Mastic Scum : C T R L

Ξ décembre 10th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal, Thrash Metal |

Mastic Scum : C T R LMaggo Wenzel (Tristwood) et sa bande s’apprêtent de nouveau à faire des ravages en cette fin d’année 2013. Ces vétérans de l’extrême, bien ancrés dans la scène death metal autrichienne depuis le début des années 90, vont enfin donner un successeur au très remarqué « Dust » sorti en 2009. « CTRL » montre encore une fois un groupe très attaché aux titres d’albums de 4 lettres et prouve son orientation inDustrielle plus flagrante que jamais. En effet, « CTRL » évoque indéniablement le langage informatique et, en plus de cette pochette mécanique, on est sûr de se retrouver avec un concept futuriste. Bonne pioche. Mastic Scum nous propose sa propre vision de l’évolution technologique et du développement de la société – le besoin de contrôler et l’inévitable effondrement du système…

Ainsi, les Autrichiens décident de ne plus se contenter de leurs influences Napalm Death. Jusqu’à présent, ils nous avaient habitués à suivre leur traces en introduisant dans leur musique beaucoup plus d’éléments death metal et, avec le temps, quelques touches modernes (« Mind », « Dust »). Désormais, nous nous retrouvons davantage face à un mélange de Napalm Death et de Fear Factory, la faute à la présence plus conséquente d’éléments inDustriels. Cela se ressent facilement dans les titres puisque la plupart d’entre eux débutent avec des samples électroniques voire robotiques (« Controlled Collapse », « Dehumanized », « Cause and Effect »…). Cela propulse l’auditeur dans le monde des Autrichiens, d’autant plus que la batterie se dote d’un son plus mécanique : elle claque et sonne plus synthétique qu’à l’accoutumer. Les riffs aussi se dotent d’un côté très syncopé et déstructuré, à l’image de leurs influences américaines. On s’éloigne quelque peu du death/grind pour se diriger vers une forme de cyber death/grind…

Il faut croire que l’ombre du dernier « Dystopia and Disturbia » de Tristwood a plané sur le processus de composition de ce « CTRL ». Sans être ultra inDustriels ou inspirés par le black metal, les morceaux de cet album restent bien brutaux, portés par des blasts beats rouleaux compresseur, des riffs destructeurs comme des mitraillette et un chant incisif tantôt growl tantôt proche du cri porcin. C’est rapide, plutôt bien exécuté et souvent technique histoire de relever ce côté synthétique et inhumain (« Brute-Force-Method », « Hyper-Detection 2.0 »). Sans oublier le mixage très moderne de Tue Madsen (Illdisposed, Sick Of It All) qui accentue encore plus cette impression.

On aurait aimé que les samples aient un rôle plus important puisqu’ils ne servent qu’à démarrer les morceaux, sauf sur les très synthétiques et déstructurés « D1S3MB0D1M3NT », « The Vortex Within » et « Resurrection ». C’est mécanique à souhait et ponctué de quelques paroles distordues, à l’image de Fear Factory ou d’autres groupes de cyber metal comme Deus.Exe ou Hi-Tech

La prise de risque est louable et l’espèce de fusion Napalm Death/Fear Factory est réussie. Toutefois, malgré un début très brutal death et accrocheur et une fin toute aussi extrême et portée par l’indus, le milieu de l’album souffre de temps morts, ce qui nous fait un peu décrocher. Le petit côté polyrythmique peut légèrement agacer et la technique des riffs saccadés apporte quelques linéarités. Cette orientation musicale pourrait donc être intéressante pour certains, fâcheuse pour d’autres. Par conséquent, ce « CTRL » risquerait bien de diviser…

 

Ungrace : Feed the Demons

Ξ juin 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal |

Ungrace : Feed the DemonsLe moins que l’on puisse dire, c’est que ces Ukrainiens ne chôment pas, entre la gestion d’Ungrace mais aussi des autres projets comme Blast-X ou Hell :On. Les points communs de ces formations résident non seulement dans la présence de certains membres mais aussi au niveau du style, à savoir le death metal. Toutefois, Ungrace s’est dirigé vers un death metal teinté de core et d’éléments industriels pour, on peut le dire, une sorte de deathcore industriel. Le quatuor laisse une place importante aux éléments purement death metal comme les riffs, les rythmiques mais aussi les growls, les influences allant de Nile à Behemoth pour ne citer qu’eux. Pour ce qui du core, les vocaux plus hurlés nous mettent sur la voie ainsi que certains breakdowns. Enfin, pour ce qui est l’indus, on est plus proche de Fear Factory qu’autre chose.

Sur leur nouveau méfait, « Feed the Demons », paru trois ans après leur premier album « Hostile Revival », Ungrace propose treize morceaux bien huilés et tranchants. Signé chez le leader ukrainien Metal Scrap, ils peaufinent leur production et cela se ressent sur le titre introducteur, « …Will Kill You », au son dense et aux riffs écrasants. Une sorte de deathcore moderne avec son panel de riffs calculés et maîtrisés. On sent que le quatuor a pris de la bouteille depuis l’inégal « Hostile Revival », idem pour un « Horizons Behind » dans la même veine, qui alterne les types de chant. Sans oublier un « S.L.F » très ravageur, parfois très technique niveau grattes et batterie.

On sent aussi que le groupe ne sait pas trop où se situer, entre des titres à la Nile comme « Scarifice » ou « Bleeding Thoughts », bourrins et aux ambiances égyptiennes, des titres plus indus comme « Glamour & Pathos » ou « No[w] More Hate », pas loin du cyber, ou des titres plus proches de Strapping Young Lad/Devin Townsend comme « All My Demons » ou « Sick Passion » (notamment les cris et certains riffs). Malgré toutes ces influences, l’ensemble montre une base bien deathcore et on peut dire que malgré les diverses escapades vers des styles différents, il s’agit du point de repère.

« Feed the Demons » reste un album bien ficelé et agressif à souhait mais Ungrace doit maintenant trouver sa vraie identité et s’extirper de ses influences, encore bien trop présentes. Voici tout de même une galette encourageante pour un petit groupe des pays de l’Est. Une chose est sûre : cette partie du globe à un sacré potentiel !

 

Arbitrator (CAN) : The Consummate Ascendancy

Ξ mars 19th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Industrial Death Metal |

Arbitrator (CAN) : The Consummate AscendancyLe death industriel n’est certainement pas le style de metal le plus pratiqué au monde, et pour cause, on ne connaît pas tant de groupes officiant dans le domaine, si ce n’est Zuul Fx en France, The Amenta en Australie ou The Project Hate MCMXCIX en Suède. Pourtant il est clair qu’avec un peu plus d’attention, on pourrait repérer des formations intéressantes, mélangeant la rudesse du death metal avec le côté froid et stérile de la musique industrielle. Arbitrator fait partie de ceux là. Venu droit du Canada, ce petit groupe ou du moins ce one-man band, mené par Rob Kukla en multi instrumentiste averti, arrive à imposer sa marque de fabrique et son style death industriel anti religion et quasi post apocalyptique, s’inspirant de la scène death metal suédoise et des touches indus les plus sombres possibles, comme si Bloodbath côtoyait la froideur et la mécanicité de The Project Hate MCMXCIX.

