2008 avait été l’année de la révélation pour Nervecell. Venue des Emirats Arabes Unis, la bande avec son « Preaching Venom » s’était exportée hors de son pays grâce à un son impeccable, à un mixage fait par les frères Wieslawscy (Decapitated, Vader), à une masterisation signée Alan Douches (Sepultura, Suffocation), et à une certaine touche d’orientalisme dans les compos.
Même si la scène orientale est méconnue, Nervecell sort des sentiers battus, signe chez Lifeforce Records, et revient en 2011 avec un nouvel opus « Psychogenocide ». Officiant toujours dans un death/thrash énergique et oriental de surcroît, le trio, accompagné du batteur David Haley de Psycroptic, prend de l’assurance et nous prouve une fois de plus que le death oriental ne rime pas forcément avec le terme « folk ». Car à l’inverse de formations telles qu’Orphaned Land ou Arkan, Nervecell fait un death teinté de thrash totalement brute de décoffrage, sans pitié, technique, parfois brutal, tout en incorporant (origine oblige), des mélodies arabisantes dans certains riffs et certains solis (« Nation’s Plague » entre autre). Le mélange des parties bien death et bien thrash est tellement bien appréhendé que le tout s’avère particulièrement intéressant, prenant, et superbement exécuté.
On alterne notamment entre partie brutale, partie plus technique, et partie plus posée à l’instar d’un « Amok Doctrine », nous en mettant plein les oreilles. Le chanteur Rajeh Khazaal y incorpore son growl puissant et profond à la manière d’un certain Karl Sanders de Nile.
L’évocation de ce dernier n’est pas anodine, car on retrouvera le chanteur/guitariste de Nile en guest sur le morceau « Shunq – To the Despaired…King of Darkness » qui en plus d’un guest de taille voit ici apparaître une certaine pluralité des langues, Sanders chantant en anglais et Khazaal en arabe. Le résultat est aussi bon qu’inattendu, aussi puissant qu’agressif, aussi technique que mélodique pour un titre très typé Nile, avec cette patte Nervecell.
Enfin l’autre morceau rappelant sans aucun doute Nile mais aussi les origines arabes de Nervecell est « Anemic Assurgency », introduction instrumentale sombre et quasi apocalyptique : quelques instruments traditionnels aux notes inquiétantes et nous voilà embarqués dans les ténèbres orientales.
Peut-être moins monotone que l’album précédent, plus lourd et plus puissant, ce « Psychogenocide » est particulièrement bien ficelé et ne peut qu’être un second encouragement pour cette formation orientale au talent certain et à la rage évidente.
Les Allemands de Mors Cordis semblent étrangement faire une sorte de coming out cette année alors que la formation existe depuis déjà plus de dix ans. Mais ne possédant qu’un album sorti en 2006 nommé « Das Prinzip » (il faut le dire, la sortie est passée inaperçue), il était temps de faire parler de soi.
Mors Cordis est pourtant une figure assez imposante pour la scène metal berlinoise, mais si l’on sort de l’Allemagne, ce nom ne peut que nous faire sourciller. Mais préparez vous à la déflagration ! Le combo sort donc « Injection », signé chez Twilight Vertrieb, un album fort en expérimentation et en couleur. Officiant dans une sorte de Death Metal industriel, Mors Cordis fait donc dans le difficile d’accès, ce genre n’était pas non plus le plus courant du monde…
« Injection » et sa pochette verte/grise mécanique, n’est autre qu’un condensé de violence et d’ambiances. Le death metal du quintet peut parfois faire penser aux dernières œuvres de Thy Disease couplé à un The Amenta, tandis que les parties industrielles plus ou moins marquées selon les morceaux, détiennent quelque chose de plus personnel. Tantôt sombre, tantôt plus électronique, tantôt plus robotique ou épique, Mors Cordis alterne les rythmes et les atmosphères, pour nous embarquer dans son histoire, son univers perverti et expérimental.
La progression est d’autant plus marquée que pertinente, la première moitié de l’album étant plus industrielle que la seconde, beaucoup plus death. Mais cela suit un enchaînement assez logique, puisque plus on progresse, plus l’histoire avance, et plus l’agressivité des morceaux montre le bout de son nez. Si des titres tels que « Emptiness » ou « Big Brother » et ses samples de « 1984 » d’Orwell nous propulsent dans le futur avec ces sonorités electro/indus poussées à leur paroxysme, des titres comme « Guilty », « Machine » ou « Krone der Schöpfung » proposent une violence plus poussée et plus particulière.
Mais il faut le dire, l’ensemble reste tout de même assez proche d’un certain type de cyber death tant la fusion du death et de l’indus est bien faite. Rajoutez à cela les rythmes qui faut, cet alliage mécanique et acéré paradé de voix alternées entre growl, chant clair et synthétique. Le concept est là, lui aussi, le mot « Injection » étant la première Injection d’une certaine substance avant le commencement de toute mécanisation. « 22nd century » nous prouve bien que nous avons franchi un pas (les éléments/ voix futuristes et robotiques sont les exemples type), et « Machine » n’est que le pas franchi vers la déshumanisation. “Last Show”, entre autre, montre la face la plus torturée des allemands.
Certains passages peuvent faire penser à Fear Factory (et là on comprend cette influence cybernétique), notamment au niveau de la voix ou des parties aux claviers. Hormis ça, l’album reste personnel et assez expérimental (il faut aimer ces riffs et ces sons bizarroïdes), et le tout passe tout de même très bien, si tant est que l’on soit habitué à ce genre de chose. Bref, album à ne pas louper pour les amateurs, doté de très bons morceaux et d’une très bonne production, « Injection » n’est autre qu’un énième pas de plus vers le futur apocalyptique de l’être humain !
« Conclusion » est le premier full length de Juha mais aussi le premier à sortir sous le nom de Vortech. En effet, le projet finlandais dénommé Sound Ogre était d’abord tourné vers un heavy teinté d’éléments électroniques avant de se transformer vers quelque chose de plus extrême inspiré par Fear Factory, The Amenta ou Sonic Mayhem. Vortech est né du désir d’officier dans un cyber death conceptuel aux nombreuses facettes et « Conclusion » en est la preuve : les dix morceaux racontent les différents événements cataclysmiques ayant mis fin à toute vie sur Terre, malgré les avertissements d’un messager venu de l’espace…
Les débuts de Vortech restent particuliers par rapport à ses successeurs. On découvre un one man band encore timide malgré une certaine audace et cela se ressent dans l’exécution des morceaux. La guitare est mise au premier plan et est entraînée par une boîte à rythme assez linéaire. Le chant est plutôt en retrait et ne s’apparente en rien à un growl ou un chant black. Il s’agit au contraire d’une sorte de chant extrême trituré par des arrangements électroniques, ce qui le rend particulièrement synthétique, voire robotique dans certains refrains (« Terra Ultimatum »). Enfin, les claviers discrets posent une ambiance froide et sombre, à l’image du concept du Finlandais.
Lorsqu’on remonte jusqu’aux débuts d’une formation, on se rend mieux compte de son évolution et de son parcours. Pour Vortech, on peut voir qu’au fil du temps, le travail fait au niveau de la programmation et des claviers n’a pas bougé d’un iota. On retrouve les mêmes types d’atmosphères, les mêmes types de mélodies. « Conclusion » pose les bases de tout cela mais au final, les albums qui suivent peuvent être considérés comme des variations. Il n’empêche, malgré tout, que Juha a un certain savoir faire : il arrive à cacher ses défauts en améliorant les éléments principaux (guitares, chant, batterie), et en changeant de style dans les refrains.
