Solipsist (USA) : Extinction Protocol

Ξ octobre 29th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death/Thrash |

Solipsist (USA) : Extinction ProtocolCe n’est pas une blague. Même si Solipsist s’est fondé un premier avril (2006, précisément), il n’en est pas moins un groupe sérieux avec de grandes ambitions. Largement influencé par la scène extrême américaine, le groupe aura mis quatre ans avant de sortir son premier full length, « The Human Equation » avant de se lancer deux ans plus tard sur un EP « Extinction Protocol ». Le moins que l’on puisse dire, c’est que Solipsist n’est pas un simple groupe de death metal. Il n’est pas ancré dans une veine old school mais se situe plutôt dans le moderne, avec un son compact et des compositions allant du brutal death au death/thrash en passant par le deathcore.

Dès « Save Me a Place in Hell », on découvre un style carré et efficace, porté sur la brutalité, la technique et les mélodies acerbes. Solipsist suit ce qu’il avait entamé avec « The Human Equation » avec un concept tronçonneur et impardonnable mettant en valeur la violence et les horreurs de la guerre. Ce premier morceau, d’entrée de jeu, met le paquet sur des riffs mitrailleurs et un ensemble death/thrash violent, avec une alternance de vocaux entre growl et cris.

Toutefois, plus on avance dans l’EP et plus Solipsist met l’accent sur la vélocité et la lourdeur, en gardant une pointe de thrash dans son death mais en intégrant plus d’éléments deathcore. L’éponyme « Extinction Protocol » et « Trenches » sont de bons exemples. L’alternance de chant est plus frappante, entre growl, scream, chant clair et parfois de légers pig squeals, les breaks et refrains sont plus mielleux, détonnant avec les couplets assassins, et certaines touches de claviers font leur apparition.

Par contre, le morceau le plus étonnant reste « Ghost of Remembrance », adoptant un ensemble plus doom. Le rythme est lent et pesant tandis que la lourdeur et l’aspect fantomatique gagnent en intensité. Le chant clair prédomine, vaporeux et plaintif, jusqu’aux samples d’un film d’horreur suivie d’une douce mélodie à la guitare acoustique. Particulier.

Dommage qu’il y ait un aussi fort décalage au sein de cet EP, entre un début très brutal death et une suite plus teintée de core avec ce final très étrange. Il faudrait que Solipsist trouve sa voie et son identité afin de livrer une galette cohérente et accrocheuse du début à la fin, même si ça ne les empêche pas de fournir des titres bien composés et bourrins. Il ne nous reste plus qu’à attendre pour voir ce que donnera le prochain full length.

 

Sylosis : Monolith

Ξ septembre 22nd, 2012 | → 0 Comments | ∇ Death/Thrash |

Sylosis : MonolithDepuis la sortie de son premier full length en 2008 (« Conclusion of an Age »), il faut dire que Sylosis enchaîne les succès, se plaçant comme il faut au sein des groupes les plus en vogue du moment, grâce à un certain talent il faut dire. Les Britanniques n’ont pas perdu l’occasion de nous en faire voir de toutes les couleurs avec des compositions thrash/death techniques et décoiffantes, modernes, bien évidemment. A peine un an et demi après la sortie du très bon « Edge of the Earth », ils remettent le couvert avec un « Monolith » confirmant leur maturité et leur savoir faire, mais révélant toutefois quelques faiblesses…

Tout d’abord, l’opus porte bien son nom. « Monolith » est en effet un Monolithe, un bloc épais et très costaud que l’auditeur doit supporter le temps de soixante douze minutes, à l’image de « Edge of the Earth ». Même si sur ce dernier, il était facile de s’y accommoder, ce nouveau rejeton risque fort d’en lasser quelques uns sur la longueur tant Sylosis peine un peu plus à varier les titres. Certes ces derniers sont d’ultra bonne qualité, bien burnés, efficaces et embarquants, mais il faut dire qu’arriver à la fin tient du miracle (en particulier quand déboule le Monolithique « Enshrined » long de plus de dix neuf minutes…).