Arbitrator sort donc son premier EP en 2011 soit prêt d’un an après la formation de ce projet. Rob Kukla fait tout par lui même mais s’offre l’aide de Corey Chernesky pour les parties batteries. Quant au mixage et au mastering, ils ont été confiés au célèbre Dan Swanö dans ces Unisound Studio, conférant à l’EP un son rude, puissant et impeccable. Et c’est justement ce son qui permet à la musique d’Arbitrator de retranscrire un univers particulièrement décadent grâce justement à la lourdeur des instruments et au côté implacable du growl.

Les deux morceaux en question, « Into the Eternal Flames » et « Suffer His Unrelenting Dominion » durent chacun plus de huit minutes, possédant un côté progressif indéniable. Rob Kukla a réussi à intégrer différentes parties de façon à ce que les titres avancent et nous montrent une variation d’événements et d’humeurs. A la manière de The Project Hate MCMXCIX, Arbitrator intègre autant de parties bien industrielles que de parties plus symphoniques dans ses compositions, tout en les mélangeant à l’agressivité palpable de son death metal. Pas de répit, que de brutalité et de parties jouissives, où les guitares ne font qu’un avec le growl et les claviers.

On a beau avoir deux titres, on a l’impression d’en écouter plusieurs, sans transitions. Tout s’enchaîne très rapidement car Arbitrator nous dépeint un monde de souffrance et de ténèbres, un monde détruit et relativement pessimiste. Il n’est donc pas étonnant de se retrouver avec des changements brusques de riffings, passant d’un death bien suédois à quelque chose de plus technique en passant par un aspect plus syncopé voire mathématique sur la fin du premier titre. On a aussi droit à des accélérations comme à des décélérations, bercées par le growl de Rob ou ses intrusions au piano. Et même si l’industriel n’est pas omniprésent, il sait arriver aux moments les plus opportuns afin de relever ce côté mélancolique et décadent, comme sur le final de « Suffer His Unrelenting Dominion ».

Puissant et prometteur, « The Consummate Ascendancy » est un EP efficace dévoilant tout le potentiel de son géniteur, distillant un death industriel qui sent bon l’acier et les mauvais côtés de la religion et du futur. A confirmer.

 

Seydr : Every Cloud Has a Silver Lining

Ξ novembre 15th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Industrial Death Metal |

?????Né dans les Landes françaises en 2009 avec l’envie de créer un univers alliant riffs death metal et sonorités synthétiques du metal industriel, Seydr a su s’imposer afin de sortir son premier EP « Every Cloud Has a Silver Lining ». Pochette et univers froid pour ce quintet qui a su d’office mettre les petits plats dans les grands afin de nous proposer une sortie de qualité. En effet, Mathieu Pascal de Gorod a su apporter sa pierre à l’édifice en matière de production et de mixage, et le résultat est là, s’adaptant parfaitement à l’univers proposé par les Aquitains.En effet, le temps de cinq morceaux, le groupe a réussi à intégrer autant de lourdeur que de mélodies et d’ambiances au sein d’un death metal moderne et industriel de grande qualité. La paire de guitariste arrive à nous offrir des riffs aussi puissants que maîtrisés, tout en intégrant une once de mécanisation à leur exécution, à l’instar d’un « My Genesis » aux consonnances Meshuggesques sur certains passages, notamment avec l’apparition d’un riff dissonant, précis et syncopé.

Seydr arrive à semer des nappes de claviers là où en attend pas forcément. Le clavier est tout d’abord utilisé avec parcimonie, de sorte que le côté indus n’empiète pas sur le côté agressif et rentre dedans du death metal. Les ambiances sont alors tantôt relevées par les riffs, tantôt par les claviers, s’imposant par exemple sur l’introduction mécanique et futuriste de « Half Death », s’accaparant le rôle d’interlude sur le même titre, avant de conclure avec un côté atmosphérique bercé par des guitares lourdes et continues, tel un Hi-Tech en plus féroce.

L’éponyme « Every Cloud Has a Silver Lining » nous embarquera au sein même de la pochette. Nous voilà donc piégé par les glaces, sous une couche épaisse de brouillard. Seydr nous offre un death metal rageur et tranchant, soutenu par un growl précis et maîtrisé, avant de nous gratifier de nappes de claviers glaciaux mais pénétrants, histoire de nous proposer un break atmosphérique qui sied bien au final prévu pour ce morceau.

Malgré tout, il est un point à ne pas négliger concernant la dynamique des titres. Certes incisifs, le tout manque souvent d’accélérations, si bien qu’on se retrouve peut-être trop souvent avec un tempo moyen voire « lent » selon les passages. Seydr aurait peut-être du varier ces rythmiques afin de nous proposer quelque chose de plus diversifié. De plus, les sonorités aux claviers ont tendance à se ressembler au sein même des cinq morceaux.

Toutefois, le plus beau coup de maître se situe sans aucun doute sur « Hourglass », jouant allègrement sur les atmosphères à partir de 02:56, période dans laquelle l’auditeur se retrouve prit dans une harmonie magnifique entre riffs lourds, mélodies froides et inquiétantes, et claviers atmosphériques. Le growl arrive donc à se tailler la part du lion sur ce final inattendu et en crescendo, le dernier solo étant soutenu et interminable, avant un ralentissement et une ultime nappe glaciale au clavier.

Seydr nous concocte donc un bon premier EP mélangeant le côté lourd des riffs au côté éthéré des claviers, le tout se dotant d’une enveloppe glaciale et moderne des plus appréciables. Le quintet a réussi, en un premier jet, à nous offrir une alliance douce mais mécanique, tout en acquérant une certaine personnalité, personnalité qui se devra d’être plus marquée dans le prochain album, si tant est qu’il y en ait un.

 

Hi-Tech : Annihilation

Ξ mars 21st, 2011 | → 4 commentaires | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Hi-Tech : Annihilation« Mettons qu’une machine supra-intelligente soit une machine capable dans tous les domaines d’activités intellectuelles de grandement surpasser un humain, aussi brillant soit-il. Comme la conception de telles machines est l’une de ces activités intellectuelles, une machine supra-intelligente pourrait concevoir des machines encore meilleures ; il y aurait alors sans conteste une “explosion d’intelligence”, et l’intelligence humaine serait très vite dépassée. Ainsi, l’invention de la première machine supra-intelligente est la dernière invention que l’Homme ait besoin de réaliser. » — Irving John Good

Fort de leur Death Indus atypique et résolument glacial et technologique, les membres d’Hi-Tech, un an seulement après leur premier EP, remette le couvert courant 2009 avec une suite à ce « Nova » original et percutant. « Annihilation », n’est autre que l’autre facette, la partie la plus terrible, apocalyptique et sombre, celle où nous, humains, sommes pris dans notre élan destructeur et notre envie d’évoluer et de faire évoluer. Les intelligences artificielles, ayant pris le pouvoir et étant plus nombreuses et plus développées, ont fait beaucoup mieux que nous, humains, et nous voilà donc, en phase d’Annihilation