Sur cet opus, les refrains sont beaucoup plus doux et mélodiques contrairement aux couplets, plus agressifs et tranchants (« The Institution », « Mind Awakening »). Ici, on n’atteint pas la brutalité offerte sur un « Posthumanism » ou un « Devoid of Life » mais on se retrouve avec un death metal dynamique à défaut d’être renversant.
La marque de fabrique de Vortech est déjà présente sur ce « Conclusion » et cela comprend ses défauts, notamment la linéarité (manque de variation dans le chant ou les titres par exemple), les morceaux instrumentaux ultra cybernétiques et dark (« Apoapsis Mentis » ou « End Game » avec ses beats immondes), mais aussi les inspirations black metal comme sur « Judgement of the Amenti ».
On ne peut pas dire que ce « Conclusion » soit intense, la timidité et la retenue de Juha le rendant quelque peu incomplet. Le fait que les titres soient particulièrement courts renforce cette impression. Heureusement que Juha ne s’est pas contenté de tout faire tout seul pour les autres opus, auquel cas son univers aurait tourné en rond. Ce premier album mérite donc qu’on y jette une oreille mais il ne restera malheureusement pas gravé dans nos esprits.
Vortech est habitué à nous pondre un album tous les ans, et il ne déroge pas à la règle avec « Deep Beneath », successeur du sympathique « Wasteland ». On avait vu avec ce dernier que Juha avait pu améliorer sa production ainsi que sa palette musicale. Il s’agit en fait d’un gros déclic, car c’est à partir de ce moment que les compositions de Vortech deviennent plus riches et plus accrocheuses. Sa personnalité est plus forte et son cyber death bourrin allie force et finesse, ce qui lui permet de tirer son épingle du jeu parmi les formations du style.
Avec « Deep Beneath », on sent l’évolution et le désir d’aller plus loin avec un death metal loin d’être conventionnel. Plus aéré, plus varié, moins écrasé par les blasts, l’opus montre les nouvelles facettes du projet de Juha. Le multi instrumentiste est cette fois-ci tout seul, même si quelques guests au chant l’accompagnent tout au long des compostions, comme Matti Särkimäki sur 6 morceaux. La direction choisie est celle du cyber death/black épique, comme en témoignent les morceaux introducteurs « The Awakening » et « Biodroid Legions ». La mélodie est plus présente dans les riffs, accompagnés des nappes de claviers et des samples, mais le tout reste bien agressif et percutant, comme cette batterie qui tabasse sans s’arrêter.
Une fois encore, ce qui fait défaut chez Vortech, c’est la linéarité des compositions. Même si c’est plus aéré et plus diversifié, on sent que Juha tend à se répéter d’un album à un autre et on entend souvent des petits sons ou des riffs retrouvés sur les efforts précédents. Toutefois, il arrive à faire en sorte qu’on ait l’impression de découvrir des nouveaux titres, grâce au mélange audacieux de brutal death, de cyber et de touches black. « Subjugation » et « Exile Within » le montrent bien, d’autant plus que la guitare pousse même la chansonnette.
Au final, ce sont les parties purement metal qui sont davantage à l’honneur, les sons cybernétiques étant davantage en arrière plan. Juha insiste plus sur la batterie et les gros riffs ainsi que sur les growls bien graves et entraînant. Du coup, il y a moins de titres instrumentaux. On ne retrouve que « Deep Beneath », l’éponyme dark ambient, distillant une atmosphère post-apocalyptique. Il n’y a aussi qu’un titre guidé par les claviers, à savoir « So They Rise », sonnant quasiment comme du death/black symphonique, avec cette ambiance bien sombre et ces nappes entêtantes.
Sombre, ambiancé, brutal et prenant, « Deep Beneath » est sans doute un des meilleurs opus de Vortech, qui se dirige ici du côté du cyber death polonais à la Crionics ou Thy Disease (ce qui se confirme avec le futur « Posthumanism »). Il va droit au but en nous offrant cinquante minutes efficaces, sans temps mort. Un vrai régal.
Lecherous Nocturne fait partie des formations death metal sud-caroliniennes de valeur, au fort potentiel, aux côtés de Nile pour ne citer qu’eux. Le combo s’est vite fait remarquer avec la sortie de «Adoration of the Blade » dans lequel on retrouvait une combinaison de membres réputés comme Chris Lollis et Dallas Toler-Wade de Nile ou Mike Poggionne de Monstrosity. Un line up de choc qui a tout de suite mis les pendules à l’heure et ça, Unique Leader l’a bien vu car il n’a pas perdu de temps pour signer le fameux «The Age of Miracles Has Passed » en 2008.
C’est après la sortie de cet album que le line up devient moins stable. Jeremy Nissenbaum, qui prenait la place de Toler-Wade, se retrouve remplacé par Alex Lancia, tandis que Poggionne laisse sa place à James O’Neal (malgré un guest sur le titre « Creation Continuum »). Courant 2011, alors que les nouveaux morceaux sont quasiment tous composés, une petite polémique se déclenche avec l’évincement du chanteur Jason Hoheinstein, criant haut et fort qu’il s’est fait viré alors que l’annonce officielle stipule qu’il est parti de son propre chef. En définitive, cela permet au groupe de retrouver Chris Lollis, qui cette fois-ci, laisse sa guitare pour attraper le micro.
Officiant toujours dans un brutal death proche de Hate Eternal, Lecherous Nocturne ne succombe pas à la fainéantise ni au ressentiment et nous ressort un opus en béton armé enregistré au SoundLab Studio en compagnie de Bob Moore. Les morceaux sont de nouveau sans concessions et vont droit au but, sans tourner autour du pot. Du coup on ne va pas au delà des trois minutes trente mais cela suffit amplement si on veut profiter de la musique des Américains sans avoir à faire à des longueurs.
Des titres comme «Ouroboros Chains » ou « Lesions from Vicious Plague » nous montrent tout le savoir faire de Lecherous Nocturne qui mise sur les gros riffs couplés à une batterie percutante et au chant imparable de Lollis. Le combo n’a pas perdu son énergie et sa fougue, en témoignent «Bring the Void » et « Archeopteryx » terriblement efficaces avec cet enchaînement de riffs maîtrisés et cette rapidité d’exécution. C’est un fait : Lecherous Nocturne ne nous laisse pas le temps de réfléchir et nous agresse avec sa brutalité fine. Ambiance sombre et instrumentations glauques sont parfois au rendez-vous comme l’intro, l’outro et le prélude au piano qui, même s’ils agissent comme un répit, ne nous font pas pour autant quitter l’univers particulier des Américains.
Le couple basse/batterie fait de nouveau mouche comme sur un « Those Having Been Hidden Away », toutefois, une fois encore, on n’a pas le plaisir de retrouver des soli, qui auraient pu relever les compositions. Le niveau est déjà très haut mais un peu de relief ne fait jamais de mal, d’autant plus que le chant de Lollis manque quelque peu de profondeur.