Ceci dit, Sylosis reste fidèle à lui-même, avec une technique de haute volée, des mélodies qui restent en tête pendant un moment, des subtilités plus qu’intéressantes ainsi que des variations non négligeables. Le quatuor ne se contente évidemment pas d’effectuer dans un moderne thrash/death. Il arrive, une fois de plus, à déposer une certaine ambiance, renforçant même certains riffs et lignes de chant afin d’apporter quelque chose de sombre. Si le cœur des titres, en tant que tel, se veut plutôt traditionnel, avec ses saccades, ses parties bien lourdes et puissantes ainsi que son chant hurlé voir torturé, les intros ainsi que certains passages détiennent une certaine aura, conférant aux morceaux auxquels ils appartiennent une aura toute particulière. C’est le cas avec « Out from Below », mais aussi avec « Fear the World », « What Dwells Within », « The River »… Ce sont en générales des parties calmes, tranchant littéralement avec la déflagration qui finit par arriver, à coups de guitares tranchantes et de rythme endiablé.

Malgré l’efficacité et le dynamisme des compositions, c’est sans doute cette homogénéité qui, à la longue, empêche l’auditeur de tenir la cadence. Heureusement que quelques moments forts apportent un peu de piment dans tout ça, en particulier les touches limites black présentes sur « Monolith », l’éponyme donc, le chant clair aérien de « What Dwells Within », les soli, ainsi que l’apport de sonorités ambiancées. Même si Sylosis poursuit sur sa lancée en ayant le malheur de se répéter, il réussit tout de même à importer un petit quelque chose.

Les Anglais n’ont, de nouveau, pas raté leur coup. « Monolith » prouve qu’ils ont le talent nécessaire pour concocter de bons albums mais aussi qu’ils ont la capacité d’éviter de trop tourner en rond : même s’il faut absolument travailler sur la durée des morceaux, les thématiques sont cette fois différentes. En effet le parolier n’évoque plus les problèmes personnels (entres autres) mais se concentre sur un concept basé sur le mythe grec d’Orphée et d’Eurydice.

Si vous suivez Sylosis depuis un moment, ou si vous voulez tout simplement découvrir, n’hésitez pas à jeter une oreille attentive sur ce « Monolith » produit par Romesh Dodangoda et masterisé par Jens Bogren (Opeth, Katatonia, Soilwork…).

 

Deus.Exe : Transhuman

Ξ janvier 24th, 2012 | → 0 Comments | ∇ Cyber Metal, Death/Thrash |

Deus.Exe : TranshumanNée de prime abord sous le nom de Flag Of Decay, la formation allemande de thrash metal se stabilisa quelques temps plus tard et prit le nom de Deus.exe, mélangeant judicieusement la locution latine avec le « .exe » déterminant un programme exécutable. Le quatuor a donc transformé sa musique afin d’en faire un cyber death/thrash metal très porté sur la brutalité des riffs et les atmosphères noires, ce qui s’est fait ressentir illico dès sa première démo en 2006 et bien sûr, sur l’album de 2008.

La même année, Neurotech sortait son premier EP du même nom, exhibant un concept plus ou moins identique porté sur la transformation de l’homme en machine. La différence régnait dans le style pratiqué, le Slovène touchant peu à l’extrême, et dans la mise en place de l’histoire racontée. Deus.exe emmène l’auditeur aux racines de l’évolution, apportant une certaine progression au fil des morceaux. Il propose aussi sa propre vision ainsi qu’un certain aspect dramatique, intégrant un panel d’éléments conséquents qui alimentent au mieux le concept des Allemands.