Dans tous les cas, le Cyber Metal n’offre aucun répit et aucun espoir pour l’être humain, focalisant ses concepts sur des thématiques bien sombres et atypiques, mêlant l’homme et les machines, et basant sa musique sur quelque chose d’a priori simple, mais pourtant si rêche, si mécanique, si futuriste et si électronique. Hi-Tech a entièrement compris la leçon et va, avec cet album, bien au délà du précédent « Nova », en phase d’expérimentation. Sous couvert d’un Death Industriel cybernétique hargneux et glacial, le tout est davantage poussé vers des mélodies entêtantes et simples, un riffing minimaliste mais destructeur et efficace, un chant totalement déshumanisé et froid, mais habité par une entité on ne peut plus machinisée, et des sonorités electro/indus du plus bel effet, beaucoup plus présentes et relevant d’autant plus ce caractère si atypique. Bienvenue donc au sein même de la technologie…

Cette fois-ci, Hi-Tech rallonge ses morceaux, les remplissant de structures bien particulières et variées. Il augmente aussi la vitesse du rythme, rendant le tout plus attrayant, plus dynamique malgré cet aspect synthétique qui règne en maître suprême au fil des titres. Un Death Indus Progressif nous est ainsi offert, comme le démontre le morceau introducteur « Annihilation », ouvrant le bal sur la destruction qui est irrémédiablement attendue. Un fond d’ambiance totalement distordu, un son de mise en marche, une sirène, des coups de feu au loin, et un déferlement de riffs et de martèlements continus de batterie. Peut-être trop long pour une introduction (tout de même plus de 8 minutes…), et peut-être aussi trop linéaire malgré les différences de parties bien distinctes.

Autre gros pavé, le titre « Hierarchy », prouvant que la machinerie fait la loi. Assez sombre, les riffs sont très rêches, assez crus, soutenus par un growl très efficace et des fonds d’ambiances froids et aériens lors des refrains, suivis d’une grosse partie aux claviers, instrumentale, lumineuse et calme, juste avant la grande déflagration mécanique, où tous les sons des instruments s’entrechoquent pour un effet assez déroutant.

Si les titres les plus décharnés, lents et mélancoliques sont de la partie, tels que « Phosphorous Clouds » et « Decode », apportant un certain côté monotone malgré l’ambiance mais possédant une légère ressemblance (surtout pour le dernier) avec le groupe Rain, les titres les plus robotiques et cybernétiques le sont aussi. L’auditeur parcourt entièrement le coeur même de ces machines si destructrices, il explore malgré lui les profondeurs si noires et abyssales d’un monde qui lui est encore obscur, loin de ses capacités propres de compréhension. La technologie a évolué d’elle-même, et impossible il est désormais de la comprendre. « The Power to React » et ses riffings/rythmiques situés entre Mechina, Sybreed voire Fear Factory, ne peuvent pas être plus mécaniques. Les claviers en fond y sont aussi pour quelque chose, d’autant plus quand arrive l’unique partie du titre, la partie la plus atmosphérique et sombre, où les sons électroniques et futuristes s’entre-mêlent accompagnés d’un growl, pour un rendu assez inattendu. « Kneel to Dust »  et « Prototype » restent sans doute les plus électroniques/indus et les plus robotiques, surtout avec ce rythme et ces riffings totalement hypnotiques et mécaniques, et ce growl robotique étrange. Une savante combinaison d’éléments pour un rendu assez déroutant.

Un pas d’autant plus en avant pour Hi-Tech, qui ose plus, et va complètement dans l’expérimental et le prog. Quelque peu proche de Fear Factory par moment, ainsi que de Meshuggah pour certaines parties rythmiques, les russes accentuent toutefois nettement plus le côté technologique et décharné de la musique, pour un résultat des plus intéressants, malgré son autre côté long et monotone. Un Cyber Death pour le moins fort et accrocheur, quoique difficile d’accès.

 

Hi-Tech : Nova

Ξ mars 14th, 2011 | → 14 commentaires | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Hi-Tech : NovaFormé en 2007 et composé de cinq membres, Hi-Tech n’est autre qu’un groupe Russe de Death Metal industriel à grosse tendance Cyber, qu’on pourrait donc qualifier de Cyber Death. En effet, le jeune combo se distingue par sa particularité de jouer une musique pour le moins très froide, privilégiant les riffs hypnotiques avec cet atypique arrière goût d’acier, les rythmes percutants et mécaniques, et les sonorités électroniques futuristes du plus bel effet.

Car Hi-Tech et son album « Nova », outre son nom significatif, détient un concept on ne peut plus évident basé sur la technologie dépassant ses limites et échappant aux mains et au savoir de l’humain…technologie atteignant son summum et étant comparée à une « Nova », qui est, en astronomie, une étoile devenant brutalement brillante et augmentant considérablement son éclat. Ces deux termes, technologie/Nova, sont d’ailleurs mis en valeur sur cette pochette grisâtre et très moderne.

Pour parachever le tout, Hi-Tech use donc d’une musique très ambiancée, où le froid et cette impression d’uniformité happent l’auditeur. Tout est sec, presque décharné, et particulièrement claquant, les riffs détenant un son pour le moins assez aigue et rêche. Le guitariste T-Tox sait aussi bien nous gratifier de riffs mélodiques que de riffs hargneux, souvent basiques, mais efficaces, collant parfaitement à cet ensemble uniforme quoique monotone. Alors que la basse reste très discrète, les rythmiques elles sont en total accord avec cette guitare. Un duo mécanique et dénué de toute âme, comme ce growl caverneux mais tout aussi déshumanisé et surtout puissant (« Nothing »). Une voix que l’on peut aussi bien retrouver totalement trafiquée et robotisée, voire claire et lamentée, à la manière de « Nova ».

Le tout est finalement accentué par une prod moyenne (auto prod oblige) et des effets aux claviers loin d’être inintéressants. Usant de samples aux fonds d’ambiances en passant par des mélodies mélancoliques et des sons électroniques, le claviériste Tesla sait nous gratifier de passages discrets mais efficaces, sans pour autant nous assommer avec des myriades d’effets. Ainsi, l’instrumental « Endless » est le seul morceau composé uniquement aux claviers, lorgnant vers le sympho et l’ambient, accompagné d’un rythme lent et hypnotique.