« Behold Almighty Doctrine », malgré ses quelques minutes de plus au niveau de la durée de vie, ne surplombe pas son prédécesseur mais reste un album de choix bien efficace – à défaut d’être intense – pour tous les amateurs de death brutal.
Fondé en 2006 sur les cendres du groupe de black metal Neron, Neurotic Machinery est le côté death metal d’une bande de cinq potes désireux de montrer une facette plus progressive et moderne. Les Tchèques ont montré que leur penchant pour le metal de la mort ne leur fait pas défaut puisqu’ils ont à ce jour sorti deux albums, « Catalept » et « Opsialgia », des œuvres ayant reçu de bons avis et ayant permis au groupe d’apparaître dans de nombreux gigs et émissions radios et tv.
C’est le moment de revenir sur le devant de la scène avec le nouvel EP « Exi(s)t) » composé en 2011, terminé début 2012 et sorti en mars 2013. Tout a été fait maison excepté le mixage, au Studio Sopa de Stanislav Valasek, et l’artwork, signé Jaromir Bezruc (Vital Remains, Root, Kronos). A nous de voir ce que vaut le travail de ces cinq musiciens.
Les morceaux ont beau être relativement courts, le groupe arrive à intégrer une super progression en l’espace de quatre ou cinq minutes. Les guitares ont le premier rôle et s’occupent aussi bien des mélodies que des harmonies entêtantes, à l’image du premier titre « After Everything ». Aidé du growl incisif d’Ondra, elles insistent sur une certaine brutalité mais aussi sur un côté planant, dont la dualité permet à l’auditeur de s’accrocher aux compositions des Tchèques. On apprécie l’aspect éthéré tranchant littéralement avec l’agressivité de certaines parties, ce qui confère à l’EP de Neurotic Machinery une certaine saveur. Les touches acoustiques, comme sur « Hex », permettent de faire un break et de se diriger petit à petit vers la future déflagration, amenée avec brio. C’est un fait, les musiciens sont loin d’être des amateurs.
Même si l’EP est mélodique, on n’est pas dans le melo death pour autant. Ici, tout est savamment dosé, on ne se perd pas dans les expérimentations mélodiques d’un groupe qui sait autant nous frapper que nous câliner (« Reflection »). Il est cependant dommage que les morceaux ne se distinguent pas tous les uns des autres, on a parfois l’impression d’avoir entendu une mélodie sur le morceau précédent.
L’EP finit bien puisque « Vertigo » nous assène de ses riffs percutants avant de conclure avec une douceur étonnante. On ne s’ennuie pas pendant ses vingt petites minutes mais c’est beaucoup trop court et on aimerait connaître davantage ce groupe qui sait jouer autant avec les harmonies qu’avec l’agressivité. « Exi(s)t » risque sans doute de ne pas avoir le succès qu’il mérite mais au moins, le travail et le talent sont là, c’est certains. En espérant qu’il attire les oreilles des amateurs de death progressif moderne…
L’attente aura été longue pour certains, car les Russes de Katalepsy n’ont rien sorti de concret depuis 2007, date d’arrivée du premier méfait « Musick Brings Injuries ». D’entrée de jeu, le groupe avait prouvé qu’il pouvait se faire un place sur la scène brutal death dans un registre slam death entre Devourment et Mortician.
Aujourd’hui en 2013, soit dix ans après sa formation, il montre qu’il maîtrise son sujet et avance à grands pas dans la cours des grands avec une signature chez Unique Leader et un artwork de Smerdulak (Distant Sun, Blackthorn). Katalepsy n’est pas le genre de groupe à se mettre en avant, bien au contraire. Il préfère agir dans l’ombre et voilà le résultat…avec « Autopsychosis », il ne s’est pas loupé.
Pas besoin de cinquante écoutes pour déceler une vive amélioration dans le jeu et la technique. Il faut dire que le combo a subi le départ de quasiment tous ses membres, le bassiste Anatoly étant l’unique survivant de la formation originelle. Les nouveaux guitaristes permettent d’apporter un peu plus de complexité et cela se ressent immédiatement dans la qualité et la diversité des riffs, notamment sur « Lucking in the Depth » ou « Evidence of Near Death ». Que ce soit ici, ou ailleurs, on retrouve avec plaisir les sweeps et les palm mute mêlés à une maîtrise de la variation du rythme.
Malgré le changement de line-up, Katalepsy ne perd pas en efficacité, au contraire. Il en gagne. Il offre un mélange bien dosé de parties purement brutal death à la Suffocation et de parties bien slam death où le groove et les breakdowns sont roi. En cela, on ne nous laisse pas le temps de nous ennuyer car les titres ne sont pas linéaires et aucun ne commence de la même manière.
Du pesant et lourd « The Pulse of Somnambulist » au porcin « Gore Conspiracy » en passant par le rapide « Knife Humility » et l’instru « Needles of Hypocrisy », l’opus nous montre un groupe qui varie son propos et qui sait faire chanter ses guitares autant qu’il sait faire growler son chanteur. Igor se débrouille plutôt bien au micro mais il ne possède pas ce côté animal qu’avait Mirus, son prédécesseur. Il se dirige moins du côté des pig squeals et son timbre est plus grave, plus conventionnel. Cela se ressent dans l’atmosphère générale de l’album, moins gore et malsaine.
Même si ce « Autopsychosis » manque de moments forts, Katalepsy arrive à fournir un album cohérent qui ne manque pas de piment et qui nous présage que du bon pour l’avenir du quintette. Une fois encore, la Russie nous montre qu’elle sait tout faire, avec des groupes excellant dans quasiment tous les domaines…
“Fear is the mind killer
Fear is the little death that brings total obliteration
Where the fear has gone there will be nothing
Only I will remain”
– Frank Patrick Herbert
Voici le retour des Lettons d’Ygodeh, un an après le passage éclair et quasi échec de leur premier album « Dawn of the Technological Singularity ». Désormais basé à Londres, le quatuor a remplacé son chanteur et a trouvé la motivation nécessaire pour rattraper le coup à l’occasion de la sortie de leur nouvel opus « The Experiment Interrupted ». Visuellement, ils adoptent pour de bon le vert fluo afin de mettre l’accent sur le côté futuriste de leur musique, axée vers un death metal synthétique.
Dans le fond, Ygodeh renoue avec ce qui faisait le charme d’un « Dawn of the Technological Singularity », à savoir un alliage solide d’éléments électroniques et symphoniques. Les claviers ont une place prépondérante et permettent de renforcer cet aspect artificiel propre à la musique des Lettons (« To Down »). Les guitares n’ont pas perdu de leur froideur et véhiculent une ambiance aseptisée. Bien qu’elles n’aient pas le premier rôle, ni un niveau technique suffisant, elles apportent assez d’agressivité pour nous faire entrer dans un monde quasi robotique, régi par diverses expériences scientifiques.
Dans la forme, on perd en efficacité pour ce qui est de l’aspect purement metal. Le rythme a du mal à décoller, même si certaines accélérations sont les bienvenues (« From on High »). On aurait aimé entendre plus de riffs dissonants, afin de renforcer cette mécanicité et cette artificialité. Certains morceaux valent le détour de ce côté là, mais ça ne suffit pas, et on ne peut pas dire que les guitares fassent partie des éléments que l’on retient. De même pour le chant, assuré par Andre, qui manque de puissance, notamment dans les parties les plus hurlées. Toutefois sur « Groove’s Night », il s’assimile quelque peu à la voix déshumanisée d’une machine.
