Kartikeya : The Battle Begins

Ξ décembre 28th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Kartikeya : The Battle BeginsExotique, chaleureux, oriental, ce doux nom nous fait voyager et pourtant, il n’est que le patronyme d’un dieu de la guerre hindou, fils de Shiva et de Parvati. Délicatement posé dans un simulacre d’écriture sanskrit sur une pochette grise et beige qui représente trois jeunes femmes entourées de guerriers, tout laisse à penser que la musique est empreinte d’éléments folk et bien évidemment orientaux, et que le groupe lui-même, baignant dans ses folklores et mythologies antiques, provient de ce pays mystérieux et magique, l’Inde. Mais aussi évident que cela puisse être, ce groupe n’est pas hindou mais bel et bien russe.

Et pourtant, malgré tout, le quintette réussit talentueusement à intégrer des instruments traditionnels et des ambiances chaleureuses au sein même d’un death metal assez brutal et cru. Nous retrouvons donc avec plaisir les sitars, percussions, chœurs et chants traditionnels, mandolines, flutes et violons du coin, créant un ensemble pour le moins dépaysant et irrémédiablement ethnique, folk, voire même symphonique…

Créé en 2004, Kartikeya sort un EP et une démo avant la sortie de ce « The Battle Begins » signé chez Musica Productions. Influencé en partie par Orphaned Land, ainsi que par la mythologie hindoue et les guerres de territoires et de religion entre autres, le combo russe intègre astucieusement des parties aussi brutes que mélodieuses, lourdes et aériennes parfois teintées de black. Détenant dans leur rang un ex batteur d’Arkona à la frappe furieuse, la musique de Kartikeya, contrairement à leurs confrères d’Orphaned Land, est beaucoup plus rêche, agressive, et rapide. Les riffs hargneux mais peu variés mettent toutefois en valeur cet ensemble dense et sans pitié, efficace et dynamique, tandis que le growl monotone de Roman mais terriblement caverneux pousse à son paroxysme cette brutalité impalpable qui règne en maître au fil de cet album qui porte décidément bien son nom : la bataille a commencé, et n’est pas prête de s’arrêter, comme le montre l’intensité de la musique…

Mais à l’intérieur même de cet ensemble terrible et ravageur, les instruments traditionnels apportent une touche de sensibilité et de l’harmonie, afin de donner plus d’originalité aux titres. Les sitars sont souvent les rois (« Nemesis Part 2 » ou « <a href="http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Kartikeya-nom_album-Oasis-l-fr.html" onMouseOver="PopInfoAlbum('Orphaned Land‘,’fr’);” target=’_blank’>Oasis-Soul’s Path » par exemple) et donnent un petit côté exotique unique. L’assemblage violon/flute rendent les morceaux encore plus symphoniques (« Enter My Dome », « The Battle Begins »). « The Battle Begins », titre éponyme en deux parties, est d’ailleurs la grande fresque de l’album, épique et flamboyante, fusionnant les éléments death, black, folk et symphonique à la perfection. Du haut de ses onze minutes, et séparé en deux morceaux distincts, il est aussi riche et varié que progressif tant les sonorités, les riffs, les instruments et les techniques de chants sont diversifiés.

Plusieurs pistes instrumentales sont présentes tout au long de l’opus, à savoir « Nemesis Part 1 », l’introduction donc, « Kailas », et « The Last Night »…trois morceaux faisant office de pauses, comme une trêve en temps de guerre, histoire d’adoucir l’atmosphère et d’emporter l’auditeur vers une musique douce et chaleureuse, où se croisent les divers instruments traditionnels.

Mais « The Last Night » est le titre piège. Trois minutes d’instru suave et calme, où des samples de vent nous bercent, puis le blanc total…pendant quelques minutes…mais détrompez vous ce n’est pas fini…cette fin gentillette n’est que le prélude d’une fin encore plus brutale…la reprise du morceau « Babylon » de Soulfly en plus death bien sûr, mais n’apportant rien de nouveau…

Il faut tout de même s’accrocher en écoutant cet album car hormis cette brutalité prédominante, les parties expérimentales sont assez récurrentes et pourraient être difficiles à appréhender. Ca part parfois dans tous les sens, surtout au niveau des ambiances et des instruments traditionnels, en particulier sur « <a href="http://www.spirit-of-metal.com/album-groupe-Kartikeya-nom_album-Oasis-l-fr.html" onMouseOver="PopInfoAlbum('Orphaned Land‘,’fr’);” target=’_blank’>Oasis-Soul’s Path », mais le rendu est d’autant plus intéressant. Toutefois il est vrai que le mélange de ces parties et des riffs ne cohabitent pas totalement comme il faut.