Finalement, c’est sans doute « Dolls of the Final Act » qui reste le morceau le plus intéressant de l’album. Mélangeant tous les éléments cités précédemment, l’ensemble reste plus rapide et plus typé Death, avec ces riffs bien représentatifs et ce growl bien rentre dedans, paradés d’éléments indus sombres, froids et cybernétiques particulièrement réussis. Titre entraînant, mettant beaucoup plus en valeur le Cyber Death de cette jeune formation russe, sonnant comme une machine, comme s’il y avait eu une erreur critique dans le système…

Un assez bon premier EP qui nous laisse entrevoir plein de surprises de la part d’Hi-Tech. Car même si les morceaux en général nous laissent un certain goût d’uniformité et de manque de prise de risque, il est clair que le combo, avec un style si rare et pourtant si intéressant, peut nous en montrer davantage, d’autant plus que les ambiances et le growl sont bien maîtrisés et que le quintette détient un esprit moderne et surtout créatif…

 

Atrophia Red Sun : Twisted Logic

Ξ février 28th, 2011 | → 2 commentaires | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Atrophia Red Sun : Twisted LogicParmi les groupes polonais de death black les plus méconnus et les plus sous estimés, on compte entre autre Naumachia mais aussi Atrophia Red Sun, alors fondé en 1994 par le claviériste Piotr Kopec de (comme par hasard) Naumachia, et le chanteur Adrian Kowanek, qu’on retrouvait aussi dans Decapitated. Après des débuts quelque peu non fructueux dans lesquels le combo officiait dans un doom metal assez romantique, Atrophia Red Sun change du tout au tout son orientation musicale afin de nous offrir une vision plus pessimiste du monde, plus sombre, plus apocalyptique, et plus cybernétique. « Twisted Logic » est sa dernière oeuvre en date et est une pure représentation d’un univers déchu , régi par des entités électroniques , où l’humain est lui-même pris au piège par ces entités ci, pervertissant son esprit selon des méthodes très précises de manipulation. Le monde se retrouve confronté à la violence et aux péchés…

A l’instar de Thy Disease et bien sûr Naumachia, Atrophia Red Sun use d’un death black lourd et malfaisant, paradé par beaucoup d’éléments industriels qui renforcent les ambiances et le concept sus-cité. De plus, à la manière de ses confrères, le quatuor expérimente énormément, à tel point que les morceaux paraissent distordus, étranges, à la limite du malsain parfois : multiplicité des sons aux claviers, mais aussi des solos à la guitare et des vocaux. Un titre comme « Code Word » et sa sirène en intro ne peut que nous baigner dans le concept et nous mettre en garde quant à ce qui est censé nous arriver, alors qu’ « Abstract » par exemple peut s’avérer totalement dérangeant par ces guitares hypnotiques mais aussi ces différents sons tous plus étranges les uns que les autres…

Car il faut le dire, l’ expérimentation est le maître mot de cet album. Les claviers nous sortent des sons à la limite de l’aliénation, de la paranoïa, alors que d’autres peuvent être bien sombre et modernes, bien cybernétiques. La variété des riffs et des mélodies à la guitare est à prendre en considération, et peuvent étonner, tant tout cela nous donne la fâcheuse impression que ce n’est que de l’improvisation. Mais au contraire, tout est bien pensé, tout est maîtrisé, si bien que les riffs sont aussi death que black, aussi malfaisants que normaux, aussi brutaux que mélodieux (« Twisted Logic »).

Cependant cela ne s’arrête pas là. Tout se ressent aussi dans les vocaux, comme plus particulièrement sur « Inspiration ». Même s’ils sont davantage black et cadavériques que death, il s’avère qu’ils peuvent aussi être clairs, voire parlés, dans certains passages, mais aussi lamentés, décharnés, inhumains, mécaniques, malmenés par une horde d’éléments synthétiques pervertissant leurs intonations, si bien que nous avons l’impression de changer de monde et de langue, au profit d’un langage si différent et si mystérieux qu’est celui des machines…

Mais il est clair qu’Atrophia Red Sun a fait un travail considérable en ce qui concerne les instruments et les sonorités, mais aussi dans la progression des morceaux. Nous, auditeurs, suivons ce désastre, ce carnage, cette manipulation au fil de ces onze titres. Nous sommes happés dans ces conflits de société et cette agressivité palpable, baladés de ci de là à travers mille et un sons, mais aussi frappés et martelés par cette batterie claquante, tapant là où ça fait mal. Et la longueur de ces morceaux ne fait que renforcer cette progression, plus ou moins dérangeante selon la chanson en question, car le degré d’étrangeté et de mystère est totalement variable (comme encore sur « Twisted Logic », qui incorpore d’ailleurs la musique du générique d’X-Files).

Preuve en est aussi au niveau de deux « cyber instrumental » comme elles sont nommées dans l’album. Et ça fait peur…la première est bien trop calme et bien trop crystalline pour nous donner cette impression de répit. Et la seconde, outro de l’album et ce piano en folie est totalement déroutante et aliéné, jusqu’à un final atmosphérique où des choeurs ténébreux sont à l’honneur…

Selon cette progression permanente et loin d’être latente, « Nameless Rot » est sans doute le morceau le plus multiple et le plus riche, tant dans sa construction que dans les ambiances. Jamais identique du début à la fin, l’agressivité est constante, mais les mélodies ne manquent pas, ainsi qu’un certain dynamisme et un certain groove. Même si le début est particulièrement efficace et rentre dedans, la suite change du tout au tout quand arrivent les claviers, octroyant une ambiance des plus cybernétique et des plus futuriste. Les sons sont bizarres mais modernes et plutôt spatiaux, jusqu’à un passage chanté en clair mais de façon dénaturée, pour atteindre quelque chose de plus indus, avec un solo on ne peut plus arabisant, pour enfin clore avec une partie atmosphérique, donc assez planant mais sombre et électronique…

Ca change de l’ordinaire, c’est bien particulier, technique, et suffisamment expérimental pour attirer l’attention. Toutefois il est clair que cette profusion de sons peut en déranger certains, ainsi que la production, assez caverneuse et presque en écho (même si signé chez Empire Records)…ça réduit quelque peu la brutalité des morceaux, mais ça ne gâche en rien les mélodies et fait la part belle à ces ambiances si sombres, décadentes, et cybernétiques…

 

Mechina : Conqueror

Ξ février 9th, 2011 | → 1 Comments | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal, Symphonic |

Mechina : ConquerorEn 2005, Mechina s’était concentré sur un concept album nommé « The Assembly of Tyrants » où les tyrans, les machines, et les dieux artificiels étaient les maîtres du monde. Le combo américain avait fait de son death metal industriel une musique hargneuse, électronique et cybernétique, à l’image du concept et de l’imagerie qu’il avait mis en place. Mais un manque de maîtrise des instruments et une certaine linéarité avait nui à cette formation atypique.