Un gros travail a été effectué dans la retranscription de l’ambiance ainsi que dans les sonorités cybernétiques. Ils apportent un gros plus dans la musique d’Ygodeh, qui sans eux, serait fade et sans âme. Même si on ne retrouve pas l’immersion d’un « Lord of Rays », la combinaison du sympho et du cyber est déroutante, notamment sur « From on High » ou « Trance Orchestra », dont le titre veut tout dire. C’est particulièrement efficace et original.
A l’instar de l’album précédent, on a du mal à savoir où se dirige Ygodeh, sans doute à cause du fait que c’est trop court. L’auditeur n’a pas le temps d’apprécier le travail des Lettons et c’est sans aucun doute un sentiment de frustration qui le gagne après la conclusion « Fragment 2 », avec une impression d’un groupe en retenu, qui hésite à dégager tout son potentiel. Même si le ressenti est plutôt bon et qu’on passe un assez bon moment, hormis les défauts sus-cités, « The Experiment Interrupted » risque de subir le même destin que « Dawn of the Technological Singularity ». Un passage éclair dans la sphère cyber metal, rien de plus.
Après deux Eps et un album, Vortech, mené par Juha Untinen, sort son deuxième full length « Wasteland » en 2007. C’est à partir de cette période que le projet du Finlandais prend plus d’ampleur et que se forge encore plus son identité. De meilleurs moyens financiers permettent d’améliorer la production ainsi que la palette musicale, rendant la musique du trio plus puissante et plus variée.
Si le titre « Wasteland » fait écho à l’œuvre de T.S. Eliot, l’album en lui même n’est pas si éloigné des thématiques angoissantes et désespérées du poète anglo-américain. Vortech dépeint un monde dévasté par un holocauste terriblement ravageur grâce à un cyber death brutal et sans concessions. Les blasts beats écrasent tout sur leur passage, les riffs alternent parties bourrines et parties techniques tandis que trois chanteurs se partagent les lignes des différents morceaux, à savoir Juha sur un bout de « The Core » et « Instigate Hostile Reaction », l’invité Closure sur l’autre bout de « The Core » et l’autre invité Kraken sur le reste des morceaux.
Comme la plupart des albums de Vortech, on découvre des morceaux très bons et d’autres qui le sont moins, dû en particulier à un manque d’harmonie, de moments forts, et à une certaine linéarité, comme sur « Their Contract », « Perdition » ou « Winds of Contamination ». Le bourrinage intensif tend parfois à tuer l’essence même des morceaux, ce qui est dommage quand on sait tout le travail qui a été fait dans l’assemblage des parties guitares et des parties électroniques.
Les titres les plus réussis sont ceux qui alternent avec brio les moments les plus féroces à ceux les plus mélodiques et harmonieux. La programmation est ainsi cohérente et ne nuit pas à l’appréciation de tel ou tel morceau, car la batterie est une boîte à rythme. Certes, cela renforce le côté mécanique et inhumain propre au cyber metal, mais nos oreilles en prennent aussi un coup, surtout lorsque l’ensemble est mal agencé.
Pour passer un bon moment, « Evolutionary Project » est idéal, avec son groove impeccable et une belle osmose entre les sons cybernétiques, les ambiances futuristes et la guitare de Juha. Le chant de Kraken, quelque part entre le growl et le chant black, décharne le morceau et le rend encore plus torturé qu’il ne l’est. Idem avec un « Impulse » qui se rapproche plus du black sur certains passages, et un « Radiant Storm » pessimiste et expéditif, loin d’être porté sur l’exubérance des sonorités électroniques. C’est l’ambiance qui prime ainsi que les riffs.
Une des caractéristiques de Vortech, c’est l’implantation de morceaux instrumentaux et ambient, histoire de renforcer les ambiances et de nous immerger encore plus dans le concept. « The Silence » et « Wasteland Roames » mêlent les nappes purement ambiantes aux sonorités cybernétiques pour un ensemble inquiétant et pessimiste au possible : il n’y a plus rien.
Un opus intéressant mais inégal montrant les qualités et les faiblesses de Vortech. La personnalité est là ainsi que le travail mais il manque encore l’inspiration nécessaire pour concocter un album cohérent de bout en bout, sans temps morts ni linéarité.
Le 21 décembre est passé, toutes les catastrophes ont été attendues, de la météorite à l’éruption solaire en passant par de gigantesques tremblements de terre. Pourquoi pas une catastrophe nucléaire ? Malheureusement, ce ne sera pas pour aujourd’hui car avec Cytotoxin, nous remontons dans le temps. Les Allemands nous ramènent vingt six ans en arrière avec le désastre nucléaire de Tchernobyl. Inspirés par l’explosion et ses conséquences, le quatuor nous livre, depuis sa formation il y a deux ans, des compositions brutales et radioactives. Si en 2011 « Plutonium Heaven » posait les bases d’un brutal death technique manquant encore de force et de finesse, le nouveau « Radiophobia » en 2012 dépasse les limites que le groupe s’était lui-même donné.
Un an, donc, après la sortie de leur premier album auto-produit, les Allemands entrent aux Kohlekeller Studios (Benighted, Powerwolf) et enregistrent leur dix nouvelles compositions avant de s’octroyer les services de Jan Yrlund (Imperia, Delain) pour le design de la pochette. Peu de temps après, la prestigieuse écurie Unique Leader les repère pour la signature de ce « Radiophobia ».
Il est fortement conseillé de garder son masque à gaz près de soi à l’écoute de cet album. Cytotoxin irradie ses compositions au plutonium et se sert de ses riffs destructeurs pour arriver à ses fins. Tout est affûté et taillé au millimètre prêt, avec un bon équilibre et une bonne osmose avec un batteur sachant utiliser ses blasts avec parcimonie. Malgré une brutalité sans concession, le quatuor arrive à aérer et à fluidifier ses compositions, de façon à ce que l’ensemble passe comme une lettre à la poste. C’est redoutable, sans chichi, la technique permettant d’apporter une certaine dose de subtilité et de mélodies sans faire dans la grande démonstration (« Radiophobia », « The Red Forest »).
Une atmosphère apocalyptique est posée dans chaque recoin de l’album, que ce soit dans la lourdeur des grattes, dans le côté pesant de certains passages, dans les growls et les cris porcins de Grimo, mais aussi dans les samples et les pistes instrumentales (« Dead Zone Walkthrough », « Prypjat »). Par ailleurs, la seconde moitié de l’album monte en crescendo au niveau de l’aspect décadent, désespéré et mélancolique, comme sur le duo « Fallout Progeny » et « Abysm Nucleus », subtiles et prenants.
Si son brutal tech death metal se situe quelque part entre Dawn Of Demise et Prostitute Disfigurment, Cytotoxin a le mérite d’offrir des compositions personnelles et irrémédiablement dévastatrices qui ne passeront certainement pas inaperçues du fait de leur puissance et de leur brutalité fine.
Devolved aura eu du mal à démarrer, mais depuis que la machine est lancée, elle ne s’arrête plus. Son repérage et sa signature chez Unique Leader lui ont permis de bien se huiler, et pour cause. Les concerts n’en finissent plus ainsi que les entrées en studio, le nouvel album « Reprisal » sortant un an et demi seulement après le très remarqué « Oblivion ».