Une belle épopée orientale pour ce jeune groupe qui, avec ce premier véritable album, place la barre assez haut. Leur death metal assez brutal ne fait toutefois pas impasse aux mélodies et ambiances hindoues, essence principale des titres, faisant l’originalité de Kartikeya et sa magie.

 

Arkan : Hilal

Ξ avril 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Arkan : HilalAlors qu’Orphaned Land fait sensation en Israël, que Nile surprend aux USA et que Myrath se fait de plus en plus connaître en Tunisie, les français d’Arkan nous proposent à leur tour du métal oriental, mi-death, mi-folk, mélangeant les ambiances de leur confrères précédemment cités pour finalement sortir un album très exotique, original et dépaysant.

Fondé par l’ex batteur de The Old Dead Tree, désirant intégrer des éléments orientaux dans une musique hargneuse et énergique, « Hilal », qui tient son nom d’une tribu arabe, est un véritable bijou en matière de métal oriental.

Le tout se veut très bien réussi. Le son est très bon, le groupe ayant signé chez Season Of Mist, un nom tout de même chez les labels ; les compos sont variées et originales et surtout enivrantes. Rare est-il de mélanger autant de parties orientales à d’autres parties bien métal et rentre dedans, créant de véritables ruptures au sein des titres. C’est ça l’avantage chez Arkan. Sur « Groans of the Abyss » ou « Lords Declines » vous pouvez tout à fait avoir une intro bien rentre dedans, des couplets et refrains bien bourrins, aux riffs et ambiances orientaux, puis avoir une coupure en milieu de titres totalement acoustiques, où les instruments orientaux et les chants traditionnels arabes sont de la partie : violons, percussions, flutes, et j’en passe, tout est au rendez-vous et permet à l’auditeur de voyager ne serait-ce que quelques secondes, voire parfois quelques minutes.

La musique reste toutefois bel et bien death même si les riffs orientaux se veulent peut-être plus présents que les riffs typiquement métal, mais tout de même…les jeux de guitares sont très bien réussis et apportent de la hargne au milieu de cette musique qui se veut chaleureuse. « Tied Fates » et « The Sevent Gates » possèdent toutes deux une intro du même style, c’est-à-dire un solo de guitares oriental faisant automatiquement voyager. Le reste se veut tout de même différent contrairement aux apparences, les parties death étant plus prédominantes, le chant caverneux de Florent Jannier faisant mouche, de par son charisme et sa rage qu’il semble livrer dans chacun des titres. Mais ce tranchant est allégé de temps en temps par le chant clair atmosphérique et oriental d’Abder Abdallahoum ou des chants arabes féminins tel que sur « Defying the Idols », exemple type du dynamisme et de l’agressivité mélangés à la douceur des chants et la chaleur des instruments orientaux.

Ajoutez à cela des titres très calmes tels que « Athaoura » et « Amaloun Jadid », où aucune guitare électrique n’est à l’honneur. Ici, juste place à l’exotisme, aux ambiances orientales, voire orphaned landesque, aux chants arabes…dépaysement garanti.

Il faut aussi noter que « Chaos Cypher » se démarque plus par son côté black que death pour la majeure partie du titre, le growl grave de Florent étant très imposant et poussé à l’extrême, les guitares et les riffs très dynamiques, et la batterie bien martelée. La fin, par contre, se veut plus centrée dans une optique doom, ce qui détonne avec le reste du titre : cette fin est donc lente, pesante, sombre, mélancolique, et surtout très prenante, le chant féminin arabe apportant tout de même un peu plus de lumière et de mélodies dans ce flot de tristesse, de désespoir et de chaos.

Ce premier opus d’Arkan est donc une véritable réussite, le folk et le death ne dominant pas plus l’un sur l’autre, le mélange étant savoureux et très jouissif. Un vrai régal qui plaira sans aucun doute à tout amateur d’originalité et de voyage.