Aujourd’hui en 2011, et presque 6 ans plus tard, Mechina a grandi et se dévoile à nous plus fort que jamais, nous offrant un nouveau concept album, « Conqueror », visionnaire et futuriste à souhait, et force est de constater que le quatuor joue enfin dans la cour des grands. Fini cette production en carton, cette maîtrise laissant à désirer et ce manque de maturité. « Conqueror » flirte encore légèrement avec un cyber death efficace mais s’empreinte davantage d’éléments novateurs, originaux et extrêmement poignants. En effet, Mechina incorpore à l’intérieur même de son death indus, des éléments symphoniques dignes de BO de Science Fiction. Et c’est là que tout devient intéressant. Cette part de symphonique n’est pas anodine étant donné qu’elle renforce le concept de l’opus, basé sur le futur de l’homme et son désir ravageur de conquérir d’autres territoires extra-terrestres. Les mystères de la Terre ne lui suffisant plus, voyager dans l’espace est donc une solution alternative et plus excitante…

Mechina nous fait donc du space metal et nous embarque avec lui pour un voyage surprenant et poignant. Voyage, voyage…la traversée de l’univers ne se fait pas sans encombres et tels de véritables rouleaux compresseurs, les riffs et les multiples double pédale de la batterie nous écrasent dès les premiers morceaux alors que le chant death, grave et charismatique, nous entraîne encore plus dans les méandres infinis de l’espace. Il fait froid, il fait sombre, et les riffs et ambiances sont là pour nous happer dans cet univers particulier. Les éléments électroniques nous rappellent que nous nous situons bien des centaines d’années plus tard, dans un vaisseau spatial traversant les multiples galaxies, les sonorités organiques et mécaniques nous rappellent les origines cybernétiques de Mechina et renforcent cet aspect dangereux du voyage. Enfin, les multiples symphonies omniprésentes sont ultra grandiloquentes et extrêmement maîtrisées. L’ensemble est totalement enivrant, déroutant, futuriste et original.

Pris séparément par contre, les éléments deviennent d’un coup moins originaux. Car les riffs, death pour la plupart du temps, et souvent saccadés, tendent à se colorer d’un certain côté thrash à la Fear Factory typé « Demanufacture ». De plus, les ressemblances avec Sybreed période « Slave Design » peuvent aussi frapper, toujours au niveau des riffs mais aussi du chant clair et de son alternance avec le growl (« Conqueror », « Anti-Theist »). C’est incisif, puissant et efficace. Par ailleurs, niveau claviers, on pourrait aussi croire que Mechina s’est inspiré des grandes symphonies de Dimmu Borgir sur « Death Cult Armaggedon » ou même « In Sorte Diaboli ». C’est tout aussi grandiloquent et fort, avec bien entendu, ces côtés épiques et futuristes en prime.

Hormis cela, l’album est très intéressant et pas très linéaire. On regrettera peut-être la ressemblance des riffs sur chaque morceau mais la diversité des harmonies et des mélodies différencient chaque titre de ce « Conqueror ». Avec une excellente auto production, un « Incipient Tragoedia » en intro, ethnique et dépaysant, un « Non Serviam » à l’intro teintée de black et aux couplets planants, un « Conqueror » aux chœurs et aux symphonies impériales, un « Anti-Theist » remarquable tant au niveau des riffs que des claviers majestueux, un « Internecion » totalement agressif, ou un « Ad Astra » touchant, cosmique et froid en digne de conclusion, il est impossible de ne pas prendre son pied, si tant est qu’on apprécie ce genre de musique et ce mélange impressionnant des genres. Une très bonne évolution pour Mechina.

 

Naumachia : Black Sun Rising

Ξ janvier 25th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Industrial Death Metal |

Naumachia : Black Sun RisingDécidément, les polonais ne sont pas avares du tout en matière de death black. On connait déjà Behemoth, Hate, Crionics, ou encore Atrophia Red Sun, mais certaines formations restent dans l’ombre des plus grands, du moins des plus connus, comme Thy Disease, ou en l’occurrence, Naumachia.

Formé en 1999, Naumachia officie lui aussi dans un death black efficace, puissant et sombre, flirtant grandement avec l’indus. De ce fait on retrouve aussi chez cette formation polonaise des ambiances décadentes, futuristes et apocalyptiques assez marquées, bien maîtrisées, et, il faut le dire, plus omniprésentes. On peut donc dire que Naumachia se situe entre Crionics et Thy Disease.

Car si on retrouve la brutalité et la technicité des riffs de l’un, on côtoie aussi la mélodie et les claviers entêtants de l’autre. Ce « Black Sun Rising » détient lui aussi un concept assez pessimiste, mettant en relief les conséquences plus ou moins néfastes de l’apparition d’une éclipse, dans un futur plus ou moins proche…ce soleil noir levant ne serait autre que le commencement d’une nouvelle ère, d’une époque encore plus cataclysmique…et les paroles ne sont que les pensées d’un homme ne pouvant plus vivre parmi les humains de cette période funeste…

Ainsi, malgré les apparences, cet album de Naumachia, du moins quelques morceaux en particulier, pourraient faire partie du petit monde du cyber metal pour plusieurs raisons. D’une part, le concept futuriste et même science fiction, l’humain utilisant des moyens plus ou moins nouveaux pour réchapper à cette ère morbide et destructrice. D’autre part, la musique est terriblement empreinte d’éléments industriels, électroniques même, et de samples, mettant en relief quelques bruits de machines (« Egomaniac Frenzy »). Les parties black ici présentes permettent de soutenir ces éléments indus et de renforcer ces atmosphères sombres avec délicatesse et maîtrise (« Abreaction »). Quant aux parties death, ce sont les plus agressives et les plus techniques.

Le fait est que Naumachia joue véritablement dans la cours des grands. Très professionnaliste et innovateur, s’influençant toutefois de ses frères polonais (« Inward Spiral » étant du Thy Disease tout craché), le groupe n’hésite pas à prendre des risques et à frôler l’expérimental. De ce fait, il ne sera pas étonnant de retrouver un morceau instrumental comme « Mortification Study », extrêmement bien maîtrisé de bout en bout. Car ici, les claviers (mélangeant indus et même sympho en fond), les chœurs étranges et les percussions sont de la partie, proposant des mélodies enivrantes bien que mystérieuses et sombres, soutenus par quelques notes à la guitare accompagnant le jeu principal de claviers déroutants et un rythme mécanique. Une voix apparaît de temps en temps, décharnée et synthétique. Ce titre permet réellement à l’auditeur de rentrer dans le vif du sujet et de rendre compte de l’aspect cybernétique de la musique. Par ailleurs, « Iconography of Pain » est un bon exemple en ce qui concerne l’aspect expérimental, les claviers partant dans tous les sens, et les guitares usant de dissonances sur certains passages. Une bonne prise de risque en somme.

Ceci dit, les compos, en général, sont assez brutales et il s’avère que le côté mélodique des compos revient aux claviers qui créent vraiment tout : fond d’ambiance et lignes envoûtantes. Mais les riffings sont très bons et pourraient faire penser à ceux de Vader par moment, ainsi que la voix, un growl bien grave, maîtrisé, doté d’un tranchant et d’un sens du rythme imparable. De ce fait, « Sedated Daimona », entre autre, est un véritable condensé de tous les éléments sus cités.

Mais hormis cette violence qu’on ne peut que remarquer, il serait dommage de ne pas évoquer les passages plus posés et atmosphériques, rappelant dans quel domaine nous nous situons. La fin de « Sedated Daimona », par exemple, ou le début de « Abreaction », planants à souhait, avec ces sons particulier et ce clavier de fond enivrant.