Avec ce nouveau méfait, les Australiens désormais Californiens se dotent d’un nouveau line-up, le chanteur et le guitariste étant remplacés par deux hommes à la personnalité bien distincte. C’est pourquoi l’empreinte de Devolved se retrouve quelque peu modifiée. Tandis que la technique monte d’un cran, le chant se retrouve plus hurlé que growlé, le metal du trio devenant dès lors plus technique que death.
L’ambiance reste toujours singulière. Devolved opte pour le côté futuriste des groupes modernes mêlé à la mécanicité des saccades et de la polyrythmie, quelque part entre Divine Heresy et Beneath The Massacre. Des samples et des breaks permettent d’instaurer ces ambiances tandis que les guitaristes nous envoient un déferlement de technique et de mélodies en pleine figure, à l’image d’ « Accelerated Human Degeneration » entres autres. Il est parfois difficile de comprendre l’architecture alambiquée de ce groupe visant loin, la variété de la technique étant parfois dure à supporter. « Supremacy Enforced » nous le montre bien, avec ces riffs ahurissants impossibles à suivre. Même les ralentissements sont pesants et la longueur de certaines pistes ne nous permet pas toujours de tenir le coup. On se surprendrait même à vouloir changer de pistes.
Devolved, malgré tout son talent, a encore du mal à faire démarquer ces morceaux, tous ayant cet assemblage complexe de riffs et ces hurlements déchirants. Cependant, il peut aussi miser sur la fluidité comme un « Apocalyptic Visionary » efficace, mettant en osmose la double pédale et des soli de qualité. Idem en ce qui concerne un« Reprisal of the Damned » véloce, dont le solo est effectué par l’hindou Vishal Singh d’Amogh Symphony. Sans oublier un « Cadence of the Dirge », parfois plus proche du djent, à l’outro très sereine.
Le trio se perd beaucoup dans une technique trop envahissante, reléguant au second plan l’aspect death metal qui régnait dans leurs opus précédents. On a plus à faire à une forme de metal extrême ultra technique où les palm mutent, les sweeping, et les saccades sont à l’honneur. En cela, les compos manquent de lourdeur et de tranchant, les riffs n’étant pas des cisailles contrairement à un chant plus ravageur, bien que trop criard.
Les Allemands avaient annoncé la couleur avec la sortie de leur premier album « Transhuman » en 2008, offrant un cyber death/thrash très synthétique, noir et sacrément immersif. Ils avaient repoussé les limites du cyber avec un ensemble musical très riche et inventif, grâce à un concept sur le Transhumanisme. Ce n’est sans doute pas la thématique cyberpunk la plus originale, mais comme ils savent bien nous le dire, personne ne peut empêcher la tempête digitale de frapper. Et avec « Collapse », les cybernauts nous envoient leurs poings cybernétiques en pleine figure.
Ils continuent sur leur lancée, proposant des titres cette fois plus proches de Fear Factory ou de Strapping Young Lad. On reconnaît bien la patte de Deus Exe, mélangeant son thrash/death puissant à un lot non négligeable d’éléments industrialo-cybernétiques. La noirceur et l’agressivité se côtoient sous couvert d’un enrobage synthétique et souvent robotique (« Reduced to Plank Length ») afin d’embarquer l’auditeur dans un monde où l’humain n’est plus ce qu’il était.
Malgré tout, les qualités que l’on retrouvait dans le « Transhuman » et qui se perçoivent au début de l’opus (l’instru « Entropy » écrasante) sont rapidement étouffées par le chant. Alors qu’on avait, dans l’ensemble, droit à des growls avec, occasionnellement, du chant clair, avec « Collapse » c’est l’inverse qui se produit. Seul problème, le chant clair n’est pas toujours juste (mais s’améliore) et le côté insupportable des cris hargneux est déconcertant. En cela, l’entrée en matière avec « Unravelling Reality » déçoit et il est difficile d’apprécier le reste des morceaux.
Bien sûr, si on tente de faire fi de cette imperfection, on appréciera le cyber thrash de « C10n3 », le gros cybernétique et le solo de « Bathed in Dark Matter », avec ces riffs écorcheurs. On aimera la prise de risque de Deus Exe, qui s’est essayé à d’autres styles, comme le djent sur « Ecophaby », plutôt bien réussi et loin de ressembler à tout ce qui sort actuellement, ou « Omniversal », où la dissonance et l’aspect moderne fusionnent avec un ensemble atmosphérico-cybernétique plutôt prenant. Toutefois, le tour du côté du doom ne va pas totalement en faveur de Deus Exe, « H+ (3-Deletion) » offrant sept minutes trente ennuyantes, bien que mécanique, mais trop monotone. Sans oublier cet horrible chant…heureusement que ça se rattrape sur le blacky « The Broken », sombre et apocalyptique et le futuriste « At the Edge of Consciousness ».
« Collapse » aurait pu être très réussi s’il ne souffrait pas de l’imperfection des vocaux. Ce qui devrait être immersif ne l’est pas et on se retrouve finalement avec un album moyen, dans lequel les riffs et les sonorités cybernétiques se retrouvent engloutis par des défauts qui auraient pu être évités., d’autant plus que les ambiances manquent de force, celles du « Transhuman » étant beaucoup plus prenantes. A vous de juger maintenant.
Deux ans après leur deuxième EP « Aporia », les Américains de Kamikabe reviennent en force avec leur tout premier full length remarqué et signé chez Unique Leader. Le quintette originaire de Pittsburgh propose une critique incisive de l’homme avec « Aberration of Man », dans la continuité de leurs travaux précédents, à savoir un death technique parfois brutal et lorgnant avec le deathcore, pas très loin de The Faceless dans la forme.
Trente trois minutes de death metal bien agressif attendent l’auditeur qui peut d’ores et déjà plonger tête baissée dans cet attirail bestial. Les Américains ne font pas dans la dentelle et envoie une musique sans concession, faite pour ne rien laisser sur son passage. L’alliage du death technique au deathcore est efficace, quoiqu’un peu redondant, et apporte pas mal d’efficacité, notamment sur « The Rot », « Magure » ou « The Process Within » directs et impardonnables, tandis que « Only the Dead Rest » mélange la technique des guitares aux cris déchirés de Matt Grossi, proposant aussi des growls destructeurs, trop synthétiques cependant.
La brutalité des morceaux tranche littéralement avec le calme et la tranquillité des instrumentaux. Si l’introduction inquiète, l’interlude et sa guitare acoustique repose, la douce mélodie nous permettant d’apprécier un break non négligeable. Quant à « Ungoliant », ce sont les guitares électriques et un rythme occasionnel qui posent une ambiance sombre et pesante le temps de sept minutes. Un peu longuet toutefois, il aurait fallu raccourcir afin de mieux apprécier cette conclusion.
Malgré de bonnes choses, Kamikabe semble brûler certaines étapes. En effet, même si les sweeping, les solos, les accélérations et les vocaux tenaces sont maîtrisés, les Américains misent beaucoup trop sur la technique et le va et vient d’éléments, ce qui ne sert pas les compositions. L’auditeur peut vite se retrouver perdu dans cette technicité à outrance, comme « Leprous Divinity » ou « Sufferer », trop portés par des blasts qui auraient mérité d’être plus occasionnels. En dépit de cela, il ne faut en aucun cas nier les qualités des musiciens.