 

Orphaned Land : The Never Ending Way of Orwarrior

Ξ janvier 22nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : The Never Ending Way of Orwarrior“Go in peace and find thy faith,

Evolve thy self and lose all hate,

So a heaven you may create”

Ca fait un moment qu’on nous annonçait ce nouvel album des Israéliens, sans vraiment avoir de nouvelles durant ces dernières années, puis, début 2009, les membres annonçaient que l’enregistrement commençait, 6 ans après leur fabuleux album « Mabool ».

Orphaned Land, c’est LE groupe du Moyen Orient, le combo qui pratique avec beaucoup de talent et d’inspiration, une musique aux influences death et folk, qu’on qualifie souvent de métal oriental, LE groupe qui arrive à mélanger ambiances arabisantes, chants traditionnels, textes religieux avec des guitares offensives, des chants gutturaux, et j’en passe. Après un « Sahara » brute de décoffrage, au son bien death et ultra efficace, un « El Norra Alila » plus mélodique et aux nombreuses sonorités orientales, et un « Mabool », beaucoup plus folk que ses prédécesseurs et beaucoup plus aboutis, voici donc « The Never-Ending Way of ORwarriOR ».

Le titre de cet album reprend celui d’un des morceaux de « El Norra Alila », racontant le parcours d’un homme vers un chemin sans fin. Cette galette est en réalité un concept-album sur un guerrier de la lumière, rencontrant des tas de soucis, soucis encore présents actuellement dans notre vie quotidienne.

Il est en effet clair qu’Orphaned Land ne truffe pas ses chansons de textes anodins, au contraire, leur but principal est bien d’apporter la paix et la réconciliation entre les peuples de la Terre grâce à leur musique, leur pays d’origine étant Israël, souffrant bien évidemment de conflits avec la Palestine. Après 18 ans de formation, et le sentiment que rien ne change dans leur région, OL décide de frapper fort.

Ici, il ne s’agit pas de jouer et basta. Le groupe a créé tout un concept autour de ce même thème, au point de se costumer pour l’album, chacun ayant son rôle. Outre intégrer trois parties et 15 titres, de nouveaux instruments et de des langues telles que l’anglais, l’hébreu, l’arabe ou le yéménite, ils ont aussi modifié la forme de leur logo, réussissant à faire un mix entre l’écriture hébraïque et arabe. Enfin pour terminer, il faut noter que la jeune Shlomit Levy, qui chantait sur certains titres sur « Mabool », fait bel et bien partie de la troupe.

Le gros changement aussi sur cet album, c’est sans doute la collaboration avec l’orchestre arabe de Nazareth et la venue de Steven Wilson du groupe Porcupine Tree en tant que producteur, mais aussi claviériste…

Un petit coup d’œil à la pochette de l’album. Celle qui est couleur sable est soit celle de la version CD toute simple, soit l’image du livret à l’intérieur de la version digipack, version dans laquelle la pochette est d’une couleur rouge (un peu à l’image d’El Norra Alila…). La version digipack se présente comme un livre que l’on ouvre, les deux CD de chaque côté et le livret au milieu. Oui j’ai dit les deux CD, le premier étant l’album, le second un documentaire DVD sur l’élaboration de l’album et des costumes, et quelques séquences live. L’intérieur du livret imite les pages d’un vieux livre, où les bords ont été « léchés » par le feu. Les paroles sont comme écrites à la plume. Les passages en hébreu et arabe ont aussi été traduits en anglais : bonne initiative.

Penchons nous enfin sur la musique. L’album s’ouvre avec « Sapari », un titre qui nous avait été présenté sur la page myspace du groupe il y a quelques semaines. Le chant quasi en hébreu du duo Kobi Fahri/Shlomit Levy est extrêmement mis en avant, accompagné de percussions, d’instruments arabes violons/guitares, claviers, et de guitares électriques assez mollassonnes pour ma part, entraînantes peut-être, mais fades. Deux remarques : aucun growls, et une monotonie qui fait peur…est-ce représentatif de l’album ? Est-ce comme ça pendant plus de 75 minutes ?

