introduction et cet orgue continue au niveau des refrains, sur « Coursed », qui se veut assez épique, ou même sur « My Serpent », titre brutal mais sans doute le plus révélateur étant donné que les claviers et les chœurs apportent une bonne dose de sympho pour une grande partie du titre.

Au niveau de la technique, on ne peut que constater que leur jeu est plutôt bon, voire très bon. Outre alterner les riffings mais aussi les martellements de batterie, les solos sont aussi de la mise et en plus grande quantité que sur les futures productions. « Finding God » par exemple nous gratifie d’un solo bien foutu en guise de break, quelque peu arabisant. Les différents types de vocaux et la variété des lignes de claviers sont aussi à noter.

On aurait pu nous épargner la reprise de Madonna dénommée « Frozen »…je la trouve quelque peu malvenue, même si ça peut faire sourire, mais la musique en elle-même est simpliste et bien en dessous de ce que nous a fait Thy Disease tout au long de l’album…de plus le chant féminin au refrain est assez faiblard et se pose très mal sur cet ensemble black/death…

Thy Disease nous offre en conclusion un album plutôt sympathique, des titres étant moins bons que certains, sortant bien évidemment du lot, mais tout de même, la qualité est là. Loin de leur cyber métal actuel, ce « Devilish Art of Creation » se veut être le début d’un tout pour ce groupe ne cessant d’évoluer.

 

Crionics : Neuthrone

Ξ août 29th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Black |

Crionics : NeuthroneDes centaines d’années avant Jésus Christ, la civilisation extraterrestre Rye’eh-X’D'aah recherchait la planète possédant les conditions nécessaires au développement de sa population et de son système pour qu’il fonctionne plus efficacement. Cette civilisation rencontra la planète Terre, qui, malheureusement, ne possédait pas le climat et la technologie dont elle avait besoin. Ne pouvant pas y prendre le contrôle et s’y installer, les Rye’eh-X’D'aah, désespérés, prirent une mesure radicale susceptible de les aider pour le futur. Ils choisirent quelques centaines d’humains assez développés et les embarquèrent avec eux pour un long voyage, dans lequel ils seraient cryogénisés, étudiés, manipulés génétiquement et enfin, reproduits afin de créer les Homo Superiors, dotés de capacités hors norme mais adaptés au froid extrême…bien des années plus tard, en 2033, les crises écologiques, politiques et religieuses furent à leur zénith sur Terre, si bien que les Rye’eh-X’D'aah profitèrent de l’occasion pour créer l’Outer Empire et lancer leur attaque, en visant les pôles…une attaque aux cannons à neutron ultra efficace, qui annihila 90% de la population terrienne…alors que les radiations créèrent un puissant réchauffement climatique, les pôles fondirent et le déluge commença…les Homo Superiors envahirent ensuite la Terre, après que la température eût brusquement chuté en dessous de zéro, traquant le plus d’humains survivants afin de les utiliser non seulement pour des expériences, mais aussi pour créer de la nourriture. Des cargos les emmenèrent à tout jamais et on leur fit croire qu’ils avaient été choisis pour être soignés et évoluer…ce fut la dernière ère de la planète Terre…NeuThronAeon…

Derrière ce concept si futuriste et pessimiste se cache un groupe en devenir, Crionics, qui après avoir sorti un « Armageddon’s Evolution » bien black, brutal, symphonique avec quelques touches de death, s’attaque cette fois-ci à une musique beaucoup plus death, aux relents black et industriels. En mélangeant remarquablement bien ces trois styles, en créant un concept aussi recherché et assez SF, et en intégrant dans leur troupe le guitariste et le batteur de Thy Disease, on obtient une musique des plus cybernétiques…d’où cet ensemble particulièrement froid, mécanique, martial.

Les polonais, avec « Neuthrone » (contraction de Neutron et New Throne) évoluent considérablement, sortent des sentiers battus, et, à l’instar de leur confrères de Thy Disease (groupe de cyber au passage) nous propose un album d’une puissance impalpable. Varié, extrêmement dynamique et possédant une agressivité représentative du concept en lui-même, ils modifient leur son pour nous en mettre de nouveau plein les oreilles. Les ambiances sont monstrueuses et les riffs totalement percutants. Les titres, déroutants, s’enchaînent vraiment bien afin de créer l’histoire précédemment contée, une histoire dans laquelle notre monde est totalement annihilé.