Il est toutefois dommage que ce « Black Sun Rising » ne soit pas long…de plus, les claviers indus, bien que charismatiques et indispensables pour respecter le concept et le style, sont trop dominants et ont parfois tendance à happer les guitares et la voix dans un ensemble atomique de sonorités électroniques. Et finalement, bien que l’originalité soit là, elle est tout de même réduite et perd malheureusement de son intensité à cause des influences de Naumachia. En tout cas, si vous aimez Crionics, Vader, ou encore Thy Disease, cet album est fait pour vous et ne peut que vous inciter à pénétrer l’univers violent et sombre d’un groupe rempli d’un potentiel énorme…

 

Thy Disease : Anshur-Za

Ξ novembre 16th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Thy Disease : Anshur-ZaToujours dans un futur proche, la Terre dirigée par le Syndicat continue d’être ravagée par des guerres sans merci et une oppression sans équivoque. L’air est devenu toxique, des camps ont été créés pour héberger les quelques rebelles, manquant à plusieurs reprises d’évincer le Syndicat et cette ère malsaine. Séparés de la civilisation par des fils barbelé et contraints de porter des masques à gaz, ces hommes tentent tout de même envers et contre tout de retrouver leur liberté et la vie qu’ils avaient connu auparavant… un endroit semble toutefois être synonyme d’espoir et de salvation, un endroit bien spécial et étranger où se cacheraient des hommes libres… Anshur-Za

Cinquième album et surtout deuxième partie du concept futuriste et pessimiste des cyber métalleux de Thy Disease, devenus après plus de dix ans d’expérience, une entité death indus à part entière. Après une évolution constante, dénotant non seulement une envie de changer et de prouver leur talent en matière de compositions, les polonais montrent une fois de plus que leur musique varie et s’ancre dans un style apparu peu à peu au fil des opus, un cyber metal froid et brutal. Mélange de death rentre dedans et d’indus/electro martial et omniprésent, des changements sont tout de même à dénoter puisque le black, qui était pourtant une des bases des compositions du groupe, a disparu au profit d’un ensemble peut-être moins sombre mais plus moderne et SF. Le logo n’est d’ailleurs plus typé death/black et s’avère être bien caractéristique d’un groupe d’indus. La pochette représente un homme avec un masque à gaz pris dans une explosion alors qu’il tente de fuir son camp de concentration. Rien de bien black donc et il est clair que Thy Disease tire définitivement un trait sur ce style, pour se consacrer davantage à une musique peut-être plus originale mais moins personnelle.

Outre ces quelques changements stylistiques et esthétiques, le combo teinte les douze chansons de ce « Anshur Za » de nouveaux éléments qu’il n’avait pas encore exploité depuis le début de sa carrière, notamment l’alternance des vocaux gutturaux/clairs dans certains mettant en avant les deux types de camps, comme dans « Code Red », « Fog of War » ou « Freedom for Anshur-Za ». Hormis l’apport d’émotion et d’une technique de chant imparable pour Psycho, qui maîtrise aussi bien son organe dans le chant death que dans le chant clair au phrasé impeccable, cette alternance propulse d’autant plus le groupe au même rang que des formations de Death Mélodique traditionnel ou d’Indus à la Sybreed ou Breach the Void…

Autre élément nouveau, l’apparition de sonorités orientales dans certains morceaux, mises en avant aussi bien par une sitar sur « Blame », que par des vocaux sur « Salah-Dhin » ou un solo de guitare sur « Freedom for Anshur-Za ». Ces sonorités symbolisent l’exotisme mais aussi l’étranger, et donc l’endroit salvateur nommé précédemment, Anshur-Za

Toutefois, malgré les nouveautés, on ne change pas les ingrédients qui font la recette de leur succès. Thy Disease réutilise ici allégrement un large panel de mélodies et d’harmonies, peut-être trop abondant il faut l’avouer. Elles ne sont pas vectrices d’étouffement de l’agressivité, au contraire, elles permettent sans aucun doute d’aérer les compositions, regorgeant de riffs efficaces et puissants, et d’une batterie à la double pédale facile et martelante. « Rotten Structure » par exemple, est basé du début à la fin sur des saccades entêtantes et une batterie pour le moins technique, paradées par un chant death plus grave qu’à l’accoutumer et rocailleux. Le break atmosphérique et futuriste en milieu de titre fait office de pause après ce déferlement de brutalité et permet de rappeler à l’auditeur à quelle époque il se trouve.

Car les ambiances jouent de nouveau un rôle primordial et sont les principales fondatrices de la musique cyber. Ainsi même si quelques parties peuvent être assez mécaniques et déshumanisés comme sur « Nightmare Scenario » avec ces claviers bien étranges et ces voix décharnées à certains moments, l’ambiance principale est bien évidemment apocalyptique et résolument déconcertante. « Blame », morceau d’ouverture de l’album, est sans doute le plus représentatif. Son intro pourrait faire croire qu’il s’agit d’un titre instrumental tant il est ambiant : des percussions à la limite du robotique, un fond d’ambiance froid et pesant, et une mélodie au piano enivrante. Il est tout à fait possible de se croire à la place de l’homme sur la pochette, dans ce monde gris et nuageux où la liberté de penser et de se mouvoir n’existe pas… la suite du titre se veut soudainement plus agressif et assez similaire aux anciens albums de Thy Disease, c’est-à-dire un déferlement de riffs techniques et ravageurs soutenus par un growl maîtrisé et des claviers imposants.

Et c’est là que le bât blesse. On peut leur reprocher cela. La profusion de claviers. L’ancrage parfait dans la musique Indus. Le pas en avant. Et peut-être celui de trop. En effet, tous les morceaux regorgent de claviers et d’un enrobage électronique omniprésent. Alors que dans les précédents albums les claviers étaient utilisés à moyenne dose et servaient de parade au black pour créer des atmosphères bien particulières, sombres, froides et inquiétantes, sur « Anshur-Za » c’est la totale antithèse… on se retrouve avec beaucoup de sons et beaucoup d’accords, apportant ce côté atypique, certes, mais noyant quelque peu l’auditeur dans un dédale de sonorités toutes aussi variées et déroutantes les unes des autres. Cette suprématie du clavier et de l’électro (« General Speech » étant un bon exemple) peut finalement rappeler que Thy Disease se perd dans un chemin qu’il n’aurait pas dû emprunter. Certes ça apporte pas mal d’originalité aux compos et lui permet de se placer encore plus dans un style Cyber, mais l’abondance reste quasiment destructrice et Thy Disease s’éloigne de ce fait de son passé qui semble de moins en moins leur coller à la peau.