Heureusement non. Les titres sont pour la plupart très longs (8 minutes 31 maxi pour « Disciples of the Sacred Oath ») et leur structure varie régulièrement, d’où le côté progressif de l’album. Nous retrouvons avec plaisir les différents chants de Kobi Fahri : le chant clair est beaucoup plus maîtrisé, mais le chant guttural a encore perdu de son côté caverneux, pour être moins agressif qu’à l’accoutumer… (« Disciples of the Sacred Oath » ou même « From Broken Vessels »). Quoique, le chant sur “Barakah” est assez incisif il faut l’avouer. Les guitares quant à elles ne perdent pas de leur authenticité et restent très tranchantes tout en restant très mélodiques et techniques: le lead guitariste Yossi Saharon ne se garde pas de nous jouer de magnifiques solos aux sonorités orientales, pour la plupart longs, maîtrisés, et ô combien magiques comme sur « The Path Part I – Treading Through Darkness » ou « The Warrior » en particulier (les fans de solos de guitares ne peuvent qu’être ravis…).

La plupart du temps, ces guitares se mélangent avec les instruments en fond, comme les violons, ou les claviers, pour ne faire qu’un avec eux. La batterie est toujours aussi bien frappée, cymbales, doubles pédales et j’en passe…le jeu est suffisamment varié pour ne pas se lasser.

En parlant de variété, il faut noter que les instruments sont nombreux : des flutes, des violons, des percussions, des sitars, des guitares, piano et claviers…on ne pourrait faire mieux. Ces instruments sont mis en valeurs sur des titres calmes, où des textes religieux sont narrés ou chantés par Kobi Fhari (« Bereft in the Abyss » ; « His Leaf Shall Not Wither »), alors que Shlomit Levy accompagne en arrière plan de sa belle voix arabe. De ce fait, l’album se situe plus dans une optique symphonique que folk, et les influences se font beaucoup plus ressentir, surtout sur « The Path Part 2 : The Pilgrimage to OR Shalem », « Bakarah » et « Codeword: Uprising », trois titres assez rentre-dedans tout en restant mélodiques, où les percussions et les guitares saccadées jouent un rôle important dans l’élaboration de ces titres.

Enfin, je termine avec le titre « Vayehi OR », lui aussi présenté sur le myspace du groupe dernièrement. Je trouve qu’il a quelque chose en plus par rapport aux autres titres, sûrement ce côté dark qu’on ne retrouve pas dans le reste de l’album, un côté dark amené par le chant grave dans les couplets, à la fois parlé et chuchoté, et planant dans les refrains, mais aussi les guitares, qui amènent une atmosphère pour le moins triste…un titre sensible à mon goût…comme le titre de fermeture, réel manifeste de paix avec sa fin guidée par le piano et le vent, et ses derniers mots murmurés…

6 ans d’attente mais vraiment…ça vaut le coup. OL n’est pas le groupe le plus prolifique du métal, mais au moins, le travail n’est pas bâclé, les heures et les heures passées en studio n’y sont certainement pas pour rien. Cet album possède une vraie présence et nous invite à réfléchir en musique sur les conflits hargneux présents sur la terre entière. Un réel message de paix nous est lancé, à travers une musique agressive, certes mais tout de même mélodique. Une belle initiative pour un beau groupe qui j’espère, trouvera leur « Terre Promise » tant convoitée…

 

Orphaned Land : Sahara

Ξ septembre 25th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : SaharaEn 1991, les Israéliens Kobi Fahri, Yossi Sassi et Matti Svatitzki fondent le groupe Resurrection, désireux d’intégrer des chants et éléments traditionnels dans le heavy metal. Ils ne le savent pas encore mais leur mélange s’annonçait novateur et ambitieux pour l’époque, la musique orientale en tant que tel n’ayant jamais été intégrée à une musique se voulant extrême. Seuls les Turcs de Pentagram/Mezarkabul avaient, pour le moment, jouer dans ce domaine.

Quelques temps plus tard, le combo abandonne leur nom de Ressurection pour Orphaned Land, en français, “terre orpheline”, afin de véhiculer un message de paix entre toutes les religions du monde, et surtout entre chrétiens, juifs et musulmans. C’est ainsi que vit le jour la première démo, “The Beloved Cry“, suivie de ce premier jet sorti en 1994 et signé chez Holy Records, “Sahara“.

