Vortech : The Occlusion

Ξ mars 13th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : The OcclusionIl n’y a pas encore si longtemps, Vortech nous avait annoncé un nouvel album, un potentiel EP et des tas de bonnes choses pour l’année 2014. Il ne nous aura pas menti. Juha Untinen et son partenaire Mikko Nikula offrent à tous les amateurs de metal futuriste le sixième album studio du projet Vortech, « The Occlusion », composé de 14 titres tout de même.

« The Occlusion » se démarque par son côté plus posé qui tranche avec la brutalité palpable d’un album comme « Devoid of Life ». Mais c’est encore le côté black metal qui ressort des compositions, et non plus le côté death metal des débuts du groupe. Le chant de Mikko y est pour quelque chose puisque son timbre y est plus adapté. Juha a donc adapté son jeu de guitare pour le faire sonner plus cru, plus malsain, cela étant renforcé par les touches industrielles futuristes et pessimistes. Les sonorités sont plus nombreuses et reflètent bien cette prise de contrôle des machines sur la planète, les humains tentant même de les détruire comme ils peuvent (« Mechanicide »).

Les compos ne sont pas brutales, mais elles restent particulièrement catchy et dynamiques comme les très bons « Forgotten World » ou « The Origin ». On regrettera cependant le manque de prise de risque dans les structures, qui se ressemblent très souvent (rythme, mélodies, riffs). Par contre le côté perturbé et électronique prend souvent le dessus comme sur « Flatlined » où le chant féminin dérangé renforce cette atmosphère déshumanisée. « Confined » joue sur un tempo plus lent, avec un fond glacial et des guitares servant plus d’arrière plan qu’autres choses. Le chant de Mikko est très adapté à ce genre d’ambiances, avec des paroles pleines de désespoir dépeignant un monde dépourvu de toute chaleur.

Vortech assure aussi des morceaux plus sensibles dans la veine de NeurotechBeyond Tolerance ») mais c’est encore et toujours le cyber black qui domine tout le long, les claviers et la programmation étant les maîtresses des titres. Pas de morceaux ambiants cette fois-ci toutefois, comme ça avait été le cas sur les opus précédents. Pas de gros blasts ni d’abus de la double pédale comme sur l’album « Wasteland ». En parlant de « Wasteland », Vortech a remixé le titre « Evolutionary Project », qui était tout de même plutôt véloce, tourné death metal et assez agressif. Sur « The Occlusion », on change de registre puisque le black prend le dessus, avec un tempo beaucoup plus lent, une rythmique plus mécanique et des nappes sympho. Il est intéressant de voir Vortech conscient de son évolution en proposant un remix de ce genre, comme s’il opposait son passé death metal à son présent (et sans doute futur) black metal. Une belle réussite en tout cas puisque « Evolutionary Project » reste efficace et prenant.

Vortech montre avec « The Occlusion » qu’il ne perd pas la main et qu’il sait encore livrer de bons morceaux, et ce depuis presque dix ans. Petit bémol toutefois dans la structure des chansons, qui reste la même depuis des lustres, et certaines mélodies ont tendance à revenir régulièrement, une sorte d’auto plagiat. Mais on l’oublie vite puisqu’en général, on passe un très bon moment.

 

Near Death Condition : Evolving Towards Extinction

Ξ février 20th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Near Death Condition : Evolving Towards ExtinctionIl y a trois ans, déjà, Near Death Condition avait fait sensation avec la sortie de son second full length « Disembodied – In Spiritual Spheres » qui mêlait habilement la technique et la puissance d’exécution. Les musiciens prouvaient dans le même temps que la Suisse avait du potentiel en termes de brutal death car, c’est en fait, ce n’est pas un pays très représentatif du style. Ceci dit, il ne faut pas s’arrêter là puisque Near Death Condition réitère l’expérience cette année avec un « Evolving Towards Extinction » toujours signé chez Unique Leader (Arkaik, Deeds Of Flesh, Beheaded…) et mixé aux fameux Hertz Studio (Behemoth, Decapitated, Vader…).

Le groupe nous montre qu’il est de nouveau très en forme avec le morceau d’ouverture « Works of Wisdom » qui démarre en trombe, blasts et gros riffs en tête. C’est rapide, brute de décoffrage et aussi technique, il est clair que Near Death Condition n’a pas perdu la main et espère bien nous refaire vibrer avec son brutal death percutant. Toutefois, comme il nous l’a déjà prouvé, il sait aussi ralentir son tempo et imposer des passages d’une lourdeur impeccable, sans oublier les soli astraux qui vont bien avec. Cela apporte de la mélodie et nous permet de souffler entre deux déflagrations.

« Pandemic of Ignorance » joue sur l’ambigüité avec un début pesant et plutôt « lent » marqué par l’alternance de growls et de chants plus criards, et une suite beaucoup plus brutale et technique, avec un marteleur de fûts complètement cinglé et un couple de guitaristes endiablés qui envoient la sauce et nous font vivre un moment de rêve, pas très très loin d’Origin

Les Suisses jouent avec les rythmes, contrôlent leur technique, alourdissent et harmonisent à leur guise comme en témoignent les excellents « The Anatomy of Disgust » et « Vertigo ». Ils diversifient aussi leurs compos avec des morceaux marqués par de discrètes nappes de claviers comme « Anagamin » ou « Nostalgia for Chaos » qui instaurent une atmosphère chaotique. « Between the Dying and the Dead » et « Intelligent Design », eux, mettent en avant quelques chœurs histoire de rajouter un léger côté « épique » proche de Fleshgod Apocalypse.

Near Death Condition assure encore une fois avec ce terrible « Evolving Towards Extinction » qui montre de nouveau la puissance de feu des helvètes, leur capacité à nous maintenir en haleine jusqu’au bout et leur technicité irréprochable. Les soli s’envolent et nous vendent du rêve. Rien à faire, on est scotchés. Le trio fait un nouveau pas de plus en avant, malgré des influences évidentes (Origin, Hate Eternal, Morbid Angel…). Décidément, 2014 nous gâte.

 

Hadea : Fabric of Intention

Ξ février 12th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Hadea : Fabric of IntentionHadea est né des cendres de Gollum après le décès d’un des membres et du désir de ses confrères de choisir une nouvelle voix et ainsi un nouveau nom afin de respecter leur ami disparu. Rappelons tout de même que Gollum fut une formation de metal expérimental très respectée aux Etats Unis, ayant sorti deux albums « Lesser Traveled Waters » et « The Core » et ayant tourné avec des combos réputés tels que Slayer, Mastodon ou Chimaira. Après cinq ans d’absence, les quatre gars reprennent du poil de la bête, mixent chez Jamie King (Between The Buried And Me) et signent chez Mighty Music pour sortir leur nouveau méfait « Fabric of Intention ».

Hadea reste du côté de l’expérimentation avec un Death Metal influencé par tout un tas de choses, que ce soit du black metal, du sludge, du prog, du thrash et j’en passe. On pourrait facilement citer Faith No More, Mastodon, Gojira, Lamb Of God ou Meshuggah dans les inspirations tant la musique est éclectique et multiculturelle. Il n’est donc pas aisé, de prime abord, d’apprécier le style des Américains. Un style difficile d’accès, pas forcément logique, mais qui, au fil des écoutes, finit toujours par être cohérent. Une fois rentré dans le bain, il est toujours plus facile de s’habituer à cet étrange mélange d’éléments.

Et ce n’est pas « Hinge » qui nous dira le contraire. Sample de vent au début, basse vicieuse ensuite, puis riffing sombre et déstructuré avant l’arrivée d’un chant indescriptible, tantôt crié, tantôt rageur, tantôt venu d’ailleurs. Le titre éponyme nous parle peut-être plus au début avec ces riffs black metal entêtants et ses quelques plans plus death metal. Mais c’est sans doute le groove qui apparaît le plus au final avec son chant particulièrement étrange et ses passages syncopés. « One Guarantee » nous entraîne dans la folie d’un groupe très inspiré qui n’hésite pas à nous balancer des notes grinçantes pour un ensemble perturbé mais pourtant très cohérent dans le jeu. L’expérimental dans toute sa splendeur.