Les défauts et les qualités de ce « Aberration of Man » montre un groupe qui a du potentiel et qui doit se relever et prendre confiance en lui, et ce même après les départs des bassistes et chanteurs Shane et Geoff. Kamikabe ne livre rien de sensationnel mais a toutes les clés pour s’améliorer et proposer un deuxième album plus catchy et moins fouillis.
Le cyber death a beau ne pas être très exploité, il est cependant un groupe qui se débrouille très bien de ce côté là. Vortech fait partie de ses formations futuristes et bourrines sans concession, optant pour un death metal à la brutalité imparable et aux ambiances prenantes et pessimistes. Pas de pitié avec ce trio d’Espoo, actif depuis maintenant 12 ans.
« Devoid of Life » sort donc en 2012 – et non en 2011 comme on aurait pu l’attendre, ce qui fait une exception, dans la mesure où Vortech nous avait habitués à un album (ou un EP) tous les ans. Le groupe aura eu à faire à un changement de line-up conséquent vu qu’il s’agit du chanteur Matti Särkimäki, laissant sa place à Mikko Nikula après cinq ans de loyaux services. Au niveau de la production, rien ne change : Juha, le maître à pensée, s’occupe des guitares et de la programmation tandis que Ville Miinala se charge des parties batterie.
L’album est dans la continuité de « Posthumanism » et d’ « Infocalypse » au niveau du concept, jouissant de superbes paroles basées sur un futur dystopique sur la destruction potentielle de l’humanité par ses propres créations (les adeptes de transhumanisme devrait s’y retrouver). Musicalement, on se retrouve tout autant avec une ambiance immersive adaptée au concept, passages futuristes noirs et sonorités cybernétiques en prime. La différence réside dans le changement de style, les Finlandais ayant ajouté davantage d’éléments black metal dans leur compositions. Le chant de Mikko est plus orienté dans cette optique là et les titres se retrouvent même perturbés, pris dans une aura black et une production crue, sorte de croisement improbable entre Emperor et Fear Factory.
L’ouverture se fait sans perdre de temps avec « The Black Rite » qui montre irrémédiablement la face black metal de Vortech. Riffs death/black tranchants comme des rasoirs, chant black incisif, blast beats infatigables et claviers futuristes, bienvenue dans un monde résolument plus sombre et destructeur. Les Finlandais sont loin d’effectuer dans le pompeux à la Illidiance (période « Damage Theory ») ou dans l’ultra cybernétique à la FutureRealm, ils se rapprocheraient davantage du « Neuthrone » de Crionics croisé au « Destination Cybermind » d’ID:Vision (eux-mêmes largement influencés par Emperor). « Demon in the Circuitry » le montre bien, avec cette brutalité mêlée à des petits sons dignes de bruits robotiques.
Malgré tout ce bourrinage intensif et implacable (« Frozen Machine » montre d’ailleurs tout le talent de Ville au niveau de la batterie, impressionnante dans sa rapidité), Vortech arrive à se renouveler – sans doute grâce aux éléments black – en échappant à la linéarité. Les mélodies – oui il y en a !- sont suffisamment variées pour ne pas perdre l’auditeur en cours de route et la puissance des claviers permet une immersion immédiate dans l’univers aseptisé des Finlandais. N’espérez pas en revenir indemne, vous finirez bien par comprendre que la technologie est néfaste et que le futur est notre ennemi. C’est le cas sur « Unveiling the Future », qui tabasse, tabasse, et tabasse encore, sans oublier les atmosphères et une technique certaine.
Que se passe-t-il à la fin ? On devine rapidement la réponse quand arrivent les titres les plus lents, les plus atmosphériques mais aussi les plus froids et les plus déstabilisant. « The Apocalypse » propose plus d’éléments black qu’autre chose, soutenus par des claviers omniprésents et une voix décharnée enveloppante. Les guitares gardent leur touche saturée à mesure que les choeurs sombrent renforcent l’aspect noir du titre. Un aspect que l’on retrouve aussi sur le glacial « Grains of Reality », Conclusion instrumentale électronique et ambiante. Un régal.
Après sept productions, Vortech arrive toujours à créer des compositions de bonne qualité, mélangeant habilement metal extrême et science fiction. Il peut se targuer de faire partie des meilleures formations du genre, infatigable et imperturbable malgré les années. « Devoid of Life » est donc l’album qu’il faut si vous êtes un grand amateur de cyber death/black metal.
Pour ceux qui auront le privilège d’avoir la copie physique, vous aurez droit à huit titres bonus : des prestations live très réussies mais aussi des instrumentales ainsi que des remixes. Un « cadeau » non négligeable pour ceux désirant voir Vortech sous différentes coutures.
Formé en 2004 par Jared Christianson et Chance Strickland, Arkaik s’est fait remarquer en 2010 grâce à « Reflections Within Dissonance », un album technique, brutal, subtile et minutieux mais en manque d’originalité, la scène death technique ayant déjà bien explosé. Toutefois, les Californiens, malgré leur bonne réputation, ne sont pas prêts de se reposer sur leurs lauriers.
2011 devient de ce fait une année très importante. Ils perdent deux membres, à savoir le bassiste Eric (remplacé par Ivan Munguia de Brain Drill et d’Odious Mortem) et le batteur Ryan Smith (remplacé par Alex Hernandez-Bent de Monumental Torment), ce qui, à première vue semble renforcer le line-up. De plus, ils se dirigent cette fois-ci vers les Castle Ultimate Studios de Zack Ohren (Brain Drill, Decrepit Birth, All Shall Perish) tout en gardant leur signature chez le prestigieux label Unique Leader.
La pochette par Tony Koehl (Sammath, Gorgasm, Putrid Pile) montre de nouveau l’orientation d’Arkaik vers un death technique spirituel, d’où ces couleurs, ces dessins ésotériques et ce simulacre d’écriture en sanskrit. L’album se divise lui-même en trois parties (Tapasiatic Exodus, Sirens in Electric Veils et Paths of Recognition) afin de montrer les étapes d’une certaine métamorphose. En cela, le death technique d’Arkaik se veut plus aérien et harmonieux sur certains passages mais il conserve son agressivité et sa précision chirurgicale étonnante.
Même si le titre introducteur « Skin Graft Hieroglyphics » reste plus traditionnel avec son riffing incisif et son growl nerveux, la suite propose son lot de soli, de sweepings, et de saccades, que ce soit sur l’éponyme ou « The Laughing Prophet of Doom » pour ne citer qu’eux. Mais c’est certainement « Part 1 » (la première partie de la seconde partie « Sirens in Electric Veils ») qui se démarque le plus avec son ensemble entraînant, ses riffs imparables et sa mélodie entêtante.
Cette fois-ci, les introductions et/ou conclusions des titres se font grâce à une certaine programmation, conséquence même du concept spirituel des Californiens. On a alors droit à des sonorités industrielles sur « Metamorphignition », à un piano mystérieux sur « Part 2 » et « Soliloquies of the War Machine », à des rires malsains sur le final de « Blade Grasp Priesthood » ou même du tribal sur « Opus Brahmanic » (percussions et chant gutturaux tibétains).