D’autant plus que l’album se termine avec deux reprises bonus bien indus et électronique de Depech Mode (le modèle ultime pour tout groupe d’indus) et de Madonna, « Frozen », déjà revisité par les polonais eux-mêmes sur leur album « Devilish Act of Creation ». Sauf qu’ici le rendu est irrémédiablement différent puisqu’il n’y a plus de black et que les claviers prennent le dessus, même si les riffs restent efficaces et bien puissants. Ces reprises restent tout de même dispensables et rappellent encore plus à l’auditeur que le Thy Disease du passé est résolument mort…

Le concept de l’album se clôt véritablement avec « Salah-Dhin » (les reprises ne comptent pas) et sa petite touche d’espoir. Ce nom bien mystérieux fait référence au héros kurde et musulman Saladin (d’où les ambiances orientales…) mais est surtout une sorte de ville phare d’Anshur-Za, abri des hommes libres et pensant par eux-mêmes…

Après cette fin, il est normal d’avoir un avis mitigé sur l’album surtout après avoir connu les anciens. Le virage entamé avec « Neurotic World of Guilt » et accentué par « Rat Age » vient de se stabiliser sur ce « Anshur Za » beaucoup plus électronique que ces grands frères. Ceux ne connaissant pas Thy Disease et débarquant avec l’écoute de cet opus y trouveront un groupe original de Cyber Metal, bien inspiré, détenant un concept intéressant et prenant. Les autres pourront rester sur leur faim à cause de ce manque d’agressivité palpable ou s’étonner du fait que le changement soit si brusque, basé sur une masse d’éléments électroniques. Pas une erreur de parcours pour autant, l’opus en question se laisse toutefois bien écouter et décèle d’excellents morceaux.

 

Crionics : N.O.I.R.

Ξ novembre 2nd, 2010 | → 0 Comments | ∇ Death Black, Industrial Death Metal |

Crionics : N.O.I.R.Après un “Armageddon’s Evolution” typé black symphonique et inquiétant et un “Neuthrone” cyber death, martial, froid et percutant, les polonais de Crionics reviennent après trois ans d’absence avec un nouvel EP, sobrement appelé “NOIR”…

Ce nom, pourtant acronyme de “Nation Of Illusive Ressemblance” ne peut qu’évoquer en nous la fameuse couleur noire, si présente dans le monde du métal. Elle peut aussi signifier un retour du groupe vers ses origines black, d’où cette cover beaucoup plus sombre que la dernière en date…

Mais cet EP, en réalité, n’est qu’un bond en avant vers une musique différente…

Signé chez Creative Music, “NOIR” n’est que le prélude du prochain album à venir. Une sorte de mise en bouche, permettant à l’auditeur de découvrir le nouveau Crionics. Oui j’ai bien dit nouveau. Car le changement de line up est de taille. Le combo se décharge de son chanteur, son batteur et son bassiste au profit de trois nouveaux musiciens, certains venant tout droit de formations connues : Vader et Behemoth. On pourrait donc y voir un réel point positif, Crionics s’armant de membres expérimentés et s’ajoutant de nouvelles cordes à son arc. Cependant, il est tout à fait normal d’imaginer que le groupe puisse changer de technique voire d’orientation musicale, les seuls rescapés étant le claviériste Vac-V et le guitariste Yanuary, principal compositeur des morceaux…

L’EP en question se compose donc de cinq titres, trois nouveaux et deux reprises d’Immortal et Rammstein…et là je ne sais pas comment on doit prendre cette nouvelle. Nous pouvons tout autant être en proie à une grande curiosité ou alors, au contraire, se demander où est l’originalité et écouter ces fameuses reprises avec peu d’enthousiasme…

Mais d’abord, les nouveaux morceaux. L’intro et le couplet de “NarcotiQue” ne peuvent que nous faire penser au fameux album “Neuthrone” tant les ambiances faites aux claviers et mêmes les vocaux s’y apparentent, mais en plus sombre et surtout, en plus mou. Les guitares manquent énormément de punch et d’agressivité comparé à ce que Crionics a l’habitude de nous concocter. Ici on se retrouve avec un ensemble pour le moins entraînant mais pas assez tranchant…jusqu’à l’arrivée du refrain où il sera possible pour certains de froncer le sourcil…le ralentissement du rythme et l’apparition d’un chant clair assez bancal pourraient facilement en rebuter plus d’un. On ne retrouve pas l’identité du groupe à travers ce nouvel amas de mélodies foireuses…

Pourtant, avec “Scapegoat“, Crionics semble faire une sorte de retour aux sources car l’ambiance se veut plus symphonique, tout en étant assez sombre. Quelques samples viennent renforcer ce côté futuriste, mais les problèmes persistent : les guitares et le rythme sont lents, et le chant clair après un growl approximatif n’arrange pas les choses…où sont donc passés le tranchant, le génie mais aussi l’identité si atypique de Crionics?

Déception, déception, mais pourtant il subsiste un peu d’espoir lorsqu’arrivent les reprises. Celle d’Immortal est un peu faiblarde et aurait pu être mieux appréhendés, notamment dans les riffs, tandis que celle de Rammstein (“Moskau”) est tout à fait indigeste…le groupe ne lui a décidément rien apporté si ce n’est plus de médiocrité et de gâchage. Les riffs sont plus death, peut-être, mais le chant est sans doute l’élément à jeter tant il est, je le dis, chiant et lassant…le duo en allemand et russe a été pour le coup mal appréhendé puisque le chanteur alterne les deux langues, et donc les deux chants normalement masculin et féminin à lui tout seul, du même ton, sans variations…alors que les claviers eux se font discrets et moins ambiants…

Que de changements et que de déception pour ce groupe qui, semble-t-il, avait atteint le point culminant de sa carrière avec “Neuthrone“. Avec “NOIR”, Crionics semble avoir transformé sa musique en quelque chose de plus accessible, plus indigeste, moins prenant et enivrant, à croire que tout le potentiel de ce combo résidait dans la formation originelle, subsistant encore chez Thy Disease, second groupe des ex membres de Crionics et de Yanuary…Un EP dispensable qui rebutera sans aucun doute les amateurs de ce combo ayant fait beaucoup mieux par le passé…et les incitera peut-être à ne pas se pencher sur le futur album…

Nota: sachez que sur l’édition chez MSR Productions, on retrouve en plus de ces morceaux originaux ceux qui étaient sur la toute première démo de Crionics en 1998, avec le line up originel. Toutefois, les quatre titres n’ont pas été remixés ou retouchés, ils restent authentiques, avec le son assez raw de base. Bonne initiative pour ceux désirant, non seulement faire une comparaison, mais aussi faire d’une pierre deux coups, cette démo ne se trouvant quasiment plus dans les distros. Il est donc bon de s’apercevoir que les débuts des Polonais étaient bien black, avec de petites touches symphoniques et une grosse influence Emperor (retrouvée avec la reprise “I Am the Black Wizards“).