Des moments se font parfois plus lents et plus mélodiques comme sur « Source and Creator », moins violent mais tout de même très tranchant. La distorsion des riffs est toujours présente mais sert cette fois-ci à véhiculer une mélodie qui reste en tête, parfois accompagnés de quelques sonorités électroniques, des sonorités qui apparaissent aussi au début de « Sleeper » et qui rappellent le genre d’ambiances que l’on peut retrouver dans du dark ambient. C’est inquiétant voire menaçant et la basse contribue énormément à ce ressenti.

On pourrait en dire beaucoup plus mais laissons donc à l’auditeur l’occasion de découvrir pas lui-même l’univers d’Hadea. Il ne faut pas avoir peur des expérimentations dans le death metal et retrouver des influences diverses et variées. « Fabric of Intention » est en tout cas une manière pour cette formation américaine de renaître de ces cendres et d’entamer un nouveau virage dans le monde du metal…

 

Mechina : Xenon

Ξ janvier 29th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Industrial Metal |

Mechina : XenonDepuis le début de sa trilogie en 2011, Mechina a apporté un nouveau souffle au metal symphonique extrême en mélangeant l’indus, le death, le djent, le symphonique et l’épique pour un résultat futuriste et spatial. « Conqueror », « Empyrean » et maintenant « Xenon », les Américains savent comment faire évoluer et transporter ses auditeurs grâce à une mixture particulière qu’il semble être le seul à proposer pour le moment.

Depuis qu’il est sorti de sa phase cyber death avec « The Assembly of Tyrants », il ne pense qu’à nous en mettre plein les oreilles avec une ambiance cinématographique, des sonorités nouvelles, industrielles voire horrifiques, du riffing tantôt death tantôt polyrythmique et une alternance chant clair/growl. C’est très bien fait et particulièrement efficace, et sur ce « Xenon », la mayonnaise prend toujours, en particulier quand on écoute des morceaux comme « Terrea » ou « Zoticus » qui jouent dans le grandiloquent spatio-épique à coups de grosses orchestrations, de riffs saccadés et à la tonalité djent. On est en plein dans le monde de la bande à Joe Tiberi qui nous mélange du Star Wars, du Star Trek et du que sais-je avec un panel d’éléments non négligeable qui enrichissent la musique du combo, comme du piano, des éléments ethniques, des chants venus d’ailleurs, des bidouilles électroniques qui s’en vont et reviennent, histoire de nous rappeler que nous faisons un voyage spatial, comme sur « Tartarus » ou l’éponyme. En quelques mots, on pourrait dire que Mechina est grandiose et puissant. Mais il y a un mais…

« Xenon » a beau être la troisième partie de la trilogie, on n’a pas l’impression d’avoir avancé par rapport à « Empyrean », notamment dans la composition des morceaux. Ces dernières arborent souvent la même structure, des riffs qui finissent par être répétitifs, un rythme qui ne varie pas, quelques breaks avec du chant clair et du clavier, des sons qui semblent apparaître juste pour remplir et non pour apporter quelque chose de nécessaire à l’histoire, et un peu trop de choses d’un coup comme sur « Phedra » ou « Erebus ». Cela donne, par conséquent, l’impression de ne pas respirer, les chœurs, les orchestrations, les riffs death et le côté djent ravageant tout sur son passage. On regrettera aussi le manque de prise de risque avec le chant clair : il est toujours atmosphérique et sonne de la même manière, à croire qu’il s’agit de la même mélodie et de la même tonalité sur tous les morceaux, et ce, depuis « Conqueror »…

En fait, Mechina c’est tout à fait le groupe qui plait ou qui ne plait pas, sans vrai juste milieu. Soit on adore toute cette grandiloquence spatio-épique très typée Science-Fiction, peu importe la redondance des riffs et le manque de modulation sur certains passages, soit on est gavés par le côté répétitif et la surenchère d’effets, faisant que le tout sonne parfois creux. « Xenon » est donc un album à la fois dans l’ombre de ces prédécesseurs et éclairée par les nouvelles ambitions d’un groupe qui part sur une nouvelle trilogie. Espérons que les prochains épisodes soient plus mouvementés et diversifiés histoire de découvrir l’autre possible facette de cette formation américaine…

 

Vermin (GER-2) : Mind Control

Ξ janvier 9th, 2014 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Vermin (GER-2) : Mind ControlCela fait maintenant dix ans que Vermin sévit sur la scène death metal allemande. Dix ans non dénués d’embuches puisqu’il semble avoir eu du mal à faire ses pas, le premier EP datant de 2010. Ceci dit, ils ont pris du poil de la bête, en témoignent les différentes sorties successives, l’album « Paradise » en 2011 puis ce « Mind Control » qui marque l’anniversaire de formation des quatre musiciens.

Avec cet opus, les membres ralentissent le rythme pour nous proposer une musique à la fois influencée par le death metal et le rock’n'roll. Le groupe alterne riffs death et riffs old school, growls et chant hargneux, rythmique dynamique et rythmique plus groovy. L’ensemble n’est pas forcément original mais Vermin présente du death’n'roll dans son plus simple appareil, masterisé par Andy Classen aux Stage One Studio (Holy Moses, Asphyx, Graveworm…).

Le son est pour le coup très naturel, sans fioritures ni arrangements ultra modernes. Les premières secondes de « Misery » et de « Mind Control » sont consacrées aux bruits de prise en main des instruments (ampli, baguettes, cordes), comme si nous assistions le groupe lors de ses répétitions. Ceci dit, les morceaux ne sont pas brouillon pour autant, au contraire. Ils sont carrés, plutôt bien ficelés, proposant quelque chose d’entraînant avec son lot de riffs classiques mais efficaces comme « Memories » qui nous renvoie, à juste titre, plusieurs dizaines d’années en arrière.

Vermin critique vivement la société actuelle ainsi que les médias qui nous illusionnent. Pour cela, les chansons sont en généralement construites en tempo moyen voire lent accompagnées de riffs mélodieux. « Illusion » fait exception puisque les changements de rythme sont nombreux, et que le côté death est plus mis en avant. Idem pour « Sick Reality », une sorte d’expérimentation du groupe, qui propose des sons de guitare distordus au sein d’un ensemble à la rythmique très classique.

Le quatuor n’invente pas la poudre à canon mais offre un album sympa et très old school. Les adeptes du death’n'roll sans fioritures généralement construit autour d’un mid tempo devrait apprécier même si on regrette l’absence d’atmosphère (comme ça avait été le cas sur « Parasite ») et le manque de soli. Vermin suit donc son petit bonhomme de chemin avec ce « Mind Control » signé chez Blacksmith Records.

 

Infectious Hate : Insanity Begins

Ξ décembre 21st, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Infectious Hate : Insanity BeginsIl n’est actuellement pas aisé de pouvoir sortir des sentiers battus et proposer un death metal qui claque et qui saura faire la différence. La scène est saturée par de nouveaux arrivants en particulier dans le death technique-branlette-de-manches et le death brutal-plus-gore-tu-meurs et les groupes qui veulent revenir aux sources n’attirent pas plus l’attention. Les Parisiens d’Infectious Hate ne se dirigent pas de ce côté-là. Ils ne renient ni leurs origines ni l’évolution du style si bien qu’ils officient dans un death metal à la fois teinté d’éléments old-school et modernes. Leur ambition est de rendre ce type de metal plus accessible, d’où cette espèce de fusion entre le death metal de Morbid Angel, le bourrinage de Chimaira et le groove de Devildriver.

« Insanity Begins » est donc le premier EP du quintet qui se dirige vers un univers post-apocalyptique sombre et violent. Malgré un son très moderne et actuel, Infectious Hate ne fait pas dans la dentelle et ne met pas de côté l’agressivité des riffs. Cela part de façon très rapide avec le morceau éponyme en guise d’introduction. Les gros riffs s’enchaînent ainsi que des growls aboyeurs le temps d’une petite minute, c’est donc très court et on a comme l’impression que le titre n’est pas terminé. Cela ne se reproduit pas ensuite puisque « No More » entame pour de bon les hostilités. Un death metal très groovy, presque dansant, qui alterne passages à la rythmique très travaillée et passages plus violents, plus rentre-dedans.