Malgré ça, tout se veut précis et carré, avec un duo basse/batterie impeccable et des guitaristes qui ont la niaque. C’est sans doute le long « The Omnipus » qui montre tout leur potentiel avec un riffing varié et technique, quelques interludes planantes et une puissance imparable. De quoi apprécier le cocktail spiritualo-technico-brutal d’Arkaik.
En dépit de ces qualités, les Américains ne révolutionnent rien sur ce « Metamorphignition » mais ils assurent leur place au sein de la grande scène death technique. Ils possèdent l’agressivité nécessaire ainsi que de très bons riffs mais ont toutefois quelques faiblesses en ce qui concerne les parties chant, le growl de Jared restant de nouveau un poil trop linéaire, et la ressemblance entre certaines titres, notamment les premiers. Il est cependant sûr et certains qu’une fois ces petits défauts corrigés, le death metal d’Arkaik réussira à s’envoler.
En 2007, une bande de potes influencés par le brutal death de Cannibal Corpse et Deeds of Flesh et la technique de Spawn of Possession et de The Faceless décide de se former afin de mettre en pratique ses inspirations et sa créativité. En Ukraine, il est clair que le death metal n’est pas le style le plus dominant mais il existe certaines formations désireuses d’apporter un petit peu de nouveauté et de fraîcheur sur une scène dégoulinante de combos plus ou moins atypiques. Slaughter Brute fait partie d’une scène brutal death que l’on peut qualifier de moderne, mélangeant la brutalité et la technicité des groupes sus-cités avec des éléments plus ancrés dans l’air du temps.
Ainsi, même si le quintette se dote d’une imagerie gore et d’un death metal féroce proche de ses aînés, le tout se retrouve avec une sorte d’emballage synthétique. Le personnage de la pochette se fait avaler par une machine sophistiquée tandis que la musique des Ukrainiens s’octroie certains métissages souvent proches de l’électronique comme sur l’introduction « Lethargy. Awakening », sur l’interlude industrialo-horror « Symbiotic Reflections », sur « Steps to Technocalypse » ou sur « Hypoxemia Neural Phenom » et son growl robotique en plein milieu, sans oublier le « Activate » cybernétique de « Not Learned Integrants ».
Hormis cela, certains morceaux sont plutôt traditionnels comme « Victims of Incest » ou « Phantom Limb Pain » avec son ensemble brute de décoffrage et ses riffs techniques, et d’autres possèdent un certains groove et un côté jazzy comme le maîtrisé « Torn Crosswise » et une partie de « Hypoxemia Neural Phenom », ce qui renforce le côté mélodique, malgré une brutalité sans faille. Le reste offre assez de tranchant et d’agressivité pour qu’on tienne jusqu’au bout, mené par cette alternance de growls et de chants plus criards.
Ce « Systematic Transmutations » a beau être court, chaque morceau est expéditif et possède sa propre identité. Les amateurs de brutal death en général pourront y trouver leur compte mais les deathsters puristes risquent d’avoir un peu de mal avec l’attirail moderne et les touches électroniques…rares toutefois, on n’est pas non plus dans le dernier navet de Morbid Angel. A réserver, principalement, à ceux appréciant le death métissé.
Historiquement, la Macédoine aura vécu de nombreuses occupations et migrations à cause, en partie, de sa position géographique. Située dans les Balkans, elle aura été conquise par l’empire byzantin et l’empire ottoman ainsi que par les slaves pendant un moment avant d’obtenir son indépendance. Le pays a connu suffisamment de métissages pour que ce traumatisme se ressente dans la culture locale. Le quatuor d’Aeon Arcanum en a fait une force. En effet, les Macédoniens n’hésitent pas une seule seconde à intégrer diverses influences musicales, qu’elles soient d’Europe de l’Ouest, d’Europe de l’Est ou orientales.
Ce n’est qu’en 2011, soit huit ans après sa formation, que le combo sort son tout premier album, « Monuments ». Officiant dans un death metal progressif, il mélange toute sorte d’humeurs, d’ambiances et de sonorités, afin de rendre sa musique riche et complexe. Pour ainsi dire, il s’agit d’un death progressif intelligent, qui n’utilise pas à tout prix la technique ou la progression comme un effet de mode ou de style. Au contraire, l’ensemble peut paraître simple au premier abord mais c’est bel et bien au fil de l’album que toute l’identité des Macédoniens se révèle.
Il y a une réelle présence dans ce « Monuments » et ce n’est pas longueur des morceaux qui nous dissuade en quoi que ce soit. Le quatuor utilise le métissage a bon escient sans en faire de trop, mélangeants les styles et les sonorités à un death metal vif, accrocheur, agressif sans non plus être brutal, mélodique sans non plus être pompeux, mélancolique sans non plus être trop plaintif. « Dysphoria » ouvre le bal avec des riffs lamentés et un rythme lent. On se retrouve d’ores et déjà avec un doom/death dans une veine russe, parfois psychédélique, sans touches de claviers toutefois. Puis le calme total, pour arriver à un ensemble ambient, presque digne de la world music. Un fond d’ambiance, une mélodie orientale à la guitare sur une touche ethnique imprenable, jusqu’à son digne successeur « Morbid Incarnation » et sa déflagration, mélodique et épique. Aeon Arcanum met le paquet sur le tranchant des riffs et le côté incisif du growl, avec sa mélodie entêtante et ses interludes symphoniques et impériales.
Si « Lurid Luminance » propose un ensemble plus atmosphérique, plus relevé, moins bourrin, avec son côté spirituel voire esotérique, « Alteration of Insanity » touche davantage à l’indus avec ces petits effets électronique. Les parties death qui s’ensuivent restent plus traditionnelles, bien que bercées par cette mélancolie omniprésente, jusqu’à des touches cosmiques voire spatiales, tels les sons d’un vaisseau perdu au fin fond de l’univers. « Cosmic Solitude » confirme cette impression, les sonorités électroniques étant plus poussées, accompagnant avec finesse les riffs et le growl.
Aeon Arcanum livre un death très riche, classieux et loin d’être linéaire, utilisant à merveille les différentes influences culturelles pour un résultat bluffant, proche de l’avant garde. Chaque titre se distingue et offre une ambiance qui lui est propre, sans mettre de côté la lourdeur et le côté agressif du death metal. Une très bonne réussite pour un groupe méconnu dans un pays méconnu.
Peu de temps après la sortie de leur EP Carnal Devourment en 2009, trois membres de Vaginal Discharge à savoir Ron Casey, Cameron Porras et Joel Guernsey forment Inanimate Existence, un projet death technique centré sur la métaphysique et la philosophie, loin des thématiques gore de leur autre formation. Le trio originaire de Santa Cruz s’entoure de deux autres membres afin de faire vivre leur nouvelle entité et créer le premier opus, Liberation Through Hearing.
Même si le début de l’opus s’avère brutal et plutôt technique au niveau du duo basse/guitare, on est loin de savoir ce qui va nous attendre. Inanimate Existence prend comme base la méditation et la philosophie bouddhiste afin de mettre en place ses morceaux. Si «Dharmakaya» (un des trois corps du Bouddha) reflète bien cet esprit, avec son introduction et sa fin spirituelles, la forme même du titre rappelle Obscura, idem pour un «Forest of Illusion» technique et direct. Toutefois, plus on avance et plus on se retrouve confronté à un death metal laissant place à des breaks ou des titres acoustiques et mystiques, parfois limite hispaniques, comme sur «Paths to Enlightenment».