L’introduction instrumentale assez silencieuse est entièrement faite au clavier et est assez représentative de cette désolation…les quelques phrases murmurés annoncent la suite, montrant que ce que nous connaissons maintenant disparaitra bientôt…et la suite de l’album explique pourquoi. « New Pantheon » suit automatiquement l’introduction et démarre sur les chapeaux de roues. Des riffs endiablés sur un rythme rapide, un chant hargneux sur un clavier en ambiance, renforçant ce côté futuriste. Si « NeuThronAeon » indique clairement la fin d’une ère et le début d’une nouvelle notamment par la prédominance de la double pédale, des saccades à la guitare, des samples et des mélodies envoutantes du clavier, apportant un réel côté sombre, « Humanmeat Cargo » lui, est le type de titre qui se situe à cheval entre death et black. Une agressivité, une ambiance, une voix, de l’électronique, un tout, et nous voilà happés dans la frénésie interminable d’un morceau efficace et terriblement transcendant.

Un élan d’espoir subsiste avec « Frozen Hope », qui se démarque sensiblement de l’album. Son intro glaciale, futuriste et très mécanique, est percutante. Un mélange enivrant de death et de black dans un enrobage électronique. Les riffs sont monstrueux et la batterie fonctionne littéralement comme un rouleau compresseur. Nous sommes écrasés et frappés par ce qui se dégage de ce morceau…un peu de lumière au sein des ténèbres, d’optimisme au milieu de ce pessimisme, l’évocation d’un futur meilleur et proche…l’atmosphère se réchauffe, aussi bien dans la musique que dans les paroles…synonyme d’échec pour les Rye’eh-X’D'aah et de réussite pour les terriens…

L’album se clôt magnifiquement avec deux titres, « When the Sun Goes Out », un titre death assez brutal terriblement efficace et martial, et « Black Warrior », un bonus résolument plus black que la majeure partie des titres, toujours aussi glacial mais assez épique, possédant des parties plus calmes où la technique des instruments prime.

Un excellent album de death black apocalyptique, très cyber, quelque part entre Behemoth et Thy DiseaseCrionics signent ici leur meilleur album et nous laissent beaucoup d’espoir pour le prochain album, si toutefois ils continuent sur leur lancée, proposant une musique d’une qualité exquise, d’une originalité et d’une sensibilité sans faille.

 

  • Index

  • Reviews

  • RSS Spirit Of Metal News

    • [news] Metalwings : Second clip vidéo 28 avril 2017
      Le groupe Metal Symphonique bulgare a partagé le lien du clip vidéo relatif au titre éponyme de son 1er EP intitulé Fallen Angel in the Hell, sorti en mai 2016. Source : http://www.facebook.com/METALWINGS-210639658995929/ […]
    • [Chronique d'album] Bad Pollyanna : The Broken Toys 28 avril 2017
      Metal Gothique-Royaume-Uni, "Une vivifiante et séduisante offrande d'un prometteur outsider..." […]
    • [Chronique d'album] Dirge Within : Force Fed Lies 28 avril 2017
      Metalcore-Etats-Unis, "Un album qui allie à la fois mélodies, lourdeur et technicité" […]
    • [news] Great White : Nouvel album 27 avril 2017
      Le groupe sortira son nouvel album, Full Circle, le 2 juin via Frontiers Records. L'opus a été produit et enregistré au WireWorld Studio de Nashville par Michael Wagener (Megadeth, Alice Cooper, Ozzy Osbourne, Metallica), avec qui le groupe n'avait pas collaboré... […]
    • [news] Diablo Swing Orchestra : Artwork du nouvel album 27 avril 2017
      Après avoir annoncé la tracklist du nouvel album, le groupe a dévoilé l'artwork de Pacifisticuffs. L'artwork a été réalisé par Sebastian Kowoll. Bien qu'aucune date de sortie ne soit annoncée, le groupe a affirmé sur sa page facebook que l'album serait très varié. De plus, le... […]