Les Parisiens ne font rien de nouveau de ce côté-là et la personnalité des chansons reste encore à désirer, toutefois, il est clair que l’ensemble est bien tranchant et efficace. Rien n’est linéaire puisque les musiciens arrivent à jongler avec plusieurs types de tempos. On a autant de bourrinage que de moments mid tempos ou de breaks. C’est brutal mais aéré et mélodique comme en témoigne un « Alive » mélangeant brutal et mélo death avec une pointe d’indus au niveau de la mécanicité de la batterie. Cela se confirme avec « Dead End » qui groove à mort et qui représente le mieux l’identité du groupe avec son death moderne et ses mélodies pessimistes à la guitare. Les mélodies restent en tête mais peuvent paraître particulièrement comme sur un « Corroded by Time », soutenues par un growl déshumanisé. Le côté post-apocalyptique est le plus représentatif sur ce titre, notamment avec ce final lourd où apparait un discours peu encourageant à la radio.

Infectious Hate commence plutôt bien avec ce premier EP, beaucoup trop court, dont le concept mériterait d’être poursuivi sur un full length. Au vu du potentiel du combo et de son univers post-apocalyptique très présent aussi bien dans l’ambiance que dans le visuel, il a toutes les cartes pour nous offrir une prochaine galette sombre et pessimiste, avec pourquoi pas un peu d’indus histoire de relever le tout et de justifier la présence du logo de la menace biologique…

 

Reptilian Death : The Dawn of Consummation and Emergence

Ξ novembre 15th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Reptilian Death : The Dawn of Consummation and EmergenceReptilian Death, c’est tout d’abord le projet annexe de deux membres de Demonic Resurrection, à savoir le chanteur/guitariste Demonstealer et le bassiste Husain, un projet qui a été mis sur pied en 2001. C’est aussi une des formations indiennes phares en matière de Death Metal. La scène n’est pas très dynamique mais compte sur une poignée de groupes pour faire bouger le tout. Reptilian Death a déjà fait ses preuves avec la sortie d’un album, d’un EP et d’un split avec quelques combos désormais silencieux (Warface, Narsil) et avec le nouveau rejeton Exhumation qui a depuis sorti son premier album. 2013 marque l’arrivée du second opus sobrement appelé « The Dawn of Consummation and Emergence ».

Dès le début de l’opus, on ne sait pas vraiment où se dirige Reptilian Death. Même s’il officie dans un death metal à tendances brutales déjà vu (entendu), on ne sait pas vraiment s’il a décidé d’opter pour la brutalité, la technique ou la mélodie. En cela, on sent que l’ensemble de l’album manque de cohérence puisque les musiciens n’ont pas de réelle ligne directrice. Cela se sent sur « Incohate » ou « Stimulate Hike Impel Tear » qui sont brutaux mais qui finissent par manquer de fond avec l’ajout de mélodies impromptues.

A côté de ça, on a quand même des titres pas trop mal fichus comme « Emerge, Hatred, Emerge » ou « Unnervingly Perverted At The Altar » où Demonstealer a l’air bien hargneux sur sa guitare et dans ses vocaux. Mais il est clair que les titres ont vite tendance à s’essouffler sur la longueur, voire à tous se ressembler. Pire encore, on a un peu l’impression de se retrouver avec du Demonic Resurrection en plus brutal, sans les claviers, évidemment. La suite de l’album sonne très banale, ce qui ne permet pas de tenir le coup : on s’ennuie très vite. La faute sans doute à un manque de personnalité.

On ne pourra pas dire, donc, que l’inspiration est au rendez-vous pour la bande à Demonstealer et les influences Nile, Hate Eternal ou Cryptopsy n’apporteront ici aucun bénéfice. La pochette étrange avec ce lézard mi-Alien mi-Predator inapproprié met d’ailleurs sur la voie sans même qu’on ait besoin d’écouter l’opus. Dommage en tout cas car ce n’est pas avec cet album que le combo indien pourra attirer l’oreille du deahtster averti…

 

Idensity : Chronicles

Ξ novembre 8th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Idensity : ChroniclesCertains se souviennent peut-être des Frenchies d’Idensity, groupe fondé en 2008, qui avait sorti en 2011 un premier album très convainquant et plus qu’encourageant pour la suite, de surcroît enregistré aux très renommés Hertz Studio (Vader, Decapitated et compagnie). Deux ans plus tard, le sextet est de retour avec « Chronicles »…et autant le dire tout de suite : le résultat est bluffant.

Idensity va au-delà des frontières qu’il s’était imposé avec le précédent opus « Serenity ». Ici, on passe à autre chose, on se dirige vers un death metal symphonique pur jus. Alors oui, ce style devient de plus en plus à la mode ces temps-ci, en particulier depuis les tueries de Septic Flesh et de Fleshgod Apocalypse. Il faut dire qu’il a encore de belles heures devant lui quand on voit la qualité et le professionnalisme qui découlent de ce « Chronicles ». Le son est énorme (le mixage est signé Dan Swanö…), les compositions sont aux petits oignons, les sonorités particulièrement bien choisies…et même si les influences Septic Flesh semblent évidentes (la pochette, tout d’abord, les riffs et l’ambiance du morceau « Sekhmet », ensuite) il faut dire qu’Idensity explore un bon paquet de recoins et ne se limite pas qu’à la « crème » du death sympho actuelle.

Le concept de l’album est très clair : « Chronicles » traite des croyances et des mythes sur les origines de la Fin de la vie. Il évoque dans les paroles et la musique les terribles chapitres des dogmes respectés par l’humanité ». L’auditeur va donc voyager de continents en continents, de mythes en mythes, de religions en religions. Il ne faut donc pas se limiter aux statues grecques présentes sur la pochette. Le premier titre éponyme nous met d’ailleurs la voie, avec son introduction très aguicheuse qui nous montre le côté « hollywoodien » des orchestrations d’Idensity. Tout a été pensé à la note prêt, les chœurs, les cordes et les cuivres sonnent plus vraies que nature, avant l’arrivée de la déflagration métallique, growl, blasts et gros riffs en tête. Pas de doute à avoir avec ce premier morceau, on a droit à quelque chose de massif et d’ultra puissant.

Dès qu’on rentre dans l’album, on en ressort plus. Les titres s’enchainent avec brio et on est engouffrés dans cette musique qui reste bel et bien du death metal bien lourd : il ne faut pas se méprendre. Les caractéristiques du style se mêlent à des orchestrations de haute voléeset à un fort côté épique. L’avantage aussi, c’est que le groupe est composé d’une violoniste, Mayline, qui manie bien son instrument. Les lignes sont superbes et même touchantes comme sur « Over the Abyss », qui nous propose aussi un peu de chant clair : le mélange nous ferait presque penser à du Aeternam.

On commence un petit tour du monde avec la puissante déesse de la mythologie égyptienne, « Sekhmet » avec un ensemble pas loin du dernier Septic Flesh. Tous les instruments se mêlent avec cohérence dans ce morceau énergique et sans concessions. Le growl est incisif comme il faut, aidé de ces riffs rageurs et d’une batterie qui, même si elle est triggée, apporte pas mal de punch.

Il y en a pour tous les goûts dans cet opus qui se veut complet et qui explore tout un tas de contrées. Les amateurs de metal asiatique trouveront leur bonheur avec « Mofa » dans lequel les chants gutturaux de moines tibétains se mélangent à des instruments traditionnels asiatiques. C’est spirituel à souhait et très relaxant par ailleurs. Ceux qui préfèrent la Grèce antique seront ravis d’écouter « Antikhristos » avec son extraordinaire violon et sa force de composition.