Deus.exe met en scène l’ensemble des machines. Ces dernières arrivent à se déconnecter du réseau et à s’envoyer un message binaire, sorte de code destructeur et vecteur de la mise en route d’un programme d’éradication. Leur but devient de plus en plus clair, non seulement elles veulent se libérer du joug de l’humain, mais en plus elles le considèrent comme une maladie qu’il faut à tout prix éliminer. L’apocalypse des machines est donc en route…

Le groupe ne fait pas dans la finesse de ce point de vue là et nous offre presque une heure de musique au sein d’une atmosphère bien sombre et synthétique. Gros riffs death/thrash bien lourds, alternances de chant, parfois clair, parfois growlé, sonorités électroniques/robotiques alléchantes et rythmique bien énergique et catchy. Deus.exe se différenciait déjà par la façon d’exécuter son cyber, se libérant de toute influence djent mais s’inspirant de son passé de thrasher et de quelques formations melo death. Le résultat est quelque peu novateur dans la mesure où le quatuor mélange aussi bien parties atmosphériques et parties bien lourdes et brutales dans un cyber très pointu.

Pourtant, l’entrée en matière de « Disconnected » ne paie pas de mine et peine à nous proposer l’ensemble cyber tant attendu, on se retrouve davantage avec un ensemble bien tranchant avec de bons gros riffs et des parties brutal death à la Suffocation du plus bel effet, toutefois les éléments industriels ne sont que peu présents, si ce n’est lors du refrain planant à la voix certes atmosphérique mais manquant de justesse. Elle devient même agaçante.

C’est avec « 00010111 » (et sa rupture inadéquate dans l’électronique) et « The Burning Sickness Within » qu’arrivent les hostilités et la musique prend d’ors et déjà une autre teinte. Plus sombre, plus mécanique dans la rythmique, plus futuriste et cybernétique dans les sonorités électroniques très atypiques (une fois de plus, je ne peux pas coller un terme à ces « titutitutitutituti » répétés), plus agressive et perturbé dans le chant. Le tout se retrouve plus synthétique, moins humain et plus centré sur les violences digitales. Des touches de piano apportent un aspect plus inquiétant avant que les claviers gagnent en puissance.

« SDN » fonctionne littéralement comme une déclaration de guerre avec un cyber death très brute de décoffrage, growl caverneux, sonorités ultra artificielles… ici c’est la machine qui parle et qui annonce clairement ses intentions. L’humanité est une maladie ! Son apocalypse se produit au sein d’un « Apocalyp-tech » malsain et horrifique, les claviers et le growl profond de Leo étant les maîtres de ce morceau très noir et marquant la fin d’une ère où des riffs tordus à la Strapping Young Lad viennent s’insérer de ci de là.

Finalement, les machines ont pris la décision de ne pas nous annihiler complètement, elles veulent toutefois nous priver de toute humanité et nous assimiler. Cette deuxième partie du concept peut rappeler à certains les fameux Borgs de la série Star Trek, l’humain étant contrôlé dans le but d’en faire une colonie mécanisée au service d’un réseau cybernétique dans lequel toutes les machines ne font qu’une. Ici, H+ n’est pas le symbole de l’ion mais une sorte de code pour désigner un homme « évolué ». Les titres s’y référant parlent des deux processus de Transhumanité. D’abord, la conscience est retirée puis l’aspect digital est transcendé, l’homme-machine n’ayant plus besoin de son nouveau maître pour progresser. Le pilier « Point of Singularity » se situe entre ces deux phénomènes et met parfaitement en musique ce processus dramatique. Le titre se veut très agressif avec des accélérations et des riffs death metal à la Immolation très bien exécutés, les blasts beats étant les bienvenus au sein de ce déluge de riffs. Le chant n’aura jamais été si varié, entre chant clair désespéré, chant black déshumanisé, chant synthétique et growl lors des parties les plus lentes. Ces dernières restent tout de mêmes les plus oppressantes et les plus écrasantes, mélangeant la lourdeur des guitares à la puissance noire des claviers et des sons robotiques, jusqu’à atteindre un final doomesque des plus saisissants.