 

Thy Disease : Rat Age (Sworn Kinds Final Verses)

Ξ octobre 4th, 2010 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Industrial Death Metal |

Thy Disease : Rat Age (Sworn Kinds Final Verses)Dans un futur proche…

Les humains se retrouvent exploités mais aussi extrêmement surveillés par une organisation mondiale, la « World Corporation Syndicate », dont nous pouvons aisément apercevoir le logo sur la pochette grisâtre et très industrielle de l’album. Ce syndicat, à l’instar d’une dictature plus modernisée, tente alors d’imposer des règles on ne peut plus drastiques et s’attache énormément à la manipulation de l’esprit humain : les pensées, les émotions, le mental…Sous le couvert d’une pseudo prophétie l’organisation utilise des moyens assez radicaux pour véhiculer sa « doctrine »…en plus d’être vu par les humains comme « l’ennemi », le Syndicat marque aussi la naissance d’une nouvelle ère nommée « Rat Age », autrement dit, une ère pourrie, mauvaise, dégueulasse…

Derrière ce thème pessimiste et futuriste se cache de nouveau les polonais de Thy Disease, continuant dans leur lancée après trois albums différents et précurseurs des ambiances cybernétiques et très industrielles que nous retrouverons sur ce « Rat Age ». Le groupe semble enfin avoir trouvé sa marque de fabrique et son identité, proposant un death décidément plus industriel et s’attachant enfin à un concept personnalisé et SF. La désinence « cyber » est d’autant plus appropriée qu’elle est réfléchie et surtout maîtrisée. Car ici, Thy Disease tient son sujet, et semble irrémédiablement nous raconter une histoire, un conte, un événement qui pourrait très bien se produire…

Pour cet album, le combo change de label et signe chez Empire Records, label polonais de Belphegor, Atrophia Red Sun ou de Made of Hate pour ne citer qu’eux, améliorant leur qualité de son et apportant plus de lourdeur. S’armant d’une cover relativement moderne et révélatrice d’un monde décadent, « Rat Age » s’annonce donc comme une réelle bombe en matière de cyber death metal…

En réalité, Thy Disease arrive avec hargne et professionnalisme à nous plonger dans son univers, son concept, ses idées. Alors que les précédents opus étaient, pour la plupart, dénués de réelles thématiques guidant l’auditeur dans un monde bien atypique (à l’exception peut-être de « Neurotic World of Guilt », sombre, plus cybernétique, plus « conceptuel » sur les bords même si le terme n’est pas le plus approprié), « Rat Age » est décidemment la pièce manquante de l’entité Thy Disease. Le chef d’œuvre à part entière.

Bienvenue dans le futur !

L’intro faite aux claviers et aux samples nous embarque directement dans ce monde si mécanisé, décharné, et aseptisé. Les bruitages sont répétitifs et en deviennent presque inquiétants. Si bien que tout démarre ensuite sur les chapeaux de roues avec un déluge de guitares death. « Prophecy » est le digne représentant de cette ère si malsaine basant son pouvoir sur cet oracle qu’on aurait préféré inexistante. Le chant de Psycho est beaucoup moins violent qu’à l’accoutumer, les paroles devenant alors plus distinctes. Sans être clair pour autant, il reste tout de même tranchant et efficace, accompagné d’une batterie aux martellements incessants et maîtrisés, et guidé par un excellent guitariste arrivant à nous concocter de superbes harmonies, que l’on retrouve beaucoup aux refrains.

Car telle est la marque de fabrique de Thy Disease. Des couplets percutants et agressifs, où tout s’apparente à de véritables tempêtes d’éléments musicaux violents et attrayants, et des refrains entêtants et décidément plus planants, où les harmonies sont de rigueur et les claviers beaucoup plus mis en avant, à l’instar de « Enemies », « Syndicate » ou « Rat Age », les morceaux centrés sur l’organisation si détestée. Les répits sont peu présents, les riffings sont excellents et vraiment tranchants, les lignes de batterie excellentes et les harmonies très réussies. Une bonne représentation en musique d’une dictature sans pitié, narrée par une voix relativement tranchante et rageuse.

Je ne peux m’empêcher d’évoquer la pièce maîtresse de cet opus, « Antidote », un titre plutôt court mais ô combien efficace. C’est sans doute lui qu’on repère tout de suite et qui s’annonce immédiatement comme le hit le plus ultime de ce « Rat Age » si enivrant. Une intro et un couplet cybernétiques faits aux claviers où s’ensuivent d’excellents riffs tels des lames s’abatant sur l’auditeur. En plus d’être froid et futuriste, le refrain se veut d’autant plus entêtant, Psycho scandant les paroles d’une voix on ne plus peut mécanique et hargneuse, la double pédale fonctionnant comme un réel rouleau compresseur écrasant agréablement l’auditeur. Mais quelle efficacité ! Impossible de ne pas en redemander, « Antidote », petit espoir contre la répression du Syndicat semble-t-il, fusionne le death et l’indus comme il se doit…

Les titres instrumentaux suivants, ne portant pas de nom, rappellent à l’auditeur que le monde a bien changé. Celui en milieu d’album est plus futuriste et spatiale, planant à souhait et représentant d’une ère décharnée et assombrie par cette volonté de contrôler et dominer. L’autre, toujours sans nom, clôt l’album d’une manière on ne peut plus pessimiste. Les bruits mécaniques sont toujours de la partie, soutenus par cette ambiance froide, mélancolique, pessimiste…et nous laissant sur notre faim…tout simplement synonyme de… suite ! Car en effet, « Rat Age » n’est que la première partie d’une saga en cours de développement, la seconde partie étant « Anshur-Za », cinquième album sorti trois ans après l’opus qui nous intéresse actuellement.

Lors des précédentes chroniques, notamment sur celle de « Neurotic World of Guilt », j’avais mentionné le nom du groupe Crionics, autre formation guidé par le guitariste Yanuary. Eh bien je ne peux m’empêcher d’en reparler ici même et faire une légère comparaison avec le « Rat Age » de Thy Disease, sorti donc en 2006, et le « Neuthrone » de Crionics sorti l’année d’après. En effet, les ressemblances sont assez flagrantes, en particulier dans les riffs. Le guitariste y est donc pour quelque chose et là, tout devient plus clair à nos yeux : il est compositeur dans les deux groupes. Alors impossible de ne pas retrouver ces riffs si particuliers et si identifiables, Yanuary ayant sa patte bien à lui… et impossible de ne pas retrouver ces jeux de batterie ! Le batteur étant aussi le même dans les deux formations…ah que de similitudes à l’écoute de cette double pédale incessante et efficace !…

En fin de compte…« Rat Age » et « Neuthrone »… deux opus aux concepts futuristes, froids et sombres…deux opus pessimistes, SF et recherchés…deux opus si proches dans le fond et même dans la forme à l’exception que le premier cité serait une version plus accessible du second…moins agressif mais tout aussi lourd, plus mélodique mais tout aussi harmonieux et efficace…faites la comparaison et vous verrez.

Verdict : sans doute un des meilleurs albums de Thy Disease à ce jour, on ne sait jamais ce que nous réserve l’avenir. Mais en tout cas, si on devait faire un top 10 sur les albums de cyber, celui-là rentrerait parfaitement dedans, et serait très bien classé, tout étant respecté au millimètre près, les ambiances étant là et irrémédiablement excellentes. On est réellement bien loin du black/death aux légères tendances industrielles que nous avaient offert les albums « Devilish Act of Creation » ou « Cold Skin Obession », atypiques qui plus est, mais beaucoup plus violents. Thy Disease a atteint un stade irrémédiable, le cyber mélodique leur a ouvert les portes et ces portes semblent s’être refermées sur eux, sans doute pour un long moment…

 

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