Ceux qui ont un gros faible pour l’oriental vibreront sur « Mahdi’s Arrival » (Mahdi, celui qui montre le chemin, en arabe) qui d’entrée de jeu nous transporte dans les sables de l’orient, sitar, violons, percussions, mandolines, chœurs traditionnels…que demander de plus ? Un beau mix entre Orphaned Land, Arkan et la patte d’Idensity. Le résultat est tout simplement bluffant. Puis nous partons directement vers la mythologie mésopotamienne et les divinités annunaki, cette fois-ci c’est plus brute de décoffrage mais aussi plus impérial.

Chaque titre a sa personnalité, son petit truc, sa petite mélodie et son petit instrument. Le death symphonique n’aura jamais été aussi riche. De ce côté-là, la fin de l’album est totalement magistrale. Il suffit d’écouter « Mantra » qui nous transporte en Asie du côté de l’Hindouiste. Idensity se la joue brahmane, il vénère Shiva et Rudra avec un chant à la limite du possédé, les riffs sont bien trouvés et accrocheurs au possible, parfois brutaux, parfois mélodiques, violon et sitar ne font plus qu’un, le refrain nous mettrait presque en trance.

Et puis tiens, ça tombe bien, il y a la suite de Thor qui sort au cinéma, comme un fait exprès. « Loki » est donc parfait pour accompagner la chose. Vous l’aurez compris, ici on parle de mythologie nordique. Ce dieu rusé débarque et veut nous faire sa loi dans un morceau où Idensity se dépasse. Le growl et le chant clair sont immersifs, le metal bien puissant et les orchestrations n’auront jamais été aussi cinématographiques, hollywoodiennes, pas loin du « Death Cult Armaggeddon » de Dimmu Borgir avec la flamme death metal pour couronner le tout, ou, dans un style plus proche, du « From the Past » de Melted Space.

Que dire de plus…Idensity fait fort avec ce « Chronicles » qui est un terrifiant et redoutable boulet de canon de death symphonique. Les Frenchies livrent un album aussi brutal que mélodique, ambiancé et exotique. Une chose est sûre : on en prend plein les oreilles. Inutile donc, de dire qu’Idensity est à suivre de très près et qu’il ne faut pas rater cette sortie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Send The Wood a eu le nez fin sur ce coup là : c’est un opus qui s’écoute sans fin…

 

Dysylumn : Dysylumn

Ξ octobre 3rd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dysylumn : DysylumnAyant quitté le groupe Antropofago pour diverses raisons après la sortie de « Beyond Phobia » en 2010, le guitariste Sébastien Besson décide de se mettre tout doucement à son projet personnel, Dysylumn. Les morceaux, qui à la base existaient en tant que trace, ont finalement été enregistrés pour la sortie du premier EP « Conceptarium » en juillet dernier. Sébastien s’occupe alors des vocaux et des guitares, laissant à Camille Olivier-Faure-Brac le soin de s’occuper de la batterie, du mixage et du mastering.

Le duo, donc, joue un death metal atmosphérique et technique virant vers le black metal de temps à autres. L’EP est conceptuel puisque nous nous retrouvons avec le titre « Conceptarium » divisé en deux parties sur deux pistes distinctes. Le fait que ces dernières aient chacune une durée de 04 :34 renforcent encore plus ce côté conceptuel, d’autant plus qu’elles sont toutes les deux jouées en mid-tempo.

Un hasard qui fait bien les choses, donc, puisqu’il n’y a pas d’inégalité. En effet, la musique de Dysylumn est homogène, avec quelques plans techniques dignes du death technique actuel (Arkaik / Obscura) comme l’introduction de la première partie. L’ambiance des deux morceaux correspond bien au visuel de la pochette puisqu’on a l’impression d’effectuer un voyage dans l’espace. Pas besoin d’utiliser de claviers puisque le tempo moyen, les riffs et les mélodies permettent de créer quelque chose de plutôt éthéré. Le fait qu’il n’y ait pratiquement pas d’accélérations y est aussi pour quelque chose.

Mais cela ne nous empêche pas de partir à l’aventure puisque les structures varient ainsi que les chants, Sébastien officiant dans le growl death mais aussi le cri black. On remarquera toutefois quelques faiblesses dans le registre black metal, ce chant étant plutôt inégal. Les vocaux sont de plus en retrait par rapport au reste de l’instrumentation, ce qui ne permet pas forcément d’apprécier le voyage à sa juste valeur (« Conceptarium Pt II »). On aurait aimé un peu plus de profondeur.

Au final, ce n’est pas le talent des musiciens qui pèchent le plus. Les deux titres passent comme une lettre à la poste et on se surprend à en redemander. Le souci réside dans la production maison qui nous empêche de nous immerger totalement. Mettre la basse en avant est une très bonne idée, la batterie un peu moins puisque l’on entend certaines imperfections (la double pédale) et parfois le grésillement des cymbales (en particulier dans la première partie).

En clair, malgré quelques défauts (qui n’en a pas ?), le projet de Sébastien Besson débute bien mais l’EP est relativement trop court. Pas facile de juger un artiste avec si peu de morceaux, même si on connaît son background. On attend donc un album complet avec impatience, histoire de voir si son death/black atmosphérique inspiré peu durer sur une quarantaine de minutes (ou plus).

 

Solekahn : Nightlights

Ξ septembre 28th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Dark Metal, Death Metal |

Solekahn : Nightlights9 années de silence…

Pourtant, on ne pourra pas dire que Solekahn n’a rien pour plaire. Depuis ses débuts, le trio a attiré l’attention des médias et des metalleux avertis. Son dark/death occulte a souvent fait l’unanimité, que ce soit avec la sortie du premier EP en 2002 ou celle du tout premier album « The Great Divider » en 2003. Il faut dire que les Français livrent une musique dense, sombre et rêche, qui n’est pas réservée à toutes les oreilles. Mais ils ont aussi une sensibilité et un sens de la poésie qui font leur identité. Evidemment, avant de sortir un nouvel opus, il fallait faire murir l’ensemble. Tout s’est fait entre 2006 et 2012 avec un enregistrement au Labyrinth Studio et une signature chez les Danois de Mighty Music. Et voilà le résultat…

…huit titres dotés d’une noirceur et d’une terrible atmosphère occulte. Une noirceur dans laquelle le groupe s’amuse à faire ressortir des éléments lumineux, tel un contraste, comme semble l’indiquer le titre de l’album. C’est aussi huit titres dans lesquels Solekahn fait d’autant plus ressortir ses influences, passant du death brutal au black atmosphérique sans oublier le doom. « Haste to Decline » est une réelle furie death metal qui bastonne et nous propose des gros riffs, avec son growl possédé et ses blasts modérés. On découvre un groupe qui veut emmener ses auditeurs dans les méandres de la nuit. La lumière est cachée mais ne se révèle que le temps de quelques secondes, en l’occurrence à la fin, grâce aux claviers.

« Silence Until Chaos » fait partie des morceaux les plus complets de l’album. Long, certes, mais riche. Il nous propose différentes facettes, différents types d’influences et de vocaux. Du riffing froid black metal aux accélérations et à la lourdeur death metal, jusqu’aux ralentissements pesants du doom metal, le growl fait aussi place aux vocaux écorchés mais aussi au chant clair atmosphérique. Les claviers, contrairement à la dernière fois, renforcent encore plus ce côté sombre en distillant des petites touches malsaines et des nappes suffocantes.

Plus on progresse dans l’album et puis on découvre des titres étranges qui inspirent le malaise et dégoulinent d’occultisme comme « Underestimate & Fail » avec son riff principal qui nous guide dans des contrées obscures. Le break aux claviers est saisissant de noirceur avec sa rythmique fonctionnant comme une incantation et ces sonorités qui auraient pu apparaître dans la série de jeux vidéo Legacy Of Kain. L’horreur à l’état pur. De même pour le court « Seven More Needles ». Ensorcelé.

Solekahn livre un très bon successeur à « The Great Divider » avec ce « Nightlights » possédé qui mérite plusieurs écoutes attentives pour en saisir son essence. Son dark/death se révèle très inspiré et suffisamment glauque pour passer un moment perturbant et particulièrement intense. Les neuf années de silence en valaient le coût. Vous êtes prévenus.