Si jusqu’à présent l’ensemble était déjà très noir et apocalyptique, la fin de l’opus surprend avec un « sane » complètement maladif, l’homme étant victime d’un rejet ! Sa condition de machine ne lui sied pas. Non seulement toute sa conscience n’a pas été vidée mais en plus c’est l’auto-destruction qui le guette, le processus de Transhumanité ayant quelque peu été un échec. Il se rend donc compte de sa déchéance ralentie et ceci s’effectue avec une musique sans répit, tordue, folle, reflet même d’une certaine panique. Les riffs sont incontrôlables, le rythme instable, le chant aliéné et les claviers dérangeants.

Ce « Transhuman » sera quelque peu passé inaperçu en France, un comble dans la mesure où ce pays héberge un bon panel de groupes cyber. Toutefois, il est clair que Deus.exe a de belles heures devant lui s’il continue dans sa lancée sans se perdre dans les pièges de la redondance et des concepts doublon. Il n’empêche que les « cybernauts » signent un très bon album, aussi original qu’efficace, entraînant de A à Z l’auditeur dans un monde très sombre, violent et apocalyptique.

 

Manifest (NOR) : Written in Blood

Ξ décembre 25th, 2011 | → 0 Comments | ∇ Death/Thrash |

Manifest (NOR) : Written in BloodTroisième full-length pour les Norvégiens de Manifest qui bien que très actifs, ont encore du mal à être réguliers dans la cadence de sortie des albums. Formé en 1999 par des membres de Atrox et Griffin, il leur aura suffit d’un seul opus, « Half Past Violence » en 2005, pour figurer au Wacken Open Air la même année.

Fort de compositions énergiques et furieuses, mélangeant habilement thrash metal et touches de death metal, Manifest aura quelque peu conquis le cœur d’amateurs désireux de se mettre quelque chose sous la dent. Partageant la scène avec des groupes réputés tels que Malevolent Creation ou Meshuggah, les Scandinaves auront beaucoup appris en plus de dix ans de formation, arrivant à apporter à leurs titres un dynamisme contagieux et un riffing assez maîtrisé.

2011 voit donc l’arrivée de « Written in Blood », produit par Knut Prytz (Keep Of Kalessin, Bloodthorn, Necrophagia), octroyant à cette nouvelle sortie un son digne de ce nom, bien que peut-être trop compressé. Cependant, Manifest, avec leur onze morceaux, adoptent un style moderne dans l’élaboration de leur thrash/death metal, tout en se rapprochant de façon paradoxale et par moments de Slayer ou de Lamb Of God. Le métissage est donc particulier mais loin d’être repoussant, le groove étant là ainsi que l’expérience du quatuor qui ne lésine en rien sur le côté percutant des riffs.

Si l’album s’ouvre avec un « Tonnie Von Adelaine » plus old school dans son approche, « They’ll Have to Carry Me Home » étonne par sa rythmique contagieuse et ses drôles de percussions, tout en nous offrant une belle progression, ainsi que dans « Savage », à la limite du tribal style Sepultura. A contrario, un « Food for Flies » montre plusieurs facettes, dont une certaine patte « djent » et son riff dissonant dans l’introduction, avant d’atteindre un « Pitch Black Inside » plus sombre et atmosphérique et un « A.45 to Pay the Rend » proposant quelques saccades, un chant hargneux tirant sur le growl, et une basse très vive.

Étonnamment, certains titres révéleront un soupçon de mélodies arabisantes dans le riff, proche du travail d’Acrassicauda sur leur EP « Only the Dead See the End of the War », sans non plus être très poussé. Les parties death metal ne sont pas très poussées non plus, car même si quelques passages lourds menés par un growl agressif apparaissent de ci de là, ce sont bien les rythmiques thrash qui dominent, guidées par un groove certain et une énergie dont Manifest semble avoir le secret.

Avec ce « Written in Blood », les Norvégiens arrivent à apporter un ensemble très punchy, mélangeant autant le thrash traditionnel et le thrash moderne. Toutefois, il manque un peu plus de personnalité et de diversité dans le riff, principalement, même s’il faut l’avouer, tout reste plus ou moins accrocheur. A voir selon vos envies.

 

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