Orphaned Land arrive à jouir d’une production tout à fait correct pour ce premier album, officiant dans un death metal brute de décoffrage et teinté d’éléments orientaux et de chants tirés de textes sacrés, une première pour l’époque. Le groupe, sans vraiment le savoir, allait devenir le précurseur de tout un genre, influençant un bon pannel de groupes peu de temps après, tels que Melechesh, Salem et Amaseffer, dix ans plus tard.

Sahara” est donc un album de qualité. Le premier titre, The Saharas Storm, long de près de 8 minutes (comme pratiquement tous les autres !), est excellent, et nous plonge directement dans l’univers du groupe. Le début du titre commence par des instruments orientaux et des chants arabes, on se croirait dans un lieu saint. Puis arrivent les guitares aux riffs bien puissants, et du double chant, tantôt clair, tantôt growlé. Kobi Farhi a beaucoup de coffre à cette époque, son growl lui sortant réellement des tripes, instaurant une lourdeur typiquement death metal. L’oriental se ressent dans les nuances de chants, de guitares, et les quelques lignes de claviers, venus soutenir l’ambiance traditionnelle de quelques parties.

En réalité, tous les titres sont dans la lignée de “The Saharas Storm“, avec d’excellents riffs mais possédant leur empreinte qui permet de les identifier. Par exemple sur “Blessed By Thee Hate“, on peut entendre une voix arabe féminine ainsi que sur “My Requiem“, tandis que “Ornaments of Gold” est sûrement le titre aux plus grosses consonances orientales, consonances apportées par les guitares, mélodiques à souhait, qui nous emportent à l’autre bout du monde.

L’album possède tout de même deux titres à part, histoire de casser un peu l’élan, “Aldiar Al Mukadisa”, où des percus accompagnent des voix d’hommes chantant quelques phrases de la Bible, et “The Beloved Cry“, la berceuse de l’album si je peux dire, à l’ambiance calme et relaxante, soutenue par de bonnes lignes de basses et un chant clair très chaleureux.

Le dernier titre, “Orphaned Land, the Storm Still Rages Inside” est sans doute le meilleur titre de l’album, un réel chef d’oeuvre d’oriental death metal. Il est tout simplement parfait. Le début est calme, exotique, les guitares suivent le chant clair qui alterne avec le chant death. Puis ils envoient la sauce. Le refrain est magnifique. Un solo oriental en fond, les deux chants ensemble au premier plan, la basse fait quelques fantaisies…au milieu du titre, un léger break, puis tout part de nouveau. De nouveau une extrême mélodie de la guitare et le chant …puissant, bien grave. Les deux dernières minutes cassent subitement l’élan : passage à la guitare acoustique très jolie et très inattendue.

1994 est donc une année cruciale pour Orphaned Land qui franchit enfin le cap, devenant ainsi le précurseur d’un genre désormais bien installé. Un album clé et déterminant, qui sera suivi deux ans plus tard de la pierre angulaire de la carrière des Israéliens, marquant un cap vers le désir d’apporter la paix et la fraternité. A posséder.

 

Orphaned Land : El Norra Alila

Ξ septembre 24th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : El Norra AlilaDeuxième album pour les israéliens d’Orphaned Land, quelques années après un “Sahara” tout à fait correct et précurseur d’un genre qui finira par se faire de plus en plus courant : l’oriental metal. Toujours dans la continuité du précédent, “El Norra Alila” est un subtil mélange de death et d’éléments orientaux, d’où ces ambiances arabisantes et surtout ces rythmes rapides…

Ainsi, on est bluffés dès la première minute. Le premier titre “Find Yourself, Discover God” est excellent, c’est, on peut dire, le hit de l’album. D’emblée, Orphaned Land nous montre ce qu’ils sait faire, et nous plonge dans un univers death et rythmé. Tout commence par quelques secondes de percus et de flûtes arabes, puis ils envoient la sauce. Les riffs sont excellents, et le growl de Kobi Fahri est ultra puissant, pour un ensemble bien death metal, jusqu’à l’intégration de parties plus atmosphériques et orientales dans les riffings et le chant clair.