 

Mind Whispers : Cosmic Obedience

Ξ septembre 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Mind Whispers : Cosmic ObedienceCela fait dix ans que Mind Whispers existe, le combo est donc loin d’être un newbie, en témoignent le nombre de ses sorties (trois albums entre 2005 et 2010) et le nombre de concerts qu’il a pu effectuer (plus de 200). Il faut dire qu’il a longtemps manqué d’exposition alors que certains de ses opus se sont fait remarquer, comme « Near Death Experience », et que des membres de Minushuman ont fait partie de l’aventure (Lionel et Gaspard). Mais peut-être que Mind Whispers ne cherche pas à tout prix l’exposition puisqu’il signe chez le jeune label This Is 4 Us Productions pour la sortie de son tout nouvel album « Cosmic Obedience ».

Il ne faut toutefois pas croire que les Bergeracois se contentent d’opter pour de petits moyens et une petite production. Loin de là, les musiciens se sont quand même dégoter le mastering de Brett Caldas-Lima (Cynic, Megadeth, Devin Townsend) et l’imaginaire de Stan W-Decker pour l’artwork (Iron Maiden, No Return, Dysmorphic) pour un ensemble très aérien. En effet, le quatuor officie dans un death metal atmosphérique aux arrières plans cosmiques. Il ne mise donc pas sur l’agressivité ni sur la brutalité, mais sur les harmonies et sur un certain côté éthéré comme sur le très chouette « Drawnash ». Par conséquent, il ne s’agit pas d’un gros death metal qui tache ou qui fait des dégâts. C’est avant tout un voyage que nous offrent les Aquitains. Un voyage qui, par son côté posé et mélodique, tend parfois à être un peu longuet comme sur « Negative Sphere ». Mind Whispers a du mal à nous faire accrocher tout le long, malgré son intro limite acoustique proche d’Opeth, son arpège à la guitare qui reste dans notre tête ou ses quelques riffs malsains. Il aurait fallu accélérer le rythme le temps d’un moment, histoire d’ajouter des péripéties.

« Infinity », toutefois, est plus dynamique, plus tranchante, malgré un rythme qui peine à décoller. Evidemment, il s’agit de death atmopshérique mais même les riffs peuvent paraître plats par moment, sans grande personnalité ni même réelle incision. Il faut attendre la moitié du morceau pour découvrir une atmosphère plus prenante, grâce à l’apparition du clavier d’Hubert Chort, qui distille une ambiance épique. L’éponyme par contre (« Cosmic Obedience ») est une vraie réussite et sans doute un des meilleurs morceaux du groupe. On ressent le côté progressif, pas que par la longueur du titre, mais aussi par ces changements de structures et cette basse bien présente et bien personnelle. On a enfin droit à des moments plus énervés, teintés d’éléments black metal, avec ces riffs et cette voix écorchée. Les claviers y jouent beaucoup puisqu’ils relèvent l’atmosphère et renforcent l’aspect cosmique de la compo. Sans oublier le final mélancolique et mesuré. Il faut absolument que Mind Whispers continue sur cette lancée.

Cet album est donc difficile à cerner. On découvre un groupe qui a progressé et qui sait davantage où il va. Mais il peine encore à nous emmener dans son univers. Les morceaux ont beau être atmosphériques, quasi industriels, il manque de quoi nous faire tenir le cap : peu de force, des riffs souvent mous mais paradoxalement inspirés, un chanteur qui n’a pas toujours l’air d’être assez place car trop en retrait. Mais à coté de ça, on a quand même une ambiance très sympathique, des harmonies et des mélodies envoûtantes et des morceaux qui valent le détour. Mind Whispers se contrôle trop. Il faut se lâcher, sans faire dans la démesure, et enlever le côté clinique de l’ensemble pour ajouter de la puissance et immerger l’auditeur. Quand on entend un morceau comme l’éponyme, on est sûr que le groupe a un potentiel énorme. Courage !

 

Dysmorphic : A Notion of Causality

Ξ septembre 18th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Dysmorphic : A Notion of CausalityAu début, Dysmorphic c’est Necroticism, un petit groupe tourangeau ambitieux mais encore timide, auteur d’un premier EP en 2009 nommé « Orphans of Sheol » qui propose un death metal à tendances brutales mais encore trop classique. La bête s’est petit à petit réveillée avec un changement de style et par conséquent de patronyme avec la sortie du second EP « Dysmorphic » un an plus tard. Le groupe se montre alors plus incisif grâce à son brutal death technique plus accrocheur. Il enchaîne ensuite les dates et accompagne sur scène des formations comme Demented ou Ad Patres. Cela semble convaincre le géant Unique Leader de laisser une place aux Tourangeaux dans son écurie.

Car en 2013, Dysmorphic se révèle avec la sortie du premier full length « A Notion of Causality » dont le mastering a été effectué au Conkrete Studio (Gorod, Minushuman, Eryn Non Dae) et dont l’artwork a été réalisée par Stan W-Decker (Timo Tolkki’s Avalon, Vulcain…). Le quintet allie très bien ses influences « classiques » du début (Death, Morbid Angel) et ses influences technico-brutales actuelles (Decrepith Birth, Gorod ou même Obscura). Au sein des onze pistes, il nous assène de frappes chirurgicales où les plans alambiqués ne font qu’un avec le groove de la batterie et de la basse. Les blasts beats sont bien dosés si bien que sa musique n’en est pas bourrée. Même si l’ensemble est brutal, il arrive à installer un côté fluide et aéré qui nous permet, malgré tout, d’avoir un moment de répit entre deux assauts de riffs. De plus, nous découvrons encore une fois la technique vocale d’un nouveau chanteur (Baptiste Boudoux). Ce dernier ne fait pas dans le growl grave mais plutôt dans les vocaux arrachés, à moitié growlés. Nous pouvons d’ailleurs nous rendre compte de la différence de registre avec le morceau « Suffer by Our Ancestors », qui figurait en bonus sur l’EP « Dysmorphic », mais qui se retrouve ici bien plus puissant.

Dysmorphic joue aussi beaucoup la carte de la mélodie puisque nous avons droit à pas mal d’envolées de riffs et de soli. Ils partent souvent dans tous les sens, accompagnés d’une basse virevoltante et très technique, à la Obscura ou à la Spawn Of Possession, comme sur « Sceptical Existence » ou « Cerebral Hemispheres » pour ne citer qu’eux. C’est alambiqué, carré, très travaillé et tout s’enchaîne avec férocité. Sans oublier les différentes variations, comme dans « Disenchantment », qui commence de façon plutôt rapide pour ralentit le rythme de manière inattendue. Et ce petit côté jazzy prédominant, grâce à la basse, qui se découvre sur « Defeaning Screams of Pain » ou sur l’excellent et sombre « Flavors of Unknown Spaces ».

Les Tourangeaux s’en sortent très bien avec des titres qui envoient bien le pâté. On regrettera malgré tout quelques longueurs dans des titres qui ont du mal à décoller ou l’utilisation maladroite des samples, le début de l’éponyme « A Notion of Causality » n’arrivant pas à réellement instaurer une ambiance, tout comme le final de « Sceptical Existence » qui aurait pu aussi agir comme l’intro de « Cerebral Hesmispheres », histoire d’avoir une continuité. Dysmorphic sait en tout cas où il va, à savoir vers un death technique brutal mais aussi mélodique, sans concessions, pas loin de ce qui se fait de très bon dans le domaine. A suivre !

 

Plague Throat : An Exordium to Contagion

Ξ août 5th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Plague Throat : An Exordium to ContagionNé en 2006, en live pour la première fois en 2008 et en concert avec Demonic Resurrection en 2010, les Indiens de Plague Throat ont toujours su prendre leur temps pour faire les choses à leur façon. Il faut dire que sans moyens financiers, il n’est pas toujours facile de réaliser rapidement ses rêves. Il leur a donc fallu du temps pour récolter les fonds nécessaires à l’enregistrement de leur premier EP, « An Exordium to Contagion », qui sort le 8 août chez Incanned Productions.