Les Américains n’ont pas besoin de claviers pour faire ressortir quoi que ce soit. Ce sont les guitares, soutenues par une basse puissante, qui apportent cette atmosphère particulière. «Iguanid Labyrinth», comme d’autres morceaux, joue la carte du brutal death technique tout en intégrant une cassure nette grâce à l’acoustique, ce qui tranche littéralement avec l’agressivité des guitares et du growl. Cette agressivité s’atténue de plus en plus au fil de l’album, laissant résolument place aux ambiances et à la méditation sur la deuxième moitié de l’opus. Ce peut être forcément long pour les auditeurs désirant se contenter d’un bon death metal, les plages acoustiques et spirituelles risquant de lasser. C’est le cas avec «Cosmic Consciousness», «Psychonaut Trance», «Within Lucid Dreams» et enfin «The End of Duality». Trop d’acoustique tue l’acoustique.
Passé ces quatre pistes acoustiques, réelles représentantes d’une certaine forme de relaxation, c’est de nouveau le death metal qui prend la main avec un «Morphic Fields» encore une fois instrumental et atmosphérique mais plus bercé par les guitares incisives des musiciens ainsi que par les soli de Matt Sotelo de Decrepit Birth. Arrivé à la fin, on tombe de nouveau en pleine méditation avec un mélange de guitares acoustiques et électriques.
Drôle d’album. Inanimate Existence livre un death metal différent de ce qui se fait en ce moment. Le concept est intéressant, la forme est ambitieuse, mais le mélange des parties acoustiques et bien death metal est assez maladroit. Ainsi, il est difficile de rester concentré et de ne pas se perdre tant les parties les plus spirituelles prennent le dessus, à coup d’acoustique et de bongos. En clair, sur les seize morceaux, les neuf premiers sont carrément death, et les sept autres sont atmosphériques et sereins. L’agencement des titres aurait pu être mieux fait dans la mesure où Inanimate Existence risque de perdre ses auditeurs en cours de route. A moins que, comme le suggère le nom de l’album, vous ne vous libériez en écoutant ces envolées mystiques et relaxantes…
On ne croise pas énormément de groupes islandais, mais lorsque certains font leur apparition, c’est du très lourd. C’est le cas de Beneath, formation de death metal originaire de la capitale Reykjavik et comprenant des ex-membres de Charger et Sororicide. Depuis cinq ans maintenant, leur musiciens font lentement parler d’eux avec un petit EP du nom de « Hollow Empty Void » en 2010. Le tout premier album, « Enslaved by Fear » a dû mijoter un bon moment avant de trouver le label adéquat et c’est la prestigieuse écurie Unique Leader qui s’est chargé de signer ce méfait mixé par Daniel Bergstrand aux Dug Out Studios (Strapping Young Lad, In Flames, Meshuggah), l’artwork étant réalisée par Raymond Swanland (Deeds Of Flesh, Psycroptic).
Armé de thématiques apocalyptiques et anti-religion, Beneath nous en fait voir de toutes les couleurs avec ce « Enslaved by Fear » au son très professionnel. « As Gods Walk the Earth » démarre sur les chapeaux de roue avec un morceau très énergique où s’entremêlent les parties brutales et les parties mélodiques. Les Islandais maîtrisent leur sujet tout en instaurant quelques touches techniques, soutenues par un growl charismatique et de bonnes harmonie à la guitare. Pas de répit jusqu’à un « Lies of the Dead » efficace et musclé.
Au fil des morceaux, Beneath révèle ses multiples influences, que ce soit Behemoth ou Morbid Angel. Il puise aussi du côté du black metal avec le terrible « Enslaved by Fear » ou l’instrumental « Heretics » où les moments les plus calmes et les plus ambiancés tranchent avec les moments plus rapides et blastés. N’oublions pas le doomesque « Monolith » qui porte bien son nom, long et à l’atmosphère pesante, sombre et mélodique. Il montre une différence de rythme non négligeable, créant une cassure au sein d’un album agressif et costaud.
Le quintette signe là un coup de maître avec un opus prenant de bout en bout, mélangeant l’old school avec le moderne, la brutalité avec l’harmonie, au sein d’un death metal ravageur et loin d’être amateur. La présence du chanteur des défunts Sororicide (plus vieux groupe de death en Islande) ainsi que le talent de chacun apportent par conséquent un plus aux compositions de Beneath, qui risquent fort de faire parler d’eux à l’avenir.
Deux ans après un « A Force Unstoppable » correct sans plus, la bande à Scott Jensen (ex Infernal Torment) revient faire des siennes en cet été 2012. Plusieurs sorties auront d’ores et déjà attiré les oreilles aguerries des deathsters (Hour Of Penance, Nile, Hideous Divinity, entres autres) et les Danois de Dawn Of Demise devront alors se frayer un chemin dans le petit monde du brutal death metal. Malgré quelques changements conséquents de line up, le combo arrive à reprendre du poil de la bête en s’offrant une production de Tue Madsen, une signature chez Unique Leader et une pochette signée Marco Hasmann (Fleshgod Apocalypse, Beyond Creation).
Le quintette ne change pas sa recette, au contraire. Il continue à asséner un brutal death à légère tendance slam aux riffs assassins sous couvert de thématiques gore racontant diverses tueries. Rien de très rapide ou de très technique, Dawn Of Demise mise avant tout sur la lourdeur de la musique, couplant des guitares pesantes à une alternance de growl et de pig squeals, comme on peut l’entendre sur « We Drink to Your Demise » ou « Killing Spree ». Ceci dit, des blasts sont tout de même à l’honneur, tranchant avec la lenteur de certaines parties.
Toutefois, une bonne partie des morceaux manquent de punch et de brutalité. Même si on apprécie les ralentissements de rythme où les vocaux de Jensen sont à l’honneur, conférant une atmosphère particulièrement grasse, on regrette le fait que la musique ait du mal à se mettre en place, du coup c’est l’ennui qui tend à pointer le bout de son nez. Heureusement, il y a des titres plus musclés et catchy tels que « He Rises Again », « Choke », « Exsanguination » ou « Indulge in Perversity » pour nous faire remuer un peu, avec un rythme plus dynamique et des riffs imprenables.
A l’image de ses opus précédents, Dawn Of Demise ne privilégie absolument pas l’originalité, par conséquent, rien ne nous fera réellement sauter au plafond. On appréciera cependant les différents samples, les gros riffs qui font bien mouche et le fait que les morceaux ne soient pas trop longs, et ce n’est pas plus mal : les Danois ont du mal à tenir sur la longueur et on ressent au bout d’un moment une certaine linéarité, les morceaux peinant à se différencier les uns des autres.
En clair, Dawn Of Demise aura du mal à tirer son épingle du jeu avec ce « Rejoice in Vengeance ». Même s’il jouit d’une très bonne production et de quelques soli bien placés, il s’agit d’un album de brutal death correct sans plus, comme son grand frère, qui risque de ne pas figurer parmi les sorties indétrônables de l’année, dommage.
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