En réalité, tout l’album est dépaysant. On se croit vraiment ailleurs. Chaque titre a sa particularité : il possède son riff, sa partie orientale, son passage très posé, glissé entre deux passages bien rentre dedans, généralement plus lent, avec une ligne de claviers, comme sur “The Path Ahead” : en plein milieu du titre, un break et un peu de claviers. Chaque titre possède le solo made in Yossi Sassi, tels “Like Fire to Water” ou “The Truth Within” qui montrent tout le talent du musicien, bien qu’encore très jeune à l’époque. Chaque titre a son mesclin de chant, disons trois chants différents : un growl, un chant clair et mélodique, et des narrations. Ajoutons à cela des chants arabes féminins, discrets, mais efficaces, et des chants juifs traditionnels. Ajoutons aussi des titres instrumentaux, comme “Joy”, un titre ultra court où on peut entendre des percus et des guitares arabes, ainsi que “Takasim”, reprenant des morceaux traditionnels de la culture israélienne.

Un titre fait littéralement office de break après une vingtaine de minutes de musique acharnée et de growl, “A Never-Ending Way”. Ce titre est très calme, lent et mélodique. On nous raconte une histoire sur les chemins sans fin, d’où le titre.

La particularité de cet album est la langue utilisée. Notons que l’anglais n’est pas l’unique langage, certes, il est le principal, mais quelques titres et passages sont chantés en hébreux (la fin du titre “Thee by the Father I Pray” par exemple), en arabe, et dans d’autres langages. D’ailleurs, le titre “El Meod Na’ala” est le principal titre chanté entièrement en hébreux. Il n’est pas exceptionnel au niveau des guitares, qui restent sur la même tonalité et stagnent, mais au niveau du chant et des percus, on se croirait littéralement à l’autre bout du monde, dans un marché israélien, en train d’assister à une représentation. Pour l’anecdote, il s’agit d’un des premiers morceaux joués par Orphaned Land lorsque le groupe avait eu l’audace de reprendre une musique religieuse juive en mode heavy metal. Voici donc le résultat.

Les deux titres ultimes sont “Whisper my Name when you Dream” et “Of Temptation Born“. Ils commencent tous deux sur les chapeaux de roues : les guitares lancent des offensives, le chant est très agressif et caverneux, la batterie est très rythmée, et les lignes de basse ne sont pas spécialement en accord avec la batterie mais c’est très efficace. A ça, nous retrouvons toujours les sonorités orientales, les solos de guitares, et un Kobi Fahri en très grande forme.

L’album possède aussi une partie philosophique. Vous ne pouvez l’écouter sans avoir les paroles sous les yeux. Orphaned Land nous invite à nous unir, à ne pas nous détester, à nous rendre compte qu’en chacun de nous il y a une part de bien et une part maléfique, que partout autour de nous, chaque chose à son opposition parfaite, et que tout se complète. Ces thèmes sont introduits dans chaque titre mais le principal concerné est “The Evil Urge” où après une minute et demi de chant clair accompagné à la guitare, le chanteur Kobi Fahri murmure quelques phrases sur un fond musical sourd, en écho (“There is no sadness without joy and there is no joy without pain, There is no holy without impure and there can be no blasphemy without holyness” )

Orphaned Land, avec son oriental death metal, se tourne vers le progressif, mettant en avant un message de paix et de fraternité qui finira par devenir majestueux sur les albums suivants. “El Norra Alila” marque aussi la fin d’une ère death metal pour le groupe, qui se tournera huit ans plus tard vers un folk oriental à tendance progressive et death, prenant son projet encore plus à coeur. 1996 marque donc la sortie de la pierre angulaire du groupe, le propulsant irrémédiablement vers les combos orientaux les plus illustres.

 

Orphaned Land : Mabool – The Story of the Three Sons of Seven

Ξ mai 19th, 2009 | → 0 Comments | ∇ Death Folk, Oriental Metal |

Orphaned Land : Mabool - The Story of the Three Sons of SevenArmé d’un Death assez hargneux teinté de légers éléments folk, Orphaned Land avait fait la fierté de son pays d’origine et avait montré son talent indéniable en matière de compositions, de force, mais aussi d’agressivité. « Sahara » et « El Norra Alila » avaient été deux véritables bombes que beaucoup d’amateurs de death avaient réussi à s’emparer tant la puissance et la rage emplissaient irrémédiablement ces deux opus ci.