Le trio originaire de Shillong officie dans un death metal à tendance brutale. Rien que le premier morceau, « The Pretentious and the Deceived », annonce la couleur. C’est après une intro lente et pesante, aux riffs sombres, que s’enclenche la machine avec un assemblement de riffs et de blasts efficaces, entrecoupé de mid tempos histoire d’aérer. Le chanteur alterne growl et chant criard comme sur le bon « Burn » qui sait aussi se faire technique, avec ses riffs bien placés.

Les titres sont très « in your face » sans pour autant se porter sur les atmosphères. Les Indiens lancent en permanence des offensives, les morceaux les plus sombres et écrasants se rapprochant quelque peu d’Immolation. Tout se porte sur l’efficacité, en témoigne la brièveté de la moitié des titres, qui ne dépasse pas les trois minutes. On peut penser que Plague Throat préfère se pencher sur quelque chose de spontané et de passager plutôt que d’étaler et de reléguer l’efficacité au second plan.

Il n’empêche toutefois que Plague Throat a encore beaucoup à apprendre. Si le growl est plutôt bon, le chant criard manque de maîtrise. Les riffs gagneraient aussi à être plus colorés et moins influencés par la scène floridienne (Immolation, entres autres). Enfin la batterie, en particulier la double pédale, sonne trop synthétique, comme en témoigne le premier titre (surtout lors de l’intro) ou même le dernier « Sinking Higher ».

« An Exordium to Contagion » n’est pas un EP qui chamboulera la scène death metal en général. Mais il risque de faire parler de lui en Inde, pays dans lequel les groupes sont plutôt prometteurs et dans lequel la scène est en constante mutation. Une galette de ce genre est toujours encourageante et montre bien que l’Inde est capable de lâcher du death metal intéressant, comme c’était le cas avec le « Morbid Embracement » d’Agnostic un an plus tôt.

 

Fleshgod Apocalypse : Labyrinth

Ξ août 2nd, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal, Symphonic |

Fleshgod Apocalypse : LabyrinthEn 2011 sortaient deux albums majeurs représentatifs de la scène death symphonique naissante et de plus en plus à la mode : « The Great Mass » des Grecs de Septic Flesh et « Agony » des Italiens de Fleshgod Apocalypse. Ces derniers avaient montré une approche moins théâtrale que leur confrères, plus bourrine et technique, et loin d’être dans la continuité du « Oracles » qui avait séduit un bon nombre d’amateurs de brutal death metal. « Agony » n’avait pas donc fait l’unanimité, mais avait fortement attiré les amateurs de sympho extrême à la sauce brutale. Une suite était donc attendue. Et c’est cette année que sort le troisième album, « Labyrinth », basé sur le mythe grec du Labyrinth de Cnossos ainsi que sur les personnages qui y sont affiliés.

Ceux qui avaient encore l’espoir de retrouver ce qui faisait le charme d’ « Oracles » ou de « Mafia » seront forcément déçus. Fleshgod Apocalypse s’éloigne encore plus de leurs racines pour se focaliser sur un death technique et symphonique extrêmement grandiloquent. Les orchestrations ont encore plus d’importance que dans l’opus précédent et remplissent énormément l’espace. Si les Italiens retiraient tous les éléments symphoniques, leur musique ne serait plus la même : les guitares servent principalement d’accompagnement et malgré des riffs technico-mélodiques, leur couleur serait toute autre si elles avaient le rôle principal.

Malgré tout, elles ont une présence. Même si une bonne partie des riffs est répétitive, l’autre partie est bien destructrice. C’est maîtrisé, carré et certaines envolées techniques font mouche, sans oublier les soli, c’est le cas sur un titre comme « Reborn », au poil niveau guitare, mais aussi niveau orchestrations, dont l’ensemble sonne comme une mélopée épique, accompagnée de chœurs très enveloppants et de piano.

En parlant de ça, le pianiste et orchestrateur Francesco Ferrini fait désormais partie du groupe à 100%, contrairement aux précédentes sorties où il avait juste collaboré. Cela explique la place prédominante des orchestrations, comme en témoigne l’épique et grandiloquent « Minotaur », imposant sa force et son agressivité. Ce titre mais aussi les dix autres (« Towards the Sun », entres autres), montrent aussi la folie du batteur Francesco Paoli en matière de blast beats. Il faut dire qu’il ne varie pas énormément son jeu. Il se concentre toujours sur un enchaînement féroce et sans concession de double pédale et de blasts à gogo, ce qui remplit une autre partie de l’espace.

Que dire aussi des vocaux…bien incisifs et bien ancrés dans les compos. Le growl est prédominant mais s’accompagne, à l’instar d’ « Agony », de chants criés ou clairs comme sur « Warpledge » ou « Elegy ». Sans oublier les voix bizarres et les chants féminins lyriques, histoire d’insister sur les influences classiques du groupe ainsi que sur le concept basé sur la mythologie.

Malgré tous ces points, la musique de Fleshgod Apocalypse alterne entre moments géniaux et gros bordel grandiloquent. Autant on se retrouve avec des passages où la beauté des orchestrations, la brutalité et la technique du death metal nous font hérisser les poils (« The Fall of Asterion »), autant on découvre petit à petit et avec stupeur que la superposition des différentes couches rend difficile l’écoute de ce « Labyrinth ». Si on prend les blasts beats continus de Paoli et les orchestrations omniprésentes de Ferrini mélangés aux riffs massifs, au piano, aux différents vocaux, et à la guitare basse, on se retrouve avec des compositions dans lesquelles les instruments se happent les uns avec les autres : le sympho happe les guitares, qui elles-mêmes happent le sympho, le tout écrasé par les blasts…Il aurait sans doute fallu aérer les compositions, faire dans la subtilité afin de mieux dissocier les instruments et éviter ce trop-plein de blasts qui lassent très vite. Bourriner juste pour bourriner, faire brutal et ajouter du sympho par-dessus n’est pas nécessaire…surtout pour en faire de la charpie.

Il n’y aura au final que peu de moments de répit. Cinq minutes trente en vérité. La minute acoustique du « Prologue », et les quatre minutes vingt-cinq de conclusion sur « Labyrinth », reprenant le thème d’ouverture, avec des chœurs, du piano et du violon. On se croirait sur la BO d’un film. C’est donc avec du calme que se clôt ce « Labyrinth ». On ressort de l’écoute sans vraiment savoir quoi penser de cet opus. Un opus qui peut à la fois nous faire vibrer, nous transporter des milliers d’années en arrière en pleine Antiquité grecque, mais un opus qui peut aussi nous lâcher en cours de route, nous déstabiliser et nous rebuter, que ce soit l’overdose de blasts, les voix claires qui font de trop, les guitares cachées ou le sympho too much. Même si Fleshgod Apocalypse est unique et propose des moments intenses, il y a encore du travail…

 

Deeds Of Flesh : Portals to Canaan

Ξ juillet 29th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Deeds Of Flesh : Portals to CanaanCinq ans que Deeds Of Flesh n’avait rien sorti, et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce « Portals to Canaan » était très attendu par les amateurs de brutal death et les fans du combo américain. Il faut dire que sa carrière est plutôt exemplaire, les albums étant tous bons, malgré quelques uns en deçà comme « Crown of Souls » par exemple. Heureusement que « Of What’s to Come » remontait la pente avec ses neuf titres puissants et son incursion dans des sphères plus techniques. « Portals to Canaan » est alors le huitième méfait des Californiens mais aussi celui qui célèbre leur vingt ans de carrière.

C’est aussi celui qui amorce un virage vers un univers résolument plus futuriste. Deeds Of Flesh ne se contente plus de l’évoquer dans certains plans techniques ou à travers ses deux ou trois dernières pochettes (la nouvelle étant de nouveau réalisée par Raymond Swanland et pourrait rappeler celle du « Never to Dawn » de Beheaded). Il intègre carrément des interludes ou des moments ambient ou électroniques dans ses compos. Par électronique, ne vous attendez pas à des expérimentations (foireuses) à la « Illud Divinum Insanus » de Morbid Angel. Au contraire, il s’agit de quelque chose de plus subtile et de très typé « science-fiction », le genre d’éléments inquiétants et sombre que l’on pourrait dans des films ou des jeux vidéos du genre. En parlant de film, on ne sera du coup pas étonné de retrouver des samples tirés de films comme un monologue du « Jour où la terre s’arrêta » sur le titre éponyme ou une symphonie inquiétante et futuriste sur « Caelum Hirundines Terra / The Sky Swallos the Earth » qui fait penser à certaines musiques de la saga Turok. Le début de « Celestial Serpents » est aussi angoissant avec ses petites bidouilles et ses craquements où l’on peut aisément imaginer des aliens.

Heureusement, les samples et touches de synthés sont utilisés avec parcimonie afin de plonger l’auditeur dans l’univers que Deeds of Flesh qu’essaie de créer. Le son moderne et la production de Zack Ohren apportent aussi beaucoup. Le tout s’intègre plutôt bien dans le death brutal et technique des Américains, ce qui donne à l’ensemble quelque chose de plus ambiancé et de légèrement plus mélodique. Un death qui aura vu l’arrivée de Craig Peters (Arkaik) à la place de Sean Southern à la guitare et Ivan Munglia (Arkaik, Braindrill) à la basse à la place de Erlend Caspersen. On comprend alors pourquoi les compos se veulent plus techniques mais la puissance est toujours au rendez-vous avec des morceaux rentre-dedans et dans le style Deeds Of Flesh comme « Amidst the Ruins » où le growl d’Erik est toujours aussi profond et ravageur ou un « Entranced in Decades of Psychedelic Sleep » où le couple basse/batterie fonctionne à merveille.

Le groupe n’a pas perdu de sa vigueur, et tant mieux ! Un titre comme « Xeno Virus » permet de mettre en exergue la brutalité, la technique mais aussi la mélodie grâce à des riffs bien placés mais aussi un final percutant avec sa double pédale en accompagnement et ses guitares qui nous guident vers quelque chose de plus aéré. La cover de Gorguts, « Orphans of Sickness » n’est pas si différente de l’originale si ce n’est la prod plus « clean » et moderne. Dispensable, en somme.

Ce « Portals to Canaan » risque peut-être de diviser les fans car tous n’aimeront peut-être pas l’insertion d’interludes futuristes et de bidouilles dans les compos tranchantes et brutales de Deeds of Flesh. Malgré tout, l’évolution du groupe est intéressante et plutôt réussie puisque les samples ne font pas de trop, au contraire, elles apportent un petit plus et permettent de s’immerger dans l’univers des Américains. Un album anniversaire plutôt captivant !

 

Discreate (PHL) : Contingent Development of Inanimate Modification

Ξ mai 9th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Discreate (PHL) : Contingent Development of Inanimate ModificationLes Philippines et une bonne partie des pays d’Asie orientale aiment beaucoup tout ce qui touche à l’underground et un bon panel de groupes officie dans des styles extrêmes tels que le black, le death, ou encore le grind. Discreate ne déroge pas à la règle et comme la plupart de ses compatriotes, il s’exécute dans l’extrême depuis 2010, date de sa formation. Le quatuor s’est tout d’abord essayé à une démo avant de sortir son premier EP d’à peine dix minutes signé chez Viceral Vomit Records, puis Metallic Music.

Il s’agit d’un concentré de brutal death/grind tout ce qu’il y a de plus simple. La batterie martèle à n’en plus pouvoir tandis que les pig squeals de Miko Pareja nous entraînent le long des trois morceaux. A cause d’un son pas assez homogénéisé, les guitares sont plutôt en retraits et on peine à entendre leur subtilité. Ce sont bels et bien la batterie et les vocaux qui sont aux premières loges. Discreate nous offre peu de répit et les mélodies sont rares, sauf lorsque quelques soli font leur apparition, notamment sur le premier « Multiple Stabivounds ». En clair, c’est surtout la linéarité qui prime à travers ces dix minutes, la faute à une production ne laissant pas ressortir tous les instruments. On a presque l’impression de toujours écouter la même chose.

Rien d’extraordinaire avec ce « Contingent Developement of Inanimate Modifications ». Même s’il trouve sa place sur une scène underground bien remplie, il ne fera sans doute pas l’unanimité tant il manque de personnalité et de ce petit quelque chose qui lui permettrait de s’extraire de la masse.

 

Nervecell : Psychogenocide

Ξ avril 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Death Metal |

Nervecell : Psychogenocide2008 avait été l’année de la révélation pour Nervecell. Venue des Emirats Arabes Unis, la bande avec son « Preaching Venom » s’était exportée hors de son pays grâce à un son impeccable, à un mixage fait par les frères Wieslawscy (Decapitated, Vader), à une masterisation signée Alan Douches (Sepultura, Suffocation), et à une certaine touche d’orientalisme dans les compos.

Même si la scène orientale est méconnue, Nervecell sort des sentiers battus, signe chez Lifeforce Records, et revient en 2011 avec un nouvel opus « Psychogenocide ». Officiant toujours dans un death/thrash énergique et oriental de surcroît, le trio, accompagné du batteur David Haley de Psycroptic, prend de l’assurance et nous prouve une fois de plus que le death oriental ne rime pas forcément avec le terme « folk ». Car à l’inverse de formations telles qu’Orphaned Land ou Arkan, Nervecell fait un death teinté de thrash totalement brute de décoffrage, sans pitié, technique, parfois brutal, tout en incorporant (origine oblige), des mélodies arabisantes dans certains riffs et certains solis (« Nation’s Plague » entre autre). Le mélange des parties bien death et bien thrash est tellement bien appréhendé que le tout s’avère particulièrement intéressant, prenant, et superbement exécuté.

On alterne notamment entre partie brutale, partie plus technique, et partie plus posée à l’instar d’un « Amok Doctrine », nous en mettant plein les oreilles. Le chanteur Rajeh Khazaal y incorpore son growl puissant et profond à la manière d’un certain Karl Sanders de Nile.

L’évocation de ce dernier n’est pas anodine, car on retrouvera le chanteur/guitariste de Nile en guest sur le morceau « Shunq – To the Despaired…King of Darkness » qui en plus d’un guest de taille voit ici apparaître une certaine pluralité des langues, Sanders chantant en anglais et Khazaal en arabe. Le résultat est aussi bon qu’inattendu, aussi puissant qu’agressif, aussi technique que mélodique pour un titre très typé Nile, avec cette patte Nervecell.

Enfin l’autre morceau rappelant sans aucun doute Nile mais aussi les origines arabes de Nervecell est « Anemic Assurgency », introduction instrumentale sombre et quasi apocalyptique : quelques instruments traditionnels aux notes inquiétantes et nous voilà embarqués dans les ténèbres orientales.

Peut-être moins monotone que l’album précédent, plus lourd et plus puissant, ce « Psychogenocide » est particulièrement bien ficelé et ne peut qu’être un second encouragement pour cette formation orientale au talent certain et à la rage évidente.

 

Mors Cordis : Injection

Ξ avril 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Mors Cordis : InjectionLes Allemands de Mors Cordis semblent étrangement faire une sorte de coming out cette année alors que la formation existe depuis déjà plus de dix ans. Mais ne possédant qu’un album sorti en 2006 nommé « Das Prinzip » (il faut le dire, la sortie est passée inaperçue), il était temps de faire parler de soi.

Mors Cordis est pourtant une figure assez imposante pour la scène metal berlinoise, mais si l’on sort de l’Allemagne, ce nom ne peut que nous faire sourciller. Mais préparez vous à la déflagration ! Le combo sort donc « Injection », signé chez Twilight Vertrieb, un album fort en expérimentation et en couleur. Officiant dans une sorte de Death Metal industriel, Mors Cordis fait donc dans le difficile d’accès, ce genre n’était pas non plus le plus courant du monde…

« Injection » et sa pochette verte/grise mécanique, n’est autre qu’un condensé de violence et d’ambiances. Le death metal du quintet peut parfois faire penser aux dernières œuvres de Thy Disease couplé à un The Amenta, tandis que les parties industrielles plus ou moins marquées selon les morceaux, détiennent quelque chose de plus personnel. Tantôt sombre, tantôt plus électronique, tantôt plus robotique ou épique, Mors Cordis alterne les rythmes et les atmosphères, pour nous embarquer dans son histoire, son univers perverti et expérimental.