Et il aura fallu attendre 2004, huit ans exactement, pour qu’Orphaned Land revienne sur le devant de la scène israélienne avec, cette fois-ci, un concept album des plus intéressants et innovants, « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven ». L’album prend pour thème la Bible et aussi le périple de Noe, racontant l’histoire de trois fils (un pour chaque religion monothéiste) qui essayent de prévenir l’humanité de la venue d’un déluge (« mabool » en hébreu) comme punition de leurs péchés. Un récit pacifiste, qui pour certain, peut être en contradiction avec la musique…

Pour mettre en musique un tel concept, Orphaned Land change en grande partie sa recette exceptionnelle pour d’ors et déjà intégrer au fil de leurs compos, des ambiances plus aériennes, une diversité plus accrue des instruments, mais aussi une pluralité étonnante des langues. Car là où un album comme « El Norra Alila » fondait ses bases sur un death ravageur, « Mabool » quant à lui, repose sur une mélodicité indéniable et une variété inexorable d’éléments folks qui plus est. Et c’est là qu’on se rend compte que le groupe a bien travaillé au fil de ces huit années : tous les morceaux sont emplis de claviers, percussions, sitars, flûtes orientales mais aussi chœurs, chants traditionnels et religieux, à l’instar de « Building the Ark » ou de l’introduction de « Ocean Land ». Six langues auront été utilisés (dont l’anglais, l’arabe, l’hébreu, le yéménite…) qu’on peut entendre dans « Birth of the Three », « Norra El Norra » ou même « A’salk » où la guest Shlomit Levi vient poser son timbre de voix si particulier et envoûtant.

Mais ne vous y méprenez pas, les éléments death sont tout de même présents à l’intérieur même des compositions même si la tendance semble s’être renversée, ci bien que « Mabool » devient dès lors l’antithèse de « Sahara » et de « El Norra Alila ». Le growl est étrangement moins puissant et caverneux mais le chant clair s’est davantage amélioré, de même pour l’alternance occasionnée. Les riffs, même si certains peuvent être ultra tranchants à la manière de « The Kiss of Babylon » ou l’éponyme « Mabool », sont moins empreints de cette flamme death qui brûlait ardemment dans les précédents opus.

En réalité, il s’avère que ce sont les parties progressives et aériennes qui parviennent à prendre le dessus. Les titres sont en effet beaucoup plus longs et dotés de nombreux breaks mélodiques et atmosphériques, offrant la possibilité aux instruments orientaux de se mettre en avant, mais aussi aux deux guitaristes de nous prouver leur talent en matière de technique, de mélodies et de solos. Impossible de ne pas évoquer ces deux génies qui ne lésinent pas une seule seconde sur la possibilité de coupler leurs guitares pour notre plus grand plaisir. Le résultat est pour le moins spectaculaire comme sur « Birth of the Three », mais l’exemple le plus fragrant reste « The Storm Still Rages Inside », suite d’un morceau du même nom dans « Sahara », qui cette fois ci nous gratifie d’un solo immense de près de cinq minutes en véritable fil conducteur, soutenu en début et en fin par le chant clair de Kobi Fahri. Autre exemple étonnant, le duo imparable sur « Mabool » entre guitares et…violoncelles, sous fond de tempête et de pluie. Et le joli « Rainbow » en fin d’album, instrumental mais si significatif de paix…

Enfin, outre tous ces éléments importants qui plus est au sein de la musique, les claviers ne sont évidemment pas à épargner, ci bien que même s’ils octroient aux chansons un fond d’ambiance des plus doux et chaleureux, ils n’en restent pas moins techniques sur le fameux « A Call To Awake », faisant irrémédiablement penser au duo de claviers de chez Dream Theater. Enfin niveau piano, le final de « Norra el Norra » est totalement déroutant…

Cependant, tout cet assemblage reste des plus périlleux. Car même si les morceaux sont très bien ficelés et moins « death », dans le fond, certains ont parfois tendance à se ressembler, notamment « The Kiss of Babylon » et « Halo Dies », construits de la même façon. Idem pour les deux instrus qui possèdent ce même ton de guitare.

Finalement, on comprend pourquoi Orphaned Land aura mis autant de temps pour nous concocter un bijou pareil. Les israéliens ont bel et bien réussi à nous faire voyager hors de nos contrées occidentales et à nous faire rêver. L’auditeur redécouvre le mythe du déluge grâce à ce « Mabool – The Story of the Three Sons of Seven », qui marque la transition du groupe vers quelque chose de plus posé, de moins agressif et plus aérien.

 

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