La progression est d’autant plus marquée que pertinente, la première moitié de l’album étant plus industrielle que la seconde, beaucoup plus death. Mais cela suit un enchaînement assez logique, puisque plus on progresse, plus l’histoire avance, et plus l’agressivité des morceaux montre le bout de son nez. Si des titres tels que « Emptiness » ou « Big Brother » et ses samples de « 1984 » d’Orwell nous propulsent dans le futur avec ces sonorités electro/indus poussées à leur paroxysme, des titres comme « Guilty », « Machine » ou « Krone der Schöpfung » proposent une violence plus poussée et plus particulière.

Mais il faut le dire, l’ensemble reste tout de même assez proche d’un certain type de cyber death tant la fusion du death et de l’indus est bien faite. Rajoutez à cela les rythmes qui faut, cet alliage mécanique et acéré paradé de voix alternées entre growl, chant clair et synthétique. Le concept est là, lui aussi, le mot « Injection » étant la première Injection d’une certaine substance avant le commencement de toute mécanisation. « 22nd century » nous prouve bien que nous avons franchi un pas (les éléments/ voix futuristes et robotiques sont les exemples type), et « Machine » n’est que le pas franchi vers la déshumanisation. “Last Show”, entre autre, montre la face la plus torturée des allemands.

Certains passages peuvent faire penser à Fear Factory (et là on comprend cette influence cybernétique), notamment au niveau de la voix ou des parties aux claviers. Hormis ça, l’album reste personnel et assez expérimental (il faut aimer ces riffs et ces sons bizarroïdes), et le tout passe tout de même très bien, si tant est que l’on soit habitué à ce genre de chose. Bref, album à ne pas louper pour les amateurs, doté de très bons morceaux et d’une très bonne production, « Injection » n’est autre qu’un énième pas de plus vers le futur apocalyptique de l’être humain !

 

Vortech : Conclusion

Ξ mars 24th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Conclusion« Conclusion » est le premier full length de Juha mais aussi le premier à sortir sous le nom de Vortech. En effet, le projet finlandais dénommé Sound Ogre était d’abord tourné vers un heavy teinté d’éléments électroniques avant de se transformer vers quelque chose de plus extrême inspiré par Fear Factory, The Amenta ou Sonic Mayhem. Vortech est né du désir d’officier dans un cyber death conceptuel aux nombreuses facettes et « Conclusion » en est la preuve : les dix morceaux racontent les différents événements cataclysmiques ayant mis fin à toute vie sur Terre, malgré les avertissements d’un messager venu de l’espace…

Les débuts de Vortech restent particuliers par rapport à ses successeurs. On découvre un one man band encore timide malgré une certaine audace et cela se ressent dans l’exécution des morceaux. La guitare est mise au premier plan et est entraînée par une boîte à rythme assez linéaire. Le chant est plutôt en retrait et ne s’apparente en rien à un growl ou un chant black. Il s’agit au contraire d’une sorte de chant extrême trituré par des arrangements électroniques, ce qui le rend particulièrement synthétique, voire robotique dans certains refrains (« Terra Ultimatum »). Enfin, les claviers discrets posent une ambiance froide et sombre, à l’image du concept du Finlandais.

Lorsqu’on remonte jusqu’aux débuts d’une formation, on se rend mieux compte de son évolution et de son parcours. Pour Vortech, on peut voir qu’au fil du temps, le travail fait au niveau de la programmation et des claviers n’a pas bougé d’un iota. On retrouve les mêmes types d’atmosphères, les mêmes types de mélodies. « Conclusion » pose les bases de tout cela mais au final, les albums qui suivent peuvent être considérés comme des variations. Il n’empêche, malgré tout, que Juha a un certain savoir faire : il arrive à cacher ses défauts en améliorant les éléments principaux (guitares, chant, batterie), et en changeant de style dans les refrains.

Sur cet opus, les refrains sont beaucoup plus doux et mélodiques contrairement aux couplets, plus agressifs et tranchants (« The Institution », « Mind Awakening »). Ici, on n’atteint pas la brutalité offerte sur un « Posthumanism » ou un « Devoid of Life » mais on se retrouve avec un death metal dynamique à défaut d’être renversant.

La marque de fabrique de Vortech est déjà présente sur ce « Conclusion » et cela comprend ses défauts, notamment la linéarité (manque de variation dans le chant ou les titres par exemple), les morceaux instrumentaux ultra cybernétiques et dark (« Apoapsis Mentis » ou « End Game » avec ses beats immondes), mais aussi les inspirations black metal comme sur « Judgement of the Amenti ».

On ne peut pas dire que ce « Conclusion » soit intense, la timidité et la retenue de Juha le rendant quelque peu incomplet. Le fait que les titres soient particulièrement courts renforce cette impression. Heureusement que Juha ne s’est pas contenté de tout faire tout seul pour les autres opus, auquel cas son univers aurait tourné en rond. Ce premier album mérite donc qu’on y jette une oreille mais il ne restera malheureusement pas gravé dans nos esprits.

 

Vortech : Deep Beneath

Ξ mars 16th, 2013 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death Metal |

Vortech : Deep BeneathVortech est habitué à nous pondre un album tous les ans, et il ne déroge pas à la règle avec « Deep Beneath », successeur du sympathique « Wasteland ». On avait vu avec ce dernier que Juha avait pu améliorer sa production ainsi que sa palette musicale. Il s’agit en fait d’un gros déclic, car c’est à partir de ce moment que les compositions de Vortech deviennent plus riches et plus accrocheuses. Sa personnalité est plus forte et son cyber death bourrin allie force et finesse, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu parmi les formations du style.

Avec « Deep Beneath », on sent l’évolution et le désir d’aller plus loin avec un death metal loin d’être conventionnel. Plus aéré, plus varié, moins écrasé par les blasts, l’opus montre les nouvelles facettes du projet de Juha. Le multi instrumentiste est cette fois-ci tout seul, même si quelques guests au chant l’accompagnent tout au long des compostions, comme Matti Särkimäki sur 6 morceaux. La direction choisie est celle du cyber death/black épique, comme en témoignent les morceaux introducteurs « The Awakening » et « Biodroid Legions ». La mélodie est plus présente dans les riffs, accompagnés des nappes de claviers et des samples, mais le tout reste bien agressif et percutant, comme cette batterie qui tabasse sans s’arrêter.

Une fois encore, ce qui fait défaut chez Vortech, c’est la linéarité des compositions. Même si c’est plus aéré et plus diversifié, on sent que Juha tend à se répéter d’un album à un autre et on entend souvent des petits sons ou des riffs retrouvés sur les efforts précédents. Toutefois, il arrive à faire en sorte qu’on ait l’impression de découvrir des nouveaux titres, grâce au mélange audacieux de brutal death, de cyber et de touches black. « Subjugation » et « Exile Within » le montrent bien, d’autant plus que la guitare pousse même la chansonnette.

Au final, ce sont les parties purement metal qui sont davantage à l’honneur, les sons cybernétiques étant davantage en arrière plan. Juha insiste plus sur la batterie et les gros riffs ainsi que sur les growls bien graves et entraînant. Du coup, il y a moins de titres instrumentaux. On ne retrouve que « Deep Beneath », l’éponyme dark ambient, distillant une atmosphère post-apocalyptique. Il n’y a aussi qu’un titre guidé par les claviers, à savoir « So They Rise », sonnant quasiment comme du death/black symphonique, avec cette ambiance bien sombre et ces nappes entêtantes.

Sombre, ambiancé, brutal et prenant, « Deep Beneath » est sans doute un des meilleurs opus de Vortech, qui se dirige ici du côté du cyber death polonais à la Crionics ou Thy Disease (ce qui se confirme avec le futur « Posthumanism »). Il va droit au but en nous offrant cinquante minutes efficaces, sans temps mort. Un vrai régal.

 

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